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Discours / meetingLa France insoumise (sur YouTube)· 10 octobre 2026 57 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalEnvironnement & énergie

République et républicanisme | #Amfis2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:47non_speechFait
    « La République est venue, le suffrage universel a joué et des hommes de même sorte nous gouvernent encore. »
  • 7:53non_speechFait
    « l'enquête sur le privilège parce qu'évidemment pour réaliser la République, il faut mettre à les privilèges mais l'enquête sur les privilèges a été confiée au privilèges et la routine qui a dû euh mettre en cause la routine a reçu la mission de frayer des voies nouvelles. »
  • 29:29non_speechFait
    « Ce qui est prioritaire, c'est de loger les 300000 personnes qui sont sans abri. Enfin, c'est pas d'aller renforcer l'arsenal des sanctions. »
  • 34:37non_speechChiffre
    « Il y a pas de pays où la richesse est plus socialisée qu'en France. »
  • 44:40non_speechFait
    « Traduisez donc là devant vos gendarmes et nous en sommes toujours à ce point-là. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Locuteur

Bonjour à toutes et à tous. Euh bienvenue du coup à cette formation sur la République et le républicanisme. Euh bienvenue aux amphies aussi et merci d'avoir choisi euh cette formation. Vous avez vu avec plaisir que on est la tente la plus proche euh de tout ça. On n'a pas eu à faire tout ce trajet très loin jusqu'à BABF. On va passer à peu près 1 heure en discussion et ensuite il y aura une demi-heure de questions donc d'échange vu que c'est une formation qui sera animée par Piercalin qui est actuellement rendez-vous avec Jean-Luc Mélenchon pour le pour commencer pour organiser le concert de Yan Tiersen qui aura lieu ce soir à 21h. N'hésitez pas à y aller. Ce sera grande scène.

Pier Cadalin qui est député LFI NFP élu depuis 2024 et qui est député de Brest donc du Finister. Ouais. Vive la Bretagne. [rires] Et également par Pierre Crétois qui est professeur en philosophie à l'université de Lille. euh également l'auteur de la République des Biens communs qui vient de sortir, dédicace demain à 14h30 à l'espace libre et qui également est le coanimateur du livret constituant du programme de la France insoumise et de l'avenir en commun qui donc comme vous le savez va être une part très importante du programme. Donc Pierre bah je te laisse commencer ta présentation. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Ça fonctionne ? Ouais. Merci beaucoup Marie. Oui.

Ben alors, j'ai la lourde tâche de commencer la formation sans sans Pierrive, mais il va nous rejoindre rapidement. Donc cette formation sur la sur la République et le républicanisme est importante parce que on nous dénie souvent et on nous fait souvent des procès en républicanisme. En fait, nous ne serions pas républicains alors que le le mouvement insoumis porte cette euh les couleurs de la République mais avec une certaine interprétation sur laquelle il convient de de revenir et de de discuter ensemble.

Euh bon ben effectivement à gauche parfois la la notion de République peut avoir un peu mauvaise presse parce que quand on pense à la République, on pense à la première, la 2e, la 3e, la 4e, la 5e et peut-être bientôt la 6e République. Mais c'est souvent pourquoi en fait on a assimile la République à l'ordre établi, voire à l'ordre à l'ordre bourgeois, à la défense des intérêts bourgeois, notamment ceux des possédants aux logiques autoritaires et cetera. Mais euh l'idée au fond, c'est que c'est une erreur euh de laisser la République aux partisans de l'ordre euh bourgeois parce qu'au fond l'idée moderne de République, elle plonge ses racines dans euh la révolution euh française.

Et elle a voulu dire au départ, c'était en fait une logique plébéenne, hein, c'est-à-dire la manière dont le peuple au sens populaire s'est réapproprié ou a voulu se réapproprier la chose publique. Et c'est ça le l'ADN si vous voulez de la République, un mouvement de réappropriation de la chose publique et donc de contestation des privilèges, des castes, desclair et cetera.

Et donc il y a à côté du républicanisme autoritaire, si on veut, une autre tradition républicaine qui me semble être la tradition originelle qui est celle de la République sociale qui a été très vivace notamment pendant la pendant la commune et que l'on endosse aujourd'hui en ajoutant l'enjeu écologique, la République écologique et sociale. Et donc pour être utile dans le combat politique, à mon avis, la République ne doit pas être conçue comme un ensemble d'institutions ou pas simplement comme un ensemble d'institution mais comme un idéal politique.

Et alors la question est de savoir de quelle nature est cet idéal, c'est-à-dire au fond cet horizon à réaliser qui n'est jamais vraiment euh réalisé là aujourd'hui sous nos yeux, mais qu'on pourrait vers lequel on pourrait essayer de tendre. Euh et donc d'abord, c'est ce que je disais tout à l'heure au début de l'introduction, c'est que la République est une réappropriation par le peuple des conditions de sa vie collective. Et donc la République et ce qui naît du mouvement de réappropriation par le peuple.

Alors on cite souvent le suffrage universel qui a été en effet l'un des jalons dans ce mouvement de réappropriation populaire contre l'aristocratie pour faire de la politique la chose de tous. Mais on peut elle se limite pas à ça. Ça se la République la réalisation de l'idéal républicain ne peut pas se limiter au suffrage universel. C'est une condition nécessaire mais loin d'être suffisante pour accomplir l'idéal républicain. Euh pour au suffrage universel, il faut ajouter toute une série d'autres d'exigences mais notamment le fait que de chercher dans le peuple lui-même plutôt que dans les intérêts particuliers le véritable contenu de la volonté générale.

Qu'est-ce que c'est que la volonté générale ? et ben c'est quelque chose qui est dans le peuple et qui ne peut se formuler qu'à travers le peuple et pas à travers des élites, pas à travers une expertise quelle qu'elle soit. Ce qui veut dire qu'il s'agit de briser les monopoles, les privilèges et de remettre en cause toujours le pouvoir desclair, le pouvoir des autorités. Il y a pas de République sans sans cette remise en cause du pouvoir d'éclair et des autorités qui est conjoint ou qui accompagne nécessairement le mouvement de réappropriation par le peuple du pouvoir sur les conditions de son existence collective.

Et je peux citer par exemple Charles Renouvier qui était un républicain du 19e siècle dans son manuel républicain qui date de 1848 et qui rappelle justement que le suffrage universel est nécessaire mais pas suffisant s'il ne s'accompagne pas d'une véritable réappropriation par un peuple d'ego des conditions de sa vie collective. Alors je vais produire une citation un peu un peu longue mais c'est enfin elle est assez intéressante bien écrite à mon sens. Euh donc la voici ce qu'il dit. La République est venue, le suffrage universel a joué et des hommes de même sorte nous gouvernent encore. Donc il reproche au fond que euh au suffrage universel de pas avoir accompli l'idéal républicain.

