Je suis révolté que certains s'en prennent aux messagers, pour ne pas écouter le message.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le diagnostic posé par cette tribune est, je crois, malheureusement parfaitement exact. »
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« le premier pays dans lequel est déployé l'armée française, c'est le territoire national. »
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« Jean-Luc Mélenchon par exemple, qui n'hésitait pas à appeler à l'insurrection, et qui parle d'insoumission »
- 1:23Invité politiqueFait
« ce texte, encore une fois, ne contenait aucun appel à la rébellion contre l'ordre républicain. »
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« nous assistons à une désagrégation, que tout le monde ne peut que constater, de la conscience de ce que nous avons en commun. »
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« il n'y a pas de culture française, qui avait déclaré que la France était coupable de crimes contre l'humanité. »
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« J'avais publié un livre sur la crise éducative qui commençait par le récit de ce que j'ai vécu comme jeune professeur, le récit de la mort d'un jeune tué à coups de tournevis devant la barre d'immeuble qui était tout près de mon lycée. »
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« Emmanuel Macron, c'est le président du "en même temps", c'est le président de la communication, des artifices permanents. »
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« on a fait sortir des détenus condamnés qui étaient incarcérés - et Dieu sait qu'en France pour être réellement incarcéré, il faut avoir été très loin dans la violence ou dans la récidive. »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Le diagnostic posé par cette tribune est, je crois, malheureusement parfaitement exact. Et il est nourri par une expérience de terrain. Rappelons que, ces militaires le disent dans leur texte, aujourd'hui le premier pays dans lequel est déployé l'armée française, c'est le territoire national. Et ces militaires qui ont publié cette tribune décrivent leur expérience de la mission sentinelle. Je crois que cette expérience, nous n'avons pas le droit de ne pas l'écouter.
Alors je suis révolté de voir que certains choisissent de s'en prendre aux messagers pour ne pas écouter le message, et qu'on est prêt à décrire ces militaires qui servent la France comme des factieux, alors même qu'ils expliquent dans leur texte que leur seul et unique objectif, c'est de défendre la loi de la République, et c'est de défendre l'ordre public en France. Mais laissons d'une certaine manière ceux qui cherchent à faire taire ces militaires à leur indignité, et à leur aveuglement. - Vous parlez des membres du Gouvernement ? Il y a des membres de certaines oppositions.
Jean-Luc Mélenchon par exemple, qui n'hésitait pas à appeler à l'insurrection, et qui parle d'insoumission, demande à ces militaires de rester absolument soumis à l'aveuglement volontaire auquel ils voudraient probablement tous nous condamner. De l'autre côté, évidemment, le Gouvernement lui-même a réagi d'une manière complètement disproportionnée, à mon avis, au premier texte qui avait été publié. Texte publié par des officiers des militaires en retraite, et qui donc ont le droit de pouvoir exprimer leurs opinions. D'autant plus que ce texte, encore une fois, ne contenait aucun appel à la rébellion contre l'ordre républicain. - Mais sur le constat de la guerre civile.
Nous sommes au bord de la guerre civile disent-ils. Vous le partagez ce constat, oui ou non ? Je ne sais pas comment il faut appeler le phénomène qui est en train de se produire. Aujourd'hui une guerre civile, c'est un moment où deux camps se déchirent dans un pays au point que, au lieu d'exprimer leur désaccord à travers la politique, ils le font par la violence et par les armes. Je ne suis pas sûr qu'il y ait en France aujourd'hui deux camps prêts à s'affronter. Ce qui est certain en revanche, c'est que nous assistons à une désagrégation, que tout le monde ne peut que constater, de la conscience de ce que nous avons en commun.
Et on le voit, c'est vrai, dans la montée de la virulence à travers le débat public, mais on le voit aussi par tous les moyens possibles. Et je voudrais redire ici ce qui est une obsession personnelle, je le dis comme professeur, on le voit à travers la crise éducative majeur que notre pays connaît depuis très longtemps maintenant. Encore une fois, il ne s'agit pas d'accuser ce gouvernement de tous les malheurs que la France connaît aujourd'hui. Je lui reproche de n'avoir rien fait pour réussir à rétablir les choses dans la bonne direction.
