Retraites, régimes spéciaux, débat parlementaire, IVG, Ukraine... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Aurore Bergé
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Bonjour Aurore Berger, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation des syndicats, Elisabeth Borne a fait plusieurs concessions ce week-end sur la question des carrières longues, sur la question des seniors également dans la réforme des retraites. On va les détailler avec vous dans un instant. Il y a un petit peu le feu au lac ?
Non, il n'y a pas le feu au lac, il y a une réforme des retraites et une réforme des retraites qui ne vous a pas échappé, que ça a toujours été difficile à aborder en France. Et ce qui est normal, parce que c'est une réforme qui demande des efforts à des millions de Français. Et l'objectif c'est à la fois que ces efforts permettent de financer nos retraites, de financer ce déficit structurel qu'on a à partir de cette année, mais se fassent aussi dans la plus grande justice possible, notamment emploi des seniors et carrières longues.
Alors les carrières longues, justement, Elisabeth Borne accepte finalement que ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans puissent partir à 63. A quelles conditions ?
Entre 4 et 5 trimestres de cotisation pour être très clair. L'objectif c'est quoi ? Aujourd'hui quand on parle d'un trimestre, que les Français l'aient bien en tête, on a l'impression que ça veut dire 3 mois. C'est pas exactement ça pour les retraites. Il suffit d'avoir travaillé 150 heures payées au SMIC pour que ça équivale à un trimestre. Donc, si en gros je prends mon exemple, moi qui étais étudiante à 20 ans, si je fais un job d'été pendant 4-5 semaines, est-ce que ce serait normal, comme le demandent certains, notamment LR, que je puisse partir à 63 ans ? La réponse est non.
C'est pas parce que j'ai bossé 4-5 semaines l'été que je suis dans la même condition que celui qui a commencé à travailler à 20 ans sans discontinuer.
Mais du coup, si vous demandez 5 trimestres à quelqu'un qui est censé avoir commencé à 21 ans, ça veut dire que vous lui demandez 20 ans en fait, puisqu'on ajoute 4 trimestres à 21 ans ?
Non. En fait, il y a plusieurs choses sur les carrières longues. Ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans, ils partent à 58 ans. Ceux qui ont commencé avant 18 ans, ils partent à 60 ans. Ceux qui ont commencé avant 20 ans, ils partent à 62 ans. Et ceux qui auront travaillé entre 20 et 21 ans et qui ont donc cotisé 43 ans, eux, ils pourront partir à 63 ans. C'est ça qu'on ajoute qui est nouveau. Et en effet, on fait la distinction entre ceux qui ont bossé sans discontinuer entre 20 et 21 ans, donc ceux qui ont travaillé, et celui ou celle qui, comme moi, a juste fait un job d'été 4-5 semaines pour financer ses études.
Parce qu'évidemment, il faut faire une différence en celui qui a toujours travaillé, qui mérite de partir évidemment plus tôt, de reconnaître ce travail et cet engagement, et celui qui a travaillé de manière plus épisodique.
Sauf que vous l'avez dit, la demande de la droite, par la voix d'Aurélien Pradié, le vice-président du parti, c'est accorder justement de pouvoir partir à 63 ans quand on a travaillé ne serait-ce qu'un trimestre avant 21 ans. Mais c'est ce que je dis. Un trimestre, ça veut dire...
Ils ont fait une condition pour voter le texte. Il suffit d'avoir travaillé 150 heures payées au SMIC. Donc ça veut dire quoi concrètement ? C'est avoir travaillé 4-5 semaines dans un restaurant l'été pour financer ses études. C'est très bien. On a été nombreux évidemment à avoir des jobs d'été, mais ça n'est quand même pas la même chose d'avoir travaillé 4-5 semaines. Et d'avoir travaillé 4 trimestres complets, je trouve que c'est normal de faire une distinction et de valoriser encore une fois le travail. Et surtout, c'est une mesure qui coûterait beaucoup trop cher. Des milliards ? Une réforme des retraites, oui exactement. Une réforme des retraites, c'est fait pour quoi ?
C'est fait pour se dire qu'on doit pouvoir générer suffisamment de moyens pour financer justement notre système de retraite. Si à chaque nouvelle mesure, on ajoute des milliards d'euros supplémentaires de dépenses, c'est l'inverse même d'une réforme des retraites.
