Législatives d'Évry : "Peut-être" que La France insoumise est "emportée dans ce mouvement de mise à distance des formations politiques"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39OuverteRéponse partielle
Pourquoi est-ce que vous ne profitez pas de l'impopularité du pouvoir ?
- 1:16RelanceÉludée
Pourquoi vos électeurs ne se déplacent pas ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Est-ce que la séquence coup de gueule de Jean-Luc Mélenchon lors des perquisitions a eu des effets aujourd'hui dans l'opinion ?
- 4:17RelanceRéponse directe
Est-ce que vous pensez que ça a pesé quand même pour... Et que ça a fait découvrir peut-être une autre facette du personnage de Jean-Luc Mélenchon aux Français ?
- 8:07OuverteRéponse directe
Sur les Champs-Élysées, on a vu une journée de violence avec des casseurs tout au long de la journée qui se sont affrontés aux forces de l'ordre. Le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, a ciblé un ennemi. Est-ce que vous condamnez aussi les agressions qui ont eu lieu à Toulouse ?
- 11:30RelanceRéponse directe
Sur cette affluence à Paris, sur cette notion de que c'était le peuple qui était dans la rue, il y a quand même eu beaucoup plus de monde, trois fois plus de monde, pour les manifestations contre les violences faites aux femmes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueChiffre
« cette impopularité, cette colère manifestement a produit de l'abstention, énormément d'abstention, seulement 18% de participation. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Peut-être parce qu'on n'a pas assez travaillé, je vais en dire deux mots là-dessus. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Peut-être aussi parce que nous sommes emportés dans ce grand mouvement de mise à distance des formations politiques. »
- 3:11Invité politiqueFait
« c'est une séquence dans laquelle nous avons subi 15 perquisitions, que je trouve particulièrement injustes. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Mais on n'arrive pas à mobiliser des milieux populaires fortement abstentionnistes qui manifestement ne se sont pas dit à cette occasion, Farid Amrani et le bulletin pour sanctionner Macron. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Il y a un deux poids deux mesures, voilà ce que je dis, et je le dis avec respect y compris vis-à-vis des forces de l'ordre, et même vis-à-vis de la justice, qui peut-être s'est jugé un peu, comment dirais-je, malmené dans leur séquence, vous avez été instrumentalisés. »
- 6:05Invité politiqueChiffre
« Il y a accessoirement 144 000 euros dont on ne sait pas l'origine d'En Marche. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Je crois quand même, beaucoup de témoignages qui ont eu lieu, c'est que quand même, beaucoup de rompons étaient encore pris samedi et dimanche, et même encore aujourd'hui. »
- 11:04Invité politiqueFait
« Mais c'est le peuple qui veut de la justice et de la justice fiscale. »
- 17:30Invité politiqueChiffre
« Ils augmentent à partir du 1er janvier le diesel pour ramasser 3,8 milliards. »
- 17:37Invité politiqueChiffre
« On rétablit l'ISF, qui a été annulé par ce gouvernement. Ça va rapporter 4,5 milliards. »
- 22:21Invité politiqueChiffre
« arrêter le CICE qui va coûter 40 milliards aux recettes de l'État. »
- 22:57Invité politiqueChiffre
« Est-ce que vous savez que le traité CETA de libre-échange avec le Canada va multiplier les échanges autour de la planète et un grand transporteur maritime qui nous amène de l'autre côté de la planète des marchandises consomme autant qu'un million de véhicules ? »
- 23:43Invité politiqueChiffre
« On a bien compris, il est à 15 ou 20 millions par an. »
Temps de parole
- Alexis Corbière64 %
- Présentateur11 %
- Invité9 %
- Présentateur 28 %
- ?8 %
≈ 23,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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L'invité politique de France Info jusqu'à 9h est député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, c
'est
Renaud Delis qui vous pose la première question. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour Renaud Delis. Alors la cote de popularité d'Emmanuel Macron est au plus bas, le gouvernement est fortement contesté, y compris dans la rue évidemment, notamment en particulier par le mouvement des Gilets jaunes dont on parlera dans un instant. Et pourtant, hier, il y avait une élection législative partielle à Évry pour la succession de Manuel Valls à l'Assemblée Nationale et votre
candidate
Farida Amrani a été
très
largement battue alors qu'elle l'avait perdue de justesse d'à peine une centaine de voix en 2017. C'est pas le cas, il
y
a près de 20 points d'écart cette fois-ci entre les deux candidats. Pourquoi est-ce que vous ne profitez pas de l'impopularité du pouvoir
? Parce
que cette impopularité, cette colère manifestement a produit de l'abstention, énormément d'abstention, seulement 18% de participation. C'est une abstention souvent sociologiquement très ciblée, c'est une forte abstention populaire. Vous savez, les quartiers populaires d'Évry, de l'Essonne pour ceux qui connaissent. Quand ils ne se mobilisent pas, à partir de là, ceux qui viennent voter sont souvent les catégories peut-être les moins impactées, les plus liées à l'activité municipale. Par exemple, celui qui était le candidat remplaçant de M. Valls, M. Choua, a été maire, un notable local. Tous les maires de droite ont appelé à voter pour lui. Pourquoi vos électeurs ne se déplacent
pas ? Pourquoi ils ne viennent pas voter pour vous, vos
électeurs ? Première chose, je regrette parce que la défaite, il faut le dire comme ça, il
faut
accepter, de Farida Marni, qui est une fille bien, une femme de terrain, une militante engagée, un beau visage. Et j'espère que, notamment à l'occasion des élections européennes, on la retrouvera pour la France Insoumise.
