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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 13 octobre 2026 88 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsÉducation & rechercheTransports

Bonjour chez vous ! du 13 octobre 2026

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 47 %Attaque 31 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Des manifestations de lycéens sont organisées aujourd'hui partout en France pour l'acte 5 de la mobilisation. Qu'en pensez-vous ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Un adolescent de 14 ans a tiré sur un principal et une enseignante à Aubagne. Comment analysez-vous cet événement ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Comment résister à la concurrence chinoise dans l'industrie automobile ?

  • 5:32OuverteRéponse partielle

    Le Premier ministre a annoncé une baisse des prix à la pompe dès le 1er novembre. Cette mesure est-elle suffisante ?

  • 6:40OuverteRéponse directe

    Vous avez publié un rapport sur l'avenir de la filière automobile. Quelles étaient les préconisations ?

  • 9:27RelanceRéponse directe

    La baisse des prix à la pompe est-elle suffisante pour les citoyens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45Invité politiqueFait
    « Des manifestations de lycéens sont organisées aujourd'hui partout en France pour l'acte 5 de la mobilisation. »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « Ce collégien a tiré au fusil de chasse dans l'enceinte de son établissement, le collège Lacanale à Aubagne. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a annoncé un accord imminent avec l'Allemagne pour mieux protéger l'industrie automobile européenne. »
  • 5:32Invité politiqueFait
    « Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que les prix à la pompe allaient baisser dès le 1er novembre dans toutes les stations-services de France. »
  • 5:41Invité politiqueChiffre
    « Le prix du litre de gazole baissera jusqu'à 18 centimes, soit environ 10 euros d'économie par plein. »
  • 5:51Invité politiqueChiffre
    « Une réduction qui est permise par la libération de 10 millions de barils de gazole présents dans nos réserves stratégiques. »
  • 7:00PrésentateurChiffre
    « La Chine est passée de 1 à 40% de la production mondiale. »
  • 7:32Invité politiqueFait
    « Le problème de l'augmentation exponentielle du coût du carburant, on le ressent évidemment, on le ressent à la fois dans les villes, mais surtout dans les zones rurales comme la Bretagne notamment, mais pas que. »
  • 11:19Invité politiqueChiffre
    « En 2010, on était à 425 000 emplois directs. En 2025, on était à 250 000 emplois. »
  • 12:09Invité politiqueChiffre
    « Depuis des années, les ventes de véhicules particuliers en France ont chuté de 20% entre 2020 et 2025. »
  • 12:19Invité politiqueChiffre
    « La part de la France dans la production automobile européenne a reculé de 12 points entre 2000 et 2020. »
  • 13:08Invité politiqueChiffre
    « Elle a gagné 10% de parts de marché sur les neuf premiers mois de cette année. »
  • 34:53Invité politiqueFait
    « une canicule qui a duré plus de trois mois. »
  • 40:07Invité politiqueChiffre
    « 40% des électeurs sont des personnes de plus de 50 ans. »
  • 40:26Invité politiqueChiffre
    « ceux qui ont moins de 25 ans représentent moins de 15% des électeurs. »
  • 43:36Invité politiqueFait
    « le problème de la définition des masters, il y a une adaptation qui se fait, qui se fait même très bien. La grande difficulté, c'est de passer de la licence au master et beaucoup restent au bord de la route. »
  • 44:50Invité politiqueFait
    « la gestion française a été relativement exemplaire. »
  • 59:45Invité politiqueChiffre
    « le GNV et le bio-GNV se développent dans la région au rythme de 7% par an. »
  • 1:03:59PrésentateurChiffre
    « 66% c'est une performance il faut le rappeler. »
  • 1:06:25InvitéChiffre
    « 14% talonnant la liste. »
  • 1:09:23InvitéFait
    « toute ma vie politique m'a préparé à ça écoutez il était chez Nicolas Sarkozy. »
  • 1:09:32InvitéFait
    « après Olivier Faure est venu le chercher en essuyant les critiques mais épouvantables de ceux-là même qui aujourd'hui le soutiennent. »
  • 1:09:50InvitéFait
    « moi je peux signer tout Raphaël Guzman sur la question de l'Ukraine. »
  • 1:10:14InvitéFait
    « ce n'est pas à lui d'aller dans les manifestations. »
  • 1:11:40InvitéFait
    « il reprend cette anerie de la CSG. »
  • 1:12:00InvitéFait
    « on rapproche le brut c'est-à-dire on enlève des cotés ça par exemple c'est macroniste. »
  • 1:21:07InvitéChiffre
    « c'est 30% ou 31% des voix aujourd'hui dans les intentions de vote. »
  • 1:27:27InvitéFait
    « c'est le candidat le plus dangereux parce que c'est celui qui a été capable de faire le meilleur score. »

Temps de parole

  • Alain Cadec44 %
  • Présentateur17 %
  • Invité13 %
  • Invité 27 %
  • Présentateur 27 %
  • ?6 %
  • Invité 33 %
  • Locuteur 42 %

≈ 31,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:07
Locuteur

Public

0:08
Présentateur

Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver comme tous les jours. On fait le tour de sujets qui font votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme de ce mardi 13 octobre. Après sa victoire à la primaire, Raphaël Guxman au défi du rassemblement, critiqué par une partie de la gauche qui le juge hostile à l'Union, peut-il arriver au second tour sans draguer les électeurs de centre-droit ? Le débat dans une heure entre Elisabeth Martichoux, Stéphane Zumsteg et Françoise Degoy. Face à la multiplication des crises, comment résister à la tyrannie du présent ?

Dans une demi-heure, on reçoit l'historien Pierre Rosanvallon qui publie un livre du même nom et nous livrera son regard. Nos voitures peuvent-elles résister à la concurrence chinoise

0:54
Locuteur

?

0:54
Présentateur

En ouverture du salon de l'auto, hier, Emmanuel Macron a annoncé un accord imminent avec l'Allemagne pour mieux protéger l'industrie automobile européenne. On en parle avec le sénateur LR Alain Kadek. Bonjour, merci d'être avec nous. Il y

1:05
Locuteur

a

1:05
Présentateur

un an, vous avez publié au Sénat un rapport sur l'avenir de la filière automobile. On y revient dans quelques instants. Et puis notre reportage en région à la rencontre de ces Français qui cherchent des alternatives face à la hausse des prix du carburant. Une énergie gagne du terrain, le GMV, gaz naturel pour véhicules, reportage en Bretagne. Voilà pour le programme. Nous sommes ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord le journal avec Alexandre Poussard. Bonjour Alex.

1:41
Alain Cadec

Bonjour Ariane.

1:42
Présentateur

À la une de ce mardi 13 octobre, les lycéens de nouveau dans la rue aujourd'hui.

1:45
Alain Cadec

Oui, des manifestations de lycéens sont organisées aujourd'hui partout en France pour l'acte 5 de la mobilisation. Des blocus de lycées sont également prévus. Le chef de l'État, Emmanuel Macron, s'est exprimé hier sur la réponse à apporter à ce mouvement.

1:59
Locuteur

Ce

1:59
Alain Cadec

sont des sujets qui méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect. Ceci impose par ailleurs que ce soit dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens.

2:12
Locuteur

Le

2:13
Alain Cadec

gouvernement avance. Les

2:14
Locuteur

ministres,

2:15
Locuteur 5

la ministre de l'Éducation nationale, la ministre en charge de l'apprentissage, l'ensemble des ministres concernés sont sur le terrain aussi pour mener ce travail d'écoute, de concertation puis de décision.

2:26
Locuteur

Le

2:27
Présentateur

choc à Aubagne où un adolescent de 14 ans a tiré sur un principal et une enseignante.

2:32
Alain Cadec

Ce collégien a tiré au fusil de chasse dans l'enceinte de son établissement, le collège Lacanale à Aubagne. Le principal du collège et la professeure ont été blessés. Le collège restera fermé aujourd'hui. Un rassemblement est prévu vers 18h à Aubagne. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, était sur place hier. On l'écoute.