Donc ça ne bougera plus, et tant pis si vous n'avez pas les votes des Républicains.
Vous savez, Aurélien Pradien n'est pas président des Républicains.
Non, mais il affirme que l'ensemble des députés a signé son amendement.
C'est pas lui qui emporte l'adhésion des Républicains. Et je crois que les électeurs de droite, ils sont attachés à deux choses. Ils sont attachés au fait qu'on sauve le système de retraite, et ils sont attachés à l'admission de travail et de justice.
Mais ce ne sont pas les électeurs de droite qui votent la réforme, ce sont les députés.
Oui, mais ce sont des députés peut-être élus par des électeurs de droite et qui sont attachés. Et encore une fois, vous savez, les mêmes qui aujourd'hui à droite signent un amendement qui refuse le report de l'âge légal étaient strictement les mêmes qui en 2020 signaient un amendement en disant qu'il fallait décaler l'âge à 65 ans. Donc j'appelle chacun à de la cohérence. La Première Ministre, elle a fait un pas qui est essentiel pour aller vers plus de justice. C'était une mesure qu'on demandait aussi fortement au sein de mon groupe. C'est fait. Et donc tous ceux qui ont des carrières longues, de 16 ans à 21 ans, eh bien c'est logique et légitime.
Ils pourront partir plus tôt que les autres.
Reste que cette concession accordée par Elisabeth Borne nécessite de l'argent, entre 600 millions et 1 milliard d'euros. Il faudra des nouvelles recettes, dit Olivier Dussopt, le ministre du Travail.
Lesquelles ? Notamment une mesure que nous on a proposée et qui est très liée à la question de l'emploi des seniors. Il y avait une situation absolument absurde dans notre pays qui faisait qu'aujourd'hui, si vous gardiez un salarié jusqu'à son départ à la retraite, son départ d'office à la retraite, ça vous cotait plus cher que de vous en séparer par une rupture conventionnelle avant l'âge légal de départ à la retraite. Donc on met les deux maintenant au même niveau. C'est quand même pas normal de se dire que quelqu'un qu'on va licencier, dont on va se séparer à 58-59 ans, ça coûte moins cher à l'entreprise que quelqu'un que vous gardez et qui finit sa carrière au sein de l'entreprise.
Eh bien ça, c'est une mesure qui va rapporter et qui nous permet notamment de financer cette mesure de justice sociale. Et ça, c'est tous les points que nous, au sein du groupe Renaissance, on a porté sur la question de l'emploi des seniors. Et moi, je souhaite qu'on aille plus loin. Je souhaite notamment qu'on interdise désormais dans notre pays, et c'est ce qu'on va porter dans une future loi, à la fois les ruptures conventionnelles collectives et les départs à la retraite qui sont vraiment ciblés sur une question d'âge. Aujourd'hui, vous avez le droit de faire... Et comment vous allez faire ça ? Vous allez faire des contrôles permanents ?
Vous allez faire des contrôles, vous pouvez changer la loi surtout, de manière à ce qu'encore une fois, il n'y ait plus de ruptures conventionnelles collectives, il n'y ait plus de départs anticipés. On dit en gros, à partir de 55 ans, vous n'êtes plus bons à travailler dans une entreprise et vous devez partir. Nous, il faut qu'on soit cohérents. On souhaite porter cette réforme des retraites, on souhaite décaler l'âge de départ à 64 ans. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on doit travailler sur l'emploi des seniors.
C'est ce qu'on fait dès cette réforme des retraites avec l'index senior, qu'on abaisse par notre amendement dès les entreprises de 50 salariés pour le mesurer de manière effective.
Il revient en fait là où le gouvernement souhaitait le mettre au tout début de la réforme.
Non, c'est une demande qui était très forte côté CFDT. Laurent Berger l'a rappelé encore cette semaine. Je crois que c'est important de dire qu'il faut qu'on mesure l'effort dans l'ensemble des entreprises, y compris à partir de 50 salariés.
On va en parler des seniors parce que c'est l'un des autres points qui fâchent avec évidemment le report de l'âge légal à 64 ans. Vous n'en avez pas marre simplement, Laurent Berger, à chaque fois qu'Elisabeth Borne fait une concession, que ce soit sur les carrières longues ou sur la retraite à 1200 euros pour les actuels retraités, d'entendre la droite qui dit c'est grâce à nous. Vous qui venez de la droite en plus.
