Nicolas Dupont-Aignan dans Punchline
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 54 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:35OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, comment percevez-vous cette réception en deux temps des maires ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Vous faites le lien avec les gilets jaunes ?
- 4:24ComplaisanteÉludée
On partira sur l'île de la Réunion dans un instant. Écoutez ce que dit Benjamin Griveaux à l'Assemblée nationale.
- 5:04FerméeRéponse partielle
Vous êtes un démagogue, Nicolas Dupont-Aignan ?
- 6:29OuverteRéponse partielle
Vous étiez à l'Assemblée tout à l'heure, vous avez vu Jean Lassalle ?
- 6:46OuverteRéponse directe
Jean Lassalle, quand vous entendez ce que dit Nicolas Dupont-Aignan sur ce mépris à l'égard du peuple, c'est un avis que vous partagez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45Invité politiqueFait
« Il avait trop peur d'être sifflé. Et ce sont les préfets qui ont choisi les maires. »
- 2:49Invité politiqueChiffre
« Il y a la moitié de la France et plus de la moitié qui est larguée et qu'on donne tous les crédits aux métropoles. »
- 3:21Invité politiqueFait
« D'un côté, on dit l'entreprise ferme, mais tu dois aller à 50 km travailler. L'hôpital ferme, mais tu vas accoucher à 80 km. L'école ferme, mais tu as accompagné tes enfants à 20 km. »
- 5:14Invité politiqueFait
« J'ai levé les barrières avec quelques gilets jaunes de l'époque. »
- 5:18Invité politiquePromesse
« J'avais fait des propositions très concrètes sur les carburants pour que quand le prix du baril augmente, la taxe diminue, ce qu'on appelait la TIPP flottante. »
- 5:28Invité politiquePromesse
« J'ai proposé un plan de conversion énergétique sur l'électrique, sur les 20 ans qui viennent. »
- 5:34Invité politiqueChiffre
« En Norvège, la moitié des véhicules sont passés à l'électrique ou à l'hybride. »
- 9:02Invité politiquePromesse
« Je crois qu'il faut d'abord un moratoire sur les taxes, sur l'essence et le diesel. »
- 9:17Invité politiquePromesse
« Deuxièmement, des États généraux de la fiscalité. »
- 9:50Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 2 milliards de plus de votés pour l'Union européenne. »
- 10:03Invité politiqueFait
« Pourquoi les supercargos qui polluent comme des millions de voitures, qui amènent des marchandises, du libre-échange déloyal, sont exonérés de taxes ? »
- 15:12Invité politiqueChiffre
« Plus de 900 euros pour un ménage qui touche 1250 euros par mois, les Français n'en peuvent plus. »
- 15:47Invité politiqueChiffre
« Un million de travailleurs sont à ce tarif là. »
- 16:49Invité politiqueFait
« On est en concurrence avec des esclaves, eh bien, on devient esclave dans notre propre pays. »
- 16:56Invité politiqueChiffre
« Les travailleurs détachés viennent dans notre pays, ils ne payent pas les charges sociales en France 600 000. »
- 23:18Invité politiqueFait
« Ils payent les charges polonaises et pas françaises. »
- 24:01Locuteur 10Promesse
« Il faut abroger immédiatement la loi NOTRe. »
- 24:12Locuteur 10Fait
« Pourquoi le maire ne peut plus se défendre aujourd'hui ? C'est qu'il n'a plus rien. »
- 27:03Invité politiquePromesse
« Le référendum d'initiative populaire, on pourrait régler beaucoup de problèmes en France par un référendum. »
- 30:14Invité politiquePromesse
« Le président Macron doit d'abord reconnaître qu'on ne peut pas surtaxer les automobilistes qui travaillent avec leurs voitures. »
- 34:11Invité politiqueFait
« c'est la deuxième fois que l'Assemblée nationale impose une amende à un député pour une question vestimentaire. »
- 34:18Invité politiqueFait
« La première fois, c'était François Ruffin qui avait mis un maillot de football. »
- 39:53Invité politiqueFait
« il s'exonère de ses décisions quand il désindexe les pensions de retraite des Français ou les prestations familiales après avoir massacré par la CLG. »
- 40:01Invité politiqueFait
« C'est un choix. »
- 40:22Invité politiqueFait
« On partage les échecs, il ne veut pas partager les décisions prises. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan45 %
- Locuteur 1012 %
- Présentateur11 %
- ?8 %
- Locuteur 87 %
- Locuteur 25 %
- Locuteur 64 %
- Locuteur 94 %
- Locuteur 13 %
≈ 54,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On
se retrouve dans Punchline et on salue l'arrivée de Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir, président de Debout la France.
Je
vais vous donner la parole. On va tout de suite partir à l'Elysée où se trouve notre envoyé spécial Loïc Signor. Il est avec Jean-Laurent Constantini. L'Elysée, mon cher Loïc, bonsoir, où certains nombres de maires sont déjà réunis dans la salle des fêtes. Ils attendent le président Macron. Il est arrivé ou pas encore
? Alors, il
se trouve dans l'enceinte de l'Elysée, mais à l'extérieur du palais. Il est à ce moment même en train de conclure la réunion qui a commencé en marge de ce discours et de cette réunion des maires de France à l'Elysée avec les représentants du bureau de l'Association des maires de France et dont François Baroin, évidemment, le président qui, de son côté, va certainement se rendre au discours d'Emmanuel Macron. Mais l'ensemble du bureau, nous dit-on, pourrait boycotter le discours du président de la République. Nous sommes là, disait-on tout à l'heure auprès de l'AMF, pour négocier avec le président de la République, pas pour écouter le chef de l'État.
On sent évidemment de la rancœur après la promesse non tenue d'Emmanuel Macron, celle de venir tous les ans au congrès de l'AMF. Vous l'aurez compris, il n'y a pas été cette année. Mais du côté du chef de l'État, on dit que les engagements ont été tenus, à savoir cette invitation. Il instaure, dit-on dans l'entourage du président de
la
République, une tradition républicaine, une invitation à l'ensemble des maires de France à l'Elysée chaque année pour faire un point sur ces engagements.
Merci Loïc. Vous nous faites signe. Dès que le président s'apprête à prendre la parole,
ce
sera dans les minutes qui viennent, en direct depuis la salle des fêtes de l'Elysée. Nicolas Dupont-Aignan, comment est-ce que vous percevez cette espèce de réception en deux temps des maires ? D'abord une partie au ministère de l'Intérieur et puis une partie à l'Elysée. Mais il ne s
'est
pas rendu au congrès, comme il l'avait dit.
Tout simplement, il avait trop peur d'être sifflé. Et ce sont les préfets
qui
ont choisi les maires. C'est-à-dire qu'on est revenu sous l'Empire. Ce sont les préfets qui ont sélectionné les maires parce qu'il fallait des maires obéissants, il fallait des maires bien élevées, il fallait des maires qui pensent, qui ne disent pas ce qu'ils pensent. Donc vous
leur jettez la
pierre à tous ceux qui sont
à l'Elysée ce soir ?
