Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 12 juin 2025 88 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSanté

L'intégrale du jeudi 12 juin

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 44 %Attaque 34 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Vous présidez la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales. Beaucoup de sujets à aborder.

  • 0:54ComplaisanteRéponse directe

    Les collectivités confrontées à des difficultés croissantes pour s'assurer, entre autres les émeutes et les aléas climatiques.

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Une minute de silence à midi dans tous les établissements scolaires du pays.

  • 1:45ComplaisanteRéponse directe

    François Bayrou est revenu sur les mesures à prendre.

  • 2:59RelanceRéponse directe

    Les mesures de répression, pourquoi pas, mais il faut s'attaquer aux causes.

  • 3:35OuverteRéponse directe

    Le ministre de la Santé dévoile un plan santé mentale avec une trentaine de mesures.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:10InvitéFait
    « Il n'est pas normal qu'une vague se développe de possession et de détention et de port d'armes de la part d'enfants mineurs et d'adolescents. »
  • 2:23InvitéPromesse
    « Donc nous allons interdire la vente de ces armes. »
  • 2:26InvitéFait
    « Le chef du gouvernement évoque deux autres chantiers, la santé mentale des adolescents, mais aussi l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. »
  • 2:39InvitéFait
    « Dans tous les pays où les réseaux sont ouverts aux plus jeunes, on a une épidémie de troubles du comportement, on a des épidémies de violences, de troubles du caractère. »
  • 3:10InvitéFait
    « La prohibition, je n'y crois pas. »
  • 3:28PrésentateurChiffre
    « Le ministre de la Santé, Yannick Noder, dévoile un plan santé mentale. Il contient une trentaine de mesures. »
  • 10:11Invité politiqueFait
    « C'est la création d'un taux plancher de 2% sur le patrimoine des très grandes fortunes, défini comme les foyers fiscaux ayant 100 millions ou plus de patrimoine. »
  • 10:16Invité politiqueChiffre
    « À peu près 1 800 foyers fiscaux seraient concernés. »
  • 10:22Invité politiqueFait
    « et surtout sur ceux qui, parmi les personnes extrêmement fortunées, payent aujourd'hui très peu d'impôts. »
  • 11:14InvitéFait
    « à un moment où on demande aux Français de faire un effort collectif pour essayer de stopper cette fuite en avant des déficits et de l'endettement »
  • 11:45InvitéChiffre
    « Les dividendes sont passés de 20 milliards d'euros environ en 2020 à 73 milliards aujourd'hui. »
  • 12:09InvitéFait
    « on parle des fortunes qui sont de plus de 100 millions d'euros, donc ça ne touche pas les riches ou les très riches, on est vraiment dans les grandes fortunes »
  • 18:08Invité politiqueChiffre
    « 94% des élus qui ont répondu ont observé une hausse de leur cotisation en un an. »
  • 18:10Invité politiqueChiffre
    « 27% ont observé une hausse de leur franchise. »
  • 18:13Invité politiqueChiffre
    « Et 20% ont expliqué avoir eu un contrat d'assurance à résilier à cause de l'assureur. »
  • 34:05InvitéFait
    « François Bayrou a d'ores et déjà annoncé sa volonté d'interdire les armes blanches pour les mineurs. »
  • 37:00PrésentateurFait
    « On a vu ressurgir l'idée d'une année blanche, c'est-à-dire le gel du budget pendant un an. »
  • 37:17InvitéFait
    « On a besoin de trouver ces 40 milliards d'efforts qui doivent d'abord passer par des économies. »
  • 38:15InvitéChiffre
    « L'État, pour le budget 2025, a consenti la majeure partie de l'effort. Les dépenses de l'État représentent à peu près 20% de la dépense publique globale, mais représentent 73% de l'effort budgétaire qui a été fait pour 2025. »
  • 40:22InvitéFait
    « On a fait le choix au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron de transformer l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière dans le but de renforcer l'attractivité de notre pays. »
  • 42:30InvitéFait
    « On a sauvé la fonderie de Bretagne avec l'intervention de l'État et des élus locaux il y a quelques semaines. »
  • 42:39InvitéChiffre
    « On a sauvé ARC et 4 000 salariés par l'intervention de l'État il y a quelques mois. »
  • 43:46InvitéFait
    « ArcelorMittal a confirmé la construction d'un premier four électrique sur le site de Dunkerque. »
  • 44:14InvitéChiffre
    « C'est un très bon signal pour l'avenir parce que c'est un investissement de 1,2 milliard d'euros. »
  • 48:50InvitéFait
    « J'ai été hier auditionné par la commission du président Charles Rodwell. »
  • 1:01:11InvitéFait
    « Il n'est pas normal qu'une vague se développe de possessions et de détentions et de ports d'armes de la part d'enfants mineurs et d'adolescents. »
  • 1:01:24InvitéPromesse
    « Donc nous allons interdire la vente de ces armes. »
  • 1:01:33InvitéPromesse
    « l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. »
  • 1:02:03InvitéFait
    « il faut s'attaquer aux causes et les causes c'est un dramatique manque de moyens dans la pédopsychiatrie »
  • 1:02:11InvitéFait
    « La prohibition, je n'y crois pas. »
  • 1:22:33Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron avait annoncé cet événement comme une date possible d'une reconnaissance par la France de la Palestine »
  • 1:22:56Locuteur 8Fait
    « la reconnaissance de l'état palestinien par la France la semaine prochaine sera un désastre pour les palestiniens pour les israéliens pour les relations franco-israéliennes »
  • 1:23:22Invité politiqueFait
    « cette reconnaissance ne se ferait pas sans condition »
  • 1:23:36Locuteur 5Fait
    « notre rôle et notre place c'est de reprendre l'initiative c'est tout l'objectif de cette conférence »
  • 1:26:26Invité politiqueFait
    « Yannick Noder dévoile dans le Parisien un plan pour mieux prendre en compte la santé mentale »
  • 1:26:31Invité politiquePromesse
    « former le personnel de santé à l'école à la détection de troubles psychologiques »
  • 1:26:36Invité politiquePromesse
    « doubler d'ici à 2027 le nombre de psychologues conventionnés avec le dispositif MonPsy »
  • 1:26:47Invité politiqueChiffre
    « Tanguy et Maxime mort à 22 et 23 ans en intervention »
  • 1:27:13Invité politiqueFait
    « une décision plutôt classique me diriez-vous »
  • 1:27:30Invité politiqueFait
    « je ne fais pas de promesses de campagne, je prends des décisions »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur9 %
  • Bernard Delcros8 %
  • Invité 22 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver sur le canal 8 de la TNT. On est ensemble pendant une heure et demie, on fait le point sur l'actualité près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Dans une demi-heure, notre invité, ce sera Marc Ferratif, le ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie. Dans le club des territoires, on reviendra sur les suites politiques du meurtre d'une surveillante à nos gens. Quelles réponses apporter notamment sur le port d'armes ou encore les réseaux sociaux ? C'est le signe d'une société du laxisme.

0:39
Invité

Comme le dit Bruno Retailleau, on analysera tout ça dans 50 minutes.

0:43
Présentateur

Et pour commencer, nous sommes avec le sénateur centriste du Cantal. Bonjour Bernard Delco.

0:47
Invité

Bonjour.

0:47
Présentateur

Merci beaucoup d'être avec nous. Vous présidez la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales. Beaucoup de sujets évidemment à aborder.

0:54
Invité

Les collectivités confrontées notamment à des difficultés croissantes pour s'assurer en cause, entre autres, les émeutes, les aléas climatiques de plus en plus récurrents, de plus en plus violents. Et pour les aider, le Sénat a donc voté hier un texte. On va y revenir dans quelques instants. Et puis on sera également avec le président de l'Association des petites villes de France qui tiennent en ce moment même leur congrès. On voit ça dans quelques instants. D'abord, c'est l'heure des repères de l'actualité de ce jeudi 12 juin. Une minute de silence à midi dans tous les établissements scolaires du pays.

1:33
Présentateur

L'hommage à Mélanie, surveillante poignardée par un collégien de 14 ans hier en garde à vue.

1:38
Invité

Il a reconnu les faits mais n'exprime ni regret ni compassion hier lors des questions d'actualité au Sénat. François Bayrou est revenu sur les mesures à prendre. Adrien Pain. Une minute de silence observé au Sénat au lendemain du drame. Dans un collège de Nogent, en Haute-Marne, une surveillante a été poignardée mardi matin par un élève de 14 ans. Pour François Bayrou, ce fait d'hiver n'est pas isolé et s'inscrit dans une hausse globale de la violence chez les mineurs. Un phénomène face auquel il faut prendre des mesures radicales, d'après le Premier ministre.

Il n'est pas normal qu'une vague se développe de possession et de détention et de port d'armes de la part d'enfants mineurs et d'adolescents. Donc nous allons interdire la vente de ces armes. Le chef du gouvernement évoque deux autres chantiers, la santé mentale des adolescents, mais aussi l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Il marche dans les pas d'Emmanuel Macron qui a remis l'idée sur la table ce mercredi. Dans tous les pays où les réseaux sont ouverts aux plus jeunes, on a une épidémie de troubles du comportement, on a des épidémies de violences, de troubles du caractère. Et donc c'est ça qu'on doit absolument réguler.

Mais la vérité m'oblige à vous dire que ça dépend en fait du droit européen. Donc ce qu'on est en train de créer c'est un rapport de force pour que ça bouge. Pour le chef de file des socialistes au Sénat, ces réponses ne sont pas adaptées. Très bien, les mesures de répression, pourquoi pas, mais il faut s'attaquer aux causes. Et les causes c'est un dramatique manque de moyens dans la pédopsychiatrie, on le sait aujourd'hui dans notre pays. La prohibition, je n'y crois pas. Dans le cas du drame de Nogent, les premiers éléments de l'enquête décrivent un adolescent en perte de repères, sans trouble mental apparent et peu présent sur les réseaux sociaux.

Devant le collège, les hommages se multiplient. Malgré la sidération, les cours doivent reprendre ce jeudi dans l'établissement.

3:28
Présentateur

Ce matin, dans Le Parisien, le ministre de la Santé, Yannick Noder, dévoile un plan santé mentale. Il contient une trentaine de mesures. L'ensemble des soignants en milieu scolaire seront formés, ainsi que deux adultes repèrent dans chaque établissement du second degré. Le plan veut également renforcer la psychiatrie de proximité. La santé mentale décrétée grande cause nationale cette année. Le ministre qui souhaite que ne ce soit pas qu'un slogan.

3:52
Invité

Rima Hassan et les autres militants français seront expulsés d'Israël et de retour en France dans les prochaines heures. Hier, le sujet a provoqué des tensions au Parlement lors des questions d'actualité,

4:04
Présentateur

notamment à l'Assemblée, entre les Insoumis et François Bayrou.

4:07
Invité

Aurélien Romano. Mathilde Panot a accusé François Bayrou de ne rien faire pour la libération des Français, dont l'eurodéputé Rima Hassan, arrêté sur la flottille de la liberté au large d'Israël.

4:19
Présentateur

Pourquoi protégez-vous Netanyahou plutôt que nos concitoyens et qu'une représentante du peuple ?

4:25
Invité

François Bayrou a rappelé que les ressortissants français avaient eu le choix d'être expulsés immédiatement vers la France et ne l'ont pas fait. Ces militants ont obtenu les faits qu'ils voulaient obtenir, mais que c'est une instrumentalisation à laquelle nous ne devons pas nous prêter. Ce mot « instrumentalisation » a mis en colère les députés Insoumis qui ont quitté très bruyamment l'hémicycle. Une heure plus tard au Sénat, l'ambiance est moins agitée, mais le sujet de la flottille continue d'interpeller. Un sénateur communiste compare les militants arrêtés à des otages, un mot qui a révulsé le Premier ministre.

Si les vrais otages, ceux qui sont détenus à Gaza, s'étaient vus offrir la possibilité de rentrer dans leur pays, à l'instant, je vous assure qu'ils seraient rentrés. Je trouve inacceptable qu'on instrumentalise les choses de cette manière. Lors d'une audition devant le Sénat, l'ambassadeur d'Israël en France est lui aussi interrogé sur le sort des Français. Pour lui, leur cas est à traiter comme celui des OQTF.

5:30
Locuteur 8

Leur statut est un statut d'immigré illégal, ce genre de personnes, les OQTF, c'est ça ?

5:37
Invité

Le diplomate interrogé sur les relations entre la France et Israël a aussi insisté sur le fait que la reconnaissance de l'État palestinien par la France serait un désastre pour les relations franco-israélières.