Oui, mais je sais aussi pourquoi j'en suis partie. Et quand je vois les excès de démagogie de certains, vous savez, je crois que j'ai bien fait. Et surtout ce qui compte, c'est qu'à la fin, on a une réforme qui puisse être votée et encore une fois une réforme qui permette et d'être financée.
Mais grâce à la droite ?
Mais il faut une majorité. On a l'impression que ça bouge parce qu'il faut vous mettre la pression. Mais on a bougé pourquoi ? On a bougé parce que la majorité, elle a souhaité être aussi très exigeante. La retraite minimale à 1200 euros, je suis la première à avoir dit qu'il fallait impérativement que ça concerne aussi les retraités actuels. La première ministre l'a entendu. La droite nous a rejoints. Tant mieux. Tant mieux qu'on porte ensemble des mesures qui sont des mesures de justice. Et bien chacun dit c'est grâce à moi. Ce qui compte, c'est qu'à la fin, ce soit effectif pour les Français et que ça change leur vie.
Et je crois que quand vous gagnez aujourd'hui 1100 euros à la retraite, si demain vous avez 100 euros supplémentaires à la fin du mois, ça fait une vraie différence. Et c'est ça qui comptera.
Aure Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée. Invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil Info à 8h40 avec Marie Meve.
La France se tient prête pour aider la Turquie, assure sur Twitter la ministre française des Affaires étrangères. Le bilan ne cesse de grimper après ce séisme de 7,8 ennuis. Plus de 350 morts dans le sud du pays mais aussi dans la Syrie voisine. 25 ans après l'assassinat du préfet Erignac en Corse, Gérald Darmanin est à Ajaccio. Aujourd'hui, il préside la cérémonie d'hommage. La semaine dernière, la demande de semi-liberté de Pierre Alessandri a été acceptée. Il est condamné à la perpétuité dans cette affaire. L'inflation progresse encore en France. Plus 15,6% sur un an pour notre panier France Info de produits alimentaires et d'hygiène.
Le prix du sucre, notamment, s'envole près de 50% en plus ces 12 derniers mois selon le cabinet Nielsen IQ. En judo, Teddy Riner inépuisable. Un an et demi des JO de Paris. Il a remporté son 7ème titre au tournoi de Paris. Le Paris Grand Slam hier. Teddy Riner remit de sa blessure à la cheville été dernier. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Aurore Berger, la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée. On en parlait juste avant les titres. L'index senior va être obligatoire pour toutes les entreprises d'au moins 50 salariés. Elisabeth Borne évoque même des sanctions pour la première fois. Qui contrôlera ?
Déjà, il faut encore une fois rappeler une évidence. C'est-à-dire, si on reporte l'âge de départ à la retraite à 64 ans, la logique, c'est qu'évidemment, on mette le paquet sur l'emploi des seniors. Et aujourd'hui, c'est un gâchis monumental dans notre pays. C'est un gâchis social, humain, mais aussi économique de se séparer plutôt de ceux qui ont des compétences. Alors comment vous allez inciter les entreprises à les garder ? Déjà, on va mesurer. Parce qu'aujourd'hui, on ne sait pas mesurer. On ne sait pas dire secteur d'activité par secteur d'activité, type d'entreprise par type d'entreprise qui sont les bons et les mauvais élèves. Donc ça, c'est important de le faire.
Ensuite, si les résultats ne sont pas bons, on va obliger les entreprises, c'est aussi ce qu'on porte, nous, au sein du groupe, à faire un plan d'action annuel pour venir corriger, encore une fois, ces disparités qui peuvent exister.
C'est-à-dire, les entreprises auront un an ?
Chaque année, elles seront dans l'obligation de faire un plan d'action annuel. Mais ce sera étalé
sur plusieurs années, on fixera un objectif où il y aura un an pour revenir à un chiffre plus important de seniors.
On va venir mesurer votre effort chaque année. Ce n'est pas parce que vous êtes bon élève une année que vous ne pouvez pas être mauvais élève deux ans plus tard.
Donc il pourrait y avoir des sanctions chaque année ?