Je ne leur jette pas la pierre, mais j'ai été au salon des maires hier. Et je peux vous dire que les vrais maires, ceux de terrain, qui d'ailleurs n'ont même plus au salon des maires parce qu
'ils
n
'ont
même plus de quoi se payer le trajet, en ont ras-le-bol de cette hypocrisie. C'est une gigantesque comédie qui tourne à la tragédie. Et il faut entendre les maires. On les a dépossédés de toutes leurs actions. Et il
y a
la moitié qui ne veulent pas se représenter.
Et
ce qui est grave derrière, ce n
'est
pas les maires. Pardonnez-moi, j'ai été maire 22 ans. Ce qui est grave, c'est la démocratie locale. C'est la cellule de base de la République. C'est ce qui fait le lien avec les territoires,
nos
territoires qui crèvent. Donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on est au bout d'un système
qui
ne veut pas voir, qui ne
veut
pas voir qu'il
y a
la moitié de la France et plus de la moitié qui est larguée et qu'on donne tous les crédits aux métropoles
et
qu'on supprime les services publics, on supprime les entreprises qui sont délocalisées dans les territoires. Et cette France, elle meurt. Et les maires, ils font tout ce qu'ils peuvent. Mais ils sont les derniers, ils sont les derniers remparts. Voilà. Donc c'est insupportable, cette comédie.
Et vous faites le lien avec les gilets jaunes, entre effectivement les maires et les gilets jaunes.
Mais c'est la même France. Les grandes mobilisations ont eu lieu dans les petites villes. Dans les petites villes parce que là, les gens voient bien qu'il y
a
une contradiction
incroyable.
D'un côté,
on
dit l'entreprise ferme, mais tu dois aller à 50 km travailler. L'hôpital ferme, mais tu vas accoucher à 80 km. L'école ferme, mais tu as accompagné tes enfants à 20 km.
Mais
comment on fait ? On a besoin d'une voiture.
Et
comment on remplit son réservoir quand on vous surtaxe
?
Donc le problème de fond, c'est l'incohérence des choix. C'est l'hypocrisie des attitudes. Et ce que je demande, c'est que le gouvernement, à un moment,
essaye
de comprendre, de se mettre à la place des autres, de faire preuve d'un peu d'humanité au sens. Voilà. Qu'est-ce que vive une partie de nos concitoyens ? Pourquoi ils sont en colère ? Qu'est-ce que j'ai pas fait de bien ?
En
quoi ils ont peut-être tort sur certains points excessifs ? Moi, je ne dis pas qu'il y
a
d'un côté la vérité, de l'autre le mal. Ce n
'est
pas si simple. Je dis simplement qu'on arrive au bout d'une logique technocratique, financière, qui épuise le peuple,
et
que ça va très mal finir s'il n'y
a
pas une réorientation, mais très rapide, là. D'ailleurs, ils l'ont fait en Outre-mer, comme par hasard. Alors pourquoi on le fait en Outre-mer et pas en métropole ?
On partira sur l'île de la Réunion dans un instant. Écoutez, juste ce qu
'elle
dit Benjamin Griveaux à l'Assemblée nationale, cet après-midi, sur le fait que le président Macron n'est pas au congrès des maires de France.
Stop
à la démagogie.
Stop
au mépris, parce que lorsque l'on caricature, ce sont ceux que vous prétendez défendre
que
vous méprisez, monsieur le député.
Et
je vous le dis,
les
maires de France qui sont à l'avant-garde de la République,
qui
absorbent les colères sociales, les angoisses de nos concitoyens, leurs inquiétudes légitimes depuis de très nombreuses années méritent mieux que le débat politicien dans
lequel vous voulez
nous emmener.
Vous êtes un démagogue, Nicolas Dupont-Aignan ?
Je crois pas, sincèrement. Vous savez, moi, ça fait des années que j'ai lutté contre la privatisation des autoroutes, qui était une spoliation. J'ai levé les barrières avec quelques gilets jaunes de l'époque. J'avais fait des propositions très concrètes sur les carburants pour que quand le prix du baril augmente, la taxe diminue, ce qu'on appelait la TIPP flottante, pour éviter d'épuiser les Français. J'ai proposé un plan de conversion énergétique sur l'électrique, sur les 20 ans qui viennent. En Norvège, la moitié des véhicules sont passés à l'électrique ou à l'hybride. Donc il
y
a des pays qui font des choses, mais sans accabler leurs citoyens. Je veux dire, on nous fait passer pour des réactionnaires, des démagogues, des fascistes, des ringards, mais il y en a ras-le-bol. On a le droit de penser, même si on est en province,
on
a le droit de penser, même si on est pauvre, on a le droit de penser différemment. Et il y a des solutions. Et je veux dire aux gilets jaunes qu'il ne
faut
pas qu'ils tombent dans le piège de la violence. Parce qu'il y a les casseurs qui vont arriver, il
y a
l'extrême-gauche qui va arriver, il y a tout ça qui va essayer de décrédibiliser le mouvement, qui est un mouvement vraiment avec un bon esprit. Et vous remarquerez qu'il y
a
beaucoup de femmes, de 40 à 60 ans sur les barrages, c'est-à
-dire
des femmes qui n'ont plus rien, qui sont artisans, chauffeurs de taxi, donc ce n
'est
pas comme
d'habitude. Qui n'ont
jamais manifesté.
Jamais.
Donc ce n
'est
pas comme d'habitude. Et c'est là où j'aimerais que le gouvernement, je ne
sais
pas, à un moment se dise, mais on va essayer de voir ce qui se passe. Non. Non, non.
Vous étiez à l'Assemblée tout à l'heure, vous avez vu Jean Lassalle.
Non, je n'y étais pas exceptionnellement. Il a mis son gilet jaune.
Vous
lui dites bravo. La semaine dernière,
je dis bravo. Jean, j'adore Jean depuis longtemps, il le sait. Parce qu'il est vrai, voilà, dans un monde de carton-pattes.
Jean Lassalle, quand vous entendez ce que dit Nicolas Dupont-Aignan sur ce mépris, encore une fois, à l'égard du peuple, c'est évidemment un avis que vous partagez.
Mais écoutez, il dit très exactement ce que l'immense majorité de nos compatriotes ressentent. Mais il faut vraiment être ailleurs pour ne pas s'en rendre compte. Voilà. Quant au reste, je ne suis pas forcément maintenant d'utilisation très facile pour les gilets jaunes. Je veux quand vous montrer que je suis un petit peu, quand même, comment je dirais, que j'ai les pieds sur terre. Donc, encore une fois, vous l'avez demandé tout à l'heure, j'ai déjà une heure de réflexion de plus. Moi, je me tiens à leur disposition, comme je pense à l'encontre de nous tous, pour que nous sortions par le haut de ce qui est un très grand avertissement. Mais que surtout, on en tienne en compte.
Noël arrive bientôt, on peut bien s'en sortir. Mais qu'on en tire la leçon. C'est peut-être la dernière fois. Comment
on peut s'en sortir par le haut ? Si je puis me permettre... Alors, M.
