Pollution de eaux minérales : l'Élysée a-t-il couvert le scandale ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est l'heure du second débat de ce sens public consacré au scandale des eaux minérales. La commission d'enquête du Sénat dénonce les liaisons dangereuses entre l'État et notamment Nesley Waters. Dernière révélation, un rapport de l'agence régionale de santé caviardée est modifié à la demande du minéralier.
Et c'est un scandale d'État, faut-il retirer l'appellation au minéral naturel à Perrier que pèse cette marque qui appartient donc à Nestley Waters ? Pour le comprendre, il faut enquêter dans le gare où s'est rendu Audrey Vetaz. C'est peut-être l'eau minérale naturelle la plus connue du monde entier, Perrier, vendue dans près de 140 pays.
Elle est maintenant le symbole d'un scandale, celui des eaux en bouteille et d'une fraude massive au consommateurs. Janvier 2024, une enquête journalistique du Monde et de Radio France révèle que l'eau minérale en bouteille qui paraît si pure et naturelle ne l'est pas tant que ça. Plusieurs industriels auraient recours à des traitements interdits par la réglementation. 30 % des eaux seraient concernés parmi les mises en cause Source Alma et Nesley Waters, le propriétaire de Perrier.
Ce qui s'est passé à Perrier, à Perrier, à Vitel, à Contrex, à Épar, c'est-à-dire sur toutes les marques du groupe Nestley Waters, c'est qu'il y a eu des filtrations pour pouvoir cacher qu'à l'origine l'eau n'était pas de bonne qualité. On a donc trouvé un certain nombre de pollutions, des pollutions au pesticides, des pollutions au pifas, des pollutions, y compris aux bactéries de matière fécale. L'eau aurait été désinfectée avec des microfiltres, des ultraviolets et du charbon en toute illégalité.
La multinationale avait caché les filtres interdits dans des fausses armoires électriques, il faut imaginer, avec des faux boutons poussoir, une fraude au consommateur à plusieurs milliards d'euros. Le consommateur croit acheter de l'eau minérale naturelle. Il paye pour une eau minérale naturelle mais il achète quelque chose qui est proche de l'eau du robinet.
L'affaire remonte jusqu'au sommet de l'État. Le gouvernement et Alexis Coler alors secrétaire général de l'Élysée, sont mis au courant. Des enquêtes sont diligentées mais personne ne met un terme à la fraude.
Pourquoi ? Pour le comprendre, une information judiciaire a été ouverte au Sénat. C'est une commission d'enquête qui investigue pendant 6 mois.
À sa tête, le sénateur du gare Laurent Burgois et Alexandrey le rapporteur. Qu'on parle de l'eau qu'on recommande pour nos enfants en basage. On parle de l'eau qui est sur nos tables, dans les restaurants.
Donc forcément ça interpelle tout le monde. Les auditions s'enchaînent mais un groupe Nesley Wats se murent dans le silence. Je ne sais pas la vraie raison pourquoi ça a été.
Bon, on prend je je prends acte en tout cas du fait que le directeur du site ne savait pas pourquoi non ne savait pas pourquoi des traitements étaient mis en place pour tromper les services de l'État, pour tromper euh le consommateur. Je vous pose une dernière fois la question sous. Vous ne savez vous ne saviez pas ?
Je ne sais pas. Je ne le sais pas et je peux vous le garantir, je ne le sais pas. À Vergèz, dans le gare où est produite l'eau de Perrier, l'inquiétude est palpable car l'entreprise emploie un millier de personnes.
Les retombées économiques sont aussi importantes pour le territoire. Fais en sorte que Pierrier reste cette image pour nous, ce vecteur de développement pour notre territoire, mais aussi voilà cette véritable pépite pour la France. Mais l'avenir s'assombrit.
En parallèle de l'enquête sénatoriale, des hydrogéologues ont analysé la nappe où est produite l'eau de Perrier. Leur conclusion montre qu'elle est polluée. À l'avenir, Perrier pourrait perdre sa prestigieuse appellation au minéral naturel.
Scandale d'État, on se pose cette question dans notre débat sur la pollution des eau minérales. L'Élysée a-t-il couvert le scandale ? Et on en débat avec Alexandre Zizi.
Bonsoir, bienvenue. Vous êtes sénateur socialiste de Loise, rapporteur de la commission d'enquête sur sur cette fraude aux eaux minérales. Esther Creuser Delbourg, bonsoir et bienvenue.
Économiste de l'environnement spécialisé dans les questions de ressources en eau. Vous êtes enseignante à HEC et fondatrice de Waterweiser, société qui aide les entreprises à la gestion de ses ressources en eau. Alain Dupuit, bonsoir et bienvenue.
Vous êtes hydrogéologue, directeur du programme au souterraines et changements global au BRGM, au bureau de recherche géologique et minière. et vous aviez été entendu par la commission d'enquête. Michael Darmot, politique, est évidemment resté à mes côtés.
Je vous propose pour ouvrir ce débat d'écouter la sénatrice écologiste de Paris, Antoine Edgul, scandale d'État ou pas ? Écoutons-la. Pour moi, c'est très clair quand on a à la fois des ministres qui sont informés, le cabinet de la première ministre qui est informé, le secrétariat général qui est informé et que tout ça essaie d'être caché au grand public, ben moi, j'appelle ça un scandale d'État et je ne vois pas comment on pourrait nommer ça autrement.
Alexandre Wizy, après des mois de de d'enquête parlementaire, que répondez-vous à la question ? L'Élysée a-t-il couvert le scandale ? Bah pour le coup, les choses sont sont claires et elles sont elles sont dites clairement par la documentation que nous avons eu.
Nous savons que l'Élysée est au courant depuis 2022 au moins et que il fait le choix de ne pas aller devant les Français, que le choix est fait aussi de ne pas aller devant les autorités européennes, ce qui aurait dû être le cas, de ne pas aller devant les autorités locales, hein. Juste pour vous donner un exemple qui à mon avis est assez parlant. Dans la RS Occitanie, on apprend 14 mois après les révélations au niveau central la ce qui se passe et on la prend de la voix de l'industriel qui prend par la main.
C'est l'industriel qui prévient l'Agence régionale de santé de quelque chose qui a été dit il y a 14 mois au niveau de l'État central. Et puis le scandale d'État, c'est aussi ce que nous révélons aujourd'hui. Imaginez que il y a eu un rapport de la RS Occitani qui a été caviardé.
