Désarmer la police ? Ce que dit vraiment LFI.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Bruno Biza, quelles sont les missions de la police municipale dans votre ville ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Virginie Malocher, assiste-t-on à une accélération du renforcement des polices municipales ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Linda Kebab, les frontières entre police nationale et municipale sont-elles toujours claires ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Antoine Léomand, désarmer la police municipale comme à Saint-Denis est-il un contre-courant ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Virginie Malocher, existe-t-il des études liant armement des PM et baisse de l'insécurité ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Bruno Biza, l'arme est-elle indispensable pour les policiers municipaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Virginie MalocherChiffre
« 29000 policiers municipaux à l'échelle de la France aujourd'hui, c'est plus de 40 % en une décennie. »
- 4:00Linda KebabFait
« L'État s'est désengagé progressivement sur les questions de sécurité publique. »
- 5:00Antoine LéomandFait
« Le Royaume-Uni 95 % des policiers sont pas armés. Ça pose pas de problème majeur de sécurité. »
- 7:00Antoine LéomandChiffre
« Depuis 2017, on est passé de 83 % des homicides qui étaient résolus à 69 %. »
- 12:00Linda KebabChiffre
« Il y a 11 millions d'armes en France dont la moitié sont considérés en circulation irrégulière. »
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Bonjour et bienvenue dans Dimension politique ici en Île-de-France. La sécurité a été l'un des thèmes majeurs des dernières élections et en particulier la question de la police municipale. C'est une police de proximité mais qui est de plus en plus sollicitée partout ou presque.
Les polices municipales voient leur mission s'élargir, leurs effectifs augmenter et dans certaines villes leur armement se généraliser. Alors faut-il aller plus loin, donner plus de pouvoir au maire en matière de sécurité ou au contraire fixer des limites claires pour éviter une police à géométrie variable selon les territoires ? Et derrière ces questions, un enjeu central qui doit garantir la sécurité des Français aujourd'hui, l'État ou les collectivités locales.
On va en débattre avec mes invités. Bruno Biza. Bonjour.
Bonjour. Vous êtes le maire LR Dolness Noua en Sini. Vous êtes l'ancien policier et partisan d'un renforcement des polices municipales.
Antoine Léomand. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes député la France insoumise de l'essonne. Votre parti est contre l'armement létal des policiers municipaux et pour une police locale de proximité et de présence. Avec nous également Linda Kebab.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes policière national et secrétaire national du syndicat de police unité et Virginie Malocher.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes sociologue spécialiste de la sécurité locale à l'Institut Paris- Région.
Euh merci à tous les cas d'être avec nous ce matin. Et pour commencer et pour bien comprendre de quoi on parle, intéressons-nous d'abord au rôle de la police municipale aujourd'hui. Bruno Bisa.
Concrètement dans votre ville par exemple, quelles sont les missions de la police municipale ? Pour éclairer vos téléspectateurs, on est sous 90000 habitants, 45000 habitants des quartiers difficiles, 43 % de la population qui est moins de 30 ans. Et pourtant, depuis 2014, cette ville de Saint a élu, puis réélu en 2020, puis réélu au premier tour en 2026 un maire, ancien policier national qui a dit "On passe d'une police municipale en 2014 qui s'arrêtait de travailler à 22h pour que les voyou puissent travailler tranquillement, qui n'était pas armé.
Aujourd'hui, une police municipale avec 84 policiers, 24 personnes qui s'occupent de la télésurveillance, 550 caméras alors qu'il y en avait 26 en 2014 parce que c'est une demande de la population, quel que soit le quartier. Aujourd'hui, il y a un besoin de sécurité qui ne se substitue pas à l'État. Je suis moi-même un ancien policier national, j'en suis très fier.
La police municipale ne doit pas se substituer. Elle est complémentaire. Alors, on appelle ça continuum.
En en 1995, on appelait ça effectivement la coproduction de sécurité. Mais pour moi, la police municipale ne doit pas se substituer à la police nationale. Il doit y avoir complémentarité des missions pour les habitants, pas pour le maire, pour les habitants.
