Christian Jacob : "On ne peut pas opposer écologie et production, et productivisme d'une certaine manière"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:51OuverteRéponse directe
Pourquoi l'écologie est-elle un angle mort dans ce conservatisme ?
- 2:40RelanceRéponse partielle
On voit bien que ce discours-là n'est pas suffisant pour mettre fin au réchauffement climatique. Il faut aller plus loin.
- 2:56FerméeRéponse directe
Mais concrètement, vous faites quoi ? Par exemple, la vallée de Chamonix, est-ce que vous êtes pour une taxe poids lourd sur la vallée de Chamonix ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Pourquoi vous ne voulez plus investir dans l'éolien et les énergies renouvelables ?
- 5:27FerméeRéponse directe
Emmanuel Macron a déclaré que le nucléaire était une chance historique pour la France. Vous êtes d'accord avec sa position sur le nucléaire ?
- 6:06OuverteRéponse directe
La coalition entre les conservateurs et les écologistes autrichiens est-ce que ça vous fait réfléchir ? Ce serait envisageable en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:36Invité politiqueFait
« On ne peut pas opposer écologie et production et productivisme d'une certaine manière. »
- 3:23Invité politiqueChiffre
« Nous sommes, et ça n'est pas rien, pour 1% dans les émissions de gaz à effet de serre, les émissions mondiales. »
- 4:15Invité politiqueFait
« C'est le développement des biocarburants. »
- 5:45Invité politiqueFait
« Sur le nucléaire, oui, je suis d'accord. »
- 7:32Invité politiqueChiffre
« 27% des musulmans en France seraient favorables à ce que les lois de la charia s'imposent aux lois de la République. »
- 9:03Invité politiqueChiffre
« C'est un fichier, je crois, où il y a à peu près 20 000 personnes dessus. On a 3 500 étrangers qui sont dessus. »
- 12:41Invité politiqueChiffre
« Ces chiffres, la baisse est moitié moins importante qu'elle l'est dans tous les pays de la zone euro. »
- 13:50Invité politiquePromesse
« Nous avons présenté un contre-projet qui est structuré avec un financement pour les retraites. »
- 20:47Invité politiquePromesse
« La taxe carbone aux frontières européennes immédiatement est-ce qu'il y a de plus radicale pour vous ? »
- 23:00Invité politiqueChiffre
« Il nous parle, je crois, de 10 000 conseillers municipaux. »
Temps de parole
- Christian Jacob66 %
- Présentateur18 %
- Présentateur 213 %
- Auditeur3 %
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin, dans le grand entretien du 7-9, le président du parti républicain. Dialoguez avec lui, vous avez la parole dans une dizaine de minutes, au standard 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Christian Jacob, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro. Emmanuel Macron est aujourd'hui à la mer de glace pour illustrer les dégâts du réchauffement climatique et promouvoir le virage écologiste de la deuxième partie de son quinquennat. Vous, à droite, vous défendez une certaine idée de la famille, une certaine idée de l'ordre, une certaine idée de la nation.
Votre famille politique, c'est celle des conservateurs. Et ça n'est, dans ma bouche, ni une insulte, ni une caricature. Alors, pourquoi l'écologie est-elle un angle mort dans ce conservatisme ? Car après tout, il s'agit simplement de conserver une terre vivable et de conserver une nature vivante. Pourquoi donc avez-vous tant de mal à droite à formuler un discours, une pensée sur l'écologie ?
Je ne suis pas d'accord avec vous. Je ne suis pas d'accord parce que je pense que nous avons un message et justement un socle d'idées à porter. D'abord, en le prenant, je reprends la chronique d'Anthony Bélanger. Elle est très intéressante parce qu'on voit bien que l'écologie, il faut être sur une approche globale. On ne peut pas le dissocier de la démographie. Lorsque l'on parle démographie, on parle logement, on parle alimentation, on parle eau, ce qu'il a évoqué à l'instant. Et donc, aujourd'hui, la lutte nécessaire contre le réchauffement climatique, il faut bien prendre en compte ces notions de démographie.
