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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 21 juin 2023 34 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

5 ANNÉES DE JUPITER EN PLUS ? LE SCÉNARIO FANTASMÉ DE LA MACRONIE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteÉludée

    Est-ce que le scénario d'un 3e mandat pour Macron est possible en France ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Peut-on comparer la France à la Russie pour ce scénario ?

  • 9:00RelanceRéponse directe

    La Constitution française permet-elle un coup d'État ou une révision autoritaire ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    La crise démocratique est-elle réelle ou exagérée ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Y a-t-il des éléments positifs dans cette crise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Fait
    « Richard Ferrand : "il faudrait donc en finir avec certaines contraintes qui encadrent les mandats électoraux en partie tout en gardant certains principes" »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

pour ne rater aucune de nos vidéos n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche alors que l'on assiste depuis la bataille contre la réforme des retraites à l'affaiblissement de nos institutions et par extension de notre démocratie Richard Ferrand président actuel du bureau exécutif du parti présidentiel Renaissance aimerait apparemment rendre possible un troisième mandat consécutif pour Emmanuel Macron dans un entre une interview au Figaro paru ce dimanche 18 juin l'ancien président de l'Assemblée nationale et encore un an ne serait pas contre une révision de certaines règles de la Constitution en somme il expliquait dans les colonnes du quotidien réactionnaire je cite la limitation du mandat présidentiel dans le temps le nom cumule des mandats etc tout cela corset notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens ça affaiblit notre vie politique en qualité et en densité et la rend moins attractive fin de citation pour Richard Ferrand il faudrait donc en finir avec certaines contraintes qui encadrent les mandats électoraux en partie tout en gardant certains principes [Musique] merci d'être là tous les deux ce soir ça va le moral la chaleur tout va bien on s'y habitue on commence à s'y habituer alors ce n'est pas la première fois que cette idée ce scénario de 3e mandat a été évoqué ces derniers temps fin novembre 2022 je vous fais un petit récap l'éventualité qui Emmanuel Macron puisse briguer un nouveau mandat était sorti dans la presse ou la vie sans doute suivi le scénario était le donc le suivant Macron va dissoudre l'Assemblée nationale puis démissionner afin de pouvoir se représenter en 2027 cette idée avait été motivée par un précédent en octobre 2022 le 25 le Conseil d'État avait permis à Édouard Fritsch qui effectuait son deuxième mandat en tant que président de la Polynésie française de se présenter une troisième fois le motif retenu était qui n'avait pas pu faire cette mandat entièrement correctement voilà doux et donc nez cette éventualité pour Monsieur Macron qui pourrait alors chercher à faire jouer cette jurisprudence pour tenter de rester au pouvoir en 2027 Paul ça fait donc deux fois en 7 mois qu'on nous sort cette histoire de troisième mandat penses-tu cela anodin ou alors sans couple lotissement est-ce que ça pourrait être une tentative un ballon lancé pour rendre cette idée acceptable je suis plus effectivement persuadé que s'il s'agit d'un ballon d'essai qu'on teste des réactions mais surtout que ça révèle aussi la notion très légère qu'ils ont avec qui est le sens du progrès de la démocratie je rappellerai que du coup cette limitation du mandat mais je pense que je n'y reviendrai plus en détail de façon plus précise était un acquis de la dernière réforme de 2008 et qui était un très rares acquis de transformation il me semble je me trompe pas de de voilà d'avancer sur sur le système politique français qui est déjà démocratiquement contestable on va dire enfin contestable au niveau de son objectif démocratique et donc bon après il y a la question Macron la question Macron ça me à chaque fois qu'il parle ou que il y a ses idées qui reviennent sur sa pratique du pouvoir je pense à la phrase de Paul Nyan qui dit tout bourgeois se sentait lui c'est à dire qu'il y a une projection de de ces gens-là en tant que classe sociale qui se projette largement au-delà des