Et on reviendra sur cette complémentarité, mais regardez d'abord en Île-de-France, 42 % des communes sont couvertes par un service de police municipale. Un chiffre qui grimpe à 95 % pour les villes de plus de 5000 habitants. Virginie Malocher, on assiste vraiment à un essort des polices municipales ces dernières années et à leur monté en puissance.
C'est une transformation profonde du modèle de sécurité, du modèle français de sécurité. Oui, le mouvement est amorcé depuis quelques décennies déjà, mais effectivement, on a pu constater une accélération de ce renforcement des polices municipales. He l'accélération qui se lit dans les chiffres. 29000 policiers municipaux à l'échelle de la France aujourd'hui, c'est plus de 40 % en une décennie.
C'est quand même c'est quand même important. à l'échelle francilienne, vous l'avez dit, une part majeure des villes moyennes et grandes est désormais couverte par les polices municipal. 92 % de la population francilienne est couverte.
Et ce mouvement-là de renforcement des polices locales est significatif d'une, comment le dire, redistribution des rôles d'une certaine manière entre l'État et les collectivités territoriales qui toujours plus s'investissent sur ces sujets de sécurité du quotidien, de tranquillité. Euh c'est très net. Et est-ce que sur le terrain Linda Kebab, les frontières entre l'émission de la police nationale et la police municipale sont toujours claires ?
Non, pas toujours parce que elles vont dépendre des orientations locales et des municipalités. Et moi qui suis très attachée au régalien et en tout cas au devoirs de l'État vis-à-vis de la prestation de sécurité qu'on doit à la population, ce qu'on peut constater assez facilement, c'est que d'une commune qui en a les moyens et dont l'orientation du maire est attachée aux questions de sécurité publique et une autre commune qui en a moins les moyens ou pour lequels le maire est moins enclin à à enfin moins disposé à à traiter de ces sujets-là, et ben au final on a une prestation de sécurité qui diffère. Euh aujourd'hui, moi je blâme pas les les maires du tout hein qui euh font monter en puissance leur police municipale parce que comme l'a très bien dit monsieur Béchiza, ça répond à une demande locale et quelle que soit la couleur politique, j'ai envie de dire après euh chacun fait sa enfin module sa police municipale comme il l'entend, mais en tout cas les gens veulent voir euh des agents de prévention, de sécurité du quotidien et cetera.
Donc ça je le blâme pas. Moi ce que je blame c'est qu'on en est arrivé là parce que l'État s'est désengagé progressivement sur les questions de sécurité publique. L'État a des obligations en terme de sécurité publique, d'autres domaines évidemment, le renseignement, la souveraineté et cetera et cetera, l'ordre public.
Mais sur la question de la sécurité publique, celle du quotidien, celle qui frappe nos concitoyens et celle qui devient un enjeu politique. On l'a vu ces dernières semaines et je pense que dans le cadre de la campagne qui arrive pour la présidentielle, ce sera aussi un un sujet. Et c'est vrai que bah en fait aujourd'hui on voit un état qui s'est désengagé, qui n'est même plus dans la délégation hein, qui est vraiment dans le désengagement et qui laisse faire les municipalités en fonction de leurs moyens et les orientations.
Donc oui, on peut avoir notamment dans des communes des polices qui sont très fortes. J'ai en exemple par comme ça j'y pense à l'attentat la basilique de Nice. C'est la police municipale qui est primo intervenante parce que les policiers eux sont sur des missions que les PM ne veulent pas ne veulent pas accomplir les polices municipales pardon n'accomplissent pas la demande de leur maire.
Et donc du coup les policiers nationaux sont occupés sur des sujets qui sont moins intéressants, les accidents corporels de la circulation, les violences intrafamiliales et donc ce qui fait que en terme d'anticriminalité parfois de lutte contre le terrorisme en flagrant d'élit et bien parfois on a des polices municipales qui sont primantes. Anomin est-ce que cette montée en puissance des polices municipales ça vous inquiète vous ? Oui parce que je partage ce que dit madame Kebab.
