Yannick Jadot : "Il faut changer le code électoral, on est dans une situation absolument exceptionnelle"
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé pour cette édition spéciale du 7-9, nous recevons maintenant un eurodéputé écologiste, Yannick Jadot. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro, vous serez le seul invité, ce sera comme ça tous les jours, le seul invité à être en direct dans le studio de France Inter.
En revanche, on aura des téléphones, Nicolas.
Vous parlez de la présence dans le studio, c'est vrai que ça devient maintenant quelque chose d'étonnant. On va tirer avec vous, Yannick Jadot, les enseignements du premier tour, mais d'abord, demandez-vous, à l'heure où vous allez parler, demandez-vous solennellement ce matin au Président de la République de reporter le second tour de l'élection.
Je l'ai fait dès hier soir. Le Président de la République et le Premier ministre doivent convoquer une réunion, réunir les chefs des partis politiques, parce qu'il faut que ça se fasse en transparence, il faut que ça se fasse dans la concorde nationale, et pour ma part, très clairement, reporter le second tour, parce qu'on voit les messages extrêmement inquiets de tous nos spécialistes de la santé, nous dire qu'il va falloir se confiner davantage, des mesures plus drastiques, donc on ne voit pas comment la campagne de second tour peut s'organiser correctement, avec le risque d'une abstention extrêmement élevée au second tour.
En revanche, le premier tour a eu lieu, des milliers de bénévoles, d'agents territoriaux se sont organisés, ont organisé nos bureaux de vote, les électeurs, les électrices se sont déplacés en responsabilité, en respectant les mesures de sécurité sanitaire, il serait, dans ce contexte absolument exceptionnel, il serait irresponsable d'annuler ce premier tour.
Mais Yannick Jadot, c'est bien là que le bas blesse, puisque le code électoral ne prévoit pas cela, en gros le code électoral, et Aël Gauze l'expliquait il y a quelques minutes, dit soit on annule l'élection et on refait les deux tours dans deux mois, dans trois mois, dans un an, soit il faut changer le code électoral.
Il faut changer le code électoral, et on est dans une situation absolument exceptionnelle. Vous savez que les écologistes, dès jeudi, quand il y a eu la rumeur du report du premier tour, nous avions dit que la santé primait sur toute autre considération, y compris le calendrier électoral. Le chef de l'État a fait ce choix de maintenir le premier tour. Les Français en responsabilité, un Français sur deux quasiment, s'est déplacé dans des conditions exceptionnelles. Revenir sur ce premier tour serait quand même, au fond, un mépris du message qui a été envoyé aux Français.
Donc changeons la loi électorale pour valider ce premier tour dans des situations aussi difficiles, mais avec tellement de courage, de responsabilité des Français et de tous ceux qui ont participé. En revanche, reportons le second tour. Et si le gouvernement ne veut pas changer le code électoral ? Écoutez, là, c'est pas, malheureusement, pas encore les écologistes qui gouvernent ce pays.
Julien Bayou demandait hier que l'exécutif rende public les avis du conseil scientifique sur lequel l'exécutif s'est basé pour autoriser le premier tour. Est-ce que vous le demandez aussi ce matin ?
Il faut la plus complète transparence. Notre pays est inquiet. Les Français voient les messages de responsabilité se succéder les uns aux autres. Il y a forcément dans ces situations-là parfois un peu de confusion, des messages qui peuvent être contradictoires depuis l'État. Mais tous les messages du secteur de la médecine, tous les spécialistes, tous nous disent que c'est extrêmement inquiétant la situation dans laquelle nous sommes et dans les prochains jours.
Et donc, pour assurer la concorde nationale, pour que chacun prenne ses responsabilités individuellement, collectivement, que nous prenions soin de nous, de nos proches et des autres avec responsabilité, il faut que l'information sanitaire, l'information scientifique soit transparente, que tout le monde adhère aux mesures de confinement qui vont probablement être proposées.