C
'est quelqu'un qui, de mon point de vue, joue un rôle important. Deuxièmement, nous n'avons pas réussi à mobiliser ces milieux abstentionnistes. Pourquoi ? Il faut le regarder. Peut
-être
parce qu'on n'a pas assez travaillé, je vais en dire deux mots là-dessus. Peut-être parce que, dernièrement aussi, il
y a
une séquence qui nous était parfois un peu compliquée. Peut-être aussi parce que nous sommes emportés dans ce grand mouvement de mise à distance des formations politiques. Après, je pense que, je profite du micro, je pense qu'on a fait une petite erreur aussi. On a mené une campagne, notamment de deuxième tour, type gauche rassemblée. C'était le matériel de campagne, où mes amis ont cru qu'en disant que Noël, ma mère, ou je ne sais trop qui, ou M. Hamon nous soutenait, ou le Parti communiste. Tout ça n'a rien produit.
Moi, je suis de ceux qui pensent, là j'engage un débat qui est peut-être difficile de résumer, mais qui pensent qu'il faut avant tout s'adresser au peuple, fédérer le peuple, plutôt que perdre du temps parfois dans une stratégie qui est inopérante, qui n'a pas de force propulsive de dire il faut rassembler la gauche. D'autant que localement, la dite gauche, notamment l'EPS ou même Europe Écologie des Verts, n'appelait même pas à voter pour Farid Amrani face au candidat de la droite et du gouvernement. C'est dire la confusion générale. Il y a des moments où
il
faut parler simple, aller au peuple et dire, contre Macron, l'opposition à Macron c'est nous, les rassembler, sur quelques mots d'ordre clair, plutôt que sur des formules de guirlandes, de logos qui servent
à rien. Vous
venez d'y faire allusion à Alexis Corbière. Est-ce que la séquence coup de gueule de Jean-Luc Mélenchon lors des perquisitions, pour vous, elle a eu des effets aujourd'hui dans l'opinion ? Est-ce qu
'elle
vous a fait perdre des points
? C
'est possible. Ce n
'est
pas une séquence, je veux dire, dans laquelle on aurait aimé ne pas la vivre. Ce
qui
signifie que c'est aussi pour vous un échec quelque part de Jean-Luc Mélenchon cette élection ou pas
? Ah si vous
voulez m
'entendre dire...
Non, non, je ne veux pas vous entendre dire. Les
questions sont libres, les
réponses aussi. Non, mais j'entends
bien. Je ne dirais pas que ce n
'est
pas un échec, mais c'est une séquence dans laquelle nous avons subi 15 perquisitions, que je trouve particulièrement injustes. Je trouve que la justice et la police ont été instrumentalisés. Pour que rien ne méritait un tel dispositif.
Si les
délecteurs vous
ont
délaissé
dans les urnes, ce n
'est
pas à cause des perquisitions,
c'est plutôt... N
'allez pas si loin que délaissé, nous restons la principale force par rapport au premier tour si on compare le... Mais on n'arrive pas à mobiliser des milieux populaires fortement abstentionnistes qui manifestement ne se sont pas dit à cette occasion, Farid Amrani et le bulletin pour sanctionner Macron. Très bien, et c'est lié à toute une série de choses. Je pense à une crise du politique, on va en parler sur le gilet jaune. Peut-être au fait que la France Insoumise emportait dans ce tourbillon de perquisition, de médiatisation, des colères de Jean-Luc, de moi-même, etc. Peut-être que des gens n'ont pas bien compris.
Peut-être qu'aussi les médias en ont beaucoup rajouté sur le fait que nous étions des gens un peu suspects. Tout ça, on va regarder. Et nos propres erreurs, vous savez. Je ne profite pas d'un micro pour discuter de ça. Mais j'en vais dire une chose. Quand je me regarde,
je
m'inquiète. Mais quand je me compare, je me rassure par rapport à d'autres. Parce que dans ce grand climat que vous décrivez, il n
'y a
pas une seule force politique qui nous fait la leçon tous les quatre matins. Je pense sur le terrain de l'émancipation, etc. Qui a beaucoup progressé.
Je
vois tout
le monde se paraître, sauf nous.
Mais sur cette séquence que vous évoquez, Alexis Corbière, vous avez évoqué d'ailleurs les colères de Jean-Luc Mélenchon ou les vôtres. Est-ce que vous pensez que ça a pesé quand même pour... Et que ça a fait découvrir peut-être une autre facette du personnage de Jean-Luc Mélenchon aux Français. Et ça rend
plus
difficile le rassemblement au deuxième tour.
Non,
je
ne crois pas. Moi, je ne crois pas à ça. Je pense que ça nous a fait perdre du temps. On a parlé d'autre chose plutôt que le fond. Les gens ont invité un peu affiche de savoir la France insoumise, etc. Même s'ils nous aiment bien, il fallait parler. On a perdu du temps pour parler. Pour quelles raisons les retraités aujourd'hui sont en difficulté ? Pour quelles raisons les services publics sont abattus ? Le projet de loi de finances qui passe au gouvernement, nous avons beaucoup bataillé.
