1er-Mai: le discours de Marine Le Pen au Havre en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, chers Jordan, je ne serai jamais de le dire, la politique est un acte d'amour. Concevons que nous la vivons, procède de l'esprit et du cœur. C'est un acte de raison et d'abnégation, de foi et de fougue, d'effacement de soi et du souci de l'autre. Elle est aussi un acte de vie, parce qu'elle a vocation à faire jaillir le sens et le lien. Le sens et le lien qui indiquent à la fois non seulement le but, mais aussi le chemin, non seulement la fin, mais aussi le moyen. Il n'y a rien de plus beau et de plus noble que la politique et vous qui êtes ici, qui la faites comme ceux qui la suivent, font acte de fidélité, d'altruisme et de générosité.
Il n'y a pas de témoignage d'espoir plus intense que de faire sienne la cause la plus juste et la plus estimable qui soit, sa patrie. Il n'y a pas d'engagement plus estimable que de se mettre au service de son peuple pour sa défense, celle de sa liberté et celle de sa souveraineté. Et dans ce monde nomade, liquide, où tente de s'imposer des identités factices, de pauvres querelles, il n'est pas de devoir plus sacré que de défendre notre vision de l'homme.
Un homme, créature unique et irremplaçable, un homme attaché à sa culture, à sa famille, à son pays, un homme d'affection et de transmission et parce qu'il est doué de pouvoir, un être de devoir vis-à-vis de ses enfants, de son pays et du monde. C'est votre combat. C'est notre engagement. Et pour cela, je voudrais vous dire toute mon admiration, mes amis, et je vous l'avoue, ma fierté d'être des vôtres. Je voudrais vous exprimer du plus profond de mon cœur mes plus fraternels remerciements pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes, pour les justes sentiments que vous portez et la noblesse de l'espérance que vous nourrissez pour la France et pour notre peuple.
Qu'il me soit permis, en ce jour, de la fête du travail et de la patrie, d'adresser mon salut affectueux et déférent à la France laborieuse et studieuse. Celles qui inventent, imaginent, créent, innovent et produisent. Celles qui administrent, organisent, gèrent et prévoient. Celles des héros connus ou inconnus qui, chacun à leur niveau, tous dans un très admirable effort, apportent jour après jour leur pierre à ce merveilleux et prodigieux édifice qu'est la France. Une nation, une nation, c'est ce concours de talent. D'énergie. Et j'ose le dire pour les Français de génie.
Une somme incomparable de qualités unies entre elles, qui, au fil des centaines d'années d'histoire, a fait de la France ce qu'elle est, une grande nation, une belle nation. Cette grande et belle nation, eh bien, c'est aussi une nation combattante. C'est celle qui fait de ses rêves un combat et de ses projets des réalités. C'est celle qui sait qu'il n'y a pas d'avenir sans unité, sans ambition haute, qui sait que rien ne s'obtient sans contraintes, sans efforts, sans sacrifices. Davantage que quiconque nous connaissons le prix du bonheur et de la grandeur, puisqu'en tant que Français, nous avons le privilège d'en avoir goûté aux vertus et même à l'ivresse.
La France, qui a pu vivre des humiliations et goûter à la gloire, doit tout particulièrement, dans les circonstances difficiles, conserver la religion de l'intelligence au service de l'homme et des hommes, au service du peuple et des peuples, en sachant toujours faire brûler au fond du cœur de chacun de ses enfants la fidélité au passé et le goût de l'avenir. C'est pourquoi, mes amis, le spectacle de ce qu'est devenu la France blesse nos cœurs de Français. Beaucoup n'ont plus l'impression de vivre, mais de survivre, de travailler en vain, de s'inquiéter pour les siens, pour l'avenir, pour la fin du mois, pour demain ou même pour ce soir.