Anouard,
qui est du
syndicat Vigipolis, très intéressant.
Il y a
des solutions.
Donc, si je puis me permettre, je pense que la première chose, et là, je m'adresse à certains médias officiels et alternatifs, c'est de cesser d'insulter ces gens qui s'investissent dans une lutte populaire, d'ailleurs improvisée, parce qu'au départ, elle était destinée à durer une journée, elle s'est étendue de façon improvisée, et personne ne sait à quel moment elle va s'arrêter et comment elle va évoluer. Effectivement, M. le député, vous avez raison de mettre en garde les autorités sur le risque de radicalisation violente de ce mouvement, parce que je pense que prêter, ignorer le message du peuple, effectivement, ne peut pas déboucher sur un bon résultat.
Mais on entend depuis quelques jours que les gilets jaunes sont homophobes, qu'ils sont racistes. Le parquet d'Angoulême a été saisi d'une enquête, que
les
islamistes seraient susceptibles de cibler les personnes qui se rendraient sur les terrains de manifestation. On a même appelé les islamistes à la rescousse. Franchement, c'est une équation que je n'aurais pas pu résoudre si on me
l
'avait demandé. Et on est allé chercher quand même des islamistes dans cette histoire. À un moment, on se pose la question de savoir
ce
qu'on va nous inventer pour décrédibiliser ce mouvement. Et effectivement, il faut tout simplement répondre.
Nicolas
Dupont-Aignan, là-dessus.
Aller
chercher
les islamistes. Non, mais au
-delà des polémiques. Sortir par le haut. Le rôle d'un gouvernement, le rôle d'élu de la République, que ce soit Jean et d'autres, quelque partie que ce soit, c'est un moment de dire, voilà, qu'est-ce qu'on propose
? Moi,
je crois qu'il faut d'abord un moratoire sur les taxes, sur l'essence et le diesel.
Mais c'est non.
C'est la réponse, ils l'ont déjà
donnée.
Non, c'est oui en Outre-mer. Donc ça peut être oui demain en métropole. C
'est pas
exactement sur...
Il y a plusieurs types de réponses sur les bêtises. Mais attendez, je n'ai pas fini. Allez-y, c'est terminé. Vous avez raison. D'abord,
un moratoire là-dessus. Deuxièmement, des États généraux de la fiscalité, où on se pose
et
on dit, voilà, on a entendu et on va regarder si on ne peut pas avoir plus de justice. Parce que vous savez, le désordre naît toujours de l'injustice. Et moi, je crois à l'ordre et je crois à la justice. Et tout l'enjeu, c'est de rééquilibrer justice et ordre. Ça veut dire peut-être prélever l'argent ailleurs. Les paradis fiscaux, ces entreprises qui ne payent pas d'impôts. On a des fuites fiscales considérables dans le pays. Revoir les dépenses. On a voté, enfin pas nous, on a voté contre Jean. Mais il y a eu 2 milliards de plus de votés pour l'Union européenne. Comme ça, un lundi, après-midi à l'Assemblée. Est-ce que cet argent est bien utilisé ? Voilà des choses simples.
Moi, je ne demande pas la lune et puis de la cohérence sur la transition écologique. Parce que pourquoi les supercargos qui polluent comme des millions de voitures, qui amènent des marchandises, du libre-échange déloyal, sont exonérés de taxes
?
Donc ceux qui travaillent en France sont accablés de taxes. Ceux qui importent des produits de l'étranger sont exonérés de taxes. Mais je ne
sais
pas si vous réalisez ce qui est en train de se produire. Donc il y
a
des solutions. Et ça, on a le devoir de le dire aux Gilets jaunes. Il y a des solutions, il faut en sortir. Mais le gouvernement doit au moins tendre
la main.
Pour l'instant, on est en plein dans la crise. On va juste prendre au téléphone, si vous le voulez
bien. Une
autre députée, je vous passe la parole ensuite, chère
Jean
Lassalle. Elle s'appelle Nadia Ramassamy. Bonsoir. Vous nous appelez en direct de Saint-Denis de la Réunion. Quelle est la situation sur place ? On sait qu'il y
a
une situation quasi insurrectionnelle. Beaucoup de barrages, beaucoup de violences avec les forces de l'ordre. Et un couvre-feu. Est-ce qu'il fonctionne ou pas, ce couvre-feu ?
Oui, en fait, ce couvre-feu fonctionne. Mais il y a toujours ces personnes-là qui sont venues se greffer au mouvement des Gilets jaunes. Et qui n'écoutent pas trop. Donc il y a toujours des rebelles et qui continuent
à
sortir le soir et à toujours piller.
Donc
en fait, je pense que là,
il
y a deux mouvements, en fait. Il
y
a le mouvement des Gilets jaunes, où il y a de grandes revendications. Et puis il y a, qui se greffe à ça, un autre mouvement, où là, il y a vraiment des personnes qui pillent, qui cassent, qui brûlent. Et là, on voit vraiment un gros malaise, en fait, à la Réunion.
–
Et est-ce qu'effectivement, les annonces du gouvernement sur la suppression d'un certain nombre de taxes sur le carburant pour les Outre-mer peut faire baisser la pression ou pas ?
–
Moi, je pense qu'ici, le mouvement des Gilets jaunes se greffe sur une situation sociale et économique davantage dégradée qu'en métropole. C'est-à
-dire,
en fait, c'est une accumulation de beaucoup d'actions, en fait, en défaveur des Outre-mer et en trottes à la Réunion. Parce qu'il faut que je situe que quand même, à la Réunion, il y a plus de 40% de personnes qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Et plus de 56% de jeunes qui sont au chômage, dont à peu près 26 à 30% tout à l'heure.
Donc,
en fait, c'est une succession de mesures qui ont été prises, qui viennent se dresser, imputer, en fait, le pouvoir d'achat des Réunionnaises et Réunionnais. Vous savez qu'ici, la vie est chère, on importe pratiquement tout. Et cette situation où on n'adapte pas, en fait, tout ce qui est voté à l'Assemblée, les textes budgétaires, en fait, ne sont pas adaptés aux situations des Outre-mer en trottes à la Réunion. Donc, c'est sûr que cette accumulation, bon, ben, fait que les gens ont un ras-le-bol.
Et je pense, moi, que ceux qui sont en train de faire cette violence énorme, ce sont beaucoup plus des jeunes qui ne travaillent pas, qui en ont marre et qui veulent qu'on donne des solutions beaucoup plus importantes, surtout sur le travail.
–
Effectivement.
Merci beaucoup
de ce témoignage, Madame le député. Ce problème, effectivement, du chômage des jeunes dans la salle, il est crucial que ce soit à la Réunion, on vient d'entendre ce témoignage, ou dans notre pays, pardon, pardon, excusez-moi, pas dans notre pays, en métropole, évidemment.
