Face à Face : Gabriel Attal - 28/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h30 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Apolline de Malherbe.
Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le Premier ministre bien sûr et c'est dimanche, le premier tour des élections législatives. Tous les sondages donnent désormais le RN en tête et deux donnent même le RN avec une majorité absolue. Avant de vous poser un certain nombre de questions, je voudrais que vous écoutiez un témoignage. Il m'a été livré ce matin sur RMC par une auditrice. Elle s'appelle Alexandra. Elle vit à Lille et pour la première fois, elle a voté RN. Elle a voté RN aux Européennes et elle s'apprête à voter à nouveau RN. Jérémy Goulay-Coutier. Et que vous me disiez ce que vous pouvez encore peut-être lui dire.
Je me suis fait agresser deux fois sur le lieu de travail. À un moment donné, on se lève pour aller bosser, on paye des impôts, on paye tout. Et Macron n'est même pas capable de préserver notre sécurité quand même. Franchement, ça me fait mal. J'ai toujours été de gauche. Je ne me reconnais plus d'assez de gauche. Et j'ai toujours été... Et là, honnêtement, j'en ai presque chialé de voter RN.
Et elle insistait ensuite en disant, j'en ai chialé de voter RN. Qu'est-ce que vous dites, Alexandra ?
Il y a beaucoup de Français qui ont voté pour le Rassemblement National aux élections européennes pour envoyer un message de colère. Et j'ai eu l'occasion de le dire dès le lendemain de ces élections. Ce message, évidemment, qu'il a été entendu. C'est un message qui, notamment, nous demande d'aller beaucoup plus loin sur un certain nombre de sujets. Je pense aux questions de pouvoir d'achat et évidemment à la question de la sécurité. Ce que je dirais à Madame, c'est que le Rassemblement National n'apportera aucune solution à ces problèmes. Et on l'a vu à l'occasion des différents débats. On y reviendra peut-être.
Dès qu'on lève le voile sur leurs propositions, on voit qu'en réalité, c'est du vent. Sur la question de la sécurité, j'ai eu l'occasion de le dire hier, on a renforcé massivement les moyens des policiers et des gendarmes. Maintenant, ce qu'il faut, c'est un tournant pénal, notamment sur la délinquance des mineurs. J'ai fait des propositions extrêmement claires sur le sujet, très concrètes, qui nécessitent une loi et donc une majorité. C'est pour ça qu'avec les candidats ensemble pour la République, on se présente pour la faire adopter.
Mais précisément, puisque vous parlez à l'instant de la question judiciaire et de la question pénale des mineurs, vous avez encore hier soir répété cette phrase, vous avez dit « Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter. » Je crois que les Français se retrouvent derrière ce principe. Et vous avez ajouté « Je propose de rendre responsables les deux parents, même s'ils ne vivent plus sous le même toit. » RMC a eu accès cette semaine à une audition tout à fait exceptionnelle dans le bureau du juge pour mineurs à Bobigny. Il s'agissait d'un jeune, Adèle, de 15 ans.
Ce n'est pas un récidiviste, c'était la première fois qu'il participait aux émeutes, les émeutes de juillet dernier. C'était la fameuse application de la réforme des mineurs que vous avez mise en place, c'est-à-dire avec un premier volet pour dire « Oui, vous êtes ou non coupable. » et un deuxième volet pour la sanction en elle-même. Et cette sanction, elle est donc tombée cette semaine pour ce jeune. Il avait jeté une bouteille en verre sur la police. Il a été condamné, il était poursuivi, pardon, pour jet de projectiles sur agent dépositaire de l'autorité de l'État. Et il a écopé d'un simple avertissement. Le juge a même précisé « Ce ne sera pas inscrit sur votre casier judiciaire. »
La réforme que vous évoquez, elle date d'il y a 3 ou 4 ans, je crois. Et effectivement, elle a permis que maintenant, il y ait une reconnaissance de la culpabilité, un déferment beaucoup plus rapide. Et une sanction qui arrive 8 ou 9 mois plus tard, après ce qu'on appelle une période de probation, pour évaluer si le jeune en question se remet dans le droit chemin ou pas. Moi, ce que je propose très concrètement, c'est de changer ça.
