Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 février 2022 25 min

Candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle, Marine Le Pen... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour. Notre invité ce matin est député des Yvelines et président délégué du groupe LREM à l'Assemblée Nationale. Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Vous avez peut-être entendu les résultats de notre nouveau sondage Ipsosoprasteria pour France Info et le Parisien aujourd'hui en France. Les intentions de vote pour Emmanuel Macron, qui est toujours en tête, ses intentions de vote s'effritent. Il est à 24%. Il perd 1,5%. Est-ce que vous considérez qu'il est temps qu'il entre dans la campagne ? Ça vous fait sourire ?

0:38
Aurore Bergé

Oui, ça me fait sourire parce que je pense que chaque jour on peut commenter un nouveau sondage. Moi, il y a une semaine à peu près, certains de vos confrères me demandaient est-ce que Emmanuel Macron n'est pas trop haut dans les sondages et est-ce que ce n'est pas une difficulté pour lui et justement est-ce qu'il ne doit pas attendre pour entrer en campagne. Donc je pense que chaque jour je peux avoir des questionnements qui sont différents. Ce que je constate c'est qu'il est quand même stable et haut, systématiquement donné évidemment au second tour et gagnant du second tour, quelle qu'en soit la configuration. Et après, ce qui compte... Donc tout va bien.

Mais je dis juste que ce qui compte, c'est de pouvoir ensuite faire campagne, mener campagne sur les projets qui seront les nôtres. On se réunit d'ailleurs cet après-midi à Aubervilly avec l'ensemble des forces de la majorité présidentielle.

1:16
Présentateur

Ce serait un moment opportun ça pour annoncer une candidature ou pas, d'après vous ?

1:20
Aurore Bergé

Je crois que là c'est surtout les composants de la majorité présidentielle, donc les patrons des différents partis de cette majorité qui vont se réunir. Et il me semble que la semaine prochaine, le président de la République est pleinement président quand il rencontre ses homologues à la fois en Russie et en Ukraine. Et je pense que c'est plus important pour l'avenir du pays, l'avenir de l'Union Européenne aussi, qu'il soit dans ses fonctions présidentielles avant tout aujourd'hui.

1:41
Invité

Il va parvenir à faire entendre la voix de la France, notamment, vous l'avez dit, demain à Moscou, mardi à Kiev. D'ores et déjà, effectivement, une partie de l'opposition estime qu'au plan international, la France a connu un déclassement lors de ce quinquennat.

1:58
Aurore Bergé

Ce que je constate sur la question qui est très importante de l'Ukraine, parce qu'il y a quelques années finalement, on a accepté que l'Ukraine soit envahie, c'est-à-dire qu'il y a eu une annexion d'une partie d'un territoire avec la Crimée par la Russie, c'est-à-dire qu'on a attaqué la souveraineté d'un État en l'espèce. Et là, le président de la République fait en sorte à la fois que la France, mais l'Union Européenne parlent d'une voix claire et forte. Il a été salué dans ses initiatives, évidemment, par le président ukrainien, mais au-delà d'ailleurs par les différents alliés. Je pense notamment à la présidente de la Géorgie.

Par rapport à ceux qui disent que la France est silencieuse ou ne serait pas reconnue sur le plan international, eh bien on voit bien que celles et ceux qui appellent la voix de la France et appellent la voix de l'Union Européenne, eh bien disent clairement que cette voix-là, elle est forte et elle est entendue et qu'on doit avoir un dialogue ferme, exigeant avec la Russie parce qu'on ne peut pas accepter qu'encore une fois, un pays extérieur à l'Union Européenne vienne déstabiliser les frontières.

2:52
Invité

On verra effectivement le résultat de ces entretiens de la part d'Emmanuel Macron. Mais certains disent, mais à quoi bon attendre ? 51% des Français estiment que la candidature d'Emmanuel Macron est maintenant un faux suspens, qu'il est temps qu'il se déclare. Et Christian Jacob, le patron du parti LR, estime même qu'il fait campagne aux frais du contribuable. On l'écoute. On a un président de la République qui se sert des données publiques pour faire sa campagne. C'est-à-dire qu'on est clairement sur du détournement de fonds publics. Il utilise des fonds publics aujourd'hui pour sa campagne. Pour faire sa campagne.

