Bruno Retailleau est face à Marc-Olivier Fogiel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, 200 milliards d'euros d'économie, le retour de l'autorité, la sélection à l'université, c'est le programme pour la présidentielle du patron des LR.
- 0:26ComplaisanteRéponse partielle
À l'occasion de la sortie de Combat et d'Espoir, un livre personnel dans lequel vous fendez l'armure, peut-être pour exister un peu plus dans les sondages.
- 0:56OuverteRéponse directe
Vous écrivez que l'école doit être le lieu où l'autorité s'impose.
- 1:14RelanceRéponse directe
Vous voulez mettre de l'huile sur le feu, Bruno Retailleau ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Vous trouvez qu'aujourd'hui, l'élève refuse l'autorité du maître ?
- 2:24RelanceRéponse directe
Est-ce que mai 68 a amené quelque chose à la société ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:21Invité politiqueFait
« Simplement, vous ne pouvez pas avoir de transmission du savoir sans autorité. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Je pense qu'on vit sur une idéologie très 68-art, très post-68-art, très gauchisante, où on a voulu déconstruire tous les repères, la hiérarchie, l'autorité. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« Le dernier classement PISA est, de ce point de vue-là, catastrophique. »
- 3:25Invité politiqueFait
« C'est Bourdieu. Voilà, les Bourdieusiens nous ont fichu. »
- 4:22Invité politiqueFait
« On a aujourd'hui des violences qui viennent des ultras. Ces ultras peuvent être de droite. Ces ultras peuvent être de gauche. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Il y a un seul parti politique qui a pignon sur rue, qui justifie la violence à un point que vous n'imaginez pas. »
- 4:44Invité politiqueFait
« La jeune garde, c'est quand même un député insoumis qui l'a fondé. »
- 4:52Invité politiqueFait
« « Bravo, continuez ! » »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« On a quasiment mille policiers gendarmes de blessés. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Ils ont dû se blesser avec un trombone. »
- 6:29Invité politiqueFait
« On risque de voir, c'est la grande dégringolade, le grand déclassement, le déclin pour la France. »
- 6:40Invité politiqueFait
« C'est peut-être pas populaire. »
- 7:38Invité politiqueFait
« La dette va nous exploser. »
- 7:50Invité politiqueChiffre
« Les retraités perdant 4 à 500 euros. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau60 %
- Présentateur28 %
- Présentateur 26 %
- ?6 %
≈ 20,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et
avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, 200 milliards d'euros d'économie, le retour de l'autorité, la sélection à l'université, c'est le programme pour la présidentielle du patron des LR. Il se raconte dans un livre qui paraît aujourd'hui. Bruno Retailleau est votre invité ce matin, Marc-Olivier. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Marc-Olivier Fogiel. Merci d'être là à
l
'occasion de la sortie de Combat et d'Espoir, un livre personnel dans lequel vous fendez l'armure, peut-être pour exister un peu plus dans les sondages. On va y venir dans un instant, vous y parlez de votre grand-père, que connaissez le grand-père de Céline Landreau, des Gilets
jaunes, d'Emmanuel Macron. Elle est vendéenne, elle le cache, mais elle est vendéenne. On ne le cache pas tellement, ne vous
inquiétez pas. Sa famille est sortie et est issue du même petit
village
que moi, Saint-Malo du Bois. De Jean-Luc Mélenchon, donc on va y revenir. Vous parlez également d'école, on va commencer par ça, puisque c'est l'actualité. Et vous écrivez que l'école doit être le lieu où l'autorité s'impose. Ça tombe en pleine actualité. Depuis un mois, les lycéens manifestent notamment contre Parcoursup et la sélection à
l
'université. Jean-Luc Mélenchon promet de supprimer Parcoursup. Et vous vous dites, au contraire, il faut assumer la sélection à l'université. Vous voulez mettre de l'huile sur le feu, Bruno Retailleau ?
Non, j'ai écrit ce livre il y a plusieurs mois, en dehors de l'actualité. Simplement, vous ne pouvez pas avoir de transmission du savoir sans autorité. Si l'élève refuse l'autorité du maître, alors la chaîne de la transmission est rompue.
