Proposition de gauche : Inscrivons le droit au logement dans la Constitution - 01/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteRéponse directe
Bonjour Cécile. Bonjour Apolline.
- 1:10OuverteRéponse directe
Quelles seraient les conséquences concrètes à une inscription dans la Constitution du droit au logement ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Je veux dire, depuis 1995, le Conseil constitutionnel considère que la possibilité pour toute personne de disposer d'un logement décent est un objectif de valeur constitutionnelle.
- 2:46OuverteRéponse directe
Or, c'est de ça dont on a besoin aujourd'hui.
- 3:08OuverteRéponse directe
Et puis enfin, vous ne pouvez pas pourrir la vie.
- 3:45OuverteRéponse directe
je ne dis pas que c'est ça qui va construire des logements.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« C'est-à-dire qu'on a besoin de boire, on a besoin de manger, on a besoin d'avoir un toit sur la tête, on ne peut pas vivre dehors. »
- 0:33Invité politiqueFait
« C'est légitime que la puissance publique s'en empare. »
- 2:04Invité politiqueFait
« C'est-à-dire que pour devenir propriétaire, presque, il faut déjà être propriétaire. »
- 2:12Invité politiqueChiffre
« On a maintenant des gens qui consacrent 60% de leurs revenus à leur logement. »
- 2:54Locuteur 3Chiffre
« Il y a 3 millions de logements vacants en France. »
- 4:21Locuteur 4Chiffre
« Un Européen sur 10 consacre plus de 40% de son budget à un logement. »
- 4:56Invité politiqueChiffre
« En 1973, il fallait consacrer entre 9,5% de ses revenus à 16% quand on était parmi les plus pauvres. »
- 5:00Invité politiqueChiffre
« Si vous êtes parmi les 10% les plus riches, vous consacrez 15% de vos revenus à vous loger. »
- 5:02Invité politiqueChiffre
« Mais vous consacrez 59% si vous êtes parmi les 10% les plus pauvres. »
Temps de parole
- Cécile Duflot61 %
- Locuteur 319 %
- Locuteur 410 %
- Présentateur10 %
≈ 7,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC, RMC, Apolline Matin, proposition de gauche, proposition de droite. Chaque matin, une proposition politique concrète de droite, de gauche, on alterne ce matin, c'est mardi, c'est la proposition de gauche avec Cécile Duflo. Bonjour Cécile. Bonjour Apolline. La crise du logement que vous voulez vous y attaquer ce matin, vous proposez d'inscrire le droit au logement dans la Constitution.
D'abord, il faut reconnaître une chose, c'est que le logement c'est un besoin vital pour l'être humain. C'est-à-dire qu'on a besoin de boire, on a besoin de manger, on a besoin d'avoir un toit sur la tête, on ne peut pas vivre dehors. Donc c'est légitime que la puissance publique s'en empare. Et on est dans une situation de plus en plus tendue, notamment parce qu'une partie des logements sont sortis de l'offre locative, en particulier parce que c'est des logements qui sont loués sur Airbnb, que certains n'ont pas été rénovés ou que certains propriétaires ne veulent pas louer tout simplement. Donc la puissance publique est un peu désarmée, l'État, les maires sont un peu désarmés.
Et pourtant, les maires, c'est ceux qui sont en première ligne qu'on vient voir quand on n'a pas de logement, quand des jeunes ménages qui veulent venir s'installer, travailler, ne peuvent pas le faire. Et donc, il faut leur donner des clés pour pouvoir agir. Mais souvent, on est bloqué par la Constitution parce que la Constitution protège le droit de propriété. Et c'est normal, mais pas du tout le droit au logement alors que c'est un besoin fondamental.
Quelles seraient les conséquences concrètes à une inscription dans la Constitution du droit au logement ?
Notamment, ça permettrait de pouvoir décider en partie de son infectation, c'est-à-dire de ne pas laisser des immeubles devenir quasiment vides 80% de l'année parce que c'est uniquement des logements qui sont loués sur Airbnb ou sur d'autres plateformes. Et ça, c'est quand même un sujet qui va devenir un problème pas seulement de logement, mais aussi presque un problème urbain. Parce qu'il y a des quartiers qui se vident pendant une partie de l'année ou des immeubles, quand ce sont des vieux immeubles qui sont vides et pas chauffés et qui sont utilisés que l'été, ils s'abîment. Donc il y a un vrai problème et je pense que là, il va falloir que les lois aillent pas plus loin.