Le problème, c'est que c'est là où le bas blesse, c'est que les scientifiques ne disent pas tous la même chose manifestement. C'est-à-dire que vous avez le conseil scientifique autour d'Emmanuel Macron qui a manifestement, si on en croit le président et on n'a aucune raison de ne pas le croire, a dit qu'on pouvait tenir ce premier tour. Et vous avez immédiatement après d'autres scientifiques, d'autres médecins qui ont dit que c'est une folie de faire ce premier tour. Donc il n'y a pas un seul avis de médecins ou scientifiques, eux-mêmes n'ont pas le même avis et parfois changent.
Vous avez raison, vous avez raison, mais je crois que, si je comprends bien, l'avis du conseil scientifique sur le premier tour s'est porté sur les conditions d'organisation du scrutin. Et on a vu que dans les bureaux de vote, ça avait été extrêmement sérieux que les électeurs, les électrices respectaient les distances, respectaient, il y avait du gel hydroalcoolique, tout le monde était sérieux. Mais on est aussi dans un contexte. Ce n'est pas simplement l'organisation du scrutin lui-même.
Quand, finalement, le Premier ministre, le samedi soir, dit toutes les personnes vulnérables doivent rester chez elles, notamment les malades ou les plus anciens, qu'il ne faut plus se regrouper, mais qu'on tient quand même le premier tour, vous voyez qu'il y a le contexte et il y a l'organisation proprement dite du scrutin. Et donc, aujourd'hui, si on a des annonces sur des confinements beaucoup plus drastiques en responsabilité, on ne peut même pas organiser une campagne électorale de second tour. À un moment donné, il faut quand même qu'on raconte quelque chose aux Français sur les perspectives de second tour. Et là, ça devient extrêmement...
Vous pensez qu'on va aller, de toute façon, vers des confinements plus importants ?
Écoutez, c'est ce que font nos pays voisins. Est-ce qu'il le faut ? C'est ce que font nos pays voisins. Moi, je n'ai pas d'avis scientifique sur la question. Mais quand je vois ce qui s'est passé en Italie, ce qui se passe en Espagne, en Autriche, la logique veut que si on veut éviter des centaines, des milliers de morts, il faut en arriver là en responsabilité.
La droite et le Rassemblement National, Yannick Jadot, demandent la fermeture des frontières. Et vous ? On n'en est pas...
Enfin, moi, je crois que les mesures de confinement...
Si, on en est là. Il y a des mesures qui ont été prises entre la France et l'Allemagne.
Je sais, je sais. Moi, je regrette toujours que la réflexion se fasse sur les frontières nationales et pas sur les clusters ou les zones à risque. On a des logiques de confinement sur des villes, sur des régions. Ça ne doit pas devenir un sujet d'instrumentalisation politique autour de la frontière. Seul l'avis scientifique doit porter le confinement. Il se fait autour des zones à risque. Il ne se fait pas sur des frontières nationales. Parce que là, au fond, ce serait un autre virus qui s'emparerait de la politique. Ce serait le virus nationaliste. Et de dire au fond, la menace, c'est l'étranger. On voit bien que le virus est autant chez nous qu'en Allemagne.
Donc, travaillons avec intelligence.
Yannick Jadot, dernière, toute dernière question avant de vous laisser tirer les bilans du premier tour. Est-ce que vous avez été consulté, vous, par le président de la République ces derniers jours ?
Non, je n'ai pas été consulté moi-même. Mais le Premier ministre a reçu les partis politiques, nous le savons, jeudi. Il a dit qu'il n'était pas question de reporter le second tour. Que, au fond, parfois l'enjeu économique devait primer sur l'enjeu sanitaire. Puisque l'idée, c'était d'éviter un choc économique trop profond. D'où la non-fermeture des restaurants, des bars. Donc, on est dans cette situation-là. Moi, ce que je souhaite, c'est que le président de la République se coordonne avec la représentation nationale, se coordonne avec les chefs des forces politiques, pour qu'encore une fois, notre pays ne se divise pas. On a vu quelques calculs partisans.
commencer à venir dans cette responsabilité qui doit être nationale. On a vu, parfois, la polémique s'inviter. Ce n'est pas responsable.