Et
vous trouvez qu'aujourd'hui, l'élève refuse l'autorité du maître ?
Est
-ce que ce n
'est
pas
un
peu vite vécu
? Je pense qu'on vit
sur
une idéologie très 68-art, très post-68-art, très gauchisante, où on a voulu déconstruire tous les repères, la hiérarchie, l'autorité. On a fait symboliquement descendre le maître de son estrade. Je me souviens, cette nouvelle éducation, quelqu'un avait dit, qui représentait cette idéologie-là dans les années 70, « Il faut que le maître cesse d'enseigner pour que l'élève puisse commencer à apprendre. » Eh bien, leur programme, malheureusement,
a
réussi, et nos élèves échouent. Le dernier classement PISA est, de ce point de vue-là, catastrophique. On avait un système républicain, il est devenu darwinien. Les enfants de bonnes familles ont les moyens de s
'en
tirer, et ceux qui naissent dans des familles plus modestes, c'est beaucoup plus difficile pour
eux.
Juste une petite parenthèse sur mai 68. Il n
'y a
rien de mai 68 qui vous plaît, mai 68, parce qu'il faut se souvenir de
ce
qu'étaient les années avant les années 70. C'était quand même une société
assez
particulière. Vous êtes nostalgique de cette société-là ? C'est
aussi
un vent de liberté, quand même,
non ?
Il
n'y a
aucune nostalgie chez moi. Simplement, reconnaissons, quand j'entends beaucoup de lycéens dire, « Il faut 10 milliards », c'est une question de moyens. C'est faux. Regardez nos services publics. C'est cruel, c'est fondre. La justice, mais l'école, l'hôpital. Mais on n
'a
jamais eu autant de dépenses publiques. Donc, on voit bien qu'il n
'y a
pas de lien entre les moyens et des systèmes qui fonctionnent mal. Il faut changer le cœur du système.
Il faut, bien sûr, la
sélection. Par exemple, regardez l'université. Vous n'avez
pas répondu à ma question
sur mai 68, quand même. Est-ce que mai 68 a amené
quelque chose à la société ? De ce point de vue-là, non. De ce point de vue, notamment, de la transmission, non. Ça a été, je pense, un début. Je ne dis pas qu'avant,
c
'était forcément mieux. Et je ne suis pas du tout dans la nostalgie. D'accord. Mais je pointe, là encore, des dérives qui ont déconstruit l'autorité. C'est Bourdieu. Voilà, les Bourdieusiens nous ont fichu. Donc, vous
êtes en l'air.
L
'autorité. Dans l'actualité, également, de la semaine. Non, je suis pour la transmission. J'ai bien compris. Mais aussi, la
transmission, c
'est comme l
'égalitarisme. Regardez, l'égalitarisme. Ils ont voulu faire rentrer l'égalitarisme à l'école. Au total, on a l'école la plus inégalitaire de l'Europe. C'est-à-dire, l'école où les enfants de parents modestes ont le moins de chances de
réussite.
Au
milieu de cette actualité, il y a eu ce drame en début de semaine à Aubagne. Un collégien de 14 ans qui a ouvert le feu sur son principal et une enseignante. Vous, Bruno Retailleux, avec votre prisme, immédiatement, vous avez mis en cause LFI. En fait, on l'a vu. Les enquêteurs s'intéressent aujourd'hui au lien entre ce gamin et cette mouvance qui glorifie les tueurs de masse. Chez vous, la violence, c'est toujours l'extrême gauche ou l'immigration, en fait ? Non, mais il y a une... J'ai été ministre
de
l'Intérieur.
Je sais bien, mais là, en l'occurrence, ça n'a rien à voir. C'est plutôt quelque chose de masculiniste. Laissez-moi répondre. Laissez-moi vous poser une question aussi.
On a aujourd'hui des violences qui viennent des ultras. Ces ultras peuvent être de droite. Ces ultras peuvent être de gauche. Ce que j'observe dans la société et dans la vie politique française, c'est qu'il y a un seul parti politique
qui
a pignon sur rue,
qui
justifie la violence à un point que vous n'imaginez pas. Lorsque j'ai dissous, le Conseil d'État m'a donné raison. La jeune garde, c'est quand même un député insoumis
qui
l'a fondé. Et quand je l'ai dissous, M. Mélenchon a s'est adressé à ces jeunes en disant « Bravo, continuez !
