Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, invité de "On n'arrête pas l'éco"
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Dans ces conditions, comment être optimiste pour l'économie ?
- 1:31FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous voyez arriver une cascade de plans sociaux, de licenciement ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Les chefs d'entreprise, les PME, les TPE, qui s'inquiètent de ces prêts qu'ils ont contractés...
- 4:44OuverteRéponse directe
On a parlé des impôts de production, 10 milliards d'impôts de production...
- 5:56RelanceRéponse directe
Mais est-ce que la compétitivité des industriels...
- 8:05OuverteRéponse partielle
Est-ce que le climat social vous inquiète, vous le ministre de l'économie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03InvitéChiffre
« début 2020, avant le début de la crise, nous avions 1,5 point de croissance, c'était 0,6 point de plus qu'en Allemagne. »
- 1:09InvitéFait
« Nous étions le pays le plus attractif pour un investisseur étranger. »
- 1:16InvitéChiffre
« Et nous étions sous la barre des 8% de taux de chômage. »
- 1:42InvitéFait
« Je ne dis pas qu'on aura des résultats qui nous permettront d'éviter toutes les faillites. »
- 1:54InvitéChiffre
« D'habitude, il y a 50 000 faillites en moyenne par an. »
- 2:24InvitéChiffre
« On met 30 millions d'euros. »
- 3:24InvitéChiffre
« J'ai négocié avec les banques le taux le plus attractif possible. Dans une fourchette entre 1 et 3%. »
- 3:53InvitéChiffre
« Si vous prolongez votre prêt d'un an supplémentaire, on sera entre 1 et 1,5. »
- 3:55InvitéChiffre
« De deux ans, vous serez entre 1,5 et 2. »
- 5:23InvitéFait
« « par un niveau élevé d'impôts de production qui affecte la compétitivité des entreprises sur son territoire ». »
- 5:47InvitéChiffre
« Elles représentent 0,5% de la valeur ajoutée des entreprises en Allemagne, 3,6% en France. »
- 7:45InvitéChiffre
« 100 millions d'euros ont déjà été débloqués. »
- 7:47InvitéChiffre
« Il y aura au total 1 milliard d'euros dans le plan de relance. »
- 9:07InvitéChiffre
« nous venons d'éteindre 35 milliards d'euros de dettes de la SNCF »
- 10:52InvitéChiffre
« j'ai apporté mon soutien à Air France, à hauteur de 7 milliards d'euros »
Temps de parole
- Invité76 %
- Présentateur19 %
- ?4 %
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On n'arrête pas l'écho,
Alexandra Ben Saïd.
Ce
qui nous arrive et ce qui va se passer ce matin, notre invité est le ministre de l'économie, des finances et de la relance. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour. Alors ce qui nous arrive déjà c'est le masque obligatoire. Strasbourg, Marseille, Paris, bientôt Bordeaux. En Europe on voit aussi qu'il
y
a des pays qui sont en train de refermer leurs frontières sans concertation. Dans ces conditions, comment être optimiste pour l'économie ?
Optimiste, volontariste tout simplement parce qu'on voit depuis trois mois
que
nous avons des résultats qui se consolident,
que
la consommation a redémarré en mai et en juin.
Et
surtout plus important que ça, que nous avons une base économique qui est solide en France. Nous avons des salariés qui sont compétents, des ouvriers qui sont plus que compétents.
Nous
avons des technologies qui sont de pointe, nous avons un tissu industriel qui a été abîmé mais qui reste solide.
Donc
nous avons tout pour réussir. Et je voudrais juste qu'on regarde six mois en arrière, sept mois en arrière et qu
'on
se souvienne que début 2020, avant le début de la crise, nous avions 1,5 point de croissance, c'était 0,6 point de plus qu'en Allemagne. Nous étions le pays le plus attractif pour un investisseur étranger. Il regardait dans tous les pays européens, il se disait où est-ce qu'il faut investir en France. Et nous étions sous la barre des 8% de taux de chômage. Donc je veux vraiment dire à tous les Français qui nous écoutent, nous allons y arriver.
Alors en attendant, l'automne pourrait être difficile, on l'a entendu dans notre débat. C'est souvent l'été que les plans de licenciement se préparent. Est-ce que vous voyez arriver une cascade de plans sociaux, de licenciement ? Est-ce qu'on va sauver tout le monde ?
On
va faire le maximum
pour
sauver tout le monde. Je ne dis pas qu'on aura des résultats qui nous permettront d'éviter toutes les faillites. Est-ce qu'il y aura plus de faillites dans les mois qui viennent qu'il y en a d'ordinaire ? Oui. A quel niveau ? Je ne
peux pas vous le dire.