En réalité, le problème c'est le désengagement de l'État sur les missions de police. Et il y a un sujet dont on parle jamais qui est par ailleurs la question de la police judiciaire, c'est-à-dire la police d'enquête qui est chargé euh de faire du travail de fond pour résoudre des cas qui sont posés. Il faut savoir que depuis 2017, on est passé de 83 % des homicides qui étaient résolus à 69 %.
Ça veut dire qu'aujourd'hui quand vous faites tuer, dans un cas sur tr, on n'est plus capable de retrouver la personne qui vous a tué. Je considère que c'est un problème majeur de sécurité, mais c'est une question de police nationale. Et il y a toujours un peu l'idée chez certains euh qui parfois joue un peu les gros bras, il faut bien dire ce qui est, que la police municipale va pouvoir palier aux missions de la police nationale.
Bah c'est pas vrai. C'est c'est inexact sur le plan du droit. En l'état actuel des choses, ça n'est pas vrai.
C'est permettre à l'État de se désengager en disant d'une certaine manière bah c'est pas si grave, de toute façon, c'est la municipalité qui s'en occupe. Ça crée des inégalités territoriales puisqueil y a des mes qui décident d'investir dans la police municipale, d'autres qui décident de pas investir dans la police municipale et puis ça crée d'autres inégalités puisque quand on décide d'investir dans la police municipale, on ninvestit pas dans d'autres endroits. Et notamment nous, c'est ce que nous disons qu'il faut davantage investir dans les questions de prévention pour essayer d'éviter que des crimes et des délits aient lieu plutôt que de venir après coup en voulant faire de l'intervention sur du flagrant délit.
Voilà, moi je pense que c'est pas les missions de la police municipale que d'intervenir sur du flagrant délit avec des gens qui sont lourdement armés potentiellement. C'est le rôle de la police nationale. C'est le rôle y compris d'unité spécialisée de la police nationale.
Et je considère que oui, il doit y avoir un monopole de la violence physique légitime qui appartient à l'État et non pas aux communes. Mais après, c'est des orientations qui sont des orientations différentes. Évidemment, c'est sur ce plan-là qu'il faut débattre.
Alors, sur le terrain, en tout cas, la police municipale a déjà changé de dimension. Reste à savoir jusqu'où ce mouvement peut aller. Concernant les armes à feu regardé, en 2024, en Île-de-France, 49 % des effectifs de policiers municipaux étaient munis d'un pistolet.
Un chiffre qui grimpe à 67 % si on enlève les agents de Paris qui ne sont pas équipés d'armes létales. Virginie Malocher, les chiffres le montent finalement. C'est plus une question, c'est une question qui dépasse l'éclivage gauche- droite aujourd'hui.
La question de l'armement en tout cas le constat est clair sur les dernières années. Euh mouvement de généralisation progressive, en tout cas de diffusion, de banalisation, de l'armement. Alors, il faudrait préciser les les chiffres dont il s'agit.
On parla de l'arme individuelle létale hein, le flingue à la ceinture pour le dire un peu trivialement pour les policiers municipaux qui peuvent être dotés d'une d'autres catégories d'armes. Ils le sont très majoritairement de de bombes lacrymogènes, de de bâton de défense. Les chiffres que vous avez cités concernent l'arme individuelle létale.
Oui. Généralisation par-delà les étiquettes politiques. En effet, il y a eu là encore de forts effets d'accélération de ce mouvement-là au lendemain des vagues d'attentat terroristes de 20156 pour mémoire Clarissa Jean-Philippe jeune policière municipale prise pour cible tuée à Montrouge.
