Colombie : l’extrême droite veut enterrer la justice de paix
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« il a fallu près de 20 ans de négociation bilatérale pour ce que cette convention arrive devant notre assemblée. »
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« Ce n'est pas hasard car pour le plus grand malheur des Colombiens, les présidents Uribé, Duk et maintenant Abelardo de la Espriaya ont tous combattu la justice née de l'accord de paix parce qu'elle juge aussi les crimes de l'armée et des paramilitaires. »
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« Cette juridiction poursuit les crimes des anciens guerriers comme ceux de l'armée. Elle a recensé au moins 6402 civils tués puis faussement présentés comme des guerriers roses morts au combat entre 2002 et 2008. »
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« En 2025, 169 militaires étai mis en cause comme haut responsable contre seulement 75 anciens FARC. C'est-à-dire qu'il y avait plus du double de responsables chez les militaires que chez les FARC »
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« Il a été élu avec seulement 250000 voix d'avance. Il promettait déjà de supprimer la juridiction de paix d'un trait de plume, disait-il. »
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« on vous en a déjà parlé mais quand Air France dont l'État est le premier actionnaire refuse de délivrer des billets d'avion à Gustavo Petro avec qui vous avez signé cette convention parce qu'il est inscrit sur la liste des sanctions du trésor américain que faites-vous ? »
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« Selon un dépasse, une dépasse, 16 responsables sociaux et cinq anciens combattants signataires de la paix ont été assassinés durant le premier mois du nouveau gouvernement. »
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Merci madame la présidente, madame la ministre, monsieur le rapporteur, collègues, il a fallu près de 20 ans de négociation bilatérale pour ce que cette convention arrive devant notre assemblée. Et ce n'est pas à hasard si c'est sous la présidence du premier président de gauche de ces dernières années, Gustavo Petro, qu'elle a été signée le 11 novembre 2024. Ce n'est pas hasard car pour le plus grand malheur des Colombiens, les présidents Uribé, Duk et maintenant Abelardo de la Espriaya ont tous combattu la justice née de l'accord de paix parce qu'elle juge aussi les crimes de l'armée et des paramilitaires.
La convention que la France a signé pour élargir la coopération judiciaire au trafic de stupéfiant, au blanchiment, aux infractions fiscales et environnementales. L'occasion pour moi de vous rappeler que la Colombie, ce n'est pas que le pays de la cocaïne, c'est aussi le pays de la beauté, doit servir à poursuivre aussi les financiers du crime, ceux qui s'enrichissent à l'abri des banques et des sociétés écran. Surtout, cette convention dans son article 3, aujourd'hui en danger, protège de l'extradition les personnes auxquelles la juridiction spéciale pour la paix, le trib le tribunal qui a été créé par l'accord de paix, reconnaît cette garantie.
Pour les faits liés au conflit antérieur au 1er décembre 2016, cette protection repose sur le respect de leur obligation devant la justice traditionnelle. C'est l'engagement pris envers ceux qui ont rendu les armes. Contribuer à la vérité, à la réparation sans être livré à une justice étrangère pour les mêmes faits. Déchirer cet engagement, c'est détruire la confiance qui permet de sortir de la guerre. Cette juridiction poursuit les crimes des anciens guerriers comme ceux de l'armée. Elle a recensé au moins 6402 civils tués puis faussement présentés comme des guerriers roses morts au combat entre 2002 et 2008. Ce sont les fameux faux positifs.
Voilà la vérité que certains veulent faire disparaître. En 2025, 169 militaires étai mis en cause comme haut responsable contre seulement 75 anciens FARC. C'est-à-dire qu'il y avait plus du double de responsables chez les militaires que chez les FARC, des disparitions, des enlèvements et des meurtres. Cette justice doit établir donc toutes les responsabilités. En 2008 déjà, Alvaro Ribe avait extradé 14 chefs paramilitaires vers les États-Unis pour empêcher les révélations les qu'il faisait sur les liens entre leur crimes et les responsables politiques. La lutte contre le narcotrafic, puisqu'on en parle, ne doit jamais servir à enterrer la vérité.
Or, depuis le 7 août, la Colombie est présidée par Abelardo de la Espray qui est soutenu par Trump. C'est un ancien avocat d'Alex Sab et d'élus qui sont tous poursuivis pour leur lien avec les paramilitaires. C'est un président d'extrême droite aux ordres de Washington. Il a été élu avec seulement 250000 voix d'avance. Il promettait déjà de supprimer la juridiction de paix d'un trait de plume, disait-il. Il soutient maintenant les coupes budgétaires qui vont empêcher son fonctionnement. Madame la ministre, que ferez-vous pour défendre cette juridiction ? Comment garantirez-vous l'application de l'article 3 si cette juridiction est asphyxiée et démantelée ?
Est-ce que vous êtes en mesure de prendre des engagement devant nous ce soir ? Notre vote qui sera en faveur du texte n'est pas du tout en faveur de ce gouvernement qui est en place et aucune demande visant à persécuter un opposant politique ne doit être exécuté. La convention elle-même l'interdit. Cela vaut pour les plus de 2000 colombiens qui sont réfugiés ou protégés ici en France que les services d'Alvaro Ribé sont déjà venu espionner et harceler sur notre sol.
J'ai aussi une question madame la ministre, on vous en a déjà parlé mais quand Air France dont l'État est le premier actionnaire refuse de délivrer des billets d'avion à Gustavo Petro avec qui vous avez signé cette convention parce qu'il est inscrit sur la liste des sanctions du trésor américain que faites-vous ? Que dites-vous ? Comment agissez-vous concrètement auprès d'Air France pour que cela n'arrive pas et pour garantir la liberté de circulation de monsieur Gustavo Petro ? En Colombie, s'opposer peut encore coûter la vie. Les assassinats de militants continuent pendant la campagne le 20 juin, c'est un enseignant syndicaliste hérédia qui a été assassiné depuis l'élection.
César Augusto Serna, militant du pacto historico qui a été tué le 22 juillet, le syndicaliste Wilbert Ferné Martinez Sana le 13 août et Ernesto Gomez responsable communautaire a été tué le 5 septembre. Selon un dépasse, une dépasse, 16 responsables sociaux et cinq anciens combattants signataires de la paix ont été assassinés durant le premier mois du nouveau gouvernement. Les familles ont le droit à la vérité et à la justice. Aujourd'hui, à New York, le Conseil de sécurité a examiné la situation colombienne. Quelle a été la position de la France ?
Écoutez, pour terminer, puisqu'il me reste à peine quelques secondes, je veux dire à tous les Colombiens qui ont voté pour la paix, ne renoncez pas. Vous n'êtes pas seul. Votre combat est aussi le nôtre. La France est à vos côtés et vive la Colombie humaine. Merci.
Sophia Chikirou