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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 4 février 2025 17 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôtsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSécurité

Jean-Philippe Tanguy : "Le RN n'a jamais eu autant d'influence !" (BFMTV)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Bonsoir Jean-Philippe Tanguy.

  • 0:02ComplaisanteRéponse partielle

    Merci d'être avec nous ce soir, député Rassemblement National de la Somme.

  • 0:14OuverteRéponse directe

    J'essaie de vous écouter attentivement, Jean-Philippe Tanguy, de comprendre ce qui est en train de se jouer dans votre formation politique.

  • 0:30FerméeÉludée

    Est-ce que vous vous êtes fait taper sur les doigts, ou est-ce que c'est votre ligne qui va s'imposer mercredi ?

  • 1:28RelanceRéponse partielle

    François Bayrou, il a dégainé, si j'ose dire, 2,493. Ce qui veut donc dire que désormais les textes sont figés.

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Sur les mesures, Jean-Philippe Tanguy, avec Michel Barnier, vous aviez le mérite de fixer des lignes rouges qui avaient pour le coup une forme de clarté.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « à titre personnel, vous penchiez plutôt vers la censure, même si, attention, il fallait bien évidemment attendre la décision des statuts du commandeur. »
  • 1:03Invité politiqueFait
    « On a bien dû prendre une position, donc évidemment on a voté contre cette CMP. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Le problème des éléments, c'est déjà la tenue elle-même du déficit. »
  • 2:33Invité politiqueChiffre
    « Là, on avait un déficit à 5, qui est passé à 5,2, qui est passé à 5,4. »
  • 3:18Invité politiqueChiffre
    « C'est 20% de la production nucléaire française. »
  • 3:22Invité politiqueChiffre
    « Une augmentation de prix, de coûts structurels de 10%. »
  • 4:18Invité politiqueFait
    « J'avais dit que de toute façon, les socialistes trahiraient. »
  • 4:28Invité politiqueFait
    « J'ai toujours dit que plus les municipales se rapprochent, plus les socialistes trahiront. »
  • 5:39Invité politiqueFait
    « Le remboursement des médicaments, plus d'argent pour les soignants et pour les médecins. »
  • 6:16Invité politiqueFait
    « Par exemple, il y a la question d'une loi immigration. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « est-ce que oui ou non, le délit de séjour irrégulier supprimé par Horstrand va être rétabli un jour ou pas ? »
  • 7:43Invité politiqueFait
    « Le Rassemblement National n'a jamais eu autant d'influence. »
  • 7:45Invité politiqueChiffre
    « On a avec nos alliés d'Eric Ciotti 140 députés. »
  • 10:04Invité politiqueFait
    « C'est exactement ce qu'on avait proposé dans nos lignes rouges. »
  • 10:23Invité politiqueFait
    « seul le RN s'est opposé à toutes ces nouvelles dépenses. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy64 %
  • Présentateur22 %
  • Intervenant8 %
  • Intervenant 26 %

5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Jean-Philippe Tanguy.

0:00
Jean-Philippe Tanguy

Bonsoir M. Djamel, bonsoir.

0:02
Présentateur

Merci d'être avec nous ce soir, député Rassemblement National de la Somme, avec moi donc toujours, pour vous interroger, pour nous éclairer, Néla Latrousse, Guillaume Tabard. J'essaie de vous écouter attentivement, Jean-Philippe Tanguy, de comprendre ce qui est en train de se jouer dans votre formation politique. Je vous écoutais hier attentivement chez nos confrères de France 3, où vous disiez qu'à titre personnel, vous penchiez plutôt vers la censure, même si, attention, il fallait bien évidemment attendre la décision des statuts du commandeur. Je veux parler de Jordan Bardella et Marine Le Pen.

Est-ce que vous vous êtes fait taper sur les doigts, ou est-ce que c'est votre ligne qui va s'imposer mercredi ? Est-ce que vous allez, oui ou non, censurer ? Les socialistes jouent frangeux, ils ont donné leur décision, et vous ?