5:48
Présentateur

Bernard Delco, vous êtes sénateur centriste du Cantal. Avant de revenir sur ces sujets, on va regarder les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. D'abord la une du Républicain Lorrain, élève armée, le gouvernement démuni. Le meurtre au couteau d'une surveillante laisse le gouvernement démuni face à l'ultra-violence de certains adolescents nourris à la culture gangsta. La deuxième une, c'est celle du Courrier de l'Ouest. Feu de forêt, le risque est très élevé. Un risque d'incendie qui s'étend sur l'ensemble du territoire dans des régions autrefois peu ou pas concernées. Et puis la dernière une, un peu plus légère, c'est celle du Midi Libre.

C'est Christian Prudhomme à la une du Midi Libre, le patron du Tour de France. Le Tour, c'est plus que du vélo. Un Tour qui démarre le 5 juillet à Lille. Au-delà de l'aspect sportif, il y a l'engouement des Français vis-à-vis de ce Tour. Et puis des collectivités pour lesquelles le Tour est une vitrine. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

6:38
Invité

Alors puisqu'il faut faire un choix entre les trois, je veux revenir sur ce drame. C'est bien cela qu'il s'agit à nos gens avec l'assistante d'éducation qui a perdu la vie dans des conditions qui ont été rappelées. Ce drame révèle un fait de société très préoccupant avec cette violence qui se répand. Et particulièrement chez les jeunes, très préoccupant du côté des jeunes. Alors il y a évidemment plusieurs causes à tout ça. Il faut agir sur tous les fronts. Mais je pense que les réseaux sociaux ont leur part de responsabilité dans cette affaire. Et je pense qu'on ne réglera pas ce problème uniquement par la répression. Je pense que vraiment, il faut mettre le paquet sur l'éducation.

Vous savez, j'étais enseignant, donc j'étais au contact des jeunes tous les jours. Il faut mettre le paquet sur l'éducation, sur la formation des enseignants. Il faut prendre à bras le corps la question de la santé mentale, mettre en place dès l'école, repérer les situations, pouvoir accompagner, détecter suffisamment tôt. Donc je pense que franchement, pour essayer d'avancer sur cette question-là, c'est vraiment sur l'éducation, la formation des enseignants et la santé mentale qu'il faut agir en priorité.

Mais quand vous entendez hier le procureur qui dit que cet élève de 14 ans reconnaît les faits, mais ne présente ni compassion, ni regret vis-à-vis de ce qu'il a fait, qu'il avait ce projet depuis samedi et qui, pour le coup, selon les premiers éléments, il ne présente pas de trouble mental. Comment on fait face à ce type de profil ? Oui, c'est compliqué. On ne pourra jamais arriver au risque zéro et tout prévenir. Mais encore une fois, j'étais enseignant, donc quand on est au contact des jeunes, les équipes éducatives qui sont au contact des jeunes, et la violence, ça commence dès l'école primaire, dès l'école primaire.

8:35
Présentateur

Donc ça veut dire plus de sanctions à l'école ? Gabriel Attel, par exemple, il dit qu'il faut un borème national de sanctions.

8:39
Invité

Oui, mais bien sûr...

8:41
Présentateur

C'est une réponse à ça ou pas ?

8:41
Invité

Alors, bien sûr qu'il faut des sanctions, mais on ne règlera pas tout par les sanctions et la répression. Et je pense que ce qui est important, c'est la pédagogie, et c'est arriver à détecter dans une classe, on arrive parfois à détecter, pas toujours, mais on arrive parfois à détecter des situations, des comportements qui doivent nous alerter, et peut-être aujourd'hui, ils ne nous alertent pas suffisamment. Donc c'est vraiment en amont qu'il faut agir, même si, bien entendu, il faut des sanctions, même si, bien entendu, il faut agir contre le port des armes, même si, bien entendu, il faut de la répression après.

Mais je pense que la première des choses, c'est de mettre le paquet sur l'accompagnement des jeunes, la détection et la pédagogie.

9:15
Présentateur

Et la réponse, elle est aussi judiciaire. Est-ce que vous parlerez, comme Bruno Retailleau, d'une société de laxisme ?

9:22
Invité

Alors, moi, je ne pense pas qu'on est dans une société de laxisme. Et encore une fois, évidemment, il faut des peines, évidemment, il faut de la répression, évidemment, il faut des sanctions, mais on ne résoudra pas cette question-là, on n'avancera pas en s'attachant uniquement à ces réponses. Il faut encore une fois revenir à la source du problème.

9:45
Présentateur

Dans l'actualité du Sénat aujourd'hui, le Sénat examine la taxe Zuckman, cet impôt sur le patrimoine des ultra-riches. Alors, est-ce un remède face à la dérive des finances publiques ou est-ce un signal négatif envoyé aux entrepreneurs ?

9:58
Invité

Chacun son poids de vue, on va en écouter deux, celui de Gabriel Zuckman à l'origine de cette taxe et puis le ministre de l'Économie, Éric Lombard.

10:07
Invité politique

C'est la création d'un taux plancher de 2% sur le patrimoine des très grandes fortunes, défini comme les foyers fiscaux ayant 100 millions ou plus de patrimoine. À peu près 1 800 foyers fiscaux seraient concernés. Donc, c'est un dispositif extrêmement ciblé sur les gens extrêmement riches et surtout sur ceux qui, parmi les personnes extrêmement fortunées, payent aujourd'hui très peu d'impôts.

10:28
Invité

Si nous voulons produire plus, nous avons besoin d'entreprises, nous avons besoin d'entrepreneurs. Raison pour laquelle, sous l'autorité du Premier ministre, nous avons un projet qui sera dévoilé mi-juillet, qui va soutenir les entreprises, qui évitera d'alourdir l'impôt et sur les entreprises et sur les personnes.

10:47
Présentateur

– Vous êtes favorable, vous, à cet acte Zuckman ?

10:51
Invité

– Alors, il y a deux sujets, si vous voulez. Il y a le principe et ensuite il y a la mesure technique qui est proposée. Sur le principe, je considère qu'à un moment où on demande aux Français de faire un effort collectif pour essayer de stopper cette fuite en avant des déficits et de l'endettement, et je pense qu'il y a une vraie prise de conscience aujourd'hui des Français là-dessus, au moment où on demande aux Français de faire un effort sur ce sujet, il faut que les plus grandes fortunes contribuent à cet effort de solidarité nationale à hauteur de leur capacité. – Mais est-ce que vous la voterez, vous ?

– Et je pense, je vais vous répondre, et je pense que c'est un sujet de recette pour le budget de l'État, mais c'est aussi un message de justice fiscale qu'il faut envoyer aux Français. Les écarts de richesse se creusent dans notre pays. Les dividendes sont passés de 20 milliards d'euros environ en 2020 à 73 milliards aujourd'hui. Le reversement des dividendes aux actionnaires et les grandes fortunes augmentent à un rythme soutenu. Il ne s'agit pas de stigmatiser les grandes entreprises et les grandes fortunes.

Ce qui est proposé dans cet impôt planché à 2%, c'est que pour les plus grandes fortunes de France, on parle des fortunes qui sont de plus de 100 millions d'euros, donc ça ne touche pas les riches ou les très riches, on est vraiment dans les grandes fortunes, c'est 1 500 ou 1 800, les plus grandes fortunes de France. On propose que si, quand ils ont payé tous leurs impôts, impôts sur le revenu, contributions sociales à la CSG, etc., ils n'atteignent pas 2% de leurs fortunes, eh bien on leur demande la différence. Je suis plutôt favorable à ce principe. Ce qu'il faut regarder ensuite, c'est le calibrage. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est à 2%.

J'ai vu que des amendements avaient été déposés à 1%. Moi, encore une fois, je suis favorable à cette participation des plus grandes fortunes. Il faut voir à quel niveau on le met, quel est le bon calibrage, parce qu'on a aussi besoin de ces grandes entreprises dans le pays.

12:56
Présentateur

Vous qui présidez la délégation sénatoriale aux collectivités, est-ce que les collectivités territoriales doivent aussi contribuer à l'effort de redressement des finances ?

13:04
Invité

Alors, pour moi, oui. Je pense que c'est un effort collectif, je viens d'en parler, et que tout le monde doit apporter sa contribution, et les collectivités le peuvent. Je veux simplement rappeler que les collectivités ne sont pas responsables du déficit public et de l'endettement du pays. Mais il faut bien que tout le monde contribue si on veut arriver à atteindre notre objectif. En revanche, vous savez que c'est ma ligne et mon ADN, j'ai envie de dire, on ne peut pas appliquer des mesures uniformes à toutes les collectivités, les grandes, les petites, les riches et les pauvres.

Donc, la participation des collectivités, d'abord, elle doit être à un niveau qui est acceptable, c'est le premier sujet. Ça ne peut pas être les 6 ou 8 milliards d'euros dont on a parlé à un moment. Et deuxièmement, ça doit se faire sur la base de la justice territoriale, c'est-à-dire que toutes les collectivités ne sont pas, derrière les moyennes, souvent flatteuses, se cachent des différences importantes, des disparités importantes. Et donc, toutes les collectivités ne peuvent pas être appelées de la même façon.

Je pense, par exemple, aux départements, dont beaucoup se trouvent aujourd'hui en situation difficile, parce qu'ils ont une croissance de leurs dépenses obligatoire, qui est plus forte que la croissance de leurs recettes. Je pense aux petites collectivités et je pense franchement qu'il faudrait épargner toutes les collectivités de moins de 2 000 habitants qui ne pèsent pas dans l'endettement public et qui, souvent, ont des situations financières plutôt fragiles. Donc, oui, la justice territoriale, justice fiscale, justice territoriale, il y a une cohérence dans la ligne que je défends.

14:24
Présentateur

On va voir ce qu'on pense le président de l'Association des petites villes de France. Bonjour Christophe Bouillon. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous présidez cette association qui se réunit en congrès aujourd'hui. Et demain, vous êtes du côté de Saint-Rémy-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Vous allez rester avec nous jusqu'à la fin de cette interview pour réagir aux différents sujets avec Bernard Delcroix. D'abord, est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'il vient de dire ? Les collectivités doivent participer à l'effort de redressement des finances tout en restant dans une justice territoriale ?

14:56
Invité

Moi, je crois que le président Delcroix pose des principes auxquels on peut adhérer. Vous savez, les élus des communes ne sont pas dans le déni. Il s'agit sans responsabilité. D'abord, ils ont l'habitude de faire des efforts. Vous savez que ça applique à nous une règle d'or qui veut qu'on ait autant de dépenses qu'on a de recettes. Et ça, c'est important parce que depuis des années, avec ce principe, ça a amené à ce qu'au niveau national, la dette des collectivités locales soit identique. Depuis plus de 20 ans, elle est autour de 9%.

C'est-à-dire clairement, et je crois que le président Delcroix l'a rappelé, et j'en le remercie, les collectivités locales ne sont en rien responsables du niveau de la dette nationale. On a aussi fait des efforts parce qu'on a été confrontés ces derniers temps à la hausse, par exemple, de la facture énergétique. On a été confrontés à différentes crises qui nous ont amenés aussi déjà à formuler un certain nombre d'efforts. Et je rappelle par ailleurs que l'année dernière, dans le budget précédent, il nous a été demandé de faire des efforts qui se chiffrent à plusieurs milliards. Vous avez donc des élus qui ont déjà le sentiment d'avoir fait beaucoup.

D'ailleurs, beaucoup de collectivités, beaucoup de maires que je rencontre, me disent qu'ils sont à l'os, c'est-à-dire qu'ils ne voient plus aujourd'hui comment contribuer à cet effort. J'ai bien entendu la liste formulée à l'instant par le président Delcroix. Il a cité les départements, il a raison, ils ont des dépenses très contraintes. Mais quand il parle des communes, je pense qu'il faut aussi regarder ce qu'on appelle les villes moyennes, les petites villes, les villes de la Strat entre 2500 et 25 000 habitants qui sont confrontées à des exercices de plus en plus difficiles. D'abord parce qu'ils ont des agents pour rendre des services aux habitants.

Et puis, ils ont aussi des équipements. Et ils ont le sentiment d'avoir aussi fait des efforts à la demande de l'État. Je vais vous donner un seul exemple. Quand on nous dit qu'il faut aller très très loin sur la transition écologique, qu'il faut mieux isoler par exemple nos bâtiments pour éviter les déperditions énergétiques. Nous l'avons fait. Sauf qu'avant d'être une économie, c'est une dépense. Donc on a besoin de continuer malgré tout à contribuer à un autre effort qu'est celui d'investir pour notre pays autour de grands défis.

17:02
Présentateur

Christophe Bouillon, vous restez évidemment avec nous. On va parler d'un autre sujet. L'un des sujets d'inquiétude des collectivités, c'est la difficulté croissante à trouver des assurances émeutes à l'éa climatique. Tout cela complique la donne. Comment garantir une solution à chaque collectivité ? C'est l'objet d'un texte qui a été voté hier soir au Sénat. On va voir ce qu'il contient avec Stéphane Duguay. Bonjour Stéphane.

17:31
Bernard Delcros

Bonjour Auriane. Bonjour Bernard Delcroix. Bonjour.