On a besoin, il y a une augmentation de la demande alimentaire mondiale, il faut être capable d'y répondre. La France doit être capable et l'Union Européenne d'y répondre. Il faut le faire en respectant l'environnement. Donc, on ne peut pas opposer écologie et production et productivisme d'une certaine manière. Et c'est ça le discours de droite. C'est un discours qui allie à la fois l'écologie et l'économie. On ne peut pas dissocier l'un de l'autre. C'est toute la logique que j'ai toujours développée et que nous développons, celle autour du développement durable. Vous voyez, des trois piliers sur une entreprise.
Une entreprise, quelle qu'elle soit, elle doit d'abord avoir une rentabilité économique. Si elle n'a pas de rentabilité économique, elle ne tient pas dans la durée. Ensuite, elle doit être facteur de progrès social. C'est-à-dire qu'on remet l'homme au centre du dispositif. Les fruits d'une entreprise doivent bénéficier à ceux qui en travaillent. Et ensuite, elle doit être respectueuse de l'environnement parce que c'est ça qui assure sa durabilité. Et le discours de droite, c'est autour de ça qu'il se construit. Il ne se construit pas sur des dogmes.
Oui, mais on voit bien que ce discours-là, pour l'instant, n'est pas suffisant pour mettre fin au réchauffement climatique. Il faut aller plus loin. Et c'est là où on se demande jusqu'où vous êtes capable d'aller plus loin. Parce que là, vous nous faites un panorama sur les idées. Mais concrètement, vous faites quoi ? Par exemple, la vallée de Chamonix, puisque le président de la République est là-bas. La vallée de Chamonix qui est particulièrement polluée. Est-ce que vous êtes pour une taxe poids lourd sur la vallée de Chamonix, par exemple ? Pour les camions qui passent dans la vallée de Chamonix. Est-ce que vous êtes pour ou contre ça ?
Moi, je suis favorable, et nous l'avons dit, à une taxe carbone qui soit aux frontières de l'Union Européenne. C'est-à-dire que je ne pense pas que la France seule, bien évidemment qu'il y a des décisions à prendre, mais la France seule ne peut pas lutter. Nous sommes, et ça n'est pas rien, pour 1% dans les émissions de gaz à effet de serre, les émissions mondiales. Donc ça ne veut pas dire qu'on n'a pas à s'en occuper, bien évidemment. Mais il faut être dans une approche globale. Lorsqu'on défend l'idée d'une taxe carbone aux frontières de l'Union Européenne, c'est effectivement une diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Oui, mais ça, vous savez bien qu'il faut se mettre d'accord à 27. Mais oui ! Oui, mais tant qu'on n'est pas d'accord à 27, ça nous exempte de nos obligations ?
On ne le fait pas chez nous ? Non, non, non, ce n'est pas ce que j'ai dit, justement. Je dis que ce n'est pas parce que c'était 1% que ça ne devait pas nous concerner. Et donc, on doit aussi avancer. Et c'est l'initiative qu'on attendait du Président de la République qui n'a pas pris sur le plan européen. Ensuite, on doit aussi être moins dépendant des énergies fossiles. D'où le développement, je parlais d'agriculture à l'instant, d'alimentation. Eh bien, c'est le développement des biocarburants. C'est-à-dire des carburants qui ne sont pas polluants et qui sont beaucoup moins polluants. On a aujourd'hui un mot sur les biocarburants.
Vous développez ces biocarburants, ils ne sont pas émetteurs, beaucoup moins émetteurs de gaz à effet de serre et quasiment totalement décarbonés. Et en même temps, quand vous faites ça, eh bien, vous produisez des produits de substitution des céréales, c'est-à-dire qui vont remplacer le soja, qui vont éviter qu'on importe du soja du Brésil ou des États-Unis et qui traversent l'Atlantique avec toutes les productions de carbone qu'il peut y avoir. Donc, on gagne sur les deux fronts. Donc, il ne faut pas s'attaquer uniquement à la logique de taxation, mais trouver des énergies de substitution. Et c'est là qu'il y a des initiatives à prendre.
