Face à Face : Bruno Le Maire - 17/10
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Amandine Atalaya.
Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Amandine Atalaya.
Vous êtes ministre de l'économie et des finances et c'est une semaine bien compliquée et lourde qui s'annonce pour vous. Il va y avoir non seulement le budget qui doit passer avec le 49.3 dans quelques heures, on va y revenir, mais d'abord on commence bien sûr avec ce blocage qui se poursuit ce matin dans plusieurs raffineries, dans plusieurs dépôts de France. Non seulement il se poursuit, je disais, mais en plus la situation s'est dégradée ce week-end puisque 30% des stations essence sont toujours en difficulté hier, dimanche, disait Elisabeth Borne. Ça finit quand, M. Le Maire ?
Le plus tôt possible, Amandine Atalaya.
Ça c'est certain, c'est ce que les Français se disent, mais j'imagine que vous avez des prévisions.
Il n'y a pas de prévision, il y a une volonté, une détermination. Il doit y avoir, dès cette semaine, une amélioration nette sur le front des carburants. D'abord parce que c'est insupportable pour nos compatriotes, ensuite parce que je rappelle qu'il y a des accords majoritaires qui ont été conclus chez Total. Et dans une démocratie, y compris dans une démocratie sociale, ce n'est pas la minorité qui dicte sa loi à la majorité.
Alors la CGT, en effet, refuse cet accord qui est pourtant un accord majoritaire, c'est acceptable pour vous ?
C'est inacceptable et c'est illégitime.
Et quelles conséquences en tirez-vous alors ?
La conséquence, elle est très simple. Il faut libérer les dépôts de carburant, libérer les raffineries qui sont bloquées, utiliser les moyens de la réquisition, et faire en sorte que, comme dans toute démocratie, la voix de la majorité l'emporte sur la voix de la minorité. Le temps de la négociation... Amandine Natalia, le temps de la négociation...
Non, non, mais vous dites qu'il faut libérer les raffineries.
Le temps de la négociation est passé. Il y a eu une négociation...
Ça veut dire que vous allez multiplier les réquisitions ?
Cela veut dire qu'il faut que force reste à la voix majoritaire. Il y a eu des négociations, j'avais moi-même appelé Total à faire des augmentations de salaire, puisqu'ils avaient la possibilité de le faire. Mettez-vous à la place des autres syndicats, qui sont majoritaires, qui l'ont emporté, qui disent « Attendez, nous on voudrait revenir au travail, on a obtenu ce que nous souhaitions. » Mettez-vous à la place des millions de nos compatriotes, qui sont bloqués par une poignée de personnes qui ne respectent pas la voix de la majorité. Il faut que force reste à la voix majoritaire.
On sent que vous avez ce matin un point particulièrement dur, offensif. Vous avez des réquisitions au Philippe Martinez de la CGT. Non, Amandine Natalia, pas dur, pas offensif. Si vous multipliez les réquisitions, c'est seulement une provocation. Les mots sont importants.
Pas dur, pas offensif. Ferme. Notre pays a besoin de fermeté et a besoin d'autorité. C'est comme cela que nous rétablirons l'ordre, qu'il y aura un retour à la normale, et que nous éviterons de voir ce qui se multiplie actuellement, c'est-à-dire les incidents dans les stations-service, la colère, l'énervement de nos compatriotes. Je veux bien vous passer des heures à discuter de ce que font aujourd'hui la CGT et une poignée de grévistes. Je voudrais surtout qu'on ait une pensée pour les millions de nos compatriotes qui aujourd'hui se disent, on veut les travailler, on veut déposer nos enfants à l'école, on veut pouvoir aider la personne auprès de laquelle on travaille.
C'est bien, mais ça leur fait une belle jambe, parce qu'aujourd'hui, l'essence manque toujours dans les stations-essence. Le président avait promis un retour à la normale cette semaine. Il n'y a pas de retour à la normale. Donc il s'est trompé, d'une part.
C'est bien pour cela que je vous répète que nous devons avoir une amélioration nette cette semaine, qu'elle passe par les mesures de réquisition et de retour à l'ordre dont je viens de vous parler. Je ne peux pas être plus ferme.
Et vous savez que la CGT va protester ? Que dites-vous à Philippe Martinez ce matin ?