Ça a été un comment dire un un un elle n'était pas armée, elle était stagiaire qui plusait un un élément, j'allais dire un peu tournant du côté des élus locaux. Voilà, dans ce contexte là encore d'attaque terroriste à répétition, un contexte qui a conforté, je vais le dire comme ça, les polices municipal dans un rôle de police à part entière, hein, sur fond de durcissement du dispositif sécuritaire des polices municipales qui sont oui engagé sur le terrain, exposé en danger en lien, j'ajoute pour saisir ce mouvement-là que aujourd'hui il devient extrêmement difficile, voir quasi impossible dans certains secteurs de recruter, d'attirer, de fidéliser des policiers municip municipaux si la municipalité ne leur offre pas cet équipement là. Donc c'est aussi pour cette raisonlà et parfois surtout pour cette raisonlà que des maires font la bascule en quelque sorte pour armer leurs policiers municipaux.
Alors à Saint-Denis tout juste élu, le maire LFI Bali Bagayoko a lui choisi de désarmer sa police municipale en supprimant d'abord les LBD, les pistolets lanceurs de balles. Est-ce qu'il ne va pas à contre-courant Antoine Loman ? Si, mais enfin euh on a le droit à contre-courant, je veux dire, de l'opinion générale et de la doxa sur ce sujet.
Moi, je me souviens en 2016, il me semble, c'était il y a une dizaine d'années, Robert Ménard, qui était maire de Béier déjà à l'époque avait fait une affiche pour municipal avec un pistolet et il avait écrit "La police municipale de Béier a un nouvel ami." Ça avait choqué tout le monde. Tout le monde avait été extrêmement choqué par cette affiche qui disait que on allait armer la police municipale à Baier avec des armes létales.
Moi, je considère que c'est pas le rôle de la police municipale d'avoir de l'armement létal. Ça doit rester du cadre de la police nationale et y compris peut-être de certaines unités. Faut savoir que par exemple le Royaume-Uni 95 % des policiers sont pas armés.
Ça pose pas de problème majeur de sécurité. La question qui est posée en revanche, c'est celle du ressenti des agents eux-mêmes et de du fait que il y a certains agents qui ne vont pas vouloir s'engager dans la police municipale s'ils n'ont pas d'armement létal. Pour ce qui concerne le lanceur de balle de défense, c'est une arme qu'on appelle de de moyenne qui qui ne vise pas à tuer, qui n'est pas normalement une arme létale, mais qui une arme qui peut mutiler, qui peut crever des yeux comme on l'a vu notamment dans le mouvement des gilets jaunes.
Moi, je considère que ces armes-là n'ont pas vocation à être utilisées par la police, y compris dans la gestion du maintien de l'ordre des manifestations, c'est-à-dire y compris par la police nationale, parce que je considère que ça n'est pas normal. C'est considéré comme une arme de guerre. Ça n'est pas normal qu'on puisse tirer sur la population avec des armes de guerre.
C'est une arme qui normalement vise à tenir à distance. Mais la question est celle de l'intervention et de quelle force de police doit intervenir dans une situation qui est considérée comme étant une situation tendue. On revient sur le problème qui était posé par madame Kebab.
Moi, je considère que dans des situations d'extrême tension, dans des situations dangereuses, ça n'est pas du rôle de la police municipale d'intervenir, c'est du rôle de la police nationale. Et si un certain nombre de personnes décident finalement d'armer leur police municipale, de donner ces missions-là à la police municipale, c'est parce qu'ils intègrent l'idée que la police nationale ne fait plus son travail et que l'État ne remplit pas ses missions. Bah moi je suis pas d'accord avec ça et je pense que il faut et vous avez raison de dire que ça va être un débat de la présidentielle de 2027, il faut décider ce que nous voulons et la répartition des missions de police en fonction de la nationale ou de la municipale et des unités spécialisées de la police nationale.
Et il y a la gendarmerie aussi dont on parle pas assez à mon avis. Oui. Qui est aussi quand on dit police national on englobe aussi aujourd'hui la gendarmerie.
Alors moi j'ai une vision très empirique hein. Je viens du terrain donc je je fais partie d'un du corps d'encadrement et d'application. Donc on est plus bas de l'échelle et on a une vision vraiment d'expérience très réaliste.
