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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 5 novembre 2015 47 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Plan B- Intervention de Jean-Luc Mélenchon (english subtitles)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 52 %Attaque 41 %Défensif 7 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « saluer avec émotion Mme Simen Mohamed, coprésidente du Rojava et de Kobané, capitale de la lutte contre les fascistes du Daesh »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « saluer Mme Leïla Boran, représentante des femmes yézidistes martyrisées par le Daesh »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « 'est partie la pourriture du blairisme qui a ravagé tout le mouvement progressiste européen »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « pour humilier les travailleurs allemands, citadelles de la classe ouvrière européenne la plus organisée du vieux continent »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « et fait que dix ans après leur passage, la situation de la classe ouvrière du vieux continent est pire qu'après la guerre »
  • 4:26Invité politiqueFait
    « Cet homme a refusé de suivre Schroeder. Il a démissionné de son poste et créé D-Link »
  • 5:24Invité politiquePromesse
    « Nous présentons un plan conforme à l'intérêt général des 450 millions de personnes qui habitent à l'intérieur de l'Union européenne »
  • 7:48Invité politiqueFait
    « La monnaie unique à laquelle nous pourrions aspirer, ça ne peut pas être l'euro qui est aujourd'hui, purement et simplement, une cage où enfermer et faire mourir tous nos rêves »
  • 8:44Invité politiqueFait
    « 'est l'agressivité de l'Union européenne »
  • 9:30Invité politiqueChiffre
    « c'est le départ de 500 000 Grecs de leur pays parti de force, dont 120 000 en Allemagne »
  • 10:06Invité politiqueChiffre
    « 500 000 Grecs, un million d'Espagnols ont dû quitter leur patrie en moins de 10 ans en raison des politiques de l'austérité »
  • 14:11Invité politiqueChiffre
    « François Hollande a obtenu un plan de relance de 120 milliards, dont 60 qui existaient déjà dans le budget européen et 60 autres à trouver par emprunt »
  • 30:08Invité politiqueFait
    « Airbus a reçu des avances sur recettes pendant des années. »
  • 30:30Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, c'est 50% du marché mondial des satellites. »
  • 31:58Invité politiqueFait
    « La France, seconde économie du continent. »
  • 32:01Invité politiqueFait
    « L'Italie, troisième économie du continent. »
  • 32:03Invité politiqueFait
    « L'Espagne, quatrième économie du continent. »
  • 39:34Invité politiqueFait
    « Nous avons inventé le mot d'Europe austéritaire. »
  • 40:19Invité politiqueFait
    « Les électeurs votent même quand ils ne comprennent pas. »
  • 40:31Invité politiqueFait
    « Vous votez « renégociation des traités budgétaires », il a entendu « ça boum avec le traité budgétaire ». »
  • 41:49Invité politiqueFait
    « Alexis Tsipras est notre ami. »
  • 42:00Invité politiqueFait
    « Le peuple grec a voté non contre le mémorandum. »
  • 43:46Invité politiqueFait
    « Zoé est traitée d'Ouran-Outan mal baisée dans la presse grecque. »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon92 %
  • ?8 %

≈ 77,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

C

0:02
Jean-Luc Mélenchon

'est la surprise, hein

0:03
Locuteur

?

0:06
Jean-Luc Mélenchon

Merci.

0:08
Locuteur

Bravo

0:09
Jean-Luc Mélenchon

à vous autres dehors qui avez la patience

0:11
Locuteur

de

0:12
Jean-Luc Mélenchon

suivre le meeting sous vos parapluies.

0:15
Locuteur

Un

0:15
Jean-Luc Mélenchon

grand salut à vous.

0:18
Locuteur

Mes

0:19
Jean-Luc Mélenchon

amis,

0:19
Locuteur

je

0:20
Jean-Luc Mélenchon

ne commencerai pas ce que j'ai à vous dire

0:22
Locuteur

après

0:23
Jean-Luc Mélenchon

ceux qui m'ont précédé à cette tribune,

0:26
Locuteur

sans

0:27
Jean-Luc Mélenchon

d'abord

0:27
Locuteur

en

0:28
Jean-Luc Mélenchon

votre nom à tous

0:30
Locuteur

saluer avec

0:33
Jean-Luc Mélenchon

émotion Mme Simen Mohamed, coprésidente du Rojava et de Kobané, capitale de la lutte contre les fascistes du Daesh,

1:01
Locuteur

et

1:01
Jean-Luc Mélenchon

saluer Mme Leïla Boran, représentante des femmes yézidistes martyrisées par le Daesh.

1:07
Locuteur

Une

1:18
Jean-Luc Mélenchon

fois de plus, mes chers amis et camarades, cette fête de l'humanité

1:22
Locuteur

à

1:23
Jean-Luc Mélenchon

qui

1:23
Locuteur

je

1:24
Jean-Luc Mélenchon

veux adresser les remerciements les plus chaleureux et les plus profonds aura été un moment important

1:30
Locuteur

de

1:31
Jean-Luc Mélenchon

notre histoire collective.

1:33
Locuteur

C

1:33
Jean-Luc Mélenchon

'est ici que nous avons posé les premières pierres

1:36
Locuteur

de

1:37
Jean-Luc Mélenchon

notre front de gauche.

1:39
Locuteur

C

1:39
Jean-Luc Mélenchon

'est ici que nous avons vécu ensemble tous les épisodes

1:42
Locuteur

de

1:43
Jean-Luc Mélenchon

notre construction politique.

1:45
Locuteur

Il

1:46
Jean-Luc Mélenchon

n'est pas seulement à vocation nationale,

1:49
Locuteur

et

1:49
Jean-Luc Mélenchon

j'espère qu'aujourd'hui, davantage que jamais, vous aurez réalisé à quel point vous n'êtes pas seulement les protagonistes de je ne sais quelle élection locale, mais les protagonistes de la grande histoire avec un H majuscule, celles que font les femmes et les hommes, qui se sentent une responsabilité vis-à-vis de l'intérêt général humain.

2:14
Locuteur

Vous

2:15
Jean-Luc Mélenchon

êtes des Européens, vous êtes des citoyens du monde. Le monde est à la bascule et il dépend de ceux que vous allez faire, qu'ils tournent d'un côté ou qu'ils tournent de l'autre. Souvenez-vous que chacun d'entre vous est personnellement responsable de l'issue que nous allons donner aux événements, selon que nous nous engagerons avec force ou courage, ou bien que nous nous réfugierons dans les pleurnisseries et les bisbilles politiciennes.

2:47
Locuteur

Quel

2:48
Jean-Luc Mélenchon

étrange jour que celui-ci

2:50
Locuteur

et

2:52
Jean-Luc Mélenchon

vous autres,

2:53
Locuteur

les

2:54
Jean-Luc Mélenchon

rouges,

2:55
Locuteur

toujours

2:56
Jean-Luc Mélenchon

le cœur plein d'allégresse, plein d'enthousiasme, prêts à pardonner toutes les fautes du passé, je vous ai vus,

3:04
Locuteur

vous

3:04
Jean-Luc Mélenchon

avez applaudi en secrétaire général de Travaillis, voilà qui est nouveau.

3:09
Locuteur

Mais

3:10
Jean-Luc Mélenchon

vous avez raison,

3:11
Locuteur

car

3:12
Jean-Luc Mélenchon

à chaque fois que passe une hirondelle, il faut, pour continuer le combat, croire qu'elle annonce le printemps.

3:22
Locuteur

C

3:23
Jean-Luc Mélenchon

'est du Laibourg parti

3:24
Locuteur

qu

3:26
Jean-Luc Mélenchon

'est partie la pourriture du blairisme qui a ravagé tout le mouvement progressiste européen.

3:33
Locuteur

C

3:34
Jean-Luc Mélenchon

'est les papiers Blair, Schroeder,

3:36
Locuteur

pour

3:37
Jean-Luc Mélenchon

humilier les travailleurs allemands, citadelles de la classe ouvrière européenne la plus organisée du vieux continent.

3:45
Locuteur

C

3:45
Jean-Luc Mélenchon

'est Blair faisant son papier avec Schroeder et ensuite

3:49
Locuteur

avec

3:51
Jean-Luc Mélenchon

papa Andréou et tous ces capitulards qui ont humilié tous les travailleurs d'Europe et fait que dix ans après leur passage, la situation de la classe ouvrière du vieux continent est pire qu'après la guerre. Voilà leur responsabilité devant l'histoire.

4:08
Locuteur

Voilà

4:09
Jean-Luc Mélenchon

ce que nous n'avons pas voulu accepter.