On
a passé des nuits entières les députés groupes insoumis à combattre. Et tous nos amendements sont passés hors des radars. Les gens, ils veulent qu'on leur parle. Qu'est-ce que sera demain ? Et quand la France insoumise, on parle beaucoup d'elle pour expliquer qu'il y
a
des perquisitions, ça crée moins une situation d'adhésion. Ça
veut
dire que vous aussi, vous allez parler un peu moins des affaires et un peu plus
du fond. Moi, je ne souhaite pas en parler. Ce que je veux vous
dire, cher Marc Fouvel,
c
'est que j'ai eu l'impression, nous, on n'a pas que des qualités, mais j'ai eu l'impression, on ne souhaitait pas cette séquence. Franchement, personne ne souhaite que 15 personnes soient perquisitionnées.
Il faut se montrer comme des volets,
évidemment. Mais Jean-Luc Mélenchon a participé de la mise en scène.
C
'est lui qui a filmé la
perquisition chez lui. C'est lui qui a incité
les journalistes lors des
perquisitions au siège de la France insoumise,
qui les a incités à tout filmer.
Oui, mais que nous utilisions aujourd
'hui, que aujourd'hui l'arène médiatique soit un des principaux lieux où se déroule le débat politique et que nous cherchons à communiquer, au-delà quand même du fond de nos propositions, ça c'est une chose. Après, si vous voulez,
je
le répète, Jean-Luc Mélenchon n'a pas choisi qu'on prenne les fichiers de notre mouvement, qu'on nous montre du doigt comme étant des gens qui sont des gens malhonnêtes, alors que j'observe qu'il y a une enquête, j'oublie le terme exactement, qui a été ouverte concernant la République En Marche, il n'y
a
pas eu de perquisition.
Non,
les locaux des principaux responsables politiques d'En Marche n'ont pas été perquisitionnés. Il y a accessoirement 144 000 euros dont on ne sait pas l'origine d'En Marche. Il y a un deux poids deux mesures, voilà ce que je dis, et je le dis avec respect y compris vis-à-vis des forces de l'ordre, et même vis-à-vis de la justice, qui peut-être s'est jugé un peu, comment dirais-je, malmené dans leur séquence, vous avez été instrumentalisés, parce qu'il y
a
un deux poids deux mesures. Et j'aimerais aussi qu'on s'intéresse aux comptes de campagne des autres candidats, vu que c'était le sujet qui passionnait tout le
monde.
Mais franchement, avec le
mouvement des
Gilets jaunes, aujourd'hui, c'est autre chose qui a lieu dans le pays. Et c'est de ça dont il faut parler, et essayer, là je parle pour la France insoumise, d'en être un instrument cohérent, pour que cette colère soit, se transforme en proposition pour le pays. Parce qu'il faut le refonder le pays. On va
en
parler dans une minute, des Gilets jaunes, de la colère qui continue, et de vos propositions. Alexis Corbière, député de la France insoumise, juste après le rappel de l'actualité, à 9h moins 20 avec David Dobar.
Et
après un week-end de mobilisation, donc, Bruno Le Maire réunit à Bercy aujourd'hui les représentants du commerce et de l'artisanat. Plusieurs centres commerciaux ont une nouvelle fois été bloqués ce week-end, empêchant les courses de Noël. De leur côté, les Gilets jaunes tentent de se structurer. Ils veulent nommer des représentants nationaux. Une réunion s'est tenue à ce sujet hier soir. Après Renault et Nissan, c'est au tour de Mitsubishi de se prononcer sur le sort de Carlos Ghosn. Et sauf surprise, le conseil d'administration doit enteriner le départ de son président. Carlos Ghosn est toujours, ce matin, en garde à vue. Ouverture aujourd'hui aux Etats-Unis du procès d'un néo-nazi.
Il avait tué une manifestante.
Ça
se passait à Charlottesville en août 2017. Il avait foncé dans la foule avec sa voiture. Un geste à l'origine d'une polémique. Donald Trump avait dans un premier temps refusé de condamner les suprémacistes blancs. 7 ans de travail, 7 mois de voyage dans l'espace. La sonde américaine Insight doit toucher à 20h54. Heure française, mars, à l'issue d'une descente à haut risque. C'est la première fois depuis 2012 qu'un engin va tenter de se poser sur la planète rouge.
Alexis Corbière, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Invité de France Info jusqu'à 9h, Renaud Dely. Samedi, Alexis Corbière, il y a donc une nouvelle journée d'action des Gilets jaunes un petit peu partout en France avec un certain nombre de rassemblements dans le pays qui sont bien passés. Et puis, sur les Champs-Elysées, on a vu une journée de violence avec des casseurs tout au long de la journée qui se sont affrontés aux forces de l'ordre. Le ministre des Comptes Publics, Gérald Darmanin, a ciblé un ennemi.
Mais ce ne sont pas les Gilets jaunes qui manifestait, c'est la peste brune qui a manifesté.
Non, il y a aussi les Gilets jaunes, il y a beaucoup de Gilets jaunes. Mais oui,
ceux qui étaient sur les Champs-Elysées, je ne les confonds pas du tout avec les Gilets jaunes qui, par ailleurs, un peu partout en France, font des manifestations.