C'est là où je vais apporter une contradiction par rapport à ce que vous annoncez, c'est que alors ça va sur plusieurs directions. Vous parlez de l'ordre public, notamment de la gestion des manifestations, vous avez parlé des attentats. Sur la question des attentats, vous l'avez dit, on a une policière municipale malheureusement 2015 qui a été tué.
Alors, elle a été tuée lâchement. L'auteur lui a tiré dans le dos, mais néanmoins, c'était une policière qui n'était pas armée, c'est parce qu'elle portait un uniforme en fait. Une qui était Voilà.
Donc je vous remercie de faire cette réflexion puisqueaujourd'hui particulièrement la France est ciblée régulièrement par des appels à porter atteinte à des policiers et je peux vous rassurer qu'un terroriste ne fait pas la distinction entre un national et un municipal. Il a un uniforme blanc-rouge, ça lui suffit pour attaquer. Donc pour moi, c'est déjà un premier argument qui doit encourager en fait l'armement des polices municipales.
Vous m'auriez posé la question il y a 20 ans, je vous le dis très sincèrement syndicalement et policièrement parlant du point de vue national, je vous aurais dit hm mais aujourd'hui c'est différent. La deuxième chose, c'est que l'arme l'État dans la quasi majorité pardon la quasi totalité des policiers nationaux n'utiliseront jamais leur arme. Certains la sortiront, d'autres l'utiliseront mais c'est très marginal.
C'est pas la question d'utiliser une arme létal, c'est la question d'un rapport de force. Quand je vois notamment et c'est important de l'évoquer parce que si on a ce débat aujourd'hui, c'est qu'il y a un élargissement des prérogatives des policiers municipales qui a qui est en cours. On on a notamment dans cet élargissement des prérogatives l'occupation illicite des halles d'immeubles.
Or l'occupation illicite des hall d'immeubles, on le sait que ça se fait aussi dans le cadre des trafics de stupéfiants. J'aurais moi personnellement beaucoup de mal en tant que directeur d'une police municipale à demander à mes agents de PM de police municipale pardon d'aller constater une occupation illégale face à des personnes qui potentiellement sont armées et qui pourraient en faire usage. Je rappelle qu'il y a 11 millions d'armes en France dont la moitié sont considérés en circulation irrégulière et donc il y a une très forte présence d'armes létal face auxquelles les policiers municipaux sont amenés à se retrouver.
Et la dernière chose et c'est important et je rebondis sur ce qui se passe à Saint-en que de manière générale ça instant un rapport de force. C'estàd que quand vous êtes face à une forme de d'adversité avec des justiciables qui qui ont une difficulté en tout cas à avoir affaire à la police et bien même sans l'utiliser l'arme létale elle apporte une forme de crédibilité. On peut le déplorer mais factuellement c'est cela.
Et dernière chose euh j'avais entendu avec attention et sans aucun préjugé, monsieur Léomand vraiment lors du débat sur le le les élection pour sur la capitale madame Chikirou qui disait c'était un choix tout à fait noble d'orienter les polices municipales sur les violences intrafamiliales. Or les violences intrafamiliales, c'est typiquement d'ailleurs c'est dans la formation initiale de tous les policiers typiquement l'infraction face à laquelle durant laquelle nous nous retrouvons face à une arme létale. tellement récurrent que c'est une obligation pour la salle de commandement de s'assurer que l'auteur des violences ne soit pas possesseur d'une arme.
Donc on peut pas d'un côté dire qu'on va envoyer des policiers sur des vifs, des violences intrafamiliales et en même temps envisager de ne pas les armer. Alors ou alors dans ces cas-là, on fait que de la prévention en prenant le risque que potentiellement un jour il soit ciblé par des terroristes. Et pour vous Bruno Beschiza en quoi euh la l'arme est indispensable pour les policiers municipaux pour mener à bien leur mission ?
Parce que c'est ça prenait tout à l'heure l'exemple des attentats. Bah je suis un peu plus vieux que ce plateau. J'ai connu aussi Aurélie Fouquet qui simplement parce qu'il a marqué police dans le dos à la sortie d'un braquage de grand voyou s'est fait tirer dessus à voilà et donc on est en 2010.