L'impression d'avoir perdu l'insouciance qui rend la vie légère. L'impression de ne plus reconnaître notre propre pays, qui était celui de l'élégance et du raffinement, de la douceur de vivre et du savoir-être, de la culture et de l'exaltation de la beauté du monde. L'impression de n'être plus chez nous, quand des quartiers entiers, des villes même, deviennent des enclaves étrangères, hostiles à ce que nous sommes et que certains veulent importer chez nous des interdits d'autres lieux ou parfois d'autres temps. Faut-il être aveugle pour ne pas voir ces scènes de tensions et parfois de chaos devenus endémiques ?
Le triomphe des féodalités prédatrices, cet accaparement des biens et des existences, le sentiment d'épuisement, notamment pour les serviteurs de l'État, lorsqu'il faut écoper un bateau qui fait eau de toutes parts. La violence s'est partout insinuée. Elle semble surgir de nulle part, des coins sombres des rues, de décisions venues d'on ne sait où, absurdes et inhumaines, mais aussi tombant d'un pouvoir enfermé dans un méprisant et maintenant un agressif entre-soi.
Au fur et à mesure que s'efface l'État, au fur et à mesure que s'érode le lien national, les Français ont le sentiment d'être livrés aux prédateurs, ceux d'en haut et ceux d'en bas, à une oligarchie et à une voyoucratie, à des forces illégitimes qui broient les âmes et qui brisent les corps, mais qui ont toutes deux atteintes à la dignité des hommes ou portent notre regard. Nous sentons notre nation glisser, notre pays échapper à son histoire et notre peuple tournait le dos à son glorieux destin.
Nos dirigeants coupés du peuple et des réalités envisagent l'exercice du pouvoir comme une épreuve de force avec le pays, un bras de fer permanent avec les citoyens, avec les institutions, avec la réalité et parfois même avec la raison. Cette intransigeance aveugle du pouvoir n'est pas la marque de la fermeté mais du raidissement. Il n'est pas le signe de l'autorité mais de la fébrilité. Il ne reflète pas une volonté d'action mais une tentative de soumission des situations et des gens. En politique, les décisions s'obtiennent par l'adhésion et non par la force. En démocratie, par le consentement et non par le fait accompli.
En république, par le biais des institutions et non par des ruses de procédure. Chacun doit être conscient que ce qui nous arrive n'est pas la faute à pas de chance, ni le fruit du hasard, un fruit amer et empoisonné. Rien ne vient sui generis, rien ne procède d'un maléfice qui toucherait la France. Tout ce qui arrive est le résultat de décisions politiques de nos gouvernants, plus ou moins lointaines, plus ou moins avouées, plus ou moins assumées. La plupart d'ailleurs, la plupart ont été voulues, décidées, mises en œuvre sciemment. Les autres relèvent d'abstentions qui sont trop fréquentes pour ne pas être volontaires, trop convergentes pour être fortuites.
Le prix de l'énergie, mais ne vous trompez pas, c'est l'affaiblissement du nucléaire, c'est la fermeture de Fessenheim, c'est la guerre énergétique déclarée dans le cadre de sanctions irréfléchies. Les pénuries, elles résultent de la croyance mondialiste dans la spécialisation planétaire des productions et de l'abandon de notre souveraineté industrielle et agricole. La délinquance procède de la rencontre, certains diraient, de l'intersectionnalité, du laxisme judiciaire et de l'immigration anarchique. Mayotte en est aujourd'hui le plus cruel exemple.
L'appauvrissement collectif et individuel, et il découle du déclassement généralisé, et je le crois programmé, de l'explosion fiscale, de l'écrasement des salaires, le tout, bien sûr, au bénéfice des spéculateurs. En clair, le malheur qui touche tant de Français vient de dirigeants désinvolts, indifférents, insuffisants et méprisants. Et parce que, sous la Ve République, le Président est la clé de voûte des institutions, parce que l'Élysée abrite l'architecte de ce qui se prévoit et se décide, la cause de nos mots tient en un mot, ou plutôt en un nom, Macron, entêtement d'un seul contre tous, est toxique.