Chaque année, on va déjà les obliger à mettre en place un plan d'action pour venir, encore une fois, corriger ce qui nous semble être une inégalité. Et si jamais il n'est pas respecté. S'il faut aller plus loin. Alors ce qu'on met déjà, c'est que l'entreprise qui refuserait de publier ses résultats, on va la sanctionner financièrement. En général, quand vous ne voulez pas publier vos résultats, c'est plutôt qu'ils sont mauvais. Donc ça va être une incitation assez forte, non seulement à publier des résultats, mais surtout à faire en sorte qu'ils soient bons. Parce que quand vous avez, encore une fois, une pression financière, évidemment, ça aide.
S'il faut aller un cran plus loin et se dire que dans deux ans, il faut ajouter de la sanction financière, je n'ai aucun problème à ce qu'on puisse le déterminer. Et pourquoi pas tout de suite ?
Ce sera dans la loi ?
Alors, nous, ce qu'on a proposé, c'est déjà, encore une fois, de mesurer. C'est compliqué de se dire que dès la première année... Parce qu'il y a un petit doute
dans la formulation d'Elisabeth Bornière sur les sanctions, non pas pour les entreprises qui ne publient pas leur index, mais sur celles qui n'auraient pas assez de seniors dans les effectifs. Est-ce qu'il y aura, dans la loi sur les retraites qui arrivent aujourd'hui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, des sanctions pour celles qui n'ont pas assez de seniors ?
Je vous dis, la sanction, c'est l'obligation déjà, encore une fois, de mettre en place ce plan annuel. Et après, je pense que si vous voulez mettre en place des sanctions dès la première année, ce n'est pas cohérent avec l'idée que vous créez quelque chose de nouveau. Aujourd'hui, on ne sait même pas quel est l'état de notre pays sur ce sujet-là.
On a le constat global. On a un constat global.
Donc on se doute qu'il y a des entreprises entreprise par entreprise. Et encore une fois, le simple fait de mettre une sanction financière assez forte sur la non-publication va faire quoi ? Va faire que vous avez intérêt à avoir un bon indicateur. C'est ce qui s'est passé sur l'index. Mais donc il y a bien,
comme le disent certains des syndicats ce matin, un loup dans la déclaration des abétences. Il n'y aura pas de sanction automatique inscrite dans la loi qui arrive à l'Assemblée.
À ce stade, moi je considère que sur la première année, il faut vérifier ce qui se passe concrètement et dire aux entreprises et leur mettre la pression en disant attention, si vous n'arrivez pas à atteindre des résultats qui sont de bons résultats sur l'emploi des seniors, alors c'est simple, le Parlement se réservera le droit dès l'année prochaine de mettre en place des sanctions. Donc ça veut dire que la pression est sur les entreprises.
Vos collègues du MoDem, vos alliés centristes, ils proposent de créer un système de bonus-malus justement en fonction du résultat de chaque entreprise. Déjà, on va voir le débat parlementaire. Vous ne l'adoptez pas tout de suite puisqu'il le propose à un moment.
On va voir le débat parlementaire. Moi, ça ne me gênerait pas à un moment donc, de toute façon, le débat, il va aussi permettre éventuellement des avancées, des modifications. Moi, je vous donne ma conviction. Je dis que je pense qu'il faut mettre en place cet index qui était une demande depuis des années qui n'avait jamais été mise en place. On la baisse aux entreprises de 50 salariés donc c'est un effort important qu'on demande. Évidemment, ce n'est pas la même chose d'une entreprise de 50 salariés et d'une entreprise de 3000. Vous ne pouvez pas forcément mettre en place les mêmes plans d'action.
Donc, il faut aussi moduler de manière intelligente évidemment pour toutes nos entreprises dans leur diversité, les obliger à un plan d'action annuel et encore une fois, se dire qu'on se réserve le droit de mettre en place des sanctions si on voit que dans notre pays ça n'avance pas. Mais ce que je vous ai annoncé sur le fait qu'une entreprise ne pourra plus demain mettre à la porte ses salariés en disant on fait un grand plan d'action qui va mettre à la retraite d'office tous les plus de 55 ans, ça c'est décisif pour l'avenir à un moment de l'emploi seigneur.