Ouais, ça on y revient dans un instant et et je vous donnerai évidemment la parole pour euh pour l'évoquer. Euh euh alors une eau en bouteille surtout si c'est une eau minérale naturelle, bah elle est elle est le prix de vente ça peut être de 100 à 400 fois plus élevé que celui de l'eau du robinet. Il y a une double question Esther Cer Delbourg.
D'abord moi je vois ça, je me dis mais comment on peut justifier tels écarts ? On pr presque d'un produit de luxe quoi. Et puis est-ce que vous parlez de fraude économique tout simplement ?
Alors effectivement, si on rappelle un peu les chiffres, alors peu de gens savent en général combien ils payent pour leur eau du robinet, mais par exemple à Paris, si vous consommez vos 2 l d'eau par jour pendant 1 an, vous aurez dépensé moins de 3 € sur l'année vos 2 L d'eau par jour pendant 1 an. Donc effectivement là, on prend toute la perspective par rapport à l'eau en bouteille qui est effectivement un produit de luxe. C'est pas substituable mais c'est deux choses différentes.
J'en j'en consomme aussi he de pas pour culpabiliser simplement c'est un produit extrêmement cher. Est-ce qu'il y a eu fraude ? Alors oui, sur le fait d'appeler ça une eau minérale naturelle et de la vendre au prix d'une eau minérale naturelle, oui, là-dessus, il y a absolument eu fraude.
Ça ça peut pas être contesté. Ouais. Alors, on on peut essayer d'expliquer, vous le faites évidemment, vous l'avez fait tout au long de votre commission d'enquête, mais ce que ce que dit Alain Dup réglementation pour obtenir ce label ou cette appellation au minéral naturel, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'elle a été reconnue pour ses bienfaits d'abord pour la santé. C'est l'académie de médecine qui le décrète. Donc il y a une étude médicale qui le fait.
H et puis il y a aussi une preuve de d'une durabilité, d'une constance dans sa qualité intrinsèque. Et la qualité intrinsèque, c'est qu'elle sort de la source jusque dans la bouteille. C'est la même chose.
Ça doit être la même chose. Et donc la question de la filtration se pose, c'estàd il y a on n'est pas censé la filtrer cette eau minérale naturel. C'est ça.
Alors la réglementation a évolué. dérogations, des accords, mais normalement au point d'émergence et dans la bouteille, il y a une analyse de référence qui fait une signature qui donne une signature chimique biologique et c'est la même eau qu'on doit retrouver. Voilà.
Donc, est-ce qu'on l'admet ou pas ? D'accord. Oui, effectivement.
Et donc, vous évoquez les révélations du jour, hein, ce rapport de l'Agence régionale de santé modifié. On va regarder un la version initiale, donc celle qui parle d'analyse microbiologique réalisé selon les procédures internes exploitant. Et alors ce que vous voyez en rouge, des échantillons prélevés entre 2020 qui montrent les fréquences de détection de paramètres icoli et enteroco intestino suivante et puis dans la version définitive de la RS, c'est là que c'est frappant, euh voici ce qu'on lit. seulement les analyses microbiologiques réalisées selon procédure inter ont montré que les échantillons de Romaine 3 et Romaine 5 étaient alors ça ce sont des forages hein je pense était conforme plus de 97 % du temps plus de trac de la bactérie d'origine fécale et c'est cherikière colis qu'est-ce qui s'est passé Alexandre wi c'estàd que il y a des représentants de l'État c'est quoi c'est une espèce de de négociation de deal entre l'état et et Nesley Wats qu'est-ce qui s'est passé c'est moi moi j'appelle ça une collusion c'estàd qu'en effet vous avez un industriel, vous citez ces ces ces passages qui sont très éclairants où en effet sont bifés ce qui est gênant à la demande de l'industriel, ce qui le gêne.
Ce qui le gêne c'est le nom des bactéries qui sont présentes. C'est aussi il y a aussi d'autres exemples où il y a toutes les traces d'un certain nombre de pesticides, de polluants qui sont bifés, qui disparaissent du rapport. Et puis donc ça c'est la partie censure et puis il y a une partie corrédaction.
Vous avez des paragraphes entiers qui sont proposés par l'industriel. Nous nous avons les mails de l'industriel qui dit "J'aimerais que figure ce paragraphe dans le rapport qui sont adjoints au rapport de la RS et ce sont des des passages évidemment et des paragraphes extrêmement ludateurs pour l'industriel et tout ça est tellement gênant que le fonctionnaire instructeur qui instruit l'affaire qui instruit le dossier retire sa signature et malgré tout le l'ARS décide d'accepter le caviardage parce que ce rapport quelle était la finalité de ce rapport ? devait être présenté devant une structure qui s'appelle le CODERS.
Le Coder, c'est une instance de consultation locale où où figure notamment souvent des association environnementale. Donc Nesle ne voulait pas que ces informations lui échappent et arrivent sur la place de garder le label au minéral naturel. l'enjeu c'est alors dans ce cadre là c'était justement une procédure pour déclasser un certain nombre de ressources mais il ne voulait pas que ce qui se passe dans ces eau brut qui est au cœur du sujet est au cœur du scandale parce que comme vous l'avez dit le critère fondateur de le minéral naturel c'est la pureté originelle si cette pureté ne se retrouve pas les hydrogéologues mandatés par la préfecture l'ont l'ont démontré en disant qu'elle ne se retrouvait pas et bien nous avons un sujet sur l'appellation et vient avec ça les enjeux économiques que vous mentionnez c'est-à-dire le prix les revenus attachés à la question de le minéral naturel Effectivement parce que alors pour bien comprendre, ça n'excuse rien mais pour bien comprendre il faut peut-être Esther Croser Delbourg essayer de mesurer le poids de de per de cette marque au niveau mondial.
Ouais, absolument parce que ça représente même dans l'imaginaire autour des marques françaises quoi d'une certaine façon. Mais ce qui est sûr c'est qu'on a une excellence française réputée à l'international de nos eaux minérales naturelles. Prendre de l'eau qui peut se boire de façon naturelle dans le monde entier, c'est un c'est un synonyme de luxe quelque part.
C'est fou quand on y pense de se dire qu'on va prendre nos ressources si précieuses et qu'on peut les envoyer à des milliers de kilomètres pour être bu. Mais c'est comme ça et c'est très français parce que si on va aux États-Unis par exemple, il préfèrent davantage avoir une eau qui est passée par la main de l'homme qui a été filtrée. C'est plus rassurant pour eux.
