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interviewPublic Sénat· 26 mai 2026 25 min

2027 : Les candidats prêts au départ ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

très Sous-titrage Société Radio – Notre baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, ce mois-ci sur les intentions de vote. Pour 2027, les déclarations de candidature qui se multiplient. Qui est le mieux placé à l'heure actuelle ?

Comment le bloc de droite et le bloc de gauche vont-ils désigner leurs candidats ? Pour en parler, nous sommes avec Nathalie Moré. Bonjour Nathalie ! – Bonjour, rien. – Merci d'être là, journaliste politique pour les journaux régionaux du groupe Ebra, les journaux de l'Est de la France.

Erwann Lestron, bonjour. – Bonjour. – directeur conseil à l'Institut d'Oxel, je vais y arriver ce matin, afin de regarder en détail les résultats Erwann.

Un mot parce que c'est important de la méthodologie de ce sondage sur les intentions de vote, comment et quand a-t-il été réalisé Alors il a été réalisé de mercredi à jeudi dernier donc il est tout récent et quand on fait un sondage d'intention de vote ce qui est important c'est de définir l'offre électorale sur laquelle on va mesurer les intentions de vote des français donc on fait les sondages en parallèle où on regarde pour chaque espace politique parce qu'on a quand même une multiplicité de candidatures qui rendrait compliqué l'exercice de la mesure si on testait 25 personnalités donc on a testé pour chaque espace politique dans la gauche radicale, Bali Bagayoko, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin par exemple, pour savoir quel était le candidat selon les sympathisants de ce bloc politique qui ferait le meilleur candidat pour leur camp selon eux, afin de définir dans chaque espace politique celui qui se prête le mieux à être mesuré aujourd'hui. Ça ne dit pas qu'à l'avenir on ne testera pas à la fois Edouard Philippe et Gabriel Attal, mais aujourd'hui on a défini qu'au sein de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon est celui qui recueille le plus de soutien de ses sympathisants. Au sein de la gauche modérée c'est Raphaël Glucksmann qui arrive nettement devant Olivier Faure, devant François Hollande ou Bernard Cazeneuve et à droite Bruno Retailleau est nettement devant David Lissnard, Laurent Wauquiez et Dominique de Villepin.

Donc pour ramasser l'offre électorale qu'on a mesurée on a identifié les candidats les plus à même de concourir selon leurs propres sympathisants parce que c'est vrai que dans ce contexte de multiplicité des candidatures on peut verser assez facilement dans la politique fiction si on testait. Donc c'est à dire c'est une pré-primaire des sondages que vous avez fait ? C'est une pré-primaire des sondages à travers cette question mais c'est pour identifier quel est le champion parce qu'on parle par exemple de l'opposition entre Gabriel Attal et Édouard Philippe mais ils sont sur un bloc politique où Édouard Philippe a le soutien très large des sympathisants Renaissance tout comme Gabriel Attal mais il a aussi les horizons Édouard Philippe, il a aussi plus fortement qu'Édouard Philippe, il a aussi un peu de LR donc quand on a des candidats qui sont sur un même espace politique ce serait contre-productif de dire que deux candidats sont très bas alors qu'il n'y en aurait qu'un il serait en mesure de se qualifier au second tour.

On va découvrir les intentions de vote dans quelques instants je laisse planer un peu le suspense Nathalie on le voit il y a beaucoup de candidats sur la ligne de départ est-ce qu'on est rentré dans cette campagne ? C'est difficile à dire nous journalistes politiques on est vraiment dans cette campagne les équipes des candidats sont dans cette campagne moi j'ai encore une interrogation savoir si les français sont vraiment dans cette campagne je pense qu'ils n'y sont pas en revanche je pense qu'ils s'intéressent à la politique et c'est deux choses différentes ils s'intéressent de savoir quels vont être les thèmes du débat 2 dans plusieurs mois mais savoir s'ils sont déjà dans la campagne, c'est-à-dire dans les propositions des uns et des autres, j'ai la conviction que pour l'instant ce n'est pas vraiment le cas. On est à 11 mois du premier tour.