Alors, les enseignements du premier tour. D'abord, Yannick Jadot avec 55% d'abstention. Que vaut-il, précisément, ce premier tour ? Que valent ces résultats ?
Ils valent ce que près d'un Français sur deux s'est déplacé. On a une baisse, évidemment, anormale du taux de participation pour une élection extrêmement importante. Celle des maires qui décident de notre déplacement, de l'accès à des services publics de qualité, d'une partie de relocalisation de l'économie, des EHPAD, de la question de la propreté dans nos écoles. Tout ça, ce sont les mairies. Donc, ce sont des responsabilités extrêmement importantes. Donc, on a une participation qui n'est pas nulle, y compris, on a une participation équivalente aux européennes, finalement.
Mais, encore une fois, moi, ce que je vois dans ce premier tour aussi, c'est que, malgré l'épidémie de coronavirus, malgré des circonstances exceptionnelles, le débat s'est fait dans les municipales autour d'un agenda positif. On n'a pas parlé des thèmes du Front National. On a parlé des thèmes de qualité de vie, de relocalisation, de contrôle de nos vies, de maîtrise de nos vies. Et c'est ça, c'est la bonne nouvelle.
Quel bilan tirez-vous des résultats de votre score, de votre famille politique, de celui de vos alliés traditionnels ? Yannick Jadot, notamment le Parti Socialiste, et les résultats de la majorité. On a tout regroupé pour essayer d'aller plus vite.
Je laisserai vos invités socialistes ou de la majorité commenter leurs propres résultats. Moi, ce que je vois, c'est que l'écologie n'est plus une force d'appoint, c'est une force crédible, c'est une force de gouvernement, ça n'est plus une force de témoignage, c'est une force de solution. Et c'est vrai que les très bons résultats, malgré une abstention qui nous pénalise, puisque on compte beaucoup sur les jeunes, et clairement, ils se sont beaucoup abstenus. On a de très bons résultats à Strasbourg, à Besançon, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse. On a d'excellents résultats, le double de ce qu'on faisait il y a 6 ans, à Nantes, à Rennes, à Lille.
Donc on a de très bons résultats, à nous d'organiser le rassemblement très large autour de l'écologie pour devenir majorité.
Alors c'est vrai qu'il y a de très bons résultats ce matin pour vous, vous l'avez cité, à Bordeaux, Lyon, Strasbourg, il y a aussi des déceptions. À Paris, vous, à ce micro, il y a quelques semaines, vous disiez, le prochain maire sera Europe Écologie Les Verts, il ne fait que 10,7% face à une Anne Hidalgo, à 30, très très haut. À Nantes, à Rouen, à Marseille, où le PS et les listes du nom de gauche sont devant vous, alors que vous espériez être devant le Parti Socialiste, à Lille également, vous espériez faire une percée.
Est-ce que ça ne vous repose pas à la question de la stratégie solitaire que vous avez assumée parfois, là où vous voyez, vous espériez doubler le PS et le PS reste très fort, notamment chez les maires sortants ?
Les maires sortants restent très forts. Je pense qu'on est effectivement, y compris dans une période d'inquiétude où les maires qui sont en responsabilité, y compris face à la pandémie, ont été confirmées, souvent par les électeurs. Mais tous les succès ou les très bons scores de premier tour que nous faisons sont aussi des scores de rassemblement. Donc, que ce soit à Toulouse, que ce soit à Besançon, que ce soit à Strasbourg ou ailleurs, on a toujours rassemblé. Donc, on est dans cette situation où, aujourd'hui, la responsabilité de l'écologie politique, c'est de fédérer les Français autour d'un agenda positif.
Le président de la République a rappelé, ou a, pour la première fois, s'est exprimé très fortement sur l'état-provisance, sur le fait qu'il fallait un autre modèle de développement. Mais, vous le savez, les écologistes, on n'a jamais considéré que les premiers de cordée allaient sauver la planète et l'hôpital public. On n'a pas attendu les crises sanitaires ou financières pour porter un modèle de développement plus solidaire, en respect avec la nature. C'est notre force et je crois que c'est notre responsabilité pour les semaines, les mois et les années qui viennent. Un micro-mot pour finir, Léa ?