C'estd qu'on a le suffrage universel mais on a toujours pas de République parce que c'est toujours les mêmes qui nous gouvernent. Certes, ce grand mot, la chose de tous a été donc la chose de tous, la République en latin respublin. La chose publique, la chose de tous a été un trait de lumière. Comment la chose de tous ne serait-elle pas la chose par tous et pour tous qui n'a pensé d'abord que l'intérêt général allait prévaloir ? Il n'en a rien été sous le coût de la nécessité et les politiques ont été reconnus la chose de tous. Alors les amis de la vraie République furent obligés de lui donner des noms distinctifs.

La chose de tous s'appela la République démocratique et la chose pour tous la République sociale. Mais il ne parvin pas. Donc, les vrais amis de la République ne parvinent pas dans le temps court avec les faibles moyens dont ils pouvaient disposer à informer le peuple du véritable état de la question. Celui-ci, le peuple n'a donc pu presque partout que suivre les guides ordinaires, c'est-à-dire les élites installées, les hommes de l'intérêt privilégié, ceux qui le surpassent en savoir en savoir vire, savoirfèvre, savoir vivre, savoir-faire et le domine par l'esprit, la terre, la place ou l'argent. Ainsi l'enquête sur le privilège et donc là vous voyez la tournure ironique he de sa formule.

l'enquête sur le privilège parce qu'évidemment pour réaliser la République, il faut mettre à les privilèges mais l'enquête sur les privilèges a été confiée au privilèges et la routine qui a dû euh mettre en cause la routine a reçu la mission de frayer des voies nouvelles. Donc c'est à la routine qu'on a demandé de frayer des voies nouvelles. On se retrouve à peu près dans la situation d'aujourd'hui. C'est au privilégiés qu'on demande de réfléchir de mettre à bas les privilèges et c'est au spécialistes de la routine qu'on demande de trouver des voies nouvelles. Et dans ce cas, on peut pas réaliser véritablement l'idéal républicain.

La question du salaire a été soumise à des entrepreneurs, la question de l'usure, c'est-à-dire de l'emprunt à des capitalistes et la justice a eu des avocats pour juger. Et donc évidemment, il montre que la promesse républicaine au 19e siècle n'est pas réalisée et que pour cela, en effet, le suffrage universel a été nécessaire mais loin d'être suffisant. Donc en plus du suffrage universel, il faut d'autres choses.

Alors ces autres parmi ces autres choses, il y a certainement une série d'éléments qui relève de l'innovation institutionnelle de la constitution ce sur quoi nous réfléchissons collectivement dans le le livret sur la constituante et vous toutes et tous aussi être à mon à mon avis investi dans cette réflexion sur les institutions pour enfin ou s'approcher de la réalisation de l'idéal républicain. Et en plus de du suffrage universel, il faut un peuple conscient de son nouveau pouvoir et des citoyens désireux d'exercer activement leur souveraineté. La souveraineté en République, c'est d'abord délibérer à égalité avec les autres de la nature du bien commun.

On doit réfléchir ensemble sur ce qu'est le bien commun. Le bien commun, c'est précisément la chose du peuple sur laquelle personne ne peut revendiquer quelque privilège que ce soit dans la décision, ni être favorisé. Sinon, c'est plus un bien commun. Si quelqu'un a plus de droit de dire au sujet du bien commun ce qu'il est, alors c'est plus un bien commun. C'est un un bien sur lequel des privilégiés ont le droit de décider et le peuple se trouve dépossédé de ce qui en théorie lui appartient dans une République.

Pour cela, il y a des conditions d'égalité, de droit à participer à la délibération, d'interdiction du monopole de l'information, de la promotion de l'émancipation par un savoir équitablement distribué entre tous et d'un pouvoir également partagé entre des personnes qui reconnaissent mutuellement qui se reconnaissent mutuellement une égale dignité. Euh la souveraineté populaire est donc dans ce cadre évidemment dans le cas pour réaliser l'idéal républicain une idée essentielle parce qu'elle met elle permet la liberté collective.

C'est d'ailleurs ce que montre un passage de Maiavel que je vais vous lire tout de suite parce que on en fait on associe souvent Maiavel à tort à au théoriciens de la réflexion sur la stratégie politique et les façons de conserver pour les princes de conserver de conserver le pouvoir. C'est une partie du contenu de sa réflexion mais il développe aussi une réflexion sur la nature de la de la République et pour lui c'est le peuple qui est la garde de la liberté.

C'est-à-dire toutes les élites cherchent évidemment à consolider leur pouvoir, leur privilège et c'est le peuple qui est toujours le le le collectif qui est vigilant à ce que sa liberté ne soit pas piétinée ou que à ce que ce qu'il ne soit pas dépossédé de sa liberté. Voici ce qu'il écrit. Sans aucun doute si l'on considère les buts des nobles et du peuple, on constate qu'il y a chez les premiers, chez les nobles, un grand désir de dominer et chez le second, le peuple le désir seulement de ne pas être dominé. C'est pourquoi le peuple est toujours la garde de la liberté. Où se situe euh le le le comment dire ?

Où se situent ceux qui protègent, ceux qui conservent, ceux qui sont jaloux de la liberté, c'est dans le peuple. Parce que ce peuple est désireux de ne pas être dominé. Alors qu'évidemment tous les autres, ceux qui veulent du pouvoir, ceux qui veulent diriger les élites et cetera, eux sont présentés par Macavel comme ceux qui sont désireux de dominer. Donc c'est dans le peuple qui n'est pas désireux de dominer mais qui est désireux de ne pas l'être que se situe la garde de la liberté, une plus grande volonté de vivre libre, nous dit Maiavel. Préposé à la garde de la liberté, le peuple a donc le plus de a donc plus de soins et ne pouvant s'en emparer, il empêche que d'autres s'en emparent.

Euh et donc de la souveraineté et c'est ça qui opère le le enfin si vous voulez la date de naissance de ou l'acte de naissance de la République, c'est ce passage de l'idée que il existe des souverains de droits divin à l'idée que il n'y a de souverain que le peuple. Et c'est là une création politique fondatrice de la République. Alors, il faudrait ajouter beaucoup de choses parce que tout cela est dit un peu rapidement. Il faudrait ajouter beaucoup de choses. Mais une des choses qu'il faut ajouter qui est essentielle, c'est que la souveraineté du peuple, ça signifie une communauté civique euh c'est-à-dire au fond une communauté qui est fondée sur le droit du sol. Pourquoi ?

Parce que le droit du sol, c'est le droit de toute personne concernée par des décisions de prendre part aux délibérations à leur sujet. J'habite ici depuis un certain temps et maintenant j'ai le droit de participer à la décision. Il faut clairement, et ça c'est l'idéal républicain, il faut clairement opposer euh le droit du sol au droit du sang qui fait du peuple une communauté ethnique, c'est-à-dire bon, on est né du bon sens et donc on a le droit de décider et qui est évidemment une façon de euh favoriser des privilèges, des privilèges de naissance.