4:15
Locuteur

J

4:15
Jean-Luc Mélenchon

'étais heureux que vous applaudissiez. Oscar Lafontaine, tout à l'heure, qui est reparti à son train. Mes amis, voilà de quelle trempe nous avons besoin. Cet homme a refusé de suivre Schroeder.

4:26
Locuteur

Il

4:26
Jean-Luc Mélenchon

a démissionné de son poste et créé D-Link.

4:29
Locuteur

D

4:30
Jean-Luc Mélenchon

'où est partie l'impulsion qui nous a permis ensuite de créer le front de gauche ?

4:34
Locuteur

Nous

4:34
Jean-Luc Mélenchon

sommes, à chacune des étapes, les héritiers et les enfants d'une histoire bien plus large que celle que nous avons accumulée dans notre pays. Vous avez entendu ces hommes vous parler tout à l'heure. Ce sont des ministres des Finances de leur pays. Alors je demande qu'on fasse le bilan. Raison contre raison, programme contre programme. Pourquoi faudrait-il croire ceux qui ont mis en œuvre un programme qui a partout échoué, créé la misère et la déchéance morale et sociale de tant de millions de personnes, plutôt que ces hommes-là qui ont fait la proposition d'un autre chemin ? La raison est de notre côté. La raison, pas l'idéologie. La raison,

5:20
Locuteur

nous

5:21
Jean-Luc Mélenchon

ne présentons pas

5:22
Locuteur

un

5:24
Jean-Luc Mélenchon

plan pour notre pays.

5:27
Locuteur

Nous

5:27
Jean-Luc Mélenchon

ne présentons pas un plan pour la gauche. Nous présentons un plan conforme à l'intérêt général des 450 millions de personnes qui habitent à l'intérieur de l'Union européenne. Il faut avoir la tête dans les étoiles pour être capable de marcher dans la boue.

5:46
Locuteur

Voilà

5:47
Jean-Luc Mélenchon

la tâche politique.

5:48
Locuteur

Merci,

5:51
Jean-Luc Mélenchon

mais vous devez être vigilants et moins naïfs souvent.

5:57
Locuteur

Si

5:57
Jean-Luc Mélenchon

vous voulez

5:58
Locuteur

bien

5:59
Jean-Luc Mélenchon

comprendre,

6:01
Locuteur

quand

6:02
Jean-Luc Mélenchon

bien même vous dites-vous, et vous l'êtes chacun, chacune,

6:06
Locuteur

des

6:07
Jean-Luc Mélenchon

personnes raisonnables,

6:10
Locuteur

que

6:10
Jean-Luc Mélenchon

vous avez assez vécu les uns et les autres

6:13
Locuteur

pour

6:13
Jean-Luc Mélenchon

savoir que dans l'existence,

6:15
Locuteur

il

6:16
Jean-Luc Mélenchon

faut toujours, à un moment ou à un autre, faire un compromis,

6:20
Locuteur

pour

6:21
Jean-Luc Mélenchon

que le compromis soit viable, il faut d'abord qu'il y ait un rapport de force. Sans rapport de force, on ne signe pas des compromis, on signe des capitulations. Et maintenant, essayez de comprendre, en rembobinant le signe de votre propre histoire, ce qui s'est passé. La construction de l'Union européenne, telle qu'elle a été rêvée, est morte.

7:03
Locuteur

L

7:05
Jean-Luc Mélenchon

'Union européenne est un cadavre politique pour nous.

7:09
Locuteur

Pour

7:10
Jean-Luc Mélenchon

les puissants et les importants, c'est une camisole de force pour tenir enfermés les peuples et contenir leurs mouvements.

7:17
Locuteur

Mais

7:18
Jean-Luc Mélenchon

nous,

7:18
Locuteur

nous

7:19
Jean-Luc Mélenchon

qui sommes l'histoire, nous qui incarnons la volonté de paix, qui a animé nos prédécesseurs, femmes et hommes, dans l'histoire, qui avons voulu l'Europe pour que ce soit la paix, nous qui l'avons voulu depuis la grande révolution de 1789,

7:34
Locuteur

nous

7:34
Jean-Luc Mélenchon

qui l'avons voulu, à la suite de Victor Hugo, qu'il a tant de fois appelé de ses voeux, ces États-Unis d'Europe. Pour nous, l'Europe que nous voulions ne peut pas être l'Union européenne que nous avons sous les yeux. La monnaie unique à laquelle nous pourrions aspirer, ça ne peut pas être l'euro qui est aujourd'hui, purement et simplement, une cage où enfermer et faire mourir tous nos rêves, toutes nos espérances, y compris jusqu'au plus légitime. Regardez le retournement de situation, regardez en face comment on vous perde, on vous trompe, on vous enfume, on vous ment.

Aujourd'hui, on vous montre des milliers de réfugiés et l'on appelle à votre bon cœur, que vous avez immense et bien connu, car vous, vous êtes du camp de ceux qui tendent toujours la main à celui qui tombe, à celui qui ne sait pas comment avancer plus loin. Mais vous n'êtes pas dupes de cette comédie. Pourquoi ne parle-t-il que d'accueil ? Pourquoi ne parle-t-il jamais des causes du départ de ces milliers de gens ?

8:39
Locuteur

Et

8:40
Jean-Luc Mélenchon

les causes du départ de ces milliers de gens,

8:43
Locuteur

c

8:44
Jean-Luc Mélenchon

'est l'agressivité de l'Union européenne.

8:47
Locuteur

Oui,

8:48
Jean-Luc Mélenchon

qui est responsable des guerres auxquelles elle participe et qui est responsable d'imposer à tous les pays de l'Afrique subsahélienne des contrats absolument léonins qui ruinent les économies locales et mettent en mouvement des millions de gens.

9:02
Locuteur

mais

9:03
Jean-Luc Mélenchon

je vous prie,

9:05
Locuteur

je

9:06
Jean-Luc Mélenchon

vous prie de ne pas vous contenter de regarder au loin des réfugiés plus ou moins exotiques.

9:13
Locuteur

Je

9:13
Jean-Luc Mélenchon

voudrais vous rappeler les conséquences sur les Européens eux-mêmes de cette politique.

9:19
Locuteur

Car

9:20
Jean-Luc Mélenchon

pour l'instant, le plus grand mouvement de population que nous ayons eu à vivre, nous les Européens, ce n'est pas à l'arrivée des Syriens, ce n'est pas à l'arrivée des Érythréens, c'est le départ de 500 000 Grecs de leur pays parti de force,

9:36
Locuteur

dont

9:36
Jean-Luc Mélenchon

120 000

9:38
Locuteur

en

9:40
Jean-Luc Mélenchon

Allemagne

9:42
Locuteur

où

9:43
Jean-Luc Mélenchon

l'on s'est frotté publiquement les mains de voir arriver de la main-d'œuvre de haut niveau de qualification, comme ils se frottent les mains de voir arriver ces Syriens qui parlent tous anglais puisque vous les voyez à la télévision, vous expliquez leur malheur, ce qui signifie qu'ils appartiennent à la classe moyenne formée et instruite de ces pays qui se trouvent donc privés de leur élite. 500 000 Grecs, un million d'Espagnols ont dû quitter leur patrie

10:11
Locuteur

en

10:12
Jean-Luc Mélenchon

moins de 10 ans en raison des politiques de l'austérité. Voilà les plus grandes vagues de migration, tant et si bien que l'Europe et son hypocrisie rejaillit sur le monde entier avec un rire amer de la part de nos amis d'Amérique latine c'était Vau Morales qui dit « L'Europe ne cesse de nous envoyer des immigrés et de repousser les nôtres, si bien qu'ils passent leur temps à inventer des législations contre les gens qui chargent du travail, tandis que nous passons notre temps à essayer de faire des législations qui leur en donnent ici.

10:46
Locuteur

»

10:47
Jean-Luc Mélenchon

Voilà ce qui se passe ! Voilà ce qui conduit inexorablement à la catastrophe !

10:54
Locuteur

Car

10:55
Jean-Luc Mélenchon

sur cette pente, il ne peut y avoir qu'une catastrophe. Vous savez que je n'aime pas peindre le noir sur le noir.

11:01
Locuteur

Je

11:01
Jean-Luc Mélenchon

ne suis pas un orateur qui compte sur le fait que les gens ont tellement peur que ça les motive. C'est tout le contraire.

11:07
Locuteur

Je

11:08
Jean-Luc Mélenchon

voudrais vous dire que chaque défi qui nous est lancé est une opportunité pour inventer et créer et passer à autre chose de plus puissant, mes camarades et amis. Eh bien, le défi est tellement grand

11:19
Locuteur

que

11:19
Jean-Luc Mélenchon

nous avons devant nous une opportunité géante d'inventer quelque chose de radicalement nouveau et il faut s'y mettre.