Pourquoi vous ne voulez plus investir dans l'éolien et les énergies renouvelables ?
Parce que je pense qu'aujourd'hui, les 70 ou 80 millions d'euros qui se sont mis dans les éoliennes, qui dénaturent nos paysages, si on les mettait sur l'isolation des logements, si on les mettait sur le fait de renouveler, d'avoir des chauffages qui soient beaucoup plus performants, je pense que c'est beaucoup plus intelligent. D'abord, ça diminuerait les coûts de consommation d'énergie pour les gens qui sont dans ces logements et ce serait beaucoup plus efficace que de saccager nos paysages avec des éoliennes.
Christian Jacob, Emmanuel Macron a déclaré que le nucléaire était une chance historique pour la France car c'est, je le cite, la production non-intermittente la plus décarbonée au monde. Donc, dans le droit fil de ce que vous venez de dire à Léa Salamé, vous êtes d'accord, j'imagine, avec sa position sur le nucléaire ?
Sur le nucléaire, oui, je suis d'accord. En sachant que le nucléaire n'est pas une fin en soi et que l'énergie idéale, c'est l'énergie renouvelable. Et donc, il faut continuer à travailler sur la recherche, sur la biomasse, sur différentes techniques, sur la méthanisation, sur d'autres possibilités. Mais aujourd'hui, c'est l'énergie la plus décarbonée et la moins chère qui existe.
La coalition entre les conservateurs et les écologistes autrichiens, est-ce que ça vous fait réfléchir ? Vous pourriez le faire ? Ce serait envisageable en France, une alliance entre vous et les écolos de Yannick Jadot, par exemple ? Ou c'est la pure science-fiction ?
Aujourd'hui, je ne vois pas sur quelle base ça peut se faire. Parce qu'on a un mouvement vert en France qui est très politisé. Qui est d'abord un mouvement venu parfois de l'extrême-gauche ou de la gauche. Et donc, il y a quand même une logique d'opposition sur le plan économique assez frontale. Ceci étant, après, il n'est pas interdit au vert d'évoluer.
Et à LR non plus.
Je vous l'attendais.
L'autre axe des deux prochaines années du quinquennat, c'est la sécurité. Les questions régaliennes, comme on dit. Emmanuel Macron va s'exprimer sur l'influence étrangère dans la formation des imams, dans le financement des lieux de culte. Qu'attendez-vous concrètement de lui ?
D'abord, c'est le discours qui nous a tenu en janvier 2018, en juin 2018, en janvier 2019. Donc là, maintenant, il nous l'annonce pour les semaines à venir. Derrière cela, rien ne change. Moi, je pense qu'on est face à une vraie inquiétude d'une ampleur. Il y a des attaques sur la laïcité, comme on ne les a jamais eues. Je ne sais pas si vous avez vu cette enquête de Jérôme Fourquet pour l'IFOB, je crois, où il dit que 27% des musulmans en France seraient favorables à ce que les lois de la charia s'imposent aux lois de la République. C'est inquiétant. Le président de la République ne réagit pas sur ces sujets.
Lorsqu'il dit que le port du voile dans l'espace public, ça n'est pas son problème. Imaginons que Jacques Chirac, en 2004, ait raisonné de la même façon, en disant « ça n'est pas mon problème ». On en saurait où, aujourd'hui, s'il n'y avait pas eu cette loi d'interdiction sur le port des signes religieux à l'école. Si Nicolas Sarkozy, en 2010, sur la proposition de Jean-François Copé sur l'interdiction de la burqa, avait réagi comme Emmanuel Macron en disant « ça n'est pas mon problème ». On en serait où ? Aujourd'hui, le président nous annonce tous les trois mois un grand discours sur la laïcité. D'abord, on est pressé de l'entendre.
Et puis, au-delà de ça, ce n'est pas des phrases qu'on attend du président de la République. Mais ce sont des décisions très concrètes.