Euh donc il s'agit la République, cette souveraineté qui existe à travers la revendication de la souveraineté populaire est une communauté civique dont dans lequel dans laquelle où le droit du du sol est absolument est absolument essentiel et dans laquelle on le voit l'identité les questions d'identité ne sont absolument pas des questions prioritaires. toujours la question de délibérer avec les autres à égalité de dignité avec tous ceux toutes celles et ceux qui sont concernés par les la décision publique d'en délibérer quel qu'on soit quel que qui soit quelle que soit notre identité.

Nous avons tous vocation à participer aux décisions qui nous concernent et si on n pas ça, on n pas de République. Donc c'est c'est pourquoi cette idée de République, on le voit, est une idée absolument décisive dans le combat à mon sens, en tout cas dans le combat politique. Euh et c'est en effet au peuple de définir collectivement la chose publique qui est l'objet de sa volonté collective. C'est le peuple qui définit la limite de ce qui est d'intérêt public et c'est contre le peuple qu'un intérêt privé entend s'arroger des droits ou des avantages sur ces choses politiquement partagées.

Dès que quelqu'un dit bah moi j'ai plus de droit que vous de décider au sujet de la chose publique et on le voit en permanence cela mise en scène, il y a toujours quelqu'un qui pense avoir plus de droits que les autres, plus de compétences, plus de de légitimité à décider au sujet de la chose commune. Et ben dès lors, c'est la République qui est piétinée. Il n'y a République à partir du moment où on reconnaît à tous l'égal dignité de participer aux délibérations qui porte sur la chose publique. Évidemment, c'est un idéal. Encore une fois, c'est compliqué à réaliser.

Ça suppose beaucoup d'imaginations institutionnell et il est pas certain que la 5e République, on est même plutôt on est même plutôt collectivement sûr du contraire, que la 5e République soit une bonne version de la République. Elle qu'elle permet de réaliser cet idéal d'une communauté d'ego. Euh et donc en effet, la République, elle cette idée de République, elle s'adosse aussi sur la notion d'égalité. Euh si la République résulte de leur réappropriation par le peuple du gouvernement et de la chose publique euh qui n'aurait jamais dû abandonner à d'autres, alors elle est étroitement liée à la pratique de la citoyenneté, à la démocratie et à un certain sens de la liberté liée à l'égalité.

Et cette liberté liée à l'égalité, on a coutume de l'appeler la liberté comme non domination. Ce qui compte pour les républicains, c'est la la liberté comme non domination. C'est-à-dire cette liberté qui donne à chacun un statut qui le protège de la domination des autres. Et on retrouve la citation de Maiavel. Le peuple, il ne veut pas dominer. C'est pas ce qui l'intéresse. Il veut être protégé de toute formes de domination. Il veut ne pas être dominé. Euh et c'est ça le sens de la liberté républicaine.

Parce que si on entend par liberté simplement le fait que personne n'interfère sur mes choix, que me mon consentement soit reconnu, ce qui est déjà un point essentiel, je suis pas en train de de réduire cette définition de la liberté, mais ça ne n'annule pas toutes les structures qui font que dans la société, à cause des inégalités, ben il y a des gens qui ont plus de droit que d'autres et il y a des gens qui n'ont pas d'autre choix que de se soumettre. Alors évidemment, ils y consentent. Personne ne les a forcé en apparence. Mais la liberté n'est pas pleinement réalisée. La liberté n'est républicaine n'est clairement réalisée que quand personne ne doit baisser les yeux.

C'est-à-dire quand tout le monde a un statut tel que il est protégé. Il est ou elle est protégé de toute forme de domination. Donc le citoyen dans une République et ce précisément celui ou celle he qui est réfractaire. Oui, excusez-moi, je parle au au masculin. Évidemment, j'inclus le le féminin, ce qui est J'aurais dû trouver des formulations inclusives, je suis je j'en suis désolé. Et celui ou celle qui est réfractaire à la domination pour lui ou à elle-même et refuse aussi d'être de dominer les autres ou de participer aux structures qui banalisent la domination.

On sait très bien dans une société que de nombreuses structures participent à reproduire les dominations, à les banaliser, à les légitimer. Et précisément le citoyen d'une République refuse non seulement d'être dom d'être dominé mais de participer à reconduire les structures de domination. C'est pourquoi la République va bien à un mouvement composé d'insoumis et d'insoumis. Un des meilleurs moyens de ne pas être dominés par les autres, ce sont précisément des lois justes délibérées entre égos et qui mettent des des limites aux inégalités et empêchent aux uns d'imposer unilatéralement leur volonté aux autres.

Et cette idée est développée admirablement par Rousseau par Jean-Jacques Rousseau qui en général est un des maîtres à penser des républicains qui a écrit le contrat social en 1762 et je vous cite un passage d'un de ces textes. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas soumis à celle d'autrui. Elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d'autrui à la nôtre. Non seulement euh quand on est républicain, on rechigne à être dominé, mais on rechigne aussi à être mis dans une position qui nous permet de dominer les autres. Quiconque est maître ne peut être libre parce que quand on est dans la position de dominer les autres, on n'est pas libre.

On pourrait l'expliquer de multiples manières cette affirmation, mais je vais pas prendre trop de temps pour cela. Quiconque est maître ne peut être libre. et régner, c'est obéir. Il n'y a donc point de liberté sans loi, ni où quelqu'un est au-dessus des lois. Le peuple, un peuple libre obéit aux lois, hein, donc mais il ne sert pas. Il a des chefs et non des maîtres. il obéit aux lois mais il n'obéit qu'aux lois et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. Et ça c'est intéressant parce que ça aussi c'est une démarque de la République.

C'est-à-dire qu'au fond, la République véhicule une certaine conception de l'État mais qui est évidemment pas l'État tel qu'on le connaît maintenant parce qu'on voit bien que cette idée de République nous permet de critiquer les fonctionnements institutionnels d'aujourd'hui, mais une certaine conception de l'État comme cette ce qui est fondé sur des lois justes. Et ces lois justes ont cette valeur de nous libérer du pouvoir des autres. Parce que quand on obéit aux lois, à des lois justes, on est libéré de des situations dans lesquelles on doit obéir aux autres ou en tout cas obéir à des ordres inacceptables qui nous mettent en position d'être dominé.

En d'autres termes, le républicanisme est une idée qui implique que la liberté est toujours une conquête entre églore collectivement les règles de leur vie collective. La liberté, ça n'est pas quelque chose avec quoi on est on ne pas libre. On est rendu libre par une série de comment dire paramètres sociaux qui font que nous sommes jamais en position d'être dominés. Nous sommes jamais vulnérables à la volonté d'un supérieur ou d'une supérieure. Et ça c'est encore une fois la loi. On n pas trouvé de meilleurs dispositifs quoi queon en pense mais c'est la loi qui permet de mettre des limites à la liberté collective pour assurer l'absence de domination dans les rapports entre êtres humains.

