Plan B- Intervention de Jean-Luc Mélenchon (english subtitles)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 52 %Attaque 41 %Défensif 7 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« saluer avec émotion Mme Simen Mohamed, coprésidente du Rojava et de Kobané, capitale de la lutte contre les fascistes du Daesh »
- 1:01Invité politiqueFait
« saluer Mme Leïla Boran, représentante des femmes yézidistes martyrisées par le Daesh »
- 3:26Invité politiqueFait
« 'est partie la pourriture du blairisme qui a ravagé tout le mouvement progressiste européen »
- 3:37Invité politiqueFait
« pour humilier les travailleurs allemands, citadelles de la classe ouvrière européenne la plus organisée du vieux continent »
- 3:56Invité politiqueFait
« et fait que dix ans après leur passage, la situation de la classe ouvrière du vieux continent est pire qu'après la guerre »
- 4:26Invité politiqueFait
« Cet homme a refusé de suivre Schroeder. Il a démissionné de son poste et créé D-Link »
- 5:24Invité politiquePromesse
« Nous présentons un plan conforme à l'intérêt général des 450 millions de personnes qui habitent à l'intérieur de l'Union européenne »
- 7:48Invité politiqueFait
« La monnaie unique à laquelle nous pourrions aspirer, ça ne peut pas être l'euro qui est aujourd'hui, purement et simplement, une cage où enfermer et faire mourir tous nos rêves »
- 8:44Invité politiqueFait
« 'est l'agressivité de l'Union européenne »
- 9:30Invité politiqueChiffre
« c'est le départ de 500 000 Grecs de leur pays parti de force, dont 120 000 en Allemagne »
- 10:06Invité politiqueChiffre
« 500 000 Grecs, un million d'Espagnols ont dû quitter leur patrie en moins de 10 ans en raison des politiques de l'austérité »
- 14:11Invité politiqueChiffre
« François Hollande a obtenu un plan de relance de 120 milliards, dont 60 qui existaient déjà dans le budget européen et 60 autres à trouver par emprunt »
- 30:08Invité politiqueFait
« Airbus a reçu des avances sur recettes pendant des années. »
- 30:30Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, c'est 50% du marché mondial des satellites. »
- 31:58Invité politiqueFait
« La France, seconde économie du continent. »
- 32:01Invité politiqueFait
« L'Italie, troisième économie du continent. »
- 32:03Invité politiqueFait
« L'Espagne, quatrième économie du continent. »
- 39:34Invité politiqueFait
« Nous avons inventé le mot d'Europe austéritaire. »
- 40:19Invité politiqueFait
« Les électeurs votent même quand ils ne comprennent pas. »
- 40:31Invité politiqueFait
« Vous votez « renégociation des traités budgétaires », il a entendu « ça boum avec le traité budgétaire ». »
- 41:49Invité politiqueFait
« Alexis Tsipras est notre ami. »
- 42:00Invité politiqueFait
« Le peuple grec a voté non contre le mémorandum. »
- 43:46Invité politiqueFait
« Zoé est traitée d'Ouran-Outan mal baisée dans la presse grecque. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon92 %
- ?8 %
≈ 77,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
C
'est la surprise, hein
?
Merci.
Bravo
à vous autres dehors qui avez la patience
de
suivre le meeting sous vos parapluies.
Un
grand salut à vous.
Mes
amis,
je
ne commencerai pas ce que j'ai à vous dire
après
ceux qui m'ont précédé à cette tribune,
sans
d'abord
en
votre nom à tous
saluer avec
émotion Mme Simen Mohamed, coprésidente du Rojava et de Kobané, capitale de la lutte contre les fascistes du Daesh,
et
saluer Mme Leïla Boran, représentante des femmes yézidistes martyrisées par le Daesh.
Une
fois de plus, mes chers amis et camarades, cette fête de l'humanité
à
qui
je
veux adresser les remerciements les plus chaleureux et les plus profonds aura été un moment important
de
notre histoire collective.
C
'est ici que nous avons posé les premières pierres
de
notre front de gauche.
C
'est ici que nous avons vécu ensemble tous les épisodes
de
notre construction politique.
Il
n'est pas seulement à vocation nationale,
et
j'espère qu'aujourd'hui, davantage que jamais, vous aurez réalisé à quel point vous n'êtes pas seulement les protagonistes de je ne sais quelle élection locale, mais les protagonistes de la grande histoire avec un H majuscule, celles que font les femmes et les hommes, qui se sentent une responsabilité vis-à-vis de l'intérêt général humain.
Vous
êtes des Européens, vous êtes des citoyens du monde. Le monde est à la bascule et il dépend de ceux que vous allez faire, qu'ils tournent d'un côté ou qu'ils tournent de l'autre. Souvenez-vous que chacun d'entre vous est personnellement responsable de l'issue que nous allons donner aux événements, selon que nous nous engagerons avec force ou courage, ou bien que nous nous réfugierons dans les pleurnisseries et les bisbilles politiciennes.
Quel
étrange jour que celui-ci
et
vous autres,
les
rouges,
toujours
le cœur plein d'allégresse, plein d'enthousiasme, prêts à pardonner toutes les fautes du passé, je vous ai vus,
vous
avez applaudi en secrétaire général de Travaillis, voilà qui est nouveau.
Mais
vous avez raison,
car
à chaque fois que passe une hirondelle, il faut, pour continuer le combat, croire qu'elle annonce le printemps.
C
'est du Laibourg parti
qu
'est partie la pourriture du blairisme qui a ravagé tout le mouvement progressiste européen.
C
'est les papiers Blair, Schroeder,
pour
humilier les travailleurs allemands, citadelles de la classe ouvrière européenne la plus organisée du vieux continent.
C
'est Blair faisant son papier avec Schroeder et ensuite
avec
papa Andréou et tous ces capitulards qui ont humilié tous les travailleurs d'Europe et fait que dix ans après leur passage, la situation de la classe ouvrière du vieux continent est pire qu'après la guerre. Voilà leur responsabilité devant l'histoire.