11:25
Locuteur

Mais

11:26
Jean-Luc Mélenchon

vous, d'abord, devez comprendre que la condition numéro un, c'est la démocratie.

11:31
Locuteur

Si

11:32
Jean-Luc Mélenchon

l'on fait l'Europe contre les peuples, on a déjà essayé de le faire de nombreuses fois, ça échoue. Eh bien, là, nous avons une série à répétition de coups de force contre la démocratie. Peut-être que vous l'avez présente à l'esprit, mais peut-être que d'autres ne l'ont pas.

11:47
Locuteur

Tout

11:47
Jean-Luc Mélenchon

a commencé lorsqu'en 2005, on nous a remis sur la table un projet de constitution qui réunissait tous les anciens textes

11:56
Locuteur

qui

11:57
Jean-Luc Mélenchon

avaient fondé l'Union européenne.

11:59
Locuteur

Au

11:59
Jean-Luc Mélenchon

terme d'un chantage inouï, il avait été dit aux Français que s'ils rejetaient le traité constitutionnel, ils rejetaient toute la méthode de construction européenne qui avait prévalu. Eh bien, les Français ont rejeté le traité constitutionnel. C'est un avis extrêmement clair qu'ils ont donné.

12:18
Locuteur

Et

12:18
Jean-Luc Mélenchon

ensuite,

12:20
Locuteur

le

12:21
Jean-Luc Mélenchon

président Sarkozy est fraîchement élu, a trahi le peuple français qui avait voté non en lui faisant croire qu'il avait voté oui et c'est le traité de Lisbonne. après quoi, le suivant est arrivé

12:33
Locuteur

et

12:34
Jean-Luc Mélenchon

il avait promis que l'on renégocierait le traité budgétaire. Vous vous en souvenez ? Le traité budgétaire, c'est la camisole de force dans laquelle nous sommes en train de mourir. Et vous vous souvenez de moi, pauvre diable, en train d'essayer d'expliquer à Montpellier pendant 20 minutes en quoi consistait le mécanisme européen de stabilité financière et vous me regardiez en disant bon, peut-être qu

12:56
Locuteur

'il

12:56
Jean-Luc Mélenchon

va nous parler d'autres choses pour finir.

12:58
Locuteur

A

12:59
Jean-Luc Mélenchon

l'époque, la France entière avait un sujet de débat absolument extraordinaire, la viande halal. Voilà de quoi on parlait

13:06
Locuteur

au

13:06
Jean-Luc Mélenchon

lieu de parler de ce qui allait nous toucher directement. Eh bien, mes amis, souvenez-vous de quelque chose.

13:13
Locuteur

C

13:13
Jean-Luc Mélenchon

'est parce que la démocratie a été violée à deux reprises, parce que François Hollande, candidat, avait promis de réviser le traité budgétaire. Maintenant, changez de casquette un instant. Et imaginez-vous que vous êtes, Madame Merkel. Alors,

13:36
Locuteur

elle

13:36
Jean-Luc Mélenchon

voit arriver un président français, son peuple a voté non, et il lui dit ben, c'est pas grave, on va dire que c'est oui, on coupe tout en morceaux, on le jette en l'air et comme ça retombe, on le colle et ça fait le traité de Lisbonne. Alors, elle le regarde, elle se dit mais il

13:49
Locuteur

est

13:49
Jean-Luc Mélenchon

drôlement agité, ce type. Bon, il nous dit que les Français ont dit oui alors qu'ils ont dit non. Bon, arrive le suivant,

13:58
Locuteur

qui

13:58
Jean-Luc Mélenchon

a dit on va renégocier tout. Il arrive, bonjour madame, comment ça va, ça va. Alors, elle lui dit en allemand,

14:05
Locuteur

c

14:05
Jean-Luc Mélenchon

'est tout ce que vous avez à me dire, oui, oui, ah si, il faut un plan de relance

14:10
Locuteur

et

14:10
Jean-Luc Mélenchon

l'Europe entière d'apprendre que François Hollande a obtenu un plan de relance de 120 milliards, dont 60 qui existaient déjà dans le budget européen et 60 autres à trouver par emprunt. Alors, évidemment, on lui a dit oui, oui, oui, toute l'Europe se moquait des Français.

14:25
Locuteur

Ils

14:26
Jean-Luc Mélenchon

ont cru que c'était nous qui étions d'accord avec cette comédie. Et si vous voulez savoir à quel point c'est une comédie,

14:33
Locuteur

vous

14:34
Jean-Luc Mélenchon

vous imaginez 120 milliards d'euros, le banquier central, il n'a rien demandé à personne et il a décidé de mettre 1000 milliards d'euros sur la table dont aucun d'entre vous n'a jamais vu la couleur parce que c'est reparti directement des banques, la banque centrale aux banques particulières, lesquelles ont tout remis immédiatement dans la bulle financière. Il n'y a pas un seul boulot qui a été fabriqué dans toute l'Europe, une seule machine avec cet argent. Voilà ce qu'est cette Europe, une mystification permanente. Alors,

15:08
Locuteur

vous

15:08
Jean-Luc Mélenchon

autres, rentrez en vous-même. Combien de fois vous avez pensé que j'étais exagéré

15:15
Locuteur

? Combien

15:16
Jean-Luc Mélenchon

m'ont dit « Ah, quand même, c'est une violence symbolique ». Ah bon

15:19
Locuteur

? Et

15:21
Jean-Luc Mélenchon

quand le banquier central a décidé de couper la liquidité à Chypre, tout petit pays,

15:26
Locuteur

mon

15:27
Jean-Luc Mélenchon

camarade François Delapierre avait traité P.A. Cendres, Moscovici, de salopards pour avoir accepté ça.

15:34
Locuteur

Et

15:35
Jean-Luc Mélenchon

moi,

15:37
Locuteur

et

15:38
Jean-Luc Mélenchon

moi,

15:39
Locuteur

j

15:40
Jean-Luc Mélenchon

'avais dit que Moscovici ne parlait plus la langue française mais la langue de la finance. Et vous savez, qu'ils ont trouvé à me répondre que j'étais devenu antisémite. Voilà le niveau du débat dans ce pays. Voilà comment on nous parle quand on pose des vrais problèmes. Eh bien, à Chypre, on est passé de la violence symbolique à la violence la plus directe. Et ça, mes amis, mes camarades, dans n'importe quelle autre région du monde, couper les liquidités d'un pays, l'empêcher d'accéder à sa ressource, c'est un acte de guerre.

16:09
Locuteur

Eh

16:09
Jean-Luc Mélenchon

bien, c'est un acte de guerre qu'a posé la BCE contre Chypre.

16:13
Locuteur

Et

16:13
Jean-Luc Mélenchon

c'est un acte de guerre qui a été posé contre la Grèce.

16:17
Locuteur

C

16:18
Jean-Luc Mélenchon

'est un coup d'État financier. Ce n'est pas de la violence symbolique.

16:23
Locuteur

Voilà. Voilà

16:27
Jean-Luc Mélenchon

dans quelles conditions Alexis Tsipras a négocié. Camarades, amis,

16:35
Locuteur

moi,

16:35
Jean-Luc Mélenchon

je ne donne pas de leçons.

16:37
Locuteur

Les

16:37
Jean-Luc Mélenchon

événements sont tellement frais.

16:40
Locuteur

Le

16:40
Jean-Luc Mélenchon

5 juillet, nous étions dans la rue

16:42
Locuteur

et

16:43
Jean-Luc Mélenchon

nous chantions des chansons.

16:44
Locuteur

Il

16:45
Jean-Luc Mélenchon

y en avait une, peut-être, que vous vous en rappelez.

16:47
Locuteur

Le

16:48
Jean-Luc Mélenchon

couplet, c'était « Elondibis, Elondibis, Elondibis, Varoufakis, Tra-la-la-ler, Tra-la-la-la-ler. » Allez

16:56
Locuteur

! «

16:57
Jean-Luc Mélenchon

Elondibis,

17:00
Locuteur

Elondibis,

17:01
Jean-Luc Mélenchon

Elondibis, Varoufakis.

17:03
Locuteur

» Une

17:06
Jean-Luc Mélenchon

semaine après,

17:08
Locuteur

il

17:08
Jean-Luc Mélenchon

signe. Pas lui,

17:09
Locuteur

notre

17:10
Jean-Luc Mélenchon

camarade Tsipras.

17:11
Locuteur

Nous,

17:12
Jean-Luc Mélenchon

nous ne donnons pas de leçons.

17:15
Locuteur

Nous

17:15
Jean-Luc Mélenchon

avons d'abord protesté contre cette décision parce que ce n'est pas une décision libre.