Vous ne pourrez plus avoir un plan d'action qui fera tout simplement qu'encore une fois vous considérez qu'à partir de 55 ans en France, vous n'êtes plus employable.
Sur les femmes Aurore Berger, comment faire pour que les trimestres de maternité pris en compte dans le calcul de la retraite ne soient pas neutralisés par le recul de l'âge de départ à 64 ans ? Beaucoup de femmes vont perdre le bénéfice de ces trimestres.
Moi j'aimerais m'arrêter une minute sur ce sujet parce qu'en vérité c'est un sujet qui m'agace si je suis très honnête profondément. Je suis profondément féministe. Mais pour moi le féminisme ce n'est pas de venir corriger uniquement à 62 ou 64 ans les inégalités parce qu'en vérité on vient constater des inégalités qui ont existé avant tout au long de la carrière. Moi je veux qu'on se batte Non mais excusez-moi
Mais ça pardon c'est le gouvernement qui a mis cet argument sur le tapis en disant cette réforme va vers plus de justice. C'est-à-dire qu'on a laissé penser que les femmes que les quarts hommes-femmes allaient se réduire ce qui n'est pas le cas dans l'étude d'impact.
Il va se réduire. Il va se réduire pour trois raisons. Il va se réduire un parce que la retraite minimale revalorisée à 85% du SMIC c'est d'abord des femmes qui en bénéficient. C'est 60% des femmes qui bénéficient de la retraite minimale. Donc ça ça change la vie de celles qui ont des petites pensions. Deux on prend en compte les congés parentaux ce sont massivement des femmes qui prennent des congés parentaux dans le calcul des carrières longues.
Uniquement dans le calcul des carrières longues pas pour les autres.
C'est ce que je viens de dire. Trois on prend en compte aussi la question des aidants familiaux. En général ce sont aussi des femmes qui s'arrêtent pour élever un enfant en situation de handicap ou pour accompagner un parent en perte d'autonomie Mais il y a des millions de femmes qui vont perdre
une partie du bénéfice des trimestres liés aux enfants.
Moi je le dis de manière très claire pourquoi on avait mis en place à cette époque nos prédécesseurs a mis en place des trimestres dits maternité et éducation. Parce qu'à l'époque les femmes étaient condamnées contraintes n'avaient pas d'autre choix que de s'arrêter de travailler et ne pouvaient pas poursuivre leur carrière à partir du moment où elles avaient des enfants. Dieu merci en France aujourd'hui on peut avoir des enfants et continuer sa carrière. Et notre enjeu c'est quoi ? C'est de faire en sorte qu'on puisse continuer sa carrière avec le même niveau de rémunération à partir du moment où on occupe le même poste et donc à la fin oui avoir la même retraite.
Si vous ne l'êtes pas pénalisée ne prenez pas de congé maternité.
Non, c'est absolument pas ce que j'ai dit. Non mais vous mélangez deux choses excusez-moi le congé maternité et un congé où vous seriez obligé quelque part de vous arrêter de travailler parce que vous auriez eu un enfant. Aujourd'hui les femmes peuvent évidemment exercer leur droit à un congé maternité évidemment et même un congé paternité qu'on a créé et à l'issue retravailler et à l'issue
atteindre l'égalité salariale. Ils ne prennent pas complètement l'entièreté de leur congé maternité ou de leur congé éducation justement. Comment vous faites pour prendre en compte cela ? Vous par exemple vous avez eu un enfant vous n'avez pas pris la totalité de votre congé maternité. Mais ce sont deux choses différentes. Donc pour la retraite comment vous améliorez la situation et vous prenez en compte le congé maternité que vous n'avez pas pris à plein ?
Non mais encore une fois je pense que je suis désolée mais on mélange des sujets. La question du congé maternité c'est quelques semaines dans une vie et en général ce n'est pas tout à fait dans vos 25 meilleures années de carrière que vous avez eu un enfant. Donc il n'y a pas de sujet sur la prise en compte des quelques semaines de congé maternité ensuite dans ce qui sera votre retraite demain. Et puis il y a ensuite les trimestres des trimestres supplémentaires qu'on accorde aux femmes au titre de la maternité et au titre de l'éducation des enfants. Encore une fois 8 dans le privé 4 dans le public. Exactement.