Donc on sait bien qu'à partir du moment où vous marquez le mot police, municipale, tout ce que vous voulez pour un voyou, pour un terroriste, c'est vous êtes une cible bleu marine police, vous êtes une cible. Je suis d'accord moi sur l'émission juste mais comment voulez-vous ? Moi je mon collègue de Saint-I a parfaitement le droit.
Ça s'appelle la libre administration d'une collectivité. Moi je tous ceux qui lui dénit c'est très bien c'était dans son programme il a le droit. Mais pour ma part en tant que maire de la sousbois et là on parlait d'empirisme de comment voulez-vous ?
J'ai 84 policiers municipaux qui pour beaucoup servent la ville depuis de nombreuses années avec une notion je veux dire de proximité. Je ne peux pas donner l'ordre d'aller partout tout le temps et en particulier quand on regarde ce qui se passe sur les refus d'obtempéré si je ne suis pas en capacité en me disant ils se sentent même protégés. Voilà c'est l'argument.
Mais sur l'émission l'ordre public, jamais le maire que je suis n'a envie de m'occuper de l'ordre public. Je ne veux pas m'occuper non plus de renseignement, mais le fait simplement d'être sur la voie publique dans certains quartiers, ils deviennent des cibles vivantes et on doit leur donner les moyens effectivement de se défendre si ils sont attaqués. Je ne prendre pas il ils ne sont pas armés pour aller attaquer des personnes.
Ils ont des moyens de défense individuelle. L'arbre en létal, elle pour ça. Donc je le répète en responsabilité, quand vous avez en face de vous un homme, une femme et qui vous donnez une mission, vous devez lui fournir les outils que ce soit les outils légaux mais aussi les outils matériels.
Sinon, on parle comme des livres. Ou alors après, faut accepter d'être derrière un cercueil avec un drapeau bleu, blanc rouge et d'aller voir une veuve ou un veœuf tout simplement. Mais Virginie Maloché, est-ce qu'il y a des études qui établissent un lien entre une police municipale armée et d'armes létales ou même juste armée et une baisse significative de l'insécurité ?
Non, non, il y a pas d'étude en la matière qui pourrait démontrer ça et puis je sais même pas si c'est la bonne question à poser parce que une fois encore pour évaluer l'utilité des polices municipales, tout dépend des objectifs qui leur sont assignés. Or, depuis tout à l'heure, nous illustrons le fait que en fonction des municipalités, en fonction des maires et des visions qu'ils défendent pour leur police municipale, ces objectifs peuvent varier assez considérablement. Donc de ce point de vue-là, les indicateurs de la délinquence notamment enregistrés par les services de police national et de gendarmerie peuvent être intéressants à considérer pour ce qu'ils sont des indicateurs de l'activité des services de police et de gendarmerie en premier lieu, mais sont pas nécessairement les indicateurs les plus pertinents pour mesurer l'action, l'utilité d'une police municipale qui n'est pas nécessairement positionnée sur l'antidélinquence et l'armement en la matière difficile d'isoler son effet son effet propre.
Je suis pas sûr que ce soit en ces termes-là d'ailleurs que les maires le mobilisent et décident d'armer leur police municipale. Pas nécessairement pour ces raisons-là. Mais la question de l'armement ouvre celle plus large encore des pouvoirs accordés aux policiers municipaux.
Un projet de loi adopté au Sénat en février et qui doit maintenant être examiné à l'Assemblée nationale prévoit d'étendre les prérogatives de la police municipale. Comme nous l'explique Manon Bougot. Un projet de loi élargirait les pouvoirs de la police municipale.
Ces agents pourraient accéder à certains fichiers et dresser plus d'amendes qu'avant pour la vente à la sauvette, l'usage de stupéfiant, l'occupation illicite d'un hall d'immeuble ou encore la conduite sans permis. Le kignotant monsieur, je vous laisse sortir les papiers. Aujourd'hui, par exemple, si ce véhicule n'était pas assuré, ce policier ne pourrait tout de même pas verbaliser son conducteur.