17:33
Présentateur

Et Stéphane, hier soir le Sénat a donc adopté une proposition de loi pour faciliter l'assurabilité des communes.

17:37
Bernard Delcros

Oui Auriane, une adoption à l'unanimité. Et vous y étiez Bernard Delcroix. La proposition de loi a été déposée par votre collègue, le LR Jean-François Husson, rapporteur de la Commission des finances. Ce texte vise à répondre à un problème qui devient de plus en plus important pour les collectivités locales. S'assurer ses biens, comme par exemple leurs bâtiments publics.

17:55
Invité

Un constat dressé lors d'une mission d'information, c'était au Sénat l'année dernière.

17:58
Bernard Delcros

Tout à fait, une mission d'information menée par le même Jean-François Husson. Il a lancé une consultation en ligne. 713 élus locaux ont répondu et les résultats sont édifiants. 94% des élus qui ont répondu ont observé une hausse de leur cotisation en un an. 27% ont observé une hausse de leur franchise. Et 20% ont expliqué avoir eu un contrat d'assurance à résilier à cause de l'assureur.

18:22
Présentateur

Des chiffres qui traduisent en déséquilibre de la relation entre collectivité et assureur.

18:25
Bernard Delcros

Et cela s'explique par deux raisons. On pense d'abord aux émeutes de 2023, aux gilets jaunes en 2018 ou encore à l'augmentation des catastrophes climatiques. La logique est assez simple. En fait, plus vous avez de dégâts, plus l'assureur va augmenter votre cotisation parce qu'il doit vous rembourser plus. Mais il n'y a pas que ça. La mission d'information du Sénat a montré qu'il y avait un problème de concurrence sur le marché des collectivités. Il est partagé entre deux assureurs. D'un côté, vous avez Groupama pour les villes de moins de 10 000 habitants. De l'autre, vous avez SMACL pour les autres communes. Une situation déséquilibrée.

Comme l'explique l'auteur du texte, le sénateur à l'air Jean-François Husson.

19:00
Invité

Il y a eu une atrophie, non pas du marché, mais il n'y avait plus que deux assureurs qui faisaient la course au prix bas. Et ils ont été pris en défaut puisque en caissant insuffisamment de primes, il fallait payer davantage de sinistres. Donc il y a une mécanique, je dirais incontournable, c'est le réajustement par les prix. C'était à crainte, c'est ce qui se passe. Je viens d'interroger les communes de Meurthe-et-Moselle. J'ai aujourd'hui plus de 110 réponses. Elles ont à peu près toutes des hausses entre 20 et 150 %.

19:31
Présentateur

Plusieurs solutions du coup, Stéphane ?

19:34
Bernard Delcros

Oui, que les sénateurs ont proposé dans le texte débattu hier. D'abord, mieux suivre le marché de l'assurance et les tarifs pratiqués par les assureurs. Il y a aussi la possibilité de permettre aux collectivités de saisir le médiateur quand elles ne trouvent plus d'assureurs parce que beaucoup de collectivités expliquent que personne ne répond à leurs appels d'offres. Et il y a aussi l'obligation d'une franchise dans chaque contrat d'assurance pour d'un côté responsabiliser les collectivités et de l'autre espérer faire baisser le prix des contrats.

19:59
Invité

Et puis le texte, il est aussi consacré aux émeutes.

20:01
Bernard Delcros

Oui, en réaction à celle de juin 2023 après la mort de Naël à Nanterre. Mais ce n'est pas seulement après cet événement-là que le texte réagit puisque, Auriane, les 10 mouvements populaires les plus coûteux pour les assurances dans le monde, on parle bien dans le monde, et bien sur ces 10 mouvements, 3 ont eu lieu en France. Il y a les gilets jaunes en 2018, donc les émeutes de Naël en 2023, suite à la mort de Naël, et puis les émeutes en Nouvelle-Calédonie l'an dernier.

Le texte propose donc d'inclure dans les contrats une garantie d'indemnisation des communes en cas d'émeute, mais aussi elle prévoit d'ouvrir la dotation de solidarité aux collectivités victimes d'événements climatiques ou géologiques aux collectivités qui subissent des dégradations après des émeutes. Ce qui m'amène à ma première question, Bernard Delcroix. Vous êtes président de la délégation aux collectivités territoriales ici au Sénat. Est-ce que pour vous, ces mesures sont suffisantes ?

20:50
Invité

Alors déjà, nous avons travaillé de concert avec la Commission des finances sur ce sujet, puisque le président du Sénat a saisi la délégation aux collectivités territoriales pour s'emparer de cette question, et dire que la situation de blocage auquel elles sont confrontées, et vous avez fait le constat, les collectivités n'est absolument pas acceptable, et donc il faut agir. Alors il y a eu plusieurs initiatives qui ont été prises. Il y a cette proposition de loi que vous avez rappelée, que nous avons votée à l'unanimité hier. Il y a eu des initiatives gouvernementales, notamment avec une circulaire, c'est la circulaire du 2 mai, qui mobilise les préfets là-dessus.

Je pense qu'on avance, et ces mesures devraient être de nature à apaiser la situation, et à permettre aux collectivités de pouvoir être assurées, évidemment, dans des conditions, vous avez parlé de la hausse des cotisations, dans des conditions qui soient acceptables et compatibles avec leurs capacités financières.

Mais, je l'ai dit hier dans mon intervention à la tribune du Sénat, si, à la suite de toutes ces initiatives et ces mesures parlementaires et gouvernementales, les collectivités, ou un certain nombre de collectivités, se trouvent toujours confrontées à cette impossibilité de s'assurer, ou alors à des coûts incroyables, on a vu des franchises jusqu'à 2,5 millions d'euros proposées par les assureurs, et bien dans ce cas-là, il faudra aller plus loin, et moi j'ai proposé que, si toutefois ces mesures ne sont pas suffisantes, si elles n'apportent pas une garantie concrète à toutes les collectivités de France, et bien il faudra envisager un droit à l'assurance, comme il existe, un droit au compte pour les particuliers.

Voilà, donc c'est le dernier avertissement, si je peux dire, en direction des assureurs. C'est-à-dire que toutes les collectivités aient une assurance ? C'est le droit à l'assurance pour toutes les collectivités. Je rappelle que, assurer une collectivité, c'est quoi ? C'est assurer une mairie, c'est assurer une crèche, c'est assurer une église, c'est assurer des bâtiments publics qui offrent des services publics aux habitants. Et ça veut dire qu'aujourd'hui,

22:40
Présentateur

les assureurs, ils jouent trop peu le jeu, selon vous ?

22:43
Invité

Je trouve qu'il faut une attention particulière pour les collectivités. Encore une fois, les maires ne sont pas responsables de cette situation, et ils remplissent des missions de services publics. Et assurer une collectivité, c'est permettre aux maires de remplir ces missions de services publics, dont certaines d'ailleurs sont confiées par l'État. Donc chaque commune de France doit pouvoir souscrire un contrat d'assurance qui soit, encore une fois, acceptable, qui soit acceptable du point de vue des capacités financières de la collectivité. Donc je pense que cet ensemble de mesures, et notamment le texte d'hier, doit nous permettre d'avancer.

Si cela ne règle pas le cas pour toutes les collectivités de France, nous passerons à une étape supérieure. En tous les cas, nous, nous ferons une proposition du droit à l'assurance pour toutes les collectivités de France.

23:22
Présentateur

Donc une nouvelle proposition de loi ?

23:24
Invité

Pour l'instant, on va observer.

23:25
Présentateur

Si ça n'avance pas ?

23:26
Bernard Delcros

Oui. Et vous mettez quoi comme échéance, justement, pour décider de redéposer un texte, en tout cas, de passer à l'étape supérieure ?

23:32
Invité

Il y a des contrats qui sont en cours, il y a des difficultés. Moi, j'ai envie de dire, il faut qu'on regarde ces mesures. Le ministre Éric Lombard a annoncé hier qu'avant la loi de finances, il proposerait un dispositif global sur l'assurabilité des collectivités. Donc voilà, il faut attendre ceci. Mais d'ici la fin de l'année, on y verra plus clair. En tous les cas, c'est une question de mois. L'idée, ce n'est pas d'attendre encore 5 ans avant de passer à une étape supérieure. Encore une fois, si elle est nécessaire.

23:57
Bernard Delcros

Il y a eu un amendement hier qui a été débattu dans l'hémicycle de votre collègue du groupe RDSE, Michel Massé. Lui proposait qu'on intègre aussi le coût des cyberattaques à ces contrats d'assurance, que les assurances puissent finalement réparer les dommages causés par les cyberattaques aux collectivités. Ça a été rejeté. Vous y êtes favorable ou pas forcément ?

24:16
Invité

Alors, c'est un sujet qui mérite d'être débattu. Je pense malgré tout qu'il faut faire les choses dans l'ordre, si je peux dire, et pas trop charger la barque, si vous me permettez l'expression. Pour l'instant, il faut déjà répondre aux situations de blocage qui est dans le pays. Aujourd'hui, on a des collectivités qui ne peuvent plus s'assurer. On a eu, dans nos auditions, on a eu des témoignages tout à fait édifiants des collectivités qui se sont tournées vers des assureurs étrangers, une collectivité en Suisse, aux États-Unis, une collectivité qui a dû se tourner vers un assureur au Japon, et d'autres qui se trouvent sans contrat d'assurance.

Donc, il faut d'abord régler, c'est l'urgence, c'est la priorité, ces situations-là, et après, nous verrons si nous pouvons étendre à d'autres sinistres la question des contrats d'assurance.

25:00
Présentateur

Christophe Bouillon, je reviens vers vous, je le rappelle, vous êtes le président de l'Association des petites villes de France, vous êtes avec nous depuis Saint-Rémy-de-Provence. Que pensez-vous de ce texte ? Est-ce qu'il répond à la problématique qu'en comptent les collectivités ?

25:13
Invité

L'Association des petites villes de France est une des associations qui a tiré la sereine d'alarme très tôt, parce qu'on a vu des collègues élus confrontés à ce que vient de décrire Bernard Delcroix, c'est-à-dire dans la possibilité d'assurer ici une école, un gymnase, ou même on a vu des collectivités parfois en difficulté pour assurer la collecte des déchets, tout simplement parce qu'ils ne pouvaient pas assurer les camions poubelles. On a demandé très, très vite, et c'est une proposition forte pour nous, c'est de garantir, comme vient de le rappeler Bernard Delcroix, le droit à l'assurance.

Il n'est pas possible aujourd'hui, dans notre pays, de voir des collectivités dans l'impossibilité de s'assurer. Alors, il y a eu des initiatives, et d'ailleurs, il y a celle du Sénat qui vient d'être rappelée, mais il y a eu aussi le reclore de l'assurabilité qui a permis l'adoption d'une charte, c'est-à-dire des engagements pris par différents assureurs, la SMALC notamment et Groupama. Il y a eu aussi le rapport d'Alain Chrétien, le maire de Vesoul, avec l'ancien président de Groupama. Bref, on a vu quand même une vraie mobilisation de part et d'autre pour essayer de décrire un peu la situation vécue et surtout d'adosser des solutions, des solutions concrètes.

Je considère pour ma part que la charte, c'est bien, à condition qu'elle soit tenue, à condition que les engagements soient vraiment respectés. Et d'autre part, j'accueille bien évidemment positivement, favorablement, la PPL qui a été discutée au Sénat, votée au Sénat à l'unanimité. Pour autant, et c'est là que je rejoins encore une fois, et ça ne l'étonnera pas, Bernard Delcroix qui connaît parfaitement la situation des collectivités locales et notamment des plus petites, je pense que la notion de droit à l'assurance elle est essentielle. Vous savez, il existe un organisme public, un opérateur public qu'on appelle la Banque des Territoires.

Pourquoi pas imaginer à un moment ou à un autre un assureur des territoires ? Il ne s'agit pas de se substituer aux assureurs, ils font leur métier, il s'agit de faire en sorte qu'à un moment ou à un autre, si une collectivité n'a aucune solution, ou alors si elle est victime d'une hausse exorbitante des primes d'assurance, ou alors avec des conditions draconiennes, elle puisse malgré tout se retourner vers un partenaire public qui assure ce fameux droit à l'assurance. Bonne solution ça ? Vous le suivez là-dessus ?

Oui, alors d'abord permettez-moi de saluer Christophe Bouillon qui est aussi président de l'Agence nationale de cohésion des territoires et avec lequel nous travaillons régulièrement en étroite collaboration. On est complètement en phase. Aucune collectivité ne doit se trouver sans possibilité de s'assurer et dans des conditions encore une fois acceptables. Donc, il y a plusieurs pistes. Alors il faut déjà encore une fois voir si les mesures qui ont été prises apportent une garantie suffisante et sinon il y a plusieurs dispositions, plusieurs pistes qui peuvent être mises en place.