institutions politiques c'est des gens qui s’estiment légitime d'ailleurs leur culture est décidé légitime leurs paroles sont supposées être voilà au dessus de tout et d'ailleurs dans la pratique du pouvoir des macronistes dès qu'ils ont été contestés on a bien vu que ils aussi entre 20 en fait mépris absolu des oppositions ou des solutions ouais ou fanatisme quand j'allais dire au sens de d'absolutive de la raison quoi sont toujours eux la raison alors vous avez soit les extrêmes en face soit quand c'est la gauche c'est les islamistes les éco-terroristes que vous voulez et en fait c'est eux contre tout le monde enfin la raison pure absolue qui n'est pas du tout contingente qui est on a l'impression que voilà on parle avec des gens qu'on a la vérité révélée face à face à nous et c'est flippant donc voilà après effectivement ballon d'essai petite tentative à mon avis plus que immense débat mais c'est intéressant pour pouvoir analyser le moment politique je mange je me retourne vers vous eu est-ce que on va du coup aller voir si ce scénario que je viens de décrire là il y en a deux le premier donc de la démission du président de la République pour se présenter et rendu possible par la Constitution sur le territoire de la France hexagonale est-ce que c'est possible premièrement et ensuite aussi depuis dimanche Beaucoup de se poser la question est-ce que cette ce qui sous-entendait monsieur Richard Ferrand et simplement possible changer la Constitution pour que le monsieur le Président puisse encore plus de scénarios possibles que ça c'est nary possible et c'est à cet égard d'ailleurs que la comparaison avec la Russie et pertinente à mon sens puisque on l'a déjà dit voilà la Constitution russe elle a inspirée de la Constitution française on a eu des révisions constitutionnelles en même temps en 2008 en Russie et en France en France c'est donc l'article 6 on a limité les mandats à deux mandats consécutifs voilà et 2008 c'était pareil en Russie l'imitation a demandé à consécutifs que s'est-il passé en 2020 en Russie on a enlevé le terme consécutif en considérant que cette révision constitutionnelle permettait de remettre les compteurs à zéro et donc permettait à Poutine de se représenter en 202 et il y a un autre scénario qu'on n'a pas évoqué toujours le scénario russe c'est celui d'une inversion Premier ministre président à la poutine Medvedev c'est-à-dire que Emmanuel Macron devienne le Premier ministre d'un président qui sera son son porte son porte-parole et d'ailleurs ça pourrait être intéressant du point de vue constitutionnaliste parce que ça nous permettrait de tester notre Constitution pour savoir si c'est vraiment la lettre de la Constitution un système présidentialiste ou si en fait ça dépend de la personne et donc du bonapartisme des personnes qui incarnent la figure présidentielle dans notre système et puis je voudrais rajouter que cette pratique là elle existe en plein depuis les années 2000 il y a environ 11 grandes présidents africains qui ont eu recours à une modification de la Constitution en raison du nombre de limitations par exemple des mandats et à l'intérieur desquels il y a pas les moindres il y a Bouteflika qui a permis de faire élire Bouteflika ad vitam æternam voir à la fin faire élire son fauteuil parce que concrètement c'est ça la dernière élection il y avait au Zimbabwe Mugabe quand même pas non plus attendre et un très joli démocrate vous avez Paul Kagame Rwanda mais vous avez aussi fait aucun bruit de chat au Togo donc ici les pratiques et je changerai même de braquer en disant on va me dire voilà c'est que la question africaine pas le tableau même dans le camp progressiste il y a eu des tentations comme ça en 2014 coréen président de l'équateur a changé aussi la Constitution pour pouvoir faire en sorte que on puisse ne pas limiter à demander à consécutifs donc c'est une pratique qui interroge quand même en tout cas dans l'idée en France à croire que pays de la démocratie voilà je suis est-ce que c'est possible pouvez comparer les dictatures ni je ne sais que notre pays justement c'est vous comparez enfin juste titre la loi tout du moins suprême est inspirée de la nôtre là-bas en Russie sur Internet tous les régimes semi-présidentiels africains également inspirés de la cuisine effectivement sur le web on a beaucoup vu cette comparaison avec Madame Poutine qui a fait ce que vous avez décrit à l'instant qui a tripoté la Constitution etc mais sérieusement en