Annick Girardin, ministre des Outre-mer : "Redonner la parole à ceux qui ne la prenaient plus"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire qu'il y avait urgence pour les territoires d'Outre-mer ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Est-ce que, quelque part, on ne remédie pas à une crise de confiance qu'il y avait avec les élus, avec les ultramarins qui se sentaient abandonnés par Paris ?
- 2:13OuverteRéponse directe
C'est quoi, la priorité ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Par exemple, pour l'eau vue de métropole, on se dit que l'accès à l'eau, on se dit que c'est anormal que ces territoires n'aient pas accès totalement à l'eau, qu'il y ait des coupures d'eau ou d'électricité, par exemple.
- 4:35OuverteRéponse directe
Est-ce que derrière la préservation de ces territoires, les relancer, est-ce qu'il n'y a pas aussi l'idée de préserver une influence internationale, étant donné qu'on est le deuxième domaine maritime au monde ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas peur qu'on vous dise que tout ça, ce sont des mots ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« Alors, il y a des urgences dans les territoires d'Outre-mer. »
- 0:38Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que ces 25 000 personnes qui sont venues témoigner de leur intérêt, leurs difficultés, leurs projets, parce que les territoires sont aussi des territoires de solutions, eh bien, ils ont nourri la feuille de route du gouvernement qui est aujourd'hui le livre bleu. »
- 2:37Invité politiqueFait
« Chaque territoire a ses particularités. Mais l'ensemble des territoires ont besoin d'un renforcement de ce qu'on peut appeler la qualité de vie ou tout simplement, effectivement, le vivre sur le territoire, c'est-à-dire les questions de logement, d'éducation, d'eau, l'accès à l'eau, le traitement des déchets, sont tous des sujets qui sont prégnants dans les territoires d'Outre-mer. »
- 4:12Invité politiqueFait
« Priorité sur l'éducation au sens large. Priorité à la petite enfance parce qu'on a un très très gros déficit, notamment de crèches. »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« Nous avons donc ce deuxième domaine maritime. Nous avons aussi 80% de la biodiversité française qui se trouve dans les territoires d'Outre-mer. »
- 7:05Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle qu'à Mayotte, la moitié de la population est aujourd'hui en situation illégale. »
- 7:12Invité politiqueChiffre
« Il arrive par semaine entre 80 et 100 immigrants et qu'il faut effectivement pouvoir apporter des réponses très fortes. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« 10 000 naissances par année dont les trois quarts sont des naissances de mères étrangères et en situation illégale. »
Temps de parole
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France Inter. Laetitia Gaillet. Le 5-7. 6h20, l'invité de la matinale, c'est Annick Girardin, ministre des Outre-mer. Bonjour, Annick Girardin. Bonjour. Le livre bleu Outre-mer a été remis hier à Emmanuel Macron. Donc, c'est la synthèse de huit mois de travaux depuis les assises de l'Outre-mer en octobre dernier. Et ce sera donc la feuille de route du gouvernement pour ce quinquennat. Alors, ce livre bleu, Annick Girardin, c'est le résultat de consultations internet, d'ateliers, de réunions publiques. Est-ce qu'on peut dire qu'il y avait urgence pour les territoires d'Outre-mer ?
Alors, il y a des urgences dans les territoires d'Outre-mer. Mais ce qui était important pour la première fois depuis très longtemps, c'est de redonner la parole à ceux qui ne la prenaient plus. C'est-à-dire que ces 25 000 personnes qui sont venues témoigner de leur intérêt, leurs difficultés, leurs projets, parce que les territoires sont aussi des territoires de solutions, eh bien, ils ont nourri la feuille de route du gouvernement qui est aujourd'hui le livre bleu. Et je dis bien la feuille de route du gouvernement. Et donc, aujourd'hui, c'est tout le gouvernement qui apporte des réponses.