2:50
Locuteur

Je

2:50
Invité

ne peux pas m'empêcher de constater

2:51
Locuteur

que

2:52
Invité

tout ça s'inscrit dans un phénomène sociétal global

2:55
Locuteur

où

2:56
Invité

nous avons une violence débridée de la part de certains jeunes, singulièrement à l'encontre de l'institution scolaire. On a vu malheureusement les dizaines de personnels attaquer ces jours-ci. Là aussi, ça n'a rien à voir avec les blocages, je précise tout de suite. Ce n'est pas lié au blocage du sien du tout.

3:11
Locuteur

Mais nous

3:12
Invité

avons un contexte sociétal auquel nous allons devoir apporter une réponse sociétale.

3:15
Locuteur

L

3:16
Invité

'école ne peut pas tout.

3:17
Locuteur

L

3:17
Invité

'école ne peut pas traiter de la grande violence. L'école ne peut pas traiter des actes criminels.

3:21
Locuteur

Le

3:22
Présentateur

Mondial de l'Auto ouvre aujourd'hui ses portes au public.

3:25
Alain Cadec

Et au cœur de ce salon de l'Auto, la réaction des constructeurs européens face à la concurrence chinoise. Clémentine Louise.

3:31
Invité

Impossible de passer à côté.

3:33
Locuteur

Dans

3:34
Invité

les allées du salon de l'automobile, ces nouvelles marques chinoises attirent tous les regards.

3:39
Locuteur

Et

3:40
Invité

pour cause, elles représentent plus du tiers des 60 exposants.

3:44
Alain Cadec

Normalement, une marque chinoise cherche d'abord à répondre aux exigences des clients en Chine.

3:48
Locuteur

Mais

3:49
Alain Cadec

nous nous concentrons sur les pays européens. Ainsi, la voiture est conçue et développée de A à Z sur la base des normes européennes et des exigences des clients européens.

3:58
Locuteur

Les

3:59
Invité

modèles présentés sont majoritairement des véhicules hybrides. Car depuis 2024, l'Union européenne impose aux véhicules électriques chinois une surtaxe pouvant aller jusqu'à 35% qui s'ajoute aux droits de douane habituels des 10%.

4:13
Locuteur

On

4:14
Alain Cadec

a choisi d'arriver avec de l'hybride.

4:15
Locuteur

D

4:16
Alain Cadec

'abord parce que ça correspondait aux besoins des clients en France. 60% du marché aujourd'hui. Mais aussi effectivement parce que les voitures électriques importées de Chine

4:24
Locuteur

sont

4:25
Alain Cadec

soumises à des tarifs douaniers. C'est 20% pour ce qui nous concerne. Donc c'est vrai que c'était pour nous pas la bonne approche.

4:31
Invité

Paris réussit. En Europe, une voiture hybride sur quatre est désormais d'origine chinoise. Alors pour protéger l'industrie automobile européenne, Bruxelles a annoncé un accord avec Pékin afin de plafonner à 350 000 le nombre de véhicules hybrides importés de Chine chaque année, soit presque deux fois moins que pour l'année 2026.

4:50
Locuteur

Nous

4:51
Alain Cadec

avons souhaité rétablir une concurrence juste et loyale entre Européens et non-Européens lorsqu'il y avait des éléments de sursubvention ou des concurrences déloyales. On a besoin de défendre un contenu européen pour les véhicules,

5:04
Locuteur

pour

5:04
Alain Cadec

aussi l'ensemble des composants de ces véhicules. Et c'est pour nous très important qu'on préserve cette souveraineté européenne et cette capacité à produire en Europe.

5:13
Invité

Emmanuel Macron a lui aussi annoncé un accord imminent entre la France et l'Allemagne pour faire face à cette concurrence. Le président français met l'accent sur l'innovation et l'électrification des véhicules. Un angle d'attaque bien compris par Citroën qui présente cette année une version 100% électrique de sa mythique de chevaux.

5:31
Locuteur

Pour

5:32
Alain Cadec

soutenir les automobilistes face au choc pétrolier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que les prix à la pompe allaient baisser dès le 1er novembre dans toutes les stations-services de France. Le prix du litre de gazole baissera jusqu'à 18 centimes, soit environ 10 euros d'économie par plein. Une réduction qui est permise par la libération de 10 millions de barils de gazole présents dans nos réserves stratégiques.

5:53
Présentateur

Plusieurs supermarchés victimes de cyberattaques inédites.

5:56
Alain Cadec

Des centaines de supermarchés de plusieurs enseignes ont subi une cyberattaque hier qui a touché leur système frigorifique. Résultat, des réfrigérateurs et des congélateurs qui montent jusqu'à 50 degrés, des tonnes de marchandises à jeter et des millions d'euros de préjudice pour les supermarchés visés.

6:11
Présentateur

La région PACA a un nouveau président, François de Cançon.

6:14
Alain Cadec

Le maire d'hiver droite de Lalonde-les-Morts dans le département du Var a été élu hier président de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il succède à Renaud Muselier, élu il y a deux semaines sénateur des Bouches-du-Rhône.

6:26
Présentateur

Merci Alex, on se retrouve dans quelques instants. Vous allez nous parler du rapport d'Alain Cadec sur l'avenir de la filière automobile. Alain Cadec, vous êtes sénateur à l'ère des Côtes-d'Armor et vous avez donc publié il y a un an un rapport sur l'avenir de cette filière automobile, le 91e salon de l'automobile qui ouvre donc ses portes au public. Aujourd'hui, la voiture qui se réinvente est la question cruciale pour les Français et les Européens. Comment faire face à la concurrence chinoise ? Un chiffre entre le début du siècle et aujourd'hui. La Chine est passée de 1 à 40% de la production mondiale. Elle exporte 7 millions de véhicules à l'année.

On va évidemment y revenir, mais un mot puisque ce salon de l'auto, et on l'a vu, se tient dans un contexte compliqué pour beaucoup de Français qui renoncent à prendre leur voiture car le carburant est devenu hors de prix. On imagine que vous le constatez chez vous, dans votre région en Bretagne. Et une fracture accentuée entre le rural et l'urbain sur cette question de la voiture

7:25
Locuteur

? Oui,

7:26
Alain Cadec

le problème de l'augmentation exponentielle du coût du carburant, on le ressent évidemment, on le ressent à la fois dans les villes, mais surtout dans les zones rurales comme la Bretagne notamment, mais pas que. Évidemment, les citoyens hésitent à prendre leur voiture désormais,

7:43
Locuteur

ou

7:43
Alain Cadec

essayent de faire du covoiturage ou du transport en commun, mais ce n

7:46
Locuteur

'est

7:46
Alain Cadec

pas toujours facile.

7:47
Présentateur

Emmanuel Macron a parlé de cette question des prix du carburant hier en allant inaugurer le salon de l'automobile. On va l'écouter, le chef de l'État.

7:55
Alain Cadec

Les carburants montent à cause de la géopolitique.

7:59
Locuteur

Et

7:59
Alain Cadec

donc le cœur du travail qui est le nôtre, c'est de tout faire pour

8:02
Locuteur 5

faciliter à la fois le transit à travers Ormose et Yambou, nous avons des moyens et des capacités pour aider à sécuriser d'ailleurs certains de ces sites qui sont sur place. C'est ensuite réduire le coût de transport, et donc c'est

8:15
Alain Cadec

tout le travail qu'on est en train de faire avec les transporteurs pour améliorer les mécanismes d'assurance et baisser ce coût qui a été multiplié par 10.

8:23
Locuteur

Et

8:23
Alain Cadec

enfin, c'est avec la libération

8:25
Locuteur 5

des stocks stratégiques et les discussions, en particulier avec nos grandes entreprises, permettre de faire qu'à la pompe, ce prix soit le plus bas possible.

8:33
Locuteur

Il

8:34
Présentateur

apporte les bonnes réponses.