Sur
les Champs-Elysées, les casseurs, c'était la peste brune, c'était l'extrême droite ? Non, c'est
abusif, il y avait peut-être des gens d'extrême droite. Il
y en avait, vous en avez vu
? Non, j'ai lu dans
la presse qu
'on disait qu'il y en avait. Je ne pratique pas la phaphologie, à savoir tel groupuscule de 10 personnes à travers le pays. Non, mais parce que je vois qu'il
y
a une passion autour de ça.
Vous n'avez pas croisé, vous ?
Il y a un effet loupe. Non, mais moi, je ne connais pas l'identité de tous les abrutis.
Non, mais disons, quand on voit de bras
tendus, comme on en a vu sur certaines images, on a
peu de doute. Alors,
je n'ai pas vu de bras tendus.
C'est pour ça que je vous pose la question, vous avez été un témoin direct.
Par contre, j'ai parlé avec beaucoup de gens qui n'avaient rien à voir avec des militants extrémistes, identitaires, ou je ne
sais
pas quoi, même s'il y en avait. Je vois bien l'effet loupe que veut donner le gouvernement en se la rejouant à l'année 30.
Je
m'adresse à quelqu'un qui avait fait un livre intéressant sur les années 30. On peut discuter de ça. Mais je vous lis, Renaud, on peut discuter de ça. Mais je ne crois pas qu'on soit dans une situation où il faut faire croire que des milices fascistes ont déferlé sur Paris. C'est plus compliqué, plus profond. Et ce qui s'exprime, avant tout, maintenant je parle des gilets jaunes, et pas de l'astuce de Darmanin, qui veut éviter de parler du fond. Parce que ce que fait Darmanin, à sa micro-échelle de Darmanin, c'est ce que fait Macron. C'est-à-dire, moi, Macron ou Salvini, les populistes ou les progressistes.
Le gouvernement choisit
son ennemi, c
'est Marine Le Pen. Mais bien
entendu, il instrumentalise à fond. Il donne un effet loupe. Voilà, c'est comme si, pour ceux qui aiment le foot, comme si on parlait des hooligans en disant le football égale hooliganisme. Les gilets jaunes n'égalent pas les abrutis, peut-être d'extrême droite, ultra minoritaires, qui étaient sur les Champs-Elysées. Ce que j'ai vu, c'est un peuple, moi, sur les gilets jaunes, qui manifeste parfois pour la première fois. Ça m'a surpris. Moi, j'ai passé samedi à discuter. Comme je suis un peu connu, les gens venaient me parler. Parfois même, me disaient, vous êtes un politicien, je ne vous serre pas la main. Et pas pour nous discuter.
Énorme distance par rapport au monde politique, par rapport à tout ce qui représente une institution. Des gens qui n'ont jamais manifesté de leur vie, qui venaient pour la première fois. J'ai encore en mémoire deux petites dames à la retraite, secrétaires de direction, qui me disent, c
'est
la première fois qu
'on
vient manifester, monsieur. Du moins, c'est la deuxième. On a manifesté la semaine dernière. La semaine dernière, on a pris des lacrymogènes au visage. Je leur dis, ça ne
vous
fait pas peur de revenir ? Non, ça nous donne envie de revenir, me disent-elles. Et elles me montrent une petite bouteille de sérum physiologique, vous savez, pour se nettoyer les yeux. Je vois des gens qui n'ont jamais manifesté de leur vie dans une radicalisation.
Vous dites, c'est
le peuple, Alexis Corbière.
C'est une partie... 100 000
personnes dans toute la France.
Non,
mais... Ah ben, attendez, je vais juste poser
ma question. 8 000 à
Paris, est-ce que ce n
'est
pas d'abord un gros échec ? Non. Quand je dis, c'est le
peuple... 100 000 personnes,
il y
en
avait
trois
fois plus la semaine d'avant. Je crois quand même, beaucoup de témoignages qui ont eu lieu, c'est que quand même, beaucoup de rompons étaient encore pris samedi et dimanche, et même encore aujourd'hui. Quand je dis, c'est le peuple,
c
'est que notamment, vous avez des études d'opinion qui montrent qu'il y a un fort soutien à ce mouvement. Donc il y
a
quelque chose qui est profond. Le fait qu'il y
ait
des gens qui soient venus dimanche ou samedi est encore une autre expression. Mais c'est le peuple qui veut de la justice et de la justice fiscale. Et vous savez, quand on connaît un
peu
l'histoire de ce pays, la question de la justice fiscale, elle est au cœur du grand bouleversement, notamment quand a été la Révolution française et puis à d'autres moments, et qui veut de la dignité et qui veut avoir la parole. Vous savez ce que c'est un
gilet jaune ?
C'est quelque chose qu'on met dans la nuit pour se faire reconnaître. Et c'est un gilet que les gens mettent pour se faire voir. Parce
qu'ils ont l
'impression qu'ils étaient dans l'invisibilité, qu'ils étaient méprisés. Et ça c'est intéressant.