Mais ah voilà, je vois Pierrive arriver mais c'est parfait. Il arrive pil au moment où on avait prévu qu'il interviendrait. magnifique Pierrif Cadalin. [applaudissements] Voilà et je je lis je lis ça et c'était c'est à toi. Et c'est donc un point important, c'est-à-dire au fond si la liberté est une construction, ça veut dire aussi que c'est pas une donnée a priori, c'est pas juste une sorte de revendication abstraite ou de leçon de morale quoi. Soyez libre, il faut être libre et cetera. Mais la liberté, c'est une construction et elle se construit, elle s'acquer par des combats, des luttes et des conquêtes matérielles concrètes.

Euh et donc nous avons là une chanson qui permet d'expliciter cette ou de rendre un peu concret matériel cette euh cette façon de penser la liberté, non pas encore une fois comme quelque chose dont nous serions porteurs naturellement, mais comme une conquête qui est le résultat de combat. Merci, [applaudissements] merci, merci beaucoup Pierre. Je suis vraiment navré de d'arriver en retard.

Je c'est la première fois qu'une parchuse m'arrive à une conférence que j'anime avec Pierre chaque année et que j'ai le grand plaisir de d'animer avec Pierre de qui est dans le pays l'un des plus grands spécialistes précisément des questions liées à la République, à la théorie de la République et à la pratique que nous pouvons aussi en avoir politiquement. Et si j'ai eu un peu de retard, c'est parce que depuis le bout du monde où où tout commence dans le finistère, Yan Tiersen nous a rejoint ici sur le site des Amis et je l'ai amené rencontrer Jean-Luc Mélenchon, notre candidat à la présidentielle.

23:02
Non speech

[applaudissements]

23:03
Locuteur

Et c'est vrai que je vais vous faire écouter une petite chanson. Voilà, sans transition parce que de toute façon faut pas si je me suis permis de faire ça et si Pierre me l'a bien autorisé, c'est qu'on bosse la formation ensemble avant et que du coup je sais là où j'arrive. [rires] Voilà. Donc on continue. Petite chanson. Alors vu que j'ai prévenu personne, il y a il y a je pense il y a pas d'autres son le micro mais l'an dernier ça l'a fait. Ça va le faire. Ouais. Alors évidemment les les camarades dans le boulot se disent mais c'est ni fait ni affaire un truc pareil mais bon on y va. Légitime était votre colère le refus était un grand devoir.

On ne doit pas tuer ses pères et mères pour les grands qui sont au pouvoir. Soldat votre conscience. On ne se tue pas entre français refusant de rougir vos bayonnettes. Petit soldat oui vous avez bien fait. Salut salut à nous brave soldat du 17e salut braverou chacun vous admire [musique] et vous aime. Salut salut à vous à votre geste [chant][musique] magnifique. En tirant sur nous assassiné la République comme les autres. Vous aimez la France, j'en suis sûr même vous l'aimez bien. Mais sous votre pantalon carence, vous êtes resté des citoyens. Je m'arrête là, je la fais pas en entier mais c'est voilà, c'est une superbe chanson.

Euh et [applaudissements] elle renvoie à un moment particulier de notre histoire sociale et notre histoire commune. que en 1907, il y avait des manifestations importantes dans le sud-ouest du côté de Narbon notamment parce que il y avait une crise agricole massive et cetera et donc que ben globalement les gens n'y arrivaient plus et donc il y avait des manifestations très importantes qui s'organisaient et le gouvernement a souhaité les réprimer et envoyé la troupe. Et à un moment donné, vous aurez compris en écoutant la chanson le le régiment du 17e d'infanterie qui est envoyé sur place pour tirer.

Et alors que quelques jours auparavant, un arbon des manifestants se sont fait tuer par l'armée, bien ce régiment à ce moment-là lève les fusils et refuse de tirer en disant bah non, on va pas tirer sur nos concitoyens, sur nos frères quelque part, sur nos frères et sur nos sœurs. Et si je vous la fais écouter cette chanson d'ailleurs s'il y en a qui se reviennent d'année en année parce que je crois reconnaître quelques têtes d'ailleurs j'ai vu que certains connaissaient la chanson ils vont pouvoir l'apprendre par cœur en plus ça va être tu la formation à la fin ça va devenir une chorale.

Mais si je je tiens à vous la faire écouter et à vous la partager, c'est parce que la République et c'est je crois le sens de ce que Pierre vient d'expliquer sur aussi la République dans ses liens avec la liberté mais c'est aussi le sens plus généralement de ce que nous nous appelons la liberté c'est que la liberté la République a un contenu concret. Elle a un contenu et au moment et alors c'est là qu'il y a un grand mal-entendu. Quand je dis malentendu, je suis gentil sur le terme de République au sein du débat public tel qu'il se déploie aujourd'hui parce que quelques rigolos ont trouvé ça malin de nous exclure de l'arc républicain.

Vous imaginez si on fait l'histoire politique de ce pays ? les authentiques républicains, ceux qui ont toujours défendu la République, ils sont sous cette tente, ils sont ici, ils sont dans les amphies [applaudissements] et ils sont parmi ce régiment qui a refusé de tirer dessus, qui a refusé de tirer sur les autres parce que à ce moment-là, il a appliqué concrètement la devise républicaine de fraternité en disant il n'est pas possible, quel que soit l'ordre qui vienne de l'État de l'appliquer, y compris au nom des principes républicaqu Et je vais vous partager cette petite histoire parce qu'une fois lorsque j'étais enseignant, ça me manque de faire des courses. J'aime bien ça.

Je le dis toujours, c'est pas un métier un député. On a un mandat et après ben soit on le garde, soit on le rend parce que on s'est fait battre aux élections.

Mais c'est très important parce que parfois des élèves viennent nous voir et nous disent "Ah ben alors, c'est bien votre boulot Ben, c'est passionnant notre mandat, mais il ne s'agit pas d'un d'une profession et je pense que c'est très important parce que là aussi, c'est un rapport direct avec l'idée républicaine elle-même, c'est qu'en fait on peut s'engager, on peut s'engager de façon militante, on s'engage de façon bénévole et puis bon, lorsqu'on a un mandat, on est indemnisé et cetera, bon je je rentre pas là-dedans parce que ça, j'aurais des anecdotes à vous raconter aussi là-dessus dans les débats à l'Assemblée nationale. Bah, je vous la raconte quand même.