Il y a le droit à l'assurance sur le modèle du 3A compte pour les particuliers, c'est-à-dire c'est que ce sont toujours les compagnies d'assurance qui assureraient mais avec une obligation ou sinon il peut y avoir une autre piste et je pense en effet que la Banque des Territoires peut jouer un rôle pour trouver des solutions.

28:11
Présentateur

Christophe Bouillon, on le disait, vous tenez votre congrès, le congrès des petites villes de France aujourd'hui et demain. Dans quel état d'esprit sont aujourd'hui les maires des petites villes de France et quel message allez-vous faire passer notamment au gouvernement ?

28:23
Invité

Ils sont avec un sentiment mêlé. D'abord, la plupart des maires aiment ce qu'ils font. Vous savez, maire, c'est l'anagramme d'aimer. À la fois, on constate qu'il reste aujourd'hui les élus les plus aimés par la population. Ils ont une cote d'amour qui reste assez élevée et en même temps, ils aiment ce qu'ils font. Mais ils sont un peu épuisés parce que c'est vrai que depuis 2020, le début de leur mandat qui a commencé de façon un peu chaotique, ils n'ont fait que de gérer des crises. Ils ont subi des chocs entre la crise énergétique, la crise sanitaire, aujourd'hui, la crise de la dette de l'État. Bref, on vient souvent leur demander un soutien, une participation, leur concours.

ils répondent toujours présents. Mais en même temps, ils ont le sentiment qu'on continue parfois à les écraser ici avec des normes. On a beaucoup, beaucoup de normes aujourd'hui qui pèsent, des contraintes qui sont lourdes. Bref, ils ont envie d'avoir une forme de bouffée d'oxygène pour continuer à remplir leur mission auxquelles ils croient. Et pour autant, on a participé à un travail qui a été mené par le Cévi-Pof sur l'état d'esprit des maires. On a vu que beaucoup souhaitaient lâcher prise, renoncer à leur mandat dans des proportions qui restent raisonnables malgré tout, avec des différences qu'on peut voir entre les petites communes et les communes plus importantes.

Moi, ce que j'ai envie d'adresser comme message au gouvernement, et on aura la chance demain d'avoir le Premier ministre qui viendra clôturer nos travaux, c'est un pacte de confiance avec les collectivités locales. Les collectivités locales, c'est celles qui participent à l'investissement public, c'est celles qui permettront de réussir la transition écologique, c'est celles qui permettront aussi de lutter contre l'isolement social que l'on rencontre de plus en plus. On connaît la situation de jeunes isolés ou de personnes âgées, on est confrontés au vieillissement de la population. Bref, les élus qu'on pense souvent proches des problèmes sont aussi proches des solutions.

On a envie qu'on nous écoute, on a envie qu'on nous fasse confiance. Et on entend bien le message. Très rapidement, Bernard Delcroix, qu'est-ce que vous lui dites à Christophe Bouillon ? Je partage complètement ce qu'il dit. Je suis resté maire d'un petit village pendant très longtemps. C'est une très belle fonction parce que c'est là, sur le terrain, que tout se passe. Le lien avec les habitants, l'humain, la cohésion sociale, l'accompagnement des personnes, c'est une très belle fonction et je pense qu'il faut qu'à tous les niveaux, on accompagne et on facilite la tâche des maires et des élus locaux.

30:51
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Christophe Bouillon d'avoir été avec nous, président de l'Association des petites villes de France, réunis donc en congrès dans les bouches du Rhône et merci Bernard Delcroix, également président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales. Merci à vous. Merci de votre invitation. On poursuit cette émission. On va accueillir tout de suite le ministre Marc Ferracchi qui nous rejoint. Bonjour Marc Ferracchi. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes mis chargé de l'industrie et de l'énergie. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord.

31:40
Invité

Bonjour Julien. Bonjour Monsieur le Ministre. Bonjour.

31:43
Présentateur

Marc Ferracchi, avant d'en venir à vos dossiers, l'actualité, ce sont les suites du meurtre de cette surveillante poignardée par un adolescent de 14 ans. Avant d'en venir aux mesures, un mot peut-être

31:52
Invité

sur ce qu'on a appris hier sur le profil de cet adolescent. Quand vous avez entendu hier le procureur dire qu'il reconnaît les faits mais qu'il n'a ni compassion ni regret, qu'il ne sent pas d'attaché, attaché d'importance

32:03
Présentateur

à la vie humaine, qu'il a voulu s'en prendre à une surveillante car il ne supportait pas le comportement des surveillantes en général, comment vous avez réagi ?

32:10
Invité

Avec beaucoup d'émotions, avec beaucoup de colère. En tant que père de famille, ce drame, évidemment, me touche comme il a touché tous nos concitoyens. Vous l'avez dit, le profil, les premiers mots, les premières paroles de l'agresseur sont évidemment glaçants. On a besoin, au-delà des mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre, on va peut-être en parler, des mesures d'urgence sur le contrôle des armes et en particulier des armes blanches dans les établissements scolaires. Je pense qu'on a besoin collectivement de prendre la mesure de la lame de fond qui est en train de constituer un changement de rapport à la violence au sein de la jeunesse.

Vous l'avez dit, la banalisation de la violence, l'absence de respect pour la vie humaine, le fait de relativiser des actes aussi graves que ceux-là, je pense que ça doit nous interroger sur des causes et forcément sur des actions plus profondes à mener. Vous n'y voyez pas en fait un acte isolé mais plutôt un mouvement, un glissement de la société ? C'est en tout cas quelque chose qu'il nous faut analyser collectivement. Je pense qu'on ne peut pas ici s'en tenir à l'analyse de ce qui s'est passé comme d'un simple fait divers. Je pense qu'il y a quelque chose qui est plus profond. Est-ce que, comme vous le dites, c'est une tendance de société ?

Je ne saurais le dire mais en tout état de cause, nous savons que la jeunesse aujourd'hui connaît des difficultés. On le sait depuis l'époque du Covid, la santé mentale des jeunes est un problème qui est devenu plus prégnant. Et je pense que sur ce sujet, on a besoin, sans réagir de manière précipitée, on a besoin véritablement d'envisager toutes les causes et toutes les actions. des réactions précipitées, mesures d'urgence. François Bayrou a d'ores et déjà annoncé sa volonté d'interdire les armes blanches pour les mineurs. Il y a une réflexion qui est encore faite sur les portiques de sécurité. Mais est-ce que c'est vraiment là que se situe l'urgence, entre guillemets ?

Puisqu'on le voit, le mineur en question, il a pris un couteau de cuisine. J'allais dire interdire les armes blanches aux mineurs, de toute façon, ne résoudra pas le fait qu'on puisse avoir accès à un couteau quel qu'il soit. Certes, mais on peut toujours limiter le risque que se produise ce genre d'événement en limitant l'accès. Je pense qu'il faut agir sur tous les leviers nécessaires, tous les leviers disponibles. Les mesures d'urgence, elles sont très importantes et je pense que le contrôle, en particulier des armes blanches à l'entrée des établissements est quelque chose qu'il faut intensifier. C'est le sens des annonces du Premier ministre.

Mais comme je le disais, il faut aussi s'attaquer aux causes profondes. Je pense qu'il y a vis-à-vis de la violence une forme de banalisation au sens où il n'y a pas le contrôle social, c'est-à-dire la pression que peut exercer le groupe, la communauté sur le fait de commettre des actes violents, de ne pas les commettre justement, que l'on peut retrouver dans d'autres pays. Je pense qu'il y a ici quelque chose qui est véritablement très profond, qui peut-être revient de loin, mais en tout état de cause, on a besoin de prendre la mesure de cela et d'y apporter des réponses qui ne se limiteront pas évidemment aux mesures d'urgence qui ont été évoquées. Un dernier mot là-dessus, Jérôme ?

Oui, puisque Emmanuel Macron lui a fait un lien, même s'il n'est pas prouvé à l'heure actuelle, avec les réseaux sociaux, en parlant à nouveau d'une interdiction des réseaux sociaux à partir de 15 ans. Est-ce que selon vous, c'est une mesure qui est nécessaire et aussi faisable ? Écoutez, ça, c'est une discussion qui a lieu et va avoir lieu dans les prochaines semaines, dans les prochains mois et qui sera, je pense, très riche, très fertile. Les réseaux sociaux sont un symptôme, sont un symptôme de ce qui se passe dans la société, sont une caisse de résonance de ce qui se passe dans la société.

Les réseaux sociaux donnent le sentiment à des jeunes ou des moins jeunes, d'ailleurs, que la vie se déroule par écran interposé. La réalité, c'est qu'on met à distance la réalité à travers les écrans. On met à distance la réalité, on met à distance la gravité des faits et c'est cette prise de conscience, quand j'évoquais tout à l'heure la nécessité de prendre conscience, d'arrêter de banaliser, c'est aussi percevoir qu'on ne se met pas à distance de la réalité à travers les écrans, que la violence, quand elle a lieu sur les réseaux sociaux, elle fait parfois irruption dans la vraie vie.

C'est cette passerelle qu'il nous faut absolument déminer, qu'il nous faut absolument couper entre une violence qui peut apparaître symbolique à certains, virtuelle à certains sur les réseaux sociaux et qui ensuite, psychologiquement, fait que les gens passent à la crise. Julien, on va parler du budget. Oui, sans transition aucune, évidemment. Pour trouver les 40 milliards d'économies nécessaires, on a vu ressurgir l'idée d'une année blanche, c'est-à-dire le gel du budget pendant un an. Ça ferait partie des pistes du gouvernement. C'est une bonne idée, selon vous ? En tout état de cause, on a besoin de trouver ces 40 milliards d'efforts qui doivent d'abord passer par des économies.

Je le dis parce que la ligne du gouvernement, et c'est la ligne de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 2017, c'est la stabilité fiscale, c'est la baisse des impôts qui a été introduite au départ et qui doit maintenant être préservée. Donc, j'insiste vraiment là-dessus. L'année blanche, ça signifie effectivement geler un certain nombre de prestations, un certain nombre de barèmes. Je pense que... Ce qui revient à augmenter la pression fiscale puisque, en fait, en gelant tout, s'il y a la moindre inflation, en fait, vous augmentez la pression sur les gens.

Ça, concrètement, ça signifie ralentir la progression des dépenses publiques au sens large parce que, vous le savez, une grande partie de la dépense et des dérapages de nos finances publiques provient des dépenses sociales. Donc, je pense qu'on a évidemment besoin d'avoir une approche large. Ce sont les dépenses de l'État, ce sont les dépenses sociales. Je veux quand même signaler que l'État, pour le budget 2025, a consenti la majeure partie de l'effort. Les dépenses de l'État représentent à peu près 20% de la dépense publique globale, mais représentent 73% de l'effort budgétaire qui a été fait pour 2025.

Donc, je pense qu'il faut avoir un effort qui soit réparti sur l'ensemble de la sphère publique. Ça inclut les dépenses sociales et ça inclut peut-être, mais c'est une piste parmi d'autres. Vous le savez, le Premier ministre va faire des annonces à la mi-juillet. Il ne m'appartient pas de préempter ces annonces. Le fait... Mais sans préempter, c'était votre avis qui m'importait. C'était de savoir si pour vous, encore une fois, je pense que nous avons besoin en matière de dépenses sociales de ralentir la machine. Mais de quelle manière ? Ça fait partie des pistes. Je pense qu'il y a deux principes.

Le principe consistant à ralentir la machine en limitant l'indexation de certaines prestations, c'est un principe, vous l'avez dit, qui comporte des effets sociaux parce qu'effectivement, un certain nombre de citoyens peuvent être affectés. Il y a un autre principe que je souhaiterais voir mis en œuvre de manière beaucoup plus systématique et sur lequel j'ai fait des propositions ces derniers mois, ces dernières années quand j'étais parlementaire et même dans ma vie d'avant, quand j'étais universitaire. C'est un principe d'évaluation systématique des dépenses publiques. Moi, j'ai proposé un principe consistant à mettre en place ce qu'on appelle des clauses d'extinction.

C'est quoi une clause d'extinction ? C'est de dire que certaines dépenses, certaines niches fiscales, certaines niches sociales, ont une durée de vie limitée et elles ne deviennent pérennes que si une évaluation faite par des chercheurs indépendants est rigoureuse à montrer leur efficacité. Ça, c'est un principe très puissant qui doit nous permettre de supprimer les dépenses inefficaces. Voilà ce que moi, je préconise et je pense que c'est un principe très général de régulation de la dépense publique qui gagnerait à être mis en œuvre dès les prochains textes.

39:59
Présentateur

Le Sénat examine aujourd'hui la taxe Zuckman, cet impôt sur les ultra-riches, ceux qui ont plus de 100 millions de patrimoine. Pourquoi le gouvernement ferme la porte à cette taxation ?