Mais c'est vous qui l'aviez changé. Enfin, c'est vous, c'est le gouvernement que vous apparteniez, vous n'étiez pas encore Premier ministre. Mais c'est votre majorité qui a changé ça.
Je suis Premier ministre depuis un peu plus de 5 mois. Dès ma déclaration de politique générale, j'ai fixé le principe que vous avez rappelé, et j'ai dit que je voulais changer ces règles. Je pense que la réforme que vous évoquez, elle a permis d'accélérer les délais. Maintenant, c'est sur la sanction.
En fait, elle a accéléré les délais avec la première comparution,
c'est-à-dire le moment où on dit que vous êtes coupable.
Mais en revanche, la sanction est du coup dans un deuxième temps.
Avant, je rappelle que dans plus d'un cas sur deux, un mineur était jugé une fois qu'il était devenu majeur, parce qu'il n'avait aucun sens. Donc maintenant, ça va plus vite, mais il faut que les sanctions soient plus efficaces. Je propose la mise en place d'une comparution immédiate pour les mineurs. Je propose une atténuation de ce qu'on appelle l'excuse de minorité dans un certain nombre de cas. Je propose qu'on retienne davantage la responsabilité des parents quand il y a manquement à l'obligation parentale.
Dans ce cas-là, puisque je viens vraiment sur cet exemple extrêmement concret,
seule la mère était présente. Exactement. Et vous savez que quand aujourd'hui, des parents sont convoqués devant le juge des enfants et qu'ils ne s'y rendent pas, il n'y a pas de sanction. Donc moi, dans mes propositions, il y a le fait qu'il y ait désormais une amende.
Dans ces cas-là, on n'a pas tellement intérêt à accompagner son enfant. On préfère qu'il n'y ait pas de sanction.
Il n'y a pas de sanction pour les parents qui ne se rendent pas à l'obligation. Et moi, ce que je propose, c'est que désormais, les parents...
Les parents, s'ils ne se présentent pas, soient sanctionnés.
Exactement, soient sanctionnés financièrement.
Dans le cas d'Adèle, dont je parlais à l'instant, le père n'étant pas présent physiquement à l'audience, il serait demain, avec vous, sanctionné.
Oui, et par ailleurs, ce que je propose également, c'est qu'il y ait des courtes peines d'isolement dès les premiers faits de délinquance. Parce que parfois, c'est vrai qu'on voit qu'on a tendance à attendre que la situation s'aggrave, que les actes soient graves, pour prendre une sanction. Mais en réalité, c'est dès le début qu'il faut le faire. Y compris, d'ailleurs, à l'école. C'est pour ça que je fais des propositions sur l'école. C'est à l'école aussi qu'on doit apprendre les droits et devoirs, le respect des règles, le civisme. Donc sur tous ces sujets-là, il y a des mesures et des propositions qui sont très concrètes sur la composition pénale.
Il y a beaucoup de Français qui me parlent des difficultés qu'ils ont avec les rodéos urbains. Un jeune qui fait du bruit avec son...
Ça fait sept ans que vous êtes là. On en entend parler, des rodéos urbains. J'entends parfaitement à la preuve de ma l'herbe. Quand vous êtes arrivés, ils existaient déjà.
J'ai montré que je prenais des mesures extrêmement claires, je crois efficaces sur un certain nombre de sujets de laïcité à l'école, sur les sanctions à l'école. J'ai fixé ce principe dès ma nomination. J'ai travaillé depuis deux mois. J'ai proposé des mesures. Ces mesures, elles sont prêtes sur la composition pénale. Vous dites aux Français, donnez-moi un peu plus de temps. Désormais, sans juge, on pourra saisir par exemple la moto dans un rodéos urbain sur simple signalement du procureur.
En fait, vous avez juste besoin de temps. C'est ça ce que vous nous dites ?
Ce que je dis, moi, c'est que ça fait un peu moins de six mois que je suis là, que j'ai identifié un certain nombre de problèmes auxquels je veux répondre, que j'ai lancé un certain nombre de chantiers, que les mesures, elles sont claires, qu'elles sont prêtes, elles sont dans notre programme. Pour les appliquer, il faut une majorité. Pour qu'on ait une majorité, il faut que les candidats, ensemble, pour la République, soient élus dans votre circonscription.