Est-ce que, quelque part, on ne remédie pas à une crise de confiance qu'il y avait avec les élus, avec les ultramarins qui se sentaient abandonnés par Paris ?
Alors, c'est ce que j'ai dit, effectivement, hier. C'était l'occasion, effectivement, de se parler. C'était l'occasion, à nouveau, de créer du lien. Mais c'est surtout aussi une occasion de redonner confiance dans le pouvoir public, dans l'action publique, qu'elle soit locale ou nationale. Et ça, c'était extrêmement important. L'obligation, aujourd'hui, c'est d'être à la hauteur. Et le président l'a également dit hier. On a donc quelques mois, puisque dans 18 mois, il a déjà donné rendez-vous pour faire ce qu'il a appelé, d'ailleurs, une réunion de chantier, parce que c'est un véritable chantier. C'est une transformation de la manière de faire.
C'est co-construire avec les territoires d'outre-mer. On ne peut pas penser les territoires d'outre-mer hors sol, à Paris. Ce n'est pas possible. Il faut accompagner. C'est ça, le message des assises d'outre-mer. Accompagner les territoires. Ce n'est plus l'État souverain. Ce n'est pas l'État souverain. Ce n'est surtout pas l'État qui fait seul. C'est l'État qui fait avec les partenaires du territoire. Si, effectivement, on peut le traduire, et notamment dans des contrats futurs avec tous les territoires.
Emmanuel Macron a parlé d'économie. Le coordinateur des assises d'outre-mer lui parlait de l'éducation. C'est quoi, la priorité ? Les territoires d'outre-mer, c'est les territoires de tous les défis. En même temps, ils sont prontaires en enjeu.
Oui, on en est à ce point-là. Le défi de l'éducation, le défi de la culture, le défi économique, selon les territoires, selon les bassins maritimes. Les choses sont différentes. On ne compare pas et on n'apporte pas les mêmes réponses à Mayotte, à Wallis et Futuna, en Calédonie, à La Réunion, à Saint-Martin ou encore à Saint-Pierre-et-Miquelon. Chaque territoire a ses particularités.
Mais l'ensemble des territoires ont besoin d'un renforcement de ce qu'on peut appeler la qualité de vie ou tout simplement, effectivement, le vivre sur le territoire, c'est-à-dire les questions de logement, d'éducation, d'eau, l'accès à l'eau, le traitement des déchets, sont tous des sujets qui sont prégnants dans les territoires d'outre-mer.
Par exemple, pour l'eau vue de métropole, on se dit que l'accès à l'eau, on se dit que c'est anormal que ces territoires n'aient pas accès totalement à l'eau, qu'il y ait des coupures d'eau ou d'électricité, par exemple.
Alors, il y a certains territoires qui ont ce type de problématiques parce que ce sont des territoires qui ont besoin de développement, comme Mayotte, comme la Guyane, et puis d'autres par désorganisation aussi, parce que les collectivités se sont partagées les compétences, parce que les organismes chargés de le faire n'en ont pas eu les moyens ou n'ont pas été suffisamment accompagnés. C'est vraiment ça aussi, changeons de modèle. Changeons de modèle, co-construisons. Il faut que chacun soit donc co-responsable et qu'on puisse, avec les collectivités, sur les territoires apporter des réponses. Parce que les citoyens, ils attendent effectivement d'avoir l'eau.
Ils ne veulent pas savoir si c'est le territoire qui doit le faire ou l'État. Ils veulent effectivement avoir ses services comme les autres. Et c'est normal. Mais en même temps, vous savez, sur tous ces territoires, pendant ces nombreux mois, on est extrêmement étonnés, pas obligatoirement, mais ceux qui travaillent avec moi, de toutes ces solutions, de tous ces projets qui sont remontés et qui ont aussi été présentés. Sur l'éducation, priorité sera donnée à la petite enfance, par exemple ? Priorité sur l'éducation au sens large. Priorité à la petite enfance parce qu'on a un très très gros déficit, notamment de crèches.