40:08
Invité

Vous savez, sur cette taxe, il y a eu beaucoup de débats. Il y a eu des débats au Parlement. Il y a des débats qui traversent la société. Le sujet, c'est de trouver le bon point d'équilibre. On a aujourd'hui un impôt sur la fortune immobilière. On a fait le choix au début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron de transformer l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière dans le but de renforcer l'attractivité de notre pays, dans le but de donner une visibilité à ceux qui investissent et en particulier à ceux qui investissent dans des valeurs qu'on appelle les valeurs mobilières. Tout cela a produit des résultats.

Je pense qu'il faut faire attention à ne pas envoyer de signaux qui mettraient en péril les résultats qui ont été obtenus. Quand je parle de résultats, ce sont des résultats très concrets. Je suis ministre de l'Industrie et de l'Énergie. Je constate, dès que je me déplace, que je vais sur le terrain dans les territoires, que les investisseurs qui, lors du sommet de Chouze France, annoncent des milliards d'euros, ça se traduit très concrètement par des usines qui ouvrent, par des emplois qui se créent. Cette taxe

41:13
Présentateur

du gouvernement coûterait des emplois ?

41:15
Invité

Ce cadre, je ne me prononce pas sur la taxe en elle-même, je me prononce sur la nécessaire stabilité fiscale. C'est ça qui me semble l'élément le plus important. Les entreprises et plus largement ceux qui prennent des décisions économiques, qui se traduisent par des investissements, par des créations d'emplois, ils ont besoin de visibilité, de stabilité. On va parler

41:35
Présentateur

des entreprises. Il y a les bonnes nouvelles de Chouze France et puis il y a les mauvaises nouvelles. On a appris hier par exemple que Casa, à l'enseigne d'ameublement, a annoncé sa probable liquidation judiciaire. Il y a 700 emplois en jeu. Est-ce que le gouvernement peut faire quelque chose ?

41:50
Invité

Vous savez, le gouvernement est mobilisé sur tous les dossiers, qu'il s'agisse des dossiers industriels qui sont particulièrement dans mon portefeuille ou des dossiers plus larges, des enseignes de commerce, des enseignes qui ne sont pas dans le secteur industriel. Notre ligne, elle est toujours la même. quand on a des dossiers d'entreprises en difficulté, de restructuration, de procédures collectives, c'est-à-dire des redressements judiciaires, des sauvegardes, on cherche d'abord des solutions industrielles ou économiques. Ça, c'est la première chose. On a des services qui sont très mobilisés. On a les commissaires au redressement et à la prévention des difficultés des entreprises.

On a aujourd'hui une méthode qui est très claire et qui nous permet d'obtenir des résultats. Il y a des entreprises qui sont en difficulté. Il y a aussi des entreprises qu'on sauve. On a sauvé la fonderie de Bretagne avec l'intervention de l'État et des élus locaux il y a quelques semaines. On a sauvé ARC et 4 000 salariés par l'intervention de l'État il y a quelques mois. C'est un verrier, le plus gros site verrier du monde. Donc, et vous le savez, c'est dans le Pas-de-Calais. On connaît bien. C'est dans le Pas-de-Calais. Donc, il y a des combats qu'on mène, il y a des combats qu'on gagne et des combats qu'on perd. Donc, on se mobilise systématiquement sur chaque dossier.

C'est ça que je veux dire. Est-ce que le combat pour ArcelorMittal ? Est-ce qu'on va le gagner ? Écoutez, sur ArcelorMittal, quelle est la nature du combat ? La nature du combat, c'est de préserver une production d'acier en France. C'est de faire en sorte que les sites ne ferment pas et qu'on continue à produire cet élément absolument fondamental qui est l'acier. C'est stratégique. C'est stratégique. L'acier d'agréologie, c'est l'industrie des industries parce que c'est une industrie dont ont besoin la défense, l'aéronautique, l'automobile en aval de la production d'acier.

Donc on a besoin pour des raisons de souveraineté, pour des raisons stratégiques de continuer à produire de l'acier en France. Quelle est la meilleure manière de s'assurer de cela ? Pour moi, c'est de faire en sorte que des investissements soient consentis, soient engagés par Arcelor, mais aussi par tous les autres acteurs de l'acier d'agréologie. ArcelorMittal a confirmé la construction d'un premier four électrique sur le site de Dunkerque. Cela dit, ils n'ont pas encore prévu un deuxième four qui était prévu à l'origine. Ils n'ont pas prévu une unité de réduction des minerais qui est censée fonctionner avec ce four électrique.

Est-ce qu'on est en droit de se poser des questions sur l'avenir du site ? Je pense que si les investissements sont lancés et sont concrétisés suite aux annonces qui ont été faites sur le premier four électrique, c'est un très bon signal. C'est un très bon signal pour l'avenir parce que c'est un investissement de 1,2 milliard d'euros. C'est considérable. Avec combien de millions d'aides publiques ? Et ça signifie que Arcelor croit dans la production d'acier en France. Maintenant, vous me parlez plus généralement des investissements qui pourraient être consentis au-delà.

Il faut bien voir que le marché de l'acier aujourd'hui est un marché qui est en difficulté, qui est soumis à une concurrence chinoise surcapacitaire, qui est massivement subventionnée. Et une partie des solutions pour la filière sidérurgique se situe dans plus de protection commerciale. C'est ce que nous essayons de faire et que nous avons réussi à obtenir de la part de la Commission européenne qui s'est engagée à apporter des réponses et en particulier à mettre en place ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde plus importantes. Les clauses de sauvegarde, c'est des quotas d'importation, c'est-à-dire limiter l'ancrée d'acier chinois en Europe plus que ça ne l'est aujourd'hui.

Ça, c'est ce que demande la filière sidérurgique, c'est ce que demande Arcelor. C'est parce que nous avons agi au niveau européen, je parle de la France, et que nos propositions ont été reprises Et en même temps, vous avez Donald Trump qui, la semaine dernière, double les droits de douane sur l'acier. Comment on répond aux mesures de rétorsion ? Eh bien, vous avez raison. C'est évidemment très préoccupant. Il y avait déjà 25% de droits de douane sur l'acier. Donald Trump les a doublés à 50%. Et c'est très préoccupant. Et la filière est évidemment très préoccupée de cela. Comment on fait ? D'abord, on reste unis et fermes au niveau européen.

Parce que si on commence à avoir une approche bilatérale de la relation avec les États-Unis et de l'Amérique sur les sujets commerciaux, évidemment, on perd le bénéfice du marché européen et de la force que nous donne ce marché. Il y a 450 millions de consommateurs dont les États-Unis ne peuvent pas se passer. Donc, il faut construire la réforme. Elle est en train d'être la réponse. Elle est en train d'être construite au niveau européen.

Le 9 juillet, nous saurons si les négociations avec les États-Unis sur tous les sujets, à la fois sur les sujets sectoriels comme l'acier, mais sur les sujets de droits qu'on appelle les droits réciproques qui ont été imposés par l'administration américaine qui n'ont rien de réciproque parce que ce sont des droits unilatéraux. Si cette négociation aboutit à un accord satisfaisant, nous envisagerons de ne pas riposter. Mais en revanche, s'il n'y a pas d'accord satisfaisant, l'Europe ripostera de manière massive. C'est le mois de juillet ? C'est ce qui a été annoncé par la Commission européenne.

Juste une petite question aussi sur le secteur de l'automobile puisque les entreprises sous-traitantes des constructeurs Renault et Stellantis seraient dans une situation assez critique, nous dit l'Association des industriels de l'automobile de notre région, des Hauts-de-France. Va-t-on vers une crise du secteur ? Vous savez, c'est un secteur qui est déjà en difficulté. La production et les ventes de véhicules ont baissé assez massivement ces dernières années pour un certain nombre de raisons qui tiennent aux habitudes de consommation, qui tiennent à des problèmes de compétitivité de nos constructeurs par rapport à la concurrence chinoise et en particulier la concurrence dans l'électrique.

Et effectivement, vous l'avez dit, il y a le sujet des constructeurs et il y a le sujet des équipementiers. Une grande partie des problèmes d'entreprises en difficulté, de restructuration, de plans sociaux touchent les équipementiers. Face à cela, il y a plusieurs réponses à apporter. Il y a des réponses qu'on a apportées au niveau européen et j'étais moi-même avec le commissaire ces journées à Douai pour faire des annonces sur un plan de soutien à l'industrie automobile il y a quelques mois qui aujourd'hui sont en train de se concrétiser. Qu'est-ce qu'on doit à nos équipementiers ?

On doit d'abord de la protection et en particulier la protection contre les importations qui sont massivement subventionnées c'est les véhicules électriques chinois. Mais on doit également d'introduire des principes de préférence européenne dans la fabrication. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une partie de la valeur ajoutée d'une voiture, tous les composants, doit avoir été fabriqué en Europe. C'est ça qui protège nos équipementiers au-delà des constructeurs. Le droit européen ne le permet pas à l'heure actuelle ? Le droit européen ne le permet pas à l'heure actuelle.

En revanche, la préférence européenne a été introduite dans les annonces qui ont été faites par le commissaire ces journées. Maintenant, nous devons la concrétiser. Et c'est ça qui constitue, de mon point de vue, la voie de sortie et la voie de protection de notre filière automobile.

48:21
Présentateur

Julien ?

48:22
Invité

Oui, une autre question sur l'industrialisation ou plutôt la désindustrialisation. Le président de la commission d'enquête sur ce sujet, Charles Rodwell a dévoilé des pistes pour créer un choc d'attractivité. Il évoque, par exemple, on en parlait quasiment, de réserver 100% des commandes publiques aux petites entreprises européennes sous un certain seuil. On parle d'élargir l'assiette de la taxe carbone aux frontières, de baisser les cotisations sociales sur les entreprises de 20 milliards. Est-ce que vous signez avec ce plan ? J'ai été hier auditionné par la commission du président Charles Rodwell. J'ai partagé mes vues.

D'abord, pardonnez-moi, mais vous avez introduit le terme de désindustrialisation. on continue à créer de l'emploi industriel en termes de net. C'est le thème de la commission d'enquête. Les freins à la réindustrialisation. Les freins à la réindustrialisation. C'est ça, le nom de la commission d'enquête. Je le sais parce que j'ai été auditionné par elle. Et moi, j'ai insisté aussi sur les leviers. Mais dire qu'en 2024, on a continué à créer de l'emploi industriel, plus 10 000 emplois, ça ralentit. Il faut se le dire. Il y a un certain nombre de filières en difficulté, l'automobile, l'acier, la chimie. Et on voit qu'il y a des plans sociaux, des restructurations. Il faut agir. Nous agissons.

Je viens de vous en parler. Maintenant, sur les pistes. Il faut évidemment agir sur la compétitivité, les coûts de l'énergie, le coût du travail. Ce sont des éléments dont nous avons discuté hier avec les députés et qui sont extrêmement importants. La taxation carbone aux frontières. C'est un élément très important. On impose à nos industriels des contraintes en matière de décarbonation. Ça veut dire produire moins de CO2 et émettre moins de CO2 quand on produit. C'est le cas d'Arcelor avec ses investissements dans le flou électrique. Il faut que leurs concurrents et en particulier les concurrents asiatiques, chinois, soient soumis aux mêmes règles.

Ça, c'est le rôle de la taxation carbone aux frontières. Un dispositif qui rentre en vigueur début 2026 mais dont nous considérons qu'il n'est aujourd'hui pas suffisant. Nous avons fait des propositions pour le réviser avant son entrée en vigueur et en particulier appliquer ça aux produits transformés. C'est-à-dire pas simplement taxer l'acier mais taxer les poils, les choses qui sont faites à partir d'acier. Ça, c'est un élément très important. Nous avons fait d'autres propositions pour éviter les mécanismes de contournement.

Donc moi, je suis très en phase avec toutes les mesures qui visent à soutenir l'innovation, à soutenir la compétitivité et en particulier les prix de l'énergie, le coût du travail. Mais justement, est-ce que la réindustrialisation passe par une politique énergétique plus ambitieuse ? Mais bien sûr. Vous savez, ça n'est pas un hasard si mon portefeuille inclut l'industrie et l'énergie parce que la compétitivité industrielle et la souveraineté énergétique sont les deux phases du ministère. Mais est-ce que les deux sont en phase ? Mais je le crois et en tout cas, aligner notre politique énergétique avec les intérêts de nos industriels. Je vous donne un exemple.

Nous avons aujourd'hui des négociations qui ont lieu entre EDF et un grand nombre d'industriels, notamment ceux qui utilisent beaucoup d'électricité, on les appelle les électro-intensifs. Ces négociations, elles doivent aboutir avant le 1er janvier 2026 à des contrats de long terme, c'est-à-dire des contrats qui, sur 10 ans, 15 ans, donnent de l'électricité à bon prix à nos industriels. Elles vont se concrétiser. Certaines se sont déjà concrétisées avec aluminium Dunkerque, par exemple, mais d'autres vont se concrétiser dans les prochaines semaines.