Vous l'avez dit à Emmanuel Macron, ça ?
Quoi donc ?
Pourquoi vous ne m'avez pas laissé plus de temps ?
Non, vous savez, moi, je ne regarde pas en arrière. J'essaie de regarder devant. Une fois qu'une décision est prise, que des élections sont organisées, je me bats parce que ce n'est pas uniquement, d'ailleurs, la question de moi, c'est la question des Français. Et on voit bien que dans les projets qui sont présentés en face, d'abord, je le crois, c'est des projets et des lignes politiques qui attiseraient beaucoup les tensions. On a une société qui est, quelque part, une cocotte minute. Il la ferait exploser, les extrêmes. Moi, je veux apaiser, je veux essayer de rassembler, je veux essayer d'unir. C'est vrai pour le Rassemblement national.
On a vu, encore une fois, hier soir, sur votre antenne, les propos absolument insupportables.
D'un député sortant, RN, vous faites référence aux propos de Roger Chardot qui, effectivement, s'est exprimé sur la question de la binationalité, estimant qu'on ne pouvait pas être ministre si on avait une double nationalité. Et il faisait référence, notamment, à votre prédécesseur à l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkassar. Et pas seulement,
je crois qu'il a fait référence aussi à Rachid Adati, à Manuel Valls. Monsieur Chudot, il est député, mais ce n'est pas simplement un député. Il est présenté par le Rassemblement...
Il demande des ministres, je précise même les mots, parce que les mots qu'il a utilisés, c'est des ministres franco-français.
Exactement. Et ce monsieur Chudot, il n'est pas seulement député, il est présenté régulièrement par le Rassemblement national comme leur futur ministre de l'éducation nationale s'il venait à gagner ses élections. Monsieur Chudot, donc, dit que quand on est un Français binational, c'est-à-dire que pour des raisons d'histoire familiale, d'histoire personnelle, on a une deuxième nationalité en plus de la nationalité française, on n'est pas digne de confiance pour occuper des postes à responsabilité. Et monsieur Chudot, ce n'est pas le seul à le dire, puisqu'à cinq mois, Madame Le Pen a présenté au Parlement une proposition de loi pour exclure de la fonction publique les Français binationaux.
On parle de 3 500 000 Français qui sont peut-être franco-marocains, franco-italiens, franco-canadiens, franco-arméniens, qui sont parfaitement français. Derrière ça, il y a une idée qui a toujours été celle du Front national, déjà de Jean-Marie Le Pen, c'est qu'un binational est un demi-national. Que vous êtes corruptible, que vous n'êtes pas loyal à la France. 3 500 000 Français qui, depuis plusieurs jours, se sentent humiliés, injuriés par le Rassemblement national. Je veux le dire, dans mon gouvernement, il y a des binationaux. Roland Lescure, ministre de l'Industrie, franco-canadien, Fadila Khatabi, ministre des Personnes en Situation de Handicap, Rachida Dati, Krizoula Zakharopoulou.
Il y a des députés qui sont binationaux. Je pense à Nadia Hay, sur la septième circonscription des Yvelines, à Triel-sur-Seine, conflant Saint-Honorin, qui est franco-marocaine, qui a été ministre. Elle est non seulement parfaitement française, mais elle se bat tous les jours pour la France et pour les Français. Et je m'étonne, je m'étonne de voir que le Rassemblement national qui tient ses propos, en même temps, présente dans le Val d'Oise une candidate franco-russe aux élections législatives, qui d'ailleurs a qualifié les Ukrainiens de néo-nazis. Donc c'est toujours à géométrie variable. Ils vous font croire que c'est soi-disant pour lutter contre les ingérences russes.
Mais après, on voit que la conseillère défense de Jordan Bardella, elle est franco-russe, qui présente des franco-russes dans ses élections législatives. En réalité, c'est toujours la même chose. C'est un moyen de stigmatiser ou d'humilier. Et pour préciser les choses,
Marine Le Pen, ce matin s'est dite estomaquée par les propos de Roger Chudot. Elle précise que ça n'a jamais été dans son programme et que ça n'est pas dans le programme du RN.
Il y a cinq mois, elle a fait une proposition de loi pour exclure les Français binationaux de responsabilité dans la fonction publique.