Comment ça s'appelle lorsqu'un président de la République utilise les moyens de la République, non pas pour exercer ses responsabilités, mais en réalité pour faire campagne. Et la démonstration, vous avez des gens qui parrainent quelqu'un qui n'est pas candidat. Faux suspens, détournement de fonds publics. Et ce qui, encore une fois, il n'est pas temps qu'Emmanuel Macron rentre dans l'arène.

3:51
Aurore Bergé

Alors déjà, ce sont des accusations qui sont graves et qui sont infondées, parce qu'il y a des règles qui sont très claires dans notre pays sur l'utilisation des moyens pour faire campagne. On a une commission des comptes de campagne qui vient contrôler à postériori...

4:04
Invité

Qui a été saisie par Christian Jacob.

4:05
Aurore Bergé

Qui vient contrôler à postériori toutes les dépenses qui auront été engagées. C'est le cas aussi, par exemple, pour des candidats aux élections régionales. Il ne vous aura pas échappé d'ailleurs que Valérie Pécresse, candidate aux élections régionales, a été sanctionnée par la commission des comptes de campagne considérant que ses comptes n'avaient pas été sincères, que vraisemblablement, un certain nombre de dépenses qu'elle avait faites en tant que présidente de région étaient des dépenses électorales. Je ne suis pas sûre que les LR soient extraordinairement bien placés pour donner des leçons sur l'utilisation des deniers publics, de l'argent public.

Le seul parti qui a vu sa campagne ne pas être remboursé, c'est lorsque Nicolas Sarkozy était candidat à l'élection présidentielle en 2012. Vous vous souvenez à l'époque ce que ça avait donné. Et puis vous vous souvenez de la campagne de 2017 et la question de l'utilisation de l'argent public par le candidat François Fillon à l'époque.

4:51
Présentateur

Tout de même, Aurore Berger, est-ce qu'il y a d'après vous une ambiguïté dans cette position du président qui n'est pas candidat, mais dont les soutiens font campagne ?

5:00
Aurore Bergé

Mais si on est très honnête, il y a en permanence une ambiguïté qui existe dans ces cas-là pour n'importe quel homme ou femme politique qui exerce des responsabilités et qui est probablement appelé ensuite à être candidat. Soit on se dit, il faut qu'il y ait une règle claire, c'est-à-dire que 6 mois, 7 mois, 8 mois, que sais-je, avant l'élection, qu'elle soit municipale, départementale, régionale, présidentielle, eh bien, vous n'êtes plus que candidat. Mais il me semble qu'on a aussi besoin, là, en l'espèce, d'avoir un président de la République qui exerce sa responsabilité.

5:29
Présentateur

Mais en tout cas, ce n'est pas clair, c'est ce que vous dites.

5:30
Aurore Bergé

Non, mais en permanence, on joue avec ces sujets-là. Christian Jacob était le même qui disait au moment de la candidature de Nicolas Sarkozy, président de la République.

5:38
Invité

C'est des mots assez durs, effectivement.

5:40
Aurore Bergé

Oui, non, mais c'est des mots assez durs et des accusations graves, surtout, et je pense très mal placés de la part des LR pour les porter. En 2012, quand Nicolas Sarkozy était président de la République, il est entré bien plus tard en campagne encore. Et à l'époque, Christian Jacob, Valérie Pécresse, qui était sa porte-parole, disait que tout cela était normal. On ne peut pas en permanence utiliser des arguments contraires.

5:59
Invité

Continuons, si vous le voulez bien. Effectivement, puisque ce président, quasiment candidat, il a reçu ses 500 parrainages. On va y revenir d'un mot. Mais une fois qu'il sera candidat, 61% des Français, toujours selon notre sondage exclusif pour France Info et le Parisien, juge qu'il doit participer au débat, qu'il sera un candidat comme les autres. Pourquoi son entourage laisse entendre qu'il refusera ces débats d'avant-premier tour ?