17:21
Locuteur

quand

17:22
Jean-Luc Mélenchon

18 personnes vous retiennent pendant 17 heures pour négocier de manière hostile contre vous et vous arrachent un document dans lequel on fixe jusqu'au prix du lait, de la viande et du pain, c'est tout simplement une humiliation qui a été faite. Ce n'est pas un accord libre. L'accord de Tsipras n

17:41
Locuteur

'est

17:41
Jean-Luc Mélenchon

pas plus libre.

17:45
Locuteur

L

17:45
Jean-Luc Mélenchon

'accord de Tsipras

17:47
Locuteur

n

17:48
Jean-Luc Mélenchon

'est pas plus libre

17:49
Locuteur

que

17:50
Jean-Luc Mélenchon

n'est l'accord des malheureux camarades qui ont dû accepter de passer de 35 à 39 heures. Ce n'est pas un accord libre que l'accord qui est gagné avec un revolver sur la tempe. Cette violence, elle est en marche à chaque instant. De quel droit l'Eurogroupe décide que la Grèce doit sortir de l'euro ? Il n'y a aucun règlement qui permette ou qui imagine qu'un pays puisse être expulsé de l'euro. Je tiens à vous le dire et à vous le rappeler. De la même manière, l'Eurogroupe n'a aucune réalité institutionnelle.

De la même manière, et la preuve, nous en avons de la part de l'Eurogroupe lui-même parce que quand ils ont chassé Yanis Baroufakis de La Réunion, Yanis Baroufakis a dit « Mais pourquoi vous m'expulsez alors que mon pays est membre de la zone euro ? » Et on lui a répondu « L'Eurogroupe n'a pas de statut, le président dessine ce qu'il veut et toi tu sors.

18:44
Locuteur

»

18:44
Jean-Luc Mélenchon

Voilà comment ça s'est passé. Alors, alors, où sont les bons joueurs de violon ? Sur l'Europe qui nous protège avec son grand revolver sur notre temple

18:55
Locuteur

?

18:55
Jean-Luc Mélenchon

L'Europe démocratique où l'on tabasse ceux qui ne sont pas en état de se défendre. C'est ça leur Europe. Et il faudrait que nous, sous la pression, intimider nos versions de chauds de larmes, de joie, dès qu'on nous dit « Europe ». Et vous avez l'improbable président de la République française

19:12
Locuteur

qui

19:13
Jean-Luc Mélenchon

déclare qu'il a trouvé une grande idée.

19:15
Locuteur

Il

19:15
Jean-Luc Mélenchon

va faire un gouvernement économique. Et aussitôt la nuit, vous vous relevez, très saillant dans l'égresse. Un gouvernement économique. Que n'y avait-on songé jusque-là ?

19:25
Locuteur

Ça

19:25
Jean-Luc Mélenchon

fait 20 ans que le Parti Socialiste répète ça. Et naturellement, immédiatement, les Allemands ont dit « Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Nous n'en avons pas du tout l'intention. Et si jamais vous voulez faire un gouvernement économique, ça sera pour appliquer le traité budgétaire européen. Et de toute façon, ce gouvernement, il existe déjà. Ça s'appelle la Commission européenne à laquelle chaque nation doit aller présenter son budget avant de le faire passer devant son propre Parlement. Voilà. Voilà le seul idéal qu'ils ont à nous proposer. Avec un Parlement, s'il vous plaît, on trouverait une nouvelle assemblée à créer et qui aurait immédiatement le droit d'être d'accord.

20:02
Locuteur

Est

20:02
Jean-Luc Mélenchon

-ce que ça ne serait pas des votes magiques ? Oui, tout le temps.

20:05
Locuteur

D

20:05
Jean-Luc Mélenchon

'ailleurs, ils ne savent même pas quelle est la question posée. Comme a dit M. Juncker, quelle que soit la question, la réponse est oui. Oui, oui, oui. Oui.

20:17
Locuteur

Eh

20:17
Jean-Luc Mélenchon

bien,

20:18
Locuteur

nous

20:18
Jean-Luc Mélenchon

sommes nombreux à savoir que des fois, dans la vie, on commence mieux en disant non.

20:22
Locuteur

en

20:23
Jean-Luc Mélenchon

tout cas,

20:25
Locuteur

nous

20:25
Jean-Luc Mélenchon

avons eu la formule donnée par M. Juncker lui-même.

20:29
Locuteur

Il

20:29
Jean-Luc Mélenchon

a dit qu'il n'y a pas de décision démocratique contre les traités européens.

20:35
Locuteur

Ce

20:35
Jean-Luc Mélenchon

jour-là, le président de la Commission vous a dit, noir sur blanc, si je peux m'exprimer de cette manière, ce que vous n'osiez pas vous dire. Votre patrie républicaine qui a refusé le droit de veto à capé,

20:48
Locuteur

se

20:49
Jean-Luc Mélenchon

les fait ramener par la fenêtre de la Commission européenne qui a un droit de veto sur votre budget. Et votre patrie n'est plus un pays indépendant. Mes amis, la liberté de dire oui n'a de sens que si l'on peut dire non.

21:04
Locuteur

Et

21:04
Jean-Luc Mélenchon

pour pouvoir dire oui ou non, il faut être maître de sa liberté et c'est ce qu'on appelle l'indépendance.

21:13
Locuteur

Je

21:13
Jean-Luc Mélenchon

suis un indépendantiste français.

21:18
Locuteur

Je

21:18
Jean-Luc Mélenchon

suis un indépendantiste pour tous les peuples d'Europe. Cela signifie que c'est l'autre manière d'appeler la souveraineté.

21:26
Locuteur

La

21:26
Jean-Luc Mélenchon

souveraineté, ça commence dans le cœur de chacun d'entre vous quand vous décidez par vous-même ce que vous voulez devenir vous-même. Dans les petites comme dans les grandes choses. La souveraineté, c'est le premier acte qu'un groupe humain impose pour contrôler ses membres et le territoire sur lequel il vit comme on l'apprend en anthropologie. La souveraineté, c'est la possibilité que le peuple décide tout entier et c'est parce qu'il a décidé tout entier que ce qu'il a décidé s'applique à tous. La légitimité démocratique vient du fait que l'on décide par soi-même et que l'on décide tous. Or, là, ne décident que quelques personnes.

28 dans une réunion de la Commission européenne présidée par M. Juncker. La condition de la récupération de l'idéal européen est que la France récupère son indépendance. J'ai dit la France.

22:15
Locuteur

Est

22:16
Jean-Luc Mélenchon

-ce que ce serait un projet exclusivement français

22:18
Locuteur

? Mes

22:19
Jean-Luc Mélenchon

amis, parce que j'ai dénoncé le rôle du gouvernement allemand avant tout le monde, ce qui me valut des commentaires pas toujours très agréables, depuis, beaucoup ont réalisé que j'avais raison. On voudrait faire de moi un germanophobe, quand bien même celui avec qui je marche la main dans la main depuis les origines de mon parti est en allemand Oscar Lafontaine. Et quand bien même nous sommes unis avec toutes les forces qui combattent l'oligarchie et la direction du gouvernement CDU-CSU en Allemagne, c'est-à-dire Die Linke. Non,

22:49
Locuteur

mais

22:50
Jean-Luc Mélenchon

je veux pour mon pays ce que je veux pour les autres.

22:53
Locuteur

Et

22:53
Jean-Luc Mélenchon

nous avons besoin de faire valoir

22:55
Locuteur

l

22:56
Jean-Luc Mélenchon

'irréductible volonté qui est la nôtre si nous voulons être entendus. Je vous ai dit qu'il faut créer des rapports de force. Je suis obligé d'élever la voix, mes amis, mes camarades, parce que j'aspire à gouverner ce pays avec autant que vous et avec vous. Et je veux que l'on sache au-delà de toutes les frontières que je ne céderai jamais à rien.

23:19
Locuteur

J

23:20
Jean-Luc Mélenchon

'ai besoin qu'on le sache.

23:22
Locuteur

J

23:23
Jean-Luc Mélenchon

'ai besoin qu'on le sache.

23:26
Locuteur

J

23:27
Jean-Luc Mélenchon

'ai besoin

23:28
Locuteur

que

23:29
Jean-Luc Mélenchon

l'on sache

23:30
Locuteur

que

23:31
Jean-Luc Mélenchon

s'il leur est arrivé de pouvoir menacer Alexis Tsipras parce que l'économie de la Grèce est 2% de l'économie européenne, on ne pourra pas menacer un dirigeant français qui résiste parce qu'il représente 18% de l'économie européenne, c'est-à-dire à peu près autant que celle de l'Allemagne. Et comme l'a dit tout à l'heure Yanis Varoufakis, je vous rappelle que si l'on nous cherche trop de poux dans la tête, il est toujours possible de dire « Eh bien, nous cessons de payer ».