Il n'a pas le droit de délivrer une amende. Bonne journée à vous. C'est-à-dire qu'on doit présenter l'individu à un officier de police judiciaire qui va le convoquer, qui va être entendu et cetera et là on enclenche une machine judiciaire alors que l'amende de forfacteur délictuel existe et si on en avait l'autorisation tout le monde gagnerait du temps.
Avec ce projet, certains élus expriment une autre crainte que la police municipale se substitue petit à petit à la police nationale ou à la gendarmerie. Bruno Bizza, vous attendez cette loi avec impatience ? J'ai pas d'impatience sur l'outil légal.
Moi, j'attends de savoir à chaque fois si les outils sont utilisables ou non. Donc, je méfie du texte qui arrive de manière étérée. Et je veux savoir déjà parce que dès qu'on parle de judiciarisation, c'est quelle va être l'interprétation des procureurs de la République ?
Parce que je le répète, dès qu'on passe dans le judiciaire, le patron c'est plus le maire. Le patron, c'est même plus le commissaire. Bien souvent, c'est le procureur de la République qui va accepter ou non qu'on fasse telle ou telle mission.
Il y a des outils techniques qui sont intéressants dans la loi, en particulier quand on parle de vidéoprotection et peut-être l'accès à certains fichiers. Oui, mais je vous dis je suis un peu euh prudent sur comment ça va s'appliquer réellement sur le terrain dans tous les cas et je le répète assez le solennement puisque on peut me classer parmi les maires qui veulent que les polices ministent plus loin mais c'est ça n'est absolument pas pour qu'il y ait substitution avec la police nationale ou la gendarmerie nationale. Ça peut être que de la complémentarité de mission parce que bien souvent effectivement c'est l'escroquerie de l'État.
C'est ah bah sousbois, vous êtes une belle police municipale, vos votre copain de Sevran, il en a pas. Mais on va mettre toutes les forces de police nationale à Sevran parce que vous êtes bien outillé. Ça c'est malhonnête de la part de l'État.
Effectivement euh vous Linda Kebab, ça vous rassure pas forcément que les policiers municipaux aient accès à certains fichiers. Pourquoi ? Mais en fait euh pour avoir accès à des fichiers, les policiers nationaux et les gendarmes nationaux ont subi entre guillemets, je vulgarise hein, pour vos téléspectateurs, un casting.
Euh tout le monde y a pas accès non plus. Voilà. Alors que les policiers sont recrutés par la collectivité territoriale sans que le ministère de l'intérieur et l'État de manière générale ne sont moins dire ce qui en soit est normal avec des un turnover des effectifs qui n'est pas maîtrisé.
Or, l'accès au fichier, il est suivi et surtout le pédigré de l'agent forcément l'est également. Et lorsque vous allez donner accès, alors c'est pas tous les fichiers mais notamment les véhicules assurés par exemple, si enfin si le véhicule est assuré ou pas et permettre du coup aux policiers municipaux de verbaliser ou encore et c'est peut-être plus problématique les antécédents judiciaires puisque que les gens comprennent pour délivrer une amende forfaitaire délectuelle dans le cadre d'une consommation ou détention pour la consommation de produits stupéfiant, il ne faut pas être en récidive. Et donc pour savoir si la personne est en récidive, on consulte les antécédents judiciaires, savoir si la personne a déjà été verbalisée pour cette AFD.
Or euh je suis désolé mais l'utilisation des antécédents judiciaires, c'est un élément qui peut amener à une utilisation qui soit discutable. Euh on peut pas dans un pays qui parle de la lutte contre la corruption, je dis pas attention que les agents de collectivité territoriale sont amenés à être plus corruptibles que d'autres. Je dis juste qu'il faut des gardes fous.
Et aujourd'hui, je rejoins monsieur Beschiza qui dit qu'on a pas tous les outils. On sait pas comment ça va se développer. On dit que les fichiers vont être consultés par les directeurs de police municipale exclusivement.