»
Excusez-moi, ce n'était pas ma question, M. Retailleau.
Si, mais c'est ma réponse. Non, mais d'accord, mais ce drame, immédiatement, vous faites
le lien avec LFI, il n'a rien à voir avec LFI. Bien sûr, écoutez... Et donc, c'est quand même un petit
problème,
non
? Dont acte. D'accord. J'entendais encore, M. Mélenchon, ce week-end. On a quasiment mille policiers gendarmes de blessés. Et vous savez ce qu'il a dit ? Ils ont dû se blesser avec un trombone. Très
bien, mais c'est un autre sujet
que ce
gamin à Aubagne.
Non,
non, mais
là, vous me prenez un cas particulier. Bien sûr, je vous en donne acte. Simplement, les hommes et les femmes politiques doivent lire dans l'actualité les grandes tendances. Et c'est ce que je suis en train de vous expliquer. C'est ce que les Français comprennent parfaitement. Je ferai tout. Mais alors, tout pour qu'on fasse barrage à M. Mélenchon.
Pour faire barrage à Mélenchon, donc, vous êtes dans la piste à la présidentielle. Vous êtes en piste, pardon, pour la présidentielle. Et avec des difficultés dans les sondages, depuis hier, pour la première fois, David Lysnard, de votre camp, même s'il n
'est
plus vraiment au LR, vous dépasse dans un sondage. On l'entendait dans le journal de 8 heures. Il y
a
une Lysnard mania qui commence à monter. Comment vous le vivez
? Mais
très
bien, très bien pour deux raisons. Le
fait qu'il vous dépasse,
très bien. Des sondages vont paraître aujourd'hui, qui vont être contradictoires. C'est le yo-yo. C'est à partir du mois de janvier, février, que commencera la vraie campagne présidentielle. Mais il
y
a autre chose, beaucoup plus profond, chez moi, qui est un ressort. Le ressort de mon action, de mon engagement pour la présidentielle, c'est que les sondages n'ont aucun impact sur ma détermination. J'estime que nous vivons une période historique. On risque de voir, c'est la grande dégringolade, le grand déclassement, le déclin pour la France. J'ai un projet de rupture que je veux porter jusqu'au bout. Et dans mon projet de rupture, c'est vrai, je demande des efforts aux Français. C'est peut-être pas populaire. Personne ne m'empêchera de dire la vérité avec courage. Je ne mentirai pas aux Français.
Mais vous dites, vous êtes, Jean-Luc Mélenchon, mon seul adversaire. Vous l'écrivez. Les sondages, malgré tout, c'est un rapport de force. Vous dites, j'irai jusqu'au bout. Ça veut dire quitte
à
ce qu'il soit au deuxième tour,
en fait. Mais vous vous souvenez, c'est François Baroin qui me rappelait, il
y
a quelques semaines, Jacques Chirac invite les parlementaires en janvier. Ils sont 500 à l'époque, je crois, quasiment. Et il y en a moins de 20 qui arrivent. Et on lui dit, mais Jacques, arrête. C'était, je crois, le 18 ou le 20 janvier 1995. Donc
vous
n'êtes pas
du tout miné par ce trou d'air du moment. Mais non, parce que j'ai un égo comme tout le monde. Mais les ressorts les plus profonds, c'est un autre ordre, vous voyez. Ce
n
'est pas les sondages. Ça, c'est l'écume des jours. Les boss, les yo-yos, il y en aura d'autres. Je vous rassure, il y en aura d'autres. Les Français sont, aujourd'hui,
les
Français sont tétanisés par une angoisse, une inquiétude, à juste raison. La dette va nous exploser. Ça a commencé, la crise a commencé. Je veux que les Françaises, les Français l'écoutent, ce que je dis. Et si la crise explose avant 2027, ce sera une chute de pouvoir d'achat. Les retraités perdant 4 à 500 euros. Ce sera terrible, comme en Grèce. Ce que vous dites, ce n
'est
pas loin de ce que dit David Lissner. Pourquoi vous ne
vous
mettez pas ensemble ? Exactement, absolument. Mais David est un ami, je
l'ai beaucoup soutenu. Et vous
derrière lui
?
