Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann, co-président de Place publique et député européen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds, Marine Le Pen se porte candidate. Est-ce que cela vous choque ?
- 1:36OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'elle est malhonnête, selon vous, Marine Le Pen ?
- 2:29RelanceRéponse directe
Pourquoi vous la comparez à Donald Trump, dans la phrase que vous avez prononcée ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Ça vous met une forme de pression ? Parce que Marine Le Pen, pendant que vous prononcez ces mots...
- 3:39OuverteÉludée
Est-ce que vous êtes candidat pour le faire, nommément, sur le devant de la scène, en étant prêt à en assumer toutes les conséquences ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Et pour avancer dans votre camp, comment vous allez faire pour vous mettre d'accord à gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« 'est une situation complètement inédite. On a pour la première fois dans notre histoire un jugement en appel, une condamnation en appel, »
- 0:45Invité politiqueFait
« La règle Jospin, c'est vous êtes mis en examen, vous êtes ministre, vous démissionnez. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Et là, on a la règle Le Pen, maintenant. Vous êtes condamné pour détournement de fonds, pour des faits extrêmement graves, »
- 1:38Invité politiqueChiffre
« Elle a été condamnée pour détournement de fonds. Moi, je veux bien, elle a été condamnée deux fois pour détournement de fonds. »
- 1:48Invité politiqueFait
« On n'a pas le droit, tout simplement, de transformer le Parlement européen en caisse noire d'un parti politique, le Front National. »
- 2:32Invité politiqueFait
« Parce que déjà, un, c'est son modèle. C'est le modèle de l'extrême droite européenne. »
- 2:49Invité politiqueFait
« Elle a dit que M. Orban, le Premier ministre hongrois, était son modèle politique, que c'était son ami, que c'était son partenaire de combat. »
- 3:09Invité politiqueFait
« « Je suis devenu riche grâce à Dieu, grâce à la chance et grâce à Orban ». »
- 3:45Invité politiqueFait
« moi je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour empêcher que la France bascule dans le camp des démagogues, des xénophobes, des poutinistes, des trumpistes, »
- 4:51Invité politiqueFait
« Je ne pense pas que les Françaises et les Français veuillent un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron à l'Elysée. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Cette élection, ce n'est pas une élection anodine. »
- 7:20Invité politiqueFait
« D'abord, je pense qu'il faut respecter l'État de droit et qu'être condamné pour détournement de fonds publics, c'est grave, »
- 8:38Invité politiqueChiffre
« Parce qu'on sait quelle est la candidate du Rassemblement National. Et le Rassemblement National, disons-le, est favori de cette élection. »
- 8:48Invité politiqueChiffre
« Quand on regarde les sondages, parce qu'il faut arrêter de faire semblant de ne pas regarder les sondages, il y a une menace que réellement le Rassemblement National s'empare du pouvoir dans notre pays. »
- 9:19Invité politiqueFait
« Est-ce que nous voulons que notre pays, la France, ressemble à la Hongrie de Orban, à la Russie de Poutine, ou aux États-Unis de Donald Trump ? »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann77 %
- Présentateur20 %
- ?4 %
≈ 19 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
8h19 sur RTL, l'invité d'RTL matin et le député européen, co-président de Place Publique et potentiel, probable, hypothétique, candidat, on ne sait plus vraiment comment le dire. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. D'abord, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, elle l'a dit hier soir, malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds. Il y a des doutes sur la procédure judiciaire des mois à venir, mais sur le fond, le fait qu'elle se porte candidate, est-ce que cela vous choque ?
C
'est une situation complètement inédite. On a pour la première fois dans notre histoire un jugement en appel, une condamnation en appel, et une personne qui décide,
étant
condamnée dans la même journée, d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Moi, là,
je
dois me souvenir de la règle Jospin. La règle Jospin, c'est vous êtes mis en examen, vous êtes ministre, vous démissionnez. Et là, on a la règle Le Pen, maintenant. Vous êtes condamné pour détournement de fonds, pour des faits extrêmement graves, et vous en tirez comme conséquence que vous êtes apte à diriger le pays, que vous êtes candidate à la présidence de la République. Je pense que c'est une déchéance dont on n'a pas vraiment pris la mesure, parce que moi, j'écoute les commentaires. Alors, sans doute, je dois être vieux jeu, je le découvre. Moi, j'écoute les commentaires, c'est alors est-ce que Jordan Bardella va bien le prendre ? Quel retour ? Quelle ténacité ? Quelle histoire ?