Alors évidemment, tous les candidats ne sont pas déclarés. Ce sondage, on le précise, c'est une photographie à l instant T, on le dit à chaque fois, c'est aujourd'hui quel est l'état de l'opinion. Et on va découvrir justement ce sondage qui permet quand même de voir les dynamiques à l'heure où on se parle.

Regardons les intentions de vote au premier tour. Est-ce qu'on peut parler de surprises, Erwan, dans ce sondage ? Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon qui sont désormais au coude à coude largement derrière l'ERN.

Oui, il y a deux surprises en réalité. Alors, Oriane, vous disiez que c'est un sondage qui est une photo de l'opinion à un instant T. La question qui est posée aux répondants, ce n'est pas qu'allez-vous voter à l'élection présidentielle en 2027, c'est si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain pour lequel ou laquelle de ces candidats voteriez vous donc c'est vraiment la répartition des intentions de vote à l'instant t ce que ça raconte aujourd'hui c'est deux surprises moins 4 points pour edouard philippe qui passe de 21 % à 17 % plus 4 points pour Jean-Luc Mélenchon qui passe de 12 % à 16 % au premier tour.

Ce Ce que ça raconte, c'est que dans un sondage qui a été réalisé auprès de 1000 personnes inscrites sur les listes électorales, la marge d'erreur est d'environ 2 ,5 points pour des scores de cette ampleur. Donc le point d'avance de Édouard Philippe sur Jean-Luc Mélenchon, il est dans la marge d'erreur. Ce que ça raconte, c'est qu'on ne peut pas statistiquement affirmer qu'Édouard Philippe est devant Jean-Luc Mélenchon au premier tour.

Autrement dit, Jean-Luc est désormais aux portes du premier tour. Ça, c'est la première information. Comme on l'a vu du premier tour, comme on l'a vu en 2012, où Jean-Luc Mélenchon a très vite pris le pas sur Eva Jolie dans largement au premier tour, 17 % des intentions de vote uniquement. 'est seulement 50 % du socle électoral d'Emmanuel Macron en 2022.

Donc il peine à réunir au premier tour et au deuxième tour c'est encore plus compliqué, il perdrait contre Jordan Bardella, 52 % pour Jordan Bardella contre 48%. Ce qui n'était pas le cas le mois dernier. C'était une inversion.

On va y revenir et on va s'intéresser, Nathalie, candidat par candidat. On va peut-être commencer par Jean-Luc Mélenchon puisque c'est lui qui est en dynamique dans ce sondage. Il est donné haut, très haut pour un sondage qui est fait 11 mois avant le premier tour de la présidentielle.

Il n'était pas dans ces scores-là lors des précédentes présidentielles. Comment on explique sa dynamique ? – Par une entrée en campagne, parfaite.

Objectivement, et c'est très réussi ce lancement de campagne qui a été fait à plusieurs étages. Le premier étage, il commence à l'occasion des municipales où on voit que dans les salles de la France insoumise, il y a déjà beaucoup de gens. Et ça, c'est un signe du fait qu'il y a une gauche très identifiée qui est là pour la France insoumise.

Ensuite, il y a la déclaration de candidature au 20h devant 5 millions de gens, puis brut dans la foulée pour toucher un autre public. À la France insoumise, ils ont fait le calcul qu'en une semaine entre tous les réseaux sociaux des principaux ténors de la France Insoumise, c'est 94 millions de vues en une dizaine de jours sur l'entrée en campagne de Jean-Luc Mélenchon qui est très puissant sur les réseaux sociaux et donc, quelque part, qui peut se passer de plus en plus des médias traditionnels. Non seulement cette déclaration de candidature s'est faite de façon massive sur les réseaux sociaux, mais en plus, elle s'est faite alors que l'ensemble du reste de la gauche est totalement éclaté et inaudible.

A un moment où Boris Vallot quitte la direction du Parti socialiste, où Olivier Faure n'est pas audible. Et donc, Donc, résultat des courses à gauche où il y a un fort de l'ensemble et d'ailleurs vous l'avez vu dans votre sondage où il y a un fort désir d'avoir un leader fort, c'est lui qui l'incarne. Et effectivement, toute la difficulté pour Jean-Luc Mélenchon qui fait une entrée de campagne parfaite, c'est de rester à cette hauteur-là.