8:35
Locuteur

–

8:35
Alain Cadec

Donc ce n

8:36
Locuteur

'est

8:36
Alain Cadec

pas de ma faute,

8:37
Locuteur

c

8:37
Alain Cadec

'est de la faute des autres, c'est de la faute de la géopolitique, ce qui n

8:40
Locuteur

'est

8:40
Alain Cadec

pas totalement faux d'ailleurs. –

8:43
Locuteur

Parce

8:43
Présentateur

que vous considérez que c

8:44
Locuteur

'est

8:44
Présentateur

en partie sa faute ?

8:45
Locuteur

–

8:45
Alain Cadec

Non, non, non, ce n

8:46
Locuteur

'est

8:46
Alain Cadec

pas ce que je veux dire. Non,

8:46
Locuteur

non,

8:47
Alain Cadec

non, le problème de… Il y a beaucoup de choses de sa faute, mais pas ça. Mais je veux dire qu'aujourd'hui, il y a des mesures à prendre, il

8:56
Locuteur

y a

8:56
Alain Cadec

des mesures sur les taxes, qui seraient à mon avis intéressantes à prendre, les taxes sur le carburant, sauf que ça rapporte beaucoup d'argent à l'État, bien entendu. Donc c'est les raisons pour lesquelles, quand on sait la situation financière du pays aujourd'hui, par rapport à la dette, à notre endettement, au taux d'intérêt, évidemment l'État ne peut pas se priver d'un certain nombre de ressources. Mais je ne vois pas comment on pourra arriver à baisser le prix du carburant. –

9:27
Locuteur

Et ils

9:27
Présentateur

réussissent avec la libération de barils de pétrole, 12 à 18 centimes au 1er novembre ?

9:32
Alain Cadec

– Oui, c'est déjà quelque chose, incontestablement. Mais je veux dire, ce n

9:35
Locuteur

'est

9:35
Alain Cadec

pas suffisant.

9:36
Locuteur

Ce

9:36
Alain Cadec

n

9:36
Locuteur

'est

9:36
Alain Cadec

pas suffisant pour le citoyen lambda. Il faut aller beaucoup plus loin. Et aujourd'hui, je ne sais pas comment on peut faire, parce que le détroit d'Hormuz est bloqué.

9:46
Locuteur

– Mais

9:46
Présentateur

vous,

9:46
Locuteur

vous

9:46
Présentateur

dites en plus qu

9:47
Locuteur

'il

9:47
Présentateur

faut une baisse des taxes

9:47
Locuteur

? –

9:48
Alain Cadec

Je pense que oui. –

9:50
Locuteur

Mais on a

9:50
Présentateur

financièrement les moyens

9:51
Locuteur

?

9:51
Alain Cadec

– Ben non, c'est ça le problème. Le problème, il est là, c'est-à

9:53
Locuteur

-dire

9:53
Alain Cadec

qu

9:54
Locuteur

'on

9:54
Alain Cadec

se mord la queue. Aujourd'hui, on n'a pas les moyens financiers de le faire,

9:58
Locuteur

mais

9:58
Alain Cadec

ce sera peut-être une nécessité à un moment ou à un autre. Alors,

10:01
Locuteur

on

10:01
Alain Cadec

peut espérer que c'est une situation essentiellement conjoncturelle, qui va durer un certain temps et qui peut-être va s'arrêter. Maintenant, quand on voit les outils qui commencent à bloquer l'autre détroit, on peut s'inquiéter quand même sur l'avenir. Et on est tellement dépendant

10:15
Locuteur

de

10:16
Alain Cadec

cet approvisionnement, que ça pose évidemment un problème.

10:20
Présentateur

– Le salon d'auto qui s'est donc ouvert, qui a été inauguré hier par Emmanuel Macron, qui ouvre aujourd'hui ses portes au public, avait cette question sur l'avenir de la filière automobile. On va écouter ce que disait Emmanuel Macron, c'était un autre salon de l'automobile, c'était en 2023, et je vous ferai réagir juste après.

10:37
Locuteur

– C

10:38
Alain Cadec

'est simple, vous avez plus de 400 000 personnes qui travaillent dans ce secteur. Et en plus, je pense que ça fait partie de notre identité. La bagnole fait partie de l'identité

10:47
Locuteur 5

française. La question, c'est comment nos mythologies, comment ce qui est clé pour notre industrie et pour notre réindustrialisation, est compatible aussi avec nos objectifs en termes climatiques.

10:57
Alain Cadec

On est en train de montrer que par l'innovation, l'investissement

11:00
Locuteur

et

11:01
Alain Cadec

l'ambition collective, et le respect de chacune et de chacun, on y arrive.

11:03
Locuteur

– Voilà,

11:04
Présentateur

la bagnole qui fait partie de l'identité française, c'était en 2023, je le disais, est-ce que trois ans après, on y est arrivé ?

11:11
Locuteur

–

11:11
Alain Cadec

Non. Alors, quand le président de la République parle du nombre d'emplois, si on parle des emplois essentiellement industriels, de fabrication, en 2010, on était à 425 000 emplois

11:24
Locuteur

directs.

11:26
Alain Cadec

En 2025, on était à 250 000 emplois. Voyez un peu, déjà, notre industrie automobile, elle était déjà en difficulté. Mais, on va parler sans doute depuis l'arrivée des voitures chinoises, alors là,

11:37
Locuteur

ça

11:38
Alain Cadec

augmente encore la difficulté des constructeurs.

11:40
Locuteur

–

11:41
Présentateur

On va en parler, puisqu'il y a un an, vous publiez au Sénat un rapport sur la crise de la filière automobile française, une crise qui se poursuit, Alex.

11:49
Locuteur

–

11:49
Alain Cadec

Oui, rappelons les chiffres de ce secteur de l'industrie automobile française qui était évoqué dans ce rapport avec un secteur qui représente environ 350 000 salariés, même si ça… – Ça, c'est tout compris, c'est-à-dire que c'est toute la filière. – Voilà, filière globale. Et puis, 4 000 sites industriels pour cette filière automobile française. Et les chiffres ne sont pas bons pour la filière. Depuis des années, les ventes de véhicules particuliers en France ont chuté de 20% entre 2020 et 2025. Et c'est une tendance longue pour l'industrie française. La part de la France dans la production automobile européenne a reculé de 12 points entre 2000 et 2020.

Un secteur automobile qui a été notamment fragilisé par des délocalisations vers des pays à bas coût. –

12:30
Présentateur

Et notre industrie automobile est aussi largement concurrencée par les véhicules chinois.

12:33
Alain Cadec

– Bien sûr, il y a maintenant la concurrence chinoise, notamment sur le véhicule électrique. La Chine qui est le premier producteur mondial de voitures électriques. En 2023, elle assurait près des deux tiers de cette production automobile électrique sur la planète. Alors, comment expliquer cette ultra-domination chinoise ? Elle est permise par d'abord une industrie subventionnée par l'État chinois, des coûts de production compétitifs et puis des prix de vente inférieurs de 30% par rapport aux voitures occidentales pour une qualité peut-être égale, voire supérieure. L'industrie chinoise, et c'est là où c'est intéressant, qui accentue son avance en 2026.

Elle a gagné 10% de parts de marché sur les neuf premiers mois de cette année. Alain Quindec, quand on voit que la Chine continue de gagner des parts de marché cette année, est-ce qu'il y a une très vive inquiétude et est-ce qu'on va rattraper ce retard ? – C'est exactement ce qu'on disait dans notre rapport.

13:24
Locuteur

C

13:25
Alain Cadec

'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit bien que les Chinois s'installent. Ils s'installent en France, c'est-à-dire qu'ils créent des concessions, ils s'associent avec des constructeurs existants, avec Stellantis par exemple, avec d'autres. Et donc Stellantis par exemple, qui a 23% de la marque Leapmoteur par exemple, qui a accepté. Et donc ils ont désormais un réseau de vente.