La CGT peut toujours protester. Je n'ai rien à dire de particulier à Philippe Martinez. J'estime que les négociations ont eu lieu. J'estime que la voie de la majorité a tranché. Je vous dis comment, à mon sens, nous devons procéder dans les jours qui viennent de la fermeté, de l'autorité, le retour à la normale et le respect de la voie de la majorité. Une fois que la négociation a eu lieu et que la majorité s'est prononcée, la décision de la majorité doit s'appliquer. Ça s'appelle la démocratie.
Est-ce que, M. le ministre, les vacances de la Toussaint vont être impactées ?
C'est tout ce que nous voulons éviter. Je ne peux pas vous dire aujourd'hui... Vous ne pouvez pas le garantir.
Les Français doivent se préparer à d'autres difficultés.
J'évite de faire des promesses à la légère sur des sujets qui touchent la vie quotidienne de nos compatriotes. Ce que je peux vous dire, c'est qu'avec la première ministre...
Par une fois, le président avait promis un retour à la normale cette semaine.
Je vous dis que nous devons viser une amélioration nette cette semaine pour que nos compatriotes qui travaillent puissent travailler normalement, nos compatriotes qui doivent déposer leurs enfants à l'école puissent le faire normalement et que ceux qui souhaitent partir en vacances à la fin de la semaine puissent le faire normalement. Un pays, la France, a droit à une vie normale. C'est ce à quoi aspirent les gens. Et cette manie systématique qui est allée vers le conflit, vers la confrontation, quand il y a une justification, oui. Quand on demande une augmentation de salaire et qui est justifiée, oui.
Mais une fois que l'augmentation de salaire a été obtenue, comment pouvons-nous comprendre qu'il y ait un blocage du pays et pas de vie normale ?
Alors, j'essaie de suivre votre logique.
Elle est assez simple, si tu peux me permettre, ma logique.
Alors, pas dans les conséquences. Pourquoi est-ce que vous ne réquisitionnez pas davantage tout de suite ?
Et pourquoi ne l'avez-vous pas fait avant ? Ma logique, à mon avis, est extrêmement simple. Est-ce qu'il y avait un besoin de négociation ? Oui. Est-ce qu'il fallait augmenter les salaires ? Oui. Je l'avais dit à un micro d'une de vos confrères, il y a quelques jours. Est-ce que la négociation aboutit ? Oui. Est-ce que par conséquent, le retour à l'ordre et le retour à la normale doivent venir très vite ? Ma réponse est oui, parce que la voix de la majorité s'est prononcée.
On ne peut pas être plus clair. Alors, la question, c'est est-ce que vous n'êtes pas passé complètement à côté de cette crise ? Vous-même, avez-vous perçu les fermants de cette crise ? Avez-vous alerté le président à temps ?
La responsabilité des entreprises, c'est d'engager des négociations salariales.
La responsabilité du gouvernement, c'est de garantir le bon fonctionnement
de la vie économique de la nation. C'est ma responsabilité. Donc, pour le coup, je pense que nous avons fait le nécessaire. Désormais, c'est autre chose qui est sur la table. La réquisition, le retour à la vie normale, y compris par des moyens d'autorité dont je viens de parler.
Mais Bruno Le Maire, vous auriez pu convoquer à Bercy, dès le début de la crise, il y a deux semaines de ça, les syndicats, le patron de Total, pour essayer de débloquer la situation. C'est-à-dire qu'elle s'est enlisée à un point qui est incompréhensible.
Que ce serait normal dans une démocratie comme la démocratie française, que d'avoir le ministre de l'économie qui participe aux négociations salariales entre une entreprise privée et les syndicats. Mais ce n'est pas du tout notre rôle.
Vous pouvez donner une impulsion, puisque vous dites qu'il faut une augmentation des salaires.
Non, j'en ai donné l'impulsion, je crois avoir donné l'impulsion très clairement sur RTL, un matin, et que quelques heures après, il me semble que l'accord a été conclu. Donc l'impulsion, nous la donnons quand il faut. Mais il faut laisser aussi aux syndicats, qui ont un rôle majeur à jouer dans notre vie sociale et dans la vie de la société française tout entière, laisser aux entreprises privées et aux dirigeants de ces entreprises privées négocier sans que l'État s'en mêle. L'État ne va pas se mêler de tout et de n'importe quoi, matin, midi et soir. En revanche, quand il faut donner l'impulsion, nous l'avons donné.
Et quand il faut garantir le retour à la vie économique normale, nous avons à le faire, nous le faisons et nous continuerons à le faire.