Voilà
ce que nous n'avons pas voulu accepter.
J
'étais heureux que vous applaudissiez. Oscar Lafontaine, tout à l'heure, qui est reparti à son train. Mes amis, voilà de quelle trempe nous avons besoin. Cet homme a refusé de suivre Schroeder.
Il
a démissionné de son poste et créé D-Link.
D
'où est partie l'impulsion qui nous a permis ensuite de créer le front de gauche ?
Nous
sommes, à chacune des étapes, les héritiers et les enfants d'une histoire bien plus large que celle que nous avons accumulée dans notre pays. Vous avez entendu ces hommes vous parler tout à l'heure. Ce sont des ministres des Finances de leur pays. Alors je demande qu'on fasse le bilan. Raison contre raison, programme contre programme. Pourquoi faudrait-il croire ceux qui ont mis en œuvre un programme qui a partout échoué, créé la misère et la déchéance morale et sociale de tant de millions de personnes, plutôt que ces hommes-là qui ont fait la proposition d'un autre chemin ? La raison est de notre côté. La raison, pas l'idéologie. La raison,
nous
ne présentons pas
un
plan pour notre pays.
Nous
ne présentons pas un plan pour la gauche. Nous présentons un plan conforme à l'intérêt général des 450 millions de personnes qui habitent à l'intérieur de l'Union européenne. Il faut avoir la tête dans les étoiles pour être capable de marcher dans la boue.
Voilà
la tâche politique.
Merci,
mais vous devez être vigilants et moins naïfs souvent.
Si
vous voulez
bien
comprendre,
quand
bien même vous dites-vous, et vous l'êtes chacun, chacune,
des
personnes raisonnables,
que
vous avez assez vécu les uns et les autres
pour
savoir que dans l'existence,
il
faut toujours, à un moment ou à un autre, faire un compromis,
pour
que le compromis soit viable, il faut d'abord qu'il y ait un rapport de force. Sans rapport de force, on ne signe pas des compromis, on signe des capitulations. Et maintenant, essayez de comprendre, en rembobinant le signe de votre propre histoire, ce qui s'est passé. La construction de l'Union européenne, telle qu'elle a été rêvée, est morte.
L
'Union européenne est un cadavre politique pour nous.
Pour
les puissants et les importants, c'est une camisole de force pour tenir enfermés les peuples et contenir leurs mouvements.
Mais
nous,
nous
qui sommes l'histoire, nous qui incarnons la volonté de paix, qui a animé nos prédécesseurs, femmes et hommes, dans l'histoire, qui avons voulu l'Europe pour que ce soit la paix, nous qui l'avons voulu depuis la grande révolution de 1789,
nous
qui l'avons voulu, à la suite de Victor Hugo, qu'il a tant de fois appelé de ses voeux, ces États-Unis d'Europe. Pour nous, l'Europe que nous voulions ne peut pas être l'Union européenne que nous avons sous les yeux. La monnaie unique à laquelle nous pourrions aspirer, ça ne peut pas être l'euro qui est aujourd'hui, purement et simplement, une cage où enfermer et faire mourir tous nos rêves, toutes nos espérances, y compris jusqu'au plus légitime. Regardez le retournement de situation, regardez en face comment on vous perde, on vous trompe, on vous enfume, on vous ment.
Aujourd'hui, on vous montre des milliers de réfugiés et l'on appelle à votre bon cœur, que vous avez immense et bien connu, car vous, vous êtes du camp de ceux qui tendent toujours la main à celui qui tombe, à celui qui ne sait pas comment avancer plus loin. Mais vous n'êtes pas dupes de cette comédie. Pourquoi ne parle-t-il que d'accueil ? Pourquoi ne parle-t-il jamais des causes du départ de ces milliers de gens ?
Et
les causes du départ de ces milliers de gens,
c
'est l'agressivité de l'Union européenne.
Oui,
qui est responsable des guerres auxquelles elle participe et qui est responsable d'imposer à tous les pays de l'Afrique subsahélienne des contrats absolument léonins qui ruinent les économies locales et mettent en mouvement des millions de gens.
mais
je vous prie,
je
vous prie de ne pas vous contenter de regarder au loin des réfugiés plus ou moins exotiques.
Je
voudrais vous rappeler les conséquences sur les Européens eux-mêmes de cette politique.
Car
pour l'instant, le plus grand mouvement de population que nous ayons eu à vivre, nous les Européens, ce n'est pas à l'arrivée des Syriens, ce n'est pas à l'arrivée des Érythréens, c'est le départ de 500 000 Grecs de leur pays parti de force,
dont
120 000
en
Allemagne
où
l'on s'est frotté publiquement les mains de voir arriver de la main-d'œuvre de haut niveau de qualification, comme ils se frottent les mains de voir arriver ces Syriens qui parlent tous anglais puisque vous les voyez à la télévision, vous expliquez leur malheur, ce qui signifie qu'ils appartiennent à la classe moyenne formée et instruite de ces pays qui se trouvent donc privés de leur élite. 500 000 Grecs, un million d'Espagnols ont dû quitter leur patrie
en
moins de 10 ans en raison des politiques de l'austérité. Voilà les plus grandes vagues de migration, tant et si bien que l'Europe et son hypocrisie rejaillit sur le monde entier avec un rire amer de la part de nos amis d'Amérique latine c'était Vau Morales qui dit « L'Europe ne cesse de nous envoyer des immigrés et de repousser les nôtres, si bien qu'ils passent leur temps à inventer des législations contre les gens qui chargent du travail, tandis que nous passons notre temps à essayer de faire des législations qui leur en donnent ici.
»
Voilà ce qui se passe ! Voilà ce qui conduit inexorablement à la catastrophe !
Car
sur cette pente, il ne peut y avoir qu'une catastrophe. Vous savez que je n'aime pas peindre le noir sur le noir.