Ensuite, je ensuite je fais le plan. Mais à l'Assemblée nationale, il y a un gars qui se trouve malin à un moment donné de me dire parce que c'est j'en pouvais plus étendre les vacances arrivent parce que à la fin c'est quand même ceux qui nous gouvernent et ceux qui sont élus pour les macronistes une bande de bourgeois insupportable. Et alors, vous aviez sur la question du logement une morgue de classe qui était absolument terrible parce que on en arrivait à un point dans le texte où on discutait le fait de renforcer les sanctions pour les squatterurs attention roulement de tambour de Airbnb. Alors déjà les squatters c'est quelques milliers de personnes dans le pays.

Alors debnb eux-même ils n'ont pas les statistiques mais il trouvit ça prioritaire. Moi, j'aurais dit de notre point de vue et c'est ce qu'on va raconter ensuite sur la République sociale. Ce qui est prioritaire, c'est de loger les 300000 personnes qui sont sans abri. Enfin, c'est pas d'aller renforcer l'arsenal des sanctions. Et donc, je leur disais votre politique telle que vous l'a proposé, telle que vous la défendez, c'est une politique de bourgeois. Et alors là, il y en a un parce que parfois il y en a, il se réveillent d'un coup, il se dit "Oh là, ça, je suis pas content." Et donc ben il se lève et il dit "Non non, je suis pas un bourgeois de ça.

C'est pénible ce genre d'instant." Et surtout alors il dit attention parce que bon nous on veut une 6e République où le parlement délibéré de façon rationnelle intelligente et cetera mais là si vous voulez parfois vous dites ou le niveau de la délibération parlementaire vous en revenez parce que le gars il arrive et il dit ouais mais vous avez une indemnité parlementaire de 5000 € net et moi mais je lui dis alors je fais un rappel au règlement je dis mais quel est quel est cet argument invraisemblable qui me met en cause au titre de l'ind indemnité parlementaire que je reçois alors que celui qui vient de le dire touche la même. C'est incroyable.

C'estàd que vu le niveau sur lequel il place le débat, on est on est obligé de dire "Ouais, toi-même, [rires] c'est horrible." Mais surtout ensuite je lui dis "Et on faisait comment avant quand il y avait pas d'indemnité pour les parlementaires ?" Et ben c'était les rentiers qui sont aujourd'hui les propriétaires de 15 ou 20 Airbnb qui pouvaient être élus. Ben nous, on est très content de défendre le principe que des gens qui n'ont pas de rente peuvent être élus en République.

30:50
Non speech

[applaudissements]

30:56
Locuteur

Et donc la liberté, la République a un sens concret et évidemment il y a il y a une crise politique majeure dès lors que sur ce sens concret, il n'y a pas d'accord commun. Or, il faut bien le dire, il y a pas aujourd'hui d'accord commun, profond et si l'on peut dire un des éléments qui à un moment donné a structuré une sorte de consensus républicain ou de pacte républicain ou que sais-je et d'ailleurs qui se matérialise encore dans les urnes comme en 2024 la dernière fois, c'est une forme, on va dire d'acceptation mutuelle d'un certain nombre de principes entre les libéraux et le camp. en fait prolétariens, plébéens, des socialistes, des vrais socialistes.

Je ça a constitué une forme de socle pendant très longtemps, pendant 10 ans, le macronisme a tellement abîmé nos institutions, c'est tellement assis sur un certain nombre de principes. Imaginez pour certains qui qui [raclement de gorge] suivaient bien la politique à l'époque, je sais pas mais moi imaginez un François Bairou en 2007 dire je vais faire voter une loi sur la présomption de légitime défense des forces de l'ordre pour qu'il puisse tirer sur tout ce qui bouge. Mais tout le monde aurait halluciné en disant mais il s'est levé du mauvais pied.

Au bout de 10 ans de pourrissement des institutions et du débat public par le macronisme, et bien tout ça passe comme une lettre à la poste et le groupe modène, c'est-à-dire soi-disant centriste, vote encore plus que le groupe macroniste. Ce texte qui est un texte absolument infemme de ce point de vue. Et donc nous pouvons considérer qu'un certain nombre de politiques menées par un gouvernement dans le cadre formel de la République sont antirépublicaines. Et donc cette loi de permis de tuer est une loi antiépublicaine de boutte en bout et on leur dit même que a priori normalement et bien qu'on ait pas la plus grande confiance en eux. le Conseil constitutionnel devrait censurer cette loi.

Et alors là, ils nous disent quoi ? Bah, laissez-le faire alors. Et on leur dit "Mais ça ne vous dérange pas d'adopter, de faire voter des lois manifestement contraire à la déclaration des drones." Par contre, les taxes confiscatoires à ça, c'est l'horreur absolue. Parce qu'en fait, être vraiment républicain, c'est ne pas vouloir trop taxer Bernard Arnaud dans la bouche de ces gens-là. Vous voyez que c'est à front renversé que le débat s'opère en permanence sur cette question de la République. Et le sens de la formation nous faisons chaque année ici, c'est bien de dire il faut revendiquer la République comme ayant un contenu concret.

Et ce contenu concret, il est défendu par la force politique qui s'y attache le plus. Et moi, je n'ai aucun problème à dire, comme l'a dit à un moment donné Jean-Luc Mélenchon, la République, c'est nous.

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Et voilà. Bon, ensuite, j'avance mais j'avance avec cette autre anecdote parce qu'en fait les anecdotes ça selon parfois ces anecdotes servent à rien mais parfois elles ont un contenu comme la République, vous voyez.

Et à un moment donné, je discute avec mes étudiants et ça va me permettre de vous de d'aller vers la République sociale parce que la République, nous on parle beaucoup de la République sociale, de la sociale finalement et c'est dans la longue tradition dans laquelle on s'inscrit, celle de la commune de Paris, celle du Conseil national de la résistance parce que la sécurité sociale, je veux dire c'est un c'est un bonheur d'imaginer qu'on arrive toujours à défendre ce cette conquête là. Je ils n' ils ne l'ont avalé que pour une chose parce que le grand patronat avait collaboré si massivement avec les nazis qu'ils étaient tous cachés sous le tapis.

Sinon, ils auraient jamais allé jamais avalé un truc qui socialise autant la richesse dans un pays. Il y a pas de pays, je pense. C'est même je crois enfin je crois vous peut-être que vous contredirez dans la discussion et et il y a pas de souci. Mais le il y a pas de pays où la richesse est plus socialisée qu'en France. La Chine là si quelqu'un si quelqu'un jamais avait l'idée de me dire la Chine, on sait jamais parce que bon, on rassemble un un large spectre de courant à gauche. Si quelqu'un disait la Chine, ben la taxe sur l'héritage, elle est à zéro en Chine. Donc si vous voulez, en terme de de renforcement des dynamiques capitalistes, il y a il y a c'est un pays particulièrement marqué.