Est-ce que M. Pouyanné a bien géré cette crise, le PDG Total ? Il était aux États-Unis la semaine dernière. Est-ce qu'il n'aurait pas mieux fait d'être en France, d'une part ? Et est-ce que le fait qu'il se soit augmenté de 52% son augmentation de salaire l'an passé ne vous choque pas ?
Vous ne comptez pas sur moi pour distribuer les bons et les mauvais points aux patrons français ?
Vous distribuez des mauvais points à la CGT, donc pourquoi pas aux patrons ?
Mais parce que ce qu'a décidé la CGT, c'est-à-dire le blocage du pays, effectivement, ça mérite un mauvais point. En revanche, je ne fais pas aux ministres de l'économie d'aller distribuer les bons et les mauvais points sur les dirigeants.
Ça ne vous choque pas ? Rien dans sa gestion de la crise ne vous choque ?
Mais je ne suis pas ici pour ajouter de l'huile sur le feu, Amandine Attalaya. Je suis ici pour faire en sorte que ça aille bien pour nos compatriotes. C'est-à-dire qu'ils puissent avoir des carburants, qu'ils puissent circuler, et que donc la liberté de circulation, qui est un droit fondamental, soit garantie. Pourquoi est-ce qu'ils sont aussi agacés que ça, nos compatriotes ? C'est que ça gêne dans leur vie quotidienne, c'est que ça crée de l'agacement, j'en ai parlé. Mais c'est que ça touche aussi à une liberté fondamentale, qui est la liberté de se déplacer.
Et ça a des conséquences majeures sur l'économie du pays, c'est-à-dire qu'on entend se multiplier les témoignages d'agriculteurs qui ne peuvent plus travailler, d'infirmiers qui ne peuvent plus non plus assurer leur rendez-vous. Est-ce que vous avez une idée du chiffrage du coût de cette crise aujourd'hui ?
Aujourd'hui, l'impact sera réduit. Il n'y a pas d'inquiétude particulière à avoir. Je vais vous dire mon inquiétude, celle qui m'occupe maintenant midi et soir, plutôt qu'une fois encore aller juger le patron de Total, c'est de faire baisser le prix de l'énergie. C'est ça le vrai sujet stratégique pour la France. C'est faire en sorte que le prix du gaz...
Ça, c'est à long terme, mais à court terme, on est enbombé dans cette crise.
Tout de suite, c'est à court terme que les entreprises industrielles vont signer leurs contrats, vont signer leurs engagements sur l'électricité. Elles voient bien que la facture est trop élevée. Dans des dizaines de milliers d'entreprises industrielles, ça peut être des boulangeries industrielles, ça peut être des décontages. Je voudrais qu'on reste sur cette crise précisément, M. Le Maire. C'est toujours la même crise, c'est cette crise énergétique. Dans l'immédiat, la vraie difficulté, celle qui m'occupe, moi, ministre de l'Économie, je ne suis pas chargé des réquisitions. Je ne suis pas chargé de m'occuper de libérer les dépôts de carburant et de libérer les raffineries.
Je dis juste que ça doit être fait. Mais vous êtes chargé notamment du budget. Je suis chargé des entreprises en France, faire en sorte que ces entreprises fonctionnent bien. Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, ma préoccupation numéro un, c'est faire baisser, dès la fin de la semaine, au Conseil européen avec le Président de la République, le prix de l'énergie pour que les factures soient supportables pour nos entreprises industrielles et les emplois qui vont derrière.
À propos du coût de l'énergie supportable pour les Français, Elisabeth Borne a annoncé hier la prolongation de la ristourne du gouvernement qui devait s'éteindre fin octobre et qui est finalement prolongée jusqu'au 15 novembre. Vous ne le souhaitiez pas, vous étiez réticents. Vous disiez même la semaine dernière qu'elle ne sera pas prolongée. Alors, que s'est-il passé ?
Je vous répète ce que j'ai toujours dit, c'est qu'elle ne sera pas prolongée à partir du 1er janvier 2023. C'est certain ? Elle devait s'éteindre, oui.
Vous disiez pareil pour octobre.
Mais qu'on la prolonge pendant 15 jours et que la Première Ministre décide de la prolonger pour 15 jours parce qu'il y a eu des difficultés et il continue d'y avoir des difficultés dans les stations-service, chacun peut le comprendre. Et chacun comprendra aussi que nous ne pouvons pas conserver de manière définitive une mesure qui est une incitation à consommer du carburant, donc des énergies fossiles, qui est une subvention aux énergies fossiles. Parce que ce serait totalement contradictoire avec notre politique de décarbonation et d'accélération de la transition énergétique.