Je
ne suis pas un orateur qui compte sur le fait que les gens ont tellement peur que ça les motive. C'est tout le contraire.
Je
voudrais vous dire que chaque défi qui nous est lancé est une opportunité pour inventer et créer et passer à autre chose de plus puissant, mes camarades et amis. Eh bien, le défi est tellement grand
que
nous avons devant nous une opportunité géante d'inventer quelque chose de radicalement nouveau et il faut s'y mettre.
Mais
vous, d'abord, devez comprendre que la condition numéro un, c'est la démocratie.
Si
l'on fait l'Europe contre les peuples, on a déjà essayé de le faire de nombreuses fois, ça échoue. Eh bien, là, nous avons une série à répétition de coups de force contre la démocratie. Peut-être que vous l'avez présente à l'esprit, mais peut-être que d'autres ne l'ont pas.
Tout
a commencé lorsqu'en 2005, on nous a remis sur la table un projet de constitution qui réunissait tous les anciens textes
qui
avaient fondé l'Union européenne.
Au
terme d'un chantage inouï, il avait été dit aux Français que s'ils rejetaient le traité constitutionnel, ils rejetaient toute la méthode de construction européenne qui avait prévalu. Eh bien, les Français ont rejeté le traité constitutionnel. C'est un avis extrêmement clair qu'ils ont donné.
Et
ensuite,
le
président Sarkozy est fraîchement élu, a trahi le peuple français qui avait voté non en lui faisant croire qu'il avait voté oui et c'est le traité de Lisbonne. après quoi, le suivant est arrivé
et
il avait promis que l'on renégocierait le traité budgétaire. Vous vous en souvenez ? Le traité budgétaire, c'est la camisole de force dans laquelle nous sommes en train de mourir. Et vous vous souvenez de moi, pauvre diable, en train d'essayer d'expliquer à Montpellier pendant 20 minutes en quoi consistait le mécanisme européen de stabilité financière et vous me regardiez en disant bon, peut-être qu
'il
va nous parler d'autres choses pour finir.
A
l'époque, la France entière avait un sujet de débat absolument extraordinaire, la viande halal. Voilà de quoi on parlait
au
lieu de parler de ce qui allait nous toucher directement. Eh bien, mes amis, souvenez-vous de quelque chose.
C
'est parce que la démocratie a été violée à deux reprises, parce que François Hollande, candidat, avait promis de réviser le traité budgétaire. Maintenant, changez de casquette un instant. Et imaginez-vous que vous êtes, Madame Merkel. Alors,
elle
voit arriver un président français, son peuple a voté non, et il lui dit ben, c'est pas grave, on va dire que c'est oui, on coupe tout en morceaux, on le jette en l'air et comme ça retombe, on le colle et ça fait le traité de Lisbonne. Alors, elle le regarde, elle se dit mais il
est
drôlement agité, ce type. Bon, il nous dit que les Français ont dit oui alors qu'ils ont dit non. Bon, arrive le suivant,
qui
a dit on va renégocier tout. Il arrive, bonjour madame, comment ça va, ça va. Alors, elle lui dit en allemand,
c
'est tout ce que vous avez à me dire, oui, oui, ah si, il faut un plan de relance
et
l'Europe entière d'apprendre que François Hollande a obtenu un plan de relance de 120 milliards, dont 60 qui existaient déjà dans le budget européen et 60 autres à trouver par emprunt. Alors, évidemment, on lui a dit oui, oui, oui, toute l'Europe se moquait des Français.
Ils
ont cru que c'était nous qui étions d'accord avec cette comédie. Et si vous voulez savoir à quel point c'est une comédie,
vous
vous imaginez 120 milliards d'euros, le banquier central, il n'a rien demandé à personne et il a décidé de mettre 1000 milliards d'euros sur la table dont aucun d'entre vous n'a jamais vu la couleur parce que c'est reparti directement des banques, la banque centrale aux banques particulières, lesquelles ont tout remis immédiatement dans la bulle financière. Il n'y a pas un seul boulot qui a été fabriqué dans toute l'Europe, une seule machine avec cet argent. Voilà ce qu'est cette Europe, une mystification permanente. Alors,
vous
autres, rentrez en vous-même. Combien de fois vous avez pensé que j'étais exagéré
? Combien
m'ont dit « Ah, quand même, c'est une violence symbolique ». Ah bon
? Et
quand le banquier central a décidé de couper la liquidité à Chypre, tout petit pays,
mon
camarade François Delapierre avait traité P.A. Cendres, Moscovici, de salopards pour avoir accepté ça.
Et
moi,
et
moi,
j
'avais dit que Moscovici ne parlait plus la langue française mais la langue de la finance. Et vous savez, qu'ils ont trouvé à me répondre que j'étais devenu antisémite. Voilà le niveau du débat dans ce pays. Voilà comment on nous parle quand on pose des vrais problèmes. Eh bien, à Chypre, on est passé de la violence symbolique à la violence la plus directe. Et ça, mes amis, mes camarades, dans n'importe quelle autre région du monde, couper les liquidités d'un pays, l'empêcher d'accéder à sa ressource, c'est un acte de guerre.
Eh
bien, c'est un acte de guerre qu'a posé la BCE contre Chypre.
Et
c'est un acte de guerre qui a été posé contre la Grèce.
C
'est un coup d'État financier. Ce n'est pas de la violence symbolique.
Voilà. Voilà
dans quelles conditions Alexis Tsipras a négocié. Camarades, amis,
moi,
je ne donne pas de leçons.
Les
événements sont tellement frais.
Le
5 juillet, nous étions dans la rue
et
nous chantions des chansons.
Il
y en avait une, peut-être, que vous vous en rappelez.
Le
couplet, c'était « Elondibis, Elondibis, Elondibis, Varoufakis, Tra-la-la-ler, Tra-la-la-la-ler. » Allez
! «
Elondibis,
Elondibis,
Elondibis, Varoufakis.