Micro-question avant de vous libérer. David Béliard va-t-il se désister pour Anne Hidalgo ?
Mais on va voir ce que va décider le gouvernement par rapport au report. Moi, ce que je demande, c'est que le gouvernement n'attende pas l'échéance du dépôt des listes pour annoncer le maintien ou pas du second tour. Il faut qu'il y ait aussi là un respect de la démocratie. On a fait un premier tour en responsabilité. Le second tour ne doit pas être manipulé ou altéré par l'indécision du gouvernement.
Yannick Jadot, eurodéputé, écologiste. Merci d'avoir été au micro de France Inter. Il est 8h36. France Inter. Léa Salamé. Nicolas Demorand. Le 7-9. Et cette édition spéciale se poursuit maintenant avec Damien Abad. Bonjour. Bonjour. Vous êtes le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, député de l'Ain. Même question qu'à Yannick Jadot, Damien Abad. Demandez-vous ce matin au président de la République de reporter le second tour de l'élection municipale ?
Écoutez, je crois que le report du second tour nous semble plus prudent et plus responsable compte tenu de la situation dans laquelle nous sommes. Ce que nous voulons, c'est que cette décision soit le fruit d'un consensus politique. Ce que nous voulons surtout, c'est qu'elle repose sur des bases scientifiques et que donc le comité scientifique puisse donner son avis. Et surtout que cette décision se tranche rapidement pour que le second tour ou en tout cas le report puisse s'organiser dans les meilleures conditions.
Et puis, nous voulons également que les résultats du premier tour soient comptabilisés par respect pour toutes les électrices et électrières qui se sont déplacées, par celles et ceux qui ont tenu des bureaux de vote, mais aussi par respect pour la démocratie locale. Damien Abad, on dit depuis plusieurs jours que plusieurs ténors de votre parti, Gérard Larcher, Christian Jacob, François Barouin, ont fait pression sur le président pour qu'ils maintiennent le premier tour. Est-ce que c'est vrai ? Écoutez, honnêtement, ce genre de choses, c'est un faux procès et je vais vous dire pourquoi. Le jeudi, il y a eu une réunion le matin à Matignon avec l'ensemble des forces politiques présentes.
À aucun moment, aucun moment, le premier ministre n'a posé la question de savoir s'il fallait ou non maintenir les élections municipales. Il y a même eu une discussion sur les modalités de tenue de ces élections. Et donc, Gérard Larcher, comme d'autres, ont appris par voix de presse et par rumeur l'après-midi qu'il y aurait éventuellement une annulation, un report des élections. Par conséquent, il y a eu une incompréhension qui s'est faite. Et c'est cette incompréhension qui a suscité ce climat de tension.
Et donc, aujourd'hui, la deuxième chose, c'est que ni Gérard Larcher ni personne n'était au courant des mesures de fermeture des écoles, des collèges ou encore plus tard des cafés ou des commerces. Et donc, je crois qu'il ne faut pas tomber dans la politique politicienne, pas de fausse polémique à un moment où tout le monde a besoin de hauteur par rapport à la gravité de la situation sanitaire.
Damien Abad, faut-il aller plus loin dans les mesures de confinement et fermer les frontières ?
Je crois qu'il fallait fermer les frontières depuis le début. Malheureusement, c'est une chose qui n'a pas été faite, qui a été faite de manière unilatérale par les autres pays. J'aurais préféré, d'ailleurs, qu'il y ait une harmonisation européenne sur le sujet, que tout le monde puisse se mettre d'accord. On voit bien, malheureusement, aujourd'hui, qu'il y a encore des conséquences de cela. Je discutais hier avec une élue de Haute-Savoie qui me disait qu'il y avait, par exemple, beaucoup de personnes italiennes qui venaient dans les supermarchés et autres. Donc, je crois que la question, d'abord, elle est européenne. Moi, je souhaitais qu'on ait une harmonisation européenne.