6:26
Aurore Bergé

C'est de l'arrogance ? Non, ce n'est pas de l'arrogance. Il n'y a qu'en 2017, où on a eu des candidats au moment du premier tour avec 10 candidats différents. Vous vous souvenez de ces débats où, finalement, chaque candidat avait à peu près quoi ? 3, 4, 5, 6 minutes de temps de parole ?

6:40
Invité

Il pourrait être avec les candidats qui, je ne sais pas, sont un certain étiage de sondage.

6:45
Aurore Bergé

Dans ces cas-là, soit vous faites avec tous les candidats...

6:48
Invité

Enfin bref, vous refusez le principe de débat.

6:50
Aurore Bergé

Le débat, je reprends les paroles de Nicolas Sarkozy, à l'époque président de la République, disait...

6:55
Invité

Vous venez de ce camp-là, je le rappelle.

6:57
Aurore Bergé

Mais je l'assume. Il disait qu'il fallait être qualifié pour le second tour pour pouvoir participer au débat de l'élection présidentielle. Le débat de l'élection présidentielle, il a d'abord lieu avec les Français. Il aura lieu sur un projet, pas uniquement sur un catalogue de propositions, mais sur un projet. C'est la manière avec laquelle on projette notre pays à 10 ans, à 15 ans, à 20 ans. Est-ce qu'il doit avoir lieu avec 10, 11, 12, 15 candidats ? Est-ce que vous pensez vraiment que c'est 5 minutes de temps de parole pour 10 à 11 candidats qui éclairent le débat public ? Je ne suis pas certaine.

7:26
Invité

Un dernier petit mot, je le disais, il a atteint les 500 parrainages, 529 exactement. Vous voulez aller jusqu'où ? Au-delà de 2017 ? Au-delà des 1829 parrainages de 2017 ?

7:36
Aurore Bergé

On ira là où les élus locaux, les maires et les parlementaires souhaitent qu'ils puissent aller.

7:40
Invité

On risque d'assécher les parrainages pour les autres candidats ? Éric Zemmour, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ?

7:45
Aurore Bergé

Écoutez, moi je suis députée de la République en main. Je vous croyais que je vais donner mon parrainage à Éric Zemmour, à Marine Le Pen ou à un autre candidat ? Je vais évidemment parrainer le président de la République. Par diversité de la démocratie ? Mais la démocratie, c'est encore une fois en respecter les règles. Le président à l'époque, le général de Gaulle, avait souhaité qu'il puisse y avoir un parrainage, que les maires puissent désigner qui avait le droit de concourir. Toutes celles et ceux qui souhaitent soutenir le président de la République peuvent le parrainer. Dire que le parrainage n'est pas un soutien, à mon avis, est excessif.

De facto, le parrainage, c'est de donner sa voie pour savoir qui a le droit ou non de concourir.

8:17
Présentateur

Aurore Berger, l'invité du 8.30 France Info, on s'interrompt pour le fil info à 9h moins 20. Diane Ferschit.

8:23
Invité

Moscou, demain, Kiev, mardi, Emmanuel Macron s'apprête à rencontrer respectivement Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, objectif du président de la République toujours parvenir à une désescalade dans les tensions qui opposent les deux pays. Emmanuel Macron qui s'est entretenu hier avec le secrétaire général de l'OTAN et le Premier ministre britannique Boris Johnson. A deux mois de la présidentielle, Éric Zemmour remonte, Marine Le Pen et elle en baisse. Enseignement de notre sondage Ipsos-Soprasteria pour France Info et le Parisien Aujourd'hui en France. Les deux candidats d'extrême droite sont à égalité à 14% d'intention de vote.

Marine Le Pen et Éric Zemmour qui se sont livrés à distance à un duel par meeting interposé hier. Le candidat de Reconquête promet de baisser les taxes et d'augmenter les salaires. La candidate du Rassemblement National, elle, a marqué les esprits en finissant son discours avec une séquence émotion. Le Maroc, très choqué après la mort de Ryan, le garçon de 5 ans tombé dans un puits dans le nord du pays en début de semaine. Cinq jours de course contre la montre pour les sauveteurs des opérations qui ont été suivies en direct à travers le monde entier. Les monégasques mettent fin à la belle série de Lyon en s'imposant 2 à 0. Les Lyonnais étaient invaincus depuis début décembre.