23:59
Locuteur

Parce

24:00
Jean-Luc Mélenchon

que comme l'a dit Yanis Varoufakis tout à l'heure, si le gouvernement grec avait dit « Écoutez, ça fait 5 mois qu'on parle avec vous, ça fait 5 mois que vous essayez de nous humilier », eh bien maintenant, que voulez-vous, nous sommes de braves gens, mais nous ne pouvons pas payer car il ne nous reste déjà plus que la peau sur les eaux et c'est la peau que vous voulez enlever. À ce moment-là, je fais le pari qu'ils auraient cédé. Pourquoi ? Parce que la banqueroute grecque signifiait la mise en mouvement du mécanisme assurantiel européen, c'est-à-dire le mécanisme européen de stabilité financière. Et quand l'assurance se met en mouvement, c'est elle qui paye.

Ce qui voulait dire que si les Grecs avaient fait banqueroute, il y en avait pour 40 milliards pour la France et 60 milliards pour les Allemands. Figurez-vous que ni les uns ni les autres n'avaient intérêt ni envie de payer une telle somme. C'est dire que si ils n'avaient pas signé, ils se seraient trouvés en situation de banqueroute et alors, vous auriez vu que tous ces gens seraient devenus très réalistes. Ils auraient dit « Certes, nous reconnaissons que 80% de la dette grecque est dorénavant dans des mains publiques.

25:06
Locuteur

Elle

25:06
Jean-Luc Mélenchon

est dans les mains de la Banque Centrale Européenne, dans les mains du mécanisme européen de stabilité financière. »

25:12
Locuteur

C

25:12
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire du papier. Du papier, mes amis et camarades. Et ils auraient dit « Eh bien voilà, cette dette-là, nous allons la porter à la Banque Centrale Européenne. » Et la Banque Centrale Européenne aurait regardé « C'est très intéressant. Elle aurait foutu à la poubelle. » Parce que tous ces milliards ont cessé d'exister depuis longtemps. Ce sont des jeux d'écriture qui reposent sur des rapports de force politiques. Des rapports de force, mes camarades. Voilà pourquoi je lève la voix. Il vient de vous le dire. Ceux qui croient que la monnaie est une institution apolitique, qu'elle est en dehors des relations sociales et politiques, sont des rêveurs. Ça n'existe pas.

C'est seulement fait pour vous berner et vous faire croire à des choses. Comme par exemple, quand vous allez à la banque, ballon que vous êtes,

26:01
Locuteur

vous

26:01
Jean-Luc Mélenchon

croyez qu'ils vous prêtent de l'argent qu'ils ont. Parce que vous, quand vous vous prêtez à votre voisin, c'est bien votre argent. Mais l'argent qu

26:07
Locuteur

'ils

26:07
Jean-Luc Mélenchon

vous prêtent, ils ne l'ont jamais eu. Ils attendent que vous ayez construit la maison ou acheté la voiture pour que derrière les billets de banque, il y

26:13
Locuteur

ait

26:13
Jean-Luc Mélenchon

une contrepartie matérielle. Bon, c'est un peu compliqué. Mais je crois qu'il va falloir que tout le monde comprenne ça.

26:19
Locuteur

Vous

26:19
Jean-Luc Mélenchon

devez devenir des savants de la théorie matérialiste de la monnaie. Vous devez comprendre parce que quand la lutte va commencer pour ce pays, ça ne

26:27
Locuteur

va

26:27
Jean-Luc Mélenchon

pas reposer sur une ou deux personnes. Ça va reposer sur des millions de gens qui doivent être éduqués, préparés à la résistance parce que pour résister, il faut être fort moralement. Il faut être instruit. Il faut être cultivé. Vous devez apprendre. Vous devez lire. Vous devez enseigner à ceux qui ne savent pas. Et ceux qui ne savent pas doivent poser la question à ceux qui savent. Jusqu'à ce que vous sachiez tous parce que c'est à ce prix qu'on met une élu de masse. Mes camarades,

27:01
Locuteur

vous

27:01
Jean-Luc Mélenchon

avez entendu plan B.

27:04
Locuteur

Mais

27:05
Jean-Luc Mélenchon

il ne faudrait pas que ça vous fasse sauter une lettre.

27:08
Locuteur

Il

27:08
Jean-Luc Mélenchon

y a le plan B et puis il

27:09
Locuteur

y

27:09
Jean-Luc Mélenchon

a le plan A.

27:10
Locuteur

Le

27:11
Jean-Luc Mélenchon

plan A,

27:11
Locuteur

c

27:12
Jean-Luc Mélenchon

'est le plan des gens raisonnables. Moi

27:15
Locuteur

et

27:15
Jean-Luc Mélenchon

d'autres ici.

27:16
Locuteur

On

27:17
Jean-Luc Mélenchon

vient et on dit écoutez, faisons le bilan. La politique que vous appliquez, on ne

27:22
Locuteur

va

27:22
Jean-Luc Mélenchon

pas faire une critique idéologique. On se connaît, nous sommes des partageux, vous êtes des radins et des égoïstes. Ce n

27:27
Locuteur

'est

27:27
Jean-Luc Mélenchon

pas la peine d'en parler. Regardons les résultats.

27:31
Locuteur

Il

27:31
Jean-Luc Mélenchon

n'y

27:31
Locuteur

a

27:31
Jean-Luc Mélenchon

rien qui marche.

27:32
Locuteur

C

27:32
Jean-Luc Mélenchon

'est le chômage partout. Le seul sujet de satisfaction que vous avez, c'est de dire l'Allemagne exporte des voitures et des machines outils.

27:41
Locuteur

Et

27:42
Jean-Luc Mélenchon

nous, nous devrions nous réjouir d'exporter je ne sais quoi.

27:45
Locuteur

Mais

27:45
Jean-Luc Mélenchon

on s'en fout, figurez-vous. Ce qu'on veut, c'est être ici, heureux, avec les choses simples que nous demandons, de l'éducation, de la sécurité sociale, s'occuper de nos anciens, s'occuper de nos enfants, nous avoir des vacances, peut-être comme des becs à vivre pour travailler, voilà, des choses simples.

28:00
Locuteur

Et

28:01
Jean-Luc Mélenchon

on est d'accord pour partager vos milliards puisque nous, on ne les a pas.

28:05
Locuteur

On

28:05
Jean-Luc Mélenchon

est d'accord pour partager vos millions

28:08
Locuteur

puisque

28:08
Jean-Luc Mélenchon

vous, vous pouvez un jour dire « Ah ben je touche 16 millions pour m'en aller »

28:13
Locuteur

comme

28:14
Jean-Luc Mélenchon

le patron d'Alcatel.

28:15
Locuteur

Alors

28:16
Jean-Luc Mélenchon

celui-là, il

28:16
Locuteur

a

28:16
Jean-Luc Mélenchon

juste ruiné sa boîte.

28:18
Locuteur

Il

28:18
Jean-Luc Mélenchon

a détruit un bijou de l'industrie française. Il s'en vend, il lui donne 16 millions. Tout le monde crie. Il dit « Bon, allez, allez, c'est bon, bon, j'en prends que 8.

28:27
Locuteur

»

28:28
Jean-Luc Mélenchon

8 ? Mais pourquoi 8

28:29
Locuteur

? Et

28:31
Jean-Luc Mélenchon

qu'est-ce que c'est que ce genre de type qui renonce à la moitié de sa paie ? Lequel d'entre vous n'est prêt à faire ça ? Personne ? Aucune personne normale qui a gagné son argent honnêtement renonce à la moitié de son salaire. Ça n'existe pas. Alors s'il accepte de le partager en deux, ça veut bien dire qu'il sait lui-même qui ne l'a pas gagné honnêtement. La preuve, c'est qu'il le donne facilement. Je reviens à notre affaire.

28:52
Locuteur

Le

28:52
Jean-Luc Mélenchon

plan A, c'est le plan des gens raisonnables. Faisons votre bilan. Rien ne marche. Nous avons une autre proposition. Et déjà, nous, les Français, si nous sommes majoritaires à l'élection, nous dirons « Voilà, la France est liée par des traités.

29:06
Locuteur

» Je

29:07
Jean-Luc Mélenchon

vous prie, mes chers camarades, de faire de la politique sérieusement.

29:11
Locuteur

La

29:11
Jean-Luc Mélenchon

France a signé des traités. Elle honore les traités qu'elle a signés.