Il a promis des décisions, notamment sur le fonctionnement de l'islam de France. Il parle de séparatisme, par exemple. Est-ce que c'est un terme qui vous semble juste, de séparatisme dans certains territoires ?
Moi, j'ai envie que nous ayons des décisions qui soient très concrètes. Aujourd'hui, je vous dis, tous les trois mois, il nous annonce qu'il va faire un discours sur la laïcité. Qu'on passe aux actes. Sur le fichier, sur les personnes qui sont fichées pour radicalisation. C'est un fichier, je crois, où il y a à peu près 20 000 personnes dessus. On a 3 500 étrangers qui sont dessus. Pourquoi ces 3 500 étrangers sont toujours présents en France ? Sur les condamnations très fermes à tous ceux qui consultent régulièrement les sites qui appellent à la violence et à la haine. Qu'est-ce qui a été fait sur ce sujet ? Sur la fermeture des mosquées.
Sur le fait que les imams devraient, de mon point de vue, obligatoirement prêcher en français. On n'a rien là-dessus. Rien n'a été fait. Et c'est ça le reproche que nous faisons au Président de la République. En disant, quand je vous dis, au mois d'octobre dernier, il dit, ça n'est pas mon problème. Mais enfin, qu'est-ce que c'est le problème du Président de la République ?
Oui, ce qu'il dit aussi hier aux députés que ça va être le grand axe de ce nationalisme.
Oui, comme il nous le dit depuis 3 ans. Peut-être que ce sera vrai, mais pour le moment, il n'y a rien. D'accord.
Mais il a réaffirmé le droit au blasphème, à la critique de la religion. Il a soutenu clairement la jeune Mila. Vous êtes-vous Mila, comme on dit d'ailleurs, Christian Jacob ?
J'ai horreur de ce type d'expression. En revanche, je suis pour la liberté de culte en France, mais pour la liberté de critiquer tous les cultes. Et ce qui s'est passé à l'égard de cette jeune fille est totalement disproportionné. Elle a eu des critiques dures sur une religion. Est-ce que ça peut justifier, à quelques moments que ce soit, des appels au viol, des appels à l'assassinat, des appels à la haine ? C'est de la folie ce qui s'est passé.
Est-ce que le gouvernement a bien traité, puisque aujourd'hui elle est rescolarisée ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la ministre de la Justice a très mal réagi. Elle s'est reprise, elle a parlé d'une maladresse. Elle s'est reprise après. J'étais heureux qu'elle se reprenne, après ce qu'elle avait dit.
Une question sur le point qui cite une enquête qui sort aujourd'hui sur les élus, ces élus qui passent des alliances avec les islamistes, notamment en banlieue, avec un gros plan sur Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis, et les deals qu'il aurait fait avec les islamistes pour asseoir son pouvoir dans des villes comme Drancy ou comme Bobigny. Est-ce que vous avez entendu parler de cette enquête ? Est-ce qu'il faut sanctionner plus durement les élus ? Quelle est votre position ?
Écoutez, si c'est le cas, non seulement c'est inacceptable, mais c'est extrêmement dangereux. Bon, j'ai entendu les annonces sur cette enquête. Objectivement, je ne l'ai pas lue. Elle demande toujours à être vérifiée, parce qu'il est tellement facile aussi de porter des accusations gratuites. Ceci étant, c'est un point sur lequel on ne peut pas transiger. On ne peut pas transiger avec des gens qui se nourrissent de la haine, qui la revendiquent, et qui appellent à la haine. C'est tout ce que je disais à l'instant. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'État et le Président de la République doivent se saisir de ce sujet. Et je lui reprocherai directement de ne pas l'avoir fait.