C'est comme ça, avec une feuille de route très claire pour EDF, que nous donnerons à nos industriels la capacité à se battre à armes égales avec leurs concurrents. Et moi, c'est mon travail de ministre de l'Industrie et de l'énergie. Merci beaucoup. Merci Marc Ferrati d'avoir été avec nous. Julien, la une de la Voix du Nord, ce sont les incendies de trottinettes électriques. Oui, tout à fait, avec des drames qui se renouvellent, hélas. Merci Julien, à la semaine prochaine. On passe tout de suite au Club des Territoires.

51:55
Présentateur

Pour ce club,

52:08
Invité

bonjour Mickaël Darmon. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous, éditorialiste politique à Yves Enquête News et Valérie Le Cap.

52:13
Présentateur

Bonjour Valérie. Bonjour Aurélien. Merci également d'être là, éditorialiste politique pour le journal Point Info. On va revenir avec vous sur les suites du meurtre de cette surveillante à nos gens, poignardée par un élève

52:23
Invité

de 14 ans. Quelle réponse apporter notamment sur le port d'armes ou encore sur les réseaux sociaux. fasse le signe d'une société du laxisme.

52:31
Présentateur

Comme l'a dit Bruno Retailleau, vous nous direz ce que vous en pensez. Et puis l'autre sujet de ce club, c'est Israël Pesquière. Stéphane, l'ambassadeur d'Israël était au Sénat.

52:41
Bernard Delcros

Oui, il a évoqué deux sujets très importants. Déjà l'arrestation de ressortissants français. C'est à bord de la flottille de la liberté qui allait vers Gaza qui ont été arrêtées par la marine israélienne. Et puis au sujet de la reconnaissance potentielle d'un État palestinien par la France.

52:53
Invité

Et on va voir avec vous les temps forts de cette audition. Ce sera dans la deuxième partie de ce club. D'abord, c'est l'heure de l'actualité dans nos régions.

53:01
Présentateur

Et c'est l'heure de notre reportage en région CCAS. Vous avez sûrement déjà entendu cet acronyme. Ce sont les centres communaux d'action sociale. Ils sont 15 000 sur le territoire et jouent un rôle important notamment pour aider les plus précaires. Des CCAS en colère car le gouvernement envisageait de pouvoir les rendre facultatifs dans les communes de plus de 15 000 de 1 500 habitants. Je vais y arriver. Le ministre a finalement fait machine arrière mardi pour comprendre le rôle et l'utilité de ces CCAS. Jérôme Rabier nous emmène dans l'Essonne à Marolle en Urpoix.

53:44
Invité

Depuis presque 30 ans, Marie-Lise Rago fréquente le centre communal d'action sociale de sa commune au moins une fois par mois. Aujourd'hui, c'est au sujet de ses repas livrés à domicile.

53:56
Locuteur 7

Bonjour, Linda. Bonjour, Linda. Ça va ? Oui, bien sûr. Mais je viens vous voir pour le problème des portages de repas. s'il vous plaît.

54:03
Invité

Acteur majeur de la solidarité dans les communes, le CCAS est un repère pour les habitants qui viennent y chercher de l'aide mais aussi du contact.

54:12
Locuteur 7

On a des rencontres. Moi, je trouve que c'est très bien. Rien que le CCAS, mais ici, on rencontre les copines aussi. Il n'y a pas que le CCAS qui compte. C'est là où on peut arriver à se retrouver. Quand il y a le loto, quand il y a des choses comme ça, c'est là qu'on se retrouve toutes.

54:25
Invité

À l'accueil, Linda Ouahar s'occupe de les accompagner, orientées ou simplement rassurées. Souvent, le centre est l'unique interlocuteur pour les personnes isolées.

54:36
Présentateur

Tous les jours, ils sont livrés en repas et on a mon collègue Erjan qui leur en visite quand même chaque jour. Et lui, il arrive à détecter s'il y a un souci et il nous alerte et on arrive à venir en aide à ces personnes qui sont totalement isolées.

54:52
Invité

À Marolle-en-Urpoix, le bâtiment de la mairie héberge le CCAS mais avec une entrée dédiée pour bien marquer sa spécificité. On a souhaité depuis quelques années faire en sorte que les personnes qui viennent nous voir ont besoin d'une certaine confidentialité. On a donc créé le CCAS. Il a ses propres locaux, son propre accès. Quand ils viennent auprès du CCAS, c'est qu'ils ont un besoin particulier. Or, il est fondamental de garder, je dirais, nos CCAS parce que c'est eux qui vont faire du lien social une priorité dans nos relations au quotidien avec une part de nos administrés.

Pour piloter les CCAS, élus et associations travaillent main dans la main comme sur la question du logement pour les personnes en grande difficulté. C'est une thématique de forte demande. Il y a de grandes difficultés liées au logement dans notre territoire. Et oui, tout en conservant une liberté associative, en lien avec le CCAS, on répond aux besoins sociaux locaux. On a créé une dizaine de logements dans la rue dans laquelle nous sommes actuellement et on les propose aux ménages en difficulté de la commune qui en ont besoin. Un modèle bicentenaire dans les communes que le gouvernement voulait revoir en rendant optionnels les CCAS.

S'il avait été adopté, ce projet aurait permis à un maire de piloter directement son action sociale. Une aberration pour de nombreux élus. Si nous, on ne les accueille pas, alors qui va les accueillir ? Et c'est ça qui nous a, je dirais, structuré la défense, je dirais, de nos CCAS, c'est de dire finalement peut-être que ceux qui aujourd'hui ont fait cette décision ne connaissaient pas notre métier, ne connaissaient pas ce qu'on faisait au quotidien. Je pense qu'il était bon à un moment ou l'autre de se rappeler ce qu'est aujourd'hui un CCAS. Face à l'affronte des CCAS et le relais de nombreux élus et associatifs, le gouvernement a finalement renoncé à son projet.

Le gouvernement qui a finalement fait machine à rire, mais est-ce que c'est quand même symptomatique justement ce qui était envisagé M.KL ? Oui, enfin, cette histoire, c'est une coupe un peu longitudinale de l'embolie de l'action publique en réalité. Ça part d'une bonne intention qui est de dire on va donner au maire au fond un peu plus de gestion puisque tout ça s'est fait dans le cadre, il faut le rappeler, de la supposée simplification, mais en réalité ça débouche sur quelque chose qui est totalement à contresens et qui vient supprimer, on le sait, une structure très importante.

Au moment où on recommence à parler avec la fondation Jean Jaurès qui a fait ce travail de justement tout ce qui avait été enfoui dans les cahiers de doléances après les Gilets jaunes et lors du grand débat, où on découvre effectivement une population française qui est en demande de, je dirais, d'attention de la part des pouvoirs publics, qui souffre d'un sentiment d'abandon qui pour autant n'est pas éruptif comme on aime bien le présenter, mais qui voudrait retrouver des grands cadres et des grands fonctionnements. Et là, effectivement, mettre en danger cette structure très importante pour tout un tissu en difficulté des populations, c'est totalement un contresens.

Le gouvernement a reculé, a tenté laissé repasser une mauvaise mesure, recul, rien ne bouge, la France d'aujourd'hui. Valérie ? Oui, on est un petit peu surpris que cette intention ait eu lieu. Effectivement, on parle de simplification, mais on parle aussi de tous ces territoires qui sont désertés, où plus personne ne s'occupe de personne ni de rien et où les gens ont le sentiment d'un déclassement. En fait, c'est la base de la crise française qu'on connaît par cœur, qui a été largement théorisée. En plus, notre Premier ministre est totalement mobilisé là-dessus, lui aussi, au Sénat aussi, évidemment. Mais c'est vrai que c'est un petit peu dommage, on s'aperçoit.

Il y a des gens en ce moment qui sont en train de faire tourner des machines avec des chiffres, mais on se demande parfois s'ils regardent vraiment le fond des choses et les priorités. Donc, moi, je suis beaucoup plus intéressée par la taxe Zuckman qui est discutée aujourd'hui au Sénat et qui rapporterait environ 20 milliards d'euros, ce qui n'est pas rien. Mais ça nourrit aussi ce sentiment de fracture. On l'a entendu dans le reportage de Jérôme, l'impression que les gens qui décident ne savent pas ce que vivent les gens qui sont sur le terrain. Ah oui, c'était très important quand l'interlocuteur a dit en fait, on a le sentiment qu'ils ne connaissent pas notre métier en haut.

C'est exactement, on retrouve exactement la matrice de la colère des Gilets jaunes et avec en plus le fait que les bonnes résolutions officielles, notamment la fameuse formule macronienne du dernier connomètre avant le guichet, rien n'a changé. Donc, de ce point de vue-là, c'est un, je dirais, un événement emblématique qui permet de comprendre encore quel est l'état de disjonction entre le pouvoir central qu'en France on n'arrive pas à se séparer et la situation des populations sur le terrain et il ne faudra pas s'étonner après des résultats électoraux.

1:00:07
Présentateur

C'est ce que j'allais vous dire, ça aura des conséquences électorales, ça nourrit votre Rassemblement National tout ça ?

1:00:11
Invité

Je ne sais pas si ça nourrit le Rassemblement National proprement dit mais la défiance est toujours là, le sentiment que la politique agit contre vous et non pas pour vous est aujourd'hui prégnant et il faudra beaucoup, beaucoup, beaucoup de talent et créativité pour changer cet état d'esprit. On va parler de l'autre sujet de ce club, une minute de silence à midi dans tous les établissements scolaires de France. L'hommage à Mélanie, surveillante poignardée par un collégien de 14 ans hier. En garde à vue, il a reconnu les faits mais n'exprime ni regrets ni compassion. Hier, lors des questions d'actualité au Sénat, François Bayrou est revenu sur les mesures à prendre. Adrien Pain.

Une minute de silence observé au Sénat au lendemain du drame. Dans un collège de Nogent en Haute-Marne, une surveillante a été poignardée mardi matin par un élève de 14 ans. Pour François Bayrou, ce fait d'hiver n'est pas isolé et s'inscrit dans une hausse globale de la violence chez les mineurs. Un phénomène face auquel il faut prendre des mesures radicales d'après le Premier ministre. Il n'est pas normal qu'une vague se développe de possessions et de détentions et de ports d'armes de la part d'enfants mineurs et d'adolescents. Donc nous allons interdire la vente de ces armes.

Le chef du gouvernement évoque deux autres chantiers, la santé mentale des adolescents mais aussi l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il marche dans les pas d'Emmanuel Macron qui a remis l'idée sur la table ce mercredi. Dans tous les pays où les réseaux sont ouverts aux plus jeunes, on a une épidémie de troubles du comportement, on a des épidémies de violences, de troubles du caractère et donc c'est ça qu'on doit absolument réguler. Mais la vérité m'oblige à vous dire que ça dépend en fait du droit européen. Donc ce qu'on est en train de créer c'est un rapport de force pour que ça bouge. Pour le chef de file des socialistes au Sénat, ces réponses ne sont pas adaptées.

Très bien, les mesures de répression pourquoi pas mais il faut s'attaquer aux causes et les causes c'est un dramatique manque de moyens dans la pédopsychiatrie, on le sait aujourd'hui dans notre pays. La prohibition, je n'y crois pas. Dans le cas du drame de nos gens, les premiers éléments de l'enquête décrivent un adolescent en perte de repère sans trouble mental apparent et peu présent sur les réseaux sociaux. Devant le collège, les hommages se multiplient. Malgré la sidération, les cours doivent reprendre ce jeudi dans l'établissement.

Avant de parler des mesures et des annonces de l'exécutif, un mot peut-être Valérie sur le profil de cet adolescent, profil glaçant d'après les mots du procureur hier. Je suis toujours un peu surprise des commentaires parce qu'il y a eu un changement de comportement chez ce garçon. C'est-à-dire qu'on vous décrivait un garçon sociable, intégré dans la société, qui était aimable et deux fois de suite, en novembre et en décembre, il a quand même tapé, il a tapé de coups de poing à l'école. Et ce qui est le plus surprenant, c'est la sanction. Il a pris juste une journée où il n'est pas allé en classe.

Quand vous êtes en classe et que vous tapez vos camarades à coups de poing, apparemment, c'était quand même assez fort et visible, est-ce que ça mérite seulement une journée d'exclusion de classe ? Pourquoi est-ce que, je ne sais pas, moi je suis peut-être de la vieille école, mais j'ai connu des choses qui s'appelaient les conseils de discipline où on passait effectivement devant, enfin je ne parle pas de moi en particulier, mais où on passait devant la communauté scolaire qui discute avec vous, qui vous écrivait, qui vous sanctionnait. Je ne sais pas, ça méritait au moins une semaine d'exclusion.