France dans notre pays aujourd'hui est-ce qu'on peut assister à cela qui permettrait à un homme ou une femme de rester au pouvoir pour toujours alors réviser la Constitution on peut le faire de plusieurs manières soit on la révise en utilisant les moyens qui sont donnés par la Constitution c'est l'article 89 je rappelle que l'article 11 pour l'instant n'est pas une voix de pour réviser la Constitution donc l'article 89 qui est extrêmement difficile à mettre en oeuvre c'est quasiment impossible de d'utiliser l'article 89 en l'état actuel de notre du rapport de force boutique au Parlement puisqu'il faut à la fois un vote identique des deux chambres et ensuite la majorité des trois cinquièmes au congrès ou un référendum donc c'est extrêmement difficile de mettre en oeuvre demain cette révision constitutionnelle après il y a d'autres manières de réviser la Constitution il y a évidemment une nouvelle lecture de la Constitution c'est ce que je viens de d'évoquer avec une lecture qui serait plus primo ministérielle que présidentielle et sinon il y a le coup d'État évidemment et la Révolution et d'ailleurs je voudrais rappeler à cet égard une interview de d'Emmanuel Macron donc vous vous souvenez peut-être lorsqu'il était candidat et que il donnait cet entretien ou au 1 où il disait il disait les Français n'ont pas pardonné la mort du roi les Français veulent un roi moi j'essaie d'incarner ce vide qui n'a été rempli que par les figures des Bonaparte surtout Napoléon Bonaparte et du général de Gaulle donc il a cette il s'inscrit dans cette vision bonapartiste gaulliste des institutions et donc en effet comme comme vous l'avez très lundi ça le dépasse donc il est habité d'une forme de transcendance donc je pense qu'il y a en effet cette volonté de peut-être passer outre un certain nombre de mécanismes constitutionnel on l'a vu pour réaliser son œuvre et je rappelle d'ailleurs que Napoléon Bonaparte comme Louis Napoléon Bonaparte on fait des coups d'État parce qu'il n'arrivait pas à réviser les constitutions qui les enchaînent dans un étau et par exemple Louis Napoléon Bonaparte en 1848 il réalise son coup d'État du 2 décembre 51 parce que il ne peut pas se être réélu en tant que président et que la révision de la Constitution est quasiment impossible en tout cas beaucoup trop une procédure beaucoup trop longue et donc il fait un coup d'état vous imaginez un coup d'état possible aujourd'hui quelle forme aujourd'hui il y avait à l'air numérique à l'air où tout se sait mais justement en fait je pense que la question c'est de de ne pas toujours visualiser les possibilités comme des répétitions de ce qui s'est passé et d'ailleurs dans cette question d'analyse sur tournant autoritaire pratique autoritaire on a plein de mots et de vocabulaire qu'on utilise pour parler de quelque chose de dans le fond de l'air qui nous semble dangereux pour la démocratie simplement essayer de comprendre que il ne faut pas poser la démocratie et la dictature comme une espèce de dichotomie absolue avec ses soins l'autre on est dans une forme de continuum la politique c'est les mouvements c'est les processus lents de transformation et des pratiques et des cultures politiques et on l'a très bien vu on avait déjà un débat il y a deux semaines ici pour parler un peu de comment dans la pratique les coutumes parlementaires ont été écrasées par la macronie et quand on parle de tournant autoritaire quand on voit encore une fois aujourd'hui une dissolution d'une association par Gilda Gérald Darmanin et Candy avec des arrestations d'une quinzaine de militants des soulèvements de la terre placement en garde à vue avec également l'implication des services antiterroriste qu'est-ce que ça dit de la démocratie et j'en passe des meilleurs on en a eu d'autres des associations quand c'est un fond de l'air et c'est ça qui faut comprendre c'est que ce qui se passe c'est que on est dans des sociétés notamment les sociétés occidentales ou la société civile et extrêmement développée c'est-à-dire qu'il y a des institutions en dehors de l'État qui pèsent ok qui pèse sur la vie politique sur la conception des individus et les individus eux-mêmes parce qu'ils sont organisés en association en syndicat en plein de formes différentes d'actions collectives ils ont pris en entreprise parce qu'ils sont plus puissantes que l'État qui ont aussi des qui peuvent influencer la conception de tas de choses j'imagine que ça compte vous en parliez tout