Je le dis avec peine, parce qu'il entraîne dans son discrédit les institutions de la République, dont il devait par sa fonction être le garant. Il s'est passé quelque chose d'important aux dernières législatives. A refuser d'admettre l'inflexion parlementaire que le peuple lui a imposée par une révolution des urnes en juin 2022, il conduit le pays à un blocage institutionnel. Un dirigeant ne décide pas pour les citoyens comme un banquier le fait avec un client à découvert. A trop se regarder, il en a oublié de regarder autour de lui. A trop s'enfermer dans des certitudes, il a oublié ce que disait le général de Gaulle à propos de la Constitution, de notre Constitution.
La Constitution de 1958, que j'ai tant voulu, n'est-ce pas la primauté du citoyen sur tout le reste ? Un président ne peut pas gouverner en surfant sur la confrontation de tous contre tous, sauf à n'engendrer finalement que l'opposition de tous contre lui. En ignorant l'esprit des lois et en dirigeant contre l'opinion unanime une violence institutionnelle, il provoque, entretient et même alimente la tentation condamnable de la violence de rue. Il est directement et seul responsable du bouillonnement de la rue devenu perpétuel de cette contestation légitime que le mépris affiché et les provocations inutiles ascétifient chaque jour davantage.
D'une réforme contestée, il a amené le pays à une crise institutionnelle et d'une crise institutionnelle à une impasse politique. Il ne faudrait pas que son entêtement puérile fasse basculer le pays dans le désordre et le chaos. Symbole terrible de l'impuissance politique, l'État ne parvient plus à organiser la visite d'un monarque, d'une nation amie. Les ministres n'arrivent plus à se déplacer pour l'inauguration du moindre rond-point. Mais quand sera-t-il des JO qui devraient être une grande fête nationale et sportive ? Faut-il s'attendre encore à une nouvelle humiliation ? Emmanuel Macron voulait mettre le pays en marche, il l'a mis en panne. Emmanuel Macron voulait incarner le mouvement.
La France est paralysée quand le monde lui galope. Rarement un président n'a été si déconnecté, si esselé, si assigé, mais encore si arrogant. Rarement un gouvernement n'a été si fantomatique, vaporeux et transparent. L'un et l'autre errent chacun de leur côté dans les gravats de ce qui était présenté, je crois, comme un projet politique, comme une vision d'avenir. Mieux vaut en sourire. Rarement dans l'histoire de la cinquième, le décrochage a été si évident et si affligeant. Les pays étrangers, et particulièrement nos amis européens, nous regardent avec stupeur, avec incompréhension, et ce qui est plus grave, avec tristesse et pitié.
C'est là un jugement, que dis-je, un jugement, une sentence, qui devrait en haut lieu faire réfléchir, je ne sais pas, conduire à l'humilité, à l'introspection. Mais ce pouvoir lui-même épuisé, en est-il seulement capable ? Mais si bien sûr le tempérament d'un dirigeant conditionne grandement les conditions politiques et humaines, l'exercice du pouvoir, c'est au fond le projet qu'il porte. C'est lui qui détermine le mouvement. Lorsqu'il croit que l'usure peut être une stratégie, il se trompe. Lorsqu'il croit que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, il se trompe. C'est un rejet de sa personne, c'est un rejet de son projet.
Ce projet, nous le savions, et l'avions dit sans être parfois compris, c'est un projet d'expropriation, de dépossession et de déconstruction. La déconstruction sociale, par le démantèlement du pacte social dont la réforme des retraites est l'illustration. La déconstruction administrative, avec le démantèlement de la préfectorale, du Quai d'Orsay ou des services publics. La déconstruction de nos valeurs républicaines, avec par exemple des nominations comme le communautariste Papendiaï à l'éducation nationale ou Éric Dupond-Moretti à la justice. Emmanuel Macron déconstruit, mais ne reconstruit rien et laisse derrière lui un champ de ruines. Comment avoir confiance ?