Cette rencontre s'en t'a suivie ce dimanche pour le compte de cette 23ème journée de Ligue 1 de football, notamment Reims-Bordeaux, Nice-Clairmont ou encore 3 à Metz.

9:39
Présentateur

La députée LREM, Aurore Berger, l'invité du 8.30 France Info ce matin. Marine Le Pen était hier en meeting à Reims. Aurore Berger, la candidate Rennes à la présidentielle, a clairement désigné Emmanuel Macron comme son adversaire. Elle parle d'un immense chaos pendant le quinquennat. On l'écoute et vous réagissez ensuite.

10:01
Invité

Bousculée à l'intérieur, humiliée à l'extérieur, la France dégringole dans le classement des puissances, affaiblie par les erreurs, la vanité et le cynisme d'Emmanuel Macron.

10:15
Présentateur

Marine Le Pen, c'est votre adversaire aujourd'hui ?

10:19
Aurore Bergé

En tout cas, c'est celle qui, aujourd'hui, quand vous regardez tous les différents sondages, puisque vous m'avez invité à les commenter, est probablement celle qui peut être qualifiée pour le second tour. Donc oui, c'est une adversaire.

10:28
Invité

Elle n'est pas en tête aujourd'hui de notre sondage. Notre sondage, aujourd'hui, c'est Valérie Pécresse. 7,5% de l'attention de vote.

10:35
Aurore Bergé

Vous regardez les différents sondages. Toute la semaine, on en a eu. On en a à peu près un par jour. Donc vous regardez les différents sondages. Celle qui, aujourd'hui, a le plus de chances ou de probabilité, plutôt, d'être qualifiée au second tour, c'est elle. Ce qui est certain, c'est que c'est une adversaire d'un point de vue des idées politiques. On a des projets pour le pays qui sont diamétralement opposés. Donc oui, c'est une adversaire. Et après, on a, en effet, des concurrents, si vous voulez, qui peuvent être différents.

Je ne sais pas, aujourd'hui, qu'il sera qualifié au second tour, moi, je ne veux pas pour qu'Emmanuel Macron puisse être candidat et puisse être qualifié pour les candidats.

11:02
Invité

Mais comment vous voyez, effectivement, cette concurrence à droite entre les candidats de la droite de la droite, Marine Le Pen et Éric Zemmour, mais également Valérie Pécresse ? Comment vous jugez leur dynamique ?

11:13
Aurore Bergé

Mais justement, je juge plutôt l'absence de dynamique. C'est-à-dire qu'on ne voit pas d'enthousiasme pour la candidature de Valérie Pécresse. Qu'est-ce qu'on vous dit sur les marchés

11:20
Invité

dans votre circonscription ?

11:21
Aurore Bergé

Ce qu'on me dit, c'est qu'on n'y a pas d'enthousiasme pour la candidature de Valérie Pécresse de manière assez nette, et ça se ressent. Ça se ressent même dans les enquêtes d'opinion. Il n'y a pas une envie pour que cette candidate soit demain la présidente de la République. On voit bien aussi l'espèce de cafouillage qu'il y a entre les uns et les autres, d'ailleurs, qui se fait ici tenser par Rachida Dati, qui n'est pas soutenue par des gens qui sont pourtant importants au sein des Républicains. Je pense à Éric Wörth, qui a redit qu'il ne la soutiendrait pas.

Donc on voit bien quand même qu'à un moment, il y a une espèce d'assemblage où ils se disent, on joue notre survie sur cette élection, on doit être qualifié au second tour. C'est cette candidate qui a été désignée. Donc coûte que coûte, vague que vaille, il faut un moment qu'on arrive à se maintenir. Et sauf qu'à force d'avoir ce genre d'absence d'idée, en fait, et de projet politique, on ne sait pas ce qu'elle pense. Moi, je ne sais pas clairement quel est son projet politique pour le pays, sur le destin qu'elle voit pour notre pays, sur les questions d'immigration, sur les questions de fiscalité, sur les questions d'école. Je ne sais pas.