Parce que le problème de Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas vraiment le premier tour, c'est le second. Nathalie le disait, une entrée en campagne qui s'est faite tôt, la force des réseaux sociaux, ce qui explique la dynamique de Jean-Luc Mélenchon. Il y a quand même un paradoxe dans ce baromètre, Erwann, c'est que Jean-Luc Mélenchon, il est en dynamique dans les intentions de vote, mais il reste en tête du palmarès du rejet.

Oui absolument parce que c'est une stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui est extrêmement payante au premier tour. C'est-à-dire qu'au premier tour, où on mobilise son socle de partisan le plus radical, ça fonctionne très bien, cette théorie rupturiste. Mais au deuxième tour, là où il s'agit de rassembler, et plus de de raconter qu'on appartient à un camp et pas à un autre, ça devient très compliqué.

Et là, la cote de rejet de Jean-Luc Mélenchon, elle joue à plein contre lui. On l'avait testé au mois de novembre, c'était trois quarts des intentions de vote pour Jordan Dan Bardella, s'il était opposé à Jean-Luc Mélenchon. Mais pour le premier tour, ça fonctionne très bien.

Et sur Jean-Luc Mélenchon, ce qui est intéressant ce mois-ci, c'est de voir dans quelle population les intentions de vote ont progressé. Et alors qu'on savait que la cote de popularité et le souhait de voter pour lui était élevé chez les moins de 35 ans, chez les habitants des grandes aires urbaines. On voit qu'il progresse dans les petites villes, chez les ruraux, chez les 35-49 ans, chez les sympathisants du PS, chez les salariés du service public.

Autrement dit, dans toute une population qui s'était agrégée à sa base électorale en 2022, pour vous dire, en novembre c'était 50 % uniquement de ses électeurs de 2022, Jean-Luc Mélenchon qui revotaient pour lui en 2027. Aujourd'hui ils sont 75%. Mais ça veut dire qu'il peut encore incarner le vote utile à gauche ce qu'il avait été en 2022 il avait complètement écrasé le PS aujourd'hui il est encore le vote utile à gauche c'est tout à fait possible il ne faut pas imaginer que cette hypothèse soit impossible en 2024 quand le NFP se constitue on est quand même post-Gaza à une période de post-attentat du Hamas de 2023, on est quand même dans une période où on se dit qu'Alefi est diabolisé.

Et finalement, l'agrégation des forces de gauche donne un résultat très positif. Donc cette capacité de Jean-Luc Mélenchon à réexister campagne après campagne, elle existe. Alors pour autant, là vous le disiez, il y a 7 Français sur 10 qui le rejette, même au sein des autres électorats de gauche, il y a 6 personnes sur 10 qui jugent qu'il est populiste, qu'il est agressif, qu'il est sectaire, qu'il est brutal.

Donc il part quand même avec des handicaps. Néanmoins, c'est le seul candidat solide et identifié à gauche. Je pense que vous parliez, Nathalie, de Boris Vallot, je pense que son départ de la direction du PS, ça jette un trouble pas possible.

On va parler justement des autres candidats gauche, on va revoir ses intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon 16%, Raphaël Glucksmann qui est donc selon votre pré-primaire, pardon Erwann, celui qui incarne le vote PS social-démocrate, il est à 11%. Raphaël Glucksmann, il sera ce soir aux 20h de TF1. Est-ce qu'il est quand même un peu piégé ?

Est-ce que s'il annonce sa candidature, il va risquer désormais d apparaître comme le diviseur de la gauche ? Raphaël Glucksmann, c'est l'anti-Mélenchon. Et si Jean-Luc Mélenchon est très haut dans les sondages, c'est qu'en face, dans tout le périmètre de la gauche, il n'y a personne qui est véritablement fort et identifié.

Donc là, toute la séquence qui s'ouvre pour Raphaël Glucksmann, c'est d'essayer d'imposer sa voix, d'imposer son nom, d'imposer sa marque, d'imposer deux ou trois mesures fortes. Et il va le faire un par par le journal télévisé, par ensuite la publication de son livre cette semaine, puis par un meeting à la mi-juin et ensuite un événement assez important mi-juillet dans l'ouest de la France. Donc là s'ouvre l'air, entre guillemets, de Raphaël Luxman.