Dans un dirigeant dont les arguments pour soutenir ces réformes, social s'appuie sur un affaissement économique du pays. Je rappelle qu'il y est quand même depuis six ans. Comment ne pas douter d'un décideur qui croit savoir seul, seul contre tous, dont la prétention est de ne céder sur rien, même pas devant l'évidence ? Au nom du prétendu sens de l'histoire, au nom d'une prétendue modernité, le pays est sommé de renier les principes qui l'ont élevé. Le pays est incité à abattre les piliers qui le portent, à renoncer à l'idée même de grandeur, au bonheur et même à l'honneur.
À l'heure du grand basculement du monde et souvent des grandes bifurcations, on habite ce projet funeste en invoquant un mot magique, les transitions. Il y a les transitions auxquelles l'époque nous invite, la transition numérique, celle que les urgences nous imposent, la transition écologique. Mais il y a aussi celle que des sénacles nous inventent, la transition démographique et enfin celle qui se mettent en place à bas bruit, sans qu'on en parle, dans le dos des peuples européens, la transition civilisationnelle. La transition numérique, c'est celle que l'Union européenne n'a pas vue venir dans les années 2000.
Et cette défaillance impardonnable nous laisse aujourd'hui otage des GAFAM américains et des BATX chinois. Face à des puissances qui, par l'intelligence artificielle, multiplient de manière exponentielle tous les 18 mois leur intelligence disponible. Nous restons les observateurs de notre indigence numérique et donc de notre propre déclin technologique et scientifique. La promesse de progrès de l'Union européenne s'est révélée être un Tchernobyl technologique.
Les nations européennes, je vous le dis aujourd'hui, n'ont plus le choix et sont appelées à réagir avec un grand projet de recherche et d'innovation car derrière la colonisation technologique, il y a la soumission économique et politique. Nous devons créer un écosystème favorable en maintenant chez nous les chercheurs de génie qui, malheureusement, s'expatrient en masse en ouvrant le capital risque par un fonds souverain, en favorisant les pôles d'excellence, en faisant du numérique une priorité nationale et européenne. La transition écologique est hélas devenue le terrain de jeu des climato-hypocrites.
Ils font lever l'espoir d'une économie verte alors que c'est seulement une manœuvre que le capitalisme occidental a acceptée pour maintenir le dogme religieux du libre-échange, par ailleurs un dogme pourtant éco-prédateur. Le dernier exemple en date, c'est la taxe carbone. La taxe carbone, qui, au lieu de protéger comme nous le voulions, les productions locales et l'environnement, maintiendra la concurrence déloyale et aggravera le niveau des impôts pesant sur les familles. Face au dévoiement de cette juste cause, j'incarne depuis dix ans la vraie écologie.
La vraie écologie consiste à renoncer au mondialisme pour privilégier les circuits courts, le localisme et le produire consommé et recycler sur place. C'est aussi préparer notre pays aux défis du changement climatique. Et je pense notamment à la gestion de l'eau, au développement du nucléaire, deux domaines qui exigent une vision de long terme. Écologie, c'est enfin des régulations et des traditions qui permettent de vivre en harmonie avec le vivant et d'en préserver la diversité. Depuis trente ans, l'écologie est dévoyée et met en œuvre, sans le dire, le concept très idéologique de décroissance. Décroissance énergétique, c'est l'effondrement de notre filière nucléaire.
La décroissance industrielle, c'est la ruine de la filière automobile avec l'interdiction de la vente des moteurs thermiques. C'est enfin la décroissance agricole avec la politique d'effondrement des productions comme le programme européen de la ferme à la fourchette. S'effacer, ce n'est pas sauver la planète, c'est laisser la place aux autres. Les Chinois s'imposeront dans le monde comme les nouveaux champions du nucléaire. Les Coréens n'arrêteront pas les voitures thermiques et en vendront dans le monde entier. L'Amérique du Sud exportera vers l'Europe la viande dont nous avons besoin.