–
Oui, mais, Madame, ma chère collègue, c'est exactement ce que je voulais dire, et Laurence a été obligée de faire un choix, mais je voulais dire que ce soir, j'étais très profondément à vos côtés, parce que là, malheureusement, sur ce bout de France merveilleux, vous êtes un cran plus loin que nous, et c'est ce que nous devons éviter sur le territoire métropolitain. Ce soir, vous êtes en danger, il faut que chacun garde son calme, et je veux en profiter pour dire, oui, Madame, le problème est là. Tous ces jeunes sont sans espoir, mais leur grand-père aussi, leur père le sont, ils ne voient pas venir.
Quant à moi, je suis conscient aujourd'hui de la responsabilité que j'ai mise sur mes épaules, parce que quoi qu'il en soit, on ne peut pas faire, poser un acte comme celui-là sans se poser quelques questions. Je sais qu'il y a déjà deux morts, je ne pense pas qu
'il
y
a
pour grand-chose, mais je m'a pensé auprès de leur famille, et je sais qu'en faisant confiance aux Français concernés, et à l'ensemble des Français, au lieu de les brimer,
on
en sortira par le haut.
Madame Zarebi ?
Bien sûr qu'il est fondamental que les jeunes trouvent, je dirais, un débouché sur le marché du travail, c'est une évidence, et on le souhaite pour tous les jeunes de la métropole ou d'outre-mer, mais il y a quand même une réalité aujourd'hui. Lorsqu'on travaille, les revenus du travail ne permettent plus de vivre dignement. Il est là le sujet des Gilets jaunes. Le revenu du travail ne permet plus
de vivre dignement. C'était la promesse d'Emmanuel Macron,
la promesse centrale
de la campagne d'Emmanuel Macron. C'est là
où on a eu des gouvernements qui sont succédés, qui ont employé une expression à laquelle on ne peut qu'adhérer, valoriser le travail. Mais valoriser le travail, c'est un, le considérer, le reconnaître et le rémunérer. Or, aujourd'hui, quand je parlais des dépenses contraintes tout à l'heure, plus de 900 euros pour un ménage qui touche 1250 euros par mois, les Français n'en peuvent plus. Donc moi, je veux bien qu'on parle que de la taxe et la hausse du carburant. Mais ce n
'est
pas ça le vrai sujet. Le sujet global, c'est les revenus du travail. Aujourd'hui, dans notre pays, se lever le matin n'est pas une récompense à la fin du mois. Il y
a
des gens qui ne se lèvent pas, qui gagnent plus que ceux qui se lèvent. Nicolas Sarkozy nous l'avait dit en 2008, je vous signale.
Et ça n'a pas... On n'a peut-être pas trop
généralisé
quand même. Et on n'a pas répondu à ça. On n'a peut-être pas trop généralisé. C'est-à-dire qu'il y a des
gens dans ce pays qui travaillent et qui, heureusement, gagnent bien leur vie.
Monsieur Dubroyant, président de Debout-la-Rence... À 1250
euros net, on est au SMIC. On est au SMIC net, il ne
faut
pas exagérer.
Sur
la bichette. Un million de travailleurs sont à ce tarif là. Messieurs, messieurs,
allez. Un million de travailleurs, en fait. Ne minimizez pas le phénomène. Écoutez, moi, je crois quand même que c'est le fiasco de la politique économique qui a été mené.
On
nous a dit qu
'on
va donner 5 milliards aux très très riches, même pas les riches, les très très riches. Il va y avoir ruissellement.
Comme
il n
'y
avait pas de condition d'investissement en France. Moi, j'avais proposé l'ISF supprimé à condition qu'on investisse sur le territoire national. Là, il n
'y a
pas eu de condition. Donc il n
'y a
pas eu de ruissellement. Et puis parallèlement, il y a eu une incapacité à maîtriser les dépenses publiques. Et des dépenses absurdes. Et puis, il a fallu aller chercher l'argent. Et donc, ils vont chercher l'argent sur ceux qui bossent et sur
ceux qui travaillent.
Et derrière ça, les APL. Enfin, il y a tout. Mais ce qui est insupportable, c'est qu'en fait, on n'a pas changé le cadre.
Et
tant qu'on ne changera pas la politique économique européenne, tant qu'on ne changera pas ce libre-échange dévastateur, dévastateur où on est en concurrence avec des esclaves, eh bien, on devient esclave dans notre propre pays. C'est ça, la réalité. Et donc, moi, je ne suis pas protectionniste. Je demande le libre-échange loyal. Les travailleurs détachés viennent dans notre pays, ils
ne
payent pas les charges sociales en France 600 000. On importe des produits de Chine qui ne respectent aucune règle environnementale. Et on taxe en France. Donc, tant qu'on ne changera pas la politique générale, eh bien, on aura des gouvernements successifs. Simplement, celui-là, il fait tout en plus grand. Et il méprise en plus les gens.
Alors,
si vous tondez les gens, vous les écorchez et vous les méprisez, eh
bien,
vous pouvez avoir des émeutes. Moi, je suis très inquiet, comme Jean. Vous savez, je me pose des questions.
Parce
qu'il y a eu deux morts, quand même.
Des
centaines de blessés. Si on est
assis au XXIe siècle, il y
a
eu deux morts.
Et
s'il y en a dix le week-end prochain et dans les semaines qui viennent, qu'est-ce qu'on va faire ? Donc, pourquoi le gouvernement n'est pas à la hauteur de ses responsabilités ? Il n'est pas à la hauteur de l'enjeu historique.
C
'est ça, l
'enjeu. Il
fait respecter l'ordre,
il fait respecter la
sécurité.
Alors, je vais vous dire,
c
'est d'ailleurs très intéressant. Beaucoup de policiers nous faisaient des petits saluts. Beaucoup de gendarmes nous ont dit,
on
vous bloque, mais nous, notre cœur est avec vous. Et quand le cœur des forces de l'ordre est avec le peuple, c'est qu'il
y a
beaucoup à dire, vous savez. Vous ne pouvez pas tenir un peuple par
la menace.
Ce n
'est
pas possible. La menace, le mépris, la dissolution du peuple que veut faire Macron. Alors, pendant ce temps-là, il est où ? C'est très symbolique. Il est chez Mme Merkel à genoux.
Il est en
Belgique.
Un gardien de la paix, c'est 1 600 euros en région parisienne en début de carrière.
Et qui se fait agresser
en plus. Et quand il se fait agresser, M. Castanerdu, c'est pas grave. Mais quand, en revanche, quand il y
a
un drame sur
un gilet-jou, il a dit qu'il n'y avait pas de haine
anti-flic. Il l'a écrit.
Alors, un mot de clément Vektorovitch.
Alors, c'est un peu facile.
Je rejoins ce que disait tout à l'heure Jean-Claude Dacier. On ne peut pas non plus accabler le gouvernement et Emmanuel Macron d'absolument tous les mots. Il me semble,
en
effet. Quand on dit que les revenus du travail ont diminué, quand on regarde les chiffres, c'est factuellement faux.