Donc il va avoir un mois pendant lequel il va essayer d'imposer sa candidature qui effectivement aussi repose sur des marqueurs forts, c'est-à-dire la social démocratie, la volonté d'avoir une position européenne très forte, etc., mais qui repose aussi sur des manques, notamment dans tout ce qui est population rurale, population jeune. Ce ne sont pas des gens qui sont spontanément forts dans l'électorat de Raphaël Glucksmann.

Donc là, on voit bien que la fusée Mélenchon est lancée. Maintenant, celle de Raphaël Glucksmann va être lancée. Les deux sont vraiment les opposés puisque Raphaël Glucksmann se définit vraiment comme l'anti-Jean-Luc Mélenchon.

Quelle est l'image de Raphaël Glucksmann dans l'opinion à Rouen ? Est-ce qu'il incarne un présidentiable ou est-ce qu'il incarne plutôt quelqu'un qui manque un peu d'ambition présidentielle ? Non, s'il devait avoir une difficulté dans l'opinion, ça n'est pas nécessairement celle de la solidité intellectuelle ou de la stature présidentielle.

La vraie difficulté pour Raphaël Glucksmann, c'est que les Français n'identifient pas bien son centre de gravité idéologique. Il n'est pas directement affilié au Parti socialiste, dont on ne sait pas s'il aura le soutien. Il ne veut pas participer à une primaire de la gauche alors alors qu'on vante interview après interview chez les ténors de la gauche, que c'est la solution pour définir un candidat unitaire.

Pour les Français, le fait de ne pas savoir précisément pour qui ils voteraient, un social-démocrate, un libéral ou une personne qui souhaite défendre des territoires ruraux en difficulté. Finalement, le fait de ne pas pouvoir le positionner parfaitement politiquement, ça peut créer de l'inquiétude. On voit qu'il mord beaucoup sur le sort électro... sur le socle électoral du centre politique, qui prend un peu de voix aussi au Parti Socialiste.

Il baisse chez les électeurs du Parti Socialiste ce mois-ci. Je pense que la difficulté à le situer précisément électoralement n'en fait pas un vote spontané pour toute une partie de la gauche. Mais est-ce que s'il se lance officiellement, parce qu'à l'heure actuelle, le candidat de la gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon, est-ce que si Raphaël Luxman annonce officiellement sa candidature dans les prochaines heures, ça fera baisser Jean-Luc Mélenchon parce qu'il y aura une alternative pour les électeurs de gauche ?

Non, je pense que c'est trop tôt. Pour l'instant, tous les sociodémocrates ont intégré que Jean-Luc Mélenchon allait avoir un lancement de campagne fort parce qu'il il sait faire, c'est sa quatrième élection présidentielle et puis ce n'est pas un perdre de l'année. Il a un sens politique extrêmement fort et aiguisé.

Donc ils savent très bien que la partie social démocrate aura plus de mal à s'imposer. Donc c'est une course de long terme. Là, encore une fois, Raphaël Glucksmann, il est parti pour quatre semaines pour essayer d'imposer des idées, alors que celles de Jean-Luc Mélenchon, elles sont imposées dans le paysage politique depuis longtemps.

Il y en a deux fortes, il y a un, la 6e République et deux, le concept de Nouvelle-France. En fait, la difficulté de la gauche, si vous voulez, c'est que Jean-Luc Mélenchon, lui, il a un concept, celui qui est très théorisé de la Nouvelle-France. Quel est le concept de la France sociale-démocrate ?

Quelle est l'idée forte ? Pour l'instant, il n'y en a pas. Donc si jamais, pendant les 4 semaines qui s'ouvrent pour lui, il n'arrive pas à imposer une idée forte, ça va être compliqué, mais c'est tout l'enjeu de la séquence qui s'ouvre.

