Motion de censure, meurtre de Lola, immigration, arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en Italie... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean-Philippe Tanguy
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Nicolas Sarkozy s'exprime longuement ce matin dans le journal du dimanche et une nouvelle fois il pousse la droite et Emmanuel Macron à s'unir. Est-ce que la frontière est selon vous poreuse entre la droite, les républicains en l'occurrence et le gouvernement ?
Je ne sais pas si c'est encore la droite mais en tout cas avec les républicains c'est sûr. Depuis cet été, je rappelle que les républicains ont voté le projet de loi de finances rectificatives d'Emmanuel Macron avec la promesse qu'à l'époque nous avons dénoncé parce qu'elle était fausse du carburant à 1,50€. Les républicains ont fait campagne tout l'été sur le fait que oui on a soutenu Emmanuel Macron pour faire passer ce budget mais c'est parce qu'on a obtenu le carburant à 1,50€. Les français peuvent constater qu'ils n'ont pas beaucoup vu le carburant à 1,50€.
Les républicains voulaient fixer le prix à 1,50€. Ce qu'ils avaient obtenu finalement c'était juste une prolongation de la ristourne de 30 centimes qui ajoutée avec celle de Total de 20 centimes dans ses propres stations faisait 1 litre cet été à 1,50€.
Oui absolument et à l'époque le Rassemblement National était seul mouvement à avoir dit la vérité. Ce n'était pas une prolongation de la ristourne. C'est qu'en fait à enveloppe constante ils avaient concentré la réduction sur 2 mois au lieu de 4 mois. Ce qui faisait deux problèmes. D'une part, moi j'avais dit à l'époque au Parlement qu'on n'arriverait pas à 1,50€ parce que les calculs n'étaient pas bons tout simplement. Et en plus, résultat, au 1er novembre la baisse de ristourne, la baisse d'aide aurait été encore plus violente. Et je rappelle qu'au 1er janvier 2023, parce que c'est le budget qu'on vote en ce moment, rien n'est prévu pour le carburant, ni pour le fioul ni pour le bois.
Le fait que justement sur ce budget 2023, les républicains disent déjà nous ne voterons pas les motions de censure, ni celles du Rassemblement National, ni celles de la gauche unie. Pour vous, c'est le signe qu'en fait ils sont déjà en coalition, en soutien avec tout le monde ?
Mais bien sûr, c'était intéressant, je me faisais la réflexion. D'ailleurs, Elisabeth Borne a dit j'engage ma responsabilité. Ce qui est la formule consacrée, mais elle aurait pu ne pas le dire. Elle aurait pu être plus sinueuse et juste dire voilà le 49.3, c'est à prendre ou à laisser. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que s'il n'y a pas de motion de censure, et si les groupes ne votent pas leur motion de censure ou une autre, ça veut dire qu'en fait ils accordent leur responsabilité au gouvernement.
Pour vous c'est un soutien à Elisabeth Borne ?
Bien sûr, à partir du moment où Elisabeth Borne dit... C'est pas ce qu'ils disent. Mais bien sûr qu'ils ne disent pas ça, mais les républicains, si vous voulez, n'assument pas leur responsabilité. Dans la vie, c'est simple au Parlement français maintenant, soit vous êtes pour, soit vous êtes contre le gouvernement. Donc si vous laissez les motions de censure passer sans les voter, si vous ne vous opposez pas au gouvernement, le gouvernement gouverne tout simplement. Donc vous êtes en soutien à ce gouvernement.
Je précise, il y en a trois qui sont examinées demain, deux déposées par la gauche sur le budget et sur le budget de la sécurité sociale. Une déposée par le RN uniquement sur le budget, c'est-à-dire que vous ne contestez pas le projet de loi de financement de la sécurité sociale ?
Non, pas du tout. En fait, on a attendu d'avoir l'avis de la séance et le service qui organise les discussions du Parlement pour leur demander quand seraient discutées ces motions. Ce serait le même jour. Donc on a estimé, pour la lisibilité du débat public et pour que les Français puissent suivre, qu'on n'allait pas faire un tunnel de motions, parce qu'à chaque fois c'est plusieurs heures, on n'allait pas faire un tunnel de motions procédurier, qu'aurait donné des arguments, et c'est là où je regarde une fois plus l'attitude de la NUPES, qui choisit toujours l'obstruction et la procédure.