Un dernier point quand
même
sur cette affluence à Paris, sur cette notion, cette idée de que c'était le peuple qui était dans la rue, il y a quand même eu beaucoup plus de monde, trois fois plus de monde, pour les manifestations contre les
violences faites aux femmes. Bien sûr. Et c'est très bien d'ailleurs, on y est allé, Jean-Luc Mélenchon y était. Il ne
faut
pas opposer les mouvements. Il y a des femmes qui ont manifesté à juste raison, place
de
l'opéra contre les violences sexistes, avec des hommes. Mais il y avait aussi des femmes en gilet jaune qui prenaient la parole aussi pour dire j'ai des fins de moins difficiles. Il ne faut pas opposer les deux mouvements. Ils sont complémentaires. Mais
au
-delà des chiffres, entendez-moi bien, et au-delà du fait qu'à titre personnel, je condamne la violence, il ne
faut
pas qu'il y
ait
des barricades, évidemment. Il ne
faut
pas s'en prendre aux forces de l'ordre et même il ne
faut
pas s'en prendre aux journalistes aussi.
On est d'accord là-dessus. Alors j'allais poser la question Alexis Corbière, est-ce
que vous condamnez aussi les
agressions
qui ont eu lieu à Toulouse ?
Des journalistes qui suivaient la manifestation
ont été agressés, certains poursuivis dans la rue, d'autres insultés. Vous condamnez clairement ?
Évidemment, toute forme de violence, déjà de manière générale, déjà et philosophiquement par rapport à ma conviction, condamnable. Deuxièmement,
j
'ai envie de dire à ceux qui m'écoutent, politiquement, c'est absurde de donner ce spectacle d'un mouvement violent alors que c'est un mouvement qui doit être puissant.
Enfin, pardon de revenir toujours à cette citation de Jean-Luc Mélenchon, la haine
des médias, elle n
'est
pas juste, elle n
'est
pas saine dans ce cas précis. C'est la raison pour laquelle disait Jean-Luc Mélenchon, puisqu'on va le citer, il faut le rationaliser et aller vers un conseil de déontologie, du métier de journaliste, afin que lorsque moi je vous reproche à vous, les journalistes, quelque chose,
j'ai une instance. Est-ce que la haine des
médias est juste et saine ou est-ce qu'elle ne l'est pas, Alexis Corbière ? Si elle l'est, si elle est juste et saine,
c
'est normal que des journalistes se fassent agresser.
Non, ce n'est pas normal. On peut aussi
considérer qu'il faut critiquer et être en colère contre le système médiatique
sans avoir
envie de casser la figure à un journaliste. Je n'ai pas de haine après le milieu médiatique. Par contre, j'aimerais, enfin, je veux pouvoir le critiquer. Je trouve que le système
médiatique... La critique et la haine, Alexis
Corbière, sont deux mots différents et
deux choses qui sont complètement différentes.
Il ne
faut
pas dire que
c'était une erreur.
Vous invitez Jean-Luc Mélenchon, si vous voulez.
On l'invite tous les jours. Il n'y a pas à ce micro, il est rafi de vous avoir ce matin. Alexis Corbière, c'est pour ça que je vous pose la question. Il n'y a pas de haine des médias chez
vous. Il faudrait la relire, je ne l
'ai
pas sous les yeux. Et discerne pour laquelle il faut rationaliser cette colère qui existe contre les journalistes et avoir un conseil de déontologie pour que cette colère que ressentent beaucoup de gens... Je vais vous dire pour quelles raisons. Je ne
vais pas citer de chaînes d'info,
mais il y a le mouvement des Gilets jaunes, samedi soir, qui a été traité par certaines chaînes d'info, uniquement à travers le prisme. Il y
a
des barricades qui brûlent sur les Champs-Elysées et de l'Aviance. On ne parlait plus du fond. Cette manière parfois dont certaines chaînes d'info kidnappent un événement pour en faire autre chose agacent beaucoup de gens. Et c'est la raison pour laquelle, au-delà de ma petite personne et de ce qu'a écrit Jean-Luc Mélenchon, dis Gilets jaunes, on a l'impression parfois que les médias ne parlent plus de leur quotidien. Vous comprenez ? Donc
tout le monde doit réfléchir. Moi, vous...
Non, mais la phrase exacte, puisque vous ne l'aviez plus en tête, qu'avait écrite Jean-Luc Mélenchon, c'est la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine. Il avait écrit ça sur
son blog.
Et ensuite, il a théorisé, effectivement, cette critique des médias. Mais c'est très différent de critiquer les médias et d'inciter, d'appeler à la haine des médias et
de ceux qui les animent.
Il n'appelait pas. Il constatait qu'elle existe. Et je vais vous dire une chose, Renaud Delis, samedi, dans la manifestation, je l'ai encore vue de mes yeux. La haine des médias à beaucoup de gens... Et
vous la condamnez, vous le disiez à l'instant. Mais moi,
je la condamne, évidemment. Mais comme Jean-Luc Mélenchon, il n'a jamais dit à quelqu'un, aller casser la figure en journaliste. Je vais vous dire une chose, pour que les choses soient claires. Il n'y a pas de liberté, il n
'y a
pas de démocratie, il n
'y a
pas de république sans liberté de la presse. C'est fondamental. Mais d'ailleurs, c
'est
un débat intéressant qu
'on
a eu à l'Assemblée nationale. Je pense que la loi fake news qu
'a
mis le gouvernement est une farce et qu'il faut s'interroger, puisqu'on parle là de la presse, pour quelles raisons aujourd'hui ? Neuf personnes possèdent 80% des médias, la précarité du milieu de journalistes. Moi, j'observe,
je
commence à les connaître maintenant, des gens qui arrivent,
des JRI...