Donc c'est quelque chose de très français et c'est vrai que ce scandale alors il met en lumière plein de choses qui sont qui peuvent faire peur. En tout cas il en met en lumière une chose très claire, c'est qu'on a un rapport à l'eau qui est très particulier. Est-ce que c'est souhaitable finalement de vouloir boire de l'eau directement du sol ou est-ce qu'il faut simplement assumer que bah tout est quand même largement pollué par nos activités humaine, par les villes et que quelque part, il va falloir commencer à dépolluer et à boire potentiellement, je finis là-dessus, la marque Maison Perrier qui pourra tout à fait survivre en nettoyant, en l'aromatisant.
Ça s'appellera plus haut de source. Il y aura plus le label au minéral naturel mais est-ce qu'un américain qui voit simplement maison perrier verra la différence avec une eau minérale naturelle ? la question se pose et aujourd'hui dans les supermarchés les boissons maison pririé se vendent plus cher que l'eau minérale naturelle déjà donc il y a quand même un potentiel économique.
Juste un point qui à mon avis est important en en plus si vous voulez moi je serai aujourd'hui plus rassuré par le fait que ce soit maison d'un point de vue sanitaire. Quelle est la gestion de maison Perriée ? Vous avez une eau qui a des problèmes à la source et donc qui est traitée.
Vous avez le même terroir, vous avez un goût qui est très proche de perrier. Mais en revanche, en effet, l'industriel n'est pas parvenu à préserver la naturalité de l'eau. Il en prend acte, donc il traite l'eau.
Dans le cas de l'eau minérale naturelle perrier, là vous avez des traitements qui sont mis en place pour essayer de compenser ce qui se passe dans les NAPES, mais ces traitements sont selon Ligas une fausse sécurité. Et donc votre modalité de gestion du risque sanitaire, ça devient la destruction à postériori de la production. Typiquement chez Perrier l'année dernière, 3 millions de bouteille détruit, ce qui est bon un non sens environnemental mais soit dit en passant.
Et donc en fait pour garder le label, ils sont prêts à mettre en place un système qui pour moi est moins robuste d'un point de vue sanitaire et donc il vaut mieux il vaut mieux dans ce cas-là basculer. Si sur certaines eaux sur certains forages sur un ou deux, ils parviennent à restaurer la pureté originelle, pourquoi pas garder. Mais aujourd'hui, les hydrogéologues sont clairs, il n'y a pas de pureté originelle sur les forages.
On va y revenir. J'ai une question à vous poser tout de suite. Mar, j'ai l'impression qu'on est plongé dans un film là, un thriller vraiment tel on peut les voir parfois production française ou même américaine et surtout ce qui me frappe c'est le cadre et et le calendrier dans lequel se déroule cette affaire.
Vous vous mettez au point aujourd'hui, vous découvrez, vous vous révélez quelque chose de majeur le jour où à Versailles on reçoit Tru France, les multinationales qui viennent investir en France et euh et des multinationales comme effectivement Nestley qui possède Perrier et qui montrent à quel point le poids de l'emploi, le poids de la capacité d'investir peut permettre parfois à certains très haut placés d'avoir une main un peu lourde pour dire il faut absolument préserver un investiss En tout cas, quand on pèse aussi lourd, c'est évidemment plus facile d'avoir un lien direct ou un contact direct à l'Élysée ou ou à Matignon sur les forages et et Alain Dupit et sur les contaminations. C'estàd que vous disiez c'est notre c'est aussi l'activité humaine. C'est quoi ?
C'est le réchauffement climatique, c'est l'activité humaine, c'est l'agriculture. Comment on peut expliquer ? Alors évidemment, il vous faudrait 3 jours, mais ce qui ce qui se passe quand une eau, voilà, de quand une source d'eau minérale naturelle est contaminée une certaine façon.
Alors déjà un grand principe, toutes les eaux minérales naturelles qu'on exploite par une source ou un forage, à un moment ou un autre, elles ont pour origine une eau météoritique. C'est la pluie. Donc ça commence par se passer au sol.
OK. Et en fonction de ce que l'on fait au sol, on comprend bien qu' fonctionne ça l'infiltration c'est quand ça descend et ensuite quand ça rejoint une nappe et ben là en fonction de ce qu'on a mis ou de notre occupation du sol parce que là c'est notre occupation du sol bien sûr on a un risque plus ou moins avéré contrôler surveiller toutes les déclinaisons possibles en fonction de cette qualité et effectivement le changement climatique naide pas très clairement parce que le régime des précipitations changent donc là aussi ça a un effet sur la modalité où l'infiltration va se faire. Donc vous voyez que ça devient de plus en plus complexe mais l'occupation du sol par de nos activités et nos produits que nous y mettons est un facteur qui est aggravant de manière systématique.
Voilà. Mais par exemple quand il y a cette bactérie Écolie, c'est quoi ? des eau usées qui se sont c'est un débordement d'eau usée.
Ça peut être ça. Ça peut être une fuite d'une canalisation, ça peut être une origine, c'est une origine fécale humaine, ça c'est sûr. Et malheureusement, on a plusieurs vecteurs potentiels, plusieurs origines.
Ça veut dire que cette bactérie s'est retrouvée à suffisamment cheminée pour percoller dans lineap et être ensuite récolté au point de captage, au point de forage. Voilà. Donc c'est on a peut-être modifié aussi un cheminement en pompant.
Les cheminements souterrains sont peut-être modifiés. D'accord. Il y a toujours un impact hein entre quand on prélève entre une source qui coule naturellement et un prélèvement, il y a toujours une différence.
C'est peut-être ça. Voilà. Malheureusement les raisons et les ca sont multiples.
On on va ouvrir un chapitre consacré au au aux suites suite législative peut-être suite judiciaire de après la publication de ce ce rapport. On va en parler tout de suite avec Steve Jourdin. Euh rebonsoir Steve.
Bonsoir Thomas. Pour se concentrer maintenant sur les recommandations de cette commission d'enquête sénatoriale. Oui. 28 propositions au total.
Le la proposition la plus importante de toutes selon monsieur le rapporteur ici présent, la voici. Il s'agit de rendre obligatoire les périmètres de protection à l'échelle de l'ensemble des gisements d'eau minéral naturel. Il s'agit en fait d'élargir ces zones de protection et d'y interdire les produits phytosanitaires.
C'est une pratique qui existe en Belgique depuis les années 90 et qu'il est possible de mettre en place dès cette année selon la commission. Oui. Quelles sont les autres recommandations du rapport ?
Alors, on va donner les principals. L'objectif est par exemple d'améliorer l'information des consommateurs en précisant sur l'étiquette les EOS qui ont fait l'objet de traitement particulier, de rénover le dispositif de contrôle jugé aujourd'hui trop complexe, de restructurer et de clarifier la réglementation en vigueur. La commission propose de le faire par arrêté ministériel pour aller plus vite, de revoir le régime fiscal des eaux minérales naturelles, par exemple, en supprimant l'exonération qui existe aujourd'hui sur l'eau vendue à l'exportation.