Est-ce que l'immobilier doit rester rentable ? Le sujet, c'est de savoir comment c'est rentable. Parce qu'aujourd'hui, on a cru pendant longtemps, et jusqu'à l'encadrement des loyers, depuis 1986, on avait libéré les loyers. Et on avait dit, en laissant les loyers augmenter, ça va donner envie de construire. C'est pas du tout comme ça que ça se passe. C'est devenu une logique de rente. Et on a vu avec la dernière étude de l'INSEE que maintenant, ce sont des multi-multi-propriétaires. C'est-à-dire que pour devenir propriétaire, presque, il faut déjà être propriétaire. Et le problème, c'est que les salaires n'ont pas du tout augmenté en proportion des loyers.
On a maintenant des gens qui consacrent 60% de leurs revenus à leur logement. On entend Emmanuel Lechypre qui peste.
Oui, parce que tout ça est extrêmement caricatural en fait.
Non, non, c'est la vie des gens, Emmanuel.
Mais non, c'est pas la vie des gens, c'est la vie de quelques gens. Alors d'abord, tout est dans la Constitution, Cécile. Tout est dans la Constitution. Je veux dire, depuis 1995, le Conseil constitutionnel considère que la possibilité pour toute personne de disposer d'un logement décent est un objectif de valeur constitutionnelle. On a le droit opposable au logement depuis 1995. Donc, le problème, c'est qu'un nouveau droit, c'est pas ça qui vous construit des logements. Or, c'est de ça dont on a besoin aujourd'hui. Et puis alors, ce mythe des logements vacants, c'est fabuleux. Parce qu'on a l'impression que les grandes villes regorgent de millions de logements vacants.
Alors, il y a 3 millions de logements vacants en France. Mais en réalité, c'est pas des logements qui sont habitables, qui attendent que quelqu'un les occupe. C'est des logements qui sont vacants parce qu'ils sont mal situés. La taille ne correspond pas, le prix, l'état du logement, etc. Et puis enfin, vous ne pouvez pas pourrir la vie. L'essentiel des petits propriétaires aujourd'hui, qui ne sont pas des gens qui ont fait fortune, qui ont acheté un petit bien pour le louer.
Ça n'est pas vrai, Emmanuel.
Mais si, c'est vrai.
Là, ce qui est bien, c'est que vous venez de sortir absolument tous les poncifs.
Pour multi-propriétaires, ce n'est pas des milliers de personnes, ce n'est pas la majorité des gens.
C'est un million de personnes qui possèdent plus de 50% des logements mis en location. C'est ça, la réalité. C'est-à-dire que c'est 3,5% des ménages qui possèdent presque 60% des logements. 56% exactement. C'est ça, la réalité des logements mis en location. Ce sont majoritairement des multi-multi-propriétaires. Ensuite, sur la question de la hiérarchie dans la Constitution, je ne dis pas que c'est ça qui va construire des logements. Il ne faut pas me prendre pour une idiote. Et je déteste qu'on me réponde ça. Quand vous dites qu'il y a un problème législatif qu'il faut traiter, on dit que ça ne va pas construire des logements. Stop ! Stop !
Ce qui empêche aujourd'hui, par exemple, certains maires de zones touristiques, mais ça s'est énormément étendu. À Dieppe, par exemple, qui n'est pas une ville touristique la plus évidente, des gens qui viennent travailler, y compris sur le chantier du futur EPR, n'arrivent pas à se loger. Parce qu'une grande partie du parc est sorti de la location traditionnelle.
Moi, je suis plutôt d'accord avec votre constat. Et je pense même que, en réalité, la question du logement est en train de détruire la démocratie libérale, exactement comme la fiscalité avait détruit l'ancien régime à la fin du 18ème. Un Européen sur 10 consacre plus de 40% de son budget à un logement, des bons 200% en 5 ans en Europe de l'Est, en Hongrie, en Estonie. Je suis d'accord, Manu, c'est une question de construction. Je suis plutôt d'accord avec ça. Mais on ne se rend pas compte, il y a une folie politique qui est en train d'être menée en ce moment, que ça va tout détruire politiquement. C'est ça qui pousse les gens à voter pour les partis populistes. J'en suis convaincue.
Et à ne pas faire d'enfants. Parce que c'est très injuste. Je vais vous donner un chiffre. En 1973, il fallait consacrer entre 9,5% de ses revenus à 16% quand on était parmi les plus pauvres. C'était ça l'écart. Aujourd'hui, si vous êtes parmi les 10% les plus riches, vous consacrez 15% de vos revenus à vous loger. Mais vous consacrez 59% si vous êtes parmi les 10% les plus pauvres. C'est ça qui s'est passé. Un envol du prix des loyers. Et pas du tout des salaires. Et on s'y attaque. Et comme c'est un besoin vital, effectivement, ça devient une crise énorme. Parce que vous ne pouvez pas vivre sans un toit sur la tête.
Cécile Duflot