Il
y
a aussi un service public.
Il y a aussi un service public qui, parfois, ne joue pas son rôle.
Et il
y
a aussi des gens dans cette maison, notamment une équipe d'investigateurs de Radio France, qui s'est beaucoup acharnée sur notre cas.
Qui ne s'est pas acharnée sur votre cas. C'est un journaliste, puisqu'on va en
parler, puisque vous voulez aborder ce sujet, qui m'a reproché d'être auto-entrepreneur, que c'était scandaleux. Et donc, je découvre qu'il est lui-même auto-entrepreneur, en plus d'être journaliste, et qu
'il
donne des petites conférences à côté.
Lui, c'est normal quand il est auto-entrepreneur. Puisque vous parlez de Sylvain Tronchel, la cellule d'investigation, je ne peux pas faire son porte-parole. Je ne parle de lui. Je parle de
lui. Il a effectivement reconnu qu'il avait eu un statut d'auto-entrepreneur.
Il aurait pu le mettre
dans l'article. Si je peux terminer une phrase. Oui,
oui. Qui arrêtait d'être enseignant et était auto-entrepreneur, il a fait un article qu'il sous-entendait qu'il y avait quelque chose là-dedans qui était moralement douteux. Je ne
vois
pas pourquoi quand Corbière est auto-entrepreneur, c'est moralement douteux. Mais quand ce monsieur est auto-entrepreneur, c'est génial. C'est absurde, cette campagne de haine contre moi qui a été menée et qui a
mené sur les réseaux sociaux. Ma propre fille a
été insultée.
Alors, ça, c'est autre chose. La haine. Ça, c'est autre chose. Il n'y a pas de campagne de haine
orchestrée contre vous ici ?
Ah bon ? Quand on sous-entend que je suis un type malhonnête... Non, mais pas vous. Quand on sous-entend
que la France insoumise et ses leaders sont des gens malhonnêtes, sur les réseaux sociaux, monsieur, je vais vous dire une chose. Ça m'amène à ce que moi, je me fais insulter, et y compris des gens prenant des photos sur Instagram de mes propres enfants, main jurée. Je n'en fais pas car. Ça,
c
'est pas possible. Ça,
c'est intolérable. Mais on est d'accord. C'est intolérable. Mais Marc Fauvel,
ce que je veux vous dire, c'est qu'on baisse dans le ton tous, dans le sens où moi, je pense qu
'il faut la
liberté de la presse. Mais je vous dis aussi, amis journalistes, regardez, parfois des campagnes que vous menez ont des effets sur des responsables politiques. Et ce sera le mot de la fin, il n'y a
pas de campagne de
haine ici même,
à France Info
et dans tout le groupe Radio France, contre vous ou contre un autre parti politique démocratiquement élu, Alexis Corbière. Est-ce qu'on peut dire un mot des gilets jaunes et des reculs du gouvernement sur la taxe poids lourd ? Ça, c'était vendredi dernier. Sur les péages urbains, ça, c'est France Info qui vous le révèle ce matin. Est-ce que le gouvernement est en train de céder à la panique
? Le
gouvernement va voir ce qu'il déclare, pardon, mardi. C'est-à
-dire
que ce que vous appelez le gouvernement, c'est le président de la République. Il
parle demain. Emmanuel Macron parlera demain. C
'est intéressant, c'est la Ve République à plein, donc il
n'y a
pas de gouvernement, il y a un chef, il y a le monarque présidentiel qui va s'exprimer mardi. C'est lui que vous interpellez précisément. Oui, mais parce que les gens m
'ont
bien compris. Et d'ailleurs, je trouve que ce mouvement porte en lui-même une critique des institutions. Moi, je pense qu'il n
'y
a pas de déshonneur à dire qu
'il
faut peut-être en revenir devant les urnes pour régler quelques grandes questions.
C
'est-à-dire ? Pourquoi pas, par exemple, ce que va nous proposer mardi le président de
la
République, pourquoi pas le soumettre à un référendum, pour ou contre ?
Sur les taxes
sur le carburant ? Mais pourquoi pas ? On
fait un
référendum, êtes-vous pour ou contre les taxes ?
C
'est ça qui met le pays dans une
situation de tension. Il va falloir trouver des gens qui votent ou contre. Non,
mais on ne cesse
d'en venir. Non, mais si on pose la question comme ça. Alors, moi, j'ai une proposition,
je suis un peu radugonné. Ils augmentent à partir du 1er janvier le diesel pour ramasser 3,8 milliards. Voilà. On rétablit l'ISF, qui a été annulé par ce gouvernement. Ça va rapporter 4,5 milliards. Alors,
est
-ce qu'on fait contribuer plus ? Vous savez, je suis très républicain. Est-ce qu'on fait contribuer plus ceux qui sont les ultra-riches ? Et peut-être que les gens à la pompe, qui n'acceptent pas. Parce qu'un impôt et une taxe,
ce
n
'est
pas la même chose. Un impôt, l'impôt sur le revenu, c'est en fonction de vos revenus que vous payez. Ça, c'est bien. La taxe, c'est que vous soyez à 10 ou 15 000 euros par mois, ou un semicard, ou à 800 euros par mois, vous payez la même chose. Ça, c'est injuste. Et c'est ça que disent les gens. Alors, moi, je propose de la justice fiscale. Et je dis au président de
la
République, si vous n'entendez pas ça, ça va continuer. Et si vous ne savez pas comment vous en sortir, pourquoi pas dire, les Français, je vous consulte.
