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Discours / meetingANRU - Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine· 17 novembre 2025 17 minAutoproduitFond programmatiqueLogementÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Vincent JEANBRUN, ministre de la Ville et du Logement, à la journée sur les commerces de proximité

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:12Invité politiqueFait
    « un très très bon rapport qui nous a été remis hier avec mon collègue Serge Papin »
  • 2:55Invité politiqueFait
    « pas mal de mesures qui n'ont pas besoin de passer par la loi ça c'est chouette ça nous faire gagner du temps »
  • 8:39Invité politiquePromesse
    « les ce qu'on appelle les EDFU aujourd'hui puissent s'appliquer à tous les quartiers prioritaires de la ville »
  • 10:06Invité politiqueFait
    « une petite taxe de 2 € sur tous les articles dans un colis »
  • 14:25Invité politiqueFait
    « aux deux extrêmes des formations soit qui condamnent purement et simplement le concept même de la politique de la ville »

Temps de parole

  • Vincent Jeanbrun100 %

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Vincent Jeanbrun

Bonjour à tous. Merci beaucoup monsieur le préfet, monsieur le directeur général de la NCT, madame la directrice générale de l'ENRU, monsieur le directeur de la banque des territoires et toutes ces équipes, madame la maire de Saint-Centin. Cher Frédéric, ravi de te retrouver ce matin. Mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les acteurs de la politique de la ville et les représentants des différentes administrations. ch tous, je suis évidemment très heureux de vous retrouver ce matin pour ce premier échange dans ce très bel amphi, dans ce beau ministère et au cœur d'une problématique qui touche avec beaucoup d'intensité nos quartiers prioritaires de la ville.

Et c'est devant vous un enfant qui a grandi dans ses quartiers prioritaires de la ville, qui a connu des quartiers où parfois on avait pas grand-chose mais on avait le sentiment de manquer de rien à l'époque. Je commence à me faire vieux et où petit à petit on a vu un premier rideau se baisser, on a vu un service de proximité s'éloigner et on a vu naître à travers cette désartification commerciale. petit à petit un sentiment de déclassement, un sentiment pour beaucoup d'habitants de ces quartiers d'abandon parfois et des situations se dégradé notamment un vivre ensemble s'ffriter.

Et quelques années plus tard, passant d'enfants de ces quartiers à maire de la ville qui m'avait vu grandir, j'ai toujours eu à cœur de penser, réfléchir et déjà à l'époque avec les partenaires qui se trouvent ici dans la salle à comment on repense, comment on rénve, comment on réhabilite et surtout comment on ramène de la vie, comment on ramène de la lumière dans les pieds d'immeuble, dans les petites rues commerçantes pour essayer tout simplement de ramener de de l'énergie vitale, des occasions. de se croiser, des occasions de vivre ensemble au pied des tours.

Et bien je suis donc très heureux d'être là aujourd'hui parce que au fond c'est la question que on va se poser tous ensemble aujourd'hui et c'est la question qui vient rebondir sur un très très bon rapport qui nous a été remis hier avec mon collègue Serge Papin et je voudrais vraiment saluer le travail qui a été réalisé pour nourrir un rapport qui est à la fois ambitieux, plein de très belles mesures et en même temps un rapport et c'est le soin que vous avez pris madame la maire monsieur le président de le rendre suffisamment concret pour le rendre applicable avec deux qualités majeur par les temps qui courent pas mal de mesures qui n'ont pas besoin de passer par la loi ça c'est chouette ça nous faire gagner du temps et pas mal de mesures qui ne demandent pas d'effort budgétaires extraordinaire j'invite toutes les administrations présentes à essayer de réfléchir de la même manière et ça déjà c'est extrêmement précieux Et on voit d'ailleurs que quand on mélange l'expertise d'une élu de terrain, d'un institutionnel aussi puissant que la banque des territoires et la qualité d'un d'un chef d'entreprise et et Dominique n'a pas pu être avec nous aujourd'hui, mais il était là hier pour le la remise du rapport et on a pu échanger et je trouve que cette convergence des vues des expériences apporte une grande qualité.

Donc évidemment, il nous appartient nous saisir de ce rapport euh d'aller voir comment collectivement on arrive à à lui donner vie parce que derrière c'est redonné une qualité de vie à des millions d'habitants qui vivent dans nos quartiers politiques de la ville. 6 millions de Français vivent dans ces quartiers et il n'est évidemment pas acceptable d'imaginer qu'ils sont dans demain dans des quartiers privés d'activité. C'est vrai que les rideaux ont baissé et si on regarde que ce phénomène, on peut se dire que la tâche va être rude, peut-être le défi quasi impossible à relever. Pour autant, je voudrais vraiment devant vous ce matin être rempli d'espoir pour plein de raisons.