Parmi les recommandations, on trouve aussi la création dans chaque département d'un groupe de suivi des eaux ou encore l'objectif de mener une campagne sur les nouveaux polluants. Une campagne de test pourrait par exemple être menée sur les Piface dès cette année selon la commission. Oui.
Et puis les les sénateurs et les sénatrices souhaitent aller plus loin en matière législative. Oui, ils ont rendu leur conclusion mais ils ne souhaitent pas en rester là. Écoutez, le président de la commission, ce travail- làà c'est pas un rapport qui une fois présenté, on va le mettre euh au placard.
Non, on souhaite l'utiliser l'ensemble des membres de la commission d'enquête pour travailler à la rédaction de plusieurs textes. À la rédaction de plusieurs textes, on va voir ceux qui sont actuellement envisagés. une proposition loi par exemple reprenant les recommandations du rapport sur la protection et le contrôle des eaux en bouteille.
Une proposition de résolution pour tout ce qui concerne les aspects réglementaires de la question et une proposition de loi pour renforcer les pouvoirs des commissions d'enquête parlementaire. Il s'agit de modifier l'ordinance de de 1958 relative au fonctionnement des assemblées. À voir comment tout cela peut s'inscrire Thomas dans le contexte politique et parlementaire actuel.
Évidemment, merci beaucoup Steve Jourdin pour pour tous ces détails. Alexandrey, je je on va se concentrer sur le ces zones de protection. Donc l'une des propositions que vous faites, c'est d'élargir ces zones de protection.
C'est si facile que ça ? Alors, c'est un choix politique, hein, encore une fois, euh parce que dans ces zones, vous pouvez avoir euh différentes activités humaines, une agriculture qui parfois peut utiliser des produits euh phytosanitaires. Justement, l'objectif c'est de dire en en conformité avec ce que vous venez de dire, c'est-àdire il y a une zone qui est dans la zone dans laquelle l'eau percole dans le sol et puis s'infiltre.
Cette zone, on appelle cela lim pluvium. Et donc dans cette zone qui s'appelle l'Impluvium, il faut que les périmètres de protection puissent coller à l'impluvium pour faire en sorte que les autorités puissent décider en effet que toutes les pollutions entropiques soient limitées. Et donc on propose de renforcer ces pouvoirs pour sécuriser à long terme la ressource parce qu'on parlait de l'emploi qui est ensuite adjacent à tout cela.
Évidemment que si vous avez une ressource qui de plus en plus est problématique, ben vous prenez aussi des risques sur l'emploi. Donc c'est à la fois une mesure environnementale, mais une mesure aussi de sécurisation de l'emploi à long terme pour l'emploi qui dépend de l'appellation au minéral naturel. Ouais.
Est-ce que ça veut dire Anupi que les zones de protection actuell elles sont insuffisantes, sont trop trop restreintes ? Oui, parce que la protection tu qu'elle est imaginer pour l'instant, c'est une protection du point d'émergence. Exactement.
Et pas de la ressource en tant que telle. Donc on protège effectivement dans la dans l'immédiateté de de l'émergence. Ça oui, c'est très bien fait.
C'est c'est calqué sur la procédure potable mais contrairement à la procédure potable, il y a pas l'extension d'extension suffisant. Et donc autour du point d'émergence, c'est quel périmètre qui est qui est qui est protégé, qui est qui est particulièrement contrôlé ? C'est très variable en fonction de la nature du point d'émergence.
Si c'est un forage profond à plusieurs centaines de mètres, on va protéger l'immédiateté quelques dizaines de mètres carrés. Si c'est une source, c'est plus compliqué parce qu'une source, il y a un cheminement qui se rapproche de la surface et là les activités proximales peuvent être déjà avoir des incidences sur la qualité. Donc en fait, c'est l'hydrogéologue qui va définir ce périmètre là.
Un hydrogéologue agré devoir regarder comment ça se passe et quelle est la réalité. Hm. Alors, sur le le euh ces ces contaminations, peut-être les la question des dangers autour de euh de la santé, je vous propose d'écouter euh cette responsable du pôle haut souterraine de l'établissement public territorial de euh de Bassin, chargé de surveiller la nape, justement, où est pompé l'eau de Paris ? s'appelle Sophie Ressouche.
On a des problématiques liées à la présence de l'agriculture et l'utilisation de certains produits qui sont nécessaires pour faire pousser les les cultures. Euh donc, on a par exemple la présence de nitrates qui proviennent des engrais et on a également la présence de pesticides. Après, on peut avoir aussi des pollutions, on appelle ça des pollutions bactériologiques qui sont issues des eaux usées.
Donc ces pollutions bactériologiques, on peut quand on fait de l'eau potable, on les traite en en mettant du chlore dans l'eau. Donc on élimine comme ça la pollution bactériologique. Une eau minérale naturelle, elle est pas censée être traitée.
C'est un un extrait du documentaire de d'Audre Vetas Perrier scandale à la source qui est disponible en replay et qui sera rediffusé sur notre antenne ce vendredi 23 mai à 16h30. Notez cette date et cette et cet horaire. Est-ce qu'on est-ce qu'il y a eu des risques pour la santé publique ?
Esther Croiser Delba. Mais alors si on sait qu'effectivement il y ait eu des bouteilles au potentiellement du Perrier contaminé avec de la pollution, ce qui est tout à fait possible. Peut-être que ça n'a absolument rien fait sur les gens qui l'ont bu ou alors peut-être que certains ont pu recevoir en tout cas ressentir des syndromes gastriques.
Ça arrive hein les les ce qu'on appelle les les syndromes de gastro-entérique hydrique, ça peut être dû à des pollutions dans l'eau minéral naturel mais ça peut aussi arriver sans vouloir faire peur parfois à notre ru du robinet si on se trouve près de de près de spot de contamination. Euh attention, il faut pas avoir peur. En général, la plupart de notre rou du robinet, elle est extrêmement contrôlée.
On peut la boire et effectivement, ce genre de contamination est très rare. Il faut noter quand même, et c'est intéressant que le pouvoir de la marque quand même euh Perry est tellement fort qu'aujourd'hui euh encore en pleine terrasse alors qu'il fait beau, on voit des perriers sur toutes les tables. Il y a pas eu d'effet sur la consommation de perriers depuis le le début de ces révélations.