» Une
semaine après,
il
signe. Pas lui,
notre
camarade Tsipras.
Nous,
nous ne donnons pas de leçons.
Nous
avons d'abord protesté contre cette décision parce que ce n'est pas une décision libre.
quand
18 personnes vous retiennent pendant 17 heures pour négocier de manière hostile contre vous et vous arrachent un document dans lequel on fixe jusqu'au prix du lait, de la viande et du pain, c'est tout simplement une humiliation qui a été faite. Ce n'est pas un accord libre. L'accord de Tsipras n
'est
pas plus libre.
L
'accord de Tsipras
n
'est pas plus libre
que
n'est l'accord des malheureux camarades qui ont dû accepter de passer de 35 à 39 heures. Ce n'est pas un accord libre que l'accord qui est gagné avec un revolver sur la tempe. Cette violence, elle est en marche à chaque instant. De quel droit l'Eurogroupe décide que la Grèce doit sortir de l'euro ? Il n'y a aucun règlement qui permette ou qui imagine qu'un pays puisse être expulsé de l'euro. Je tiens à vous le dire et à vous le rappeler. De la même manière, l'Eurogroupe n'a aucune réalité institutionnelle.
De la même manière, et la preuve, nous en avons de la part de l'Eurogroupe lui-même parce que quand ils ont chassé Yanis Baroufakis de La Réunion, Yanis Baroufakis a dit « Mais pourquoi vous m'expulsez alors que mon pays est membre de la zone euro ? » Et on lui a répondu « L'Eurogroupe n'a pas de statut, le président dessine ce qu'il veut et toi tu sors.
»
Voilà comment ça s'est passé. Alors, alors, où sont les bons joueurs de violon ? Sur l'Europe qui nous protège avec son grand revolver sur notre temple
?
L'Europe démocratique où l'on tabasse ceux qui ne sont pas en état de se défendre. C'est ça leur Europe. Et il faudrait que nous, sous la pression, intimider nos versions de chauds de larmes, de joie, dès qu'on nous dit « Europe ». Et vous avez l'improbable président de la République française
qui
déclare qu'il a trouvé une grande idée.
Il
va faire un gouvernement économique. Et aussitôt la nuit, vous vous relevez, très saillant dans l'égresse. Un gouvernement économique. Que n'y avait-on songé jusque-là ?
Ça
fait 20 ans que le Parti Socialiste répète ça. Et naturellement, immédiatement, les Allemands ont dit « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Nous n'en avons pas du tout l'intention. Et si jamais vous voulez faire un gouvernement économique, ça sera pour appliquer le traité budgétaire européen. Et de toute façon, ce gouvernement, il existe déjà. Ça s'appelle la Commission européenne à laquelle chaque nation doit aller présenter son budget avant de le faire passer devant son propre Parlement. Voilà. Voilà le seul idéal qu'ils ont à nous proposer. Avec un Parlement, s'il vous plaît, on trouverait une nouvelle assemblée à créer et qui aurait immédiatement le droit d'être d'accord.
Est
-ce que ça ne serait pas des votes magiques ? Oui, tout le temps.
D
'ailleurs, ils ne savent même pas quelle est la question posée. Comme a dit M. Juncker, quelle que soit la question, la réponse est oui. Oui, oui, oui. Oui.
Eh
bien,
nous
sommes nombreux à savoir que des fois, dans la vie, on commence mieux en disant non.
en
tout cas,
nous
avons eu la formule donnée par M. Juncker lui-même.
Il
a dit qu'il n'y a pas de décision démocratique contre les traités européens.
Ce
jour-là, le président de la Commission vous a dit, noir sur blanc, si je peux m'exprimer de cette manière, ce que vous n'osiez pas vous dire. Votre patrie républicaine qui a refusé le droit de veto à capé,
se
les fait ramener par la fenêtre de la Commission européenne qui a un droit de veto sur votre budget. Et votre patrie n'est plus un pays indépendant. Mes amis, la liberté de dire oui n'a de sens que si l'on peut dire non.
Et
pour pouvoir dire oui ou non, il faut être maître de sa liberté et c'est ce qu'on appelle l'indépendance.
Je
suis un indépendantiste français.
Je
suis un indépendantiste pour tous les peuples d'Europe. Cela signifie que c'est l'autre manière d'appeler la souveraineté.
La
souveraineté, ça commence dans le cœur de chacun d'entre vous quand vous décidez par vous-même ce que vous voulez devenir vous-même. Dans les petites comme dans les grandes choses. La souveraineté, c'est le premier acte qu'un groupe humain impose pour contrôler ses membres et le territoire sur lequel il vit comme on l'apprend en anthropologie. La souveraineté, c'est la possibilité que le peuple décide tout entier et c'est parce qu'il a décidé tout entier que ce qu'il a décidé s'applique à tous. La légitimité démocratique vient du fait que l'on décide par soi-même et que l'on décide tous. Or, là, ne décident que quelques personnes.
28 dans une réunion de la Commission européenne présidée par M. Juncker. La condition de la récupération de l'idéal européen est que la France récupère son indépendance. J'ai dit la France.
Est
-ce que ce serait un projet exclusivement français
? Mes
amis, parce que j'ai dénoncé le rôle du gouvernement allemand avant tout le monde, ce qui me valut des commentaires pas toujours très agréables, depuis, beaucoup ont réalisé que j'avais raison. On voudrait faire de moi un germanophobe, quand bien même celui avec qui je marche la main dans la main depuis les origines de mon parti est en allemand Oscar Lafontaine. Et quand bien même nous sommes unis avec toutes les forces qui combattent l'oligarchie et la direction du gouvernement CDU-CSU en Allemagne, c'est-à-dire Die Linke. Non,
mais
je veux pour mon pays ce que je veux pour les autres.