Et cette crise éducative, elle est dramatique, parce que, non seulement elle prive des jeunes des compétences et des connaissances nécessaires pour réussir dans la vie, mais elle les prive aussi de la conscience d'appartenir à une histoire commune à une culture commune. Aujourd'hui dans notre pays grandissent des dizaines de milliers de jeunes qui ne se reconnaissent pas Français. Et c'est aussi lié à des discours politiques irresponsables comme celui du président Emmanuel Macron, qui avait déclaré dans sa campagne qu'il n'y a pas de culture française, qui avait déclaré que la France était coupable de crimes contre l'humanité. Tous ces mots là ont une portée, ils ont une résonance.
Et oui, à la fin ils conduisent à la montée de la violence, parce qu'ils conduisent des jeunes qui grandissent dans notre pays à ne pas s'identifier de ce pays dans lequel ils vivent et auquel ils devraient pourtant participer. À la fin, tout cela produit ce sentiment de délitement auquel nous assistons en effet. - Ce communautarisme est aussi un des éléments du délitement ? Le fait que l'on n'enseigne pas bien l'histoire dans notre pays, qu'on ne s'approprie pas la propre histoire de se pays ?Et ensuite que la communautarisation soit un troisième phénomène ? Bien sûr ! Et d'ailleurs, il suffit de regarder le jeu dangereux auquel joue encore toute une partie de nos élites aujourd'hui.
Quand je pense que nous sommes dans cette situation de fragilité profonde face à la montée de cet ensauvagement, que pour ma part je décrivais dès 2014. J'avais publié un livre sur la crise éducative qui commençait par le récit de ce que j'ai vécu comme jeune professeur, le récit de la mort d'un jeune tué à coups de tournevis devant la barre d'immeuble qui était tout près de mon lycée. Et je voyais dans cette mort absurde, dans cette violence dévastatrice, le signe de cet effondrement de la transmission de la culture. Là où nous ne transmettons plus notre culture, nous ne pouvons pas nous étonner de voir ressurgir la barbarie.
Et bien c'est ce que nous voyons tous les jours, aujourd'hui, dans tant de nos quartiers en France. Et pendant ce temps-là, L'Obs publie il y a quelques jours un article absolument stupéfiant, qui explique que le concept de civilisation est un concept d'extrême droite.
Tant qu'on continuera d'entretenir les illusions de la déconstruction, tant qu'on continuera de se sentir coupable d'avoir une culture à transmettre, tant que la France renoncera à affirmer qu'elle est un territoire marqué par une histoire qui ont fait d'elle ce qu'elle est, et qui font qu'il y a ici des lois à respecter, des principes à partager, qui ne sont pas négociables, et bien on assistera à la montée de cette violence très concrète, et on assistera à ces meurtres et à ces crimes qui endeuillent notre pays.
Et moi je pense aujourd'hui à tous ceux qui, policiers, gendarmes, à tous ceux qui dans leurs familles craignent pour leur vie, parce qu'ils sont chargés de faire respecter une loi qui n'est plus reconnue par tant de jeunes, par tant de personnes à l'intérieur de notre pays. - Emmanuel Macron a clarifié les choses il y a quelques temps. Il a beaucoup parlé sécurité. Il fait le constat que la violence est en train d'enfler dans notre société. Vous lui faites encore une fois crédit de cela ? Bien sûr que non ! Emmanuel Macron, c'est le président du "en même temps", c'est le président de la communication, des artifices permanents. En réalité tout cela ne tient pas une seule seconde.
Quand on est en même temps le président dont le gouvernement se vante, je le redis, il faut le répéter, d'avoir vidé les prisons pendant la crise du coronavirus. On s'est félicité d'avoir fait baisser la population carcérale ! Qu'est-ce que ça veut dire concrètement : ça veut dire qu'on a fait sortir des détenus condamnés qui étaient incarcérés - et Dieu sait qu'en France pour être réellement incarcéré, il faut avoir été très loin dans la violence ou dans la récidive. C'est évidemment une manière de mettre en danger les Français. Comment après cela prendre au sérieux des discours qui voudrait être fermes sur le plan de la sécurité.
François-Xavier Bellamy