Donc la richesse est socialisée de façon considérable. C'est que la République a un contenu contenu en terme de liberté publique et de fraternité, c'est ce que je disais, à partir de la chanson d'une part et contenu sur le plan social. Et de ce point de vue, j'ai envie de vous parler de deux choses. D'un côté, la laïcité, de l'autre l'égalité. Et ensuite, je rends le micro à pied. Sur la laïcité, il y a un texte que j'ai quelque part. Voilà. Mais je sais pas si je vais vous le lire maintenant, mais on sait jamais. Si Marie je viens de tout ça, c'est super sympa. le un test de Jean Jores. Ouais. Ah oui, ben il est là. Ah ouais, [rires] c'est ça. Ben ouais. Voilà.

On va faire une nuit nuit d'orage là en lisant comme ça au coin du feu. Non non, coin du feu, c'est pas le moment. Euh ouais, voilà. Ah oui oui, c'est là. Ah oui oui, absolument. Ah oui, c'est ça. Mais il manque une feuille du coup. Non. Ah non, c'est là. Hop. Et voilà. Oui. Non, ce que je veux dire, c'est que la laïcité, elle a un contenu émancipateur immense.

Et je veux dire là aussi par nous, on propose la 6e République et certains disent "Ah ouais, mais on va pas qu'un revenir à des Républiques parlementaires et cetera." Nous notre 6e République, elle est certes parlementaire, elle renforce les pouvoirs et prélatifs du parlement, mais elle est aussi la première république d'intervention citoyenne et populaire. Ça c'est important à avoir en tête. Et ensuite le bilan d'un certain nombre de République parlementaires n'est pas si mauvais. La loi de 1905 c'est une merveille de parlementarisme. C'est arriver à construire un texte qui est quand même suffisamment solide pour qu'en 120 ans, il n'ait quasiment pas été touché.

Et un texte qui pose le principe de liberté de conscience et de séparation des églises et de l'État, c'est extrêmement important. Je me rappelle de cet audieux monsieur Blanquer et ah ouais, on peut se chauffer un peu dans l'après-midi. [rires] Voilà l'homme qui compose des chansons en intelligence artificielle. Je vous conseille cette petite interview sur RTL. Je l'ai découvert, je décroche l'été des réseaux mais du coup je découvre des perles qui me sont passées au-delà ou à côté. Et alors là vous avez Jean-Michel Blanquel en train de faire on écoute le son. C'est c'est non c'est gênant quoi. Et alors [rires] et on lui dit ben alors c'est quoi ? Il dit le texte il est de vous ou pas ?

Il dit il répond pas je sais pas et c'est mais c'est l'intelligence artificielle. Oui un peu. Bon bref Blanquer là il est dans le ridicule absolu mais je veux dire cet homme-là a été l'un des ministres les plus réactionnaires de la phase Macron. Rappelez-vous tout de même qu'au moment de l'horrible assassinat de Samuel Pati, il a traîné l'ensemble des enseignants de ce pays dans la boue en disant que l'islamogo gauchisme infiltrait l'université et qu'il y avait une responsabilité morale des intellectuels dans ce qui était en train de se passer.

Alors qu'en plus l'enquête a quand même bien établi qu'il y avait surtout des responsabilités dans la chaîne hiérarchique et dans des alertes qui n'avaient pas été entendus. C'estàdire qu'il se défaussait lui-même sur la gauche. Mais on est habitué à ce genre de chos puisque désormais ces temps-ci, vous avez bien vu avec les incendie cet été, quand il y a pas d'eau et ben c'est parce qu'on a pas autorisé les mégabassines et c'est à cause de Saint-soline.

Je veux dire, je le le fait aussi de bien comprendre et expliquer les principes qui font la République, ça permet quand même d'essayer en maximum de se désintoxiquer d'un d'un débat public qui en permanence inverse les valeurs, inverse les principes et et en fait prend un rapport complètement tordu au réel. Et pour ce qui est de la laïcité, je je vous dis ça parce que j'ai envie de vous raconter une chose, c'est j'arrive à cette anecdote là. Vous dites "Ça fait un moment qu'il a parlé de l'anecdote, c'est pas faux." Et là, dans 5 minutes, je rends le le comme ça, on a un temps d'échange après.

Mais j'ai j'enseignais à Créteil à ce moment-là et j'avais pas mal d'étudiants de confessure musulmane et bah du coup ça parlait beaucoup de laïcité et cetera. Ils m'ont dit "Ben, on a envie de discuter et j'ai pris 2 heures de TD et on a discuté longuement en du coup voilà. Bah, il y en a qui étaient là mais alors pourquoi blasphémer et cetera." Euh certains demandaient en disant "Mais nous on trouve pas ça correct le blasphème." Bah je dis "Moi, je comprends que vous le trouviez pas correct." Mais d'un autre côté, il y a une garantie d'une forme d'expression de libre expression et c'est l'espace du débat public ensuite de le faire.

Et alors chemin faisant, tout ça faisait consensus, machin dans la classe, tout ça se passait très bien. Et à un moment donné, quelqu'un me dit "Mais nous en fait on se sent menacé dans la pratique de notre religion." Je dis bah oui, ça c'est un problème et c'est pas conforme à la loi de 1905 puisqu'elle garantit la liberté des cultes. Donc si vous vous sentez menacé pourquoi alors on va sur les déclarations des ministres sur Darmanin qui avait encore sorti un truc sur l'avion d'Alal ou que sais-je et je dis bah il faut pas que vous confondiez. Et moi, je pensais et je pense toujours à ce moment-là avoir fait œuvre d'enseignants républicains.

J'ai dit ne confondez pas un ministre, un gouvernement avec la République et vous êtes dans la République. Vous êtes dans la République au même titre que tous les autres citoyens. Et alors il disait "Ouais mais quand même c'est un peu chaud parce que parce qu'on on s'en fait rejeter de façon permanente" et je dis "Ben la meilleure manière et la meilleure réplique c'est de répondre par une demande plus forte d'égalité. plus fort, c'est-à-dire d'investir le cadre lui-même et d'investir le projet révolutionnaire qui reste celui et l'horizon émancipateur qui reste celui posé par la révolution française et la République et la révolution et les camarades.

C'est d'autant plus vrai aujourd'hui que l'extrême droite avance partout et qu'elle avance absolument sans masque en disant de son projet ouvert et de remettre en cause l'ensemble des acquis de la Révolution française. toutes et tous et précisément en s'appuyant sur des principes aussi clairement établis, il est possible de construire une République sociale qui soit davantage euh bah inclusif, quoi. Voilà. Et c'est-à-dire que on revient toujours à cette question de l'égalité politique qui est formellement établie, qui doit être complétée par l'égalité sociale. Et nous, on se cache pas, c'est notre projet quelque part.

On est la force qui qui veut achever la révolution française, qui veut qui veut l'accomplir. Alors que bah il y en a d'autres qui disent "Mais c'est horrible." Par exemple un un historien se parlait de la Chine qui était maïste dans sa jeunesse et qui a fini ultralibéral ensuite s'appelle François Furet. Lui il disait "Mais c'est l'horreur parce que l'égalité sociale en fait la révolution française elle s'est pas contentée de faire croire aux gens que c'était sympa, ils étaient égaux et tout." à un moment donné, elle a déclenché le gerne de la possibilité de l'égalité sociale et ça ne s'arrête jamais. Alors lui dit ça s'arrête jamais, c'est l'horreur et à la fin c'est le totalitarisme.