C'est-à-dire qu
'Emmanuel Macron, c
'est les chiffres de l'IPP.
Enfin, je
veux dire,
on a quand même une grande étude qui est sortie le mois dernier, qui montre bien que sur les classes moyennes, le gouvernement a redistribué un peu d'argent et qu
'il
y
a
une légère augmentation du pouvoir d'achat. Est-ce que c'est suffisant ?
On
peut très bien estimer que ça ne l'est pas.
C'est complètement
faux,
monsieur. Par ailleurs, non, ça c'est vrai. Par ailleurs, il est reprend par des taxes
qui ne sont pas comptés dans
vos chiffres. Mais
si,
l'IPP, c'est... Mais c'est un langage qui est inaudible
pour la population.
Oui, mais si vous mettez à aller jusqu
'au bout, l'Institut des politiques publiques, c'est quand même des statistiques agrégées de toutes les mesures du gouvernement et les classes moyennes ont regagné un peu d'argent. C'est un fait. Qu'ils aient regagné trop peu d'argent, on peut le dire. Par ailleurs, sur le long terme, c
'est
-à
-dire
depuis 1996, il y a effectivement une érosion du pouvoir d'achat des classes moyennes et une augmentation des dépenses contraintes. Tout ça est vrai à la fois, mais on ne peut pas non plus accabler Emmanuel Macron de tous les maux. Il a redistribué un peu d'argent sur le travail, sans doute pas suffisamment. Ça,
c
'est vrai. En revanche, quelque chose qui a été dit et que je rejoins, c'est qu'on a un vrai problème aujourd'hui sur les services publics de proximité. C'est-à
-dire
que quand on regarde quand même le tableau d'ensemble, d'un côté, on a des services publics de proximité qui disparaissent, notamment des hôpitaux. C'est-à
-dire
que le cœur du plan hôpitaux présenté il y
a
quelques mois par Emmanuel Macron, c'est quand même de dire qu'on va regrouper les hôpitaux. Donc, ça veut dire que les gens vont devoir davantage se déplacer. C'est vrai aussi pour les écoles. C'est vrai aussi pour le travail.
C
'est quand même Emmanuel Macron lui-même qui, il y a un an, disait à des ouvriers « Faites donc 50 km de plus pour vous déplacer. » Dans le même temps,
deuxième point,
on supprime
des petites lignes
de chemin de fer. On supprime des petites lignes de chemin de fer. C'était ce qu'il
y
avait dans la réforme de la SNCF avec l'aval du gouvernement. Troisième point, on augmente les taxes sur le gasoil et se déplacer est plus cher. Et ça, c'est inacceptable et c'est inadmissible
pour les citoyens. – Je suis d'accord avec ton début, mais
une seconde. Les voies de chemin de fer, par exemple,
ça
fait depuis la naissance du chemin de fer qu'on les supprime. 70 000 km de lignes, 30 000 aujourd'hui.
–
Oui,
mais alors du réchauffement climatique, c'est peut-être aujourd'hui pas une très bonne chose. – Je lisais au Congrès des mers ce matin un chiffre intéressant. – Non,
parce que je pense que notre démocratie, elle est malade. Et notre démocratie locale, elle est d'autant plus malade. Et c'est dommage, la prise de position du président de
la
République, nous ne voulons pas recevoir les mers, parce qu'il n
'en
soit 1 000,
il
soit 36 000. Vous vous rappelez qu'il
y a
36 000 mers en France, il
n'en
soit 1 000. Ça fait dire un peu moins de 10 par département si on fait
une mérison
à France métropolitaine. Depuis 2014,
on
a 887 mers de moins de 2 000 habitants qui
ont
démissionné.
C
'était les premiers lanceurs d'alerte. S'ils ont démissionné, parce qu'ils ont la vocation. Un maire de moins de 2 000 habitants, il a la vocation. S'ils ont démissionné, c'est vraiment qu
'ils
pensaient que notre situation était catastrophique. Et ce n
'est
pas normal que depuis 2014, on ne soit pas saisi de tout ça.
– Allez, on fait une petite pause, on se retrouve dans un instant dans Punchline. On écoutera peut-être Emmanuel Macron qui prendra la parole dans quelques minutes devant ces maires qui sont donc réunis à l'Elysée. On écoutera Nicolas Dupont-Aignan et Jean Lassalle parmi nos invités.
A
tout de suite.
– On
se retrouve dans Punchline avec nos invités. Nous sommes avec le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, avec Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, qui a provoqué cet après-midi un esclandre à l'Assemblée nationale en endossant le gilet jaune que portent évidemment des manifestants depuis samedi un peu partout dans la France. Colère du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. On a aussi ces maires qui en ce moment même attendent au palais de l'Elysée la venue du président Emmanuel Macron. Environ 2000 maires qui sont ici réunis dans la grande salle des fêtes.
Le président est actuellement en train de discuter avec une délégation de l'Association des maires de France. Un peu plus loin, place Beauvau au ministère de l'Intérieur.
Il
ne va pas tarder à arriver, il va prendre la parole. On écoutera ce qu'il a à dire Nicolas Dupont-Aignan. Aujourd'hui, les maires réclament une vraie négociation avec l'exécutif et pas seulement d'être entendus.
Mais en fait, c'est l'ensemble de la politique des territoires qu'il faut changer. Il faut renouer avec une politique d'aménagement du territoire. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à un moment, il y
a
des choix. Est-ce qu'on concentre les crédits sur les métropoles ou est-ce qu'on pense à notre richesse territoriale ? Voilà, moi j'attendrai si le président de la République va nous faire toujours le même discours. « C'est une question de pédagogie, vous n'avez rien compris. » Ou alors, vraiment, il va infléchir. C'est tout. On ne peut pas continuer à fermer des maternités, à fermer des services publics, à tout fermer, à augmenter le prix de l'essence et dire aux gens « Mais pourquoi vous râlez ? Il y
a
un problème
?
» Il faut changer la politique de délocalisation. Je vous l'ai dit tout à
l
'heure, les travailleurs détachés, ça c'est concret, nos artisans. Il y a beaucoup d'artisans, d'indépendants qui sont sur les barrages. Pourquoi ? Parce que tout simplement, eux, ils payent des charges
et
ils voient un concurrent. Ce n
'est
pas qu'ils soient polonais qu'ils me gênent. Ça ne les gêne pas. Mais ils payent les charges polonaises et pas françaises. Avouez que c'est complètement aberrant. Donc moi, ce que je demande, c'est de la justice. Ce n
'est
pas de désigner un bouc émissaire ou un autre, c'est de rétablir des règles de justice. Vous habitez, vous êtes maire d'une zone rurale, vous devez avoir les mêmes crédits qu'un maire d'une zone urbaine. Sinon, il y a incompréhension. C'est tout.
Jean Lassalle, qu'est-ce que vous diriez au président Macron si vous l'aviez en face de vous, là, ce soir, à l'Elysée
?