13:47
Locuteur

Donc le

13:48
Alain Cadec

développement de l'automobile chinoise est exponentiel parce que justement le client potentiel, maintenant il est rassuré, il a des concessionnaires, il a des choses comme ça qu'il ne savait pas avant. Donc ils sont en train de prendre le marché. Mais on a abandonné notre industrie automobile depuis déjà pas mal d'années. On n'a pas fait les bons choix. Quand je dis on, c'est à la fois les pouvoirs publics, qui n'ont pas été réactifs, et puis les industriels aussi ont leur responsabilité en la matière. – Alors quelles erreurs stratégiques ont été faites ?

14:17
Locuteur

– C'était,

14:18
Alain Cadec

on fait de l'électrique, oui. Tavares par exemple, Carlos Tavares, à un moment, on fait de

14:24
Locuteur

l

14:24
Alain Cadec

'électrique. Ok, on fait de

14:25
Locuteur

l

14:25
Alain Cadec

'électrique. Deux ans après, ah ben non, on ne

14:27
Locuteur

va

14:27
Alain Cadec

plus faire de

14:27
Locuteur

l

14:27
Alain Cadec

'électrique, on va refaire du thermique. Bon, ben on va faire de l'hybride. Et pendant ce temps-là, les chinois, ils avancent.

14:34
Locuteur

Ils

14:35
Alain Cadec

avancent, ce qui fait qu'ils ont entre 10 et 15 ans d'avance sur nous.

14:38
Locuteur

–

14:38
Présentateur

Vous êtes allé, vous, en Chine ? –

14:40
Locuteur

Oui, absolument, je suis allé visiter

14:41
Alain Cadec

les

14:42
Locuteur

constructeurs. – Qu'est-ce que

14:43
Présentateur

vous avez constaté sur place ? Un écart imbissal, un écart irratrapable

14:47
Locuteur

?

14:48
Alain Cadec

– Irratrapable, je ne le souhaite pas en tous les cas. Mais je sais que, par exemple, aujourd'hui, dans le cadre de l'électrification, ils ont, je vous le dis, 10 à 15 ans d'avance.

15:00
Locuteur

Et

15:00
Alain Cadec

par ailleurs, nous, quand on essaye de faire des voitures électriques en Europe, c'est vrai pour la France, mais c'est vrai pour l'Allemagne aussi, on s'appuie sur des composants chinois.

15:08
Locuteur

Donc,

15:08
Alain Cadec

on est coincé, on a quelques fabricants de batteries en France, ACC, Vercors, qui sont des gens qui font du bon travail, mais qui travaillent avec des composants chinois. Par ailleurs, quand on fait 10 batteries en France, dans ce qu'on appelle pompeusement les gigafactories, ils s'en font 10 000 en Chine. Donc, vous voyez, et tout ça avec des composants chinois. Donc, on est dépendant de la Chine.

15:33
Locuteur

Mais

15:34
Alain Cadec

c'est un petit peu la représentation de ce qui s'est passé pour notre industrie depuis 20 ans. Notre industrie, elle disparaît petit à petit. La France,

15:44
Locuteur

c

15:44
Alain Cadec

'est un pays qui ne produit plus.

15:46
Locuteur

Et

15:46
Alain Cadec

ça, c'est un drame absolu.

15:47
Locuteur

C

15:48
Alain Cadec

'est un pays qui consomme. Qui consomme,

15:50
Locuteur

mais

15:50
Alain Cadec

qui ne produit plus. Et c'est vrai pour l'automobile, comme c'est vrai dans d'autres domaines. Et par ailleurs, il est pareil, quand on écoute Mme Brousseau, c'est un pays où on a le droit à la paresse.

15:58
Locuteur

La

15:58
Alain Cadec

paresse, ça a un coût. Il faut produire. Il faut

16:00
Locuteur

produire de la

16:01
Alain Cadec

richesse. Ça veut dire que nos constructeurs automobiles français ont trop délocalisé par le passé

16:04
Locuteur

? Ils

16:05
Alain Cadec

ont peut-être trop délocalisé.

16:07
Locuteur

Ils

16:07
Alain Cadec

ne se sont pas adaptés au marché, me semble-t-il. On en a discuté longuement avec Luc Châtel, d'ailleurs, le président de PFA. On va le voir demain avec la Commission et avec Dominique Estrosi.

16:17
Locuteur

On

16:17
Alain Cadec

va le voir demain.

16:21
Locuteur

Mais je

16:21
Alain Cadec

pense qu'ils n'ont pas réagi au bon moment. Par ailleurs, l'Union européenne, j'en parle librement. J'ai été 10 ans député européen. Je sais comment ça marche. L'Union européenne a pris cette aberrante décision d'interdire la vente de véhicules thermiques en 2035. Savez-vous que l'espace économique européen est le seul espace économique au monde,

16:46
Locuteur

avec

16:46
Alain Cadec

la Californie, à prendre cette décision

16:49
Locuteur

? Dans

16:51
Alain Cadec

tous les autres pays du monde, ce n

16:52
Locuteur

'est

16:52
Alain Cadec

pas vrai.

16:53
Locuteur

Donc,

16:54
Alain Cadec

je pense qu'il aurait fallu être plus souple dans cette décision.

17:00
Présentateur

On va revenir après sur cette interdiction des véhicules thermiques et sur ce passage à l'électrique. Mais Alex, vous aviez une question sur la concurrence chinoise.

17:09
Alain Cadec

Est-ce qu'il y a cette concurrence chinoise ? Mais derrière ça, est-ce qu'il y a un manque de cap industriel, contrairement aux Chinois ? Vous parliez d'aller

17:19
Locuteur

-retour

17:19
Alain Cadec

sans cesse.

17:20
Locuteur

Oui, c

17:20
Alain Cadec

'est

17:20
Locuteur

ce

17:20
Alain Cadec

que tu disais tout à l'heure.

17:21
Locuteur

Il

17:21
Alain Cadec

y a eu des changements de cap pendant plusieurs années, pendant les 10-15 ans qui viennent de se passer. Et ça a évidemment généré un retard pour l'industrie automobile européenne. C'est plus large que l'industrie automobile française. C'est vrai pour les marques premium allemandes, par exemple. C'est pareil.

17:37
Locuteur

Et

17:38
Présentateur

nos constructeurs tendent-ils eux-mêmes la main aux Chinois en Valais, en Seine-Maritime ? Bonjour Mélanie Delacour. Merci d'être avec nous. Vous êtes maire d'Hivergauche de Cléon. Se trouve dans votre ville un site de Renault. En début d'année, la direction a annoncé qu'au printemps 2027, un moteur venant de Chine sera assemblé dans l'usine. Comment cela a été perçu

17:56
Locuteur

?

17:58
Invité

Pour la plupart des gens, comme une bonne nouvelle, puisque ça pérennise de l'emploi. Après, on sait que les syndicats étaient un petit peu plus frileux d

18:07
Locuteur

'imaginer

18:08
Invité

recevoir des pièces chinoises pour assembler en France. Maintenant, je pense que c'est important de pouvoir montrer aussi le savoir-faire de la France, puisque l'usine de Renault-Cléon produit des moteurs haut de gamme. Là, on parle de moteurs électriques un peu plus d'entrée de gamme. Mais ça va permettre aussi de pouvoir développer de l'électrique un peu plus abordable pour tout le monde, puisqu'on sait qu'en effet, les coûts de main d'œuvre et tout un tas de choses sont plus chers en France.

Donc, si on peut avoir la chance sur l'usine de Renault-Cléon de pouvoir produire les deux ou les assembler et de faire en sorte que sur le marché français, on ait du haut de gamme et de l'entrée de gamme, je pense que c'est une bonne chose. Et pour le site, c'est aussi un moyen de pérenniser l'avenir du site, sachant qu'ils ont créé une e-université qui permet de former tous les personnels qui étaient sur le moteur thermique par le passé vers le moteur électrique. Et ça,

18:58
Locuteur

c

18:58
Invité

'est quand même quelque chose de très fort, parce que même si certains salariés sont là depuis très longtemps dans l'entreprise, ils vont pouvoir migrer vers ces nouvelles technologies et de pouvoir leur permettre de se renouveler. C'est quelque chose d'essentiel pour la main d'œuvre française aussi.