Et on l'a, au mois de... à l'automne dernier, je l'appelais à constituer une commission sur la base, la commission Stasi, de ce qu'avait fait le Président Chirac à l'époque. Rien n'était fait. Il a mis trois mois, parce que son directeur de cabinet me dit ce qu'il avait bien reçu la lettre. On l'emmène par porteur. On est heureux. On est heureux que trois mois après, le courrier arrive. J'ai refait une lettre ouverte la semaine dernière. Aucune réponse. Le Président reste muet. On a le sentiment qu'il est tétanisé sur ce sujet. Alors, quand il est dans les cordes, il dit « je vais faire des annonces ». Bon, voilà.
Avant d'en venir aux retraites, un mot sur les chiffres du chômage qui sont tombés ce matin. En net baisse, 8,1%, 7,9% si on ne compte que la métropole. C'est le taux le plus bas en 12 ans. Christian Jacob, bonne nouvelle. Et que dites-vous de la politique économique du gouvernement qui a rendu possibles ces chiffres ?
D'abord, un, c'est une très bonne nouvelle. Deux, malheureusement, ces chiffres, la baisse est moitié moins importante qu'elle l'est dans tous les pays de la zone euro. Pourquoi le chômage baisse deux fois moins vite en France que dans les autres pays de la zone euro ? Parce que nous n'avons pas fait de réforme de structure. Parce que les dépenses publiques continuent à exploser. Parce que la dette continue à augmenter de manière abyssale. Parce que les déficits publics continuent à se dégrader. C'est ça, pas de réforme de structure. Donc, les résultats, un, on s'en félicite et c'est heureux. Mais deux, ils sont moitié moins importants que dans les autres pays de la zone euro.
Oui, mais sauf que c'est une tendance qui est en train de se vérifier et qu'on n'a jamais été aussi bas depuis 11 ans.
Non, mais je vous dis, c'est une bonne nouvelle, mais tous les autres pays de la zone euro, le chômage baisse deux fois plus vite qu'en France.
Venons-en donc aux retraites comme prévu. C'est le texte du gouvernement sans les amendements de l'opposition qui sera présenté, discuté en séance à l'Assemblée nationale. La commission spéciale n'a pas pu examiner les 20 000 amendements déposés. De qui est-ce la faute, Christian Jacob, de la France insoumise et de sa grève du zèle ?
Ce n'est pas la première fois qu'on est confronté à ce genre de choses. Les communistes l'avaient déjà fait il y a quelques années. Nous, nous avons, nous ne sommes pas rentrés dans ce jeu, nous avons présenté un contre-projet qui est structuré avec un financement pour les retraites. Moi, ce que je mesure et ce qui fait réagir aujourd'hui le Parlement et toutes les oppositions, c'est ce mépris du Parlement. Le président de la République et ce gouvernement, qui ont méprisé les corps intermédiaires, qui ont méprisé les élus locaux, qui ont méprisé les Français avec des phrases assassines du président de la République lorsqu'ils parlent de ceux qui ne sont rien, etc.
Là, c'est la même chose pour le Parlement. On dit aux députés, votez le texte, votez cette réforme. Et puis surtout, vous la votez vite parce qu'on a autre chose à faire que de perdre du temps avec vous. Et puis le financement, on s'en occupera plus tard parce que ce n'est pas de votre niveau. On verra ça dans deux mois. C'est irresponsable. Jamais une démocratie n'est traitée de cette manière. Dans quel autre pays occidental, un budget qui représente 15% du produit intérieur brut, on dit au Parlement, écoutez, vous êtes gentil, mais vous n'occupez pas de ça. Vous faites ce qu'on vous dit et surtout, vous le faites vite.
Mais Jean-Parte, vous demandez quoi ? Vous demandez quoi ? Hier, Bernard Cazeneuve, à votre place, disait qu'il faut suspendre la réforme, il faut enlever l'âge pivot. Il faut se remettre autour de la table. Il faut en tout cas, en premier lieu, suspendre les choses. Vous, vous demandez quoi ?
Ah ben nous, on demande. On avait demandé l'arrêt de cette réforme et reposé une vraie réforme sur la table avec un budget en face. Nous, nous avons un contre-projet.
Donc vous dites, retirez-le quoi.