Alors voilà pour Jean-Luc Mélenchon le bloc de gauche du côté d'Edouard Philippe et du bloc central, on l'a vu, Edouard Philippe qui est dans une dynamique négative, moins 4 points, petite précision Erwann, parce que vous le disiez, ce sondage il a été fait mercredi et jeudi, soit après l'annonce de l'ouverture de l'enquête qui vise Edouard Philippe, enquête faite par le Parquet national financier. Est-ce que ça a joué dans cette baisse ou pas ? – Non, pas – Pas nécessairement parce que, alors peut-être pour une partie de l'électorat, mais dans la mesure où ça n'est pas directement connecté à la fonction présidentielle et que ça n'est pas de l'enrichissement personnel, c'est un peu compliqué de dire que ça puisse se poser sur sa stature.

Ce qu'on voit surtout, c'est que hyper 4 points d'intention de vote au premier tour, il n'y a plus qu'un électeur sur deux d'Emmanuel Macron en 2022 qui souhaiterait voter Philippe en 2027, il avait gagné huit points de code d'adhésion après les élections municipales étaient passés de 28 à 36 % il en a reperdu six en deux mois de ce mois ci quatre le mois dernier ce qu'on voit c'est que cette Cette stratégie de réserve pour ne pas revivre le choc traumatique d'Alain Juppé en 2016 qui favorit des sondages pour la primaire et donné futur président de la France a perdu avec de grandes difficultés au deuxième tour face à François Fillon il ne veut pas peut-être jouer la campagne trop tôt il a espacé ses meetings voire je crois qu'il en a reporté un qui devait avoir lieu en avril ou en mai donc cette stratégie de réserve finalement elle pèse peut-être parce que les les Français attendaient des choses, des mesures massives promises dans son programme. Ils ne les ont pas vues venir. Et d'ailleurs, ce qui est intéressant à ce sujet, c'est de regarder là où Édouard Philippe perd du terrain dans cette enquête d'intention de vote, c'est chez les 50 ans et plus, Chez les sympathisants LR, chez les habitants de petites villes, les ruraux, toute une partie de la droite traditionnelle qui avait peut-être identifié son champion à l'issue des élections municipales et qui en est revenu faute d'avoir eu des attentes satisfaites.

Il a une mauvaise stratégie de campagne, Edouard Philippe. Et puis il a eu tort de ne pas appuyer sur l'accélérateur après sa victoire au Havre ? Ça, on pourra le dire dans un an.

S'il a gagné, on dira finalement, il a eu raison. Il a eu raison. En tous les cas, il y a eu un débat en interne.

C'est-à-dire qu'effectivement, après avoir regagné le Havre, il avait une fenêtre de tir très importante parce que finalement, c'était le seul qui se présentait à une élection municipale parmi ses concurrents dans l'arc de la droite et du centre. Donc vis-à-vis de Bruno Retailleau et de Gabriel Attal, il avait un avantage certain à faire jouer. Il a choisi justement de ne pas s'imposer.

Or, il avait une certaine fenêtre de tir. Il aurait très bien pu dire, voilà, j'appelle Bruno Retailleau et Gabriel Attal à s'asseoir autour de la table, etc. Et a capitalisé sur sa victoire.

Il ne l'a pas fait. Ça a été un débat en interne qui a finalement été tranché sur le fait, non, on arrête, on temporise parce que les gens ne sont pas là-dessus. Rappelez-vous, c'est déjà encore le cas, mais les gens étaient saisis par le Moyen-Orient, par la crise sur le carburant et au sein de l'équipe d'Edouard Philippe.

On s'est dit que finalement, c'était ça qui primait sur la présidentielle. On voit bien qu'aujourd'hui, il le paye. Il le paye parce qu'il apparaît comme un candidat qui est...

À partir du moment où vous n'êtes pas déterminé, vous apparaissez comme indéterminé. Et ça, on voit bien que ça joue en sa défaveur. Ça veut pas dire que c'est la fin pour l'humain.

D'autant qu'il y a un autre candidat qui est apparu depuis votre sondage. Les choses, elles vont très très vite, Herouane. Si lui n'apparaît pas indéterminé.

Voilà, que c'est Gabriel Attal qui a officialisé sa candidature vendredi. On va l'écouter ce matin, Gabriel Attal. Je vois bien le petit jeu de certains qui cherchent à nous opposer en permanence avec Edouard Philippe, à nous faire parler de l'un, de l'autre.