Je ne sais pas si c'est la ligne d'Éric Ciotti ou la ligne de Michel Barrier, celle de Xavier Bertrand ou celle de Nadine Morano. Excusez-moi, ce n'est pas tout à fait les mêmes droites. C'est la raison pour laquelle on a été nombreux à quitter cette droite-là, parce qu'à force du flou permanent sur les idées, à force de courir en permanence après l'extrême droite, déjà, on se retrouve en général derrière.

12:34
Invité

Mais vous les mettez dans le même sac, effectivement, Valérie Pécresse, l'esté peut-être d'Éric Ciotti, Éric Zemmour et Marine Le Pen. Ça a été le cas de Richard Ferrand sur Public Sénat, vendredi. Il a dit, oui, finalement, il y a une offre politique, celle d'Emmanuel Macron, contre une autre offre politique, celle du repli du passé, celle de la droite.

12:53
Aurore Bergé

Mais Valérie Pécresse, elle n'estime pas être lestée par Éric Ciotti. Elle considère qu'elle a besoin de lui pour garder à la maison un certain nombre d'électeurs qui, sinon, vont partir clairement chez Éric Zemmour. Donc, elle en a fait clairement un ticket. Mais en France, on n'élit pas un ticket. On n'est pas aux États-Unis. On élit un homme ou une femme où on se dit, on peut lui confier le destin de notre pays et ensuite, on le confirme ou non au moment des élections législatives en lui donnant une majorité présidentielle, une majorité parlementaire.

Alors oui, je suis désolée, mais cette espèce de course folle vers l'extrême droite, eh bien, de facto, ça dénature la droite qui est la droite républicaine. Souvenez-vous des débats au sein des LR lors du Congrès où Valérie Pécresse, qui se disait être une femme libérale, une femme républicaine, en venait à reprendre les mots d'Éric Zemmour. Quand vous reprenez les mots qui sont ceux du grand remplacement, le grand remplacement, c'est une thèse raciste. Il n'y a pas d'autre mot. On ne peut pas reprendre ces mots-là et ensuite se revendiquer de Jacques Chirac.

13:47
Invité

Elle n'a pas employé cette expression.

13:48
Aurore Bergé

Elle a repris. Elle a repris. Vous reprenez les débats. Elle a repris cette expression. Le simple fait de la reprendre, ça veut dire que la droite, qu'elle s'appelle Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, eh bien, considère que ces termes-là et ces thèmes-là sont ceux qui sont d'abord ceux de la campagne présidentielle. Or, vraisemblablement, ce que disent les Français, c'est d'abord que ce qui compte, c'est leur vie quotidienne et c'est leur pouvoir d'achat.

14:12
Présentateur

On peut citer aussi une expression pour la critiquer. Ça existe aussi. C'est peut-être pas ce qui s'est passé à ce moment-là, mais on vérifiera.

14:18
Aurore Bergé

Désolé, mais en politique, la sémantique, ça a un sens. On vérifiera ça. Quand on choisit les mots, vous pouvez vérifier.

14:23
Présentateur

L'extrême droite, au total, réunit aujourd'hui environ 30% des intentions de vote dans les fameux sondages que vous voyez passer tous les jours. Ça, c'est un échec d'Emmanuel Macron ?

14:32
Aurore Bergé

C'est peu ou prou ce qu'il y avait déjà au moment de 2017 entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen. Présidément, il s'était engagé

14:41
Invité

à faire baisser l'extrême droite dans le pays, à résorber les fractures aussi de ce pays. De ce point de vue-là, on peut dire que la promesse n'a pas été tenue.

14:50
Aurore Bergé

L'extrême droite, je considère qu'elle sera toujours trop haute dans notre pays parce que les thèses qui sont celles de l'extrême droite, évidemment, sont des thèses que nous combattons.

14:58
Présentateur

Mais là, ça monte.

15:00
Aurore Bergé

Non.

15:00
Présentateur

On dit que ce sera toujours trop haute, certes.