0:40
Jean-Philippe Tanguy

Enfin, frangeux, c'est bien la première fois que les socialistes seraient perçus comme francs. Ah bah ils sont plus clairs que vous, hein ? Non, oui, non, pas pour se faire élire. Mais vous avez une drôle de conception quand même de la politique, M. Djamel, qui consisterait à dire soit, comment dire, on emporterait une ligne, soit on serait tapé sur les doigts. Non, moi, il se trouve que j'ai été responsable avec d'autres collègues du texte en commission finance. On a bien dû prendre une position, donc évidemment on a voté contre cette CMP. Je ne vais pas aller dire une heure après une position différente. Mais oui, moi je donne une position.

Le choix final, évidemment, il dépend d'un équilibre général. Il n'y a pas que des enjeux financiers dans un budget. C'est un positionnement général par rapport aux intérêts de la France, par exemple aux problématiques de fait de ne pas avoir de budget. Et tout ça, c'est une évidence. Et c'est ce que toujours on a dit avec le Rassemblement national.

1:28
Présentateur

François Bayrou, il a dégainé, si j'ose dire, 2,493. Ce qui veut donc dire que désormais les textes sont figés. On les connaît les textes. Vous le connaissez, le texte sorti sur le budget de l'État, sorti de la commission mixte paritaire. J'ai juste en fait du mal à comprendre.

1:40
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais déjà, ce n'est pas vrai en fait. Parce qu'il nous manque par exemple tous les éléments, les fondamentaux macroéconomiques. Il faut réviser la croissance, il faut réviser l'inflation, il faut réviser le chômage.

1:48
Présentateur

D'accord, mais sur les mesures, Jean-Philippe Tanguy, avec Michel Barnier, vous aviez le mérite de fixer des lignes rouges qui avaient pour le coup une forme de clarté. On pouvait les contester ou pas, mais elles existaient. Là, sur quoi vous allez vous déterminer mercredi ? Est-ce que c'est de la pusillanimité de votre part ? Est-ce que c'est une façon d'essayer de supplicier François Bayrou jusqu'au dernier moment pour ne pas lui donner votre position ? Sur quoi vous allez vous déterminer ?

2:11
Jean-Philippe Tanguy

Ah, mais ça a toujours été les mêmes éléments. Le problème des éléments, c'est déjà la tenue elle-même du déficit. Vous vous dites, oui, la dernière fois que vous aviez des lignes claires. Oui, mais la dernière fois, on a censuré le projet de loi de finances de la sécurité sociale. Nous n'avons pas eu de débat sur le projet de loi de finances. Donc, on ne pouvait pas nous demander un avis, le même avis pour un texte différent. Le niveau du déficit, l'autre fois, n'entrait pas dans la censure du projet de loi de finances de la sécurité sociale. Là, on avait un déficit à 5, qui est passé à 5,2, qui est passé à 5,4.

Je n'ai pas pu finir ma réflexion sur les fondamentaux économiques, mais si la croissance est révisée à la baisse, si l'inflation est révisée à la baisse, ce qui entraîne des baisses de TVA, et si le chômage est révisé à la hausse, ce qui entraîne des baisses de recettes pour l'État, évidemment, on va avoir un déficit qui va partir dans le décor à 5,8, à 6. C'est très important pour celles et ceux qui nous écoutent. Ce n'est pas un détail, et ce n'est pas une question de se positionner par rapport aux socialistes, à Villeneuve-Saint-Georges, ou je ne sais quelle alliance de gauche, qui était une arnaque électorale. C'est un sujet de fond.

3:03
Présentateur

Juste avant de donner la parole à Néla Latrousse et à Guillem-Tavar.

3:06
Jean-Philippe Tanguy

C'est très difficile aujourd'hui de parler de sujet de fond, parce qu'on est tous dans cette actualité. Non mais oui, M. Duhamel, par exemple, ça fait 4 mois, et pourtant je fais quand même pas mal de médias, que j'essaie de vous intéresser collectivement à l'article 4 sur l'avenir du nucléaire. C'est 20% de la production nucléaire française. Et on en parle, Jean-Philippe Tanguy. Une augmentation de prix, de coûts structurels de 10%. Il n'y a que la Rassemblement Nationale qui est en train de parler.