Est-ce que vous estimez que si le RN allait jusqu'au bout de sa logique, il devrait retirer l'investiture ou le soutien à Roger Chudot ?
Évidemment. Mais vous savez, à Pauline de Malherme, il y a plus de 100 candidats du RN dans cette élection, c'est-à-dire plus d'un sur cinq, qui ont tenu des propos soit racistes, soit homophobes, soit antisémites. Ils ont été identifiés par vos confrères, du Monde, de Libération. Tous les exemples sont sur Internet. Ils concourent dans cette élection. Ils ne leur retirent pas leur investiture.
Gabriel Attal, pour autant, vous restez sur le nini ?
Moi, d'abord, je suis dans le premier tour de cette élection. Donc, il y a un premier tour, les Français vont se battre. Je le dis ici, s'il y a un camp qui a été très clair dès le premier tour pour éviter la victoire des extrêmes, c'est nous. Le Rassemblement National... Mais vous dites des extrêmes. Oui, mais attendez. Le Rassemblement National, la NUPES, il présente des candidats dans toutes les circonscriptions de France. Je suis le seul à avoir assumé de ne pas présenter des candidats dans une soixantaine de circonscriptions. Pourquoi ?
Précisément parce que je savais que dans cette circonscription, le fait qu'on présente un candidat risquait de faire gagner l'extrême droite ou la France nationale.
C'est aussi, et on l'a vu, qu'il y avait des candidats, d'abord, des endroits où vous aviez plus de mal à trouver des candidats et où, de toute façon, vous saviez qu'ils ne marcheraient pas,
qu'ils ne gagneraient pas. Mais justement, point de malheur, c'est parce qu'on savait qu'on ne pouvait pas gagner et que ça risquait de faire gagner les extrêmes. Donc, dans toutes les autres circonscriptions, c'est-à-dire 500 circonscriptions, où on a des candidats
même ni RN ni LFI. C'est bien ni RN ni LFI, c'est RN et LFI que vous mettez dos à dos ou c'est RN et Nouveau Front Populaire ?
Moi, d'abord, je me bats contre tous ceux qui carburent à la haine, à la stigmatisation et aux divisions. Ensuite, je me bats dans un premier tour. Et je dis aux Français, parce que moi, tous les Français, enfin, beaucoup de Français, quand je me déplace, m'interrogent et me disent mais qu'est-ce que je fais si je me retrouve avec le RN contre la France insoumise ? Voilà, ils vous posent la question et vous leur dites quoi ? Je leur réponds qu'il y a un moyen de l'empêcher.
C'est d'avoir un candidat ensemble pour la République au deuxième tour qui permet d'éviter cette tenaille entre deux parties qui veulent vous matraquer fiscalement, deux parties qui, de manière différente, carburent à une forme de stigmatisation et ont des propos pour certains qui sont particulièrement ambiguës sur des questions majeures. Maintenant, je vais vous le dire, moi, je sais où sont mes valeurs. Je prendrai toujours mes responsabilités. Elles sont où vos valeurs ? Moi, je veux évidemment éviter que les extrêmes et notamment l'extrême droite puissent gagner ces élections.
Mais vous entendez bien ce que vous dites, Gabriel Attal. Vous dites les extrêmes et ensuite vous dites et notamment l'extrême droite. Mais ça veut dire qu'au fond, vous ne voulez ni l'un ni l'autre.
Parce que ce que je dis, c'est que si on veut que l'extrême droite ne gagne pas ses élections, ce n'est pas avec l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon qu'on y arrivera. On discute avec les Français, vous le faites aussi, vous avez des auditeurs. Les Français ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon pour les ministres. Le problème...
Et je précise d'ailleurs qu'Alexandra, qui un peu plus tard dans ce témoignage disait qu'elle avait toujours voté pour la gauche, qu'elle allait même à des meetings de Jean-Luc Mélenchon, qu'elle avait été rencontrée personnellement à la fête de l'Humain et elle disait aujourd'hui il me fait honte, je ne peux plus voter pour lui.