Ces trimestres existent continuent à exister ils ne sont pas supprimés par la réforme. Ce que moi je vous dis juste c'est que ces trimestres ont été créés à une époque où les femmes n'avaient pas d'autre choix que de s'arrêter de travailler pour élever leurs enfants. Aujourd'hui les femmes elles ont des enfants elles ont des carrières et tant mieux. Et notre responsabilité c'est de faire en sorte surtout que leur carrière ne soit plus des carrières hachées comme on le dit mais qu'elles puissent évidemment continuer leur révolution professionnelle leur carrière professionnelle leur progression professionnelle et atteindre l'égalité salariale.
Donc il n'y aura pas de mesures supplémentaires pour les femmes dans la réforme lors de l'examen ?
Les femmes c'est la retraite minimale c'est l'intégration des congés parentaux dans les carrières longues c'est la question des aidants familiaux et le fait qu'elles continuent à bénéficier de ces trimestres dits maternités et éducation.
Aurore Berger présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale invité de France Info 8h50 le fil info Marie-Maheuf.
Comment empêcher que les enfants accèdent au site pornographique ? Le ministre en charge du numérique Jean-Noël Barraud veut mettre en place une application dès la rentrée de septembre. Il faudrait s'identifier dessus à chaque passage sur ces sites. Un violent séisme de magnitude 7,8 touche le sud de la Turquie et la Syrie. Cette nuit il a fait 350 morts le bilan ne cesse de s'alourdir. Nous sommes en train de monter une équipe confie sur France Info le chef de mission de secouriste sans frontières. Des perturbations à l'école dans le secteur de l'énergie et les transports demain contre la réforme des retraites.
Trafic fortement ralenti à la SNCF dans les transports parisiens niçois ou encore marseillais. Pour samedi les syndicats de cheminots penchent pour un appel à manifester plutôt qu'une grève. La chanteuse américaine Beyoncé devient l'artiste la plus couronnée de tous les temps au Grammy Awards. 4 de plus à son palmarès depuis cette nuit pour un total de 32 récompenses. En revanche le meilleur album de l'année revient au britannique Harry Styles. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel
Avec Aurore Berger la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée la réforme prévoit aussi la suppression des régimes des régimes cession enfin pas tous pas ceux des parlementaires c'est à dire le vôtre et celui des sénateurs si on prend l'exemple des sénateurs attendez nous le nôtre on l'a supprimé dès 2017 il est presque aligné
sur celui de la fonction publique non mais il l'a été en fait ce qui est très simple en 2017 quand on est arrivé en tant que majorité c'était François de Rugy qui était président de l'Assemblée nationale il y avait ce qu'on appelait une double cotisation on cotisait double et donc on garantissait une meilleure retraite on l'a supprimé on l'a supprimé donc aujourd'hui notre régime il est aligné et après si jamais la réforme continue à changer des choses évidemment nous on l'intègre moi je suis toujours partie d'un principe c'est qu'à partir du moment où on demande des efforts aux français il faut se les appliquer à soi-même c'est ce qu'on a fait à l'Assemblée nationale
la super cotisation c'est toujours le cas des sénateurs aujourd'hui qui bénéficient non pas d'un régime spécial mais d'un régime autonome est-ce qu'il faut le réformer ?
Moi je pense qu'encore une fois il faut être logique avec soi-même et cohérent à partir du moment où on demande des efforts aux français il faut se les appliquer à soi-même on l'a fait à l'Assemblée nationale et moi je pense et j'espère que les sénateurs vont le faire aussi
Et pourquoi vous ne le proposez pas dans la réforme des retraites là aujourd'hui ?
Parce qu'en vérité on ne peut pas c'est juste que constitutionnellement on ne peut pas il faut que ce soit une décision du bureau du Sénat qui décide de modifier son régime parce que c'est financé sur la caisse du Sénat donc c'est à eux de prendre cette décision on n'a pas le droit de prendre cette décision à leur place
Donc le gouvernement dit on ne peut pas au nom de la séparation des pouvoirs vous les députés vous dites on ne peut pas
Non on n'a vraiment pas le droit et la possibilité de le faire Donc vous dites à vos sénateurs soyez exemplaires à nos homologues au Sénat c'est on l'a fait à l'Assemblée faites-le au Sénat et on sera d'autant plus crédible et légitime à porter une réforme des retraites
Et tous vos sénateurs voteraient comme un seul homme cette mesure si elle a été proposée demain par Gérard Larcher
Je pense qu'évidemment nos sénateurs ils sont prêts parce que déjà vous savez on est un peu loin de la majorité nous-mêmes au Sénat donc ce n'est pas nous qui pourrons faire la décision parfois c'est plus confortable Eh bien je pense qu'encore une fois il faut évidemment le faire c'est une question de cohérence et de justice
Est-ce qu'on peut être député Renaissance aujourd'hui et ne pas voter la réforme des retraites ?