D'habitude, il y a 50 000 faillites en moyenne par an. Il y en aura sans doute plus dans les mois qui viennent. Est-ce que nous ferons tout,
et
même plus que tout, pour éviter ces faillites et trouver des solutions ? La réponse est oui. Et j'entendais dans le reportage parler de Camailleux. Nous avons trouvé une reprise pour Camailleux. On pourrait parler de Conforama. Nous avons travaillé pendant des semaines pour sauver Conforama et trouver une solution. Même chose pour Courte-Paille. Même chose pour Arc International, qui est un grand verrier dans le nord de la France. Ils ont besoin d'argent frais. On met 30 millions d'euros.
La
Halle qui n'allait pas. Ceux qui allaient mal avant, est-ce qu'on les aidera ? Mais non, mais la Halle aussi, nous aidons.
Bien sûr. Arc International, beaucoup d'emplois dans l'industrie du verre dans le nord de la France. Ils ont besoin d'argent frais. On a mis 30 millions d'euros. Ils vont avoir besoin de plus d'argent, probablement. Eh bien, nous mettrons plus d'argent. Donc, nous ne ménagerons aucun des efforts nécessaires de l'État, comme nous l'avons fait depuis le premier jour de la crise, pour sauver des emplois et sauver des entreprises.
Les chefs d'entreprise, les PME, les TPE, qui s'inquiètent de ces prêts qu'ils ont contractés et qu'ils pensent ne pourront pas rembourser, qu'est-ce qui va se passer pour eux ?
La trésorerie des entreprises, c'est ma préoccupation la plus immédiate. Parce qu'effectivement, vous avez des centaines de milliers d'entreprises
qui
ont contracté des prêts garantis par l'État. Ça les a sauvés, n'oublions pas. Ça a sauvé des restaurants, ça a sauvé des hôtels, ça a sauvé des commerces de proximité. Ils l'ont contracté au mois de mars et d'avril.
À
0
,25%. Ils se disent, on a un an devant nous, mais quel va être le taux ? Ensuite, j'ai négocié avec les banques le taux le plus attractif possible. Dans une fourchette entre 1 et 3%. Elles n'ont
pas l'air de le
confirmer,
les banques Bruno Le Maire. Oui, parce que... Elles ne le confirment pas vraiment. Je sais bien que pour
les banques, ce n'est pas forcément ce qu'il y
a
le plus attractif, mais je considère que les banques ont joué le jeu dans cette crise. Et je leur demande, je leur demande, avec beaucoup de gravité,
de
continuer à jouer le jeu du soutien aux entreprises. Et cette fourchette de 1 à 3% qui voudra dire que si vous prolongez votre prêt d'un an supplémentaire, on sera entre 1 et 1,5. De deux ans, vous serez entre 1,5 et 2. Et je précise, parce que c'est un point très important, que ce chiffre que je donne comprend le coût de la garantie de l'État,
qui
représente quasiment la moitié de ce taux. Donc ça fait un taux très attractif. C'est vrai que c'est un effort pour les banques. Mais cet effort, je leur demande de le faire, parce qu'il est indispensable pour sauver des dizaines de milliers d'entreprises qui ont contracté un prêt, qui ne pourront pas le rembourser d'ici un an, qui vont donc étendre la durée de ce prêt et qui doivent avoir des taux attractifs. Nous ne nous en sortirons que si nous sommes tous solidaires.
La solidarité doit être le mot d'ordre absolu des mois qui viennent entre le secteur financier, les banques, les TPE, les PME, les pouvoirs publics, les régions, les collectivités locales, tous solidaires pour sortir de la crise et en sortir plus fort.
Alors un mot du plan de relance, on sait qu'il sera présenté par le Premier ministre jeudi prochain. Mais quand même, on a eu pas mal de pistes. On a parlé des impôts de production, 10 milliards d'impôts de production. Est-ce que finalement la lettre du gouverneur de la Banque de France, au chef de l'État, qui dit « Il faut résister à la tentation des baisses d'impôts permanentes non financées » a été mise au classement vertical ?
Non, absolument pas. J'écoute en général avec beaucoup d'attention ce que dit le gouverneur de la Banque de France. Mais j'écoute aussi avec beaucoup d'attention ce que me disent les industriels.
