RN : une fin de campagne émaillée de polémiques - C à Vous - 05/07/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
dans son programme d'exclusion et de xénophobie. Préférence nationale et droit du sol...
Un programme qui demeure la colonne vertébrale du mouvement. - A.-E.Lemoine: On comprend que le RN, c'est le Front national avec une couche de vernis.
Comment expliquez-vous que les Français adhèrent encore plus qu'avant, 2 fois plus qu'aux dernières élections, à ses idées? - O.Faure: Bonne question.
Comment se fait-il qu'un président se retrouve avec une extrême droite qui n'a jamais été à un niveau aussi élevé? - A.-E.Lemoine: C'est la faute d'E.Macron? - O.Faure: Les torts sont assez largement partagés.
Quand vous donnez le sentiment...
Ca a été le cas avec E.Macron. Vous donnez le sentiment que tout se confond, entre la gauche et la droite.
Cette confusion a créé un vide, qui a été comblé par l'extrême droite. Si vous ne pouvez alterner qu'avec l'extrême droite...
Si vous voulez changer, vous devez le faire avec l'extrême droite. C'est le tort d'E.Macron qui a voulu éliminer les partis de gouvernement.
Il voulait se trouver un adversaire qu'il pensait commode et qui pouvait lui permettre une victoire facile à chaque échéance. Le malheur, c'est qu'à force d'avoir nourri l'épouvantail, l'épouvantail est devenu plus fort que lui. - A.-E.Lemoine: 51 candidats et militants ont été agressés physiquement pendant la campagne.
Les injures racistes et homophobes se multiplient. Craignez-vous que ces violences physiques et verbales se prolongent après les législatives? - O.Faure: Elles ont commencé bien avant.
Ca fait bien longtemps qu'on déplore un nombre d'agressions d'élus qui est en spectaculaire augmentation. Quand on a une campagne délétère, une parole qui s'est beaucoup libérée, et pas dans le meilleur sens, forcément, après la parole, les actes viennent. On peut craindre que ces actes se multiplient.
Il faut en appeler au civisme. Il faut apaiser ce pays en lui donnant les moyens de se reconnaître dans...
Ce front républicain, c'est à la fois une chance, peut-être un répit, mais un répit qui peut être un recul pour mieux sauter derrière. Ca peut aussi être une refondation. Moi, je ne veux pas un répit mais une refondation.
Je veux qu'on trouve les raisons qui permettent de vivre ensemble et de faire en sorte que chacun puisse retrouver des raisons de vivre en commun. - A.-E.Lemoine: Sauf que ce Nouveau Front populaire s'est constitué en quelques heures, de façon quasi épidermique pour faire barrage au RN.
C'est ce que vous demandez aux électeurs: se mobiliser pour empêcher le RN d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée. Pour leur proposer quoi à la place? Quel Premier ministre?
Quel programme? Pour quelles mesures? Celui du Nouveau Front populaire ne va vraisemblablement pas obtenir de majorité.
On voit bien qu'elle est fragile, avec des partenaires qui ne sont d'accord sur presque rien. - O.Faure: Ils sont d'accord sur un projet élaboré ensemble qui leur a permis de faire campagne.
J'attends les résultats de dimanche soir. Quelles seront les forces en présence? - A.-E.Lemoine: Les électeurs voteront à l'aveugle? - O.Faure: Non.
Ils vont décider de ce que sera la composition du Parlement. De là découlera une majorité et ensuite, un gouvernement. C'est eux qui vont décider des équilibres.
Ensuite, j'espère que le Parlement va retrouver tous ses droits et que nous pourrons y nouer un débat qui a malheureusement été absent depuis trop longtemps. Ca fait 7 ans que le Parlement est devenu la 5e roue du carrosse. Il ne s'y passe rien, sinon des 49-3 à répétition dans cette législature et, dans celle d'avant, des votes au canon.
On avait rebaptisé les parlementaires de la majorité des "Playmobil". Ils n'avaient pas un rôle valorisé. Je souhaite que nous ayons un Parlement qui légifère avec la possibilité de nouer des majorités.
Ce serait pas si mal! - P.Cohen: Il y a une faille dans votre raisonnement. - O.Faure: Sûrement plus d'une.
La réalité est tellement inédite... - P.Cohen: Dans les endroits où le front républicain s'est formé, où il s'agit de faire barrage au RN, les forces de gauche ou de l'ex-majorité présidentielle demandent de voter contre le RN.
Vous, vous dites qu'ils voteront aussi pour le programme défendu par le candidat qui représente le front républicain. Il y a un petit souci. - O.Faure: Nous avons fait un effort sans commune mesure avec ce qu'a pu faire la droite.
Les Républicains ne se sont pas désistés. Renaissance ne s'est pas désisté partout. Il y a 80 désistements d'un côté et 137 de l'autre.
Quand nous sommes face à l'extrême droite, il n'y a pas d'hésitation. - A.-E.Lemoine: Ca préjuge d'autres compromis? - O.Faure: Ca préjuge de la volonté de faire en sorte que le pays puisse continuer à tourner.
Ne pas le bloquer, pouvoir le gouverner...
Ne pas entretenir la grande confusion. La grande confusion mène à l'extrême droite. Si nous avons demain un gouvernement de bric et de broc et qu'on a une expérience malheureuse, et elle le serait, nous aurons l'extrême droite derrière. - A.-E.Lemoine: C'est l'inquiétude des Français avant d'aller voter dimanche. - O.Faure: Je souhaite qu'on puisse faire la preuve par le Parlement.