Alors, déjà, une très grande partie de ce que je vous ai dit, s'il m'en avait laissé le temps, ce dont je doute, et par rapport au sujet que vous évoquez avec Nicolas Dupont-Aignan, je lui dirais, il faut abroger immédiatement la loi NOTRe. Celui qui l'a mise en place, il n'a pas tant vouloir, il est candidat à la mairie de Barcelone, dans l'indifférence la plus générale. Alors, quelle honte pour ce pays. Il faut abroger les derniers textes que nous avons mis, parce que c'est ça qui a tué les communes. Pourquoi le maire ne peut plus se défendre aujourd'hui ? C'est qu'il n'a plus rien. On a créé des communautés de communes qui étaient avant, alors qu'on voulait diminuer... Là,
l'autre, c'est les
gouvernances,
la gouvernance à l
'échelle des territoires.
On voulait
diminuer
le millefeuille. On a
créé une strade de plus, qui était une communauté de communes au service des communes, mais qui n'était pas une collectivité. On pouvait s'y donner les moyens, et à 25 ou 30 communes, mon Dieu, on trouvait des solutions. Maintenant, il y en a 300. Le maire n'ose même plus se faire accompagner de son adjoint, tellement il a peur d'être ridicule, d'être vu à la 290e place. Ça ne peut pas aller. Le conseiller général, qui était très proche, lui aussi, il est passé à 60 km. Bon, on a gagné quelque chose qui est pas mal, qui fonctionne pas mal. C'est le... comment je dirais... le couple, homme-femme. La
parité, ça c'est une très bonne
chose. Oui, non, mais c'est le conseiller général. Mais enfin, il est quand même à 60 km plus loin. Moi, j'ai été pendant 30 ans conseiller général d'une vallée, qui était déjà immense et très grande, qui avait d'énormes responsabilités. On a mis maintenant les conseillers régionaux à 700 bornes. S'ils ont la chance de garder leur derrière sur un fauteuil 10 minutes dans la journée, c'est qu'ils sont très bons. Et tous les députés, tous à Paris, tous les députés européens, qu'on n'avait pas une chance de voir pendant leur mandat. Donc, face à cela, moi, je dirais à Emmanuel Macron, puisque tu nous as promis un nouveau monde, eh bien, fais-le. Non,
mais à l'évidence,
pour répondre aux crises
qui se superposent, qui s'additionnent, qui frappent les Français dans notre pays, les choses ne peuvent pas se faire simplement de Paris et des ministères. Donc, il faut travailler dans une démarche de coproduction. La proximité est un élément essentiel. D'ailleurs, quand vous sondez les Français, l'élu le plus apprécié par excellence, c'est le maire. Le maire auquel on a vidé de sa substance toutes les prérogatives
qui étaient
les siennes. Pour soit les éloigner, soit on fait quelqu'un qui vient faire l'assistante sociale et qui prend simplement les doléances sans pouvoir apporter des réponses. Moi, je crois que quand on parle de la ruralité, une des réponses majeures, c'est la mobilité. Donc, il faut flécher des crédits pour permettre aux maires d'améliorer la mobilité. Quand on parle des métropoles, c'est plutôt la crise du logement. Je crois qu'il faut répondre, il faut faire du sur-mesure sur nos territoires. Mais on ne peut pas le faire, encore une fois, simplement avec des circulaires ministériels. Ça se fait en croisant les crédits nationaux, régionaux, locaux, mais surtout en étant à
l
'écoute, en prenant en compte aussi ce que disent les maires, les idées qu'ils ont, les intelligences qu'ils ont, la connaissance du terrain qu'ils ont. Emmanuel Macron n'a pas été un élu local. On lui a souvent reproché. Mais pour pallier à ce reproche-là, il aurait fallu qu
'il
fasse avec eux. La France, elle ne se fait pas que d'en haut. Elle
se fait
de tous les territoires. Non, la question, c'est quand même la démocratie. Pourquoi le maire est aimé ? C'est parce qu'il ne peut pas tricher. Vous savez, s'il ne fait pas bien son boulot, il est viré.
Il
est à portée de baffes, comme disait...
Exactement. Mais c'est la réalité. Et il y
a
un manque démocratique. Le référendum d'initiative populaire, on pourrait régler beaucoup de problèmes en France par un référendum. Il faut oser le référendum. Mais ils ont tellement peur du référendum. Quand il y
en
a eu un, ils l'ont bafoué. Donc, ils ont peur de la démocratie, en fait. Parce que la vraie question, elle est technocratie.
C
'est une technocratie financière qu'a mis la France sous tutelle. Et Macron est le gestionnaire. Voilà,
c'est le gouverneur. Ça n'a pas d'Emmanuel
Macron, on est bien d'accord. Ça s'est aggravé
avec Emmanuel Macron parce que ses
prédécesseurs jouaient un peu double jeu. Ils étaient à la fois le représentant de cette tutelle, mais en même temps, ils connaissaient le pays. Ils en avaient été élus. Ils avaient une certaine finesse. Alors, on leur disait, vous n'avancez pas assez vite. Ben oui, mais ils écoutaient. Là,
il va au
canon. On ne
peut
pas tirer contre son peuple. Ça ne
peut
pas marcher.
Il
y a peut-être une solution pour le président de
la
République ce soir. Il y
a
quelque chose dans les cartons qui n
'a
jamais été utilisé. Je peux comprendre, d'abord, les maires,
il faut
les protéger. Mais je peux comprendre qu'on veut réduire le millefeuille, comme on dit. Et ça, c'est une nécessité parce que c'est vrai qu'au fur et
à
mesure du temps, c'est aperçu qu'il y avait des strates supplémentaires. Et qu'à un moment donné, les Français ne comprennent pas pourquoi c'est plus difficile d'aller vers tel endroit ou tel endroit. Il y avait le conseiller territorial qui avait été proposé par Nicolas Sarkozy, qui était en fin de compte le rapprochement du conseiller régional et du conseiller départemental d'aujourd'hui. Et je pense que ça permettait à la fois de garder la proximité tout en diminuant, bien sûr, le millefeuille. Voilà, ça c'est quelque chose qui a été supprimé par François Hollande immédiatement quand il est arrivé pour des raisons politiciennes. Aujourd'hui, il est dans les cartons.
Il pourrait le proposer ce soir. Ce serait une très bonne annonce. Et je suis sûr que majoritairement, elle serait votée aujourd'hui.
Il pourrait le faire, cette proposition ?
C'est
une très bonne idée. Tout ce qui pourra rapprocher, rapprocher, démocratiser le pays, on ne redressera pas la France sans les Français. Ça paraît, la palissade, mais on ne pourra pas redresser la France sans les Français. C'est tout. Désigner une
conseiller
territoriale, mais sans
donner les moyens aux
collectivités d'apporter des réponses, ça me paraît quand même... Non, mais il
n
'y
a
pas que ça.
Je
trouve
un peu de moyens pour les collectivités. Je trouve un petit peu nostalgique, mais... C'est aussi la
première étape vers une fusion des départements et des régions. C'était quand même ça qu'il y avait dans les cartons. Non, et des
métropoles. Plus concrètement, excusez-moi, je
vous trouve un petit
peu nostalgique.