Semble, il ne semble pas. Et même à l'époque où on avait découvert des matières fécales, et bien on avait parlé avec la grande distribution qui nous avait dit qu'il n'y avait pas de recul du tout des ventes de perrier. Ce qui veut dire que un les gens alors sont peut-être pas informés ou alors simplement qu'en fait c'est tellement réglementé que la marque est tellement forte que finalement ça continue à se vendre.
Alors on on on parle beaucoup de Perrier dans cette émission, il faut dire donc Per qui appartient à Nesley Waters mais il y a aussi une autre un autre groupe qui s'appelle Alma source qui est qui est qui a été entendu et qui était dans le collimateur de la de la commission d'enquête. Pourquoi on se focalise beaucoup sur Per aujourd'hui ? Alors parce que finalement en tout cas pour ce que nous savons sur Alma source ça a concern un site et que Almassource a retiré les traitements qui étaient litigieux et nous avons d'ailleurs entendu son directeur dans le cadre de la commission d'enquête.
Nous avons nous été visité différents sites. On a été chez Danon, on a été chez Alma, on a été chez chez chez Nesleé. Donc on a cherché à faire les choses de manière plus large.
En fait, il y a plusieurs choses. Il y a un, l'ampleur en fait de ce qui s'est passé chez Nesle que aujourd'hui les traitements illégaux aient été remplacés par des traitements qui sont toujours non réglementaires. Et donc si vous voulez en fait encore aujourd'hui à l'heure où je vous parle, le préfet en demeure, d'accord, l'industriel de revenir sur les traitements qui sont qui ont courts.
Et donc en fait aujourd'hui encore ce qui est vendu sous l'appellation au minéral naturel est vraiment discutable parce que ces microfiltrations à des seuils très bas constitue des hygiénisations, des mesures de désinfection qui sont euh qui sont problématiques en tout cas qui sont contraires à la réglementation sur les eaux minérales naturelles. Et on est 4 ans après et je veux juste insister parce que la faillite elle est quand même publique dans cette affaire parce qu'en 2023 vous avez au niveau interministériel une décision qui est prise au niveau du cabinet de madame Born. Laame Borne apparemment n'est pas informé qui dit au service allez-y accompagner le plan de transformation de Nesle alors même que le directeur de l'ancess l'autorité de sécurité sanitaire alors même que le directeur général de la santé monsieur Salomon que tout le monde connaît bien dise non cette solution n'est pas possible et entre-temps que se passe-t-il révélation de presse et aujourd'hui les préfets se retrouvent à contrearbitrer une instruction de Matignon pour rester conforme au principe de l'égalité donc vous voyez en fait on a un état qui en rentrant dans la logique transactionnelle avec Nesley, c'est complètement fourvoyé jusqu'au caviardage du rapport qui pour moi est une forme un peu apocalyptique de ce qu'il ne faut pas faire.
Enfin vraiment est-ce qu'on peut du déclasser une eau minérale naturelle la dégradé quoi d'une certaine phas ? Alors oui oui, il suffit de que une analyse soit ne soit enfin dans la durée plus conforme à l'analyse source qui fait référence et bien entendu le classement au minéral naturel peut-être perdu par un point de source, plusieurs sources ou plusieurs Oui, tout à fait. Mais c'est déjà arrivé à votre connaissance.
Oui. Alors là, j'ai plus les exemples en tête, mais oui, bien entendu, dès l'instant où il y a eu soit asséchement, perte de production, perte de productivité et ou évolution dans la qualité qui n'est pas forcément inhérente à une conduite de ce qu'on faisait en surface, mais peut-être que je vous l'ai dit hein, le temps de cheminement, cette signature chimique, elle fait référence et si on change un temps soit peu ça, ça change tout par rapport à la fin. Exemple.
Et c'est arrivé chez Perrier parce que chez Perrier, nous avons maintenant deux eaux produites maison Perrier qui est en fait issue du déclassement de forage anciennement perrié au minéral naturel qui maintenant étant ayant des difficultés sur les eaux brutes sont devenues des eaux rendues potables par traitement commercialisé aromatisé et cetera. Et donc en effet moi la bonne réponse des pouvoirs publics qu'elle était telle à partir du moment où il constatait cette cet élément là. Oui, parce qu'il y a l'enjeu économique.
Il y a a quand même c'est ces marques parce qu'on voit plein de marques derrière vous, elles pèsent quand même très lourd dans l'économie sûr. Et jusqu'à très récemment, vous l'avez dit, en ce moment, il y a un petit fléchissement parce que quand même, ils ont vraiment à la fois dans leurs auditions, dans leur manière de fonctionner, à mon avis, ils portent une lourde responsabilité sur la dégradation de de leur image de marque. Mais en effet, pendant très longtemps, même quand l'affaire des contamination à la matière fécale était constatée, il n'y avait pas de perte de de recette.
Et comme vous l'avez dit, maison Perrier se vend aujourd'hui plus cher que l'eau minérale naturel parce que maison Perrié, il y a une image de prestige. Vous voyez, c'est perrié puis il y a maison mais en soit c'est ben c'est de l'eau traité versus de l'eau minéral. Qu'est-ce qui pourrait se passer si on se projette Esther Cire d'Ulbour ?
C'està-dire moins de moins de quantité d'eau qui pourront être labellisé minéral naturel. Alors par que je sais pas quelle est la le le nombre de forages ou de ou de voilà, c'est très compliqué. Ça fait partie des recommandations d' essayer de faire un un audit généralisé en France.
Mais déjà d'un point de vue économique simplement pour rebondir. Euh économiquement oui, ça va être un sujet pour périer mais qui peut rebondir. Mais il y a aussi en fait toutes les communes autour, les milliers d'emplois qui en dépendent.
Et on peut imaginer que c'est aussi une des raisons pour lesquelles le gouvernement a commencé à transactionner, c'est qu'en fait on laisse pas tomber du jour au lendemain effectivement des territoires qui en dépendent largement. Donc il y a pas seulement Perrier mais il y a aussi effectivement tous ces territoires là qui en dépendent. Et ensuite euh à l'échelle plus globale, alors là je vais imaginer quelque chose de très différent, mais effectivement qu'est-ce qui empêche Maison Perrier finalement de vendre de du maison Perrier à l'international sans que l'eau vienne nécessairement de la source ?
Parce qu'autant une source minérale naturelle, il faut qu'elle ne vienne qu'une seule source, que d'une seule et même source mais une eau de source ou une eau aromatisée ou traité peut venir de partout et simplement porter un label. Donc d'un point de vue économique, en fait tout est imaginable maintenant. Ouais.