S'il n'y a pas d'harmonisation européenne, il fallait alors, effectivement, prendre des mesures nationales. La question britannique, par exemple, va se poser très rapidement également. Mais au-delà de la fermeture des frontières, qui aujourd'hui est un sujet de moindre importance compte tenu du fait que le virus circule déjà dans notre pays, il faut surtout les mesures de confinement nécessaires. C'est ce qu'a fait déjà le gouvernement en partie. Très rapidement, Damien Abad, deux, trois réactions sur les enseignements de ce premier tour. Beaucoup de vos maires ont été réélus ou sont en très bonne position, les maires sortants. Il y a des déceptions à Bordeaux quand même.
Bordeaux, grand fief de la droite, contre-performance pour l'héritier d'Alain Juppé. Nicolas Florian est à touche-touche avec le candidat vert. Et puis à Paris, on disait Rachida Dati en tête dans tous les sondages ces derniers jours, finalement, elle est très largement distanciée par Anne Hidalgo qui est en tête avec 8 points de plus. Est-ce que vous êtes déçu dans ces deux cas-là ? À Bordeaux, nous sommes légèrement à tête. À Paris, nous sommes deuxième, donc qualifiés et en possibilité d'être challenger. Bien sûr que c'est toujours une déception quand vous n'êtes pas largement en tête.
Mais ce que je constate, c'est que d'abord qu'un, il y a une prime aux sortants fortes et notamment pour les candidats de droite que sur la plupart des villes moyennes et y compris certaines grandes villes nous maintenons voire même confortons nos positions. Enfin, il y a la question sur laquelle nous sommes deuxième mais deuxième distancée néanmoins. Si le deuxième tour a lieu et on verra dans quelles conditions et dans quel délai, il faudra effectivement rassembler nos forces. Aujourd'hui, vous savez, la seule victoire qui nous intéresse c'est celle qui nous permettra de vaincre le Covid-19.
Rassembler vos forces, vous dites, à Paris et à Lyon, est-ce-à-dire que vous demandez des alliances avec Agnès Buzyn pour Paris et avec Gérard Collomb à Lyon ? Vous espérez des alliances ? Non, je crois que d'abord notre stratégie depuis le début est celle de la clarté et pas celle de la confusion. Ensuite, on constate que La République En Marche s'effondre partout dans les territoires. Il y a même des endroits comme à Reims où elle est à 3%. Et enfin, je crois que les électeurs ne veulent pas de tambouilles politiciennes d'entre-deux-tours mais un projet clair.
Simplement, il faut créer une dynamique qui permet ensuite de pouvoir gagner tel ou tel arrondissement sur Paris et Lyon et faire basculer la ville.
Damien Abad, merci d'avoir été au micro de France Inter. Ce matin, je rappelle que vous êtes le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. 8h41, nous sommes maintenant en ligne avec Nicolas Bay. Bonjour. Bonjour. Je rappelle que vous êtes député européen Rassemblement National. Hier, Marine Le Pen a demandé le retour du second tour des municipales. Dites-nous, selon vous, Nicolas Bay, s'il faut tout réorganiser, les deux tours ou considérer comme acquis les résultats du premier et ne voter qu'au second ?
Je crois que d'abord, il y a un constat. C'est qu'on ne peut pas décemment envisager un second tour et une campagne d'entre deux tours. On sait qu'il y aura probablement des mesures de confinement encore plus drastiques qui vont être mises en œuvre dans les prochaines heures ou les prochains jours. Dans ces conditions, il est tout à fait déraisonnable d'envisager un second tour. Et d'ailleurs, ça pose la question quand même de la cohérence d'avoir organisé un premier tour le dimanche alors que le samedi, on a fermé les cafés et les restaurants et demandé aux Français de rester chez eux et notamment les plus anciens de rester totalement à leur domicile, confinés.