19:13
Locuteur

–

19:13
Présentateur

Alain Cadac, c'est une bonne nouvelle, Mme Le Maire dit que

19:16
Locuteur

c

19:16
Présentateur

'est une bonne nouvelle parce que c'est pour la pérennité du site, ça crée de l'emploi. Ou au contraire, on fait entrer le loup dans la bergerie.

19:22
Locuteur

–

19:22
Alain Cadec

Bonjour Mme Delacour d'abord,

19:23
Locuteur

je

19:24
Alain Cadec

ne

19:24
Locuteur

sais pas

19:24
Alain Cadec

si elle m'entend.

19:25
Locuteur

–

19:25
Alain Cadec

Elle

19:25
Locuteur

m'entend. –

19:26
Alain Cadec

En tous les cas, ça fait rentrer le loup dans la bergerie, cela étant, Mme Delacour vient de le dire, elle a raison, ça permet déjà le maintien de l'emploi. Parce que, imaginons que ce ne soit pas le cas, c'est vrai aussi à Rennes,

19:38
Locuteur

à

19:38
Alain Cadec

la Genêt, à Rennes, l'usine Citroën, s'installe

19:43
Locuteur

et

19:44
Alain Cadec

va produire des voitures chinoises totalement,

19:48
Locuteur

les

19:49
Alain Cadec

X-Peng, mais alors d'abord, ça prend sur le marché, évidemment sur la fabrication typiquement française, mais ça maintient l'emploi en l'occurrence. Mais c'est le loup qui rentre dans la bergerie, c'est évident. Et certains constructeurs français font le choix de s'associer

20:03
Locuteur

avec

20:04
Alain Cadec

des Chinois, mais ils ne peuvent pas faire autrement non plus. Et par ailleurs, excusez-moi, par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure, il faut quand même se rappeler que l'industrie chinoise, elle est dans une économie administrée, donc c'est complètement différent, c'est-à-dire qu'ils donnent des subventions, l'État, ils choisissent, tout ça, je veux dire, c'est…

20:19
Locuteur

–

20:20
Présentateur

Juste, Mme Delacour, pour qu

20:21
Locuteur

'on

20:21
Présentateur

comprenne bien, que représente l'usine Renault, que représente la voiture pour une commune comme Cléon

20:27
Locuteur

? – Énormément

20:29
Invité

d'emplois, de l'activité économique en périphérie, puisque les gens qui y travaillent sont amenés à faire leurs courses à proximité, à utiliser les infrastructures sportives. Donc c'est une économie et pour la ville et pour le bassin qui est tout autour, mais c'est quelque chose d'essentiel, en dehors du fait que, bien évidemment, oui, il

20:46
Locuteur

y

20:46
Invité

a de

20:47
Locuteur

l

20:47
Invité

'impôt loco et ce genre de choses, mais c'est une vraie dynamique par rapport à ce qui se construit.

20:52
Locuteur

Et

20:52
Invité

vu qu'on est sur une commune en plein renouvellement urbain, c'est aussi s'offrir la possibilité, avec tout ce qu'on va avoir sur le plan national de renouvellement urbain, de permettre aux salariés de pouvoir venir s'installer directement à Cléon, ce qui, au moment où le gasoil coûte énormément cher, et l'essence aussi, de pouvoir venir travailler à l'usine Renault, soit en voiture électrique, soit à pied, soit par des mobilités tous. Donc c'est extrêmement important pour nous que l'usine Renault de Cléon se porte bien et qu'elle se développe pour qu'il y ait énormément de salariés parce que ça fait vivre tout le tissu économique local.

21:27
Présentateur

Merci Mélanie de Lacour, merci d'avoir été avec nous, maire de Cléon. Et on voit l'importance pour nos territoires de l'industrie automobile. Alex, dans le rapport du Sénat d'Alain Kadec, quelles étaient les préconisations pour relancer ce secteur automobile et est-ce qu'elles ont été entendues ?

21:40
Alain Cadec

L'une des préconisations de ce rapport,

21:42
Locuteur

c

21:42
Alain Cadec

'était de sortir, je cite, du tout électrique et de ralentir l'application du pacte vert européen pour les industriels. Vous en parliez, Alain Kadec, un pacte vert qui prévoyait d'interdire la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Et cette préconisation, elle a plutôt été mise en œuvre, en tout cas entendue par l'Union européenne, puisque la Commission européenne est en train d'abandonner cet objectif et de faire une autre proposition. Cette proposition, c'est que d'ici 2035, les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 de leurs échappements. Et pour les 10% restants, ils pourront être compensés par l'utilisation d'acier bas carbone notamment.

Et puis, dans ce rapport, les sénateurs préconisaient également des droits de douane sur les véhicules chinois, équivalents à ceux qui sont appliqués par la Chine. Et puis, sur le marché européen, il faut, selon ce rapport, favoriser des véhicules fabriqués en majorité en Europe. Une préférence européenne vers laquelle la France et l'Allemagne sont en train d'avancer. Et puis, il faut également, selon ce rapport, inciter à l'achat de petites voitures électriques abordables, car le prix très élevé de ces voitures électriques peut être prohibitif.

Alain Cadec, sur les émissions de CO2 de nos constructeurs automobiles, l'Union européenne est en train d'abandonner cet objectif d'interdiction des véhicules neufs thermiques en 2035. Vous êtes satisfait de cet assouplissement ?

23:01
Locuteur

–

23:01
Alain Cadec

Oui, ça va dans le sens de ce qu'on préconisait dans notre rapport. Et je pense que c

23:05
Locuteur

'était

23:06
Alain Cadec

nécessaire. C'était déjà dans les tuyaux depuis un moment. Je pense que notre rapport a permis d'accélérer

23:11
Locuteur

cette

23:12
Alain Cadec

évolution. Et je pense que ça va dans le bon sens par rapport à nos constructeurs et par rapport à notre industrie. – Mais quand on voit qu'il y a un boom du marché de

23:21
Locuteur

l

23:21
Alain Cadec

'électrique, notamment avec le choc pétrolier, que vous le disiez, la Chine a un cap tracé, est-ce qu'on n

23:25
Locuteur

'est

23:25
Alain Cadec

pas en train de se tirer une balle dans le pied en ralentissant nos objectifs ? – Non, non, je pense qu'on a été trop vite en interdisant, je vous le disais tout à l'heure, il n

23:33
Locuteur

'y a

23:33
Alain Cadec

que l'Union européenne et la Californie qui interdisent les moteurs thermiques. Aujourd'hui, il faut passer par l'étape, à mon avis indispensable,

23:41
Locuteur

de

23:41
Alain Cadec

l'hybride,

23:42
Locuteur

pour

23:42
Alain Cadec

arriver à l'électrique. On arrivera à l'électrique, de toute façon, inéluctablement, et tant mieux.

23:48
Locuteur

Mais

23:48
Alain Cadec

il va falloir qu'on mette en œuvre les moyens nécessaires à y

23:54
Locuteur

arriver. – Mais on mise

23:54
Présentateur

assez sur l'hybride aujourd'hui ?

23:55
Alain Cadec

– Comment ? –

23:55
Présentateur

On mise assez sur l'hybride ?

23:57
Alain Cadec

– Oui,

23:57
Locuteur

oui, oui,

23:57
Alain Cadec

tout à fait, oui. Oui, ça évolue très vite, on mise sur l'hybride, mais ça change complètement l'écosystème de l'automobile, notamment la maintenance, notamment l'entretien. On a beaucoup de garages, de concessions en France. Aujourd'hui, l'entretien d'un véhicule électrique, ce n

24:12
Locuteur

'est

24:12
Alain Cadec

pas du tout le même entretien qu'un véhicule thermique.