Et
nous avons besoin de faire valoir
l
'irréductible volonté qui est la nôtre si nous voulons être entendus. Je vous ai dit qu'il faut créer des rapports de force. Je suis obligé d'élever la voix, mes amis, mes camarades, parce que j'aspire à gouverner ce pays avec autant que vous et avec vous. Et je veux que l'on sache au-delà de toutes les frontières que je ne céderai jamais à rien.
J
'ai besoin qu'on le sache.
J
'ai besoin qu'on le sache.
J
'ai besoin
que
l'on sache
que
s'il leur est arrivé de pouvoir menacer Alexis Tsipras parce que l'économie de la Grèce est 2% de l'économie européenne, on ne pourra pas menacer un dirigeant français qui résiste parce qu'il représente 18% de l'économie européenne, c'est-à-dire à peu près autant que celle de l'Allemagne. Et comme l'a dit tout à l'heure Yanis Varoufakis, je vous rappelle que si l'on nous cherche trop de poux dans la tête, il est toujours possible de dire « Eh bien, nous cessons de payer ».
Parce
que comme l'a dit Yanis Varoufakis tout à l'heure, si le gouvernement grec avait dit « Écoutez, ça fait 5 mois qu'on parle avec vous, ça fait 5 mois que vous essayez de nous humilier », eh bien maintenant, que voulez-vous, nous sommes de braves gens, mais nous ne pouvons pas payer car il ne nous reste déjà plus que la peau sur les eaux et c'est la peau que vous voulez enlever. À ce moment-là, je fais le pari qu'ils auraient cédé. Pourquoi ? Parce que la banqueroute grecque signifiait la mise en mouvement du mécanisme assurantiel européen, c'est-à-dire le mécanisme européen de stabilité financière. Et quand l'assurance se met en mouvement, c'est elle qui paye.
Ce qui voulait dire que si les Grecs avaient fait banqueroute, il y en avait pour 40 milliards pour la France et 60 milliards pour les Allemands. Figurez-vous que ni les uns ni les autres n'avaient intérêt ni envie de payer une telle somme. C'est dire que si ils n'avaient pas signé, ils se seraient trouvés en situation de banqueroute et alors, vous auriez vu que tous ces gens seraient devenus très réalistes. Ils auraient dit « Certes, nous reconnaissons que 80% de la dette grecque est dorénavant dans des mains publiques.
Elle
est dans les mains de la Banque Centrale Européenne, dans les mains du mécanisme européen de stabilité financière. »
C
'est-à-dire du papier. Du papier, mes amis et camarades. Et ils auraient dit « Eh bien voilà, cette dette-là, nous allons la porter à la Banque Centrale Européenne. » Et la Banque Centrale Européenne aurait regardé « C'est très intéressant. Elle aurait foutu à la poubelle. » Parce que tous ces milliards ont cessé d'exister depuis longtemps. Ce sont des jeux d'écriture qui reposent sur des rapports de force politiques. Des rapports de force, mes camarades. Voilà pourquoi je lève la voix. Il vient de vous le dire. Ceux qui croient que la monnaie est une institution apolitique, qu'elle est en dehors des relations sociales et politiques, sont des rêveurs. Ça n'existe pas.
C'est seulement fait pour vous berner et vous faire croire à des choses. Comme par exemple, quand vous allez à la banque, ballon que vous êtes,
vous
croyez qu'ils vous prêtent de l'argent qu'ils ont. Parce que vous, quand vous vous prêtez à votre voisin, c'est bien votre argent. Mais l'argent qu
'ils
vous prêtent, ils ne l'ont jamais eu. Ils attendent que vous ayez construit la maison ou acheté la voiture pour que derrière les billets de banque, il y
ait
une contrepartie matérielle. Bon, c'est un peu compliqué. Mais je crois qu'il va falloir que tout le monde comprenne ça.
Vous
devez devenir des savants de la théorie matérialiste de la monnaie. Vous devez comprendre parce que quand la lutte va commencer pour ce pays, ça ne
va
pas reposer sur une ou deux personnes. Ça va reposer sur des millions de gens qui doivent être éduqués, préparés à la résistance parce que pour résister, il faut être fort moralement. Il faut être instruit. Il faut être cultivé. Vous devez apprendre. Vous devez lire. Vous devez enseigner à ceux qui ne savent pas. Et ceux qui ne savent pas doivent poser la question à ceux qui savent. Jusqu'à ce que vous sachiez tous parce que c'est à ce prix qu'on met une élu de masse. Mes camarades,
vous
avez entendu plan B.
Mais
il ne faudrait pas que ça vous fasse sauter une lettre.
Il
y a le plan B et puis il
y
a le plan A.
Le
plan A,
c
'est le plan des gens raisonnables. Moi
et
d'autres ici.
On
vient et on dit écoutez, faisons le bilan. La politique que vous appliquez, on ne
va
pas faire une critique idéologique. On se connaît, nous sommes des partageux, vous êtes des radins et des égoïstes. Ce n
'est
pas la peine d'en parler. Regardons les résultats.
Il
n'y
a
rien qui marche.
C
'est le chômage partout. Le seul sujet de satisfaction que vous avez, c'est de dire l'Allemagne exporte des voitures et des machines outils.
Et
nous, nous devrions nous réjouir d'exporter je ne sais quoi.
Mais
on s'en fout, figurez-vous. Ce qu'on veut, c'est être ici, heureux, avec les choses simples que nous demandons, de l'éducation, de la sécurité sociale, s'occuper de nos anciens, s'occuper de nos enfants, nous avoir des vacances, peut-être comme des becs à vivre pour travailler, voilà, des choses simples.
Et
on est d'accord pour partager vos milliards puisque nous, on ne les a pas.
On
est d'accord pour partager vos millions
puisque
vous, vous pouvez un jour dire « Ah ben je touche 16 millions pour m'en aller »
comme
le patron d'Alcatel.
Alors
celui-là, il
a
juste ruiné sa boîte.