Donc évidemment, je crois qu'il y a une nécessité de cohérence politique. Maintenant, s'agissant du scrutin, là où l'élection a été acquise au premier tour, ceux qui sont élus, majorité et opposition, sont élus. Donc il n'y a aucune raison de remettre en cause l'élection même si c'est vrai qu'il y a une sorte de fragilité de légitimité démocratique lié au fait qu'on est à 20 points de moins de participation par rapport aux municipales précédentes et avec une participation historiquement basse en dessous de la barre des 50%. S'agissant, dans l'hypothèse d'un report du second tour, eh bien à ce moment-là, évidemment, il faudra en réalité refaire l'ensemble de l'élection.
Je pense que juridiquement, il est impossible de valider et de figer en quelque sorte les résultats du premier tour et de tenir un second tour plusieurs semaines ou plusieurs mois après. Pardon, mais vous dites le contraire de ce qu'a dit Marine Le Pen hier soir. Elle a dit qu'il faut considérer les résultats du premier tour comme acquis. Oui, s'agissant de ceux qui ont été élus au premier tour. Ah, donc vous voulez... Pardon, vous voulez... Donc vous voulez... Attendez, c'est pas très clair. C'est-à-dire que vous voulez ceux qui ont été élus au premier tour, on les garde, sinon on réorganise un premier tour pour les autres.
Enfin, c'est soit on refait des élections, soit on essaye de dire qu'on gèle les résultats du premier tour, tous les résultats du premier tour et on organise un second. Pas du tout, il y a un aspect juridique. Ceux qui ont été élus, ils le sont effectivement. Voilà. Là où l'élection n'est pas acquise, c'est-à-dire là où il y a un second tour, on ne peut pas avoir un second tour qui a lieu des semaines ou des mois après le premier tour. Donc on est obligé de refaire l'ensemble du processus électoral. Je me conforme quand je dis ça à la fois à la Constitution et au règne du droit électoral.
Mais en revanche, là où l'élection a été acquise au premier tour, c'est-à-dire que l'ensemble du conseil municipal a été élu, et bien à ce moment-là, il n'y a pas de raison de remettre en cause cette situation.
Nicolas B, les résultats du premier tour quand on s'y penche encore, on voit un gros score pour Louis Alliot à Perpignan, on voit plusieurs de vos maires réélus au premier tour et puis il y a des déceptions comme Sébastien Chenieux à Denain ou Philippe Olivier à Calais. Comment expliquez-vous ces résultats-là, ces deux résultats-là ?
D'abord, on voit quand même que la quasi-totalité de nos maires ont été réélus et pour certains très brillamment dès le premier tour, ça montre quand même une solidité, une implantation du Rassemblement national. Il y a aussi de très bons résultats, celui de Louis Alliot a été particulièrement visible parce que particulièrement attendu et donc des perspectives de victoire au second tour même si on ne sait pas quand ce second tour aura lieu. Maintenant, ailleurs, il y a des endroits où on a obtenu de très bons résultats.
Vous citez Denain et Sébastien Chenieux, c'est à qui il n'a pas gagné, mais enfin il a obtenu plus de 30% des voix, c'est quand même loin d'être négligeable et puis il y a aussi c'est vrai des endroits où on a pâti sans doute de la faible participation. Un certain nombre de nos électeurs ne se sont pas rendus aux urnes et on peut le comprendre d'ailleurs. Est-ce que vous pensez à Marseille notamment ? Marseille, vous espériez une vraie dynamique ? Finalement, votre candidat arrive loin derrière la candidate de l'Union de la Gauche et celle des Républicains. Est-ce que vous êtes déçu à Marseille ?
Non, la situation est en réalité assez tendue à Marseille où tout le monde est quasiment en métier. il n'est pas loin derrière puisque Martine Vasselle a 22,5, l'Union de la Gauche 22 et Stéphane Ravier 20. Donc ils ont été très proches et Stéphane Ravier est très largement en tête dans le 7ème secteur des arrondissements 13 et 14 dont il était le maire.
Merci Nicolas Bé d'avoir été rapidement au micro d'Inter ce matin. Je rappelle que vous êtes député européen Rassemblement National.
Yannick Jadot