Bon, je connais quelques chefs et directeurs de police municipale. Ils sont énormément sont très débordés déjà je les vois mal bécaner en fait devant un écran pour répondre aux agents qui sont sur la voie publique. Donc il va y avoir forcément délégation de la mission et donc dans quel contexte ça va s'organiser avec quel garde de fou.
Nous on a une inspection he côté police nationale, gendarmerie nationale mais côté collectivité c'est différent. Antoine Léomand vous vous allez voter pour ou contre cette loi ? On va regarder.
Je pense qu'on va plutôt voter contre parce qu'il y a c'est généralement il y a une cuillère de miel et puis il y a un saut de goudron dans les textes de loi. Déjà il faut dire quel est le parcours de ce texte de loi. C'était un texte purement politicien qui avait pour objectif d'être sorti avant les élections municipales pour faire la même chose que d'habitude.
Bou la France insoumise n'aime pas la police et c'était une utilisation encore de l'Assemblée nationale dans un but politicien. Bon le texte n'est pas allé aussi vite que prévu. Ça arrive donc après les élections municipales.
Certains pensent même d'ailleurs l'abandonner. Faut quand même pas oublier ça, c'est que une fois que l'élection municipale est passée et que ça ne sert plus à ça, certains ont réfléchi à l'abandonner. Finalement, il est bien inscrit à l'ordre du jour.
Et il y a que des problèmes dans ce texte là. Que demandent les agents de la police municipale ? Il demandent d'avoir un statut.
Il demande que par exemple sur la question de la retraite et bien il y ait des choses qui soient des choses fixées et où plutôt que d'être payé avec des primes et ben on augmente les salaires. Mais la question des salaires, c'est ensuite derrière une question qui est posée sur les moyens des municipalités. Donc du côté des agents municipaux, il y a des questions de statut qui sont d'abord posées.
Du côté de la police nationale, vous vous l'avez dit, il y a des inquiétude sur le fait que la police municipale ait et des missions qui soient potentiellement celle de la police nationale et où on saurait pas bien qui doit faire quoi. Et il y a que des problèmes qui sont posés par les amendes forfaitaires délectuelles. Pardon mais il faut s'arrêter un petit instant sur ce que c'est.
Les amendes for je m'arrête très rapidement. Les amendes forfaitaires délictuelles, elles sont inscrites au casier judiciaire et c'est une décision de police, c'est-à-dire du pouvoir exécutif. Donc il y a un une limite dans la séparation des pouvoirs normalement où quand on inscrit des choses au casier judiciaire, ça doit être une décision de justice et pas une décision du pouvoir exécutif.
Et puis ensuite, il y a un dernier problème qui est posé qui concerne énormément de jeunes et particulièrement dans les quartiers populaires, c'est les suites d'amende où parfois on a même pas croisé un policier. Et ça c'est un énorme problème d'entend. Oui, il y a des il y a des des situations qui existent où des jeunes reçoivent des amendes, ils ont même pas croisé un policier et ils reçoivent des séries d'amendes comme ça.
Moi, je connais des jeunes qui ont des 10000, des 12000, des 16000. Le pire cas que j'ai vu, c'est 45000 € d'amende et parfois pour des motifs complètement lunaires du genre déversement de produits chimiques dans un endroit non autorisé. Excusez-moi, mais moi je considère qu'il y a un problème sur la le contrepouvoir qui peut être associé à la mise en place de ces amendes.
Et ça c'est un vrai sujet parce que plus vous avez d'agent, plus vous avez de risque de problèmes avec ces amendes. Et cette émission touche déjà à sa fin. On aura pas eu le temps d'aborder toutes les thématiques, mais on le voit, les positions restent contrastées.
Un constat quand même s'impose. La police municipale occupe désormais une place centrale dans la sécurité du quotidien. Dimanche en politique se poursuit tout de suite avec Francis Tellier et ses invités.
Merci à tous les quatre d'être d'avoir été avec nous ce matin et très bon dimanche à tous.
Antoine Léaument