La première parce que le rapport que vous nous avez remis hier, il est plein d'espoir et ça c'est une bonne nouvelle. C'est pas un rapport passée qui dit "C'était mieux avant." Petite référence à RTL qui fait une journée complète aujourd'hui sur CTA mieux avant. Terrible comme façon de voir le monde. Moi, j'ai envie de regarder de l'avant. Et en l'occurrence, vous dites "On a'ura pas les rues commerçantes d'hier.

C'est vrai dans tous les centres-villes de France et c'est évidemment vrai dans nos QPV." Par contre, c'est pas parce qu'on aura pas les quartiers commerçants d' y a 10 ans qu'on peut pas avoir des lieux de vie, des lieux de passage, des lieux de rencontrre et d'innovation demain et après-demain et pour longtemps. Ensuite, il y a une deuxième chose moi qui me remplit plein d'espoir, c'est l'énergie bouillonnante de nos quartiers populaires.

C'est c'est encore aujourd'hui et malgré toutes les difficultés, on a des jeunes, des moins jeunes qui ont envie de s'en sortir, qui ont envie que ça bouge, qui sont prêt à s'investir dans le tissu associatif, qui sont prêts à innover sur tout un tas de formules et qui peuvent avancer. Dans dans mon parcours professionnel, j'ai eu l'occasion de diriger une structure d'insertion qui accompagnait des bénéficiaires du RSA vers l'entrepreneuriat. Et je me permets une petite anecdote, celle de ma rencontre le tout premier jour.

avec deux jeunes des quartiers difficiles de Nanterre où ce qui m'attire me fait sortir de mon bureau de directeur à l'époque, c'est un vaccarne dans le centre de ressources et je tombe néz à nez avec deux jeunes habillés en survette la coste des pieds à la tête qui faisaient une course de chaise roulante dans le dans le CDI. Et évidemment au bout d'un moment parce que c'est pas fait pour ça les chaises roulantes, il y a une roulette qui casse. La chaise tombe, le jeune avec, il me regarde comme ça par-dessus, fait "Ah, c'est trop drôle, vous devriez essayer, c'est génial." Rien ne les arrêtait.

Leur comportement faisait que ça était pas simple de les rendre recrutables, de les imaginer un boulot 35 he par semaine, assis derrière un fauteuil. C'est c'est pas le principe. Par contre, leur énergie bouillonnante canalisé avec les bonnes aides, on fait qu'ils ont monté en moins de 4 mois un super centre de lavage avec bio qu'au bout de 6 mois, il l'avait déjà revendu en faisant une culbut, j'ose même pas vous la dire parce qu'ils ont très bien vendu le truc, réouvrant la semaine suivante un nouveau centre de lavage en face de celui qu'ils avaient ouvert il y a 6 mois, coulant le premier malheureusement, revendant et cetera et cetera.

Je vous raconte cette anecdote parce qu'évidemment elle a marqué mon parcours. On a une énergie vitale dans ces quartiers des jeunes, des jeunes gens et pas queux qui sont capables de porter des projets qui translent. Et quand on parle de réouvrir des commerces, de réouvrir des boutiques, de faire revenir des professionnels de santé dans les QPV, on doit aussi se poser la question des porteurs de projet qui seront là demain pour ouvrir ces boutiques, pour animer ces espaces.

Et je pense que c'est fondamental de se dire que justement autant que faire ce peu, il faudra aller chercher ces porteurs de projet dans nos QPV parce que c'est là où se trouve énormément de talent et énormément de pépites. Alors vraiment, je voudrais pour pas être trop long, vous dire que je suis très heureux aujourd'hui d'être là et de voir que le travail qui avait été initié par ma prédécesseur Juliette Méadelle sur la politique de la ville accompagnée par Véronique Louvagier à l'époque et commander ce rapport qui va nous servir de feuill de route à partir de maintenant. Pour moi, c'est évidemment fondamental.