Moi j'ai toujours dit depuis le début qu'aucune voix du groupe Renaissance ne manquerait sur la réforme des retraites et vous verrez à la fin je pense que j'aurais raison
Vous avez lu et entendu l'enquête notamment de nos confrères de France Inter 12 députés de votre groupe Aurore Berger sont prêts
Les trois groupes de la majorité des trois groupes pardon
vous avez raison c'est-à-dire aussi les députés philippistes et aussi les je ne sais pas comment on dit les députés Horizon et aussi les députés du Modem ceux qui ne voteraient pas la réforme il se passera quoi ?
Encore une fois moi je parle pour mon groupe je ne peux pas parler pour les groupes des autres
Si quelqu'un vote contre
Moi je vous dis que dans mon groupe aucune voix ne manquera pour voter la réforme des retraites pour un principe simple c'est qu'on s'est engagé sur cette réforme et que les exigences très fortes de notre groupe sur les enjeux de justice sur la retraite minimale sur l'emploi des seniors sur la pénibilité sur la question des femmes ont été intégrées
Donc vous préférez qu'ils restent à la maison en jour du vote plutôt que d'aller voter contre ?
Non moi je ne demanderai jamais à un parlementaire de ne pas s'exprimer et de ne pas venir mais vous verrez qu'ils viendront et qu'ils viendront voter pour la réforme
Aurore Berger une nouvelle journée de mobilisation demain mobilisation, manifestation et grève et je voulais vous faire éclaircir une phrase que vous avez prononcée chez nos confrères de France Culture Vous avez dit être un homme ou une femme politique c'est aussi résister parfois à l'opinion publique mais vous n'êtes pas élu justement pour faire passer les messages pour servir justement l'opinion publique
les français ?
Vos confrères de France Culture m'interrogeaient notamment sur la question de l'IVG et c'est dans ce cadre là que j'ai répondu et je pense que oui c'est important parfois de résister à la pression aussi de l'opinion publique et de ne pas en permanence uniquement dire ce qui est attendu de nous je sais qu'en portant la réforme des retraites c'est une réforme qui est difficile et c'est une réforme qui est difficile parce qu'elle demande des efforts à des millions de français c'est pour ça qu'il ne faut pas tomber dans l'arrogance tomber dans la facilité pour ça qu'il faut dire la vérité et dire la vérité c'est dire que les projets alternatifs aux nôtres notamment le projet d'LFI c'est 85 milliards d'euros de coûts et qu'en vérité ils ne savent pas le financer autrement qu'en baissant les pensions des retraités ou en augmentant les cotisations ce qui veut dire baisser le salaire des français c'est ça être honnête et c'est ça faire de la politique
Laurent Remberger le Sénat a voté il y a quelques jours pour l'inscription de l'IVG dans la constitution mais en modifiant un peu la formule qui avait été votée par les députés les députés parlaient d'un droit le Sénat parle d'une liberté pour les femmes d'avoir recours à l'IVG est-ce que la formule vous satisfait tout de même ou pas ?
moi ce qui me satisfait et ce qui me réjouit même c'est que le Sénat ait voté l'inscription dans la constitution de l'IVG du droit à l'IVG que ce soit une liberté
ou un droit parce que c'est pas le mot droit qui a été repris
oui mais ce qui est important c'est quoi ? c'est la portée qu'aurait l'inscription dans la constitution de la protection de l'IVG et qu'on l'écrive à tel ou tel article de la constitution ça a évidemment plus ou moins de portée symbolique mais à la fin c'est dans la constitution qu'on écrive droit ou liberté à la fin ce qu'on veut dire l'intention du législateur et la majorité qui se dégage à l'Assemblée et au Sénat c'est de dire quoi ?