On poursuit dans une minute. 8h51, l'actualité en bref. David Daubat.
Les implants de failles, nouvelle enquête en partenariat avec la cellule d'investigation de Radio France.
C
'est parmi les révélations que nous pouvons vous apporter ce matin. Des implants loin d'être totalement inoffensifs pour la santé. Conclusion, l'Union Européenne permet notamment de commercialiser des produits qui n'ont pas été contrôlés correctement. La dissolution de groupes d'ultra-droite après les manifestations violentes de samedi à Paris. Déclaration du préfet de police de Paris. Dissolution à l'étude. Le gouvernement met clairement en cause des activistes de cette mouvance. Le gouvernement qui exclut désormais les pages urbains du projet de loi sur la mobilité. Projet présenté aujourd'hui en Conseil des ministres.
Selon le ministère des Transports, le nombre de villes candidates n'était pas suffisant. Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Aujourd'hui, Moscou reconnaît avoir fait usage de la force pour capturer trois bateaux ukrainiens entre la mer d'Azov et la mer Noire. Porochenko, qui est le président ukrainien, dénonce un acte agressif et une escalade prémédité. Et puis Marseille n'a pas fait le déplacement jusqu'à Amiens pour rien. Hier soir, en clôture de la 14e journée de Ligue 1, les Olympiens s'imposent 3 buts 1. Ils sont donc désormais cinquième du classement.
Troisième et dernière partie de ce rendez-vous avec Alexis Corbière, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis et les questions de Renaud Delis. Alors Alexis Corbière, pour répondre aux gilets jaunes, Emmanuel Macron va s'exprimer demain devant les membres du Conseil national de la transition écologique. On se souvient qu'il
y a
une semaine, Laurent Berger, le patron de la CFDT, avait appelé le pouvoir à organiser une grande conférence avec les syndicats, les associations, le gouvernement évidemment, pour essayer de concilier transition écologique et justice sociale. Et précisément, le président de
la
République devrait annoncer une série de débats dans le pays pendant plusieurs mois, aller à la rencontre justement des associations, des différents acteurs mobilisés. Est-ce que c'est une bonne idée pour essayer de renouer le dialogue et tirer les leçons de ce mouvement des gilets jaunes ?
Moi je pense que ce sera mal pris par les gilets jaunes. A la place qui est la mienne, je ne suis pas un gilet jaune ou un gilet jaune un peu à part, on verra. Vous en aviez mis un samedi.
Non mais j
'entends bien, mais je veux dire, je ne veux pas parler au nom de ce mouvement. Je suis la France Insoumise qui soutient les gilets jaunes, qui les encourage. Pourquoi ce serait mal pris d'aller dialoguer ? Parce que moi je pense, non mais dialoguer ça c'est une chose. Je pense que quand même les gens mobilisés attendent d'ores et déjà une réponse concrète et rapide. Et rapide. On a évoqué, je ne vais pas y revenir, le fait que le 1er janvier il
y a
cette augmentation, les gens le vivent mal. Mais c'est quelque chose qui fait déborder d'autres choses. L'augmentation de
la
CSG pour les retraités a fait beaucoup de mal et ainsi de suite. Bon, un comité d'experts ou un grand débat pour diluer tout ça dans le pays sera vécu comme une manœuvre de la part du pouvoir en place. La difficulté que pose à mon avis M. Berger, je ne
veux
pas polémique avec lui, mais c'est que ça va apparaître comme une espèce, pour quelle raison ce seraient les syndicats qui devraient reprendre la main alors que le mouvement gilet jaune, justement sa spécificité, cette forme d'auto-organisation, citoyen à base, extrêmement jalouse de
son indépendance. Vous avez quasiment les
mêmes mots qu'Édouard Philippe pour dire non à Laurent Berger. Il a dit, ce n
'est
pas ça qu'attendent les gilets jaunes. Ça vous fait un point commun.
Les gilets
jaunes,
ils sont en train
de délire justement des représentants.
Alors on va voir ce qui se passe au niveau de la structuration. Ça ne
va
pas être simple. Parce que ce qui fait la particularité, je le répète, de ce mouvement, c'est son caractère spontané. Des gens qui me disent, moi ils m
'ont
beaucoup dit samedi, on est apolitique. Et moi je leur réponds, mais non, mais vous faites de la politique, au sens le plus noble du mot. Mais vous voyez, les gens sont comme ça. On va dire deux mots, je vais essayer de le dire vite, parce qu'il faut accélérer.
Ce
qui se passe là, n'est que la reproduction de ce qui s'est passé à
l
'élection présidentielle. Monsieur Macron a été élu alors qu'il est issu d'un parti qui n'existait pas un an et demi avant. Moi-même qui vous parle, je n'avais aucune raison d'être député. Donc ce que je veux dire, c'est que cette colère, et cette mise à distance du monde politique traditionnel, s'est exprimée il
y a
un an et demi, et elle continue. Et les organisations, si certains croient qu'ils vont pouvoir dire, toute cette colère c'est moi qui la capte, ils vont, à mon avis, passer à côté du sujet,
transition écologique et tous ces enjeux, c'est devenu secondaire. La France insoumise était une formation qui
justement prenait énormément. Elle l'est toujours.