24:14
Locuteur

C

24:14
Alain Cadec

'est beaucoup moins souvent, c'est beaucoup moins important, il n

24:17
Locuteur

'y a

24:17
Alain Cadec

pas de vidange, il n

24:18
Locuteur

'y a

24:18
Alain Cadec

pas de choses comme ça, vous voyez. Donc, tout l'écosystème évolue. Donc, je pense qu'il faut qu'on évolue avec, cela étant, les décisions de l'Union européenne, non pas d'abandonner le Green Deal et tout ça,

24:31
Locuteur

mais d

24:31
Alain Cadec

'être un peu plus soft, est à mon avis une bonne tendance. Ça va permettre sans doute de redonner un peu de souffle à notre industrie, mais je pense que c'est surtout sur l'influence de nos amis allemands qui, évidemment, sont très forts à Bruxelles et qui, par ailleurs, craignent pour leur industrie.

24:49
Locuteur

Justement,

24:49
Présentateur

hier, Emmanuel Macron a annoncé un accord imminent avec l'Allemagne pour assouplir encore plus les objectifs européens en matière de CO2 sur les voitures neuves à partir de 2035, ce qui ouvrirait la porte à plus d'hybrides et plus de thermiques. C'est une bonne nouvelle

25:02
Locuteur

?

25:02
Alain Cadec

Oui, c'est une bonne nouvelle. Maintenant, je suis toujours circonspect devant un accord franco-allemand depuis quelques temps. Quand on voit tous les accords qui devaient se réaliser, je pense aux SCAF, je pense aux chars de combat, c'est toujours... De toute façon, si on fait un accord avec les Allemands,

25:19
Locuteur

vous craignez qu'il y ait des mots, mais pas l'effet derrière.

25:20
Alain Cadec

que

25:20
Locuteur

c'est que ça va

25:20
Alain Cadec

dans le sens des Allemands. Je vous le rassure.

25:24
Présentateur

Là, les Allemands ont l'air d'avoir fait un compromis.

25:27
Alain Cadec

Oui, oui, oui, oui. Oui, oui, oui, je pense qu

25:29
Locuteur

'ils

25:29
Alain Cadec

ont fait un

25:29
Locuteur

effort. Vous n'y

25:30
Présentateur

croyez pas

25:30
Locuteur

?

25:30
Alain Cadec

Si, si, si, j'y crois. J'y crois, je veux y croire, en tous les cas.

25:34
Présentateur

40% des véhicules vendus en septembre 2026 sont des véhicules électriques. Les Français font la transition ? Ils passent à l'électrique

25:40
Locuteur

?

25:40
Alain Cadec

Alors, vous l'avez évoqué tout à l'heure, sur le plan conjoncturel, actuellement, évidemment, compte tenu du coût du carburant, le citoyen qui va acheter une automobile, jusqu'à aujourd'hui,

25:54
Locuteur

il

25:54
Alain Cadec

est un peu perdu. Il se dit, qu'est-ce que je fais ? J'achète une électrique

25:58
Locuteur

? J

25:58
Alain Cadec

'achète une thermique

25:59
Locuteur

?

25:59
Alain Cadec

Ou j'achète une hybride

26:01
Locuteur

? Ce

26:02
Alain Cadec

n'est pas trop. Maintenant,

26:03
Locuteur

c

26:03
Alain Cadec

'est vrai qu'avec l'augmentation du prix du carburant, il va plutôt vers le véhicule électrique, sauf que le véhicule électrique, notamment fabriqué en France et en Europe, il est trop cher aujourd'hui. Alors que s'il est fabriqué en Chine, il est beaucoup moins cher. 30%, vous l'avez souligné tout de suite. A peu près 30% moins cher.

26:21
Locuteur

C

26:21
Alain Cadec

'est grosso modo, c'est ça. Une R5 aujourd'hui fabriquée à Cléon, par exemple, puisqu'il fabrique la R5, ça vaut 30 000 euros au départ. Alors, il

26:32
Locuteur

y

26:32
Alain Cadec

a des primes. On essaie de diminuer

26:34
Locuteur

un peu.

26:34
Présentateur

Mais il y a le leasing social. Le gouvernement a

26:36
Locuteur

mis en place des mesures pour

26:37
Présentateur

faciliter la transition des Français

26:39
Locuteur

vers l'électrique. Oui, mais ça

26:40
Alain Cadec

ne concerne qu'une petite partie de la population. Et ce n

26:46
Locuteur

'est

26:46
Alain Cadec

pas suffisant pour relancer la consommation. Et je vous dis, aujourd'hui, quand un automobiliste va pour changer le véhicule, qu'il décide d'aller vers l'hybride ou l'électrique, malheureusement, il va se tourner vers la voiture chinoise parce qu'elle est beaucoup moins chère. Donc, on a un problème là-dessus. Et par ailleurs, les Chinois sont malins, on le disait tout à l'heure. X-Peng s'installe à Rennes. Ils vont monter les voitures à Rennes. Ils vont les assembler. Moralité, les voitures deviennent des voitures made in Europe.

27:17
Locuteur

Donc,

27:17
Alain Cadec

elles échappent aux taxes.

27:19
Locuteur

Vous

27:20
Présentateur

avez quoi, vous, comme véhicule ?

27:21
Alain Cadec

Ça ne va pas s'arranger. J'ai une Volvo. Une Volvo.

27:24
Présentateur

Mais thermique.

27:24
Alain Cadec

C'est une voiture chinoise. Non, je plaisante. C'est-à-dire que ça appartient au groupe Géli, qui est un groupe chinois, mais comme beaucoup d'autres choses. Et c'est un véhicule hybride.

27:34
Locuteur

C

27:34
Alain Cadec

'est un véhicule hybride et j'en suis très content.

27:36
Présentateur

Voilà, on terminera là-dessus. On va terminer pas tout à fait là-dessus parce qu'on va regarder les unes de la presse régionale, comme tous les jours. Trois titres qu'on a sélectionnés. La une du Dauphiné. La colère lycéenne ne faiblit pas. Les lycées font entendre leur colère entre blocage et manifestation. Ils veulent faire plier le gouvernement. La deuxième une, celle de Ouest France. Les rayons frais de centaines de supermarchés. Pirater une cyberattaque qui a visé les réfrigérateurs de centaines de supermarchés en France. Conséquence, des rayons inaccessibles et des tonnes d'aliments à détruire. Et puis la une de la Provence, le choc.

Un jeune de 14 ans qui a ouvert le feu au fusil de chasse hier dans son établissement, blessant le principal et une enseignante. De quelle une avez-vous envie de nous parler

28:14
Locuteur

? De

28:15
Alain Cadec

Ouest France

28:16
Locuteur

? Au

28:17
Alain Cadec

hasard ? On

28:17
Présentateur

doutait un petit peu.

28:18
Alain Cadec

Au hasard.

28:20
Présentateur

On a

28:21
Locuteur

vu

28:21
Alain Cadec

cette

28:21
Locuteur

cyberattaque.

28:24
Présentateur

Oui,

28:24
Locuteur

mais c'est surélices. Ce que j'allais vous dire, c'est

28:26
Présentateur

assez lunaire. C'est-à-dire des rayons de supermarchés qui ont vu leur réfrigérateur monter jusqu'à 50 degrés.

28:32
Alain Cadec

Ça veut dire que tout peut arriver. Tout peut arriver dans le cadre des cyberattaques. Et c'est extrêmement dangereux. Alors je sais qu

28:39
Locuteur

'en

28:39
Alain Cadec

France, on y travaille beaucoup pour essayer de se prémunir de ce genre d'attaques. Mais quand on voit ça, y compris les rayons frais, vous vous rendez compte, ça veut dire que tous les produits vont être bons à jeter. Enfin, je veux dire, c'est dramatique.

28:54
Présentateur

Mais ça veut dire que malgré le fait qu'on y travaille, on est loin d'être paré face à ces cyberattaques.

29:00
Alain Cadec

Tout à fait.

29:01
Locuteur

Qui sont inédites en

29:02
Alain Cadec

plus. Et pourtant, la France notamment a mis en place un certain nombre de structures qui permettent de travailler là-dessus. Mais on a encore du travail, oui, je pense. La preuve, c'est que ça,

29:14
Locuteur

c

29:14
Alain Cadec

'est impressionnant.