Donc, je vous confirme qu'au 1er janvier, il n'y aura plus de remise générale sur les carburants parce que ce serait contradictoire avec une politique à laquelle je crois profondément et sur laquelle je souhaite que mon ministère de l'Économie et des Finances accélère, qui est la transition écologique. Donc, si les prix devaient s'envoler, ça peut toujours arriver. Nous avons prévu en 2023 d'aider nos compatriotes qui prennent leur voiture pour aller travailler. Ça peut être des médecins, des professions libérales, des salariés. Avec une aide ciblée. Mais ce sera une aide ciblée et rien d'autre.
Je suis totalement opposé, je le dis très simplement, à ce que nous maintenions définitivement une subvention à des énergies fossiles.
À propos de cette subvention, vous avez écouté peut-être ce matin l'antenne. Les Français disent que c'est très bien une ristourne, mais enfin on n'a pas d'essence. Alors à quoi ça sert ?
Oui, la priorité, je le redis, c'est de libérer les dépôts de carburant et les raffineries. Vous avez parfaitement raison. Et qu'il y ait du carburant dans les stations-service pour que nos compatriotes puissent se déplacer. C'est la priorité.
Il y a par ailleurs une grève qui est en train aussi de s'étendre à EDF. Alors même que les négociations salariales n'ont pas commencé, puisqu'elles commencent demain, comment jugez-vous cette grève ?
D'abord je vois que le syndicat de la branche de l'énergie, des gaziers, ont signé un accord. Et j'espère qu'ils pourront en aller de même chez EDF. C'est vital. Et il est vital qu'EDF tienne ses engagements en matière de production électrique. Ça rejoint ce que je vous disais précédemment sur la situation des entreprises industrielles. EDF a pris des engagements clairs. Remettre sur le réseau électrique 45 gigawatts en décembre, 50 gigawatts en janvier. J'ai reçu la semaine dernière Jean-Bernard Lévy qui dirige encore EDF. Je l'ai rappelé à ses engagements. Et je lui ai dit que ses engagements devaient impérativement être tenus.
Et que je comptais sur les salariés d'EDF, que je comptais sur leur savoir-faire, sur les ingénieurs qui se mobilisent aujourd'hui. Moi je vois ce qui se passe actuellement dans les centrales nucléaires, où beaucoup d'ouvriers font le maximum pour remettre sur le réseau cette puissance électrique dont nous avons impérativement besoin. EDF doit tenir ses engagements, nous y veillons, et je peux vous garantir que nous regarderons de très près ce qui se passe, les décisions qui sont prises, et la remise sur le réseau de la puissance électrique.
Parce que vous savez qu'il y aura des centrales à l'arrêt demain ?
Oui mais, je vais être très clair avec vous.
Les syndicats sont irresponsables ?
Je ne parle pas des syndicats, je ne veux pas faire des procès d'intention, alors que pour le moment, chez EDF, les choses se passent correctement. Je dis juste que des engagements ont été pris, que l'État actionnaire dont je suis le représentant comme ministre de l'économie et des finances, veillera scrupuleusement et rigoureusement à ce que EDF tienne ses engagements. Et il le fera au jour, le jour, à la semaine, la semaine. Parce que c'est vital pour nous, pour éviter les coupures d'électricité cet hiver, et c'est vital pour notre économie.
Mais là aussi, pour s'en sortir, est-ce que l'État actionnaire souhaite une augmentation des salaires à EDF ?
Ce que je souhaite, c'est qu'EDF trouve le plus vite possible un accord avec ses représentants syndicaux. Et je veux redire avec beaucoup de fermeté, que lorsque une entreprise comme EDF prend des engagements sur la production électrique de la nation, EDF doit tenir ses engagements.
Par ailleurs, il va y avoir cette semaine l'utilisation, vous allez utiliser le 49.3 pour faire passer le budget. Quand ?
Peu de patience. Vous avez vu qu'on a eu beaucoup de patience. Mais ce n'est pas un mystère.
C'est demain, c'est après-demain.