29:15
Locuteur

Et

29:16
Jean-Luc Mélenchon

les autres pays ont signé des traités avec nous. Et nous demandons qu'ils les appliquent. Par conséquent, pour nous défaire d'un traité auquel nous avons consenti démocratiquement par nos assemblées, il nous faut un mandat du peuple. Eh bien, si nous voulons revenir sur les principaux aspects inacceptables du traité budgétaire, nous devrons consulter le peuple français. Exactement comme Tsipras l'a fait sur le mémorandum. Sauf que moi, ce n

29:41
Locuteur

'est

29:41
Jean-Luc Mélenchon

pas sur un mémorandum que je propose qu

29:42
Locuteur

'on

29:42
Jean-Luc Mélenchon

vote,

29:43
Locuteur

mais

29:43
Jean-Luc Mélenchon

sur le fait qu'on sorte d'un certain nombre des dispositifs européens. Et on fera des remarques de bon sens.

29:49
Locuteur

On

29:49
Jean-Luc Mélenchon

va leur dire, écoutez, avant qu'il y

29:51
Locuteur

ait

29:51
Jean-Luc Mélenchon

l'euro, avant qu

29:52
Locuteur

'il

29:52
Jean-Luc Mélenchon

y

29:52
Locuteur

ait

29:52
Jean-Luc Mélenchon

votre magnifique traité budgétaire, avant qu'il y

29:54
Locuteur

ait

29:54
Jean-Luc Mélenchon

votre sublime politique économique, qu'est-ce qu'on faisait ? On faisait Airbus. Et vous nous en parlez sans arrêt d'Airbus. Sauf qu'avec les règlements actuels, on ne pourrait pas faire Airbus. Parce que Airbus a reçu des avances sur recettes pendant des années.

30:08
Locuteur

Et

30:08
Jean-Luc Mélenchon

de la même passion, on a fait la fusée Ariane. Vous êtes là, à faire des gargarismes avec la fusée Ariane, la fusée européenne, parce qu'il y

30:15
Locuteur

a

30:15
Jean-Luc Mélenchon

des décalcomanies de tous les pays collés dessus.

30:18
Locuteur

Ah,

30:19
Jean-Luc Mélenchon

ça vous plaît d'en parler ? Sauf qu'on n'aurait pas fait la fusée Ariane avec le traité budgétaire actuel. Parce que la société qui est produit Ariane a bénéficié d'avances sur recettes. Et aujourd'hui, c'est 50% du marché mondial des satellites.

30:33
Locuteur

Vous

30:34
Jean-Luc Mélenchon

voyez, mes amis, mes camarades, ce que j'essaye de vous dire, c'est que notre approche des problèmes n'est pas une approche purement idéologique, même si nous avons des raisons idéologiques d'être en mouvement. C'est une approche rationnelle. Leur machin ne marche pas. Très bien. Alors, on leur explique ça.

30:50
Locuteur

Ça

30:51
Jean-Luc Mélenchon

dépend de qui va l'expliquer.

30:53
Locuteur

Il

30:53
Jean-Luc Mélenchon

y a des gens qui sont plus ou moins crédibles quand ils élèvent la voix.

30:57
Locuteur

Il

30:57
Jean-Luc Mélenchon

y en a qui ont un cœur de mouton et c'est pas fameux parce que ça se voit, on les entend bêler de loin.

31:02
Locuteur

Et

31:02
Jean-Luc Mélenchon

puis d'autres

31:04
Locuteur

qui

31:04
Jean-Luc Mélenchon

sont faits d'une autre tremble.

31:06
Locuteur

À

31:06
Jean-Luc Mélenchon

partir de là, il y a deux attitudes possibles.

31:08
Locuteur

La

31:10
Jean-Luc Mélenchon

France

31:10
Locuteur

est

31:11
Jean-Luc Mélenchon

le deuxième territoire, la deuxième population

31:14
Locuteur

et

31:15
Jean-Luc Mélenchon

bientôt la première population du vieux continent.

31:18
Locuteur

Ou

31:18
Jean-Luc Mélenchon

bien on discute raisonnablement avec la France ou bien on a décidé de l'offenser.

31:24
Locuteur

Je

31:24
Jean-Luc Mélenchon

sais parfaitement bien

31:26
Locuteur

qu

31:27
Jean-Luc Mélenchon

'il y a dans le gouvernement allemand

31:29
Locuteur

de

31:30
Jean-Luc Mélenchon

Mme Merkel de la CDU-CSU.

31:33
Locuteur

Un

31:33
Jean-Luc Mélenchon

parti qui travaille à cette idée

31:35
Locuteur

très

31:36
Jean-Luc Mélenchon

géopolitique

31:37
Locuteur

qu

31:38
Jean-Luc Mélenchon

'en poussant tout le monde à bout et en particulier en poussant la zone euro jusqu'à l'explosion

31:43
Locuteur

de

31:44
Jean-Luc Mélenchon

manière à en éjecter ce qu'ils appellent le Club Med.

31:48
Locuteur

Le

31:49
Jean-Luc Mélenchon

Club Med, c'est les pays de la Méditerranée. Voyez l'arrogance de ces petits prétentieux d'appeler le Club Med. Qui est le Club Med, je vous prie ? La France, seconde économie du continent. L'Italie, troisième économie du continent. L'Espagne, quatrième économie du continent. Autrement dit, les bureaucrates de la CDU-CSU de Mme Merkel considèrent comme le Club Med leurs principaux concurrents sur le territoire de l'Europe. Voilà la vérité.

Et ces gens-là se sont mis dans la tête que s'ils faisaient exploser la zone euro, alors ils reconstitueraient une zone marque, peu importe comment elle s'appellerait, faites d'un côté des esclaves et des supplétifs qui viendraient des pays de l'Europe de l'Est et en particulier de l'Ukraine où l'on peut payer un travailleur à 100 euros quand un Chinois coûte 130

32:35
Locuteur

et

32:35
Jean-Luc Mélenchon

qu'avec cette masse de main-d'oeuvre à bas prix dont on assemble les pièces ensuite en Allemagne, cette Allemagne serait encore plus forte pour être une puissance exportatrice. Et ils le pensent d'autant plus fort et avec d'autant plus de virulence qu'ils sont en train de préparer le grand marché transatlantique, l'accord TAFTA qui devrait unir les États-Unis d'Amérique à la zone commerciale de l'Europe et que dans cette union naturellement les uns tireraient mieux leur épingle du jeu que les autres.

Les grandes sociétés de la chimie industrielle allemande, les producteurs de voitures, de machine-outils, les fermes des mille vaches et toutes les autres horreurs comme la limite qui empoisonne toute l'Europe et ainsi de suite. Par conséquent, je vous demande bien à chacun de comprendre ceci. ne limitez pas le débat à la question de l'euro. Il faut que vous fassiez de la géopolitique, que vous preniez tous les aspects du problème en même temps, comme on vous l'a dit tout à l'heure, ce n'est pas forcément simple.

Vous devez prendre tout ça en même temps pour comprendre que l'euro est en quelque sorte le point d'aboutissement, l'endroit où se nouent les petits fils qui mènent au traité budgétaire, au mécanisme européen de stabilité budgétaire, à l'OTAN et à l'alliance militaire avec les États-Unis d'Amérique, à TAFTA. Tout ça est en tout. Ce n'est pas l'euro dont il faut sortir. C'est de la camisole de force globale dont l'euro est la fermeture éclair.

33:59
Locuteur

Et

34:00
Jean-Luc Mélenchon

pour ça, peut-être,

34:04
Locuteur

peut

34:05
Jean-Luc Mélenchon

-être que je vais décevoir quelques-uns d'entre vous. Ne m'en veuillez pas.

34:09
Locuteur

C

34:10
Jean-Luc Mélenchon

'est mon

34:10
Locuteur

travail,

34:12
Jean-Luc Mélenchon

c'est mon devoir de me dire

34:13
Locuteur

comment

34:14
Jean-Luc Mélenchon

je m'y prendrais si c'était moi qui devais le faire.

34:17
Locuteur

Et

34:17
Jean-Luc Mélenchon

je ne me vois pas comme un professeur d'université en train de faire ses cours qui est une activité extrêmement importante

34:23
Locuteur

mais

34:23
Jean-Luc Mélenchon

où l'on dit des choses qui peuvent rester abstraites.

34:26
Locuteur

Il

34:27
Jean-Luc Mélenchon

s'agit de mener un grand peuple de 65 millions de personnes dont l'implication politique peut changer l'histoire de l'Europe.

34:34
Locuteur

Si

34:34
Jean-Luc Mélenchon

nous, les Français, nous décidons d'agir autrement à l'égard de l'Union européenne, nous devons le faire en ayant une proposition qui permet à tous les peuples de sortir par le haut parce que notre voix est puissante et nos moyens sont puissants.