29:16
Locuteur

Et

29:17
Alain Cadec

puis,

29:17
Locuteur

il

29:18
Alain Cadec

y

29:18
Locuteur

a

29:18
Alain Cadec

aussi ce qui s'est passé hier. Également, le jeune qui a... C'est dans la presse, dans toute la PQR. C'est le jeune qui a tiré au fusil sur le principal.

29:28
Locuteur

C

29:29
Présentateur

'est la ligne de la Provence notamment. La

29:30
Alain Cadec

province, oui. Mais c'est dramatique. Ça démontre un peu la déliquescence de notre société aujourd'hui.

29:37
Présentateur

Merci Alain Kadek. Merci beaucoup

29:38
Locuteur

d'avoir été notre invité.

29:40
Présentateur

Et Alex, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale.

29:43
Alain Cadec

Et la presse quotidienne régionale qui commence à dévoiler des premières infos sur le tracé du Tour de France 2027. Ah,

29:49
Locuteur

c'est assis. Il repasse en Bretagne ou pas ? Il repasse en Bretagne. Il repasse en Bretagne. Parce que là, j'ai

29:52
Présentateur

deux Bretons sur

29:53
Locuteur

le plateau. Mais

29:54
Alain Cadec

malheureusement, il ne va pas à Mur de Bretagne.

29:56
Locuteur

Et

29:57
Alain Cadec

ça, c'est dommage.

29:58
Présentateur

Et

29:58
Locuteur

bon, il vient en Bretagne. C'est un appel à

29:59
Présentateur

Christian Prudhomme pour la

30:01
Locuteur

session d'appel. Oui, Christian,

30:02
Alain Cadec

si vous l'avez, je dirai avec Christian.

30:05
Présentateur

Merci, monsieur Kadek. On va tout de suite accueillir notre prochain invité. Pierre-Rosan Vallon, qui nous rejoint.

30:12
Locuteur

Merci

30:20
Présentateur

d'être là. C'est juste là, je vous en prie. Comment lutter contre la tyrannie du présent ? Notre difficulté à penser le temps long est-elle en partie responsable de nos crises ? Faut-il partir à la recherche du temps perdu ? On reçoit l'historien Pierre-Rosan Vallon. Installez-vous, je vous en prie. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Auteur donc de ce livre, La tyrannie du présent, c'est aux éditions du Seuil. Entretien en partenariat avec la presse régionale, représenté ce matin par Fabrice Vessarodon du groupe EBRAS. Bonjour Fabrice. Bonjour Ariane. Bonjour Pierre-Rosan Vallon.

30:54
Alain Cadec

Bonjour.

30:55
Présentateur

Pierre-Rosan Vallon, la tyrannie du présent, des règlements climatiques, dettes, retraites, les crises sont nombreuses. Nous savons, mais nous ne faisons rien, en tout cas trop peu. C'est ce que vous écrivez. Est-ce que face à la multiplication de ces crises, on est en pleine myopie démocratique ? Je reprends votre expression.

31:10
Locuteur

La

31:11
Alain Cadec

myopie, tout le monde sait que cela veut dire qu'on est capable de lire sans lunettes

31:17
Locuteur

et

31:18
Alain Cadec

donc d'être parfaitement lucide et vigilant de près, mais qu'on voit flou l'avenir. Donc c'est bien de ça qu'il s'agit. Nous voyons l'avenir de façon trop floue.

31:30
Locuteur

Et

31:31
Alain Cadec

ce qui est important d'essayer de comprendre, c

31:33
Locuteur

'est quelles

31:34
Alain Cadec

sont les racines de cette myopie.

31:36
Locuteur

Je

31:37
Alain Cadec

crois qu'on ne se rend pas assez compte que c'est quelque chose qui vient de très loin. La myopie démocratique, d'un certain point de vue, elle est inhérente à la modernité démocratique même. Parce que l'idée démocratique, c'est la rupture avec le passé, la capacité d'une société, des individus à s'inventer, à se renouveler. Et c'est pour ça que la démocratie, elle a d'abord considéré que l'émancipation, c'était des mandats très courts. Vous savez, les premières constitutions qu'il

32:05
Locuteur

y

32:05
Alain Cadec

a eu dans le monde, c'est les constitutions des 13 États américains qui font la sécession avec l'Angleterre. Eh bien, leur constitution prévoyait des mandats électoraux d'un an.

32:17
Locuteur

Et

32:17
Alain Cadec

en France, le président de l'Assemblée constituante était élu toutes les semaines

32:21
Locuteur

pour

32:22
Alain Cadec

que des personnes ne deviennent pas propriétaires des institutions. et puis, en même temps, qu'on a fait cette vision de la politique comme étant nécessairement renouvelable en permanence, pour être toujours sous l'œil du peuple, c'était très important, eh bien, on a par exemple considéré que l'individu lui-même pouvait se réinventer en permanence, et on a considéré que le divorce,

32:48
Locuteur

ça

32:49
Alain Cadec

voulait dire que le mariage était plus simplement une institution, mais qu

32:51
Locuteur

'il

32:51
Alain Cadec

devait être aussi une conversation heureuse qui se renouvelait, qui vivait chaque jour entre les individus. Donc, l'attrait pour le court terme était lié à l'idée d'émancipation.

33:03
Locuteur

Alors,

33:04
Alain Cadec

bien sûr, il y

33:04
Locuteur

a

33:04
Alain Cadec

eu des réactions.

33:05
Locuteur

Il

33:06
Alain Cadec

y

33:06
Locuteur

a

33:06
Alain Cadec

eu des réactions pour essayer de contrecarrer ce court terme.

33:09
Locuteur

Mais

33:10
Alain Cadec

c'est des réactions qui ont souvent été perçues dans la société comme technocratiques

33:14
Locuteur

ou

33:15
Alain Cadec

bureaucratiques,

33:16
Locuteur

ou

33:17
Alain Cadec

aristocratiques même. Pensez que la plupart des pays européens ont rempli leurs ambassades

33:26
Locuteur

d

33:27
Alain Cadec

'aristocrates. Parce qu'on pensait que pour représenter un pays dans la durée, il fallait des groupes sociaux qui soient l'incarnation

33:35
Locuteur

de

33:35
Alain Cadec

cette durée.

33:37
Locuteur

Donc, il

33:38
Alain Cadec

y a eu des expériences. Il y

33:40
Locuteur

a

33:40
Alain Cadec

eu des expériences, je dirais, d'entretien d'un autre rapport au temps, ne serait-ce que nous sommes au Sénat ce matin. Le Sénat est né de la volonté, justement, de ralentir la précipitation démocratique pour introduire une temporalité davantage de la réflexion. Mais ça n'est qu'une exception, si je puis dire.

34:02
Locuteur

–

34:03
Présentateur

On va y revenir, mais la tyrannie du présent, finalement, elle nous empêche de prendre ces décisions qui pourraient améliorer notre futur. C'est-à

34:12
Locuteur

-dire,

34:12
Présentateur

pourquoi nos démocraties, aujourd'hui, sont devenues incapables de penser l'avenir

34:15
Locuteur

? –

34:16
Alain Cadec

Eh bien, elles sont… Le paradoxe, c'est que nous savons que l'avenir va poser d'énormes problèmes. Nous savons ce que sont les questions des retraites dans l'avenir. Nous savons ce qu'est la question du climat. Nous savons ce qu'est la question de la dette. Et pourtant, nous n'agissons pas. Pourquoi y a-t-il ce hiatus entre une connaissance intellectuelle

34:35
Locuteur

et

34:35
Alain Cadec

puis une inaptitude pratique à le faire

34:39
Locuteur

?

34:39
Alain Cadec

Certains disent, il faudrait qu'il y ait une vraie catastrophe.

34:43
Locuteur

Il

34:43
Alain Cadec

faudrait qu'on soit face à un mur.