Parce qu'à l'époque de François Fillon,
il
y avait eu, si vous vous souvenez bien, pendant l'été 2010, une crise pétrolière qui avait généré une augmentation très similaire à celle qu
'on
vit aujourd'hui. La réponse du gouvernement, ça avait été de dire, on va abaisser la vitesse maximale sur les autoroutes de 130 à 115 km heure. Et vous verrez que si vous roulez moins vite, ça vous coûtera finalement le même prix d'arriver à destination. Donc je crois que... Vous me
permettez, c'était plus
malin que
de dire qu'on
augmentait les taxes à cause de l'environnement, que ça permettait aux gens de moins consommer.
Je
pense que ça aurait
été... Madame Ferrari,
devant la gravité des faits, je dis, moi je ne reviendrai pas sur ce texte. De toute façon, la technocratie,
c
'est malheureusement, mais comme la finance spéculative, on me prie le pas sur nous, nous sommes qu'un théâtre d'ombre. Moi, je pense que, parlant des maires, parce que les gilets jaunes, ça a été dit, sont sur les territoires. Donc il faut commencer par abroger la loi NOTRe. Déjà, on va y voir beaucoup plus clair. Moi, c'est ce que je dirais tout de suite. Abrogeons ça.
Sur les gilets jaunes, Nicolas Dupont-Aignan, qu'est-ce qu'il doit faire le président Macron pour, encore une fois, trouver une sortie à cette crise ?
Mais le président Macron doit d'abord reconnaître qu'on ne peut pas surtaxer les automobilistes qui travaillent avec leurs voitures. Je vous entendais tout à l'heure, cher monsieur, parler de sa volonté de détaxer le travail. Mais si vous détaxez le travail d'un côté et que vous taxez ceux qui utilisent leurs voitures en croyant qu'ils s'amusent avec leurs voitures, c'est là le contresens majeur de gens, d'ailleurs, en vérité, qui vivent à Paris.
Oui,
le comité interministériel qui, à Matignon, décide des mesures autour de la table, il devait y avoir trois personnes qui avaient une voiture. Les autres n'avaient jamais de voiture, n'étaient jamais sortis de Paris. Donc, le problème de fond, c'est de comprendre son pays. Peut-être qu'on va prendre un bus. Et comme les chefs d'État sur la rue de Champs-Elysées,
on
va mettre le président et le gouvernement dans un bus. Et on va lui faire visiter la France. Non, mais je veux dire, je suis provocateur. Parce que la cause, elle est là. Mais oui, la cause est là. Si vous ne connaissez pas et n'aimez pas votre pays... Il ne
faut
pas le
taxer de ne pas aimer le pays non plus. Alors, à ce moment-là,
s'il aimait son pays, il ne supporterait pas de voir un agriculteur se suicider tous les deux jours.
Mais non, mais c'est la termine. Il
y a une souffrance dans le pays, mais
qui est terrible. On a appris de dire qu'il n'est pas le pays, c'est pas le temps, 40
ans,
40 ans
de sottises économiques et d'une politique qui nous a désinstruits.
On est couverts de la dette,
on est du chômeur partout.
Oui, en attendant, il y a des solutions, il y a des choix. Je n'aime pas l
'idée que tout est pareil, qu
'il
n
'y a
pas de solution, qu'il n
'y a
pas de choix et que finalement, on est obligé de subir. Il y a des solutions. On a un pays avec des grands atouts. Il
y a
des Français très courageux. Il y a des choix différents à faire. Mais cela veut dire se libérer aussi d'une certaine emprise de l'Union européenne, d'un certain libre-échange déloyale. Cela veut dire du courage,
de
défendre les intérêts des Français peut-être.
En
attendant,
on
peut aimer les siens sans détester les autres.
Qu'est-ce qu'il peut
dire
Emmanuel Macron ?
Moi, je pense que pour revenir à la situation préoccupante des Gilets jaunes, il me semble qu'à l'heure qu'il est, le Président de la République, le Premier ministre,
ne
peuvent pas faire l'économie
d
'une ou deux propositions, de faire un geste, voire deux. Sinon, je ne sais pas comment ils vont s'en sortir. J'espère qu'ils n'ont pas besoin de moi. Ils doivent y réfléchir. Ils ont peut-être déjà pensé à... Mais si les deux camps ne se parlent pas, là, je ne sais plus ce qui peut arriver. Donc il faut... Il n
'y a
pas de déshonneur, me semble-t
-il,
à comprendre ce qui est en train de se passer. Et là-dessus, je partage complètement les points de vue qui ont été exprimés. La province souffre. Il faudra évidemment, dans les années qui viennent, un grand plan pour rénover et aider la province à repartir. Il ne faut pas que le Président de la République, ce soir, j'espère qu'il va sauter sur l'occasion, se fâche, je dirais, de manière durable avec les élus locaux. Ce n
'est
pas possible. On ne peut pas être un Président de la République enfermé à l'Élysée et qui a les gilets rouges dans la rue, les maires qui ne veulent plus le voir. Ça va très mal se terminer.
La forteresse
élisienne, c'est bien. Il faut en sortir. Et j'espère que
ce
soir avec les maires et demain avec les gilets jaunes, on ne
va
pas continuer à jouer au jeu de laissons pourrir la situation. Vous allez voir qu'on va s'en sortir. Finalement, ils sont chaque jour de
moins en moins. Une question
à Jean Lassalle. Après avoir endossé le gilet jaune dans l'Assemblée nationale cet après-midi, vous allez avoir une sanction. A priori, ça sera une retenue sur salaire de 1 400 euros. Quelle est votre réaction ?
Écoutez, je vais être curieux, mais vous savez, je ne suis pas un député qui nage dans l'or. Je paye encore un peu ma campagne électorale. Eh bien, je l'appellerai, madame. Je l'appellerai comme un honneur et avec beaucoup de fierté. Voilà.
C'est ta amende.
Et ce n
'est
pas ça qui va me faire taire si toutefois j'en
ai
l'occasion. Mais encore une fois, mon amende est peu de choses par rapport à la situation dans laquelle nous sommes. Travaillons ensemble à trouver des solutions aux problèmes qui posaient.
Sur
cette question, c'est la deuxième fois que l'Assemblée nationale impose une amende à un député pour une question vestimentaire. La première fois, c'était François Ruffin qui avait mis un maillot de football. Honnêtement, je trouve
que
c'est extrêmement malvenu de la part du gouvernement et plus précisément du président de l'Assemblée nationale. Car l'Assemblée nationale, c'est un des cœurs du débat français, un des cœurs du débat politique. Et en ce sens, elle ne doit pas être et n'a jamais été exempte d'une forme de théâtralité. Et là, il y a un raidissement sur des questions vestimentaires parce qu'il n'accepte pas de voir l'écho dans cette chambre de débats publics et de débats politiques qui doivent pourtant
s'exprimer. On voit le
président Macron
qui
arrive, Clément.