Il faut que le Parlement redevienne le lieu dans lequel la politique s'élabore. Le président est désavoué, disqualifié. Le gouvernement ne pourra pas s'imposer.
Je veux rester très prudent là aussi...
On spécule sur le fait que le RN n'aurait pas de majorité. Restons prudents. Les sondeurs se sont parfois trompés.
Il peut y avoir une majorité. Ne nous réveillons pas lundi matin avec une gueule de bois. Mais si ce n'était pas le cas, il faudrait chercher texte après texte et que chacun mette ses positions sur la table, pour voir qui propose quoi et à quelles conditions. - M.Bouhafsi: Les électeurs ont jusqu'à dimanche pour faire leur choix.
B.Le Maire était à votre place hier soir. Il a un avis tranché. - A.-E.Lemoine: Que dites-vous à un électeur de la majorité qui aurait le choix entre le RN et LFI? - B.Le Maire: Je lui dis de voter blanc.
Je le dis très clairement. Je ne mets pas d'équivalence entre le RN et LFI. Je combats le RN depuis 22 ans que je suis entré en politique, mais LFI est aussi un danger pour la nation.
C'est une formation d'inspiration communautariste qui a tenu des propos antisémites. Voter blanc, c'est prendre position. - M.Bouhafsi: C'est encore une grande question pour des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes.
Ils ne veulent pas voter LFI. - O.Faure: Même si je ne suis pas le porte-parole de LFI, je leur réponds que LFI avait un candidat contre madame Borne.
Si elle s'était maintenue, madame Borne serait certaine d'être battue. Ils l'ont retirée. Ils ont fait un choix clair, plus clair qu'à la présidentielle, où ils avaient appelé à ne pas donner une voix à l'extrême droite.
Cette fois-ci, ils ont fait en sorte d'avoir un message simple: retrait de tous nos candidats à chaque fois que l'extrême droite peut l'emporter. C'est difficile. Je le comprends.
J'ai fait cet effort à chaque fois...
Aux présidentielles en 2002, en 2017, en 2022. Nous avons retiré plusieurs fois nos candidats en PACA. Nous n'avons plus aucun conseiller régional en PACA.
J'ai pris cette décision alors même que sur place...
Imaginez la détresse des militants et des candidats. Ils m'en ont beaucoup voulu. Mais je l'ai fait parce que c'était la seule position tenable.
Aujourd'hui, nous sommes tous appelés à être conformes à ce que nous prétendons être. Nous sommes des républicains. Dans la République, il y a les ennemis de la République et les adversaires dans le cadre républicain.
C'est différent. On peut contester LFI. On peut considérer que c'est souvent le bazar et leur reprocher beaucoup de choses, mais pas d'avoir été hors du cadre républicain. - P.Lescure: Hier, F.Ruffin a indiqué que s'il est réélu dimanche, il ne siégera plus dans le groupe des insoumis.
Il a qualifié J.-L.Mélenchon de "boulet". - J.-L.Mélenchon: Une élection aussi dangereuse n'est pas le moment de régler des comptes personnels.
Et lui en particulier se met en danger. Quand il dit qu'il quitte les insoumis, alors qu'il est sur une circonscription attribuée aux insoumis, les gens qui votent ne savent plus pour quoi ils votent. La semaine dernière, il distribuait un tract où on me voyait avec lui dans sa cuisine et où on rigolait.
Une semaine pour Mélenchon et une semaine contre...
Quand le vent souffle fort, il emporte aussi les girouettes. - P.Lescure: "Boulet", le mot est un peu fort, mais J.-L.Mélenchon a souvent été présenté comme un épouvantail pour beaucoup d'électeurs.
Ca a dû peser dans la campagne. - O.Faure: Parfois.
J'étais ce matin dans une circonscription où ça m'a été beaucoup rappelé. Je n'aime pas cette altercation. Boulet, girouette...
Ce n'est pas la bonne façon de procéder. Il faut se dire les choses simplement. F.Ruffin a été un excellent parlementaire.
C'est une voix qui porte à gauche. Nous avons besoin de lui à l'Assemblée. J.-L.Mélenchon a tenu un rôle.
Il a été celui qui a permis à la gauche de ne pas se laisser emporter. Il a eu un rôle historique. - A.-E.Lemoine: Mais est-ce qu'il l'a encore? - O.Faure: C'est la question aujourd'hui.
Ma réponse est non. Nous sommes dans un pays qui est tellement fracturé, où plus personne ne parle à personne...
Pour reprendre la phrase de G.Collomb, qui était une parole fort juste et qui s'est avérée prémonitoire... "Nous ne sommes plus côte à côte, nous sommes face à face." Nous ne pouvons pas choisir celui qui a le profil le plus clivant, celui qui a fait le choix de la conflictualité avec une stratégie qui était de ramener les catégories populaires vers le vote et d'être le bruit et la fureur.
Ca ne marche plus. On ne peut pas continuer dans ces conditions. Il n'est pas le mieux placé.
Je ne dis pas qu'il n'a servi à rien. Je ne dis pas qu'il faut le conspuer. Je dis simplement que parfois, quand on a
Bruno Le Maire