Vous parlez du du poids localement. Je vous propose d'écouter la la réaction de la mère de de Verger, il s'appelle Pascal Fortuna Deschamp. toujours un extrait de ce documentaire euh de public Sénat euh euh qu'on qu'on vous propose vendredi prochain.
Regardez, les villes euh d'eau minérale naturelle en ont bénéfici d'une fiscalité particulière qui s'appelle la surtaxe au sur l'eau minérale naturelle et donc Vergè au même titre que donc les autres villes dans ce cas, on en bénéficie. C'est une une taxe sur le le le nombre de d'hectolitres à voilà sorti de de nos sous-sols donc et qui sont vendus en métropole. 70 centimes d'euros pour chaque hectolitre vendu dans l'hexagone, soit 500000 € en 2024.
Ça permet bien entendu de des services publics, de l'entretien, ça permet voilà permet bah tout le fonctionnement d'une d'une collectivité. Voilà. et dans son documentaire Audre Vetas fait la liste à Verg.
Trois terrains de foot, deux salles polyvalentes, un cinéma, je pense qu'il y a beaucoup de ma de de villes de 5800 habitants qui rêverait d'avoir autant de d'infrastructure. Vous allez vous mettre à dos, Alexandrey, tous les tous les élus et les habitants de ces villes qui sont riches grâce à leurs zes minérales parce que là c'est un grand mouvement qui se qui démarre. Mais je ne crois pas parce que justement nous avons travaillé sur la question fiscale, c'était énoncé tout à l'heure.
En effet, il y a un biais aujourd'hui qui existe même deux biaets, c'est que lorsque vous commercialisez une eau minérale naturelle, en effet, vous avez la taxe. Mais si vous commercialisez, comme c'est le cas avec maison Perrié de l'eau rendue potable par traitement, la taxe ne s'applique plus. Donc à chaque fois qu'un forage est déclassé d'eau minéral naturel vers maison Perriée, les communes euh qui sont dans le pouretour perdent des recettes fiscales.
Donc ça c'est une inégalité qu'on veut corriger dans le cadre du rapport. Deuxième inégalité complètement moi je trouve complètement hallucinante. Si l'eau est vendue en France, vous payez la taxe.
Si l'eau est destinée aux expé Donc ça c'est pas cohérent. Donc nous on propose une mise en cohérence pour à la fois qu'il y ait pas ce biais ou même quand il y a un problème sur l'eau minérale naturelle, les élus se trouvent solidaires. De fait comme vous l'avez dit, c'est des sommes très importantes dans les budgets de ces communes.
Souvent parfois ça ça fait presque leur budget d'investissement. Donc nous pour éviter ça, on va proposer une harmonisation donc de la de la de la fiscalité sur sur ce sujet-là et c'est dans le rapport et c'est largement partagé par les membres de la commission. Oui, ça pèse quand même 2,7 milliards d'euros euh les les eax en bouteille en terme de chiffre d'affaires euh cumulé euh Esther Croiser Delbourg, c'est ça rend prudent, on va dire ça, si on est je cherche pas à trouver des excuses hein à l'exécutif, mais ça rend prudent.
Non, mais tout à fait. C'est un marché alors on a dit de luxe, même s'il est pas perçu en tant que tel. Encore une fois 3 € euh tout ce que vous dépenserez si vous buvez l'eau du robinet pendant 1 an versus évidemment le prix des bouteilles.
Alors encore une fois, j'en bois et je continuerai en boire parce que ce qui est important c'est le rapport à l'eau. Il faut en boire tous les jours, il faut que ça soit agréable mais c'est vrai que c'est un sujet le rapport à aux bouteilles. Peut-être intéressant de rappeler que sur le sujet de l'eau en bouteille, Nesle avait déjà eu des problèmes dans la ville de Flint au Michigan et aux États-Unis dans les années 2015-27.
Alors là, c'était un petit peu l'inverse. En fait, Nissel embouteillit de l'eau propre pour l'avant nos habitants d'une ville qui eux n'avaient plus d'eau propre au robinet. Et en fait là, il y avait un sujet effectivement de collision avec les autorités locales et c'est un sujet dont Nescle a eu beaucoup de mal à se débarrasser.
Alors, j'en parle ce soir mais simplement pour dire que ce n'est pas seulement en France le sujet de l'embouteillage de l'eau, qu'elle soit minérale, qu'elle soit de source n'est pas un sujet uniquement chez nous. Et en fait, la plupart des pays vont continuer à avoir on va continuer à avoir de plus en plus de scandales en fait liés à cette exploitation de l'eau en bouteille. Alors en en 20 ans, le nombre de de commissions d'enquête parlementaire c'est c'est multiplié avec parfois une critique corolaire de d'instrumentalisation politique et pourtant on le rappelle c'est prévu dans la Constitution.
Michel, pourquoi sont-elles devenues un must ces commissions d'enquête parlementaire ? Parce que mieux que la démocratie directe, c'est la démocratie en direct et ça change tout. Hm.
Voilà pourquoi effectivement comme vous dit depuis 20 ans, les commissions d'enquête sont peu devenus les les thrillers politiques des chaînes parlementaires. Euh les médias son en part euh entre ça entre dans les on entre dans les salons feutrés du Sénat ou dans les sous-sols euh du Parlement. Bref, je pense que les commissions d'enquête, elles mériteraient presque de concourir pour une palme au festival de Cann parce que elles tiennent à la fois des films de Verneœil, vous savez donc ce le maître français du drame policier et du cinéma manifeste à la Oliver Stone avec ses 4 heures de film sur la commission d'enquête sur le meurtre de de Kennedy et il y a quelques jours, l'audition du premier ministre dans la commission d'enquête donc qu'on appelle à faire Betaram a été un pic de dramatique et un pic d'audience mais d'autres commissions d'enquête passionnante également permettent de plonger dans les rouages des politiques publiques.
Donc un parle de l'état profond comme par exemple la commission d'enquête qui a enquêté sur les choix autour de la filière nucléaire. Et alors si on se concentre sur les les deux quinquenas d'Emmanuel Macron, tout commence avec la commission d'enquête sur l'affaire Benala évidemment on est en 2018. Alors là Alexandre Benala c'était le côte au suisse.
Souvenez-vous he il y a agent de sécurité hors cadre du couple Macron. Il s'était rendu célèbre en tabassant un manifestant en marge d'un défilé donc du mois de mai la même année. Il accompagnait des policiers au titre de d'observateur, une sorte de de stage d'observation à sa manière.