Vous voyez cette finesse d'argument est un peu la structure d'un certain nombre de débats médiatiques aussi aujourd'hui. Et ben nous on dit non justement si on veut un régime qui soit républicain stable et qui accomplisse l'idéal de la République sociale, il faut aller plus loin sur cette dimension. et voilà ce que dit et et donc là tout ça c'est pour ça que j'ai commencé, je vais je vais m'arrêter là, c'est pour ça que j'ai commencé sur une manifestation, c'està-dire que la manifestation où la troupe refuse de tirer sur les gens, à ce moment-là la troupe, elle est républicaine.

Mais ceux qui ont donné l'ordre ne le sont pas et aujourd'hui c'est pareil lorsque des gilets jaunes ont perdu un œil et cetera, un œil, un bras, quelqu'un me disait même gilet ja jeune avait perdu dans son coin parties génitales. On parle pas de on parle de choses là aussi extrêmement concrètes. La répression elle s'est abattue sur les gens dans des proportions qui étaient et bien inconnu au 21e siècle en France. Et ça, on le doit à quelqu'un qui se présentait comme un social-démocrate libéral. Enfin, c'est tout de même quelque chose de particulièrement euh grave. Et Jor disent quelque chose de cette nature.

Alors pareil social, il parle de socialisme mais ça faut avoir de l'imagination parce que Jor c'était un vrai socialiste. J'insiste pas sur ce point mais vous le comprenez je pense. Il dit c'est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale. C'est parce qu'il veut que la République soit affirmée dans l'atelier comme elle est affirmée ici. dit ça à l'Assemblée nationale, c'est parce qu'il veut que la nation soit souveraine dans l'ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif comme elle est souveraine dans l'ordre politique. C'est pour cela que le socialisme sort du mouvement républicain de l'époque.

C'était les républicains modérés, ferie et cetera. Ça c'est quand même là pareil. Ça a du sens. Jul Ferry, c'est la le la première personne à qui François Hollande rend hommage lorsqu'il est élu président de la République. Je veux dire comme socialiste, il y avait qu' un autre chose. Il était à deux pas de mur de des communaunars qui sont fait fusiller. Peut-être c'était plus pertinent mais bon de lui je n'attends rien. Et là, il dit c'est la République qui est le grand meneur. Je reste dit ça. Il dit finalement c'est la République qui mène si on est authentiquement républicain, c'est elle qui mène à la revendication de l'égalité sociale.

Et il dit "Traduisez donc là devant vos gendarmes" et nous en sommes toujours à ce point-là. Nous disons à ceux qui défendent bêtes et ondles l'ordre bourgeois et l'oligarchie si vous voulez et bien fait faire notre procès. Certains osent même nous traiter de faxieux mais si vous voulez faire notre procès, faites celui de la République et avouez ce que vous êtes. C'est-à-dire des gens hostiles à la République, hostiles à la démocratie et qui n'ont qu'un seul objectif, protéger leur intérêt privé et leur richesse. Ce qui

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ce qui me mène à conclure sur ce point, c'est que précisément ceux qui font tout pour construire une politique qui ne défendent que leur intérêt privé et leur richesse, ceux-là sont les facteurs de trouble. Et Nicolas Maavel déjà au 16e siècle, donc Maievel déjà disait parce que Mavell, on lui fait une sale réputation. Don j'en parle chaque année histoire voilà la réhabilitation c'est un long travail et le macavel en fait ce qu'on lui reproche c'est d'avoir dit comment ça se passe la politique en gros s'il a ouvert l'arrière cuisine et alors bah ça la bourgeoisie déteste. Ah non, ça sent mauvais et cetera, il y a les poubelles machin.

Et ben oui, c'est c'est le la politique comme rapport de force qui existe concrètement. Et Maavel qui pense toute de façon assez réaliste les rapports de force politique dit bien que et je crois que j'ai la citation, je vais pas le dire mieux que lui. Voilà, c'est dans c'est dans la les discours sur la D4 de Tit livre, je crois. C'est ça, hein. Ouais. On disputa longuement à cette occasion pour savoir qui est le plus ambitieux. Franchement, c'est je trouve c'est très contemporain. Je vous donne cette citation et j'arrête. celui qui veut maintenir ou celui qui veut acquérir. L'un et l'autre de ces désirs pouvant être la cause de graves troubles.

Le plus souvent néanmoins, ceux-ci sont causés par les possédants parce que la peur de perdre engendre chez eux la même envie que chez ceux qui désirent acquérir. En effet, les hommes ne croient pas posséder en toute sécurité s'ils n'augmentent pas ce qu'ils ont. Déjà, c'est on dirait on dirait une description du capitalisme. En outre, possédant déjà beaucoup, ils peuvent plus puissamment et plus violemment susciter des troubles, mais typiquement boloré et cetera.

je dire le le le boloré en Afrique, je veux dire le le le fait de d'arriver à maintenir des pouvoirs en place et cetera pour sécuriser ses intérêts privés et le de parfois de passer même par des pseudo guerres civiles, bah enfin c'est c'est quelque chose qui relève de ce que dit Maavel là. Et ensuite il il termine, il y a plus leur comportement incorrect et ambitieux allume dans le cœur de ceux qui n'ont rien l'envie de posséder soit pour se venger d'eux en les dépouillant, soit pour pouvoir eux aussi atteindre aux richesses et aux charges dont ils voient faire un mauvais usage. Alors c'est vrai que bah du coup ça peut et moi c'est à la limite c'est ce qu'on il faut qu'on leur dise hein.

Mais ça de toute façon ils comprendront jamais. Mais lorsqu'on fait un projet de 6e République, lorsqu'on dit que par la voie institutionnelle, il est possible d'une certaine manière d'arriver à intégrer la conflictualité sociale dans la sphère politique, à faire prendre une nouvelle étape au projet républicain en France, et bien on empêche que ça tourne vinaigre aussi, que la conflictualité vire à la violence directe. Mais eux ne veulent eux, ils en sont à un point de radicalisation qui est qui est un grave problème et qui fait peser un danger sur l'ensemble.

des régimes libéraux et des régimes dit démocratiques, c'est que ils ne sont prêts à tellement aucune concession qu'ils sont éventuellement prêts à tirer dans le tas. Et moi, je le leur ai dit, je dis ça comme ça alors que bon, personne écoute ce qui se passe à l'assemblée, mais je leur ai dit quand même encore qu'on a popularisé l'Assemblée peut-être avec la France insouise, un effet paradoxal de notre histoire mais bon. Et à un moment je leur ai dit, je leur ai dit mais votre modèle finalement parce qu'ils arrêtent pas de faire des lois répressives et alors là les principes républicain et cetera c'est à 10000 lieux de leur préoccupation.