34:48
Locuteur

Tout

34:48
Jean-Luc Mélenchon

à l'heure, Yanis a bien parlé, il dit il faut faire assez peur pour ne plus avoir besoin de faire peur. Nous, on est au courant, on a un système qui s'appelle la dissuasion nucléaire. Personne n

34:59
Locuteur

'a

34:59
Jean-Luc Mélenchon

envie d'appuyer sur le bouton, je vous le garantis, mais il vaut mieux que tout le monde croit qu'on en est capable parce que c'est à ce prix-là que personne ne nous agresse. Eh bien, nous, nous devons avoir ce comportement qui commence par des propositions raisonnables, celles que je vous ai faites,

35:12
Locuteur

et

35:13
Jean-Luc Mélenchon

qui n'a pas peur si on lui dit non de dire dans ces conditions « Nous ne serons pas autre chose qu'un peuple libre ». C'est ça le plan B. Et sur le plan B, vous le savez, il y a des thèses différentes. Maintenant, il faut les discuter. Voilà ce grand moment qu'est cette fête de l'humanité.

35:29
Locuteur

C

35:29
Jean-Luc Mélenchon

'est que pour la première fois depuis tant de mois, j'ai envie de dire tant d'années, alors qu'il existe des structures bien sûr, et je veux les féliciter du travail qu'elles font comme le parti de la gauche européenne, mais tout le monde n'y est pas, il en ment. Et puis, nous n'avons pas su nous coordonner.

35:46
Locuteur

Je

35:46
Jean-Luc Mélenchon

vais vous dire, c'est très dur de se coordonner une fois qu'on est au pouvoir.

35:51
Locuteur

Vous

35:51
Jean-Luc Mélenchon

vous en doutez tous.

35:52
Locuteur

On

35:53
Jean-Luc Mélenchon

ne peut plus se téléphoner.

35:54
Locuteur

Vous

35:54
Jean-Luc Mélenchon

savez pourquoi on ne peut plus se téléphoner ?

35:56
Locuteur

Parce

35:57
Jean-Luc Mélenchon

qu'on est écouté.

35:59
Locuteur

Je

35:59
Jean-Luc Mélenchon

ne peux pas téléphoner à Varoufakis, ministre de l'économie, lui dire « Alors, ça y est, tu as prévu le Grexit, tu as prévu la monnaie en bille, alors il me répond « Oui, oui, t'inquiète pas, n'aie pas de soucis, on a tout prévu, il y a tant de millions.

36:10
Locuteur

»

36:10
Jean-Luc Mélenchon

Bien sûr que non, on ne peut pas s'envoyer de mail, si bien que nous voilà revenus autant des pigeons voyageurs et des porteurs de nouvelles.

36:17
Locuteur

C

36:18
Jean-Luc Mélenchon

'est donc d'une autre manière qu'il faut se préparer. Il faut se préparer psychologiquement à tenir bon, à ne pas céder, à ne pas avoir peur, à être rempli du sentiment de la puissance que nous incarnons du fait de notre nombre et de notre savoir-faire.

36:33
Locuteur

Il

36:34
Jean-Luc Mélenchon

faut être plein de la force que nous n'avons pas peur de la révolution citoyenne.

36:38
Locuteur

Nous

36:38
Jean-Luc Mélenchon

n'avons pas peur de déclencher des phénomènes qui traverseront toute l'Europe par notre propre énergie. Il ne faut pas avoir peur, il faut avancer, avancer, avancer, avancer encore. C'est ça le plan B, on ne décède jamais.

36:52
Locuteur

Bon,

36:59
Jean-Luc Mélenchon

cette fois-ci, ça y est,

37:01
Locuteur

vous

37:01
Jean-Luc Mélenchon

avez tout compris.

37:03
Locuteur

Eh

37:03
Jean-Luc Mélenchon

bien, on se retrouve, on se parle. C'est un moment, pour moi, important. La politique, c'est fait de rencontres humaines. Ne croyez pas ceux qui vous disent comme à l'ancien temps cette politique désincarnée, impersonnelle. On ne disait jamais je, on disait toujours on, on ne disait jamais nous, on disait le parti. Et on avait raison, on avait le cœur qui augmentait parce qu'on se sentait fort de tout ça.

37:27
Locuteur

Mais

37:28
Jean-Luc Mélenchon

on sait bien qu'avec des méthodes pareilles, à la fin, on finit par oublier à qui on parle.

37:32
Locuteur

On

37:32
Jean-Luc Mélenchon

ne voit plus que des pions, des numéros, des nombres.

37:36
Locuteur

Il

37:36
Jean-Luc Mélenchon

est important de rencontrer des hommes qui ont l'expérience du refus.

37:40
Locuteur

C

37:41
Jean-Luc Mélenchon

'est très important que c'est de là et l'autre. Oscar Lafontaine.

37:45
Locuteur

Quand

37:46
Jean-Luc Mélenchon

il a fallu quitter le parti socialiste et fonder le parti de gauche avec des camarades qui d'ailleurs y avaient jamais été, je suis allé voir de nombreuses reprises Oscar Lafontaine. Je vais vous dire pas seulement pour parler de politique,

37:58
Locuteur

pour

37:59
Jean-Luc Mélenchon

parler entre hommes.

38:00
Locuteur

Qu

38:01
Jean-Luc Mélenchon

'est-ce qui allait se passer ? À quoi je devais me préparer

38:03
Locuteur

? Qu

38:04
Jean-Luc Mélenchon

'est-ce qui allait m'arriver ? Comment je serais traité ? Et je vais vous dire qu'il y avait toujours plusieurs hypothèses dans la bouche d'Oscar. Et voici ce que j'ai à vous dire. Ce sont toujours les pires qui se sont réalisés.

38:15
Locuteur

C

38:16
Jean-Luc Mélenchon

'est-à-dire que pour les mauvais traitements, ils ont fait ce qu'il fallait longtemps.

38:20
Locuteur

Mais

38:20
Jean-Luc Mélenchon

moi, je me suis toujours senti fort

38:22
Locuteur

et

38:23
Jean-Luc Mélenchon

vous, sans doute, je le pense aussi.

38:25
Locuteur

Et

38:25
Jean-Luc Mélenchon

maintenant, plus fort encore, quatre années après, depuis que nous avons réuni quatre millions de personnes autour des idées essentielles que nous défendons.

38:34
Locuteur

Et

38:35
Jean-Luc Mélenchon

nous, nous nous sentons forts de la décision du peuple. L'autre jour,

38:39
Locuteur

je

38:40
Jean-Luc Mélenchon

lis le journal, ce qui ne

38:41
Locuteur

m

38:41
Jean-Luc Mélenchon

'arrive pas si souvent que ça, parce que c'est très contrariant. Je lis les échos pour savoir ce que pensent les capitalistes et les affaires. Et je lis l'humanité pour être sûr de ne

38:50
Locuteur

pas

38:50
Jean-Luc Mélenchon

rater un seul conflit social dans le pays et participer au débat qu'il

38:53
Locuteur

y

38:53
Jean-Luc Mélenchon

a là.

38:54
Locuteur

Les

38:54
Jean-Luc Mélenchon

autres, ça dépend des jours.

38:57
Locuteur

Si

38:58
Jean-Luc Mélenchon

je suis de bonne humeur, je les lis tous. Si je me sens un peu patraque, je ne les lis pas parce que l'acide passe sous l'armure. Et je ne suis pas très d'accord avec les caricatures que je vois de moi. D'abord,

39:07
Locuteur

ils

39:07
Jean-Luc Mélenchon

me font plus gros que je suis. Et souvent, ils me font dire des choses qui ne m

39:11
Locuteur

'en

39:11
Jean-Luc Mélenchon

conviennent pas. Mais quand même,

39:13
Locuteur

je

39:14
Jean-Luc Mélenchon

mets de l'humour avant de vous lire deux lignes.

39:16
Locuteur

Je

39:17
Jean-Luc Mélenchon

vous ai dit que le problème de départ de cette Europe, c'est qu'elle a rompu avec la démocratie et l'expression des peuples. Tout ce que je vous ai montré, ça a consisté à mettre un derrière l'autre la preuve que les décisions se prennent sans et contre le peuple. Ce n

39:32
Locuteur

'est

39:32
Jean-Luc Mélenchon

pas pour rien que nous avons inventé le mot d'Europe austéritaire. Dans austéritaire, il

39:37
Locuteur

y

39:37
Jean-Luc Mélenchon

a austérité et totalitaire. Parce que c'est un régime totalitaire que celui qui rentre dans votre vie privée décide que vous ne mangerez pas ceci, que vous ne mangerez pas cela, mais que vous passerez par-ci ou par-là. Oui, la différence entre l'autoritarisme et le totalitarisme, c'est cette entrée dans la vie privée des gens. Le système est entré dans votre vie privée pour vous mortifier. Bien.