Les États-Unis seront les maîtres des nouvelles technologies essentielles au fonctionnement de nos sociétés. La révolution prétendument écologique que l'on nous vend n'est pas une balade au milieu des fleurs, mais un saut dans les sorties de l'écologie punitive, dans les ronces des normes, dans les épines des nouvelles taxes. C'est une révolution dont les premières victimes sacrifiées seront les plus fragiles, les plus pauvres. Mais surtout, cette révolution mangera ses enfants en les poussant vers toujours plus d'exigences et je dirais même de radicalité. Je vais prendre un exemple qui va vous éclairer. L'écologie punitive a fait la chasse à la voiture thermique. Bien.
Elle est appelée à disparaître au profit des voitures électriques, pour l'essentiel d'ailleurs produites en Chine, dans des conditions écologiques catastrophiques, et importées dans des cargos polluants. Or, les voitures électriques ne sont pas encore sur le marché européen que l'Union européenne prépare pour septembre un nouveau règlement pour s'attaquer aux particules fines émises par les pneus. Cette nouvelle réglementation va viser directement les voitures les plus lourdes du fait de leur batterie, c'est-à-dire les voitures électriques. On le voit. On n'en finira jamais.
Une fois que vous aurez mis vos voitures thermiques à la casse, on vous expliquera que les électriques sont à fléau pour la planète. L'objectif, vous l'avez compris, n'est pas d'interdire les voitures polluantes, mais d'interdire les voitures tout court. Comprenez bien, comprenez bien, mes chers amis, que derrière, cette démarche très idéologique rône l'idée de la disparition de l'activité industrielle et même de toute activité humaine. D'une vision apocalyptique, il nous entraîne vers une logique de régression et même d'extinction. Et entre les deux, les peuples souffrent de l'inéluctable appauvrissement que ces théories engendrent.
Il est curieux, d'ailleurs, que ceux qui se réclament du progrès puissent se satisfaire de cette réponse nihiliste. face à cette folie suicidaire qui fait la joie du reste du monde. Bien sûr, le reste du monde voit s'effacer un concurrent. Eh bien, nous opposons une vision optimiste qui repose sur la foi en l'homme et en la science, en la raison et en l'action, dans le progrès et l'innovation. Nous voulons entretenir cette harmonie que l'homme entretient avec la Terre dans le respect pour ceux qui la travaillent et nous nourrissent. Nous ne croyons pas dans la décroissance.
Nous croyons en la puissance, celle de l'intelligence, une puissance de création au service de l'homme, des espèces animales et végétales et de la Terre. Et puis, il y a la transition démographique. La transition démographique, c'est celle dont a parlé à demi-mot, mystérieusement, à plusieurs reprises, Emmanuel Macron, sans en préciser les contours. Mais puisqu'Emmanuel Macron ne veut pas mettre des mots sur ce qu'il prépare, je vais le faire pour lui. La transition démographique, c'est le projet de l'Union européenne, du pacte des migrations, dont j'ai dénoncé la perspective dès 2020. J'étais toute seule.
La procédure d'adoption de ce pacte de Marrakech II, ce pacte de submersion migratoire de l'Europe, a été lancé il y a dix jours au Parlement européen. Ce pacte met en place quatre orientations. Les États seront dessaisis de la compétence migratoire au profit de la Commission de Bruxelles et seront placés pour l'accueil et les expulsions sur la surveillance des experts et des ONG. 1. Pour sécuriser l'immigration, un pont maritime sera organisé entre l'Afrique et l'Europe et confié aux ONG, c'est-à-dire aux activistes d'extrême-gauche. 3. Les États se verront imposer des relocalisations, c'est-à-dire l'installation d'une immigration de peuplement dans nos campagnes. 4.