Parce que le gouvernement se nourrit de cette illisibilité, de cette procédure, de la lassitude que peuvent avoir les gens devant des discussions parlementaires, qui peuvent être trop longues. Donc nous, on fait une motion de censure pour les deux textes. On ne va pas raconter deux fois la même chose pendant des heures.
Mais vous n'avez pas voté, par exemple, la motion de censure de la NUPES sur le financement de la Sécurité sociale ?
C'est compliqué, puisque la NUPES, en fait, dans le débat parlementaire, ne cesse de vouloir faire des dépenses et des dépenses. C'est une motion de censure, c'est aussi une ligne politique que vous affirmez. C'est qu'est-ce que vous feriez aussi à la place du gouvernement ? Par exemple, j'ai vu M. Louis Boyard disait que c'était scandaleux... Député de France Insoumise. Exactement, pardon. C'était scandaleux qu'on dénonce le taux de record d'impôts en France de plus de 45% du PIB. C'est-à-dire qu'il y a plus de la moitié de la richesse de la France qui part en taxes.
Bon, bah écoutez, si la France Insoumise n'est pas capable de voir qu'il y a un record historique de prélèvements obligatoires d'impôts et de taxes et que les Français n'en peuvent plus, c'est un problème politique. Pour autant, c'est bien celle de la gauche qui devrait être examinée en premier. Vous allez la voter ? Visiblement, non, pour la raison que je vous donne. C'est-à-dire que les axes politiques différenciés entre la NUPES et l'EUR sont trop lourds. Par exemple, dans la discussion budgétaire, la NUPES continue à vouloir financer la submersion migratoire. C'est vrai que pour nous, c'est quand même un casus belli entre nous et la NUPES.
Mais vous venez de dire que LR soutient de fait le gouvernement en ne déposant pas de motion de censure. Et vous, est-ce que ce n'est pas la même chose quand vous dites qu'on ne vote pas toutes les motions de censure ? Finalement, c'est sûr que le gouvernement ne va pas tomber. Vous ne vous donnez pas toutes les armes pour le faire tomber, en tout cas.
Non, mais ça, on peut en discuter. Mais déjà, dire que c'est une chose. D'autre part... C'est juste des postures politiques. Ce n'est pas une posture, parce que la posture considérera dire que si on vote la motion de la NUPES, le gouvernement tombe. Ce n'est pas l'arrêt constitutionnel. C'est très clair. Il faut une majorité... À cause de l'attitude des LR. Absolument. Il faut une majorité absolue pour voter cette motion. À partir de LR dit, quelle que soit la motion, mais même avant. C'est-à-dire même avant qu'on dépose nos textes. LR n'a pas dit, tiens, on peut discuter d'un texte. Est-ce qu'on fait un texte commun ? Parce qu'eux-mêmes auraient pu déposer...
Ou Lyot, le petit groupe centriste, aurait pu déposer une espèce de motion neutre sur laquelle tout le monde aurait pu se rallier. Donc, à partir du moment où ils disent non, voter la NUPES, ce serait un signal politique. Et ce ne serait pas qu'il ne peut pas permettre de censurer le gouvernement. Je veux le dire aux Français, parce qu'on reçoit beaucoup de messages de bonne foi. On dit, si vous ne votez pas avec la NUPES, vous ne donnez pas la chance de renverser le gouvernement. Non, si on vote la NUPES, ce serait un signal politique. Mais ça ne permettrait pas de censurer le gouvernement.