Vous dire aussi que il y a d'autres raisons d'espérer notamment on l'a vu, il y a eu un boom de la création d'entreprise dans nos QPV plus 43 % d'augmentation, ce qui n'est pas rien. Évidemment, si on rentre dans le détail, on est parfois beaucoup sur de la création d'activités auto-entreprises, parfois du Uber et cetera, mais ça montre qu'il y a cette appétence à les travailler et ça ça casse toute image caricaturale qui laisserait entendre que notamment notre jeunesse dans les quartiers, elle tient les murs et elle ne fait que ça. Oh, il faut pas la réalité. Il y a des problèmes, le narcotrafic en est un. On a une jeunesse qui parfois ne trouve pas le chemin de l'école.

jeunesse qui parfois n'arrive pas à s'insérer, mais il y a aussi une jeunesse qui déborde d'envie de travailler et d'avoir un goût d'effort. Alors cette jeunesse, il faut l'accompagner. Évidemment, le gouvernement sera au rendez-vous avec tout l'écosystème que vous représentez aujourd'hui. C'est vrai à travers une première mesure que nous reprenons puisque vous l'avez porté dans le rapport de faire en sorte que les ce qu'on appelle les EDFU aujourd'hui puissent s'appliquer à tous les quartiers prioritaires de la ville. ce qui signifie tout simplement une véritable réforme fiscale avec un abattement pour tout commerce qui s'ouvrira dans les QPV ou qui sera repris dans les QPV.

Et là, je peux vous dire que c'est un bel électrochoc. C'est une petite bataille. Je parle sous le contrôle de mon administration et et de la direction de mon cabinet parce que vous imaginez que ça coûte un peu d'argent public mais c'est évident qu'il faut envoyer ce signal et vous pouvez être sûr que on ne lâchera pas. En plus, l'Assemblée nationale a déjà commencé à soutenir. Donc c'est une très bonne nouvelle.

Vous dire aussi qu'évidemment on va poursuivre des dispositifs comme Action Cœur de ville ou petite ville de demain et on va évidemment partout où c'est possible soutenir la revitalisation des centre-villes et des centrebourgs parce qu'il ne faut oublier aucun territoire de notre beau pays. Enfin, peut-être en reprenant les objectifs de votre rapport, mais vous dire que notre feuille de route à partir de maintenant et j'espère que vous nourrirez ces réflexions sur toute cette belle journée et encore merci de l'avoir organisé.

On doit et c'est le rôle de l'État et mon collègue Serge Papin, s'il était là vous expliquerait à quel point c'est une volonté farouche de l'ensemble des membres du gouvernement. Si on veut du commerce, que ce soit en QPV ou partout ailleurs, il faut rendre plus juste la concurrence avec les grandes plateformes et le commerce en ligne. Et ce combat là, on va le mener. Euh ça commence par une petite taxe de 2 € sur tous les articles dans un colis et on va continuer ce combat parce que il en va de la survie du modèle d'achat et de commerce au pied des tours.

On a un défi majeur et j'en parlerai avec mes collègues de l'intérieur et de la justice, c'est la lutte contre l'économie souterraine qui gangraine de trop nombreux quartiers et d'ailleurs qui est sorti, si on parle du narcotrafic des simples QPV.

On voit bien qu'aujourd'hui ces problématiques touchent quasiment toutes les villes et villages de France et même les villages les plus tranquilles aujourd'hui, m'expliquait-on il y a il y a 2 jours encore quand vous avez plus le trafic sur place parce qu'en réalité il y a pas la zone de chalise et bien en fait vous avez de la production qui est en train d'arriver en France on va devenir un un pays producteur de cannabis comme quoi on fait pousser de tout dans notre beau pays.

Un axe qui pour moi est très très important en tant que ancien maire et je salue une fois de plus la maire de Saint-Quentin euh c'est de redonner plus de pouvoir aux élus locaux et particulièrement au maires dans sa capacité à veiller à la diversité des commerces. Euh moi, je me suis nourri de kebab une grande partie de ma jeunesse, donc je vais pas dire que j'aime pas ça, mais c'est vrai que quand dans une rue il y en a 10 d'affilé, ça pose une problématique. Et évidemment, si le maire peut avoir en lien avec les services de l'État des outils pour veiller à la diversité, ça me paraît fondamental.

et de manière plus générale qu'on crée des outils fonciers pour faire en sorte que là aussi que ce soit les élus locaux que ce soient les représentants d'État on puisse avoir un pilotage fin et racheter euh des cellules commerciales quand c'est utile que ce soit pour en chasser euh les blanchisseurs du narcotrafic ou euh pour aider à la réinstallation avec des loyers adaptés des commerces et des porteurs de projets de qualité. Je trouve que c'est génial. Et avant euh de laisser ce micro, dire aussi que on a un défi, je le disais un peu en introduction, mais sur l'innovation. Euh le commerce d'il y a 20 ans n'est pas forcément la solution. On en parlait avec les rapporteurs hier.