3:26
Présentateur

Si je puis me permettre, Jean-Philippe Tanguy, quand on a interrogé certains de vos collègues sur ce même article 4, qui seraient susceptibles de susciter la censure, ils écarquillaient les yeux en ne sachant pas tout à fait ce qu'il y avait dans cet article 4. Donc peut-être aussi que certains députés Rassemblement Nationale gagneraient à ce que vous leur passiez œuvre de pédagogie.

3:41
Jean-Philippe Tanguy

Je ne vois pas de qui vous parlez, mais pour nous ça se trouve que c'est très clair.

3:44
Présentateur

Pour être encore une fois très précis et essayer de faire avancer le débat, est-ce que la décision des socialistes de ne pas censurer influence votre choix, influencera la décision que vous prendrez mercredi ?

3:56
Jean-Philippe Tanguy

Non, pas du tout. D'ailleurs, ça n'a jamais été le cas. On prend une position par rapport à un texte. Il faut aller l'expliquer aux électeurs. Il faut aller l'expliquer aux Françaises et aux Français qui hésitent ou pas à voter pour nous. Ce n'est pas la question du Parti Socialiste. Les gens, d'ailleurs, je pense que ceux qui hésitent à voter pour nous n'étaient pas dupes des promesses du Parti Socialiste. D'ailleurs, moi, le lendemain, c'était d'ailleurs sur votre plateau des résultats des législatives anticipées, c'est une solution. J'avais dit que de toute façon, les socialistes trahiraient.

C'était une question de temps et que la clepsie aurait été inversement proportionnelle au rapprochement avec les municipales. J'ai toujours dit que plus les municipales se rapprochent, plus les socialistes trahiront. Là, ils ont trahi ? Bien sûr qu'ils ont trahi leur programme, évidemment. Et donc, ça veut dire que vous, si vous ne censurez pas, vous trahierez ? Ça n'a rien à voir. Eux, ils étaient dans une alliance électorale au sein du NFP avec les Insoumis. Bon, les Insoumis, on le tienne la ligne du programme commun du NFP. Les socialistes le trahissent. Ça n'a rien à voir avec le Rassemblement National.

Pas du tout cette espèce de quiriel de parti politique qui promettait bons et merveilles.

4:51
Présentateur

Et la La Trousse, vous comprenez la ligne du Rassemblement National ?

4:54
Intervenant

Pas totalement. Ce qui me perturbe d'autant plus, c'est que cet après-midi à l'Assemblée Nationale, lorsque l'on croisait des députés du Rassemblement National, de votre parti et de votre groupe, ils avaient un petit sourire en coin en disant « On attend de voir comment ça peut bouger d'ici à mercredi, d'ici, a priori, au moment où sera examinée la motion de censure, où seront examinées les motions de censure. » Ça veut dire que vous pensez encore à ce stade que d'ici mercredi, François Bayrou peut faire des annonces qui vont en votre sens, vraisemblablement pas sur les textes qui sont votés, puisque là, l'encre est sèche, mais sur d'autres volets du budget de la Sécurité sociale ?

5:33
Jean-Philippe Tanguy

Pas forcément à la Sécurité sociale, où c'est vrai que les victoires de Marine Le Pen ont été importantes.

5:37
Intervenant

Qu'est-ce que vous espérez d'ici mercredi ?

5:39
Jean-Philippe Tanguy

Le remboursement des médicaments, plus d'argent pour les soignants et pour les médecins. Bon, sur le projet de la Sécurité sociale, nos lignes ont été tenues.

5:48
Intervenant

Mais alors pourquoi est-ce qu'on nous disait qu'il peut y avoir des bougies jusqu'à mercredi ?

5:51
Jean-Philippe Tanguy

Un budget, c'est un équilibre général, il y a aussi un programme général. Qu'est-ce que va faire M. Bayrou ? On a l'impression qu'il n'y a que cette vague. Mais une fois que la vague du budget passait, qu'est-ce que va faire M. Bayrou pendant un an ? Quelle est sa ligne politique ? Quel texte il va choisir ? Qu'est-ce qu'on aura comme proposition de loi ? Est-ce que ça va être l'inertie ? C'est ça qu'on attend aussi derrière, parce que force est de constater que lors du discours de politique générale, M. Bayrou n'a rien annoncé de concret pour les grands chantiers de la France.