On
va écouter ses premiers mots à l'Assemblée. Allez-y, continuez.
Et donc, je trouve que c'est extrêmement malvenu, extrêmement maladroit et qu'au contraire, à
l
'Assemblée, ce n'aurait d'accepter que des députés, et notamment des députés de l'opposition, puissent porter leur voix de la manière qu'ils désirent, notamment par ce type de coup de communication, mais qui doivent être acceptés. Et
qui
sont normaux.
Alors, on voit le président Macron,
non
pas à l'Assemblée, bien sûr, mais à l'Élysée. Il sert les mains des maires qui sont ici, qui ont été sélectionnés pour venir leur rencontrer. Il a rencontré longuement, encore une fois, une délégation de l'AMF, l'Association des maires de France, qui demande un certain nombre de mesures concrètes. On va écouter les premiers mots de ce discours. Et puis, voilà, on verra si
le président a
pris conscience de ce qui se joue aujourd'hui dans notre pays.
Monsieur
le président,
c
'est là, monsieur le président de l'Assemblée nationale, monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres,
monsieur
le président de
l
'AMF,
monsieur
le président de l'AMF,
mesdames,
messieurs les maires.
Je
suis très heureux d'être parmi vous. Merci, merci d'être là.
Et
merci,
président
Barouin, d'avoir transmis en notre nom cette invitation à toutes celles et ceux qui étaient présents pour
ce
congrès de
l
'AMF pour que nous puissions partager
ce
moment.
Je
crois que vous êtes à
plus
de 2 000.
Donc,
j'ai conscience qu'il y
en
a qui sont serrés.
Et
nous étions en train de débattre avec le bureau de l'AMF. Et nous avons débattu un peu plus longtemps que prévu, ce qui explique mon retard. Et je vous prie de m'en excuser. Mais nous avons eu un bon débat.
Et
donc, l'objectif, c'est d'abord de passer un moment tous ensemble. Et je vais rester avec vous
aussi
longtemps qu'il y aura du monde dans cette salle. Ce n'est pas un défi.
Ce
n'est pas un défi que je vous lance. C'est un engagement que je prends.
Parce
que cet endroit
est
le vôtre. J'avais l'année dernière invité
quelques
maires. Et cette année, j'ai souhaité,
pour
tenir l'engagement pris qui était de rendre compte et de pouvoir échanger, non pas venir
à
la salle habituelle, ce que je ferai l'année prochaine. Nous en avons parlé avec le président Baroin pour l'ouverture du Congrès. Mais vous recevoir dans ce lieu, parce que je considère que ce lieu de la République,
il
est le vôtre.
Et
nous l'avons en partage. Alors, je vais dire juste quelques mots.
Et
après, ce que je vous propose, c'est aussi de répondre peut-être de manière plus interactive à toutes les questions que vous vous posez. Donc, il y a des zones qui ont été définies.
Il
y en a quatre, y compris pour celles et ceux qui sont juste derrière dans la salle, qui me voient par le truchement d'un écran, mais que je pourrais toucher tout à l'heure parce qu
'on
se verra.
Et
donc,
on
prendra quatre, cinq questions
ensuite
par zone. Et puis,
ce
que je vous propose, c'est après avoir dit quelques mots, d'échanger pendant une bonne heure sous cette forme. Et puis après, je serai parmi vous
pour
échanger peut-être de manière plus conviviale ou plus particulière.
Je
vous disais, mes chers amis, que la République, nous l'avons en partage
parce
que les temps que nous vivons n
'ont
rien de simple. Et je ne vous l'apprendrai pas. Depuis que je suis élu, et je dirais même avant,
j
'ai vu sur le terrain le rôle qui est le vôtre
et
je le vois chaque jour davantage.
Je
ne suis pas
heureux
quand je lis
les
sondages qu'on nous donne et les retours
d
'inquiétude qu'il peut y avoir sur
les
doutes que certains maires peuvent avoir, la volonté de ne pas forcément se réengager, mais c'est le symptôme d'une pression collective,
d
'un mal-être qu'il y a,
de
quelque chose qui bouscule tous les décideurs publics.
Et
quand je dis tous les décideurs publics,
c
'est vous et moi. Parce qu'en effet, pour le concitoyen, il y
a
le maire et le président de la République, on le dit souvent,
et
parce que je suis là devant vous, parce que comme vous, j'ai été élu par les Françaises et les Français,
de
l'endroit où nous sommes.
Et
comme vous, je ressens
une
volonté de faire,
parfois
beaucoup plus rapide et exigeante
qu
'on y arrive nous-mêmes.
Je
sens une inquiétude face à tous les changements.
Il
y a aussi parfois beaucoup d'incompréhension, parce que
les
changements ou les réformes qu'on engage ne sont pas toujours compris, et il faut avoir cette humilité.
Mais
je sens beaucoup d'attente.
Et
moi, je voulais commencer par là, quand je dis que la République est en partage entre nous,
c
'est qu'il y
a
une chose
qui
relie les maires, le président de la République et avec lui,
tout
le gouvernement, et qui touche aussi l'ensemble des élus de la République,
c
'est qu'il y a une formidable attente.
Et
donc il ne faut rien céder
à
un vent mauvais qui voudrait que la faute est forcément à l'élu.
L
'élu, c'est celui ou celle qui a la capacité de faire,
mais
c'est aussi celui ou celle qui est, pardon de cette familiarité, mais à portée d'engueulade,
et
qui peut se retrouver bousculé, et qui est en quelque sorte au carrefour de tous les paradoxes d'une société.
Voilà pour
les premiers mots de ce discours d
'Emmanuel Macron devant un
certain
nombre de maires de France. Votre réaction, Nicolas Dupoignan ?
C
'est toujours
le même état d'esprit. Et en fait, il s'exonère de ses décisions quand il désindexe les pensions de retraite des Français ou les prestations familiales après avoir massacré par la CLG. C'est un choix. Oui,
il
l'assume, il explique pourquoi, mais il ne nous explique pas que tous les élus sont pareils, et ce boulibou-là, moi je ne comprends rien. Si vous comprenez quelque chose...
Merci à tous les sept. Il
n'a
rien compris.
Jean
Lassalle.
Il n'a rien compris. Qui ? Le président.
Ah bon ?
Si ça continue comme ça pendant deux heures, et jusqu'à ce qu'il n
'y ait
personne, ce n
'est
pas ça qui va redonner le mot. La République, on partage. On partage les échecs, il ne
veut
pas
partager les décisions prises.
Si
vous voulez, c'est
le communicant qui parle. Au début de son intervention, au lieu de dire qu'il reviendrait l'année prochaine, sans doute là-bas, comme il l'avait promis l'année dernière, il aurait dû dire demain matin, je serai parmi vous. J'aurais fait mon intervention, il aurait fait son intervention, et il serait allé les voir le lendemain matin.
Merci à tous les sept. Tout de suite, c'est le 20h, il faut
passer à vous. Bonne soirée sur
notre antenne. Merci à vous d'être venus.
Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan