Narcotrafic : quand ceux qui luttent deviennent des cibles
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Premier thème de débat cet après-midi, narcotrafic quand ceux qui luttent deviennent des cibles. Aujourd'hui, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a bien insisté sur le fait que le frère d'Amine Kessassi était gravement menacé mais pas que. Tous ceux qui luttent contre le narcotrafic le son.
On va écouter Gérald Armin. Oui, je pense qu'il est très menacé. Oui.
Alors, il n'est pas le seul. Il y a aussi 15 magistrats qui aujourd'hui enquête sur le narcotrafic et qui sont protégés par la police, parfois leur famille. Donc oui euh euh la peur est importante, c'est pour ça que l'État doit être extrêmement ferme et que je porte les prisons de haute sécurité, le statut du repenti, la lutte contre le narcotrafic comme étant une menace qui est une menace de sécurité intérieure.
Alors nos experts et nos invités pour en parler, Audrey Goutard, bonjour Audre, notre spécialiste des questions de société, Frédéric Saliba, merci d'être avec nous. Vous êtes journaliste, auteur de cartel voyage au pays des Narcos aux éditions du Rocher et Maurice Signolet, merci également d'être avec nous cet après-midi. Vous êtes commissaire divisionnaire honoraire. auteur de la police ne peut plus rien pour vous aux éditions de l'artilleur.
Audrey, pour commencer, on a entendu Gérald Darmanin nous donner quelques chiffres sur les magistrats menacés, mais est-ce qu'on a une idée de l'état de la menace aujourd'hui pour ceux qui luttent contre le narcotrafic ? Combien de personnes sont menacées en France et quel est vraiment l'état de cette menace ? À quel degré ils sont menacés ?
En fait, c'est difficile d'avoir un chiffre précis parce que vous comprenez bien que cette menace, elle est diffuse et protéiforme. C'est-à-dire que vous avez vous n'avez pas une seule un seul type de menace avec un message et un petit cercueil envoyé à domicile. Ça peut être aussi des pressions, ça peut être bref, il y a tout un multitude de façons de faire terire les uns et les autres ou de les opprimer euh aujourd'hui en France.
Et ça n'est pas très nouveau, il faut le dire. Mais plus le trafic de stupéfiant augmente, plus ce type de menace augmente de fait. Vous avez des journalistes qui ont été clairement menacés qui ont dû euh disparaître un petit peu de la circulation pendant un certain temps parce que ces menaces même si il n'y avait pas une réalité obligatoirement immédiate qu'on sait jamais.
Voilà. Donc exactement c'est exactement cela. vous êtes toujours obligé de prendre très au sérieux et les services de police prennent très au sérieux ce type de menace et pour autant ça ne veut pas dire que la menace va être exécuté ou alors ça veut dire vraiment parce qu'il y a certains aujourd'hui certains groupes criminels qui sont extrêmement puissants et armés qui eux n'hésiteront pas à commettre les exactions qu'il le promettent.
Frédéric Saliba dans d'autres pays où le narcotrafic est très important, comment on lutte ou comment est-ce qu'on a réussi à lutter contre ces menace justement ceux qui luttent contre les avocats, les magistrats, les policiers, les journalistes ? En fait, c'est une pression permanente. Moi, moi je connais très bien le Mexique.
J'ai été longtemps correspondant là-bas et en effet au Mexique les gens sont menacés. Alors, on parle de de d'assis mais il y a évidemment donc les militants, il y a les élus hein aussi menacés, euh les procureurs, les juges, nous avons aussi des dockers qui sont qui sont menacés. Et donc en effet, il faut et dans certains pays, ils sont plus habitués qu'ailleurs, en Italie notamment où ils sont plus rompus à ce type de protection.
C'est difficile dans le cas d'Amenassi parce que on commence en fait on est en pleine campagne pour les municipales et donc il va falloir protéger un homme public et ça c'est très compliqué. Alors, les services français sont habitués à ça et on a des gens de de très haut niveau et on le voit, ils ont su intervenir au bon moment en fait, en tout cas le concernant, mais c'est vrai que la campagne va l'exposer davantage et en fait, il y a comme ça une structure, une menace qui passe évidemment alors au début par la corruption ou la la pression et puis par les menaces et donc les services de police français sont obligés de s'adapter. Il y a déjà en fait des échanges entre la police italienne, la police française, même des échanges avec la police mexicaine et donc ils connaissent ce type de chos.
Attention, une bavure est jamais en tout cas une bavure en tout cas une erreur. On n'est jamais à l'abri d'une erreur. Au Mexique, moi j'ai moi-même des des amis, des collègues he journalistes qui ont été assassinés et qui étaient protégés.