Donc, à partir du moment où la NUPES a choisi, pendant ce débat budgétaire, des axes très différents, très clivants, je rappelle, sur la sécurité, sur l'immigration, sur le taux de taxation des Français, c'est très compliqué de les soutenir. D'ailleurs, ils l'ont fait exprès, parce qu'en fait, la NUPES, depuis maintenant 4 mois, fait tout pour ne jamais rien pouvoir voter de manière républicaine. Je rappelle la taxe sur les surprofits. C'est la NUPES qui a mené à l'échec de la taxation cet été et encore maintenant sur les surprofits. Il y avait sa proposition sur les surprofits aussi. Oui, qu'on a voté. Mais eux, ils refusent la note.
Donc, ça fait qu'on ne peut pas mettre la pression politique sur le gouvernement.
Mais donc, demain, le gouvernement ne chute pas.
Sauf si LR se réveille cette nuit, non.
Et dans ce cas-là, vous votez avec LR et la NUPES. Il faut vraiment que soit tout le monde vote, soit vous votez dans votre coin. Oui, d'accord. Sur ce qui est du vote des articles du budget, justement, vous l'avez dit tout à l'heure, c'est ce qui est en train d'être voté en ce moment. En l'occurrence, non, donc, puisque le gouvernement a rejeté le texte, finalement, qui avait été voté. Il était fait de briquet de broc, de toute façon, non, ce budget, une fois que chaque opposition avait fait passer son amendement.
Non, sincèrement, non. Les amendements qui sont passés, ce sont des amendements plutôt consensuels, de bon sens. D'ailleurs, ce qui est intéressant... Il n'y a pas de cohérence. Oui, il n'y a pas de cohérence. Vous savez, un budget, il y a toute la politique de l'État, il y a toute la feuille de route de l'État. Donc, si vous cherchez une cohérence dans le budget, il n'y en a pas. En particulier, celui-là, parce que quand vous avez un ministre qui fait le tour des médias en disant c'est un budget très raisonnable à l'euro près, alors que c'est 150 milliards de déficit d'euro près, bon, déjà, on est sur des bases assez aléatoires, si vous voyez ce que je vais dire.
Mais au-delà de ça, les amendements qui sont passés, c'était, par exemple, une aide pour l'accueil des enfants, sur proposition de Marine Le Pen, d'ailleurs, que le gouvernement a prêt à... Vous prenez des amendements très précis, mais justement, moi, je vous parle de la vision d'ensemble à la fin. Oui, mais c'est ça, un amendement, vous amendez même. Le mot, ça veut dire vous améliorer à la marge le projet, vous ne va pas refaire tout le budget de l'État. Mais ce qui est intéressant, par exemple, c'est que le gouvernement nous a dit au début de la discussion les oppositions ne sont pas responsables, vous voulez faire des dépenses pas financées.
Bon, on voit des amendements de recettes, notamment un amendement qui vient du modem, sur la surtaxation des surdividends et des surrachats d'actions. Ce qui était deux propositions qu'il avait faites en commission sur les surprofits pétroliers. Bon, et bien, même ça, il refuse. Donc, on voit bien que c'est l'idéologie du gouvernement. Parce que vous ne pouvez pas dire que vous ne financez pas les dépenses, et quand vous créez des recettes, il y a aussi l'exit de taxes, il les refuse, il les annule.
Jean-Philippe Tanguy, vous restez avec nous, député Rennes de la Somme. On s'interrompt juste le temps du Filinfo. 8h40, voici Diane Ferschit.
Après avoir balayé toute contestation, le président chinois Xi Jinping reconduit ce matin en tant que secrétaire général du parti communiste chinois. Xi Jinping reconduit pour 5 ans. Et pour la première fois depuis 25 ans, aucune femme ne siège au bureau politique du CCC. Remanie également ce matin. L'énergie au cœur de la stratégie de Moscou pour affaiblir l'Ukraine. 1 million de foyers privés d'électricité. Et à Kersen, dans le sud-est du pays, 25 000 personnes déjà ont été évacuées. Hier, évacuation décidée par les autorités russes face à l'avancée des troupes de Kiev. On ne se renie jamais quand on fait le choix de l'intérêt général.