Mais je dis depuis le début de l'examen du budget 2023, que comme c'est un des textes les plus importants que nous examinons dans l'année, c'est le budget de la nation française, il faut prendre tout le temps nécessaire. Et avec Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics, qui est totalement mobilisé, qui fait au passage un travail exceptionnel, nous travaillons, nous sommes au banc, nous examinons les amendements, et nous prenons le temps nécessaire. Donc s'il faut prendre encore une journée ou deux journées de plus, nous prendrons une journée ou deux journées de plus pour aller au bout de l'examen. Après, c'est très clair avec vous, il reste 2173 amendements à examiner.
Donc ça veut dire qu'il faudrait accélérer un peu la cadence. Aujourd'hui, on en examine 25 à l'heure. Il faudra en examiner 120 à l'heure pour terminer le texte dans les temps. Mais quel est sens ?
Pourquoi avez-vous attendu en fait ? Puisque les oppositions disent, c'est presque ignorer notre travail. Mais elles sont formidables, les oppositions.
Elles proposent, elles proposent, et puis à la fin, vous faites un 49.3 à quoi ça sert ? C'est les mêmes qui nous auraient accusés d'être des dictateurs, si nous avions mis tout de suite le 49.3, qui maintenant, Marine Le Pen en tête, nous disent que ça ne sert à rien de discuter. Enfin, il faudrait savoir. Nous, on a un mérite. On peut être contre ou pour notre politique. Ce que je vous ai dit sur les carburants, sur l'énergie, sur la transition climatique. Mais on ne peut pas nous dire qu'on manque de clarté. Moi, je suis pour le débat. Le débat, je suppose, je ne vais pas mettre le 49.3 tout de suite.
Vous n'êtes pas un dictateur, par ailleurs, je vous le précisez. Je ne compte pas le devenir. Donc, vous allez garder des amendements de l'opposition.
Donc, je garderai, évidemment, des amendements de l'opposition. Il n'est pas question de dire...
Vous pouvez me citer un ou deux, par exemple ?
On a un bon débat, l'Assemblée nationale. Il est serein. Et j'en remercie tous les groupes parlementaires.
Sur le fond, est-ce que vous pouvez m'en citer un ou deux, par exemple ?
Il y a cet amendement qui a énormément fait parler. Je ne suis pas sûr qu'il se passionne pour le débat.
Je pense qu'il se passionne notamment pour cet amendement.
Le débat se passe bien, il est serein. Et donc, nous pouvons garder un certain nombre d'amendements.
Sur les superdividendes. C'est celui qui a été le plus discuté, parce que c'était inattendu.
Par des amendements que nous pourrions garder.
Alors, attendez, parce qu'on a commencé sur l'amendement sur les superdividendes. C'est un texte du modem.
Vous voulez qu'on commence par l'amendement qu'on va refuser ? Bon, commençons par les mauvaises nouvelles.
C'est une annonce alors que vous nous faites.
Oui, mais je vous dis que je ne garderai pas cet amendement.
C'était un texte du modem qui a été voté par les oppositions et une partie de la majorité pour taxer, surtaxer les dividendes des grandes entreprises qui font beaucoup de profit. Donc, vous nous dites, je ne vais pas garder cet amendement. Pourquoi ?
Mais arrêtons aussi avec ces formules qui sont des supercheries. Superdividendes, superprofits. Mais derrière, il y a surtout la supertaxation permanente. Si la France arrivait à sortir de cette idée qu'elle ira mieux en augmentant systématiquement son niveau de taxe et son niveau d'impôt qui est déjà le plus élevé de tous les pays développés, je pense qu'on aura fait un grand progrès. Donc, tout ce qui sera contraire à la politique que nous menons avec le président de la République avec beaucoup de fermeté depuis cinq ans, c'est-à-dire la stabilité fiscale ou la baisse des impôts...
Le succulé d'Elisabeth Borne à l'Assemblée a voté pour. 19 députés de la majorité ont voté pour. Mais c'est son problème.
Je suis désolé, il y a une cohérence politique et une cohérence économique et financière dont je suis le gardien comme ministre des économies et des finances. Ils essaient d'être un gardien vigilant. Notre ligne politique, celle sur laquelle nous avons été élus, celle sur laquelle le président de la République a été élu et réélu, c'est celle de la stabilité fiscale et de la baisse des impôts. Qu'est-ce que c'est que ces super dividendes ?
Mais d'abord, un, c'est profondément injuste parce qu'on augmente le taux d'imposition des dividendes qui est aujourd'hui à 30% à 35% pour les personnes physiques, c'est-à-dire par exemple un salarié qui a des actions, et on ne l'augmente pas pour les personnes morales, c'est-à-dire pour les entreprises ou pour les hodings.