Ce que je veux dire, c'est qu'on a l'impression qu'il n'y avait pas, parce que ce qu'on voit chez ce garçon, c'est une perte de repère, il ne sait plus où il est, il est attiré par la violence et par la mort, mais on a l'impression qu'il n'y a pas de digue, que rien ne l'interdit quelque part, qu'il n'y a pas de choses qui sont…

Et je suis étonnée parce qu'on n'entend pas du tout ce type de choses, parce que là, on parle de la violence des mineurs et on parle aussi de l'éducation nationale, c'est-à-dire que, est-ce que l'éducation nationale a encore les moyens aujourd'hui de détecter, de sanctionner, d'exclure, s'il le faut, des jeunes qui font des choses qu'il ne faut pas faire, comme de taper des camarades de classe. Donc, aujourd'hui, la violence des mineurs, c'est quoi ? C'est des séries et des films de plus en plus violents. Personnellement, il y en a, je n'arrive même pas à les regarder, tellement c'est devenu compliqué. C'est des jeux vidéo qui ne parlent que de mort, d'attaque, de violence, etc.

Ce sont les réseaux sociaux. Apparemment, lui, il ne les utilisait pas tant que ça. Mais Emmanuel Macron, et c'est surtout la grande idée de Clara Chapias qui est en charge du numérique auprès de lui, a raison de les interdire au moins de 15 ans. Il y a un livre très intéressant qui a été fait par un auteur américain sur l'anxiété que provoquent les réseaux sociaux. C'est-à-dire cette idée, tout le temps, on se compare, on s'affronte, on voit des choses qu'on ne devrait pas voir, etc.

Donc, je pense qu'on est dans un ensemble d'une atmosphère, en fait, globalement, qui, en particulier, depuis le Covid, dont on sait aujourd'hui qu'il a particulièrement rendu les jeunes anxieux, que ça a créé une anxiété que les jeunes n'avaient pas avant, on a un vrai sujet de société pour moi.

1:05:35
Présentateur

– Michael ?

1:05:36
Invité

– Raison de la colère, chapitre 2. Alors là, c'est encore plus fort parce que figurez-vous qu'en fait, cette loi qui nous est rabâchée en permanence par le président de la République, par tous les acteurs publics, comme étant la panacée, l'interdiction, elle existe, elle a été votée, jamais appliquée, aucun décret, parce qu'elle est en confrontation avec le droit européen. – L'initiative de Laurent Macan, j'ai le cas. – Voilà, et quand de manière très prudente, le président de la République avec sa scénographie volontariste, il faut le rapport de force parce qu'en fait, il faut que ça bouge, en réalité, tout est coincé, ça ne marche pas.

Donc de ce point de vue-là, bien sûr, le public qui regarde ça, même dans certains partis politiques, on est totalement découragé parce qu'on voit bien l'impuissance de l'action publique. Après, ce jeune homme, ce jeune tueur, il est effectivement emblématique de cette société ou cette jeunesse sans empathie qui est formée, formatée par tout ce monde virtuel, effectivement, des réseaux, des jeux vidéo où la vie, la mort, c'est juste une frontière que l'on passe maintenant sans aucun problème et qui transpose ça dans sa vie, dans la vie de tous les jours, dans la vie réelle.

Il était référent anti-harcèlement et tout d'un coup, il devient un tueur qui dit de toute façon, il fallait le tuer sans discernement, il fallait que je tranche quelqu'un. Donc, le désarroi est le plus total. On entend bien les pouvoirs publics, les ressources à publics qui n'ont en réalité aucune solution, ils n'ont que des incantations. Oui, parce que François Bayrou est venu immédiatement en 20h de TF1 dire qu'il faut interdire la vente d'armes blanches aux mineurs. On voit que lui, il avait un couteau de cuisine. Est-ce que du coup, cette mesure va servir à quelque chose ? Exactement, il a pris cet ustensile chez ses parents, il ne se l'est pas fait livrer.

Alors, on aurait pu penser qu'effectivement, le Premier ministre s'inspire de ce qui se passe, de la législation qui existe au Royaume-Uni. Vous savez que pour pouvoir récupérer et commander, par exemple, sur Amazon des couteaux, il faut être présent à la réception et délivrer sa carte d'identité et montrer effectivement qu'on a l'âge requis pour pouvoir acheter ce genre de choses. Il y a un phénomène incroyable déjà au Royaume-Uni d'attaque à l'arme blanche et il y a eu des législations très très dures qui ont été mises en place. Peut-être qu'il orgne un petit peu de ce côté-là, mais une fois de plus, c'est la lenteur de l'action publique qui vient se télescoper à l'urgence des problèmes.

Et ça amène à des propos comme celui de Laurent Nunez, le préfet de police, qui ne passe pas pour un fou furieux de l'autorité absolue, qui dit qu'il faudra un choc autoritaire en France. Et ça, c'est là le sujet et ça rejoint aussi ce que les cahiers d'oléances disent. Il faut de l'autorité, il faut retrouver l'école, il faut retrouver les grandes catégories qui structurent la société et évidemment, pour l'instant, on n'y est pas. Une position partagée également par Raphaël Glucksmann, le leader de Place Publique, député européen. Il était ce matin l'invité de France 2. Si vous voulez, on a mis sur les épaules de l'école l'ensemble des crises qui frappent notre société.

Et donc, comment on fait pour faire face à ça ? Il n'y a pas une mesure qui va tout changer. Il n'y a pas une mesure type les portiques qui vont empêcher ces horreurs d'arriver. C'est bidon tout ça ou il faut le faire quand même ? Non, ce n'est pas bidon. Mais il faut arrêter de faire la course à la mesure qui va empêcher ce genre d'horreur. c'est beaucoup plus profond que ça. C'est des années, des décennies de délitement du lien civique. Il ne faut pas faire la course à la mesure. On est dans un mal qui est plus profond comme le dit Raphaël Glucksmann. Oui, moi, je suis absolument d'accord avec ça.

Je pense qu'il y a eu un changement de paradigme absolument complet que la jeune génération est confrontée à des violences, à des choses qui débordent complètement. pour revenir quand même sur cette histoire de réseaux sociaux parce que ce jeune homme-là ne regardait pas tellement les réseaux sociaux mais les jeunes les regardent énormément. Et moi, je suis quand même convaincue que le fait qu'ils passent autant de temps sur les écrans, sur les réseaux sociaux, sur etc., transforme leur vision de la société. Ils sont propulsés en permanence dans des mondes qui n'est pas le leur. même les parents perdent pied par rapport à ça.

Je veux dire, cette série adolescence, là, on voit des gosses qui sont fermés dans leur chambre toute la journée en train d'être sur l'ordinateur et le père, à la fin, qui dit mais j'aurais dû m'en occuper plus. Mais c'est tellement facile de les laisser devant leurs réseaux sociaux. Alors, c'est vrai que c'est une directive européenne, normalement, la mesure d'âge, mais il y a des possibilités technologiques que l'on connaît en France puisqu'on les utilise pour protéger les jeunes du porno. Il y a des... En fait, il faut... Il y a des mesures de vérification d'âge.

En fait, quand vous allez sur les réseaux sociaux, vous devez décliner votre identité et vérifier vraiment par un double contrôle qui est un peu techniquement compliqué mais qui fonctionne, vérifier que vous êtes bien la personne et que vous avez bien plus de 15 ans. Donc, dans l'éventail des choses, on a vu que les portiques, on peut passer les couteaux quand même, les couteaux en céramique, interdire la vente des couteaux, vous avez raison, il y en a partout. Pour moi, la mesure la plus efficace et qui correspond à ce que dit aussi Raphaël Mixman, c'est de réglementer les réseaux sociaux. Alors, ça ne suffit pas.

Pour moi, c'est un préalable, c'est-à-dire de sortir les jeunes et les adolescents de ce monde virtuel dans lequel ils vivent et après, d'essayer de remettre des règles d'autorité, effectivement, d'interdiction, d'autorité. Cette fameuse expression de l'enfant roi qu'on utilise tout le temps a laissé les jeunes dériver vers du tout et de n'importe quoi.

1:11:39
Présentateur

Et cette forme d'impuissance des politiques publiques, est-ce qu'on l'a vu un peu dans les réactions ?

1:11:45
Invité

Finalement, les réactions, elles étaient assez unanimes et personne n'a blâmé le gouvernement, même dans les oppositions. Oui, absolument. Effectivement, personne ne considère que c'est l'occasion de blâmer le gouvernement parce qu'en fait, tout le monde a conscience parmi les décideurs, les dirigeants, les élus, que c'est un problème qui concerne tout le monde et quelle que soit la couleur ou la famille politique qui arriverait aux commandes, ce sera le même problème. Ce sera la même difficulté et tout le monde a le sentiment que personne n'a la baguette magique. Et l'honnêteté ce matin, effectivement, d'Arafel Glucksmann qui dit que ça ne sera pas une mesure.

Il faut reconsidérer un projet de société complet et ça prendra du temps, ça prendra une génération complète pour pouvoir réintroduire des modes de fonctionnement qui vont se télescoper avec des process et des valeurs. On parle de réguler, effectivement, les réseaux sociaux, ça peut être envisagé, mais vous aurez tout de suite un débat sur le côté liberticide. Je ne suis pas sûre qu'il y aura ce débat. En Europe, il existera. En Europe, c'est possible. C'est pour ça que ça ne marchera pas parce qu'une fois de plus, de quoi va-t-on s'apercevoir ? De la lenteur de la machine européenne, de la lenteur à produire de la décision alors qu'en réalité, il y a des urgences.

Et c'est ce qui explique aussi pourquoi vous avez une montée, notamment dans les dernières études, régulièrement de Français qui n'hésitent pas à dire maintenant que la démocratie n'est peut-être pas la panacée. Ce n'est peut-être pas le mode de fonctionnement. Il faut revenir à de l'autorité pure, à de l'autorité forte. Ça sera l'enjeu du débat 2027. Et ceux qui ont été peut-être les plus virulents, c'est le Rassemblement national. Marine Le Pen qui parle de laxisme pur et dur, Valérie. – Oui, bien sûr que ça fait le lit du Rassemblement national.

Mais au-delà de cette histoire de violence des mineurs, ce qui fait le lit du Rassemblement national, c'est que c'est absolument inacceptable que quelques parents que ce soit en France envisagent de perdre quelqu'un. Enfin là, c'était une adulte, mais une mère d'un enfant de 4 ans dans un établissement scolaire. Ce sont des choses et ça se multiplie. Ce n'est pas la seule. Alors, je voudrais juste préciser que la délinquance chez les jeunes n'est pas en augmentation. Elle est plutôt en légère régulation. Ce qui augmente, c'est la violence des attaques, en fait. C'est-à-dire le fait qu'on tue maintenant, en fait. C'est ça qui est différent.

Mais c'est vrai qu'il y a aussi cette espèce de rapport à la mort sur lequel on a… Moi, je suis convaincue, sincèrement, regardez les jeux vidéo, regardez tout ça, la mort n'est pas plus une réalité, en fait. Ce monde virtuel, on est sortis d'une réalité. Et c'est ce gamin en particulier à ce profil-là. C'est-à-dire vraiment une perte, une perte de contact avec le réel, une perte… Donc moi, je dis aux parents, occupez-vous de vos jeunes, ne les laissez pas scotcher devant les étrocs.

Et s'il faut interdire les écrans en moins de 3 ans, de 6 ans, dans leur totalité, les réseaux sociaux en dessous de 15 ans, allons-y, parce qu'on a laissé tout ça se développer sans aucune règle, sans aucun contrôle et sans aucune mise en garde. Et là, on est au pied du mur. On va passer à l'autre thème de ce club. Et hier, au Sénat, était auditionné l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka. On va voir les temps forts de cette audition avec vous, Stéphane.

1:15:08
Bernard Delcros

Oui, une audition à l'invitation de la Commission des Affaires étrangères du Sénat. Beaucoup de sujets ont été abordés. Joshua Zarka a notamment été interrogé à plusieurs reprises par des sénateurs de gauche sur le sort de militants de la Flottille de la Liberté. Je rappelle, cette Flottille de la Liberté, c'est ce bateau avec 12 militants pro-palestiniens qui devaient livrer de l'aide humanitaire. À Gaza, à son bord, il y avait 6 Français, dont l'eurodéputé LFI Rima Hassan. Tous les militants ont été arrêtés lundi à 185 kilomètres des côtes de Gaza, une arrestation par la marine israélienne. Certains ont été expulsés de l'État hébreu, d'autres sont encore détenus.

C'est le cas de Rima Hassan qui, elle, dénonce une arrestation illégale. Voilà ce qu'en disait Joshua Zarka hier devant les sénateurs.

1:15:50
Locuteur 8

Leur statut est un statut d'émigrés illégal qui sont entrés donc illégalement dans le territoire israélien et ils sont maintenus dans un centre de détention qui n'est pas une prison, qui est un centre de détention qui est fait pour justement ce genre de personnes, les OQTF, c'est ça. Et le but est de les mettre dans un avion vers la France le plus rapidement possible.

1:16:16
Présentateur

Une expulsion confirmée par Jean-Albarot.