Déclaration dans le journal du dimanche de Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République, qui suggère à Emmanuel Macron de s'allier davantage à la droite. Il regrette que son successeur ait parfois la tentation de s'arrêter au milieu du guet. Première victoire pour Laurent Blanc en tant qu'entraîneur de l'OL. Lyon qui bat Montpellier de buts à 1. Avant cela, Marseille s'était incliné à domicile à 1 à 0 face à Lens. Sept rencontres sont à suivre ce dimanche en clôture de cette douzième journée de Ligue 1 de football. Monaco se déplace à Lille. Coup d'envoi à 20h45. France Info
Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.
Bonjour avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme. Demain après-midi, dans le Pas-de-Calais, ont lieu les obsèques de la petite Lola. Ses parents ont demandé que cesse instantanément toute récupération politique du drame qui les a touchés. Est-ce que vous vous êtes sentis visés par leur communiqué ?
Écoutez, je ne sais pas, je ne peux pas parler à leur place, mais en tout cas nous on a essayé de respecter la volonté de la famille. C'est pour ça que nous avons fait un hommage silencieux, une minute de silence du groupe parlementaire devant l'Assemblée. Sincèrement, il ne me semble pas qu'un hommage silencieux, sans slogan ni prise de parole particulière, soit de la récupération.
Il y en a eu d'autres côtés, je pense par exemple à la manifestation de jeudi organisée par un institut proche de Reconquête, à laquelle vous avez finalement refusé de participer précisément en expliquant que ce n'était pas la bonne démarche. C'était de la récupération politique cette manifestation.
Écoutez, je n'ai pas à juger cela. L'institut lui-même, non, visiblement, dans le début de la préparation de cette marche, non. Ensuite, ce qui arrive avec les manifestations, c'est que vous avez des groupes qui se sont imposés, qui se sont invités à cette manifestation, qui ont eu des déclarations qui étaient loin d'un hommage solennel. J'ai vu des fumigènes, on était vraiment loin de ce qu'on peut attendre. Après, moi je ne l'ai pas à juger, on a estimé que la nôtre était plus adaptée. Et je pense que Marine Le Pen a eu raison de ce choix avec Jordan Bardella.
Et ça vous a été reproché par les troupes d'Éric Zemmour. Je cite cette phrase, par exemple, de Marion Maréchal. Le RN a cédé au terrorisme intellectuel que nous subissons depuis 48 heures. Fin de citation. Vous avez cédé au terrorisme intellectuel.
Non, mais là, écoutez, je pense que j'ai vu les images, Mme Maréchal n'avait pas l'air très à l'aise non plus dans cette manifestation. Je ne vais pas faire de la polémique sur la polémique. Je pense que maintenant, il y a le deuil de la famille, il y a ses funérailles dans le Pas-de-Calais. Auquel va se rendre Caroline Parmentier, députée RN du Pas-de-Calais ? Oui, mais elle s'y rend en tant que députée de la circonscription. Elle a été invitée par la famille ? Il me semble, oui. Dans ces circonstances-là, elle n'est pas députée RN. Elle est députée de tous les Français de la circonscription.
Parfois, ces moments aussi d'unité nationale, d'union nationale, renvoient au sens profond de notre mandat. Nous sommes avant tout les élus du peuple français et Caroline Parmentier est l'élu du territoire de ce territoire.
Elle s'est déjà rendue au rassemblement de soutien vendredi Caroline Parmentier, mais pas en tant que députée en l'occurrence, en tant que citoyenne et représentante des habitants de sa circonscription. En tant que citoyenne, donc. C'est sa place tout de même, vous trouvez ?
Bien sûr, mais toutes les autorités de l'État, je pense qu'il devait y avoir le préfet, doit y avoir, évidemment...
Gérald Darmanin se rendra demain, mais je précise à l'invitation, en l'occurrence de la famille.
C'est normal que M. Darmanin... Vous savez, il y a des moments, bien sûr, il y a le débat politique, il y a l'affrontement politique, mais vous avez aussi des moments d'unité, de respect, de solennité. Il est normal que tout le monde, que ceux à qui les Français ont confié des mandats, des responsabilités, les représentent dans ces moments-là, avec calme et sans esprit polémique.