Il
a détruit un bijou de l'industrie française. Il s'en vend, il lui donne 16 millions. Tout le monde crie. Il dit « Bon, allez, allez, c'est bon, bon, j'en prends que 8.
»
8 ? Mais pourquoi 8
? Et
qu'est-ce que c'est que ce genre de type qui renonce à la moitié de sa paie ? Lequel d'entre vous n'est prêt à faire ça ? Personne ? Aucune personne normale qui a gagné son argent honnêtement renonce à la moitié de son salaire. Ça n'existe pas. Alors s'il accepte de le partager en deux, ça veut bien dire qu'il sait lui-même qui ne l'a pas gagné honnêtement. La preuve, c'est qu'il le donne facilement. Je reviens à notre affaire.
Le
plan A, c'est le plan des gens raisonnables. Faisons votre bilan. Rien ne marche. Nous avons une autre proposition. Et déjà, nous, les Français, si nous sommes majoritaires à l'élection, nous dirons « Voilà, la France est liée par des traités.
» Je
vous prie, mes chers camarades, de faire de la politique sérieusement.
La
France a signé des traités. Elle honore les traités qu'elle a signés.
Et
les autres pays ont signé des traités avec nous. Et nous demandons qu'ils les appliquent. Par conséquent, pour nous défaire d'un traité auquel nous avons consenti démocratiquement par nos assemblées, il nous faut un mandat du peuple. Eh bien, si nous voulons revenir sur les principaux aspects inacceptables du traité budgétaire, nous devrons consulter le peuple français. Exactement comme Tsipras l'a fait sur le mémorandum. Sauf que moi, ce n
'est
pas sur un mémorandum que je propose qu
'on
vote,
mais
sur le fait qu'on sorte d'un certain nombre des dispositifs européens. Et on fera des remarques de bon sens.
On
va leur dire, écoutez, avant qu'il y
ait
l'euro, avant qu
'il
y
ait
votre magnifique traité budgétaire, avant qu'il y
ait
votre sublime politique économique, qu'est-ce qu'on faisait ? On faisait Airbus. Et vous nous en parlez sans arrêt d'Airbus. Sauf qu'avec les règlements actuels, on ne pourrait pas faire Airbus. Parce que Airbus a reçu des avances sur recettes pendant des années.
Et
de la même passion, on a fait la fusée Ariane. Vous êtes là, à faire des gargarismes avec la fusée Ariane, la fusée européenne, parce qu'il y
a
des décalcomanies de tous les pays collés dessus.
Ah,
ça vous plaît d'en parler ? Sauf qu'on n'aurait pas fait la fusée Ariane avec le traité budgétaire actuel. Parce que la société qui est produit Ariane a bénéficié d'avances sur recettes. Et aujourd'hui, c'est 50% du marché mondial des satellites.
Vous
voyez, mes amis, mes camarades, ce que j'essaye de vous dire, c'est que notre approche des problèmes n'est pas une approche purement idéologique, même si nous avons des raisons idéologiques d'être en mouvement. C'est une approche rationnelle. Leur machin ne marche pas. Très bien. Alors, on leur explique ça.
Ça
dépend de qui va l'expliquer.
Il
y a des gens qui sont plus ou moins crédibles quand ils élèvent la voix.
Il
y en a qui ont un cœur de mouton et c'est pas fameux parce que ça se voit, on les entend bêler de loin.
Et
puis d'autres
qui
sont faits d'une autre tremble.
À
partir de là, il y a deux attitudes possibles.
La
France
est
le deuxième territoire, la deuxième population
et
bientôt la première population du vieux continent.
Ou
bien on discute raisonnablement avec la France ou bien on a décidé de l'offenser.
Je
sais parfaitement bien
qu
'il y a dans le gouvernement allemand
de
Mme Merkel de la CDU-CSU.
Un
parti qui travaille à cette idée
très
géopolitique
qu
'en poussant tout le monde à bout et en particulier en poussant la zone euro jusqu'à l'explosion
de
manière à en éjecter ce qu'ils appellent le Club Med.
Le
Club Med, c'est les pays de la Méditerranée. Voyez l'arrogance de ces petits prétentieux d'appeler le Club Med. Qui est le Club Med, je vous prie ? La France, seconde économie du continent. L'Italie, troisième économie du continent. L'Espagne, quatrième économie du continent. Autrement dit, les bureaucrates de la CDU-CSU de Mme Merkel considèrent comme le Club Med leurs principaux concurrents sur le territoire de l'Europe. Voilà la vérité.
Et ces gens-là se sont mis dans la tête que s'ils faisaient exploser la zone euro, alors ils reconstitueraient une zone marque, peu importe comment elle s'appellerait, faites d'un côté des esclaves et des supplétifs qui viendraient des pays de l'Europe de l'Est et en particulier de l'Ukraine où l'on peut payer un travailleur à 100 euros quand un Chinois coûte 130
et
qu'avec cette masse de main-d'oeuvre à bas prix dont on assemble les pièces ensuite en Allemagne, cette Allemagne serait encore plus forte pour être une puissance exportatrice. Et ils le pensent d'autant plus fort et avec d'autant plus de virulence qu'ils sont en train de préparer le grand marché transatlantique, l'accord TAFTA qui devrait unir les États-Unis d'Amérique à la zone commerciale de l'Europe et que dans cette union naturellement les uns tireraient mieux leur épingle du jeu que les autres.
Les grandes sociétés de la chimie industrielle allemande, les producteurs de voitures, de machine-outils, les fermes des mille vaches et toutes les autres horreurs comme la limite qui empoisonne toute l'Europe et ainsi de suite. Par conséquent, je vous demande bien à chacun de comprendre ceci. ne limitez pas le débat à la question de l'euro. Il faut que vous fassiez de la géopolitique, que vous preniez tous les aspects du problème en même temps, comme on vous l'a dit tout à l'heure, ce n'est pas forcément simple.