Donc euh la protection n'est pas euh comme ça une immunité totale et euh on le voit même aussi sur le sujet des familles des familiers parce qu'en fait euh le crime organisé euh s'organise et à tendance et on l'a vu avec le le crime le le meurtre d'intimidation qui a touché le frère d'Amine Kessassi MDI et euh et donc en effet la question se pose de savoir si l'État français a comme ça une vision globale en fait de la menace où c'est pas seulement les personnes qui sont menacées mais leurs proches voir leurs collègues qui peuvent être en ligne de mire. Je voudrais qu'on voit et qu'on regarde à quoi ressemble ce type de protection et je vous ferai réagir juste après. Vous faisiez allusion justement à la protection spécifique autour euh d'Amine Kessassi puisque vous le disiez, il est aussi candidat au municipal et jeudi dernier, il assistait à un meeting du Parti euh socialiste dans le cadre de ses municipales et il a dû être exfiltré en urgence parce qu'il y avait manifestement une menace imminente.
Je vous propose de regarder ce sujet de Peggy Guimoget. La venue d'Amine Kessassi à ce meeting avait été tenue secrète jusqu'à la dernière minute. Comme chacun de ses déplacements compte tenu des menaces qui pèsent sur le militant engagé contre le narcotrafic.
Jeudi soir, dans cette salle d'ex en Provence, il entame une conférence de presse. C'est alors que ses gardes du corps l'interrompent. La scène ne dure que quelques secondes comme on l'entend sur cet enregistrement.
Pardon. On va on y va. On y va.
On y va. On y va. Pardon, pardon, je suis désolé, je sais pas ce qui se passe.
Cette exfiltration éclair a été déclencher en raison d'une menace prise très au sérieux par les services de renseignement. Une enquête a été ouverte. Aminkessassi, 22 ans, vit depuis l'été dernier sous protection policière.
Sa tête a été mise à pris par des groupes criminels. Protection renforcée en novembre après l'assassinat de son frère Medy en plein jour à Marseille. Depuis, il a dû quitter la ville et ses agents lourdement armés au visage cachés ne le lâchent pas d'une semelle.
Le prix a payé pour ne pas renoncer à ses engagements. Outre les quatre policiers dont un chauffeur qui l'accompagne en permanence, il ne se déplace qu'en voiture, véhicule fouillé plusieurs fois par jour. Le port du gilet par balatoire s'il doit tracter sur la voie publique.
Quant à ces trajets, ils ne sont jamais communiqués à l'avance. La meilleure sécurité, c'est justement d'être imprévisible dans les dépassements, dans les voitures. C'est c'est l'habitude et le pire ennemi.
Il faut que le chef de l'équipe de protection soit le seul pratiquement à déciser quel it arrivera pour À chacune de ces apparitions, tous les invités sont aussi triés sur le volet. Aucun bain de foule autorisé pour raminer sache global. Maurice Signolet, quand on voit ce qui s'est passé jeudi, on a presque l'impression qu'on est dans un film d'action, enfin avec des cartels de de de partout.
Comment ça se passe le travail des policiers dans ce type de protection si spécifique ? mon collègue Eric Steinlin vous l'a vous l'a bien expliqué hein. La c'est d'abord une protection rapprochée hein qui est très importante.
Si on si on peut se réjouir entre guillemets de voir que la police prend très au sérieux ses menaces et que des mesures de sécurité extrême sont prises, on doit d'un autre côté s'en inquiéter énormément quoi. Parce que c'est la démonstration qu'on est dans les prémisses d'une submersion du narcotrafic. Moi, mes cheveux blancs témoignent.
Moi, j'étais à la brière des stupéfiants. J'ai connu une époque où le trafic de stupéfiant était quelque chose de marginal. Euh, il faut savoir que jusque dans les années 70 à Paris, il n'y avait même pas de brigade des stupéfiants.
C'était un groupe la brigade des mœurs qu'on avait qu'on avait mis en place et on disait que entre nous, on disait que le le fichier des Toxicoman tenait dans une boîte à chaussures. Vous aviez quand même la French Connection et et des grands des grands trafics des années 70. ça trafiquait, ça faisait que passer.
En tous les cas, les consommateurs, on arrivait encore à maîtriser tout ça. On arrivait encore à maîtriser tout ça. Aujourd'hui, on voit bien que on a un mal de chien à maîtriser, quoi.
Euh on en parlait tout à l'heure, on apparté avec le le journaliste. On voit aujourd'hui les cartels de d'Amérique du Sud qui auparavant ne faisait que vendre. comment aujourd'hui commence à se déplacer, commence à venir sur notre territoire, donner des conseils, orienter et cetera et ça c'est extrêmement inquiétant.