Je dit mais si vous aimez tant ça au point que Gérald Darmanin disait de toute façon tu avais pas de problè les violence policière et tout l'état avait le monopole de la violence légitime mais le monopole de la violence légitime ça veut ça veut pas dire de toute façon je vais pas rentrer dans cette notion mais je veux dire ça veut pas dire même si l'usage que l'État fait de la violence dont il est seul à pouvoir faire usage ça veut pas dire qu'il a le droit de d'user de faire usage n'importe comment de la violence Et moi je leur dit mais votre modèle aussi bien ça peut être Bouquellé.

Le président Salvadorien qui en fait a débarqué, envoyé des troupes un peu partout, a dit on désingue au hasard et puis ben effectivement les courbes de d'insécurité ont baissé. Mais en fait parce que dans les courbes tu comptes pas les gens qui se font dzinguer dans les quartiers. Non non ça ils compte pas. Ils sont pas dans les statistiques.

Voyez, je pense que la pensée humaniste et la pensée républicaine, elle doit nous animer de bout en bout sur toutes les questions et que si nous souhaitons dans le cadre de notre projet de 6e République faire vivre autrement la République et la démocratie, il faut le faire sur des bases plus égalitaires parce que nous ne pourrons pas dans une société où se creusent les inégalités faire vivre l'idéal républicain. Ce pourquoi j'ai résumé cela en une formule. Avec la 6e République, il nous faut partager et le pouvoir et les richesses.

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Bravo. Bon, alors j'ai j'ai la mission de continuer rapidement parce que là, c'était déjà une conclusion en fait, hein. Magnifique. Euh non mais céit pour revenir juste sur cette idée au fond que la République c'est non seulement cette réappropriation du pouvoir politique par le peuple mais la République c'est aussi la la réappropriation de l'ordre économique par le peuple. C'est ce que disait Pierry. C'est pour ça qu'il s'agit de République sociale et c'est ce que dit Jor fait. La République elle s'est arrêtée à la porte des ateliers à la porte des fabriques. Parce que dans les fabriques, c'est c'est un pouvoir monarchique. C'est le propriétaire qui qui décide de tout.

les actionnaires que vous voulez-vous ? Et en fait, j'aurais dit mais non mais il faut faire faire un pas de plus à la République et la faire entrer dans l'atelier, entrer dans les espaces de travail pour faire en sorte que le le les moyens de production soient le lieu d'une décision collective qui appartiennent à tous et à toutes. Et donc ça c'est un point important. La République n'est une vraie République, c'est-à-dire ne s'approche en tout cas de la réalisation de l'idéal républicain qu'à partir du moment où elle est sociale. Elle s'intéresse concrètement à ce qui façonne les rapports de domination et met en place des dispositifs pour lutter contre.

Euh ceci permettant aussi cette réappropriation du du pouvoir sur soi-même. Le dernier point que on voulait souligner et sur lequel je je vais pas je vais pas m'étendre pour qu'on puisse discuter ensemble, c'est la question de la question écologique. Parce qu'en effet, le le pas supplémentaire qui nous est aujourd'hui demandé de faire en tant que républicain, c'est la question est posé par la question écologique. Parce que là, au fond, de la même manière que en matière économique, certains s'approprient des privilèges, s'approprient le droit de décider euh sur les de de des conditions d'existence des autres.

Bah, de la même manière, la question écologique renouvelle ce problème des privilèges de ceux qui parce que ils ont des biens, parce qu'ils ont des des capitaux, ont le droit de décider des conditions d'exist d'existence des autres. Pourquoi ? Parce qu'en effet, quand on exploite euh des mines, euh quand euh euh les moyens de production que l'on développe sont polluants, euh on participe indirectement à altérer profondément les conditions d'existence du peuple. lui a-t-on demandé ? Non.

Et ben il s'agit là encore une fois de forme de privilège qu'il s'agit de contester en se réappropriant collectivement et sur le plan politique le contrôle de nos conditions matérielles d'existence qui sont aussi des conditions écologiques. D'où en effet la question de la planification écologique, c'est à travers ce pouvoir politique exercé collectivement que nous allons nous réapproprier les conditions d'un monde dans lequel les uns n'ont pas le pouvoir de dominer les autres, mais dans lequel nous décidons collectivement de la façon de protéger notre monde commun. Donc en effet, la République c'est en effet l'ensemble des institutions politiques.

La République c'est au-delà les conditions matérielles de notre existence, la production et la consommation. Mais la République, c'est aussi ce les ce ce nid commun qui est la nature. C'est aussi une chose publique et il ne tient qu'à nous collectivement de décider que cette nature nous appartient à tous et qu'il n'y a aucune raison que certains aient le privilège de décider de ce qu'on va en faire. Et c'est pourtant ce à quoi nous assistons aujourd'hui. D'où le fait que une République ne peut être pleinement réalisée que quand elle est non seulement politique, non seulement sociale et économique, mais aussi écologique.

Donc on revient sur ce que je disais tout à au début et ce qu' a confirmé ou présenté d'une façon différente Pierreve. C'est-à-dire que au fond la République ça n'est pas la 1 2 3 la 4e, la 5e. Peut-être que la 6e la réalisera mieux ce qu'on entend par l'idéal républicain. C'est la République est un idéal mais c'est un idéal qui n'est pas abstrait. C'est un idéal qui s'intéresse au rapport de domination concret, à la façon dont matériellement les uns parviennent à la faveur de la chance de euh de des positions sociales, à se mettre dans une situation où il s'arroge des privilèges, le droit de décider pour les autres, de dominer les autres.

Et c'est précisément pourquoi la République doit et l'idéal républicain doit parvenir à associer une réflexion abstraite sur les principes et une attention concrète et matérielle au rapport de domination. précisément parce que la République ça n'est pas seulement faire des leçons de morale parce que certains se contentent des leçons de morale et des belles et des leçons de vertu hein. Mais la République c'est aussi est d'abord aller voir concrètement là où s'inscrivent les rapports de domination pour les abolir, les privilèges, pour les contester et pour redonner au peuple le pouvoir sur la chose commune qu'il n'aurait jamais dû abandonner et qu'on aurait jamais dû lui enlever.

Et cette mission, elle nous revient collectivement parce que comme le disait Maiavel pour revenir sur Maiavel que que tu as cité à très juste titre, c'est le peuple qui est la garde de la liberté et il nous revient à nous peuple au sens plében, de garder cette liberté que n que personne n'est légitime à nous contester et que l'on ne peut dans une société qu'exercer collectivement. Voilà, je vais m'arrêter là parce qu'on avait autres d'autres éléments mais on a déjà suffisamment parlé. Merci beaucoup.

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