Vous devez prendre tout ça en même temps pour comprendre que l'euro est en quelque sorte le point d'aboutissement, l'endroit où se nouent les petits fils qui mènent au traité budgétaire, au mécanisme européen de stabilité budgétaire, à l'OTAN et à l'alliance militaire avec les États-Unis d'Amérique, à TAFTA. Tout ça est en tout. Ce n'est pas l'euro dont il faut sortir. C'est de la camisole de force globale dont l'euro est la fermeture éclair.
Et
pour ça, peut-être,
peut
-être que je vais décevoir quelques-uns d'entre vous. Ne m'en veuillez pas.
C
'est mon
travail,
c'est mon devoir de me dire
comment
je m'y prendrais si c'était moi qui devais le faire.
Et
je ne me vois pas comme un professeur d'université en train de faire ses cours qui est une activité extrêmement importante
mais
où l'on dit des choses qui peuvent rester abstraites.
Il
s'agit de mener un grand peuple de 65 millions de personnes dont l'implication politique peut changer l'histoire de l'Europe.
Si
nous, les Français, nous décidons d'agir autrement à l'égard de l'Union européenne, nous devons le faire en ayant une proposition qui permet à tous les peuples de sortir par le haut parce que notre voix est puissante et nos moyens sont puissants.
Tout
à l'heure, Yanis a bien parlé, il dit il faut faire assez peur pour ne plus avoir besoin de faire peur. Nous, on est au courant, on a un système qui s'appelle la dissuasion nucléaire. Personne n
'a
envie d'appuyer sur le bouton, je vous le garantis, mais il vaut mieux que tout le monde croit qu'on en est capable parce que c'est à ce prix-là que personne ne nous agresse. Eh bien, nous, nous devons avoir ce comportement qui commence par des propositions raisonnables, celles que je vous ai faites,
et
qui n'a pas peur si on lui dit non de dire dans ces conditions « Nous ne serons pas autre chose qu'un peuple libre ». C'est ça le plan B. Et sur le plan B, vous le savez, il y a des thèses différentes. Maintenant, il faut les discuter. Voilà ce grand moment qu'est cette fête de l'humanité.
C
'est que pour la première fois depuis tant de mois, j'ai envie de dire tant d'années, alors qu'il existe des structures bien sûr, et je veux les féliciter du travail qu'elles font comme le parti de la gauche européenne, mais tout le monde n'y est pas, il en ment. Et puis, nous n'avons pas su nous coordonner.
Je
vais vous dire, c'est très dur de se coordonner une fois qu'on est au pouvoir.
Vous
vous en doutez tous.
On
ne peut plus se téléphoner.
Vous
savez pourquoi on ne peut plus se téléphoner ?
Parce
qu'on est écouté.
Je
ne peux pas téléphoner à Varoufakis, ministre de l'économie, lui dire « Alors, ça y est, tu as prévu le Grexit, tu as prévu la monnaie en bille, alors il me répond « Oui, oui, t'inquiète pas, n'aie pas de soucis, on a tout prévu, il y a tant de millions.
»
Bien sûr que non, on ne peut pas s'envoyer de mail, si bien que nous voilà revenus autant des pigeons voyageurs et des porteurs de nouvelles.
C
'est donc d'une autre manière qu'il faut se préparer. Il faut se préparer psychologiquement à tenir bon, à ne pas céder, à ne pas avoir peur, à être rempli du sentiment de la puissance que nous incarnons du fait de notre nombre et de notre savoir-faire.
Il
faut être plein de la force que nous n'avons pas peur de la révolution citoyenne.
Nous
n'avons pas peur de déclencher des phénomènes qui traverseront toute l'Europe par notre propre énergie. Il ne faut pas avoir peur, il faut avancer, avancer, avancer, avancer encore. C'est ça le plan B, on ne décède jamais.
Bon,
cette fois-ci, ça y est,
vous
avez tout compris.
Eh
bien, on se retrouve, on se parle. C'est un moment, pour moi, important. La politique, c'est fait de rencontres humaines. Ne croyez pas ceux qui vous disent comme à l'ancien temps cette politique désincarnée, impersonnelle. On ne disait jamais je, on disait toujours on, on ne disait jamais nous, on disait le parti. Et on avait raison, on avait le cœur qui augmentait parce qu'on se sentait fort de tout ça.
Mais
on sait bien qu'avec des méthodes pareilles, à la fin, on finit par oublier à qui on parle.
On
ne voit plus que des pions, des numéros, des nombres.
Il
est important de rencontrer des hommes qui ont l'expérience du refus.
C
'est très important que c'est de là et l'autre. Oscar Lafontaine.
Quand
il a fallu quitter le parti socialiste et fonder le parti de gauche avec des camarades qui d'ailleurs y avaient jamais été, je suis allé voir de nombreuses reprises Oscar Lafontaine. Je vais vous dire pas seulement pour parler de politique,
pour
parler entre hommes.
Qu
'est-ce qui allait se passer ? À quoi je devais me préparer
? Qu
'est-ce qui allait m'arriver ? Comment je serais traité ? Et je vais vous dire qu'il y avait toujours plusieurs hypothèses dans la bouche d'Oscar. Et voici ce que j'ai à vous dire. Ce sont toujours les pires qui se sont réalisés.
C
'est-à-dire que pour les mauvais traitements, ils ont fait ce qu'il fallait longtemps.
Mais
moi, je me suis toujours senti fort
et
vous, sans doute, je le pense aussi.
Et
maintenant, plus fort encore, quatre années après, depuis que nous avons réuni quatre millions de personnes autour des idées essentielles que nous défendons.
Et
nous, nous nous sentons forts de la décision du peuple. L'autre jour,
je
lis le journal, ce qui ne
m
'arrive pas si souvent que ça, parce que c'est très contrariant. Je lis les échos pour savoir ce que pensent les capitalistes et les affaires. Et je lis l'humanité pour être sûr de ne
pas
rater un seul conflit social dans le pays et participer au débat qu'il
y
a là.