Et qu'a décidé à ce momentlà l'Élysée, hein, c'est l'équipe de l'Élysée, les petits génies de l'époque et ben dans un premier temps, on cache l'événement pourtant filmé par des militants de la France insoumise et puis dans un deuxième temps, on ne sanctionne pas Benala en attendant tranquillement que ça devienne tout simplement un scandale d'état parce qu'il y a eu des révélations de la presse et tout s'est emballé. En fait, les conseillers du président avaient tout simplement sous-estimé l'état du pays parce qu'on croyait encore à l'époque, souvenez-vous, aux promesses de moralisation de la bil politique martelé par le jeune président Macron, fraîchement élu, sur la promesse justement de renouveau des pratiques politiques. Et voilà pourquoi la commission d'enquête Benala est devenue le polar politique de l'été 2018 sur les plages, dans les campings, les bureaux, je l'avais observé, tout le monde suivait les auditions du Gota policier et politique.
Bref, la machine de l'État, celle qui ne qu' voit jamais, celle qui ne nous parle jamais. et qui prend voilà des décisions parfois effectivement répréhensibles et contestables tout d'un coup était convoqué devant les représentants du peuple la démocratie en direct scénographie effectivement le combat éternel du système contre les petits. Elle a aussi des effets apaisants.
La démocratie française fonctionne les elle contrôle elle jugule les dérives de l'État et qui ne reste pas donc impuni. Moi je dis donc vive la démocratie en direct des commissions d'enquête. Oui, mais il y a quand même ce cette critique de l'instrumentalisation politique qui font parfois passer ces commissions d'enquête pour des tribunaux qu'elles ne sont pas.
Ah bah, c'est plus qu'un risque, c'est quand même aussi un fait. On se souvient quand même de la commission d'enquête parlementaire, souvenez-vous, sur les conditions recambolesques de la libération des infirmières bulgares par un commando de l'Élysée au début du mandat de Nicolas Sarkozy qui avait demandé la commission d'enquête. Et bien à l'époque, c'était le député Pierre Moskovici.
Bien évidemment, il voulait mettre à mal ce nouveau euh pouvoir politique et malgré les dégations de la droite, euh elle était bien contente la droite sénatoriale de mettre en difficulté le le le jeune État Macron, le la jeune Macronie qui venait de de capter euh t tous les pouvoirs, qui avait étouffé complètement la droite depuis 2017. Donc c'est effectivement une affaire bienvenue mais l'essentiel reste la manière dont sont menés les débats en grande majorité avec sérieux certes avec parfois des exceptions. Parfois des parlementaires sont mis en cause parce que ils utilisent cette fonction pour pouvoir mener un combat politique.
C'est ce qu'a dénoncé récemment François Beou hein quand face au rapporteur insoumis dans la commission d'enquête pour laquelle il a été auditionné. Alors qui contrôlera les contrôleurs et va-ton un jour faire une commission d'enquête sur les commissions d'enquête ? Bon, on va pas y passer trop de temps parce qu'il y a encore une thématique importante dans les dans les dernières minutes de notre débat, mais quand même le le soupçon derrière pensée politique.
Qu'est-ce que vous répondez à à ça Alex ? Non, mais cette question qui gardera les gardiens est une vieille question de Juvenal et elle est elle est légitime. Moi ce que je dis simplement, c'est que là, on est dans là, je trouve que c'est un formidable outil.
Je suis d'accord avec votre conclusion intermédiaire. C'est-à-dire que la Constitution donne au Parlement la mission de contrôler l'exécutif. Les commissions sont un cadre pour ce contrôle. la commission d'enquête dont j'ai été le rapporteur, je suis dans un Sénat à majorité LR qui participe au gouvernement et pour autant le rapport a été validé à l'unanimité moins une abstention.
Donc en fait évidemment c'est l'objet aussi il y a des moments où j'ai mis sans mauvais jeu de mots de l'eau dans mon vin. Il y a des choses peut-être que j'aurais voulu faire mais pour maintenir l'unité pour aller au bout de la vérité telle qu'elle se manifestait et ben on fait des concessions. Mais je dis une chose aussi attention à ce qui est en train de se passer.
Je vois que Auguste et de Bouzi qui est un grand cabinet qui défend des grandes multinationales organise maintenant des soirées pour mettre en cause les commission d'enquête. Faisons attention aussi de ce qui est en train de se passer. Il y a des gens qui n'ont pas envie d'être auditionnés par des commissions d'enquête et qui organisent maintenant parce qu'ils voi que c'est devenu quelque chose de central dans la vie de la nation qui organise des soirées pour les critiquer et les cabinets d'avocats qui travaillent souvent avec ces grandes multinationales sont à la manœuvre aussi pour critiquer et il y a une offensive en effet contre les commissions d'enquête.
Moi, je défends cet outil. J'ai vu aussi les pressions que nous avons sub, hein, Nesley, il y a pas un mois où j'ai eu un courrier pour me dire que ma commission d'enquête ne devrait pas exister, qu'elle était illégitime. Il y a eu la non venue d'Alexis Coler, il y a eu général secrétaire général de l'Élysée, pardon, il y a eu le refus de répondre de Muriel Lien devant nous.
Je ne répondrai pas à vos questions alors que il n'existe pas de droit au silence devant une commission d'enquête. Bref, j'ai vu aussi moi, c'est pour ça que propose des judiciaires d'ailleurs. Alors, nous nous avons lancé une procédure pour parjure euh contre l'un euh des l'un des l'un des dirigeants de Nesle Water, le directeur de l'ingénierie parce qu'il nous a dit "Écoutez, il ne se passe rien à Verg, tout ce qui se passe est routinier." Quelques jours plus tard, on apprenait qu'il y avait des centaines de milliers de bouteilles qui étaient retenues soit pour destruction, soit pour maintien sur le cité.
Que donc il était apparu qu'il nous avait clairement menti. Donc en effet, mais on a fait pareil avec tacte et mesure hein. On a eu quatre cas pour lesquels on pensait qu'il y avait un parjure possible.
On a retenu celui qui nous semblait le plus le plus évident parce qu'on voulait pas affaiblir la commission d'enquête avec des parjures dans tous les sens qui ne prospéraient pas. Quelques minutes pour conclure et pour se poser des questions peut-être beaucoup plus générales Alain Dupit sur effectivement l'ensemble de ces de ces forages ou de ces sources d'eau minérale naturelle. Est-ce que est-ce qu'il faut remettre en cause le principe ?
Vous voyez ce que je veux dire ? Ce que ce que cette commission d'enquête révèle, c'està-dire que finalement est-ce qu'on peut toujours être dans cette exception française dont nous parlait Esther Croiser Delbourg tout à l'heure ? Alors, d'un point de vue quantité et qualité de ces EOS-là, elles sont remarquables, faut pas l'oublier.