Oui, et donc ce qui s'est passé c'est que les partis de gauche modérés, en s'alliant avec Jean-Luc Mélenchon alors qu'ils ont expliqué pendant toute la campagne des européennes la main sur le cœur qu'ils ne s'alliraient plus avec Jean-Luc Mélenchon, la réalité c'est qu'ils ont ruiné leur possibilité de victoire. Parce que les Français ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon Premier ministre et donc la seule manière d'éviter le rassemblement national majoritaire Jordan Bardella à Matignon un matraquage fiscal sur les Français qui bossent un projet de division de stigmatisation des Français qui ont une double nationalité c'est de voter pour les candidats ensemble pour la République.
Que feriez-vous différemment ? Vous avez encore hier tout d'un coup promis des référendums des référendums je cite sur des grandes questions mais ça fait 7 ans qu'Emmanuel Macron nous dit qu'il va faire des référendums pourquoi vous en feriez maintenant et vous n'en avez pas fait depuis 7 ans ?
Dans la Constitution le Premier ministre a la possibilité de proposer des référendums au Président de la République et j'ai dit effectivement qu'en tant que Premier ministre encore une fois ça fait 5 mois que je suis Premier ministre je le proposerai parce que moi j'ai voulu les élections européennes
mais j'ai bien d'accord c'est quand même lui qui valide de toute façon
moi je respecte la Constitution contrairement à Mme Le Pen et à M. Bardella
Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron qui depuis 7 ans promet régulièrement des référendums sans le faire au fond il va faire la même chose avec vous il va vous promettre vos référendums mais il ne le fera pas ?
Je pense que les élections européennes leurs résultats ont été une forme de tournant les Français nous ont dit quelque chose dans ces élections dit quelque chose sur le fond je le disais tout à l'heure aller plus loin sur le pouvoir d'achat sur la sécurité j'ai parlé de la sécurité c'est pour ça que sur le pouvoir d'achat je propose un certain nombre de mesures que les retraites de nos retraités soient systématiquement indexées sur l'inflation que la facture d'électricité baisse de 15% l'hiver prochain que les salaires des Français qui sont au-dessus du SMIC puissent augmenter plus facilement en allégeant les charges de leurs patrons tout ça c'est clair c'est financé c'est net ensuite il y a eu aussi un message dans ces élections sur la méthode évidemment des Français qui disent on veut être davantage associés on a fait un certain nombre de choses avec des conventions citoyennes moi je pense que le référendum c'est une pratique qui serait
et vous dites sur des grandes questions c'est quoi les grandes questions ?
justement je pense que précisément si on veut vraiment donner la parole associée c'est peut-être pas à moi là tout de suite d'arrêter quelles sont les questions je pense qu'avec les partenaires sociaux et je vais vous dire même avec les partis de l'opposition s'il y a des sujets sur lesquels les partis de l'opposition sont favorables et que nous on est plutôt défavorables moi ça me choquerait pas qu'on les fasse trancher par les Français à l'occasion de référendum mais tout ça ça se construit si les candidats ensemble pour la République ont une majorité je suis Premier ministre dans les prochaines semaines et les prochains mois et bien évidemment c'est quelque chose sur lequel je travaillerais avec les partenaires sociaux avec les forces politiques
quand Emmanuel Macron lors de sa grande conférence de presse au début de cette campagne a dit par exemple qu'il souhaitait un grand débat sur la laïcité ça vous paraît une des choses qu'il faut faire maintenant un grand débat sur la laïcité peut-être même un référendum sur la laïcité
on doit toujours chercher à faire appliquer nos règles et à faire respecter la laïcité c'est pas moi qui vais vous dire le contraire quand j'ai été ministre de l'éducation nationale je rappelle
quand j'ai été ministre
de l'éducation nationale j'ai moi-même garanti l'application de la loi de 2004 sur la laïcité à l'école en prenant une décision qui était attendue par nos chefs d'établissement par beaucoup d'enseignants depuis des années l'interdiction du port de l'ABAIA et du CAMIS dans les établissements scolaires j'ai été nommé ministre de l'éducation nationale je me suis engagé sur ce sujet j'ai pris la décision aujourd'hui il n'y a plus d'ABAIA dans nos établissements scolaires donc oui faire respecter la laïcité c'est essentiel et si on veut réussir à le faire il faut évidemment associer l'ensemble des acteurs ne serait-ce que pour qu'ils fassent remonter les atteintes à la laïcité et pour qu'on trouve tous ensemble des solutions
Gabriel Attal vous êtes premier ministre vous parliez à l'instant de la question du respect des institutions qui est aujourd'hui le chef des armées c'est vous ou c'est le président de la République ?