C'est commenté sous le prisme du destin personnel. Mais en fait, c'est le pays. On est en train de discuter de notre pays, de l'avenir de la nation,
de la République.
J'entends le mot déchéance morale, Boris Vallaud.
C'est pas une
déchéance
morale,
j'ai dit c'est une déchéance politique, c'est un certain rapport à l'état de droit, c'est pas que de la morale.
Ça veut dire qu'elle est malhonnête, selon vous, Marine Le Pen ?
Elle a été condamnée pour détournement de fonds. Moi, je veux bien, elle a été condamnée deux fois pour détournement de fonds. Je veux bien qu'on puisse considérer que l'argent public, c'est pas important, et qu'en fait, on peut en faire n'importe quoi avec l'argent public. Mais là, on n'a pas le droit, tout simplement, de transformer le Parlement européen en caisse noire d'un parti politique, le Front National. On n'a pas le droit de payer avec de l'argent qui est destiné au travail parlementaire, des chauffeurs, des secrétaires personnels. On n'a pas le droit, en fait. Mais
elle dit qu'il n'y a pas
d'enrichissement personnel, par
exemple. Et quand vous utilisez l'argent public à des fins qui vous favorisent pour payer des hommes et des femmes qui sont à votre service, qu'est-ce que vous faites ? Eh bien, vous détournez l'argent public. Alors, peut-être que c'est plus grave. Peut-être que maintenant, on s'est habitué que Donald Trump a fixé des nouvelles règles pour la politique, que finalement, c'est plus important. Moi, je reste attaché. Pourquoi
vous la
comparez à Donald Trump, là, dans la phrase que
vous avez prononcée
? Parce que déjà, un, c'est son modèle. C'est le modèle de l'extrême droite européenne. C'est le modèle du Rassemblement National. Ils ont tous célébré, Jordan Bardella en tête, le vent de liberté que signifiait l'élection de Donald Trump. Mais au-delà de ça, tous ces modèles font la même chose. L'extrême droite au pouvoir, où que ce soit, que ce
soit
aux Etats-Unis ou que ce soit en Europe, c'est ça. Elle a dit que M. Orban, le Premier ministre hongrois, était son modèle politique, que c'était son ami, que c'était son partenaire de combat. M. Orban, c'est l'homme qui détournait les fonds publics européens pour enrichir ses amis. C'est son ami plombier qui devient multimilliardaire, qui devient l'homme le plus riche, et qui d'ailleurs dit cette fameuse phrase en disant
«
Je suis devenu riche grâce à Dieu, grâce à la chance et grâce à Orban ».
En l'occurrence, Donald Trump que vous citez, il gagne à la fin l'élection. Ça vous met une forme de pression ? Parce que Marine Le Pen, pendant que vous prononcez ces
mots...
J'espère
bien que
je
ne
suis
pas le seul à qui ça met une forme de pression. J'espère bien que ça met une pression à tous les Français qui sont attachés à la République, à l'État de droit.
Mais c'est vous qui êtes ce matin au micro d'RTL au lendemain de cette annonce, alors que Marine Le Pen est ce matin sur un marché de la Sartre, qu'elle fait campagne avec à ses côtés son binôme, désignée comme telle, en tout cas Jordan Bardella, avec une équipe d'Ital en place, est prête
à
faire campagne, et vous, vous êtes toujours dans l'entre-deux.
Écoutez,
moi je suis prêt à me battre jusqu'au bout pour empêcher que la France bascule dans le camp des démagogues, des xénophobes, des poutinistes, des trumpistes, de ceux justement qui foulent au pied l'État de droit, de ceux qui mobilisent contre les juges, de ceux qui mobilisent contre les journalistes indépendants qui font des enquêtes, de ceux qui refusent les contre-pouvoirs. C'est ça l'extrême droite. Et pourquoi ils refusent les contre-pouvoirs ? Pourquoi ils veulent casser les contre-pouvoirs ? Mais c'est justement pour être libre de faire ce qu'ils veulent avec l'argent public une fois qu'ils sont au pouvoir.