6:13
Intervenant

Vous attendez qu'il dise loi immigration ou pas loi immigration, par exemple ?

6:16
Jean-Philippe Tanguy

Tout à fait, vous avez raison. Par exemple, il y a la question d'une loi immigration. Nous, on espère qu'il y ait des annonces concrètes sur l'immigration, parce que M. Retailleau peut pérorer et annoncer beaucoup de choses. Concrètement, quels moyens législatifs il va avoir ? Par exemple, pour lutter contre l'immigration illégale, est-ce que oui ou non, le délit de séjour irrégulier supprimé par Horstrand va être rétabli un jour ou pas ? S'il n'est pas rétabli, on ne voit pas comment M. Retailleau peut mener sa politique.

6:38
Présentateur

Guillaume Tabard, je vous donne la parole dans un tout petit instant, mais juste Jean-Philippe Tanguy, puisque c'est d'ailleurs une question qui s'était régulièrement posée depuis que François Bayrou avait engagé des discussions avec les socialistes. L'un des faits politiques de la journée, c'est qu'à partir du moment où les socialistes décident de ne pas censurer le gouvernement, vous avez perdu votre pouvoir. Qui de nuisance ? Qui d'obtenir quoi que ce soit ? Puisque de toute façon, quelle que soit votre décision, le gouvernement ne tombera pas.

7:01
Jean-Philippe Tanguy

Non, on ne l'a pas perdu, parce que vous avez forcément un effet de parallélisme. C'est-à-dire que si le Rassemblement National n'est plus écouté, M. François Bayrou est totalement dans la main des socialistes. Est-ce que M. Retailleau peut gouverner en étant dans la main des socialistes sur l'immigration ? Non, d'ailleurs, j'ai écouté avant sur votre plateau, ils essaient de faire une motion sur les valeurs qui met directement en cause. LR et M. Retailleau et son action. Donc on voit bien que ce n'est pas aussi simple que ça, c'est trop facile. Mais vous n'avez plus la main, plus autant la main qu'avec Michel Barnier,

7:26
Présentateur

où il y avait des courriers en tête, siglés Matignon, qui s'adressaient directement à Marine Le Pen.

7:31
Jean-Philippe Tanguy

Là, il n'y en a plus. Mais excusez-moi, on ne fait pas de la politique pour avoir un courrier en tête de Matignon. Non, ça, ça fait l'actualité, c'est de bonne guerre. Ça se discute. Non, mais je comprends que ça fasse les grands titres, que ça vous intéresse. Ça n'intéresse pas beaucoup les gens, je suis désolé de vous le dire. Le Rassemblement National n'a jamais eu autant d'influence. On a avec nos alliés d'Eric Ciotti 140 députés. On fait idéologiquement l'appui et le beau temps. Tous les débats se tiennent sur nos lignes. Les polémiques qu'il y a, elles sont sur nos concepts. Je ne pense pas que le Rassemblement National a été choqué par des mots. Il vous appelle ? Des mots de M.

Bérou, mais tout le monde nous appelle. Il vous appelle ? Non, mais par exemple, est-ce qu'aujourd'hui, le débat français se porte sur des mesures de gauche, voire d'extrême gauche ? Non, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est ce qu'il vous appelle. La submersion migratoire, c'est un concept qui vient d'aujourd'hui.

8:11
Intervenant

Michel Barnier, il y a deux mois, jour pour jour, avait appelé Marine Le Pen pour dire « Voilà ce sur quoi je peux céder, voilà ce sur quoi je ne peux pas céder. » Mais c'est au cours de cet échange qu'elle avait fait savoir qu'elle votera la censure. Est-ce que François Bayrou et Marine Le Pen se parlent ?