C'est le président de la République c'est la constitution c'est la manière dont le général de Gaulle l'a toujours dit et présenté le premier ministre il est responsable de la défense nationale il n'est pas pareil ça veut dire quoi responsable de la défense nationale ? ça veut dire que le premier ministre et c'est ma responsabilité depuis près de 6 mois maintenant doit s'assurer que tous nos outils de défense sont toujours opérationnels en termes d'entretien en termes de présence sur le sol national ça c'est ma responsabilité de premier ministre tous les jours mais le chef des armées c'est le chef de l'État
donc le chef des armées pour vous ce titre n'est pas qu'honorifique comme le dit Marine Le Pen à propos de ce titre pour Emmanuel Macron c'est grave ce qu'a fait Marine Le Pen
parce que vous savez il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas ou fonctionnent mal dans nos institutions mais enfin s'il y a une chose qui fonctionne c'est la chaîne de commandement elle est très claire et pourquoi on a intérêt à ce qu'elle fonctionne parce que ça envoie un message au monde entier c'est que si la France est menacée ou la France est attaquée il n'y aura pas de débat au sommet de l'État il n'y aura pas de blocage évidemment qu'elle se protégera toujours ce qu'a fait Marine Le Pen c'est un tournant grave ils ne sont pas élus ils considèrent que c'est déjà fait peut-être ils se ruent déjà sur le bouton nucléaire déjà ils commencent à dire c'est nous qui allons reprendre toutes les prérogatives du chef de l'État qui ne sera plus chef des armées vous vous rendez compte le message qui est envoyé au monde vous vous rendez compte le message qui est envoyé aux puissances étrangères dans certaines qui menacent nos intérêts
Marine Le Pen vous répond puisque sur Twitter hier soir elle a dit il serait utile que Gabriel Attal lise la constitution mieux vaut tard que jamais dit-elle et elle cite le titre 3 de la constitution sur le gouvernement article 20 le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation il dispose de l'administration
et de la force armée oui c'est ce que je vous disais tout à l'heure le gouvernement il est chargé évidemment de l'entretien de la formation des budgets des armées le chef des armées c'est dans la constitution c'est ainsi que l'a voulu le général de Gaulle et je vais vous dire c'est aussi ce qui protège les français parce que ça envoie un message très clair au monde c'est le président de la république donc peut-être que Jordan Bardella 28 ans qui n'a jamais géré d'administration considère que désormais il va aussi être chef des armées
est-ce que c'est un problème c'est-à-dire est-ce que vous voulez dire que le fait qu'il soit si juvénile non c'est pas moi
qui vais faire des critiques sur l'âge à Pauline de Malarbe j'ai 35 ans ce que je dis simplement c'est que si j'avais pas été ministre dans des fonctions importantes à Bercy au ministère de l'éducation nationale je me serais pas senti suffisamment préparé pour être premier ministre de mon pays
vous voulez dire que si vous étiez à sa place à son âge vous lui auriez dit je suis pas prêt
chacun se présente à des élections chacun fait comme il le sent et se présente devant les français et surtout c'est les français qui décident ce que je dis c'est que là on voit bien qu'on a Jordan Bardella tenu quelque part par Marine Le Pen qui est en train d'expliquer si les députés RN ont une majorité que je suis premier ministre je disputerai et je viendrai prendre au président de la république son rôle de chef des armées je le dis c'est dangereux pour la sécurité de notre pays parce que les puissances étrangères qui menacent nos intérêts elles regardent ça qu'est-ce qu'elles se disent elles se frottent les mains elles se disent vous imaginez si jamais on atteint aux intérêts de la France regardez ça va être le boxon au sommet de l'état ils ne seront pas d'accord entre eux et donc on aura une forme de brèche dans laquelle on pourra s'engouffrer notre chaîne de commandement elle a toujours été très claire et je pense que c'est pour la sécurité des français qu'elle doit rester