à l'heure dans la première partie sur ce qui se passe au niveau du financement de la sécurité sociale et des intérêts privés et on sait très bien d'ailleurs ce que j'ai tout à l'heure c'est le pouvoir de la bourgeoisie il est aussi ailleurs les rares fois où la gauche est arrivée au pouvoir en tout cas des représentants du mouvement ouvrier c'est arrivé au pouvoir on a bien vu derrière que en face la le pouvoir il pouvait se faire ressentir par ailleurs et donc dans les entreprises donc si vous voulez dans les sociétés civiles extrêmement développées il est plus dur hein je pense de d'imposer des pratiques dictatoriales ou de d'envisager un coup d'État comme ça c'est pas l'enjeu actuelle le problème c'est plus le fait que moi c'est vrai ça fait des années que je remarque on dit tourner autoritaire dérive autoritaires et puis on a plus de mots il y en a pour ça continue et donc qu'est-ce que ça veut dire de la société actuelle alors avant d'aller sur ce terrain là parce que je pense qu'on va y aller parce que c'est la question qu'on se pose évidemment au fond j'aimerais quand même proverbe un peu de crédit à ce que dirait charferrant c'est quand même pas n'importe qui c'est comme quelqu'un qui a présidé la soirée pendant un moment qui est aujourd'hui aux manettes ou presque d'un mouvement politique qui est important aussi qu'est-ce que du parti présidentiel est-ce qu'il a raison de dire quand même je cite encore une fois on l'a dit au début que modifie que ces règles-là que nous connaissons aujourd'hui affaiblissent notre vie politique en qualité en densité je le cite et la rendre moins attractive alors le constitution oui le constitutionnalisme c'est une confiscation je le dis souvent c'est une confiscation du pouvoir politique au profit de de juge non élu type Conseil constitutionnel donc quand on constitutionnalise on décide de soustraire à de la délibération politique du Parlement un certain nombre d'enjeux un certain nombre de politiques publiques donc il a tout à fait raison et le constitutionnalisme est décrié à droite comme à gauche comme étant une confiscation du pouvoir souverain du peuple et en cela moi ce que je trouve intéressant c'est qu'il y avait jusqu'à leur un consensus sur le constitutionnalisme qui était relativement partagé sur l'ensemble du spectre politique et qu'aujourd'hui se consensus il s'effrite partout une prise de conscience de la du caractère partisan du droit et du droit constitutionnel et de la en fait la neutralité qui avait été inscrite en tout cas l'illusion de la neutralité a été complètement effrité et c'est lié évidemment à la crise de la démocratie représentative je mets ça entre guillemets mais en tout cas cette cette défiance à l'égard des institutions donc ça rejaillit également sur le droit constitutionnel qui jusqu'à alors n'était pas vraiment n'était pas dans le spectre des critiques conformères à l'égard de la démocratie maintenant étant donné l'utilisation qu'on a été faite par le gouvernement d'Emmanuel Macron évidemment il y a des retombées mais je voudrais je voudrais revenir sur ce qu'a dit justement Richard Ferrand quand il dit nous devons garder deux institutions le Conseil constitutionnel et le bicaméralisme c'est très simple voilà c'est très intéressant en fait ça veut dire nous devons garder le Sénat et le Conseil constitutionnel donc deux institutions qui sont qui ont vocation à modérer les justement la souveraineté la souveraineté du peuple qui voilà qui s'exprime par la voix des représentants élus au Parlement donc ça c'est assez intéressant qui le veuille d'une se revendiquer de la souveraineté du peuple et d'autre part les institutions qu'il nous proposent comme étant ces garde-fous sont précisément celles qui ont été pensées contre la souveraineté parlementaire et qui sont les institutions phares du constitutionnalisme justement qu'il considère comme fragilisant la démocratie donc c'est vraiment très très ambigu moi j'ai vu du bon appartisme parce que pareil il parle pas que de ça il parle des cumulent des mandats oui on avait conçu cette idée quand même comme disons une limite à des pratiques qui s'étaient développées un de cumul et avec la formation d'une aristocratie politique ou d'une oligarchie politique qui était Apple contraire de l'idée que la que l'élection était une n'était pas un travail n'était pas une carrière mais était une fonction qu'on exerçait de façon temporaire et voilà donc et puis c'est encore