8:24
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais ce n'est pas à moi de révéler des échanges. Moi, tout ce que je peux vous dire, c'est que sur les sujets qui me sont liés, moi, les sujets économiques et financiers, j'ai eu constamment des rendez-vous et des échanges avec les ministres et leurs équipes, y compris les équipes de Matignon dédiées sur ce sujet-là, ce qui n'était pas eu tout le cas avec M. Barnier, où j'avais eu un vague rendez-vous au tout début de son mandat, et une semaine avant la fin, et que ce n'était pas très florissant. Là, on a des échanges en permanence, c'est très différent. Mais je veux dire, une hirandelle ne fait pas le printemps. Le sujet, c'est politiquement.

Le centre de gravité, il est évidemment chez nous. Tout le monde nous court après. M. Bérou nous court après. Je ne le vois pas courir derrière les déclarations de M. Coquerel.

8:58
Intervenant

Guillaume Tabard. Alors là, vous venez d'ajouter la question de l'immigration dans les critères de décision. Au début, vous disiez qu'il fallait, au contraire, s'intéresser au fond du débat budgétaire. Si je vous ai bien entendu, dès le début, vous disiez qu'en gros, compte tenu de la croissance qui n'était plus là, etc., les prévisions, notamment de déficit, vont être encore plus catastrophiques que prévues.

Or, quelques secondes plus tard, pour nous citer des exemples de ce que Marine Le Pen avait obtenu dans ses premières négociations, notamment avec Michel Barnier, vous avez cité trois exemples, la rénaxation des retraites, la fin des remboursements des médicaments, et le troisième point, des dépenses supplémentaires, j'ai cru dans quel point ? Pour les soignants. Pour les soignants, voilà, bon, qui sont trois exemples, soit de dépenses supplémentaires de l'État, soit de rentrée en moins. Donc, trois exemples qui contribuent à alourdir un peu plus le déficit. Donc, si vous êtes attaché à ce que le budget réduise les déficits, pourquoi rajoutez-vous des dépenses ?

Pourquoi supprimez-vous des recettes ? Et pourquoi ne proposez-vous pas des économies plus tangibles sur le fonctionnement de l'État ou sur les dépenses sociales, qui sont quand même, aujourd'hui, celles qui grèvent le plus, les finances publiques ?

10:00
Jean-Philippe Tanguy

On en a proposé beaucoup, notamment les nouvelles mesures d'économie que M. Bérou a faites par rapport à M. Barnier, même si il n'y en a pas beaucoup, c'est 3 milliards sur les opérateurs. C'est exactement ce qu'on avait proposé dans nos lignes rouges. Donc, cette ligne aussi, elle a été adoptée. Moi, je vois, par exemple, sur les collectivités territoriales, nous avons voté en commission mixte paritaire à la demande des socialistes, parce que c'est ça qu'ils ont négocié, en fait, c'est pas les enseignants, c'est de l'argent pour leur campagne municipale. C'est 3 milliards d'euros, vous pouvez demander aux témoins qui étaient là, seul le RN s'est opposé à toutes ces nouvelles dépenses.

Et c'est beaucoup plus que les retraites, en l'occurrence, à la fin. Et c'est aussi encore des impôts pour les entreprises. Est-ce que c'est des lignes rouges, ça ? Non, là, vous avez raison. Moi, je suis de bonne foi. Ah ! Je suis de bonne foi. Décidément ! Non, mais écoutez, franchement, je viens souvent chez vous, je veux bien tout, mais s'il m'aurait invité, c'est que, visiblement, je réponds aux questions. Il y avait des choses très simples à combattre politiquement, avec M. Barnier, qui avait, c'est vrai, mis des chiffons rouges, bon, politiquement, très peu habiles. M. Bérou, j'ai toujours dit, c'est un renard.

Il est très malin, il a réussi à proposer cette espèce de budget ectoplasmique que vous-même, d'ailleurs, moi, je regarde vos émissions et d'autres, vous avez beaucoup de mal à caractériser. Quand vous présentez le budget...

11:07
Présentateur

On ne peut pas aller à la touche et Guillaume Tabard.