Je rentrerai pas là-dedans. Mais parce que je porte ce programme, je porte cette vision, je porte ce projet. Mais encore une fois, il va y avoir une campagne.

On va voir le projet de chacun, on va voir les propositions de chacun. Qu'est-ce que ça peut changer la déclaration de Gabriel Attal pour Edouard Philippe ? Alors déjà ce n'est pas une surprise que Gabriel Attal se présente.

Là c'est officiel, la rampe de lancement ça y est ? Oui ça y est et puis surtout il est omniprésent depuis le lancement de son livre le 23 avril. La séquence va se terminer la semaine prochaine avec l'immense meeting qui est annoncé à Paris le 30 mai et alors lui par contre sa détermination il l'affiche, il la montre, il est partout donc forcément il y a un effet blast comme ça qui va se sentir dans les sondages.

Effectivement Gabriel Attal sans être grand clair devrait parce qu'il imprime beaucoup de choses, comment dire gagner quelques points et on voit bien que Edouard Philippe l'a compris puisqu'il a fait quelques retours médiatiques là avec une grande interview dans le parisien avec une émission dans c'est à vous qui est une émission importante en tous les cas pour lui donc on voit bien qu'il a compris qu'il avait été sans doute trop en retrait après Gabriel Attal c'est quelqu'un qui est très habile en campagne qui est Edouard Philippe aime la campagne mais pour l'instant c'est deux stratégies différentes il va y avoir un grand meeting de Gabriel Attal le 30 mai alors que Edouard Philippe lui privilégie plein de réunions d'appartement fin juin c'est une stratégie différente la campagne est longue on verra laquelle des deux stratégies parvient à s'imposer Erwan est-ce que paradoxalement ce sondage qui peut apparaître comme mauvais pour Edouard Philippe est finalement une bonne nouvelle je m'explique est-ce que en voyant il faut expliquer ça est -ce qu'en voyant Jean-Luc Mélenchon monter il peut être le vote utile de tout le bloc central c'est à dire le centre droit le centre gauche pour éviter justement un duel entre l'ERN et Jean-Luc Mélenchon mais nécessairement c'est vrai que c'est une probabilité à ne pas exclure c'est que étant donné que les instituts de sondage devraient commencer à tester dans les prochains jours des candidatures à la fois de Gabriel Attal et d'Edouard Philippe, ça va nécessairement baisser le score de l'un et l'autre au premier tour mécaniquement et donc baisser le score de qualification au second tour qui, en l'état des choses, avec Jean-Luc Mélenchon à 16%, devrait favoriser sa position au second tour donc ça peut créer par inquiétude un vote utile dès le dès le premier tour il faudra voir qui en bénéficie on peut faire l'hypothèse aujourd'hui que ce serait plutôt édouard philippe parce que en fait édouard philippe au delà des frontières de renaissance ils ont des codes d'adhésion philippe et attal à peu près équivalente chez les sympathisants renaissance mais philippe est largement devant chez sympathisant horizon logiquement mais aussi chez les sympathisants modem et très largement chez les sympathisants lr donc Donc, il mord sur un espace politique beaucoup plus large. Gabriel Attal peut peut-être prendre des points à Raphaël Glucksmann, mais là, c'est encore une hypothèse aujourd'hui. En tout cas, c'est vrai que cet abaissement du seuil de qualification au second tour, ça peut favoriser un candidat à droite qui deviendrait le candidat à Trappetout pour éviter un second tour Mélenchon-Bardella.

Et candidat du Bloc Central dont l'ERN veut faire son adversaire favori, on écoute ce que disait ce matin Sébastien je pense que les candidats du bloc central sont les plus intéressants à voir face à nous parce que ce seront des projets de société contre notre projet de société des bilans contre un projet et je pense qu'effectivement, ce sera beaucoup plus valorisant comme débat démocratique. Si c'était la France insoumise, ça serait dévalorisante. Mais parce qu'il y a forcément un rejet de la France insoumise dans une grande partie de la population qui fait que l'élection se jouerait beaucoup plus sur le rejet.

Là, ce sera vraiment...