la question du mandat un mandat présidentiel ou mandat ailleurs et donc du coup j'y vois vraiment encore une fois ce réflexe de quand on veut justifier une sorte de légit de la part de ces gens qui pensent le pouvoir sans le peuple en général on dit on retournera ça leur permettra de s'exprimer avec moi je l'ai vu je l'ai lu comme un dédain le cumul des mandats arrêtez de nous donner des exigences sur nous comme on vit en tant que politique mais par contre on vous consultera les jeunes enfin voilà surtout quand on voit la pratique du pouvoir que ces gens ont eu un macroniste qui se revendique de la légitimité populaire mais c'est fort de café pour rester poli donc voilà j'ai vu un truc de bon de temps en temps on veut bien faire valider par le peuple les idées qu'on se fait nous de ce que doit être le pouvoir et comme vous le disiez très bien le Sénat et le Conseil constitue c'est pas pour modérer quoi c'est c'est pour s'assurer on sait ce que donne la démocratie reprenative en gros depuis mais depuis des années ça donne en gros des majorités conservatrices de personnels qui viennent toutes pratiquement tous des mêmes catégories sociales de la population qui pense fondamentalement la même chose parce que le consensus politique générale sur je sais pas le rapport de l'État au marché aux entreprises dont vous parliez et dans la première partie on parle régulièrement sur le plateau du média c'est c'est ça qui fait le coeur de la démocratie représentative d'ailleurs vous disiez elle est en crise et ça quand le capitalisme est en crise la démocratie représentative ne va pas bien elle commence par éternuer et souvent elle disparaît en tout cas on a des exemples historiques dans lesquels la crise du capitalisme du fascisme il faut dire le mot capitalisme et des institutions politiques ça donne quoi comme vous me demandiez qu'est-ce qui s'est passé au niveau du consensus donc sur le consensus sur la 5e République il s'est brisé avec avec le 49-3 les 100 utilisations et surtout la dernière alors que la Cinquième République était un régime de consensus depuis 81 depuis qu'on avait eu l'alternance puisque la gauche et la droite pouvait s'y retrouver et c'est pareil pour le consensus général de la presse Seconde Guerre mondiale sur le triptyque constitutionnalisme ou état de droits économie de marché et démocratie représentative parce que bon non malant tout le monde s'y retrouvait dans ce voilà il y avait une alternance or aujourd'hui ce qui vole en éclat c'est pour toute une partie de des forces politiques ça ne fonctionne plus du tout et c'est la raison par exemple enfin se retrouver dans ce schéma parce que là on a on a effectivement je crois dans ce spectre politique là peut-être que la gauche que vous faites référence dans qui se retrouvait dans ce chemin-là n'est plus la même aujourd'hui en vérité et la droite également et la droite vous avez vous avez des déclarations dans la presse j'étais interrogé par un journaliste récemment sur cette question là de représentants politiques de journalistes ou d'anciens haut fonctionnaires de droite qui fustige notre insertion dans tout un réseau de traités internationaux des droits humains des Nations Unies ni dans notre notre adhésion au Conseil de l'Europe avec la Cour européenne des droits de l'homme qui nous empêche de mener une politique d'immigration digne de ce nom etc donc vous avez le consensus qui vole en éclat de part et d'autre d'ailleurs dans le macronisme on l'a bien vu [Musique] question adresse scénario vous dites qu'il y en avait plein de scénarios parce que là on parlait de demande à successifs tout à l'heure vous vous disiez aussi le la façon le le ce qui s'est passé en Russie ou le président devient le premier ministre pour revenir président admettons est-il possible que que pourrait se passer cette petite supercherie parce que c'est un peu tune un peu une en vous écoutant la décrire que Monsieur Macron puisse envoyer ou laisser aller un Cazeneuve ou un devoir Philippe le remplacer pour revenir ensuite au pouvoir en 2032 est-ce que c'est possible cela je pense que nos institutions le permettent et je ne suis pas dans je ne sais pas ce que pense voilà on peut pas savoir l'avenir mais en tout cas ça me paraît être un scénario tout à fait possible et cela est-ce que j'allais dire notre Constitution nos lois peuvent nous en protéger c'est-à-dire est-ce qu'on peut imaginer aujourd'hui inscrire par exemple est-ce qu'on pourrait