Donc il va y avoir un gros dispositif de mise en place de crèches dans les territoires d'outre-mer, tous les territoires d'outre-mer. Il y a tout ce qui est de la convergence, c'est-à-dire récupérer, rattraper tous les retards. C'est aussi faire rayonner la France. Parce que c'est la France. Parce que la France, elle est monde.
Est-ce que derrière la préservation de ces territoires, les relancer, est-ce qu'il n'y a pas aussi l'idée de préserver une influence internationale, étant donné qu'on est le deuxième domaine maritime au monde ?
Alors, le deuxième maritime au monde, oui. Soyons une vraie force maritime. Vous savez, la croissance bleue, comme la croissance verte dans les territoires d'outre-mer, il faut y croire. Nous avons donc ce deuxième domaine maritime. Nous avons aussi 80% de la biodiversité française qui se trouve dans les territoires d'outre-mer. Donc on voit bien les lignes possibles de développement économique. On voit bien aussi que ce sont des territoires qui peuvent être en avance sur tout ce qui est effectivement protection, enfin politique durable, que ce soit des territoires effectivement écologiques.
Et là aussi, on prend des mesures pour qu'ils soient en avant, que ce soit des modèles dans leur bassin maritime. Et le président de la République l'a dit. La France est dans l'océan Indien. La France est dans le Pacifique. La France est dans l'Atlantique. Nous avons des voisins qui sont le Brésil, l'Australie, l'Afrique du Sud. Et nous avons effectivement à mettre en place aussi ces stratégies indo-pacifiques, indo-africaines, Atlantiques, Amérique du Nord, Amérique du Sud. Donc on voit bien la force que peut effectivement nous apporter ces territoires d'outre-mer qui sont des véritables richesses. Vous n'avez pas peur qu'on vous dise que tout ça, ce sont des mots ?
Non, parce que le livre bleu montre bien, quand on le regarde et il sera en ligne dans les heures qui viennent, ce livre bleu, il comporte des vraies solutions. Il comporte des outils. Ce sont des leviers dont chacun peut se saisir pour faire avancer son territoire.
Et l'État sera à leur côté. Un dernier mot sur Mayotte, Amérique Girardin. Emmanuel Macron a dit hier matin qu'il soutenait le projet de l'imitation du droit du sol. Donc tous les enfants nés à Mayotte n'auront pas la nationalité française automatiquement. Il faudra qu'un des parents prouve qu'il est sur le territoire national depuis plus de trois mois. On met fin à l'idée de l'hôpital extraterritorial. C'est l'ensemble de Mayotte qui est concerné maintenant. Oui. Vous savez, quand je suis allée pour la première fois
quelques temps après ma prise de poste à Mayotte, je lui avais dit que le gouvernement n'avait pas de tabou sur ce sujet, que la première des réflexions qu'on avait, c'était l'hôpital extraterritorial. Mais avec les derniers événements, avec les conflits, avec les comores, eh bien, cette idée qu'une réponse spécifique devait être donnée et pouvait être acceptée aujourd'hui, s'est rapidement présentée à nous. Et je suis heureuse aujourd'hui que le président de la République soutienne cette initiative. Je vous rappelle qu'à Mayotte, la moitié de la population est aujourd'hui en situation illégale.
qu'il arrive par semaine entre 80 et 100 immigrants et qu'il faut effectivement pouvoir apporter des réponses très fortes, qu'il y a 10 000 naissances, c'est la plus grande maternité française, 10 000 naissances par année dont les trois quarts sont des naissances de mères étrangères et en situation illégale. La situation n'existe nulle part de la même manière en France aujourd'hui. Donc, on a une situation spécifique qui nécessite
des réponses spécifiques. Merci Annick Girardin, ministre des Outre-mer, d'être venue ce matin dans le 5-7.
Annick Girardin