Retirez le texte. Aujourd'hui, il n'y a plus rien à ce texte. Personne n'y comprend rien. Il n'y a même pas le financement. Mais jamais dans un Parlement, digne de ce nom, on présente un projet comme celui-là sans le financement. Les députés vont voter sans savoir comment ce sera financé. Et la réalité des choses, vous savez comment ça va se finir ? Ça va se finir par une baisse des pensions et par une augmentation des cotisations et par une explosion de la fiscalité. Parce que le gouvernement n'aura pas le courage de prendre la mesure d'âge qui s'impose.
On va passer au standard pour ouvrir le dialogue avec les auditeurs de France Inter. Je salue Lilou qui nous appelle de Paris. Bonjour et bienvenue.
Bonjour. Bonjour à tous. Bonjour M. Jacob.
Bonjour.
Alors je suis en classe de première actuellement. Je fais des exposés sur le réchauffement climatique. Je présente Greta Thunberg en anglais. J'élite des échos délégués. Je me demandais, est-ce que ce n'est pas un peu facile de concentrer votre débat sur le réchauffement climatique autour de la figure de Greta Thunberg et de lui dire de retourner à l'école alors que vous proposez pour les municipales de cesser d'investir dans les énergies renouvelables ? Est-ce que ce n'est pas totalement déconnecté en 2020 après une année exceptionnellement chaude ? De proposer de continuer d'isoler les maisons et de ne pas aller un peu plus loin ?
Et surtout, est-ce qu'il n'y a pas un problème générationnel ? C'est-à-dire que par rapport à notre génération qui manifeste pour le climat, est-ce que ce n'est pas une coupure encore plus forte et un clivage entre votre famille politique qui se coupe totalement et les préoccupations actuelles des jeunes ?
Vous avez quel âge Lilou ?
J'ai 16 ans.
Ah oui ? Nous on va prendre notre retraite. Parce que là, ce n'est pas que l'avenir est en marche, c'est qu'il est déjà là. Incroyable question. Bravo Lilou, elle est très structurée. Donc je la livre entière à Christian Jacob.
Écoutez, nous, ce que je viens d'évoquer il y a quelques instants, je suis favorable à une approche globale, la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et je ne pose pas mon raisonnement en pour ou en contre Greta Grunberg. Ce n'est pas notre sujet.
Mais vous voyez bien que vous avez du mal à parler à cette génération-là. Non, mais pourquoi vous me dites ça ? Parce que cette génération qui demande beaucoup plus, qui demande de changer de modèle économique, qui ne croit pas à la croissance verte, qui veut aller plus loin, c'est ça qu'elle représente l'auditrice.
Mais bien sûr. Mais écoutez, je n'ai pas le sentiment d'être totalement déconnecté. Bon, peut-être que c'est le cas, mais en tout cas, ce n'est pas le sentiment que j'ai. Moi, je considère, encore une fois, qu'il faut répondre à l'explosion démographique que j'évoquais tout à l'heure. Donc ça veut dire qu'on ne peut pas opposer la production et la productivité à l'environnement, qu'on peut lier les deux. et quand je disais, plutôt que de saccager nos paysages avec des éoliennes, il vaut mieux avoir une meilleure isolation du logement, il vaut mieux être capable de répondre à la demande alimentaire. Donc c'est une approche globale.
Moi, je suis vraiment à disposition, et à disposition pour aller dans le lycée de Lilou et débattre avec ses camarades de classe, sans aucune difficulté. Et avec bonheur.
Il est possible que vous en débattiez avec elle à ce micro, vu ses talents oratoires. Mais avec plaisir. Pauline, sur l'application de France Inter, vous demande la chose suivante, Christian Jacob, les éoliennes dénaturent nos paysages, mais pas les centrales nucléaires. Il y en a un peu moins.
Oui, certes. Mais vous voyez l'idée. Oui, il y en a un peu moins. Oui, je vois l'idée, mais il y en a un peu moins. Et effectivement, je considère, moi, que les éoliennes, aujourd'hui, la performance économique, le moins qu'on puisse dire, n'a pas été démontré. Et je ne trouve pas ça très joli. Pas plus que des pylônes électriques. Les pylônes électriques, on les a. Bon, on essaie de faire en sorte de pouvoir enfouir les lignes, mais enfouir les éoliennes, c'est un peu plus compliqué.