15:02
Aurore Bergé

Non, mais quand vous regardez aujourd'hui la somme des candidats d'extrême droite à l'élection présidentielle et celle que nous avions en 2017, vous êtes à peu près à un ou deux points près dans le même résultat que celui qu'on avait en 2017. Oui, je considère que c'est encore trop haut, que notre responsabilité, c'est de démontrer l'inefficacité d'une extrême droite au pouvoir, la dangerosité d'une extrême droite au pouvoir. Il ne suffit pas d'employer des mots, il faut pouvoir le démontrer. Pour les électeurs du Rassemblement national, on peut le démontrer parce qu'on voit ce qui se passe quand ils deviennent élus, notamment d'un certain nombre de mairies.

C'est plus compliqué pour d'autres puisque c'est la première fois qu'ils se présentent. Moi, le meeting d'hier d'Éric Zemmour est un meeting où j'avais le sentiment de revoir des vieilles images sur l'année, des meetings de Jean-Marie Le Pen, du « On est chez nous » et qui étaient assez terrifiants en termes d'images et de scénographie, volontairement, extraordinairement anxiogènes, comme si notre pays était en permanence à feu et à sang. Donc il y a ceux qui veulent dramatiser au maximum cette élection présidentielle, qui veulent faire croire aux Français que chaque matin ils sont en danger dans notre pays, ça n'est pas le cas. Ça n'est pas le pays dans lequel nous vivons.

Nous vivons heureusement dans un pays qui est beaucoup plus apaisé que celui-ci, dans un pays où on crée de l'emploi. C'est quand même en général la première préoccupation des Français pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Un petit mot quand même.

16:16
Invité

Un petit mot. Emmanuel Macron avait fait aussi campagne sur ce qu'il a appelé la République exemplaire en 2017. Thierry Soler, qui est député de la République en marche, a été de nouveau mis en examen vendredi. Je dis de nouveau parce qu'il cumule 13 mises en examen depuis 2019. Est-ce qu'il peut rester le conseiller politique du chef de l'État ? Est-ce qu'il peut rester à l'Élysée ?

16:42
Aurore Bergé

Je n'ai aucun commentaire à faire sur des mises en examen qui me semblent que la présomption d'innocence prévalente dans notre pays, qu'il s'agisse de Thierry Soler comme de n'importe quel homme ou de femme dans notre pays, il y a une présomption d'innocence qui doit s'appliquer. Donc je n'ai aucun commentaire autre à faire que celui-ci.

16:57
Invité

Un petit mot sur effectivement cette République exemplaire qui semble un tout petit peu défunte, cette campagne qui a du mal à démarrer. Est-ce que vous craignez pas une abstention massive et en particulier chez les jeunes ?

17:12
Aurore Bergé

L'abstention, c'est parce qu'à un moment on considère, il me semble, que la vie politique et que les hommes ou les femmes politiques n'ont pas de prise sur le cours des choses. Notre responsabilité d'hommes ou de femmes politiques c'est de démontrer qu'on peut concrètement...

17:24
Invité

Non, vous ne le craignez pas. Vous ne craignez pas que ça soit en quelque sorte notre combat

17:28
Aurore Bergé

c'est de faire en sorte que les Français aient envie d'aller voter. Qu'ils aient envie. Qu'ils aient envie parce que les candidats leur donnent envie, parce que les projets leur donnent envie, parce qu'encore une fois on projette le pays à 10 ans, à 15 ans ou à 20 ans. Et c'est notre responsabilité de démontrer que concrètement la vie politique elle a encore du poids sur le cours des choses que ce soit sur l'avenir de leurs enfants, que ce soit sur l'avenir de leur planète, que ce soit sur le destin qui est celui de notre pays, que ce soit sur l'identité de notre pays. Et c'est ça concrètement... Redonner confiance

17:54
Présentateur

en la politique. Redonner confiance par l'action. Il y a un peu de travail.

17:57
Aurore Bergé

Par l'action que l'on mène.

17:58
Présentateur

Aurore Berger, invitée du 8.30 France Info ce matin. Voici le fil info avec Diane Ferschit. Il est 9h moins 10.