Est-ce que vous voulez continuer avec le projet d'Edouard Philippe, la retraite à 67 ans, celui de Gabriel Attal, qui est à peu près le même et le bilan et leur méthode que nous connaissons ? Où est-ce que vous voulez le projet que porte Marine Le Pen ? Bonne ou mauvaise nouvelle pour le bloc central que l'ARN en fasse son adversaire favori ?

En fait, c'est une stratégie. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis bien bientôt trois semaines un mois le rassemblement national ne cesse de dire dans chaque qu'une de ses interviews qui d'avoir philippe c'est la retraite à 67 ans donc on voit bien que c'est une façon d'affaiblir edouard Philippe, peut-être même pour faire monter Gabriel Attal, c'est ce que certains disent au Rassemblement national. Le but si vous voulez c'est de neutraliser l'espace central pour in fine à la fin se retrouver devant Jean-Luc Mélenchon parce que c'est quand même le but du Rassemblement national, d'arriver au second tour face à Jean-Luc Mélenchon puisque au Rassemblement national, on estime que si on est en face de Jean-Luc Mélenchon au second tour, c'est la victoire assurée.

D'autant que le RN, on va regarder le palmarès de l'adhésion, le RN qui reste en tête de ce palmarès de l'adhésion, Erwan. Alors, tout le monde chute, sauf Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour, mais Jordan Bardella reste numéro un et il prend des points. Est-ce que cette chute, généralisée, c'est inquiétant à ce stade de la campagne ?

Non, pas nécessairement. Parce que finalement, la campagne présidentielle approche quand même. Donc les Français se repolarisent.

La bienveillance qu'on peut avoir pour une figure qui est d'un autre parti, finalement, elle se dégrade un peu parce qu'on est en campagne. Donc finalement, les adversaires ont une opinion moins favorable d'eux. Donc c'est assez classique d'une entrée en campagne de lectorat.

On le voit d'ailleurs avec la hausse des intentions de vote pour Jean-Luc que Mélenchon. Le corps électoral s'élargit, les Français rentrent petit à petit dans la campagne. On termine par les côtes de popularité de l'exécutif.

Ça baisse pour Emmanuel Macron, pour Sébastien Lecornu. Sébastien Lecornu perd 2 points, il est à 31%. Comment l'explique Nathalie ?

Il est trop absent, il répond pas assez aux inquiétudes des Français notamment sur les conséquences de la guerre en Iran ? Alors il se trouve qu'il est plus présent puisqu'il vient de faire une grande conférence de presse. Sans doute a-t-il compris qu'effectivement il fallait qu'il aille un petit peu plus au front.

Très honnêtement, moi je pense que la baisse de popularité de l'exécutif, c'est-à-dire le président de la République et le Premier ministre, est avant tout due au fait que c'est la fin de règne. Je veux dire, ça ça fait 9 ans qu'ils sont là. Alors pas Sébastien Lecornu, puisqu'il est à Matignon que depuis plusieurs mois, mais objectivement, c'est...

Je pense qu'il y aura sans doute un regain de popularité vraiment à la toute fin du décennat, en tous les cas c'est ce qu'on pressent à l'Elysée, puisque à la toute fin ce sera, on est en train de vivre les derniers mois, les dernières semaines d'Emmanuel Macron. Mais pour l'instant, c c'est encore loin la présidentielle, il y a encore un an à tenir et on est encore sur cette fin de présidentialité, cette fin de pouvoir et cette usure du pouvoir aussi qui s'exprime aussi dans le rejet d'un certain nombre de français. Un mot Erwan, il peut faire une remontée sur la dernière côte Emmanuel Macron ?

Absolument mais ça dépend du rôle qu'il jouera dans la campagne, s'il est en retrait de la campagne on peut imaginer que la bienveillance remontera comme François Hollande aujourd'hui où les Français ont une bonne opinion si ça n'est pas le cas il sera sous les feux des projecteurs et donc des critiques. Allez à suivre prochain baromètre dans un mois, on se retrouve tous les trois pour commenter ce baromètre. Merci beaucoup Erwan, merci Nathalie, merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve souvent très bonne journée public sénat en partenariat