Enfin, les expulsions seront dissuadées. Vous l'avez remarqué, ce pacte commence à être appliqué. La France, qui se veut le bon élève de l'Europe, bien sûr, commence à le mettre en œuvre avant même son adoption avec SOS Méditerranée qui débarque des migrants à Toulon ou les relocalisations dans de très nombreux villages. Lorsque l'on détourne le droit d'asile, on ruine le fondement de cet acte essentiel de protection. Ce projet de submersion migratoire doit mobiliser tous les Français.
Nos solutions que nous rappellerons bien sûr aux prochaines élections européennes sont fondées sur l'arrêt des flux migratoires, le respect de la souveraineté migratoire des nations, sur une coopération internationale respectueuse mais ferme avec les pays d'immigration, sur une coopération active des États européens, notamment par le biais de l'agence Frontex qui sera avec nous un véritable corps de garde-côte et pas une agence d'accueil de migrants. Enfin, il y a une transition qui ne dit pas son nom mais qui avance tout doucement. c'est la transition civilisationnelle, celle qui vise à effacer des millénaires d'histoire et de culture.
C'est celle qu'instille le wokisme, cette idéologie de la culpabilisation occidentale, de l'orchestration d'un ressentiment général, de la négation de nos repères, de nos valeurs. Être wok c'est se considérer d'abord comme une victime et donc c'est voir dans chaque voisin un oppresseur potentiel, un oppresseur qui, dès qu'il est désigné, est voué à une condamnation définitive sans pouvoir se défendre, sans même pouvoir attendre la moindre rédemption.
Dans ces prétendues théories qui relèvent d'un mauvais délire et surtout de beaucoup d'ignorance, même la langue est oppressive, tout comme les textes classiques qui doivent être expurgés, l'histoire ou les mathématiques qui seraient trop élitistes. L'idéologie wok, c'est la fragmentation de communautés en groupes hostiles les uns aux autres. C'est le triomphe d'identité artificielle exacerbée par des groupuscules minoritaires. C'est la négation de la science au profit de croyances et de ressentiments. C'est la mise en danger psychologique des enfants. C'est finalement la théorisation de la haine de tous contre tous, cher à Emmanuel Macron, la guerre de chacun contre chacun.
L'idéologie wok s'est donnée pour mission d'abolir là encore les frontières. La différenciation des sexes, la différenciation des espèces entre hommes et animaux, tout concourt à l'utopie de l'unicité du monde, une utopie dangereuse quand nous, nous croyons en l'altérité harmonieuse et dans la diversité du monde. Cette police de la pensée, ce nouveau puritanisme inquisitorial est en train de contrôler la vie sociale comme le ferait une secte et finira par détruire la vie sociale comme le ferait une secte.
Le déboulonnage des statuts, le saccage de notre langue par une écriture dite inclusive, la disparition de la notion même de femme biologique, la mise en œuvre de transitions de genre dès l'enfance, c'est-à-dire de mutilations physiques ou chimiques, l'institutionnalisation de la discrimination dite positive, l'injonction à l'autoflagellation historique, l'interdiction des libertés académiques au nom de théories prétendument scientifiques, la différenciation des espèces, le retour du blasphème pour protéger l'obscurantisme. La majorité des Français trouve cela fou. Je viens leur dire qu'ils ont raison, peur de nos valeurs françaises.
Nous nous opposerons à ce poison insidieux mais néanmoins violent. Comme point commun à cette intersectionnalité des oppressions, c'est la haine de nos valeurs, de nos sociétés, de notre civilisation. Entendons-nous bien, nous ne sommes pas dans le domaine de la morale ni de la censure mais voulons un débat éclairé des citoyens. Nous pensons nécessaire de contrer cet instrument de fragmentation massive de nos sociétés. Ce qui est en jeu dans ce combat culturel, c'est la conception de l'être humain comme créature douée d'une dignité particulière. C'est la vision que nous avons des relations interpersonnelles. C'est l'harmonie nécessaire entre les hommes et les femmes.