C'est la même histoire. Vous décrivez
une situation très grave, une urgence à porter ces arguments-là. Est-ce que vous êtes candidat pour le faire, nommément, sur le devant de la scène, en étant prêt à en assumer toutes les conséquences ? Vous le saurez très bientôt.
Vous
allez répondre à ça pendant combien de temps
?
Vous le saurez très bientôt, et vous avez parfaitement compris ce que je veux dire. Moi, j
'ai annoncé une
chose très simple. Je ne
veux
pas être une candidature de plus. On est déjà, je ne
sais
plus combien,
j
'ai abandonné le compteur de candidatures sur l'espace de la gauche démocratique. Moi, ce que je veux, c'est qu'on rassemble et qu
'on
fasse une candidature puissante qui puisse battre l'extrême droite. Parce que sur nos épaules pèse une responsabilité immense. Moi, je ne pense pas que les Françaises et les Français veuillent un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Et je ne pense pas qu'ils veulent continuer les dix dernières années avec les mêmes noms, les mêmes méthodes, les mêmes politiques. Je pense qu'il y
a
un très fort sentiment de colère et d'injustice dans le pays. Et qu'il faut donner un débouché à cette aspiration au changement qui soit démocratique, qui soit attachée à l'État de droit, qui soit attachée à cette idée de la République française que le Rassemblement national combat depuis l'origine.
Et pour avancer dans votre camp, comment vous allez faire pour vous mettre d'accord à gauche
?
On va déjà se rassembler, se réunir, trouver la personne qui est la plus à même de nous faire gagner.
Est-ce qu'il faut une primaire
pour ça ? Moi, je le rappelle, je rappelle une chose très simple. Cette élection, ce n'est pas une élection anodine. Et donc, on doit aller à cette élection pour la gagner. Je n'en peux plus, moi, de cette gauche qui joue le coup d'après, les coups de billard à douze bandes, qui se dit qu'il faut être au bon endroit derrière pour pouvoir récupérer... Là, nous avons une situation où les militantes et les militants du Parti Socialiste vont se prononcer sur le type de processus qu'ils veulent pour désigner leur candidate ou
leur candidat à la...
Est-ce qu'il faut une... Qu'est-ce que vous dites
ce matin
? Vous êtes prêt à vous y soumettre à une primaire pour enfin se mettre d'accord ? Qu'est-ce que vous nous dites
?
Et moi, ce que je dis d'abord, c'est que j'ai un immense respect pour les militantes et les militants du Parti Socialiste et que je ne veux pas m'interférer dans leur décision souveraine, contrairement à tous les autres qui donnent leur point de vue. Maintenant, j'ai toujours été très clair. La primaire fourre-tout de Bagneux où, finalement, on repousse l'échéance sans cesse et on se parle entre nous alors que Marine Le Pen va faire campagne, que Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne, ce n'est pas la bonne solution.
Et une primaire, pour être tout à fait concret, si vous pouvez nous répondre, une primaire place publique, PS, avec potentiellement François Hollande qui s'y prépare. Est-ce que vous êtes prêt
à solliciter... Nous verrons
le résultat du vote des militantes et des militants socialistes qui s'expriment le 9.
S'ils
disent oui, si le PS dit oui, on est d'accord, on invite Raphaël Luisman, on se met d'accord,
on
fait un vote entre nous,
là vous êtes prêts à y aller. On ne discute pas.