Et sur l'aspect politique, précisément, ça risque de rebondir au Parlement prochainement, puisque le sénateur Les Républicains, Bruno Retailleau, annonce déposer un texte pour rendre l'État civilement responsable de non-assistance à Français en danger. La suspecte qu'une Algérienne arrivée en France légalement en 2016, avait depuis perdu ses papiers, n'avait plus le droit d'être en France et était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. Est-ce que ce texte de Bruno Retailleau, l'État civilement responsable de non-assistance à Français en danger, vous pouvez le reprendre à l'Assemblée ? Il est déposé au Sénat.
Est-ce que le RN peut le reprendre à son compte à l'Assemblée ?
Je n'ai pas vu comment M. Retailleau verbalise cette proposition. Ça me semble étrange. Moi, je pense que les lois existent. Et je pense que le problème, ce n'est pas l'accumulation de lois, c'est le fait que les dirigeants politiques appliquent les lois. Cette dame n'aurait pas dû être sur le territoire français. Les lois permettent à la France, au gouvernement français, de l'expulser. Donc l'État, ce n'est pas l'État français qui est responsable.
Pour l'expulser, il faut que l'Algérie veuille bien l'accueillir. Or, ce n'est pas le cas. Donc on en revient toujours au même problème.
Non, mais vous savez, l'Algérie dispose d'un grand nombre d'avantages en France. De visas. De visas, mais aussi d'autres avantages. Quels avantages ? Notamment financiers. La diaspora algérienne en France finance l'économie algérienne à des proportions très importantes.
Pas tant que ça au regard de la fiscalité pétrolière. C'est plutôt les hydrocarbures, la vente de gaz et de pétrole qui financent l'économie algérienne.
Oui, mais vous savez que le budget algérien est déjà extrêmement tendu et que la situation sociale en Algérie est extrêmement tendue. Je ne pense pas que l'Algérie pourrait se permettre de se couper des financements de la diaspora algérienne en France.
Pourquoi il faudrait interdire les Algériens qui vivent en France ?
Ce n'est pas interdire. Il ne s'agit pas d'entrer en conflit avec l'Algérie. Mais suspendre, faire des pressions, il est temps. Je rappelle, parce qu'il faut quand même le rappeler, que le retour des ressortissants illégalement présents dans un pays étranger, c'est le droit international. Ce n'est pas une demande exorbitante de la France, c'est le droit international. Donc les pays qui ne refusent de reprendre leurs ressortissants en situation illégale, en situation clandestine, sont en freine, pardon, le droit international. Donc il s'agit juste, je le rappelle quand même, de rétablir le droit international en renvoyant les personnes qui sont illégalement présentes chez nous.
Mais ça ne dit pas comment contraindre l'Algérie qui par moment...
Je vous ai dit, je pense que...
Qui par moment dit, pardon, pour aller au bout de la phrase, qui par moment dit, ce ne sont pas des ressortissants algériens. Ils sont identifiés comme tels côté français, mais nous ne les reconnaissons pas dans nos registres d'état civil.
Oui, ça c'est la mauvaise foi de l'Algérie, ça fait partie aussi de la discussion, vous savez. On en revient au problème. Vous savez, souvent, le débat politique se focalise sur des lois, des lois des textes. Moi je pense que le problème, et c'est ce qu'on a vu à la présidentielle, c'est aussi la personnalité, l'âme qu'on envoie, des personnalités qu'on envoie diriger à la France. Aujourd'hui, il faut des gens qui ont envie de défendre la France.
Vous saurez tenir ce dialogue ?
Bien sûr qu'elle saura le faire, l'âme de Marine Le Pen, son charisme, sont incomparables avec ceux qui dirigent aujourd'hui la France. Elle saura imposer les décisions qui permettent de protéger la France.
Jean-Philippe Tanguy, Emmanuel Macron est à Rome à partir d'aujourd'hui, alors justement qu'a lieu la passation de pouvoir qui doit conduire Georgia Meloni à la tête du gouvernement. Elle va gouverner à la tête d'une coalition dans laquelle il y a un de vos alliés européens, Matteo Salvini, qui convoitait d'ailleurs le ministère de l'Intérieur, il récupère finalement les infrastructures et les transports. Il a quand même le titre de vice-premier ministre, mais comment vous analysez ce rapport de force ?