11:08
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais pas du tout. Quand vous présentez le budget de M. Bérou, vous avez du mal à le caractériser, à donner une ou deux mesures. Si vous vous demandez, c'est quoi la marque de fabrique du budget Bérou, vous serez bien en peine de le caractériser. Pourtant, à la fin, l'équivalent de la Cour des comptes, le Haut Conseil des Finances Publiques, nous dit que pour un euro économisé, il y a neuf euros d'impôts.

11:26
Présentateur

Mais il n'y a plus, Jean-Philippe Tanguy, de lignes rouges vous concernant dans ce budget.

11:32
Jean-Philippe Tanguy

Parce que Marine Le Pen a réussi à remporter l'ensemble de ces lignes rouges et M. Bérou a été suffisamment malin, il faut le reconnaître, pour ne pas créer d'aspérité. Donc pas de censure, alors ? La conclusion de ça, c'est pas de censure ? Non, mais parce que je vous dis, il reste. Est-ce que ce budget est tenable ou tenu ? Ça fait deux ans que le gouvernement ment au français et nous met dans des situations catastrophiques. Qu'est-ce qu'on fait avec le nucléaire ? Écoutez, toute la journée, on parle des plans sociaux, on parle des entreprises qui tirent la langue. Le premier coup aujourd'hui, c'est quoi ?

Comme le dit le patron de Michelin, comme le dit le patron d'Arcelor, comme le dit les patrons de la chimie française, c'est le coût de l'énergie. Donc ça devrait agiter le débat politique. À part le Rassemblement National, personne ne demande de protéger le coût de l'énergie. C'est quand même incroyable, considérable. Même le patronat ne dit rien là-dessus, ce qui est quand même très inquiétant.

12:13
Présentateur

Vous nous redites aujourd'hui, 19h27, sur BFM TV, qu'à titre personnel, vous penchez vers la censure.

12:18
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais moi j'ai dit ce que j'avais à dire à Jordan Bardella. C'est ridicule de changer d'avis. D'ailleurs, c'est pour ça que ni Marine Le Pen, ni Jordan Bardella ne m'ont fait le moindre reproche.

12:28
Présentateur

Vous suivrez la discipline ?

12:31
Jean-Philippe Tanguy

Oui, bien sûr. Moi, si vous voulez, je fais une analyse. J'apporte ma pierre à l'édifice. Il est normal que ce soit Marine Le Pen, Jordan Bardella, qui prennent en tant que chef l'ensemble des critères et qui donnent une position commune. Tout ça est parfaitement normal.

12:44
Intervenant

Et donc, oui, lorsque Marine Le Pen et Jordan Bardella prendront leur décision, les 125 députés RN voteront dans ce sens-là. Il n'y a pas le risque que certains députés votent la censure, même si le parti ne veut pas, ou inversement.

12:58
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce qu'on fait confiance, évidemment, à Marine Le Pen, à Jordan Bardella. Mais si vous voulez, on ne peut pas toujours nous dire qu'il n'y a pas de débat au Rassemblement National. Et quand on donne une opinion, en plus, bon, en l'occurrence, ils m'ont missionné pour donner cette opinion. Ah bon ? Bien sûr. Je suis représentant du RN à la commission finance. Je suis représentant à la commission mixte paritaire. J'ai reçu des mandats de négociation avec Matignon et Bercy. Ça ne sert à rien d'avoir un double discours, surtout que ce n'est quand même pas le genre de la maison.

13:23
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, deux questions d'actualité pour terminer. La première, sur les droits de douane décidés par Donald Trump, des produits européens qui seront, je cite, très bientôt visés par des mesures tarifaires, dit le président des États-Unis. Emmanuel Macron dit que si c'est le cas, l'Europe devra se faire respecter. Est-ce qu'il a raison, Emmanuel Macron, de menacer d'une riposte, si d'aventure les plans de Donald Trump se confirmaient en termes de mesures guénières ?