C'est l'esprit des Lumières, la valeur de la raison comme fondement scientifique, de l'humanisme, des valeurs républicaines que sont la liberté, l'égalité et la fraternité. C'est l'unité qui forge la destinée commune. C'est là un combat transpartisan et transnational qui doit rassembler en France et en Europe les démocrates, les républicains, les laïcs, les féministes réels et de façon plus générale la très grande majorité des citoyens à commencer par les parents soucieux de l'équilibre et de l'épanouissement de leurs enfants. Face à cette offensive, une partie de la gauche s'est perdue, une partie de la droite s'est planquée.
J'appelle tous les Français, d'où qu'ils soient, à se joindre à nous dans ce combat si essentiel pour opposer au communautarisme la seule communauté qui vaille parce qu'elle dépasse toute division, la communauté nationale.
Notre projet, mes chers amis, est réellement un projet de redressement national, redressement moral dans un pays en proie aux doutes, redressement de nos valeurs lorsque les murs porteurs de nos principes républicains sont attaqués, redressement de l'État quand les féodalités le minent, redressement économique au moment où, après des décennies d'hégémonie, le mondialisme cède devant les logiques de protection, redressement social parce qu'il n'est pas de paix civile, pas d'harmonie sociale sans paix sociale. Cette paix sociale retrouvée, c'est le préalable préalable à la cohésion sans laquelle aucun projet collectif ne peut rassembler dans la réflexion et unir dans l'action.
Cette paix sociale, c'est le contrat que nous voulons passer avec le pays. C'est l'engagement que nous prenons vis-à-vis des entreprises qui ont besoin de sécurité et de stabilité pour travailler et donc créer puis partager des richesses. C'est l'engagement que nous prenons vis-à-vis des salariés dont beaucoup triment inlassablement avec le sentiment non pas de gagner leur vie mais de maintenir seulement leur survie. C'est l'engagement que nous prenons vis-à-vis des cotisants qui ne peuvent pas se voir dépossédés de leurs droits encore et toujours comme si d'autres économies n'étaient pas possibles. Ces engagements, je les tiendrai.
Comptez sur moi pour entreprendre sans faiblesse et sans me départir d'aucun de mes devoirs et responsabilités. Le redressement de la France et des droits des Français, la souveraineté de la nation et la défense des libertés individuelles. Mes engagements, je les tiendrai à l'égard des institutions, de l'administration de notre pays et de tous ceux qui les servent. La France de riches lieux doit se souvenir qu'il n'y a pas de liberté sans État. Mes engagements, je les tiendrai à l'égard de nos alliés, des nations amies comme celles du monde, des partenaires internationaux et financiers de la France, des institutions internationales avec lesquelles nous sommes liés.
Vous l'avez compris, nous ne voulons pas déconstruire, mais consolider et bâtir, réparer et réguler. Parce que la France est la France. Elle restera loyale à ses engagements et à sa vocation. Plus encore, elle retrouvera la stabilité avec pour direction centrale la sécurité à l'intérieur, la paix à l'extérieur. Cette tâche, j'en suis consciente, j'en suis consciente, est immense. Mais elle est aussi enthousiasmante. J'appelle tous les fils et filles de France à s'unir pour retrouver dans l'unité et la fraternité l'énergie salvatrice, celle qui conduit dans les voies de l'honneur et de la grandeur, celle qui permettra d'ouvrir pour nos enfants les chemins qui conduisent au bonheur.
J'appelle le peuple à nous rejoindre pour construire avec nous ce grand projet patriote et humaniste et faire entrer la France avec courage et confiance dans le troisième millénaire. Vive la République, vive le peuple, vive la France !
Marine Le Pen