Audrait, certains comparent cette situation que vous dites euh aujourd'hui qui est difficile à maîtriser à la lutte contre le terrorisme. Oui, effectivement, on peut confaire des comparaisons. Euh souvenez-vous euh de ces personnalités et notamment de cette jeune femme qui a été protégée, qui est encore aujourd'hui protégée et cachée parce que elle a participé à la lutte contre le terrorisme.
On voit bien que nous sommes à face à une un groupe une un groupe tentaculaire extrêmement puissant qui a énormément de moyens et qui a envie en ce moment de d'aller plus loin, c'est-à-dire ne pas simplement commercer parce qu'ils ont beaucoup d'argent déjà, mais aussi s'infiltrer dans notre société, s'infiltrer dans nos réseaux économiques et les municipales, ça n'est pas à nos élections et la les élections municipales, c'est très important pour les trafiquants de stupéfiant. Ils regardent énormément ce qui se passe. Ils essayent de rentrer justement dans les dans les municipalités.
Ils essayent d'infiltrer ce domaine là. C'est c'est dit par tous les experts. Menacé d'une certaine façon pour influencer le résultat d'élection et qu'on leur laisse libre cours dans certains quartiers.
Dans il y a ça. Et puis l'objectif des trafiquants, c'est de placer leur argent. Ils ont énormément d'argent qui est une espèce de cash et qui est de l'argent sale.
Donc le l'objectif de des grands cartels de trafic c'est de blanchir leur argent. Quelle est la façon de blanchir son argent ? et bien c'est d'investir dans des projets immobiliers, c'est d'investir dans des dans des dans des associations, c'est bref se positionner dans du privé, se positionner et de faire de de d'investir des capitaux.
Et c'est vrai qu'une municipalité fragilisée et infiltrée par le trafic de stupe est menacé et bien ça va permettre d'accéder à des marchisme en lien avec l'islam radical, c'est à peu près le même processus, c'est de s'infiltrer à plusieurs niveaux avec des objectifs totalement différents. Non, mais leur religion c'est l'argent. Voilà, si on doit dire ça, les trafiquants, leur religion c'est l'argent et donc effectivement tous les moyens sont bons parce que c'est du capitalisme sauvage.
Frédéric, je pense que la menace est plus importante que le le terrorisme en terme de de menace par rapport aux personnes notamment à la veille de ces élections. Vous avez tout à fait raison. C'est-à-dire que l'emprise locale est fondamentale pour les les organisations mafieuses et que évidemment ce moment des élections et particulièrement est un est un est un moment où on il y a une pression.
Alors cette pression, elle elle pèse au moment des élections, mais aussi sur des procès, sur des magistrats. Il faut voir ce que c'est que que vivre sous protection hein, ça veut dire de renoncer énormément à sa liberté de mouvement, à ces choses. Et on peut imaginer par exemple des gens hésiter à se consacrer à une carrière d'être magistrat par exemple spécialisé.
Là, on parlait du du PNACO et de ce nouveau parquet donc spécialisé dans le narcotrafic. Il faut savoir quand même que ces magistrats vont quasiment tous être protégés en fait quelque part et que les menaces, même si elles sont fluctuantes, elles ne vont cesser d'augmenter. Et c'est vrai que c'est quasiment un sacerdoce de de lever la voix aujourd'hui contre les organisations de narcotrafiquants en France.
Ça veut dire accepter de vivre protégé et que tous ces déplacements soient. Qu'est-ce que qu'est-ce que ça veut dire concrètement quand on dit être protégé ? C'est 24 heures sur 24.
C'est-à-dire qu'on peut pas aller faire ses courses sans une protection. On peut pas aller voir quelqu'un comme ça sans aucune protection, pas prendre les transports en commun. Les enfants de ces personnes vont aller différents degrés évidemment, j'imagine bien.
Où il y a des niveaux de protection pour ces magistrats par exemple ? Mais il y a des niveaux de protection. Bon, il y a des magistrats qui sont protégés depuis fort longtemps, hein.
Mais il est vrai que c'est c'est plus une vie, hein. Sincèrement, vous êtes vous n'êtes plus le maître de vos mouvements, hein. C'est même pour recevoir du person des des amis, pour aller voir des amis, il faudra qu'on qu'on regarde l'itinéraire, qu'on voit exactement où c'est et cetera.
Comment comment faire tout ça ? Donc c'est extraordinairement compliqué, hein. Moi je là je pense queon va on s'achemine vers une une vague submersive.