c'est un peu difficile mais d'exiger à ce que le mandat soit limité à deux avis est-ce que ça pourrait nous protéger cela par exemple voilà mais c'est pas le choix qu'on a fait en 2008 quand on a réalisé l'article 6 et je voudrais revenir sur cette idée de de la présidente à vie dans un système parlementaire vous pouvez faire la limitation du nombre de mandats dans le temps finalement elle est assez elle est pas courante si vous prenez l'Allemagne Angela Merkel a fait 4 mandat voilà c'est parce que il y a un Premier ministre qui est qui dépend des élections qui dépend du Parlement c'est dans les régimes présidentiels que la limitation du nombre de mandats dans le temps pose vraiment question et donc ça ça encore une fois là-dedans en France et ailleurs bien sûr donc si on avait un régime parlementaire on pourrait tout à fait considérer que de toute façon il y a le premier ministre en tout cas le chef de l'exécutif est tenu par sa majorité donc quel que soit le nombre de mandats qui qu'il fait de toute façon il est il répond de ses actes le problème c'est quand on est dans un système comme le nôtre des culpabilité politique du président là la limitation du nombre de mandats dans le temps qui est la grande réforme si vous la Commission de Venise ou on a parlé de la Commission de Venise récemment du Conseil de l'Europe qui a dit que le 49 alinéa 3 soulevait des interrogations alors c'est intéressant parce que la Commission de Venise d'habitude elle critique plutôt les les autres pas nous et donc c'est un c'est un moment intéressant la Commission de Venise donc démocratie par le droit c'est sa mission qu'est-ce qu'elle dit dans les régimes présidentielles il faut la limitation du nombre de mandats dans le temps et c'est une des réformes qui est demandée pour démocratiser les pays en transition démocratique notamment dans les pays du Sud donc ça me paraît assez intéressant de noter noter ça oui partirait il reviendrait beaucoup de scénarios alors on se pose désormais du coup à cet instant de pour un peu finir notre notre propos la question de la crise démocratique on l'a dit la crise dérive plein de termes qui est en cours on entend de plus en plus souvent une phrase cette question sommes-nous encore en démocratie même des bouches les plus on peut dire raisonnable par le passé mais la majorité refuse cette idée à 100% en plusieurs fois il y a pas de crise il y a pas de problème il y a pas de violence policière on peut le dire aussi on a pourtant réellement assisté aux limites de nos institutions on en a parlé ensemble à l'hyper présidentialisme aussi pendant la séquence des retraites mais aussi pendant la séquence du covid on ne peut pas oublier je crois qu'il faut pas oublier les conseils de défense en huis clos et cetera c'était quelque chose qui qui illustré cela de plus les mouvements contestataires tu l'as dit tout à l'heure sont fortement réprimés en France par la force et la violence dans les manifestations pas aussi le pouvoir sur le terrain administratif on pense tu l'as dit tout à l'heure à la dissolution annoncée du mouvement complexe des soulèvements de la Terre ce n'est pas une association mais un regroupement de de citoyens et d'association ensemble en 15 jours une trentaine de militants écologistes ont été arrêtés dans le cadre de l'enquête sur les actions contre le cimentier Lafarge j'aurais pu vous parler de cela et de plein d'autres choses des outils de surveillance de masse on a fait une émission ici que je n'aimais il y a quelques jours suite à la votation au Sénat d'une loi qui permettrait la surveillance de masse biométrique en mardi Jo etc et avec l'argument du terrorisme alors que dans le même temps Gérald Darmanin utilise le même argument pour qualifier les militants écologistes etc bref tout ça pour dire tenir question qui va vous j'imagine vous laisser aller dans dans vos réponses crises démocratique le gouvernement leur est faite mais c'est quand même la bonne expression non je pense que il faut remettre l'évolution de nos institutions et de notre droit dans un contexte plus large qui est celui de l'état d'urgence en fait on est dans un dans un état d'urgence depuis 2015 voilà depuis 2015 qui a fait évoluer notre droit très très significativement c'est à dire qu'on revient sur les grandes lois de la Troisième République la Troisième République qui a fondé notre modèle républicain que ce soit la loi d'association que ce soit la liberté de manifestation en