39:59
Locuteur

Eh

39:59
Jean-Luc Mélenchon

bien, voilà le président que vous avez.

40:02
Locuteur

Voilà

40:03
Jean-Luc Mélenchon

ce qu'il déclare dans ce journal à

40:04
Locuteur

un

40:04
Jean-Luc Mélenchon

dîner de la presse.

40:06
Locuteur

Il

40:06
Jean-Luc Mélenchon

dit

40:06
Locuteur

« Les

40:08
Jean-Luc Mélenchon

électeurs votent même quand ils ne comprennent pas.

40:14
Locuteur

»

40:14
Jean-Luc Mélenchon

Il faut dire que vraiment, vous ne comprenez rien, vous dites « votez oui » et vous votez « non

40:17
Locuteur

». «

40:19
Jean-Luc Mélenchon

Les électeurs votent même quand ils ne comprennent pas, » dit François Hollande.

40:22
Locuteur

«

40:23
Jean-Luc Mélenchon

Et quand ils votent,

40:24
Locuteur

on

40:24
Jean-Luc Mélenchon

ne les comprend pas toujours.

40:26
Locuteur

» Alors,

40:28
Jean-Luc Mélenchon

vous votez « non », il a mal compris, c'est « oui

40:29
Locuteur

». Vous

40:31
Jean-Luc Mélenchon

votez

40:31
Locuteur

«

40:31
Jean-Luc Mélenchon

renégociation des traités budgétaires », il a entendu « ça boum avec le traité budgétaire, ça ne roule pas d'histoire.

40:38
Locuteur

»

40:38
Jean-Luc Mélenchon

À partir de là,

40:39
Locuteur

je

40:40
Jean-Luc Mélenchon

vais achever

40:41
Locuteur

en

40:42
Jean-Luc Mélenchon

vous citant Zoé Constantopoul.

40:45
Locuteur

C

40:46
Jean-Luc Mélenchon

'est la présidente du Parlement ellénique. Zoé, comme Yanis

40:54
Locuteur

et

40:55
Jean-Luc Mélenchon

tous les camarades

40:57
Locuteur

ont

40:57
Jean-Luc Mélenchon

tous un air très sérieux avec plus ou moins d'ironie. Mais tous sont traversés par une terrible blessure.

41:06
Locuteur

Les

41:06
Jean-Luc Mélenchon

voilà au pied d'un mur

41:08
Locuteur

qu

41:08
Jean-Luc Mélenchon

'ils n'avaient pas envie de voir. Celui où les camarades sont pris à contre-pied. Celui où l'on a dû signer alors qu'on avait dit qu'on ne le ferait pas. Celui où l

41:18
Locuteur

'on

41:18
Jean-Luc Mélenchon

sait qu'il ne faut pas donner des leçons et que, bien sûr, on ne peut pas dire que Syriza a maintenus.

41:26
Locuteur

Et

41:26
Jean-Luc Mélenchon

la droite, c'est la même chose parce que ce n'est pas vrai, ce serait stupide de le dire.

41:30
Locuteur

Mais

41:30
Jean-Luc Mélenchon

qu'en même temps,

41:31
Locuteur

on

41:31
Jean-Luc Mélenchon

ne peut pas aller beaucoup plus loin dans cette voie parce que les camarades de l'unité populaire ont commencé une résistance et cette résistance, nous nous sentons proches d'elle. Pourquoi

41:40
Locuteur

? Parce

41:41
Jean-Luc Mélenchon

que nous sommes fidèles au programme et pas aux personnes. Parce que nous croyons aux idées et nous ne sommes pas dans le culte des personnes. Alexis Tsipras est notre ami.

41:52
Locuteur

Mais

41:53
Jean-Luc Mélenchon

nous ne sommes pas

41:54
Locuteur

les

41:55
Jean-Luc Mélenchon

clients d'Alexis Tsipras. Nous sommes les partisans du programme d'Alexis Tsipras, celui sur lequel il a été élu et celui sur lequel le peuple grec a voté non contre le mémorandum. Zoé, mes camarades, a comme les autres dû se décider.

42:10
Locuteur

Vous

42:11
Jean-Luc Mélenchon

savez, Syriza,

42:13
Locuteur

c

42:13
Jean-Luc Mélenchon

'était au moins aussi volcanique que le Front de Gauche. Un peu plus peut-être parce que nous n'étions que neuf partis dans le Front de Gauche tandis qu'eux étaient 16.

42:24
Locuteur

Je

42:25
Jean-Luc Mélenchon

ne sais pas comment ils faisaient. Quand je vois un neuf ce que ça donne. 16.

42:30
Locuteur

Ils

42:31
Jean-Luc Mélenchon

finissent par faire un parti commun.

42:34
Locuteur

Et, bon,

42:35
Jean-Luc Mélenchon

c'est la rupture. Les camarades d'unité populaire partent. Il y a lui,

42:39
Locuteur

il

42:39
Jean-Luc Mélenchon

se dit, je comprends ce que vous faites, mais

42:41
Locuteur

il

42:43
Jean-Luc Mélenchon

n'a pas envie de prendre parti

42:45
Locuteur

dans

42:45
Jean-Luc Mélenchon

une bataille fratricide. Il prend parti par rapport à un programme. Et le voici qui est là avec nous sur le programme du plan B pour en discuter et en parler. C'est un noble parti

42:56
Locuteur

que

42:56
Jean-Luc Mélenchon

le parti du plan B.

42:58
Locuteur

Et

42:59
Jean-Luc Mélenchon

Zoé,

42:59
Locuteur

elle

43:00
Jean-Luc Mélenchon

décide qu'elle sera candidate.

43:01
Locuteur

Elle

43:02
Jean-Luc Mélenchon

avait l'intention d'être là.

43:04
Locuteur

Elle

43:04
Jean-Luc Mélenchon

va être candidate. Elle n'est pas membre de l'unité populaire, mais elle sera avec eux. Elle est la présidente du Parlement. Camarades,

43:12
Locuteur

elle

43:12
Jean-Luc Mélenchon

est traitée d'une manière abjecte.

43:16
Locuteur

Pas

43:16
Jean-Luc Mélenchon

seulement parce qu'elle est de gauche, mais parce qu'elle est une femme.

43:19
Locuteur

Et

43:20
Jean-Luc Mélenchon

on en rajoute

43:22
Locuteur

à

43:22
Jean-Luc Mélenchon

nous, les hommes,

43:23
Locuteur

on

43:23
Jean-Luc Mélenchon

nous présente comme des bêtes.

43:25
Locuteur

La

43:26
Jean-Luc Mélenchon

barbe et resute, la bouche ouverte, les crochets en avant,

43:29
Locuteur

les

43:30
Jean-Luc Mélenchon

yeux injectés de sang, comme le grand Jaurès avant moi et comme moi après lui et quelques autres milieux.

43:36
Locuteur

Mais

43:36
Jean-Luc Mélenchon

quand ce sont les femmes, c'est pire

43:38
Locuteur

parce

43:39
Jean-Luc Mélenchon

que ce sont des bêtes, elles aussi, mais elles sont mises en cause par leur genre, par leur sexe. Zoé est traitée d'Ouran-Outan mal baisée

43:48
Locuteur

dans

43:48
Jean-Luc Mélenchon

la presse grecque.

43:49
Locuteur

Il

43:50
Jean-Luc Mélenchon

y a des rubriques à la télévision,

43:52
Locuteur

il

43:53
Jean-Luc Mélenchon

y a des rubriques à la télévision qui s'appellent les délires de Zoé

43:57
Locuteur

où

43:58
Jean-Luc Mélenchon

évidemment on trouvera toujours un instant où elle ouvre la bouche, un instant où elle se fâche comme le fait tout être humain au bout de ses forces dans des situations aussi compliquées que celles de la Grèce.

44:07
Locuteur

Eh

44:07
Jean-Luc Mélenchon

bien, le message de Zoé,

44:09
Locuteur

ça

44:10
Jean-Luc Mélenchon

n'est pas de vous demander de verser des larmes ni d'exprimer une compassion. Voici le message de Zoé, il tient en une phrase et nous nous quitterons sur ces mots. Écoutez bien, vous autres, vous tous, vous êtes responsables de tenir le serment de Zoé. Chacun et chacune a le droit et le devoir de résister.

45:06
Locuteur

pour

46:25
Locuteur non identifié

sa gueule leur système pouvait prospérer.