Laurent vous pose la question suivante. Monsieur Jacob, sait-il que les agrocarburants entrent en concurrence avec les cultures vivrières, voire les problèmes de maïs aux Etats-Unis, et sont incompatibles avec l'alimentation
de la population croissante de la planète ? Non, il a tort, ce monsieur. C'était vrai sur les premières générations. Ça ne l'est plus aujourd'hui sur les deuxièmes générations de biocarburants qui justement n'utilisent pas la partie alimentaire. Quand vous craquez une céréale sur la deuxième génération de biocarburants, vous travaillez sur toute la partie de tige verte et non pas sur le grain. Donc vous préservez, non seulement vous préservez la partie alimentaire, mais on va même beaucoup plus loin. Vous produisez des produits de substitution des céréales par le cracking qui permettent de lutter contre les importations de soja.
Christian Jacob, il y a hier entre 150 et 200 agriculteurs qui manifestaient devant la préfecture de Laval en Mayenne contre l'arrêté qui réglemente depuis janvier les distances minimales de 5 à 10 mètres entre les habitations et les zones d'épandage. Est-ce que vous comprenez leur colère ou vous leur dites que non, c'est bien de bloquer à 10 mètres les zones d'épandage ?
Ah non, je trouve que ça n'a aucun sens. Soit un produit est autorisé, soit il est interdit. Parce que pourquoi 5 mètres et pourquoi pas 10 mètres et pourquoi pas 30 mètres et pourquoi pas 100 mètres ? Tout ça n'a aucun sens. Surtout qu'on est là dans un domaine où les agriculteurs ont fait des efforts énormes. C'est-à-dire qu'on a diminué les doses. On travaille de plus en plus en tenant compte à la fois de la température, de l'humidité des sols, du stade des plantules. Et donc les doses de produits de pesticides sont largement diminuées. Et soit un produit est dangereux et doit être interdit, soit il est autorisé.
Une dernière question avant qu'on passe, parce que nous avons aussi des questions sur les municipales, une dernière question sur l'écologie. Mathieu vous demande quelle serait la mesure écologique la plus radicale à laquelle vous seriez prêt, vous, à penser ou que vous souhaiteriez mettre en œuvre ?
La taxe carbone aux frontières européennes immédiatement est-ce qu'il y a de plus radicale pour vous ? Oui. Immédiatement ? Oui. Immédiatement,
il faut que les 27 soient d'accord.
Voilà. Oui, non, mais vous me demandez une mesure radicale. Radicale, c'est ce que demande notre auditeur.
Mais radicale est faisable. Elle est faisable immédiatement en France.
Mais elle est autant faisable qu'une autre. Attendez, elle est autant faisable qu'une autre. Il suffit qu'il y ait une décision de Conseil européen qui soit prise, demain matin, elle peut être en application. Après, c'est une question de volonté politique. Éric vous demande
quelle est la position de votre parti des Républicains sur les alliances possibles avec La République En Marche pour les municipales ?
J'ai toujours dit que j'étais opposé à tout accord politique parce que je ne crois pas à ces accords de Cointam. On gagne une municipale sur un projet qui répond aux attentes de ses concitoyens dans sa ville. Ensuite, après, il peut y avoir des points de convergence à certains moments. Et d'ailleurs, on l'a vu localement, il y a pu y avoir des accords qui sont passés. Mais moi, en tant que président de parti, je me suis toujours opposé à ces accords de parti. Je crois que la réponse que l'on doit à nos compatriotes, elle ne se fait pas sur ces accords de boutiquier.
Aux européennes, Emmanuel Macron a siphonné littéralement votre électorat de droite. Quasiment un électeur de François Fillon sur deux a voté La République En Marche et pas LR. Vous espérez quoi au municipal, Christian Jacob ? Comment la moitié d'entre eux rentrent à la maison ?