C'est c'est très clair. Moi moi ce qui me fait encore le plus peur, c'est l'arrivée des opioïdes de toutes les produits de synthèse qu'on va qui vont peut-être même supplantter à un moment donné la cocaïne. Et là, ça va être encore plus difficile.
Mais je pense que même pour les policiers pour trouver des volontaires pour aller peut aussi forcément menac. D'autant que je pense que on est arrivé également à une pierre d'achoppement au niveau procédural. Euh je pense qu'à un moment donné, il faudra certainement revoir euh toute la trame procédurale euh euh policière.
Euh vous savez que pendant très longtemps euh par exemple recours aux informateurs, il va falloir à un moment donné éclaircir la situation et puis permettre aux policiers d'être beaucoup plus intrusif comme ils l'ont été à une certaine époque. Audreit sur le rôle des des policiers, est-ce que pour eux aussi c'est une mission euh risquée de protéger pour avoir fait beaucoup de reportages avec des policiers dans même dans des dans des zones extrêmement risquées. Je n'ai pas vu de policiers inquiets parce qu'il y a l'esprit de groupe quand même.
On travaille en groupe, on travaille ensemble. Vous l'avez certainement polici quand même alors après, il y a des policiers qui sont effectivement de bed comme on dit qui sont en infiltration dans les dans les group dans les cartels. C'est évidemment des policiers qui prennent d'énormes risques.
Il y a des policiers qui sont sur le terrain du quotidien qui peuvent être très en très attaqués ne serait-ce que par des par exemple des pancart des tags sur les murs avec leur noms sur leur maison. Donc il y a une intimidation évidente. Il y a il y a de toute façon un vrai problème et on est à la croisée des chemins.
Soit on donne les moyens au policier et à la justice de vraiment se confronter à cet énorme réseau et à cette énorme industrie de la drogue. Soit on reste petit bras et effectivement là on le combat est perdu. Donc il y a, on le voit une dans les et dans les prisons, on va entendre certainement Gérald Arrmanin, mais dans et dans les prisons la nécessité euh de de travailler sur ces commanditaires qui de leurs cellules euh sont capables d'organiser un meurtre.
Il a il en avait effectivement très largement parlé euh il y a quelques mois effectivement. Ça verrait des appartements à Dubaï. Absolument.
Aujourd'hui, le ministre de la justice a expliqué que les temps étaient tellement longs pour arriver un jugement qu'il y avait des types en prison qui auraient dû être jugés depuis longtemps, notamment pour crime et pour trafic qui ne le sont pas. Donc on voit bien que la réponse n'est pas à la hauteur de l'enjeu, mais en même temps, c'est la première fois que j'entends les pouvoirs publics prendre la mesure quand même de ce de ce de ce de ce de cet énorme problème qui est le trafic de stupéfiant. Si vous voulez, la procédure est déjà dératoire en matière de stupéfiant, hein, les gardes à vue de 4 jours, les perquisitions de nuit et cetera, mais je pense qu'il faudra aller encore au-delà puisque on a pris conscience du du problème, de la gravité du problème et je pense qu'il faudra aller vraiment au-delà.
Il faudra peut-être revoir encore une fois cette dérogation en code de posture pénale si on veut donner vraiment c'est pas qu'une histoire de moyens euh matériel et de voiture et cetera, c'est aussi des moyens juridiques qui nous permettent ça. Et le dernier point c'est que à un moment donné des quand il y a du trafic il y a des consommateurs. Donc si le trafic augmente c'est aussi parce que les consommateurs augmentent.
Et c'est vrai que c'est l'autre jambe de du problème, c'est que tant qu'on ne gérera pas sanitairement les consommateurs, on n'arrivera jamais à handiguer le trafic parce que les trafiquants, ils savent à qui vendre, vous voyez. Donc à un moment donné, il faut à la fois gérer les trafiquants mais aussi gérer les consommateurs. Oui, c'est vrai.
On voit bien qu'on est dans une logique mafieuse en fait, une logique de la peur. Derrière Amine Kessassi, il y a beaucoup d'autres militants antinarcos qui sont derrière et lui quelque part paye un peu les les peaux cassées avec cette menace et cette exposition parce que il y a un enjeu, un véritable enjeu du côté des organisations mafieuses de passer un message clair de quiconque se mêle de notre business peut être menacé à la vie. Il faut savoir, moi j'ai quand même des amis qui ont été menacés journalistes, vous avez quand même des chocs post-traumatiques une fois que vous êtes menacé.