très claire sur la sécurité à quoi faut-il s'attendre pour le 7 au soir en cas de victoire du RN certains et notamment les renseignements généraux territoriaux disent qu'ils redoutent d'éventuelles émeutes qui tiendra les comptes qui s'occupera d'envoyer la police sur le terrain qui sera en charge le 7 au soir le 8 à la journée
d'abord je me bats dans cette campagne pour que les candidats ensemble pour la république puissent gagner ensuite il y a un gouvernement un gouvernement qui est au travail
vous resterez le temps qu'il faudra même si même si vous n'avez pas la majorité vous seriez prêt à rester le temps qu'il faut pour que l'ordre soit rétabli
je ne suis pas là pour faire des hypothèses pour dire ce qui se passera etc je me bats dans ces élections et donc je le dis ici évidemment on se bat tous les jours et on travaille tous les jours pour la sécurité des français évidemment on le fera toujours maintenant je le redis ici le rassemblement national a je le disais tout à l'heure des candidats qui tiennent des propos haineux et violents on le voit depuis plusieurs jours il y a aussi malheureusement des gens dans notre pays qui ont des pulsions de haine d'agressivité qui se libèrent quelque part avec la perspective de l'arrivée du RN on a vu il y a quelques jours quelques semaines le fils d'un cadre du Front National le soir des élections européennes voilà qui a été interpellé pour agression homophobe
condamné d'ailleurs depuis
voilà et qui quand il a été interrogé a dit vivement dans trois semaines sous-entendu après les législatives on pourra casser du PD comme on veut voilà ce que c'est on a vu chez vos confrères de France 2 une femme aide-soignante victime de racisme par des personnes sympathisantes ou adhérentes je ne sais plus du RN donc la réalité c'est qu'il libère quelque part aussi malheureusement je vous pose la question
de qui tiendrait le pays Gérald Darmanin lui a dit qu'il ne souhaitait pas rester au gouvernement s'il est élu et qu'il préférerait siéger à l'Assemblée il serait tout de même aux manettes vous seriez tout de même aux manettes
je vais vous dire de manière très claire il y a un gouvernement aux manettes il y aura toujours un gouvernement aux manettes là-dessus évidemment qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir des Français de ce point de vue-là l'inquiétude elle est si la majorité change et si vous avez le Rassemblement National qui venait à gagner ces élections
et vous ça ne vous a pas traversé l'esprit comme Gérald Darmanin de dire au fond je passe à autre chose
mais moi je suis engagé dans cette campagne je me bats pour nos candidats je me bats pour qu'on ait une majorité encore une fois parce que je vois les projets de matraquage fiscal matraquage fiscal et je le dis aux Français ne vous faites pas avoir vous ne faites pas avoir par la NUPES qui veut remettre des charges sur les heures supplémentaires alors qu'il y a un salarié sur deux qui travaille qui veut augmenter la CSG sur nos retraités et sur ceux qui travaillent vous ne faites pas avoir par le Rassemblement National qui explique qu'ils vont supprimer les impôts jusqu'à 30 ans vous permettre de ne plus travailler à partir de 60 et donc entre les deux concentrer toute la pression fiscale sur les Français qui ont entre 30 et 60 ans et qui travaillent vous ne faites pas avoir par le Rassemblement National qui dit on va baisser tous les taux de TVA alors que partout où ça a été fait y compris dans notre pays il n'y a pas eu de gain pour les Français
vous êtes sur des questions fiscales de sérieux budgétaires et on l'a entendu avec Alexandra mais avec beaucoup d'autres témoignages ce n'est pas sur cette question
parce qu'on a abordé les questions de sécurité tout à l'heure que j'ai par ailleurs abordé les questions de valeur qui sont majeures aussi mais j'aborde aussi les questions de pouvoir d'achat parce que les Français évidemment qui sont attentifs et attachés aussi à ces sujets-là et que la réalité c'est que que ce soit le Rassemblement National ou la NUPES c'est un projet de matraquage fiscal assumé dans l'un des deux cas masqué pour l'autre mais qui serait forcé par des mesures de dépense massive
Merci Gabriel Attal d'être venu répondre à mes questions ce matin vous êtes effectivement au moment où on en se parle le Premier ministre il est 8h52 sur RMC et BFM TV et BFM TV
Gabriel Attal