Vous avez tout un tas de formes innovantes avec la librairie qui devient un espace de dialogue et une ressourcerie avec la cellule commerciale qui est utilisée par des boutiques éphémères de 6 mois en 6 mois et qui permettent justement à des porteurs de projet de mettre le pied à l'étrier. Tout ça, il faut l'accompagner et pour ma part je serai au rendez-vous.

vous dire que au-delà des mots et au-delà des discours euh nous avons normalement rendez-vous avec mon collègue Serge Papin et ma collègue Françoise Gatel euh à Matignon très prochainement pour pouvoir évoquer toutes les pistes du rapport que il en suivra une réunion interministérielle pour que le plus vite possible nous puissions cocher toutes les cases qu'il est urgent et facile à mettre en œuvre et pour ce qui est tout aussi urgent mais peut-être un peu moins facile à mettre en œuvre et bien qu'on se mette au travail tout de suite. et simplement vous dire que je prends très à cœur les fonctions qui sont les miennes aujourd'hui.

Je suis un enfant de la République, un enfant de la promesse républicaine. Mon père était chauffeur livreur, ma mère femme au foyer. Nous ont élevé, mon frère et moi, dans une barre HLM de 18 étages et de 800 logements. Et je veux vous le dire, au-delà de toutes les caricatures qui pourraient être faites sans la politique de la ville, moi je ne serai pas devant vous aujourd'hui. Donc j'ai une immense reconnaissance pour la République. Je crains pour elle parce que dans beaucoup d'endroits, sa promesse, la promesse républicaine n'est pas tenue ou n'arrive plus à être tenue comme elle le devrait. Et donc la tâche qui nous attend, elle est immense, immense.

Et pour autant, il faut évidemment pas désespérer et surtout il ne faut pas baisser les yeux devant toutes les critiques que nous pouvons entendre. Et moi qui étais député jusqu'il y a encore quelques semaines, j'ai entendu des critiques folles, étonnamment d'ailleurs des deux côtés de l'hémicycle avec aux deux extrêmes des formations soit qui condamnent purement et simplement le concept même de la politique de la ville. Considérant qu'on a mis beaucoup trop d'argent dans ces quartiers ou euh qui qui élèvent des délinquents, à-ton entendu ?

Et puis de l'autre, je dois vous dire euh mon étonnement est une forme de blessure quand je vois dans un grand journal pourtant euh l'humanité que je vous avouer ne pas lire tous les jours, mais quand il parle de politique de la ville, je regarde et quand un grand journal comme l'humanité dit politique de la ville 20 ans de trahison et bien je pense qu'ils ont perdu leur boussole et je pense qu'ils font beaucoup de mal à ce que nous tous nous sommes amenés à faire. Et je vous le dis parce que aujourd'hui défendre la politique de la ville, c'est pas uniquement la défendre budgétairement dans les arbitrage avec Ber, c'est aussi faire la pédagogie à tous nos concitoyens de l'utilité.

J'en terminerai par cette métaphore. Euh si on on regarde l'état de nos quartiers, toutes les difficulté sociale qui s'y regroupent, alors on pourrait se dire "Bah dis donc, c'est la photographie, elle a pas énormément changé en 20 ans. Il y a toujours beaucoup de difficultés sociales. Mais moi, je considère que on ne peut pas regarder la politique de la ville avec des photos.

On a l'obligation de la regarder en vidéo, c'est-à-dire qui y rentre, qui grandit, qui en ressort avec énormément de succès soris, avec énormément de parcours qu'il faut mettre en avant et puis effectivement bah quand les personnes ont réussi, sont sorties sont ailleurs et ben on redonne le logement, la place à des familles qui sont en difficulté parce que justement elles ont besoin d'être accompagné. Et je me permets cette métaphore, c'est de la comparaison avec l'hôpital. nos quartiers ne sont pas malades et les habitants qui sont dedans ne sont pas des malades bien sûr.

Mais si vous dites au ministre de la santé, dis donc, on a pris en photo là le nombre de malades dans les hôpitaux en France aujourd'hui il y a 20 ans, il y a toujours autant de de malades. Vous êtes pas capable de les soigner ou quoi ? Voyez, si on est en photo, ça marche pas. Par contre, si on est en vidéo, on voit qu'il y a des malades qui rentrent à l'hôpital, qui sont guéris, qui en sortent et qui ont une autre vie et un autre parcours. Et bien, je pense que là aussi, on a ce défi devant nous de faire la pédagogie.

de ce qui se passe dans ces quartiers et comment on accompagne des Français et des Françaises, des familles françaises à réussir à s'en sortir et au fond comment on donne collectivement corps à la promesse républicaine. C'est ce que je voulais partager avec vous ce matin. Je vous souhaite une bonne journée, bon travail et hâte de mettre tout ça en œuvre avec vous. Merci infiniment. Merci beaucoup. Merci monsieur le ministre.