Pourquoi ? parce que la menace est diffuse et on a l'impression que la menace est partout et on a l'impression que c'est ce qu'on appelle des conflits de basse intensité, c'est-à-dire que vous ne savez pas, à la différence d'une guerre où il y a des camps et des tranchées et cetera, là la menace est partout et donc vous êtes en hyper vigilance. C'est épuisant pour les gens qui sont menacés.
Oui. Et j'ai une dernière question après. Pardon. et et au-delà de la menace directe par les trafiquants, il y a l'angoisse de ne pas pouvoir être défendu, notamment par le biais de la corruption, par exemple au Mexique.
Ah bah voilà. Par exemple, si on reprend l'exemple du Mexique où en 2022, vous avez eu 17 journalistes qui ont été tués. Effectivement, il y a des programmes que vous connaissez bien mieux que moi qui existent et qui peuvent sont censés protéger les journalistes.
Mais certains journalistes mexicains préfèrent ne pas intégrer ses programmes de peur qu'il y ait une telle corruption au niveau des policiers, au niveau des magistrats, qu'ils exposeraient encore plus leur vie. Donc à partir du moment où vous vivez, et ce n'est pas le cas de la France, mais c'est le cas du Mexique, dans un État où dans certaines régions la corruption est telle, c'est tellement gangrainé, il y a une telle de de telles interconnexions entre le trafic et les politiques et les policiers et la justice qu'effectivement c'est la délicence d'une démocratie et d'une République. Mais là, Audrey disait d'ailleurs tout à l'heure qu'on était dans un contexte de municipal de politique et que donc ça n'était pas àin ce qui s'était passé.
Est-ce que effectivement ce climat de menace un peu diffuse peut favoriser la corruption à un moment donné ? Alors, favoriser la corruption où l'inverse peut mobiliser, c'est tout, c'est tout l'enjeu en fait qu'on va voir actuellement par rapport à ces élections. C'est-à-dire d'abord Amine Kessassi s'est levé contre la menace.
Il a eu ce ce meurtre de d'intimidation qui est quand même redoutable, avoir un frère assassiné à cause de votre engagement politique. Vous imaginez un peu les conséquences psychologiques pour Amine Kessassi ? il s'est levé, il a affronté donc il il devient une personnalité publique bien particulière en plus à Marseille qui est quand même le cœur du du problème en France et donc les enjeux sont énormes le visant et puis derrière vous allez avoir une foule de gens qui vont être menacéson en parlait des candidats, des adjoints, des représentants.
Et donc la grande question va être comment est-ce que l'État va gérer la chose ? Et puis aussi il va y avoir aussi un nouveau phénomène c'est le secteur privé. Vous allez voir, le secteur privé va s'engouffrer.
Moi, je l'ai bien connu au Mexique. Le secteur privé va s'engouffrer dans ce créneau et par exemple au Mexique, vous avez des costumes blindés, c'est-à-dire des habits civils, des blousons qui sont déjà blindés, alors pour des petits calibres mais qui sont là et puis tout un système de rapoché un système privé de sécurité, de garde du corps privé et aussi de matériel. Exactement.
Et là, on passe dans autre chose. Alors, vous pouvez, moi ça m'est arrivé par exemple d'avoir des propositions d'être protégé lors de reportage que j'ai toujours refusé. Pourquoi ?
Parce que être protégé, c'est aussi être visible. Et quand vous avez par exemple deux gardes du corps mais que vous avez 15 personnes 15 assaillants en face de vous, à quoi ça sert ? Et donc on est comme ça dans une spirale euh de d'armement et en effet c'est le chemin qu' pris certains pays d'Amérique latine comme le Mexique ou la Colombie.
Et en effet, il faut espérer que la France ne prenne pas le même chemin. Maurice signolet, je vous laisse conclure. Pardon ?
Je vous laisse conclure, il nous reste une minute. Écoutez, il faut pas être non plus désespéré. Il faut pas désespérer non plus nos nos auditeurs.
Euh essayons de faire confiance quand même. Il y a il y a une véritable prise de conscience quand même hein, je crois de l'ensemble de la classe politique aujourd'hui hein. Toute toute tendance confondue.
Donc je pense que cette prise de conscience va peut-être permettre d'élaborer des des des stratégies qui enfin nous permettent au moins d'avoir un embryon de de de réponse. Mais l'urgence est là quand même hein. L'urgence est là parce que le ça a pris une telle dimension que comme on disait tout à l'heure, il faudra pas jouer petit bras, il faudra vraiment mettre le paquet sinon on ratera le coche.
Merci beaucoup à tous les trois, vous restez avec nous. Il est 14h30. Le rappel des titres avec vous Julia.
Gérald Darmanin