J
'écoute avec beaucoup d'attention ce que me disent les économistes. Et il
y
a une excellente note du Conseil d'analyse économique, constitué d'économistes de renom, qui nous dit que la France se distingue, je les cite, « par un niveau élevé d'impôts de production qui affecte la compétitivité des entreprises sur son territoire
». Il
ajoute que l'analyse économique enseigne que ces impôts de production sont les plus nocifs
en
raison des distorsions qu'ils engendrent tout au long de la chaîne de production. Et que la situation en France est d'autant plus préoccupante, je continue à les citer, que nos voisins européens n'ont pas recours à ce type de taxes, ou beaucoup moins que nous. Elles représentent 0,5% de la valeur ajoutée des entreprises en Allemagne, 3,6% en France.
Donc vous attendez quoi Bruno Le Maire
avec ces 10 milliards d'allègements ? Sur
la base de ces
analyses, et parce que les industriels aussi m'ont dit dans la vallée de l'Arve qui fait du décolletage, dans le nord de la France, dans l'est du pays, tous ces industriels m'ont dit « baisser les impôts de production ».
Mais est-ce que la compétitivité
des
industriels...
Donc nous le faisons, et nous
allons comme cela améliorer la compétitivité des industriels et enclencher
un
mécanisme politique qui me paraît vital pour notre pays, qui est la relocalisation industrielle en France. On a délocalisé depuis 30 ans plus que n'importe quel autre pays de l'OCDE. C'est une erreur économique et une faute politique. Nous voulons, avec le président de
la
République, relocaliser l'industrie en France.
On est pourtant le premier pays en termes d'investissement industriel en Europe. Si quand les industriels doivent investir, c'est finalement en France qu'ils le
font
en
Europe ? Oui,
grâce aux choix fiscaux que nous avons fait en 2017. Donc ces impôts de production ne sont pas... Ces impôts de production ne font que confirmer les choix de fiscalité que nous avons fait depuis 2017,
c
'est-à-dire baisser la fiscalité sur le capital parce que l'industrie a besoin de capital et baisser les impôts de production parce que c'est une condition pour que les relocalisations industrielles se fassent dans les meilleures conditions. Hier, on était avec le président de
la
République dans une magnifique entreprise de médicaments, qui fait des médicaments de la thérapie ciblée extraordinairement pointue.
Ils
ont fait des investissements considérables. Et c'est une entreprise qui nous dit aujourd'hui, nous on peut parfaitement rivaliser avec la Chine et avec l'Inde en matière de pharmacie. Mais on a besoin d'avoir un environnement fiscal favorable. Et le fait que vous baissiez les impôts de production va nous aider. La deuxième décision que nous avons prise, qui est majeure, c'est faire un appel à projet pour toutes ces entreprises industrielles qui aujourd'hui n'ont pas de chiffres. Elles veulent investir,
elles
veulent créer une nouvelle ligne de production, mais il leur faut 10, 20, 30, 40 millions d'euros. Elles ne les ont pas. Nous allons leur apporter des aides directes. 100 millions d'euros ont déjà été débloqués. Il y aura au total 1 milliard d'euros dans le plan de relance, sur l'aide, je dis bien directe, de la subvention publique aux entreprises industrielles, pour qu'elles financent de nouvelles lignes de production et qu'elles produisent en France plutôt qu'à l'étranger.
Bruno Le Maire, vous avez entendu le reportage. Tout le monde a peur d'être oublié dans le plan de relance. D'abord ceux qui sont comme notre cariste du reportage. Denis, licenciés, il
y
a les salariés, les indépendants, on a entendu le maire d'Issouda.
Le
climat social. A la SNCF, on a la CGT qui appelle à la grève pour le 17 septembre, rejoindre par la FSU, solidaire, et puis aussi des organisations de jeunesse. Et sur les réseaux sociaux, on a les gilets jaunes qui appellent à la mobilisation dès samedi prochain. Est-ce que le climat social vous inquiète, vous le ministre de l'économie
? D
'abord, personne ne sera oublié. Personne. Aucune entreprise, aucune TPE, aucune PME, aucun salarié, aucune administration ne sera oublié. Aucune collectivité locale, contrairement à ce que j'ai entendu dire, il y a déjà de l'argent qui a été mis à disposition des collectivités locales, que ce soit les régions ou les mairies, pour compenser le manque à gagner. Personne ne sera oublié dans la relance. Et je redonne ce mot d'ordre.
Tous
solidaires. La solidarité doit faire partie aujourd'hui de l'état d'esprit collectif.