Moi,
ce que j'ai toujours dit et ce que je pense de plus profondément, et c'est la vertu des partis démocratiques où il n
'y
a pas seulement trois adhérents, mais où il y a une vie démocratique, c'est que ce sont les militantes et les militants qui désignent leur candidat ou leur candidate à la présidentielle. C'est la souveraineté des militantes et des militants. Je suis particulièrement attaché à ça, en particulier après dix années où on a
un
gouvernement et un président qui ont maltraité les corps intermédiaires. Moi, vous savez, ce n
'est
pas populaire. Alors, ça fait la deuxième fois que je vais vous dire que je suis vieux jeu. D'abord, je pense qu'il faut respecter l'État de droit et qu'être condamné pour détournement de fonds publics, c'est grave, et qu
'on
ne doit pas être candidat à la présidence de la République quand on est condamné pour détournement de fonds publics. Mais là, je vais être à nouveau vieux jeu. Moi, j'aime les partis politiques. Alors, ça, c'est la
phrase la plus impopulaire que vous
pouvez entendre.
Vous vous
confrontez à François Hollande
?
Vous êtes d'accord ? On verra. Moi, je ne sais même pas s'il est candidat à François Hollande. Je ne sais pas quelle est sa stratégie, je ne sais pas quelle est sa position. Mais en tout cas, avoir un débat avec François Hollande, moi, je suis ravi de débattre avec François Hollande, je vous le dis.
Et de vous soumettre au choix des électeurs
de gauche
là
-dessus ? On verra ce que fera François Hollande et ce que les militantes et les militants socialistes décideront. Et là, j'aurai une position extrêmement simple et extrêmement claire là-dessus.
Pourquoi vous débattriez en particulier avec François Hollande
?
C'est vous qui me posez la question de François Hollande.
Mais est-ce qu'il est
candidat, selon vous ? Est-ce qu'il est probable qu'il
soit candidat pour
l'EPS ? Je n'en sais rien. Et vous savez, j'ai une règle en politique. Quand je ne sais pas, je dis que je ne sais pas. C'est un peu bizarre parce que les politiques, normalement, ils font tous semblant d'être omniscients. Ils ont réponse à tout, surtout, ils ont des petites notes. Moi,
je
n'en sais rien. Vous lui poserez la question. Ce que je sais, c'est qu'on aura besoin de tout le monde. J'ai lu, comme vous, qu'il se prépare. Moi, je veux poser un message aujourd'hui.
C
'est très bien qu
'il
se prépare.
Et vous, vous voulez vraiment y aller
? Vous voulez aller au bout de
cette élection ?
Moi, je suis plus déterminé que jamais. Et je pense qu'aujourd'hui, on vit un moment particulièrement important dans cette campagne. Parce qu'on sait quelle est la candidate du Rassemblement National. Et le Rassemblement National, disons-le, est favori de cette élection. En réalité, aujourd'hui, c'est le premier parti de France. Quand on regarde les sondages, parce qu'il faut arrêter de faire semblant de ne
pas
regarder les sondages, il y a une menace que réellement le Rassemblement National s'empare du pouvoir dans notre pays. Et c'est
très
dangereux. Alors, je veux que toutes les personnes qui nous écoutent plongent en elles-mêmes. Oui, il y a de la colère. Oui, il y a de la colère. Et une colère qui est parfaitement légitime par rapport à l'État dans lequel les gouvernants successifs, depuis longtemps, ont laissé le pays. Une colère qui est légitime. Mais ensuite, il faut que chacune et chacun s'interroge. Est-ce que nous voulons
que
notre pays, la France, ressemble à la Hongrie de Orban, à la Russie de Poutine, ou aux États-Unis de Donald Trump ? Est-ce que nous voulons que la France bascule dans le camp des régimes qui sont hostiles à la construction européenne et à la démocratie libérale ? Eh bien, moi, je vous dis non. Ce n'est pas cela le destin de la France. Et je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour que la France soit à l'avant-garde du combat pour les libertés dans le monde.
Merci beaucoup, Raphaël Guxman, d'avoir été avec nous ce matin.
C
'est le but européen, je le rappelle évidemment, co-président de Place Publique. Et bientôt, peut-être, candidat. Vous ne l'avez pas annoncé encore, ce sera en septembre ? Septembre,
vous
êtes sûr de le dire ? Oui, non
? Vous le saurez très vite, je l'ai dit trois fois.
Bonne journée, Raphaël Guxman, à bientôt sur RTL. Sous-titrage
Société Radio-Canada
Raphaël Glucksmann