fait que ce soit l'ensemble de nos libertés fondamentales qui ont été posées à cette à cette époque là dans une période beaucoup moins libérale au niveau mondial et aujourd'hui remise en cause on dit que en France on a un régime on n'a pas un régime d'autorisation en matière de liberté normalement on a un régime ce qu'on appelle un régime répressif c'est-à-dire que les libertés peuvent être exercées et qu'ensuite uniquement si il y a des troubles à l'ordre public alors on peut avoir des interdictions mais on est en train de basculer dans un régime d'autorisation ou en fait pour exercer l'ensemble de nos libertés il va falloir demander l'autorisation au préfet ou à aux autorités administratives et on voit ça à mon avis c'est véritablement l'un des aspects majeurs du glissement vers l'autoritarisme qu'on est en train de vivre parce qu'il y a cet effet cliquet une fois que l'état d'urgence apérini c'est pérennisé dans le droit commun c'est ce qui s'est passé en France avec la loi silt la loi de 2021 sur les principes de la République c'est d'ailleurs par cette loi qu'on a les nouveaux moyens mis à disposition du Conseil des ministres pour dissoudre les associations et les groupements de fait lorsque c'est cet état d'urgence là c'est pérennisé on ne revient pas en arrière ou très très difficilement en arrière ça c'est une première partie sur plutôt le caractère autoritaire de notre droit et sur la démocratie c'est la même chose en fait le dévoiement de la démocratie représentative vient des états d'urgence depuis le début du 20e siècle on a commencé à déposséder le Parlement de sa fonction législative 14-18 c'est la première guerre mondiale c'est le moment où on invente les décrets lois et ensuite les décrets lois deviennent les décrets les ordonnances et deviennent la manière de légiférer et on ne parle plus que d'efficacité du gouvernement et on oublie complètement la fonction législative du Parlement donc dans ces deux à la fois au niveau démocratique et au niveau État de droit c'est l'état d'urgence qui nous plonge dans un glissement autoritaire duquel il est très difficile de sortir et surtout si on y glisse on a début de réponse que tu as soulevé tout à l'heure c'est parce que le contexte politique le permet l'oblige il y a une raison à cela bien sûr parce que là c'est une politique les institutions ne sont que le reflet de structure bien plus profonde dans la société la crise démocratique c'est quoi c'est l'expression d'une crise des rapports sociaux dans les sociétés il y a pas seulement des institutions et des individus et des un jeu entre les deux il y a des gens qui occupent des positions dans la division du travail dans la division genre dans la société dans la division raciste du de la société parce que on peut parler de racisme dans cette division et pas seulement de racisations je pense en tout cas dans la société française et à l'intérieur de ces rapports sont contestés pourquoi il y a une tripartition du champ politique actuellement qu'on a vu en 2017 dans le résultat électoral qu'on a vu en 2022 et qui explique d'ailleurs la crise de majorité à l'Assemblée c'est-à-dire le fait que bon voilà le pouvoir de la bourgeoise est contestée les alternatives qui naissent ne sont pas totalement M en tout cas pour le remplacer actuellement et du coup dans cette impossibilité de changement de cap les rapports entre chaque groupe sociaux se radicalise la confrontation est plus violente dans les rapports sociaux qui sont en crise des gens se mobilisent regardez les mouvements antiracisme qui se mobilisent les mouvements féministes qu'on reprit écologistes parce que cette contradiction nouvelle genre enfin nouvelle en tout cas qui prend de l'ampleur et qui commence à devenir très saillante organise de nouveau c'est et donc c'est cette contestation des rapports sociaux qui se répercutent ensuite sur une scène politique pourquoi parce que de nouveau tout à l'heure le mot de illusion était posé l'illusion de la démocratie libérale dans laquelle en fait on choisit un peu et que quand on est en contestation de l'ordre social on réalise que nous n'avons pas de souveraineté ou entre cas très très peu on peut choisir des gens qui font partie de la bourgeoisie et changer son personnel une fois une bourgeoisie de gauche une fois une borgée de droite pour mener la même politique et de l'autre côté genre quand voilà quand on est confronté à des questions de sous déjà nos budgets nos droits