Vous allez rejeter cet amendement, donc ce n'est peut-être pas la peine de s'y rendre. Ce qu'on voudrait savoir ce matin, c'est quels amendements allez-vous garder ?
Je vais juste aller au bout de l'explication, qu'on comprenne bien que je ne balaye pas ça d'un revers de main, qu'on a réfléchi, qu'on a regardé. Non, je pense qu'on n'a pas bien compris. Alors, dites-nous vraiment en deux mots,
parce que je voudrais savoir quels amendements vous gardez.
Je tiens à expliquer pourquoi nous le rejetons. Nous le rejetons au nom de la cohérence de notre politique, stabilité fiscale. Oui, parce que vous ne voulez pas augmenter les taxes. Non, mais il y a deux autres raisons. Un, c'est la justice. Je ne vois pas pourquoi on augmenterait l'impôt du salarié qui a des actions, et qu'on n'augmenterait pas l'impôt de la holding ou du fonds d'investissement qui, lui, a exactement les mêmes actions et qui va les revendre. Je trouve ça profondément injuste. La deuxième raison, c'est que ça ne s'applique qu'aux entreprises françaises, comme toujours, et pas aux entreprises étrangères.
Ça veut dire que l'investisseur français, il aura davantage intérêt à acheter des actions d'Amazon parce qu'elles seront taxées à 30% plutôt que des actions de Danone ou d'un groupe français parce qu'elles seront taxées à 35%.
Vous l'expliquerez à l'Assemblée et à vos collègues.
Je vais vous expliquer à Marine Le Pen quand elle nous dit qu'elle est attachée à la souveraineté économique et à la souveraineté industrielle. Parce que si on veut la souveraineté industrielle, il faut des actionnaires français qui investissent dans des entreprises françaises. Donc il faut un niveau de taxation qui soit raisonnable.
On a compris quels amendements garderez-vous, s'il vous plaît ?
On va garder les amendements de beaucoup d'autres groupes. Quand je vois Valérie Rabault qui nous dit qu'il vient du Parti Socialiste, il faut impérativement garder une TVA à 5,5 sur les masques. Elle a raison. Parce qu'elle a pointé quelque chose qui est juste. Ça me paraît intéressant de garder cet amendement. Quand le modem, et vous voyez qu'il n'y a rien contre le modem, quand le modem nous dit les petites PME, il faut baisser encore leur niveau d'impôt sur les sociétés parce qu'elles sont confrontées à la crise énergétique, elles ne peuvent plus payer leurs factures énergétiques. Ils ont fait une proposition pour relever encore les seuils. Je ne vais pas rentrer trop dans la technique.
C'est une très bonne idée. C'est conforme à notre politique. Ça soutient les PME. Ça soutient la compétitivité. Ça soulage nos entrepreneurs. Donc évidemment, nous disons oui. Après, il y en a d'autres qu'on va regarder avec bienveillant. Je ne sais pas quelle sera notre décision avec la Première Ministre et avec le Président de la République. Mais quand, par exemple, un député LR de Bretagne, Marc Le Fur, que je connais bien, nous dit sur le ticket restaurant, ce serait intéressant de rehausser la valeur de 11 à 13 euros parce que tout coûte plus cher dans les restaurants et lorsqu'on cherche à s'alimenter. Je trouve que c'est intéressant.
Je ne sais pas si au bout du compte, on le gardera définitivement. Mais moi, je suis plutôt favorable. Je trouve que c'est des propositions qui sont intéressantes. Qu'est-ce que ça montre, Amandina Dattalaya ? Que le débat a une immense vertu. Que ce débat à l'Assemblée nationale...
Que ce débat à l'Assemblée nationale...
Non, on essaye d'écouter, mais en tenant une cohérence qui est le travail, la stabilité fiscale ou la baisse des impôts, le soutien aux entrepreneurs et évidemment la protection de nos dépenses publiques. Je rappelle que si on gardait tous les amendements aujourd'hui, ce serait 8 milliards de dépenses publiques en plus, c'est-à-dire plus de déficit et plus de dettes.
Ça, ce n'est pas possible. Merci Bruno Le Maire. Juste, est-ce que vous y pensez le matin
à quel point il vaut mieux s'occuper du présent ? Et quand on fait de la politique, si on veut avoir un avenir, il vaut mieux bien gérer le présent.
Merci Bruno Le Maire. Il est 8h53 sur BFMTV RMC.
Bruno Le Maire