1:16:18
Bernard Delcros

Oui, le ministre des Affaires étrangères dans un tweet hier soir explique que les 4 ressortissants français détenus encore en Israël reviendront à Paris aujourd'hui et demain. D'après la FP, Rima Hassan pourrait revenir dès ce soir.

1:16:30
Présentateur

Et on le voit évidemment, on va peut-être écouter d'ailleurs, avant de vous faire réagir Michael et Valéry, ce qui s'est passé hier à l'Assemblée nationale

1:16:39
Invité

à ce sujet lors des questions d'actualité, cette passe d'armes entre les Insoumis et le Premier ministre. François Bayard. Je dois vous dire que ces militants ont obtenu les faits qu'ils voulaient obtenir mais que c'est une instrumentalisation à laquelle nous ne devons pas nous prêter. nous pensons que c'est précisément par l'action diplomatique et l'effort pour regrouper plusieurs États pour faire pression sur le gouvernement d'Israël qu'on peut obtenir la seule solution possible et la seule digne. Il y a des Insoumis qui ont quitté l'hémicycle après cette réponse.

1:17:19
Présentateur

Ça devient une affaire politique nationale, Michael ?

1:17:24
Invité

Oui, enfin une péripétie parce que franchement on n'a pas attendu, personne n'a attendu la flottille un peu de pacotille d'ailleurs pour pouvoir attirer l'attention sur le drame de Gaza.

Ce que je trouve moins déplorable c'est qu'au fond ça fait trois jours qu'on ne parle que de la situation d'Uri Maassane qui a absolument obtenu ce qu'elle désirait depuis le départ et d'ailleurs avec l'aide d'autorité israélienne d'ailleurs mais en tout cas l'opération de communication a été absolument réussie pour elle et Greta Thunberg qu'on attendait plutôt à Nice d'ailleurs mais bon finalement elle a apparemment changé de créneau et en réalité ça détourne de la réalité de ce qui se passe à Gaza et du drame et du chaos et des solutions politiques qu'il faut maintenant envisager pour que un cette guerre s'arrête et que deux on retrouve une capacité de penser une politique pour reconstruire cette région et faire en sorte qu'il y ait une capacité de construire une société palestinienne parce que pour l'instant elle n'existe pas et pas uniquement du fait du bombardement israélien elle n'existe pas parce que ça fait 20 ans que le Hamas a détruit une société palestinienne au profit de son propre profit justement de tunnels d'argent et de haine donc franchement ça n'est pas l'opération de communication de Rima Hassan qui va faire bouger quoi que ce soit il y a une instrumentalisation comme l'a dit hier François Bayrou de la part des insoumis oui tout à fait mais plus que ça moi je trouve que ça change la vie politique française c'est dangereux pour la vie politique française qu'est-ce qui se passe il se passe que Greta Thunberg et Rima Hassan surtout ont décidé de partir sur ce bateau tout en sachant bien évidemment qu'il n'y avait absolument aucune chance d'arriver à Gaza et de franchir les eaux territorielles israéliennes pour pouvoir venir en aide à Gaza mais la représentation de ça il faut écouter attentivement le discours de Jean-Luc Mélenchon sur la place de la République c'était avant hier soir je crois quand ils ont été arrêtés quand Rima Hassan a été arrêté il a retrouvé lui on croyait qu'il était complètement cramé il s'est pris une émission absolument épouvantable contre le fonctionnement de la France mise à la télévision ce livre la meute dont absolument tout le monde a parlé moi sincèrement il y a des moments où je me dis il est cramé il ne va pas pouvoir continuer avec ses méthodes et là on a vu un Jean-Luc Mélenchon dans toute sa splendeur c'est-à-dire un tribe incroyable il allait sauver à lui tout seul la bande de Gaza ce bateau était le courage fait homme ou fait femme en l'occurrence il n'y avait jamais eu enfin il y avait des gens qui prenaient dans ce pays la défense alors lui il parle de génocide ce qui est un mot contestable on sait très bien du génocide qui s'opère actuellement à Gaza et c'est plus qu'une opération de communication c'est bien évidemment une opération de communication magnifiquement construite mais c'est un retournement de sentiments les gens qui étaient réunis en place de la République une dizaine de milliers peut-être un peu moins ils scandaient quand même merci Rima merci Rima je ne sais pas s'il faut se rendre compte cette femme qui est ostensiblement propagacillienne c'est elle qui a refusé de rentrer en France ils l'expulsent parce que Greta Thunberg elle est rentrée tout de suite vite fait et Rima Hassan a demandé à rester là-bas pourquoi ?

parce qu'elle fait semblant d'être retenue contre son gré et que Jean-Luc Mélenchon peut vanter le courage de cette femme qui défend enfin la cause des opprimés moi je trouve que d'un point de vue samedi Jean-Luc Mélenchon a demandé que les troupes enfin que que tout le monde se réunisse place de la république pour continuer à défendre cette cause j'ai le sentiment qu'il y a eu un basculement c'est trop fort mais il a réussi à retourner cette image extrêmement négative qu'il avait en c'est moi je vous l'avais dit et c'est moi qui défend les opprimés donc c'est vraiment grave cette histoire en fait

1:21:34
Locuteur 8

ils ne parlent que d'eux-mêmes en fait la réalité c'est que jamais personne parmi ces activistes supposés

1:21:41
Invité

pro-palestiniens ne défendent cette société palestinienne qu'il faut reconstruire jamais personne n'explique comment il faudrait la construire sur quelle valeur avec quels moyens on ne parle jamais de ces sujets là et la grande différence par rapport au fond ce qui existait avec ce qu'on appelait des accords d'Oslo en 1993 signés par à l'époque le gouvernement Rabin qui était de travailler avec l'OLP l'OLP voulait créer un état palestinien à côté d'Israël et le Hamas veut créer un état palestinien à la place d'Israël c'est toute la difficulté actuelle et justement il y a un autre sujet sur lequel s'est exprimé hier l'ambassadeur d'Israël à Paris devant le Sénat c'est la reconnaissance d'un état palestinien par la France

1:22:21
Bernard Delcros

oui un sujet d'actualité puisqu'une conférence se tient au siège de l'ONU à New York la semaine prochaine du 17 au 20 juin elle porte sur la solution à deux états elle sera présidée par la France et l'Arabie Saoudite Emmanuel Macron avait annoncé cet événement comme une date possible d'une reconnaissance par la France de la Palestine voilà ce que disait le président le 9 avril après un voyage en Égypte à propos d'un état palestinien on doit aller vers la reconnaissance et dans les prochains mois on ira une déclaration dénoncée à ce moment là par Benyamin Netanyahou le premier ministre israélien et hier à nouveau par l'ambassadeur d'Israël à Paris Joshua Zarka

1:22:56
Locuteur 8

la reconnaissance de l'état palestinien par la France la semaine prochaine sera un désastre pour les palestiniens pour les israéliens pour les relations franco-israéliennes et pour la la possibilité de la France d'influencer les processus des différents processus diplomatiques qui pourraient avoir lieu au Moyen-Orient dans le futur

1:23:17
Invité

et depuis la France elle a un peu adopté une position de précaution

1:23:21
Bernard Delcros

oui car cette reconnaissance ne se ferait pas sans condition la France ne reconnaîtra pas un état palestinien seul c'est ce qu'a répété hier le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barraud aux questions d'actualité au Sénat

1:23:31
Locuteur 5

notre rôle et notre place c'est de reprendre l'initiative c'est tout l'objectif de cette conférence que nous avons préparé en disant que nous serions déterminés à reconnaître l'état de Palestine pour enclencher un mouvement qui implique et qui engage la Palestine ou en tout cas l'autorité palestinienne et les pays arabes qui doivent eux aussi faire des déclarations qui dénoncent ce qui s'est passé le 7 octobre et le Hamas pour ce qu'il est un mouvement terroriste sans quoi et bien si vous voulez la reconnaissance d'un pays comme la France sonnerait creux c'est cette dynamique collective que nous voulons susciter à New York

1:24:08
Bernard Delcros

et pour terminer Auriane je rappelle que 148 états membres de l'ONU ont reconnu l'état de Palestine l'an dernier en Europe il y avait par exemple l'Espagne l'Irlande et la Norvège

1:24:18
Invité

est-ce que du coup dans ces conditions Michael vous pensez que dès la semaine prochaine la France reconnaîtra un état de Palestine ça paraît ça paraît difficile de le faire comme ça avait été annoncé au départ ce qui est très intéressant dans la déclaration que vous avez l'extrait déclaration de Jean-Marie Le Barreau c'est à quel point il retourne une situation parce qu'en réalité il dit on attend des pays arabes qu'il y ait des déclarations fortes en réalité ils les ont déjà faites ces déclarations très très fortes et c'est la France qui fait la stratégie du coucou et qui s'articule sur la Ligue arabe qui demande depuis des semaines et c'est un tournant majeur dans l'histoire du Proche-Orient que le Hamas quitte le pouvoir soit démilitarisé et ce serait la condition première à pouvoir investir s'investir et reconstruire dans la zone donc en réalité la France n'a aucun plan la France s'aligne sur l'Egypte sur la Ligue arabe qui demande que le Hamas quitte le pouvoir avant d'envisager toute chose et met des conditions qui rendent au fond cette situation totalement inepte à moins de donner un cadeau extraordinaire au Hamas qui aujourd'hui n'arrive pas à diriger ne peut plus d'ailleurs et ne peut pas diriger depuis 20 ans une société dans la région vous avez les tours de Dubaï et les tunnels de Gaza écoutez la différence

1:25:39
Présentateur

merci à tous les deux on va regarder avant de se quitter ce qu'il y a la une de la presse régionale et Stéphane on commence avec la sidération et les hommages après le meurtre de Mélanie cette surveillante poignardée par un adolescent de 14 ans

1:25:59
Bernard Delcros

une sidération qui se prolonge après la conférence de presse du procureur de la République de Chaumont hier devant les journalistes il a indiqué que l'adolescent qui a donné les coups de couteau n'exprimait aucun regret qu'il était venu pour tuer ce midi dans tous les établissements scolaires une minute de silence sera respectée en hommage à Mélanie la presse raconte les différents rassemblements qui ont eu lieu hier une fois de trop souffre une responsable syndicale à Troyes de quoi s'interroger sur la réponse à donner le ministre chargé de la Santé Yannick Noder dévoile dans le Parisien un plan pour mieux prendre en compte la santé mentale parmi les mesures former le personnel de santé à l'école à la détection de troubles psychologiques et doubler d'ici à 2027 le nombre de psychologues conventionnés avec le dispositif MonPsy remboursé par la sécurité sociale

1:26:43
Présentateur

Autre drame dont les hommages ont marqué la journée d'hier

1:26:45
Invité

la mort de deux pompiers à Lens c'était lundi

1:26:47
Bernard Delcros

Tanguy et Maxime mort à 22 et 23 ans en intervention l'année nouvelle nous en dit un peu plus sur qui ils étaient même si le silence est de rigueur chez les pompiers des hommages loin des caméras et des micros pour ces deux jeunes soldats du feu nous avons connu des amis des passionnés des héros ont écrit leurs collègues pour les familles certains de ces pompiers ont aussi décidé de créer une cagnotte chaque petit geste contre la liste

1:27:08
Présentateur

On reste dans l'autre France on va à Amiens où le maire a décidé de confier des armes létales à sa police municipale

1:27:13
Bernard Delcros

Oui une décision plutôt classique me diriez-vous Auriane seulement si le maire d'Hivercentre d'Amiens Hubert de Jeanlis ne s'y était pas opposé l'année dernière quand il était premier adjoint la surprise du courrier Picard donc ce matin qui ouvre ses colonnes à l'édile la question est de savoir si les élections municipales dans un an n'ont rien à voir avec ce choix elle lui a été posée Hubert de Jeanlis répond je ne fais pas de promesses de campagne je prends des décisions

1:27:32
Invité

Allez on termine par le Tour de France

1:27:39
Bernard Delcros

l'occasion pour lui d'évoquer face au lecteur les enjeux de cette 112ème édition de la Grande Boucle les coureurs s'élanceront de Montpellier le 22 juillet et s'y reposeront la veille de quoi faire cogiter les leaders prédit le patron du Tour Un dernier mot parce qu'est-ce qu'il dit Christian Prudor ? Il dit aussi qu'il va jouer dans une série télévisée Un si grand soleil Voilà c'est sa première expérience devant les caméras Le Tour de France ça mène à tout

1:28:00
Présentateur

Merci beaucoup Merci Stéphane Merci Valérie Merci Mickaël d'avoir été avec nous Merci à tous de nous avoir suivis On se retrouve demain sur le canal 8 de la TNT A demain Le concours général agricole vous a présenté le Club des Territoires La presse quotidienne régionale et les télévisions locales vous ont présenté le Club des Territoires Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat

L'intégrale du jeudi 12 juin — Bernard Delcros · Pourquijevote