sociaux nos services publics sont tombés en ruine quand dire nos capacités à s'organiser voilà en tant que acteur libre sont remises en cause à partir du moment où ces organisations associations syndicats peuvent remettre en cause le pouvoir donc c'est ça la crise c'est l'impossible de trouver une porte de sortie une résolution de certains conflits qui qui sont en germes dans la société et c'est pour ça que c'est violent c'est à la fois un risque et une opportunité une opportunité pour avoir des mouvements qui accélèrent c'est à dire des basculements idéologiques certains ou des mouvements électoraux qui vont prendre de l'ampleur très rapidement regardez après 2008 et jusqu'à aujourd'hui la rapidité à laquelle des mouvements existent puis disparaissent existent dans tous les pays en Espagne vous avez pas des Mosses qui a pris une claque la dernière fois mais qui ont émergé à la suite de la crise et qui était un mouvement social les indignés notamment vous avez enfin plein d'exemples ces Riza en France la France insoumise ce que vous même Emmanuel Macron comme artifice de la bourgeoisie pour changer son personnel en interne en disant bon voilà on va changer les cadres sur de la bourgeoisie sur lesquels on s'appuie c'est plus anciens fonctionnaires de l'État et la bourgeoisie territoriale traditionnelle c'est la start-up le conseil et les mieux financiers vous voyez et donc du coup c'est ça la crise c'est les moments où Ben dans l'incertitude les mouvements sont rapides et c'est dangereux aussi parce que derrière couvent encore une fois le retour de la bâtiment et peut-être que c'est peut-être le démon de fin vous allez la voir j'ai envie de vous le donner c'est-à-dire il vient de prononcer le mot d'incertitude parce que c'est quand même très noir comme tu as le con il est pas nouveau tableau on le commande souvent ici il est assez noir pour ne pas baisser les bras encore une fois pour que les personnes qui nous entendent même nous-même sur ce plateau en disant quand même on peut quand même espérer que les choses s'arrangent dans l'incertitude NES hein des choses positives parfois négatives est-ce que c'est il y a plus que cela sur lequel on peut encore s'appuyer pour se dire bon peut-être qu'effectivement dans tout cela peuvent surgir des mouvements qui peuvent faire changer la bascule justement c'est ce que je voulais dire vous l'avez déjà un peu dit la crise permet une c'est aussi une opportunité donc et la résolution de la crise imprime pendant longtemps ça marque aux institutions et à la vie politique je vais pas refaire un cours ou reprendre les exemples bien connus mais voilà le la démocratie c'est la résolution de crise ou le parlementarisme c'est la résolution de crise entre l'armée et le peuple pardon entre le roi entre le roi et le peuple entre le roi et le peuple si on prend le Royaume-Uni si on prend la France donc la crise permet des conjonctures fluides et une résolution qui ensuite peut donner quelque chose de nouveau ce que je trouve extrêmement dommage c'est que nous sommes dans une période où au lieu de penser d'inventer quelque chose de nouveau on est sur comment ne pas glisser ne pas glisser vers le passé en réalité c'est un petit peu ça donc voilà et donc le l'agenda de discussion le débat public il est focalisé sur des questions anciennes rétrogrades c'est-à-dire comment ne pas tomber dans le fascisme alors qu'on devrait se poser des questions comment imaginer des nouvelles formes de démocratie des nouvelles formes de d'agir politique ensemble et ce serait bien de réussir d'une manière ou d'une autre à avoir la main sur l'agenda du débat public je parle là aux forces de gauche au lieu de rester de voilà au lieu de rester en serré justement dans les termes du débat public qui sont posés par d'autres et qui sont relativement rétrogrades la fin 2000 donne-le à Rosalie socialisme ou barbarie c'est ça le programme face à la résolution de la crise c'est ça on disait un monde meilleur un socialiste ou barbarie et donc si on sites rosalux elle a dit on ne sent les chaînes que on ne sent ses propres chaînes que lorsqu'on bouge et justement ça répond à la question que vous me posez sur pourquoi le consensus s'effrite justement parce qu'on a commencé à bouger et les chaînes sont apparues comme ce qu'elles sont c'est-à-dire comme des étaux parfait mot de la fin de faire référence avec son beau merci à tous les deux d'avoir été avec moi ce soir avec nous des notre média