13:43
Jean-Philippe Tanguy

Vous savez, moi, je rêve que la France et les pays européens qui ont un peu de dignité se fassent respecter. Moi, j'en rêve matin, midi et soir, en tant que gaulliste. Moi, je ne demande que ça. Moi, je n'ai jamais été Atlantis. Je ne me suis jamais aligné sur les États-Unis, que ce soit M. Biden ou M. Obama ou M. Trump. Les États-Unis défendent les intérêts américains. La Russie défend les intérêts russes. La Chine défend les intérêts chinois. Point barre. Je ne pense pas que la Commission européenne défend les intérêts américains. Donc, Emmanuel Macron a raison quand il dit... Oui, mais sur les mots, tout ça est très bien. Mais qu'est-ce qu'il va faire après ? Je ne crois pas grand-chose.

Quand on voit que sur le Mercosur, il n'est même pas capable de faire la politique de la chaise vide ou du chèque vide pour se faire respecter, je ne vois pas trop... Si vous voulez, ça n'arrive pas à se faire respecter de l'Allemagne. Je ne vois pas trop comment on va se faire respecter de M. Trump.

14:23
Présentateur

Autre question, Jean-Philippe Tanguy, pour terminer. Je voudrais vous entendre sur les mots du président algérien Abdel-Majid Tebboune dans les colonnes de l'Opinion, qui répond à Marine Le Pen, qui souhaitait utiliser, concernant les ressortissants algériens, la méthode Trump. Je rappelle, Donald Trump, qui avait forcé la main du président colombien pour expulser des ressortissants. Voilà ce que dit le président algérien. Je m'interroge sur la manière dont Mme Le Pen va s'y prendre. Si elle parvient au pouvoir, veut-elle une nouvelle rafle du Veldiv et parquer tous les Algériens avant de les déporter ? Voilà les propos du président algérien. Qu'est-ce que vous répondez au président ?

14:57
Jean-Philippe Tanguy

Je vois que le président algérien considère déjà que Marine Le Pen est présidente de la République, puisqu'elle lui répond à elle et pas à M. Macron.

15:04
Présentateur

Il répond aussi à Emmanuel Macron ?

15:05
Jean-Philippe Tanguy

Pas beaucoup, il répond surtout à Marine Le Pen. Mais c'est tellement excessif, c'est insignifiant. Et ceci dit, ça dit tout du régime algérien qui vit aussi, il faut bien le dire, sur le relativisme et parfois flirt avec l'antisémitisme d'État. C'est-à-dire qu'utiliser la mémoire et le souvenir de la Shoah et de la collaboration française pour parler juste de l'application du droit international, puisque je rappelle, M. Tebboune d'ailleurs n'oppose pas ça à M. Trump quand lui veut expulser 700 Algériens en Algérie.

15:37
Présentateur

Il dit qu'il n'y a pas la même histoire entre les États-Unis et l'Algérie, la France et l'Algérie, et il dit par ailleurs Donald Trump plus de moyens légaux.

15:43
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais nous aussi on utilise les moyens légaux. C'est l'Algérie qui ne respecte pas le droit international. Les Français ne sont pas dupes, mais évidemment, les Français d'origine algérienne ou même les Algériens qui résident en France ne sont pas dupes aussi du régime algérien parce que s'ils ont fui ces espèces de vieux gérontes incompétents qui captent la rente gazière depuis des années...

15:59
Présentateur

Le vieux gérontes incompétents, c'est M. Tebboune ?

16:00
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est lui, mais il n'est pas tout seul. Il y a une petite clique à la tête de l'État algérien. Donc si autant d'Algériens fuient un régime qui pourrait être là, comme dit Marine, l'Algérie ça pourrait être la Norvège de la Méditerranée avec les ressources gazières qu'ils ont. L'Algérie pourrait être un pays très riche et le peuple algérien d'ailleurs a manifesté son opposition à ce régime par les grandes manifestations démocratiques et populaires qu'il y a eu. La seule réponse de ce régime, ça a été comme toujours la violence et la dictature.

16:24
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy d'avoir été l'invité tout le monde au Savoir. Merci Guillaume Tabard, Néla Latrousse. Si je dois résumer sur la position du Rassemblement National, on attend mercredi, c'est ça ? Et peut-être qu'à ce moment-là, on aura une réponse claire.

16:35
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais c'est toujours pareil avec vous, vous êtes tellement impatients.

16:37
Présentateur

Voilà.