Vous expliquez par exemple que si Emmanuel Macron annonce, comme c'est probable demain, la création d'un Haut Conseil pour le Climat, rassemblant de nombreux experts, notamment des membres du GIEC, pour vous ça c'est fantaisiste et inutile, il
ne faut pas le faire. Non mais qu'il
le fasse, mais pourquoi il ne
l
'a pas fait avant,
ce
n
'est pas
le sujet. Par contre, pour la transition écologique,
ce
que je lui propose, c'est arrêter le CICE qui va coûter 40 milliards aux recettes de l'État. Mais le
CICE ne
pollue pas.
Non, pardon, on peut réinvestir notamment, non mais attendez, laissez-moi terminer,
on peut réinvestir dans la transition écologique, sortir du nucléaire, en sortir avec le tout camion, refaire du ferroutage.
Tout
ça
avec le CICE.
Mais avec les moyens publics que ça
engage, ça prendra du temps. Personne ne croit que la transition écologique, c'est dans un claquement de doigts. Mais mettre des fonds publics pour que... Vous savez ce qui se passe dernièrement ? Il y
a
de plus en plus de camions sur les routes, alors qu'il faut remettre les camions sur les voies ferrées, le ferroutage. Monsieur Macron s'est fait connaître comme l'homme des cars Macron, à la place de la voie ferrée, ce n
'est
pas un écologiste. Et ainsi de suite, on pourrait continuer. Est-ce que vous savez que le traité CETA de libre-échange avec le Canada va multiplier les échanges autour de la planète et un grand transporteur maritime qui nous amène de l'autre côté de
la
planète des marchandises consomme autant qu'un million de véhicules ?
Alors, on est revenu tout à l'heure sur ce chiffre-là. Il faut expliquer
que c'était un tout petit peu plus compliqué que ça. Je voudrais qu'on parle, il nous reste une
minute. Même si c'est plus compliqué que ça, c'est la tendance générale. Pourriez-vous que vous
parliez des cars,
je
voudrais qu
'on
parle des voitures.
Et
Carlos Ghosn, le patron de PDG, qui est donc mis sur la touche par Renault le temps que l'enquête diligentée par Nissan permette d'y voir un peu plus clair. Un audit va être lancé chez Renault, c'est ce qu'a annoncé le gouvernement ce week-end. En attendant, Carlos Ghosn, il reste PDG et il continue à toucher son salaire.
De
toute manière, au-delà du cas Carlos Ghosn, nous, on a posé sur la table le fait qu'il ne
faut
pas qu'il y
ait
d'écart de salaire supérieur de 1 à 20 dans les entreprises. Là, ce n
'est
pas 1 à 20 chez
Renault. On a bien compris, il est
à 15 ou 20 millions
par an.
Plus après, il me semble que des parts qui peuvent être variables. Donc, tout ça est fou. Et si les grands patrons veulent s'augmenter, que tout le monde s'augmente.
Quelle leçon vous tirez pour
l'instant de cette affaire Carlos Ghosn ?
Alors,
c'est compliqué parce que derrière cette affaire, n'y a-t-il pas aussi peut-être de la part des
Japonais ? Qui est pour l'instant innocent
jusqu'à preuve du contraire. Oui, voilà.
Comme
il est innocent...
Et Carlos
Ghosn n
'est
pas en prison à cause du montant de son salaire, mais parce qu'il est accusé de fraude fiscale
par les justices japonaises. C'est pourquoi je mets sur la table quelque
chose de vertueux, de dire est-ce qu'on ne
peut
pas remettre cette règle, pas d'écart de salaire supérieur de 1 à 20 dans l'entreprise, les salaires fous déjà des grands patrons posent un problème. Deuxièmement, si M. Ghosn, effectivement, a fraudé fiscalement, c'est absolument scandaleux, je souhaite qu
'il
soit sanctionné. Troisièmement, il est possible qu'il
y ait
derrière ça des enjeux stratégiques et industriels, où le gouvernement japonais, un peu agacé par des mesures qui ont été prises il
y a
quelques années, a cherché à briser le couple industriel Nissan-Renault. Je n'en sais rien à l'heure où je vous parle, mais revenons à... Vous
êtes inquiet pour l'avenir de Renault, justement, si ce couple était remis en cause comme certains le supputent ?
En quelques mots, Alexis Corbière. On va voir. Non, mais c'est trop rapide pour vous lancer des conclusions industrielles. On va voir derrière ça ce qui se passe. De toute manière, le plus important, je le répète, c'est de quelle manière ? On investit dans la transition écologique, et malgré tout, si c'est pour revenir au tout voiture, aussi comme principal volant d'entraînement dans notre activité économique, ça pose quand même un problème.
Parce qu'à la fois, je défends le groupe Nissan-Renault, mais je ne pense pas que le modèle soit aujourd'hui à participer au développement de la consommation automobile, qui est, je reviens à ce que nous propose Emmanuel Macron avec ses primes d'achat, le seul modèle à ce stade qui, quand même, est proposé.
Et ce sera le mot de la fin. Merci,
Alexis Corbière. Bienvenue ce
matin sur le plateau de France Info. Dans deux minutes, il sera 9h.
Alexis Corbière