18:04
Invité

La candidate Les Républicains, Valérie Pécresse, en deuxième position au premier tour selon notre sondage Ipsos Soprasteria pour France Info et le Parisien aujourd'hui en France. Valérie Pécresse, créditée de 16,5% d'intention de vote. Elle gagne un demi-point là où Emmanuel Macron en perd 1,5 en un mois. De l'extrême droite, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont à présent au coude à coude plébiscités tous deux par 14% des sondés. On a voulu s'attaquer à une oeuvre d'art, à un message de réconciliation des mémoires. Réaction de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot après la dégradation d'une sculpture en hommage à l'émir Abdelkader, fondateur de l'Algérie moderne et proche de la France.

Vandalisme quelques heures avant son inauguration hier à Amboise en Indre-et-Loire. Une enquête est ouverte. Les festivités n'auront lieu qu'au mois de juin pour le jubilé de platine de la reine 70 ans. Aujourd'hui, qu'Elisabeth II s'est installée sur le trône, aucun monarque britannique n'a vécu aussi longtemps la reine qui souhaite que sa belle-fille Camilla devienne reine-consort quand le prince Charles lui succèdera. Elle demande à ses sujets de soutenir son fils quand l'heure sera venue. A Pékin, les autorités redoutent une forte pollution en plein jeu à cause de la vague de froid et des centrales à charbon qui fonctionnent à plein régime.

Des mesures d'urgence sont mises en place autour des sites olympiques. Et ce matin, c'est le vent qui perturbe l'organisation des épreuves. La descente homme de ski alpin a dû être annulée. Elle aura finalement lieu demain.

19:30
Présentateur

France Info. Aurore Berger, députée LREM des Yvelines et l'invité du 8.30. France Info ce matin, un sujet est entré cette semaine dans la campagne, c'est le logement. Le bilan d'Emmanuel Macron sur cette question a été critiqué ici même sur France Info par Valérie Rabot, présidente du groupe socialiste à l'Assemblée. Écoutez.

19:49
Invité

Ce qu'il faut, c'est toujours regarder les faits. Vous prenez le logement. Eh bien, il devait en faire 150 000 par an. Il en a fait 70 000, 70 à 80 000 en termes de logements sociaux. Je prends un autre exemple aussi là très concret. Vous prenez les deux dernières années du quinquennat Hollande, les deux premières du quinquennat Macron avant la crise, avant l'épidémie. Eh bien, vous avez 50 000 logements de moins entamés dans notre pays.

20:11
Présentateur

Le logement, c'est un ongle mort, un sujet négligé.

20:16
Aurore Bergé

Ce n'est pas un ongle mort. D'ailleurs, on a voté une loi qui permet de prolonger une loi qui est essentielle, qui est la question de la loi SRU, qui confie un certain nombre d'obligations aux communes de plus de 3 500 habitants pour faire en sorte qu'elles construisent du logement social. 25 % de taux de logement social. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin de mixité. Et que notre enjeu, ce n'est pas qu'on ait des villes avec 80 % de taux de logement sociaux et des villes avec 1 % de taux de logement sociaux parce qu'on voit bien les difficultés, dans un sens comme dans l'autre, que ça peut générer. Et ça, c'est nous qui l'avons porté. La loi SRU, sinon, elle s'arrêtait.

On a souhaité la prolonger en l'adaptant pour aussi que ce soit concrètement réalisable dans les territoires, dans les communes, notamment dans les plus petites communes, mais justement pour continuer à aller de l'avant et continuer à construire parce qu'on le voit bien, on a une démographie qui est positive dans notre pays. C'est un bon signe. C'est un signe de vitalité de se dire que la démographie va bien dans ce pays, mais ça nécessite aussi, évidemment, des constructions. Et puis, on a des familles qui ont changé aussi de nature cet effort de manière importante.

21:15
Invité

Alors aujourd'hui, on le voit, la campagne présidentielle se focalise sur votre bilan, que ce soit en matière de logement, que ce soit en matière de pouvoir d'achat ou dans le domaine régalien sur l'immigration. Mais quand vous allez pleinement en campagne, quand vous allez avoir votre candidat, il y a un vrai faux suspens, vous ne mentirez pas sur ce point, vous allez présenter, en quelque sorte, des réformes un petit peu audacieuses, avoir une vision de votre prochain quinquennat si vous parvenez à avoir la majorité, qui ne soit pas seulement un quinquennat de continuité ?