Je pense, et vous verrez, je pense que j'ai un projet de rupture très complet. Je suis libéral en économie, mais je pense que j'ai envie aussi d'avoir une dimension sociale. La droite,
c
'est aussi... On a un cœur. On a beaucoup de misère en France. Vous savez, on est quoi ? On est le 15 octobre. Le 17 octobre, vous allez avoir 3 Français sur 10, dont les comptes seront dans le rouge, y compris ceux qui travaillent. Il y a un grand appauvrissement. Et je pense qu'on doit pouvoir être rigoureux sur la dette. Mais il faut avoir du cœur. Et les services publics, pour moi, ça compte.
Vous dites, on a du cœur, à droite. J'ai du cœur, dans le livre, vous avez... Est
-ce que vous trouvez que
je n
'ai
pas du cœur dans mon livre
? Absolument. Et dans le podcast
qu'on a fait ensemble, on va y venir. Mais vous dites, dans ce livre, l'être, je ne suis pas un réac, en fait. Parce que vous avez du cœur, mais ce n
'est
pas l'image que vous avez. Vous avez l'image plutôt d'un réac, en
fait. C'est de
ma faute.
Je ne sais
pas si c'est votre faute, mais en tout cas, vous prenez soin de faire une lettre pour dire, je ne suis pas un réac, c'est bien
que c'est votre problème, en tout cas.
Quand
on lit, dans mon style d'ailleurs, j'ai voulu un livre avec des lettres, parce que c'est plus facile à lire, parce qu'une lettre, on y trouve un style. Le style, c'est l'homme. Et je trouve que ça permet au lecteur d'apprendre un peu plus de ce que je suis. Peut-être que je me suis enfermé dans une image qu
'au
ministre de
l
'intérieur, de quelqu'un de raide. Sur certains points, je suis conservateur. Sur d'autres, je suis très réformiste. Moi, je veux conserver ce qui marche,
et
je veux réformer ce qui ne marche pas, vous voyez. Mais vous dites, je ne suis pas celui que vous croyez, en fait, un peu. Je le pense. Ah, j'en suis persuadé. Mes amis, tous ceux qui me connaissent, me disent souvent, mais quelle différence il y a entre ton image ? C'est de ma faute,
hein.
Parce que ton image, c'est un petit peu de la vôtre aussi, les médias, parce qu'on simplifie énormément, on schématise. Ce livre, c'est aussi une tentative de montrer tel que je suis, parce qu'un candidat à l'élection présidentielle, un homme d'État, c'est d'abord un homme. Ou une femme d'État, c'est d'abord une femme. Et je pense que cette incarnation, ça compte. Et peut-être qu'à travers les lignes, mes émotions, parce que j'en parle aussi, à travers ma façon de voir les choses, ma vision du monde, ma vision de la vie quotidienne, les gens apprendront beaucoup plus. Peut-être que depuis quelques minutes, où je leur parle avec vous, Marc-Olivier Fougiel.
J'espère
qu'ils auront quand même appris quelque chose. Merci Bruno Retailleau, de combat et d'espoir, lettres français à l'Observatoire. Merci Marc-Olivier pour en apprendre plus sur
Bruno Retailleau. On
signale la sortie de votre podcast vidéo, les aspirants, deuxième épisode avec Bruno Retailleau, podcast d'RTL pour la présidentielle. Ça
a été un
long exercice. Et c'était très bien, en vidéo.
C'est du
sport avec Marc
-Olivier. Fougiel a
pleuré, d'ailleurs, notamment quand il
s'est fait
dire... Non, à cause de Philippe de
Villiers.
Non, pas pour l'instant. Pour l'instant. A cause de Philippe de Villiers. Avec qui vous avez travaillé, notamment au Puy du Fou, on s'en rappelle.
Exactement.
Podcast à retrouver sur l'appli RTL et sur YouTube, ainsi que sur toutes les plateformes. L'épisode précédent avec Gabriel Attal est aussi toujours en ligne.
Et
puis nous, Marc-Olivier, on se retrouve.
Bruno Retailleau