D'abord, parce que l'élection n'est pas de même nature. Ensuite, la force d'une famille politique comme la nôtre, c'est notre ancrage sur les territoires. Moi, je suis assez confiant sur les municipales. D'abord, parce qu'on a des maires qui ont fait leur travail et qui, aujourd'hui, sont plutôt reconnus par leur population. Et ensuite, parce que la marque de fabrique des Républicains, c'est justement la bonne gestion locale. Et on a besoin, effectivement, après les défaites successives, de pouvoir rebondir. D'ailleurs, quand on reprend les résultats, enfin, les objectifs qui étaient ceux de La République En Marche, souvenez-vous de M.
Castaner qui nous disait partout, dans toutes les villes, il y aura des listes La République En Marche. On voit combien il a réduit les objectifs aujourd'hui. Il nous parle, je crois, de 10 000 conseillers municipaux. C'est ça son objectif, qui a un objectif d'ailleurs raisonnable. Je pense qu'ils l'obtiendront. Ça représente 2% des conseillers municipaux. Donc, pour une fois, M. Castaner est lucide. Je pense qu'il atteindra effectivement les 2% de conseillers municipaux.
Paris, ça vous semble faisable ? Ça nous semble tout à fait
gagnable, Paris, parce qu'aujourd'hui, l'alternance à Anne Hidalgo, il y a une personne qui l'incarne à Paris, c'est Rachida Dati. Soit on est favorable à la politique menée par Anne Hidalgo, et à ce moment-là, les Parisiens votront Anne Hidalgo, les listes Anne Hidalgo. Soit ils ne sont pas favorables, et la seule qui est capable d'incarner l'alternance, c'est Rachida Dati, qui fait une campagne... Et Benjamin Griveaux,
et Cédric Villani, et David Béliard.
Oui, enfin, très loin derrière. C'est-à-dire, si on regarde celles qui aujourd'hui... C'est les sondages qui font foi ? À ce stade, oui, on les prend en compte. Après, je ne vous dis pas qu'ils correspondront aux résultats. Mais la réalité aujourd'hui, c'est que Rachida Dati, à la fois par son énergie, son tempérament, mais aussi par le projet qui touche les Parisiens au cœur, sur la sécurité, sur la propreté, sur le logement, sur la mobilité, on voit bien qu'elle est passée en 4 mois de 11-12% à plus de 20%. Donc, soit on est favorable à Hidalgo, soit on veut changer, et si on veut changer, c'est Dati.
Allez, dernière question. La Cour d'appel de Paris a ordonné hier la libération de Patrick Balkany pour raison de santé. Vous saluez cette décision de justice ?
Oui, j'ai une pensée amicale pour Patrick Balkany. Je pense qu'il a été heureux de passer la nuit chez lui, parce que je sais que les moments ont été difficiles, il a eu des gros soucis de santé, et je suis très heureux pour lui qu'il ait pu dormir enfin chez lui.
Eh bien, Président Jacob, merci. Je rappelle que vous présidez donc le parti Les Républicains. Je vous offre pour la route le tweet de Cécile Duflo sur vos propos. On ne peut pas opposer écologie et productivisme. Elle vous cite, j'arrive pas à traduire les smileys. Ah, mais c'est toujours compliqué avec Duflo. Mais, mais, mais, l'écologie est née, dit-elle, de la prise de conscience des dégâts du productivisme et de ses conséquences sur le climat et la biodiversité. Et elle souligne cette époque où les mots n'ont plus aucun sens. Voilà, je vous le donne. Non ? Ah ben, vous ne voulez pas ? Mais si, mais si. Ah ben, si vous le voulez. Voilà, je vous l'ai lu en tout cas.
Le sectarisme n'est pas chez Les Républicains. Merci infiniment d'avoir... L'alliance écolo... Voilà. Et sur les rails... C'est bon, encore du chemin. Et rien ne l'arrêtera.
8h47.
Christian Jacob