Donc les
appels à la grève, à la mobilisation. J
'ai du mal à comprendre qu'on lance un appel à la grève à la SNCF, alors que nous venons d'éteindre 35 milliards d'euros de dettes de la SNCF, et que chacun sait, ce n
'est
pas une grande révélation, qu'il y aura dans le plan de relance, le Premier ministre le précisera la semaine prochaine, des investissements massifs dans le transport ferroviaire. Alors moi, je pose simplement la question, à quoi sert cette grève à la SNCF
?
Quels sont les objectifs
? Pour
quelles raisons, aujourd'hui, la CGT appelle-t-elle à la grève à la SNCF ? Et qu'est-ce que ça va améliorer ? Je ne dis même pas pour les Français, je ne dis même pas pour les citoyens, pour les cheminots. Qu'est-ce que ça va améliorer pour les cheminots, alors même que le gouvernement, aujourd'hui, reprend la dette de la SNCF à hauteur de 35 milliards d'euros, et décide d'investir massivement pour le transport ferroviaire
? Alors, dans les revendications, justement, il y a cette idée qu'il faudrait mettre plus de conditions à tout ce soutien qu'apporte l'État aux entreprises. Vous, vous étiez au MEDEF cette semaine, et vous avez eu des mots très forts en direction des chefs d'entreprise. Vous avez dit, nous allons vous soutenir massivement, mais je vous en supplie, « Limitez au strict minimum le recours aux travailleurs détachés, faites travailler les ouvriers français, embauchez des jeunes ». Bruno Le Maire, est-ce que ce ne serait pas plus simple, en effet, de mettre pour le travail des conditions aux aides qu'accorde l'État ?
Nous
allons annoncer avec le Premier ministre le plan de relance sur lequel j'ai travaillé depuis maintenant près de 4 mois, après avoir apporté une réponse massive et immédiate à la crise, qui, je pense, a été saluée parce qu'elle a été efficace.
Nous
allons ensuite avoir une discussion de ce projet de loi. Il sera dans le projet de loi de finances. Il y
aura
une discussion au Parlement.
Il
y aura, de la part des parlementaires, des demandes de contreparties.
Ces
demandes de contreparties sont légitimes.
Quand
j'ai apporté mon soutien à Air France, à hauteur de 7 milliards d'euros, j'ai demandé des contreparties sur la réduction des émissions de CO2, sur la suppression d'un certain nombre de lignes intérieures et sur l'amélioration des résultats de l'entreprise.
Est-ce qu
'on doit
comprendre qu'il y aura des
contreparties sur l'emploi
?
Il peut y avoir des contreparties qui soient demandées, en tout cas certainement en matière environnementale. Si on met en place des prêts participatifs de 7 ans qui sont coûteux pour l'État, nous allons fixer des contreparties environnementales, mais que je souhaite discuter dans le débat parlementaire.
Il
y a d'abord les annonces du plan de relance. Combien est-ce qu'on met sur telle ou telle politique ? Le Premier ministre le fera la semaine prochaine. Il y aura ensuite le débat à l'Assemblée nationale. Et je suis convaincu que les parlementaires, légitimement, demanderont un certain nombre de contreparties.
Dernière question Bruno Le Maire. François Bayrou nommé haut-commissaire au plan. Ça y est, c'est fait. Donc des choix stratégiques au commissariat au plan, apparemment avec un large périmètre. Est-ce que vous n'allez pas être un peu en compétition avec François Bayrou
? Je
pense que vous n'avez pas entendu le message que j'ai passé tout à l'heure. Solidarité.
Moi
je suis heureux que François Bayrou soit nommé au plan. Je pense que c'est une bonne décision et que c'est une bonne nouvelle. Parce que moi je vais être chargé d'une responsabilité lourde. L'exécution de ce plan. Et tout va se jouer dans l'exécution. Que ça aille jusqu'à Issoudun, que ça aille jusqu'à chaque salarié. Que aucun ouvrier ne se sente délaissé, qu'il se dise « On s'est occupé de moi et on a apporté une réponse à ma situation ». C'est ça ma responsabilité. Et il faut aussi une réflexion de plus long terme, sur tous les sujets d'ailleurs, économiques, financiers, éducatifs, démographiques. Ce sera la responsabilité de François Bayrou. Je vais vous faire une révélation ce matin.
Je l'ai reçu chez moi, au Pays Basque, à Saint-Pé-sur-Nivelle cet été, François Bayrou. Nous avons eu une longue discussion tous les deux. Justement pour que nous puissions travailler ensemble. Il
y
a une seule chose qui compte pour moi, c'est le service des Français. Donc je ne suis pas là pour rentrer en compétition avec qui que ce soit. Nous allons travailler bien et nous allons travailler avec efficacité avec François Bayrou.