Elles sont il y a un bienfait pour la santé publique. C'est quand même ça la base. Et moi, je en tant qu'hydrogéologue, je veux croire qu'il y a une suite.
Il y a tout un tas de de ressources en eau qui sont plus profondes, donc mieux protégé, sur lesquels là il n'y aura aucune contamination. Si une eau a plusieurs milliers d'années, on comprend bien que son cheminement naturel fait que une molécule devra mettre 1000 ans pour arriver ou plus. Oui.
Bon euh là nos contaminations, elles n'y sont pas. Donc il y a Et c'est là où il faut faire attention à l'amalgame. On a certains cas qui ont été discutés.
Tout à fait. Mais c'est pas tous les cas. Exactement.
Exactement. C'est vraiment vraiment du point à point qu'il faut conduire. Voilà.
Et donc ça veut dire que on peut mener des investigations un peu partout un peu partout en France. Ah oui mais elles sont déjà faites normalement. Elles sont contrôlées ces pas vraiment.
Pas vraiment. Mais voilà pas vraiment contrôlé parce que c'est un point de la réglementation. C'est un point de captage privé avec une autorisation et effectivement on surveille la globalité mais les points de surveillance sont dédié par des certains services de l'État.
Certains services de l'État faut peut-être les renforcer, faut peut-être les les confronter à ce qu'on fait par ailleurs au niveau global parce que la gestion globale ça fait partie aussi des enjeux stratégiques de la nation. Ouais. Voilà, c'est tout ça qu'il faut je penseir.
Votre avis Esther Croiser Del Bois, est-ce que ce ce système ou cette exception française elle est elle est mise en danger par cette commission d'enquête ou est-ce que au contraire bah c'est un mal pour un bien ? Je pense que c'est un mal pour un bien. Effectivement, c'est terrible d'entendre les menaces et les obstacles que la commission d'enquête a pu recevoir.
On parle quand même de la santé des Français, on parle de la santé des consommateurs, on parle de l'eau liquide sans lequel nous ne survivions pas et sans lequel il n'y aurait pas d'économie. Donc effectivement, on ne peut pas venir euh enfin on ne peut pas avoir de standard léger. Il faut qu'on soit absolument irréprochable là-dessus.
Et effectivement une fraude à minéral naturel soit mais c'est un sujet. En revanche, une fraude à la qualité de l'eau que l'on boit, ça c'est inadmissible et ça doit être effectivement sanctionné. Mais mais ça veut dire que vous parliez tout à l'heure de de du comparatif avec l'eau du robinet, elle est presque plus contrôlée.
Je veux bien comprendre ce que bah la différence avec une eau minérale naturelle, c'est qu'elle doit être saine. Euh euh elle doit être effectivement stable avec les minéraux qu'elle contient et on n' pas le droit de la filtrer. L'eau du robinet, on va dire c'est plus plus en terme de filtration.
Elle subit tout ce qu'on peut lui donner. C'est pour ça d'ailleurs qu'il y a des résidus de chlore parfois qui donnent une mauvaise odeur et donc elle elle est extrêmement contrôlée. Comme elle vient des autres surfaces.
En revanche, elle subit davantage de pollution et notamment tous les polluants notamment éternels qu'on est en train de subir vont d'abord dans notre dans notre du robinet avant potentiellement d'aller dans les autres sources voir les eaux minérales naturelles. Donc c'est aussi la plus exposée. Donc c'est pour ça que c'est la plus nettoyée.
Et est-ce que cette réglementation sur la la protection des gisements de minéral naturel est-ce qu'elle est je sais pas de quand elle date d'ailleurs avec sandier. Est-ce qu'elle est obsolète pour vous aujourd'hui ? Bah elle est obsolète parce qu'en effet les conditions à la fois de l'activité humaine entropique, vous avez vu les images de Vergè, on est dans une zone qui est urbanisée en fait, on est dans un dans un c'est pas le cas par exemple à Monou, vous voyez, vous êtes au milieu de la forêt, c'est même pas le cas à Éviant, vous avez l'impuvium qui est l'impluvium, pardon, qui est en altitude sur un plateau relativement protégé.
Mais en effet, ça dépend aussi des conditions géologiques, la vitesse d'infiltration, vous savez tout ça beaucoup mieux que moi, et aussi la pollution entropique qu'il y a autour de ces de ces zonesl. Donc oui, il y a une obsolescence aussi par rapport aux événements climatiques extrêmes. Euh Nesley évoque souvent les événements Sévenols qui sont plus violents et qui euh participeraient de la pollution.
Il y a d'autres explications hein aussi sur euh la vieillesse de leurs installations, la vétusteté d'un certain nombre de choses, mais aussi ces émelons-là. Donc en effet, il y a une obsolescence et il y a donc un débat à voir. Si on veut en tout cas protéger ce ce chef-dœuvre en péril que vous avez l'air de de de de de voir, et ben en effet, il faut qu'on améliore la qualité de de cette protection.
Après juste un point sur ce que vous disiez sur on pourrait produire ailleurs. Il n'empêche que cette eau, elle a un terroir. C'estàd que le goût le goût de Perrier, il est propre à la géologie et donc c'est pas si facile que ça.
Et ça je trouve que l'État s'est très vite embarqué dans la peur, l'angoisse et a beaucoup cédé sans faire l'analyse économique juste. Il y a jamais l'analyse économique qui a été faite, vous auriez peut-être été utile dans ce cadre-là pour aider l'État parce que il il a tout de suite il est terrifié par la perte d'emploi. D'ailleurs, il y a plein de mails dans le cadre de la commission qui disent "Ils vont nous faire porter le chapeau des destructions d'emploi sans même faire l'analyse que c'est une marque milliardaire, que des emplois continuer d'être créés jusqu'à très récemment.
Bref, cette analyse n'a pas été faite, elle aurait été utile pour justement éviter de rentrer dans une logique transactionnelle négative." Merci beaucoup. Merci à tous d'avoir participé à à ce débat.
Je vous rappelle donc on s'est beaucoup appuyé sur le documentaire d'Audre Veta Asperier Scandale à la source qui est donc diffusé ce vendredi, rediffusé ce vendredi à 16h30. Vous pouvez trouver nos émissions sur publicsena.fr. fr également nous réécouter en podcast et puis je vous donne le rendez-vous politique de la matinale.
Orian Mansini, demain à 8h reçoit Nicolas Mayer Rossignol, le maire de Roan, candidat aux élections internes du Parti socialiste. Belle soirée. [Musique]
Alexandre Ouizille