dire que si demain nous avions malheureusement une majorité différente une majorité populiste une majorité qui voulait attenter au droit des femmes et bien elle ne pourrait pas revenir sur ce droit ou sur cette liberté fondamentale des femmes à disposer de leur corps
donc vous ne réécrirez pas le texte du Sénat et vous souhaitez qu'il soit adopté tel quel à l'Assemblée ?
moi en tout cas je ne veux pas qu'il y ait une bataille j'allais dire un peu de chiffonnier pour se dire quel est le meilleur des textes le meilleur des textes c'est celui qui a une chance de recueillir une majorité à l'Assemblée et au Sénat pour qu'à la fin de notre mandat et bien la constitution ait été modifiée
par le bien d'un référendum ?
alors il y a un vrai débat y compris pour ceux qui sont comme moi très attachés à ce droit de se dire est-ce que le référendum ne prendrait pas le risque de rouvrir des débats qu'on ne souhaite pas voir rouvrir dans notre pays avec des anti-IVG et cette déferlante qu'on aurait vous savez quand on l'a voté à l'Assemblée nationale on a reçu à nouveau des intimidations des menaces moi j'ai reçu un petit bébé en plastique démembré et ainsi de suite donc c'est évidemment pas la violence de ce qu'a connu Simone Veil à l'époque de ces débats mais vous voyez bien quand même que malheureusement ça charrie beaucoup de mauvaises âmes ce débat et je pense qu'à la fin
le fait d'avoir
un projet de loi constitutionnel d'avoir un congrès on sait aujourd'hui avec le vote du Sénat qu'on a une majorité des 3 cinquièmes puisqu'au congrès il faut réunir 3 cinquièmes et de l'Assemblée et du Sénat pour faire adopter un texte je pense que c'est plus raisonnable j'allais dire par rapport à ce que les débats pourraient être et je pense que de toute façon c'est cette voie-là qu'on doit à mon avis emprunter ce qui compte c'est qu'à la fin oui mais la première ministre elle s'est engagée elle-même quand j'ai déposé cette proposition de loi constitutionnelle immédiatement elle est venue en soutien de cette proposition vous avez la garantie
que le congrès sera réuni avant la fin du quinquennat pour faire voter l'inscription de l'IVG dans la constitution
ça c'est une décision qui revient au président de la république à lui seul que soit le congrès ou la référendum
évidemment nous en parlons
et avec le président de la république et avec la première ministre ma conviction de femme, de citoyenne et de parlementaire c'est qu'avant la fin du mandat la constitution aura été modifiée et que la constitution intégrera le droit à l'IVG
Aurore Berger des chars lourds de combat des chars légers des canons César mais aussi des missiles les occidentaux dont la France multiplient les envois d'armes aux ukrainiens est-ce qu'à un moment il faut en parler au parlement consulter le parlement sur l'envoi d'armes lourdes aux ukrainiens alors on a eu un débat
au parlement sur la situation en Ukraine alors un débat sans vote au début de la guerre mais on a eu un débat il y a quelques mois dans cette rentrée parlementaire donc on a eu ce débat on a fait venir le président de la Rada le président du parlement ukrainien qui est venu à l'Assemblée et au Sénat moi je crois que ça reste une prérogative qui est celle du chef des armées que de décider d'envoyer ou pas tel ou tel équipement et je crois qu'on a aujourd'hui heureusement une majorité dans tous les cas pour dire que c'est nécessaire de le faire et qu'encore une fois on doit avoir cette réactivité cette agilité pour agir très vite un débat au parlement à l'Assemblée au Sénat ça peut être des semaines de débat est-ce que les Ukrainiens ils ont des semaines devant eux quand ils demandent parfois quand ils supplient d'avoir des armes supplémentaires je crois pas qu'on puisse avoir dans cette configuration-là ce débat j'entends la demande des parlementaires moi je pense que franchement il vaut mieux surtout faire en sorte qu'à la fin les Ukrainiens gagnent cette guerre c'est ça l'objectif surtout qu'on doit pouvoir poursuivre
Merci à vous Renard Berger présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale vous avez préparé les stocks de café les deux semaines qui viennent
de café et même de bonbons pour tout le dire
et même de bonbons Merci, bonne journée à vous
On est prêts
Aurore Bergé