Avec des technocrates, des figures connues au poste clé pour, dit-elle, rassurer Bruxelles.
Elle garde le même ministre de l'économie que celui qui était sous...
Oui, c'est pour rassurer Bruxelles, les relations entre la coalition et la commission avant l'élection. Enfin, une fois qu'on est élu, c'est normal d'essayer d'avoir des relations constructives. Non, je pense que c'est un ministère très intéressant, il ne faut pas le sous-estimer. Il a été dit que M. Salvini voulait le ministère de l'Intérieur parce qu'il l'avait avant dans un gouvernement précédent.
Mais elle ne s'est pas pliée aux pro-européens, finalement.
Comment ? Elle ne s'est pas pliée aux pro-européens, finalement. Non, je ne pense pas, parce que je ne pense pas que les pro-européens avaient envie qu'il y ait la Lega tout court. Et les infrastructures, c'est intéressant, parce que vous savez que notamment l'Italie souffre d'une grande dépendance sur les importations énergétiques. Et je suis impatient de voir quel choix la coalition italienne va faire, peut-être que notamment pour relancer une coopération nucléaire entre l'Italie et la France. Ça me paraîtrait être un beau projet.
Mais est-ce que la leçon que vous en tirez, ce n'est pas en Italie comme en Grande-Bretagne que finalement, à l'exercice du pouvoir, l'urgence, ça reste de rassurer Bruxelles et de rassurer les marchés ?
Mais ce n'est pas rassurer Bruxelles, c'est juste exercer des responsabilités. Quand vous êtes à la tête d'un gouvernement, vous n'allez pas tout casser. Ce sont des promesses, pour le coup, démagogiques qui n'existent pas. Vous arrivez à un gouvernement, vous prenez vos responsabilités, vous nommez vos ministres, vous prenez vos marques, vous prenez vos décisions. Il faut rassurer tous les interlocuteurs dans lesquels vous dépendez. Évidemment, l'Italie aujourd'hui dépend du financement des marchés internationaux. Ce sont les règles aussi dont hérite Mme Mélanie. Elle ne va pas changer les règles parce qu'elle arrive du jour au lendemain au pouvoir.
Si vous voulez les changer, d'ailleurs, si vous voulez changer les règles, il faut d'abord les maîtriser.
Mais c'est ce que ferait Marine Le Pen si elle arrivait au pouvoir, justement ? Essayer de rassurer Bruxelles, essayer de rassurer les marchés ?
Je ne sais pas si c'est ce que nous ferions. Déjà, la coalition ne serait pas la même. Mme Mélanie, aussi, dans la coalition de centre-droite, c'est ce qu'ils appellent. Vous avez aussi des mouvements comme M. Burasconi qui sont l'équivalent de LR. Donc, ils sont, par nature, déjà, plus favorables à la construction européenne. Ce n'est pas la même situation. Ce n'est pas la même situation. Mais évidemment, si Marine Le Pen arrivait, son but ne serait pas de mettre le bazar. Son but serait de redresser la France. Dernière chose, est-ce que vous souhaitez qu'Emmanuel Macron rencontre Giorgia Mélanie à l'occasion de son séjour à Rome ? J'espère, bien sûr, qu'ils vont le faire.
Ce n'est pas prévu pour l'instant, l'agenda. C'est dommage, parce que l'Italie est notre... On parle toujours du comble franco-allemand qui n'existe que dans les fantasmes de Paris. Par contre, les relations civilisationnelles d'amitié et de coopération avec l'Italie devraient être bien plus fortes, car nous avons une relation culturelle avec l'Italie, qui est bien plus forte que celle avec l'Allemagne.
Il doit rencontrer en tout cas le pape François Emmanuel Macron. Merci beaucoup Jean-Philippe Pondy. Merci à vous, bon dimanche. Député RN de la Somme, bon dimanche à vous.
Jean-Philippe Tanguy