21:46
Aurore Bergé

Je crois que c'est assez logique et légitime qu'on soit aujourd'hui, si ce n'est attaqué sur le bilan, au moins que ce bilan soit commenté. Et nous, on le porte plutôt avec fierté, ce bilan.

21:55
Invité

Mais l'étape 2, j'ai bien compris que vous le portez avec fierté. Non, mais je voudrais le rappeler au cas où il y aurait un évité. Non, non, on a bien compris. Mais la prochaine étape, c'est quoi ? C'est d'avoir, en quelque sorte, trois, quatre grandes réformes qui seraient mises en œuvre dans le prochain quinquennat ?

22:09
Aurore Bergé

Bien sûr, mais d'ailleurs, le président de la République l'a esquissé, l'a esquissé de manière publique sur la nécessité de la transformation du système de retraite, sur la question du système institutionnel aussi. On a d'ailleurs adopté cette semaine, là encore, une proposition de résolution pour enfin intégrer une dose de proportionnelle parce que c'était nécessaire et que ça a été une réforme qui a été bloquée. Sur l'éducation, par exemple, une vraie... C'était une réforme qu'on a malheureusement... Oui, mais ça, vous en pariez depuis 2017. Oui, je sais. Il y a ce qu'on peut réaliser, il y a ce qu'on a réalisé et il y a ce qu'on doit encore réaliser.

Et donc, oui, c'est la nécessité aussi d'un deuxième quinquennat pour aller au bout d'un certain nombre de ces réformes qui sont des réformes de structure, qui sont des réformes qui permettent de préserver un modèle social et de le changer, qui sont des réformes qui permettent aussi de lutter contre l'abstention pour permettre de régénérer et de continuer à régénérer la vie politique.

22:52
Invité

Une réforme de société aussi ? On pourrait avoir comme ça une réforme de société qui rentre dans le débat public comme par exemple une réforme de la fin de vie ?

23:03
Aurore Bergé

Écoutez, ça, je ne le sais pas.

23:04
Invité

C'est votre souhait ?

23:05
Aurore Bergé

Moi, à titre personnel, je me suis déjà exprimé en disant que je n'y étais pas favorable parce que je pense qu'il faut d'abord améliorer de manière importante la question des soins palliatifs dans notre pays, la question de la formation des médecins de ce point de vue-là, de l'accompagnement de la fin de vie. On l'a bien vu malheureusement ces derniers mois, la nécessité de cette amélioration. C'est d'abord d'ailleurs ce que nous demandent les médecins.

Ce qui est certain, c'est que les réformes sur lesquelles on s'était engagé, notamment les réformes dites sociétales, même si je n'aime pas particulièrement ce terme parce que ce sont des réformes qui accordent des nouveaux droits, que ce soit la question de la PMA ou que ce soit la question de l'IVG. Vous voyez, cette semaine, nous allons définitivement pouvoir adopter, malgré le refus obstiné du Sénat et des LR en particulier, l'extension des délais d'accès à l'IVG dans notre pays. Et ça, c'est une réforme qui concerne des milliers de femmes qui aujourd'hui, malheureusement, sont encore privées d'accès à leurs droits essentiels.

23:54
Invité

Une dernière question. Encore une fois, ce n'est pas par malice, mais effectivement, vous venez de la droite. Est-ce que vous attendez le soutien de Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République, est aujourd'hui, on va dire, discret. Est-ce que vous pensez qu'il finira par apporter son soutien à Emmanuel Macron ?

24:12
Aurore Bergé

En tout cas, il ne l'a toujours pas apporté à Valérie Pécras.

24:15
Présentateur

Merci, Aurore Berger. C'est une jolie conclusion. Députée des Yvelines, président délégué du groupe LREM à l'Assemblée nationale, invité du 8.30 France Info ce matin. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisez la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.