Les
autres, ça dépend des jours.
Si
je suis de bonne humeur, je les lis tous. Si je me sens un peu patraque, je ne les lis pas parce que l'acide passe sous l'armure. Et je ne suis pas très d'accord avec les caricatures que je vois de moi. D'abord,
ils
me font plus gros que je suis. Et souvent, ils me font dire des choses qui ne m
'en
conviennent pas. Mais quand même,
je
mets de l'humour avant de vous lire deux lignes.
Je
vous ai dit que le problème de départ de cette Europe, c'est qu'elle a rompu avec la démocratie et l'expression des peuples. Tout ce que je vous ai montré, ça a consisté à mettre un derrière l'autre la preuve que les décisions se prennent sans et contre le peuple. Ce n
'est
pas pour rien que nous avons inventé le mot d'Europe austéritaire. Dans austéritaire, il
y
a austérité et totalitaire. Parce que c'est un régime totalitaire que celui qui rentre dans votre vie privée décide que vous ne mangerez pas ceci, que vous ne mangerez pas cela, mais que vous passerez par-ci ou par-là. Oui, la différence entre l'autoritarisme et le totalitarisme, c'est cette entrée dans la vie privée des gens. Le système est entré dans votre vie privée pour vous mortifier. Bien.
Eh
bien, voilà le président que vous avez.
Voilà
ce qu'il déclare dans ce journal à
un
dîner de la presse.
Il
dit
« Les
électeurs votent même quand ils ne comprennent pas.
»
Il faut dire que vraiment, vous ne comprenez rien, vous dites « votez oui » et vous votez « non
». «
Les électeurs votent même quand ils ne comprennent pas, » dit François Hollande.
«
Et quand ils votent,
on
ne les comprend pas toujours.
» Alors,
vous votez « non », il a mal compris, c'est « oui
». Vous
votez
«
renégociation des traités budgétaires », il a entendu « ça boum avec le traité budgétaire, ça ne roule pas d'histoire.
»
À partir de là,
je
vais achever
en
vous citant Zoé Constantopoul.
C
'est la présidente du Parlement ellénique. Zoé, comme Yanis
et
tous les camarades
ont
tous un air très sérieux avec plus ou moins d'ironie. Mais tous sont traversés par une terrible blessure.
Les
voilà au pied d'un mur
qu
'ils n'avaient pas envie de voir. Celui où les camarades sont pris à contre-pied. Celui où l'on a dû signer alors qu'on avait dit qu'on ne le ferait pas. Celui où l
'on
sait qu'il ne faut pas donner des leçons et que, bien sûr, on ne peut pas dire que Syriza a maintenus.
Et
la droite, c'est la même chose parce que ce n'est pas vrai, ce serait stupide de le dire.
Mais
qu'en même temps,
on
ne peut pas aller beaucoup plus loin dans cette voie parce que les camarades de l'unité populaire ont commencé une résistance et cette résistance, nous nous sentons proches d'elle. Pourquoi
? Parce
que nous sommes fidèles au programme et pas aux personnes. Parce que nous croyons aux idées et nous ne sommes pas dans le culte des personnes. Alexis Tsipras est notre ami.
Mais
nous ne sommes pas
les
clients d'Alexis Tsipras. Nous sommes les partisans du programme d'Alexis Tsipras, celui sur lequel il a été élu et celui sur lequel le peuple grec a voté non contre le mémorandum. Zoé, mes camarades, a comme les autres dû se décider.
Vous
savez, Syriza,
c
'était au moins aussi volcanique que le Front de Gauche. Un peu plus peut-être parce que nous n'étions que neuf partis dans le Front de Gauche tandis qu'eux étaient 16.
Je
ne sais pas comment ils faisaient. Quand je vois un neuf ce que ça donne. 16.
Ils
finissent par faire un parti commun.
Et, bon,
c'est la rupture. Les camarades d'unité populaire partent. Il y a lui,
il
se dit, je comprends ce que vous faites, mais
il
n'a pas envie de prendre parti
dans
une bataille fratricide. Il prend parti par rapport à un programme. Et le voici qui est là avec nous sur le programme du plan B pour en discuter et en parler. C'est un noble parti
que
le parti du plan B.
Et
Zoé,
elle
décide qu'elle sera candidate.
Elle
avait l'intention d'être là.
Elle
va être candidate. Elle n'est pas membre de l'unité populaire, mais elle sera avec eux. Elle est la présidente du Parlement. Camarades,
elle
est traitée d'une manière abjecte.
Pas
seulement parce qu'elle est de gauche, mais parce qu'elle est une femme.
Et
on en rajoute
à
nous, les hommes,
on
nous présente comme des bêtes.
La
barbe et resute, la bouche ouverte, les crochets en avant,
les
yeux injectés de sang, comme le grand Jaurès avant moi et comme moi après lui et quelques autres milieux.
Mais
quand ce sont les femmes, c'est pire
parce
que ce sont des bêtes, elles aussi, mais elles sont mises en cause par leur genre, par leur sexe. Zoé est traitée d'Ouran-Outan mal baisée
dans
la presse grecque.
Il
y a des rubriques à la télévision,
il
y a des rubriques à la télévision qui s'appellent les délires de Zoé
où
évidemment on trouvera toujours un instant où elle ouvre la bouche, un instant où elle se fâche comme le fait tout être humain au bout de ses forces dans des situations aussi compliquées que celles de la Grèce.
Eh
bien, le message de Zoé,
ça
n'est pas de vous demander de verser des larmes ni d'exprimer une compassion. Voici le message de Zoé, il tient en une phrase et nous nous quitterons sur ces mots. Écoutez bien, vous autres, vous tous, vous êtes responsables de tenir le serment de Zoé. Chacun et chacune a le droit et le devoir de résister.
pour
sa gueule leur système pouvait prospérer.
Jean-Luc Mélenchon