34:45
Locuteur

Et

34:45
Alain Cadec

le jour où on sera face à un mur énorme, là, il faudra bien agir.

34:49
Locuteur

Mais

34:49
Alain Cadec

ce mur, la catastrophe,

34:51
Locuteur

nous

34:51
Alain Cadec

l'avons eue cet été déjà,

34:52
Locuteur

avec

34:53
Alain Cadec

une canicule qui a duré plus de trois mois.

34:55
Locuteur

Et

34:56
Alain Cadec

est-ce que des choses ont changé

34:57
Locuteur

? Eh

34:58
Alain Cadec

bien,

34:58
Locuteur

pas

34:58
Alain Cadec

tellement.

34:59
Locuteur

–

34:59
Présentateur

On est face au mur de la dette aussi. –

35:00
Locuteur

On

35:00
Alain Cadec

est face au mur de la dette. Tout cela, on en a une conscience intellectuelle, mais nous n'agissons pas vraiment. Et je crois que, bien sûr, il faut marteler le message. Mais il ne suffit pas de marteler le message. Il ne suffit pas que les sirènes soient retentissantes en permanence. Il faut aussi comprendre une chose essentielle.

35:21
Locuteur

C

35:21
Alain Cadec

'est que l'avenir, tant qu'on en parle de façon indéterminée, le futur, le long terme, ce sont des mots.

35:27
Locuteur

Si

35:27
Alain Cadec

on commence

35:28
Locuteur

à

35:29
Alain Cadec

donner un visage à cet avenir, à dire que ce sont nos enfants, nos petits-enfants, alors là, les choses changent,

35:35
Locuteur

parce

35:36
Alain Cadec

qu'il prend un visage concret. Et il faut, en quelque sorte, en finir avec l'abstraction du long terme et lui donner un visage concret. C'est pour cela que, personnellement, j'attache beaucoup d'importance

35:48
Locuteur

à

35:49
Alain Cadec

l'analyse en termes de génération.

35:51
Locuteur

On

35:51
Alain Cadec

a une comptabilité nationale, par exemple, mais on n'a pas d'une comptabilité entre les générations.

35:56
Locuteur

Vous

35:56
Présentateur

parlez même d'un parlement de génération. Ça fait partie des solutions.

35:59
Alain Cadec

Exactement. Un parlement de génération. Le mot parlement, ce n

36:02
Locuteur

'est

36:02
Alain Cadec

pas simplement une assemblée formelle. Le mot parlement veut dire des espaces où il y ait de l'information, de la délibération, de la possibilité de passer des compromis aussi. Vous pensez qu'il y a 100 ans,

36:16
Locuteur

si

36:17
Alain Cadec

on se remet un siècle en arrière, on n'avait pas cette même notion de l'avenir, cette même notion de génération, cette même inquiétude pour l'avenir ? C'est quelque chose de nouveau ?

36:25
Locuteur

Oui,

36:26
Alain Cadec

c'est quelque chose de nouveau, parce que, pendant longtemps, l'avenir a été vécu sur le mode positif.

36:32
Locuteur

L

36:33
Alain Cadec

'avenir a été vécu comme un champ de possibilités nouvelles. La révolution technique,

36:40
Locuteur

dans

36:41
Alain Cadec

l'histoire, ça a été le champ du possible s'accroît.

36:44
Locuteur

Alors

36:44
Alain Cadec

qu'aujourd'hui, on voit que le champ du possible s'accroît, comme jamais, d'un certain point de vue, avec l'intelligence artificielle. Mais en même temps, que les problèmes posés par cette société sont beaucoup plus aigus que par le passé. Est-ce que les sociétés sont trop évoluées, trop complexes

37:01
Locuteur

? Trop

37:02
Alain Cadec

évoluées, trop évoluées, non, parce qu'on n'est jamais assez évoluées du point de vue... L'être humain ne cesse d'être mieux capable de s'adapter à son environnement. L'être humain, on le voit bien, que la capacité intellectuelle moyenne de l'humanité a formidablement grandi par l'éducation et par la science. Je reformule ma question, pardon. Vous évoquiez des exemples précis, comme par exemple la retraite. Oui. Est-ce que ce sont ces systèmes trop complexes, finalement,

37:31
Locuteur

qui

37:31
Alain Cadec

n'existaient pas il

37:32
Locuteur

y

37:32
Alain Cadec

a 100 ou 200 ans, qui rendent cette vision d'avenir plus compliquée, plus anxiogène

37:38
Locuteur

? Il

37:39
Alain Cadec

est certain que, quand on n'a que des images globales, elles deviennent

37:43
Locuteur

floues. Et

37:45
Alain Cadec

il faut certainement avoir des images plus précises. Et quand on ne parle que de chiffres, il

37:50
Locuteur

y

37:50
Alain Cadec

a une certaine abstraction dans les chiffres.

37:52
Locuteur

Mais

37:53
Alain Cadec

si cette abstraction dans les chiffres, vous leur donnez le visage de ce que sera la retraite de vos enfants ou de vos petits-enfants, ce que sera le remboursement de la dette dans 30 ans pour ceci, à ce moment-là, ça devient concret. C'est pour cela que je plaide notamment pour cette idée d'une comptabilité entre des générations,

38:14
Locuteur

pour

38:15
Alain Cadec

bien montrer,

38:16
Locuteur

de

38:17
Alain Cadec

façon tangible et concrète, tant que les menaces, vous avez raison, tant que les menaces sont globales, diffuses, abstraites, on a le sentiment qu'on n'a pas de capacité d'agir.

38:30
Locuteur

Est

38:30
Présentateur

-ce que les réseaux sociaux, qui font partie intégrante de nos vies, sont devenus le premier vecteur d'accélération du temps, pour ne pas dire souvent d'une perte de temps ? Est-ce que l'intelligence artificielle va aussi accélérer la tyrannie du présent

38:44
Locuteur

?

38:45
Alain Cadec

En tout cas, les réseaux sociaux ont développé une culture de l'instantanéité, une culture de l'instant,

38:52
Locuteur

et

38:52
Alain Cadec

pas du tout une culture de la réflexion. Il est certain que lorsqu'on lit un livre de 200 pages et qu'on met 4 ou 5 heures pour le lire, on n

39:02
Locuteur

'a

39:02
Alain Cadec

pas du tout le même rapport à la connaissance que lorsqu

39:05
Locuteur

'on

39:06
Alain Cadec

consomme des petites bribes d'informations complètement éparpillées dans la journée.

39:12
Locuteur

– Ça

39:13
Présentateur

veut dire que ça va accélérer cette tyrannie

39:14
Locuteur

? –

39:14
Alain Cadec

Ça l'accélère, et effectivement, le présentisme, c'est aussi une accélération permanente.

39:21
Locuteur

–

39:21
Présentateur

Quelle lecture vous faites aujourd'hui de la mobilisation de la jeunesse ? Est-ce que selon vous, on est dans une mobilisation inédite ou on est dans une mobilisation classique

39:30
Locuteur

? –

39:30
Alain Cadec

Il

39:31
Locuteur

y

39:31
Alain Cadec

a une part de mobilisation classique, mais ce qui est inédit, c'est que c'est une jeunesse inquiète pour son avenir.

39:38
Locuteur

Et

39:39
Alain Cadec

qu'il y

39:39
Locuteur

a

39:39
Alain Cadec

le sentiment qu'on ne l'écoute pas. Le mot « écoute » est au cœur, on le revoit sur bien des pancartes.

39:47
Locuteur

Et

39:48
Alain Cadec

une démocratie, c'est d'abord

39:49
Locuteur

le

39:50
Alain Cadec

régime dans lequel on écoute les gens.

39:53
Locuteur

La

39:53
Alain Cadec

démocratie, c'est un régime de l'écoute. Et là, on a le sentiment que toute une partie de la société, cette jeunesse, elle n'est pas assez écoutée.

40:02
Présentateur

– Pourquoi ? Parce qu'elle ne vote pas ? Parce qu'elle vote moins que

40:04
Locuteur

d'autres générations ? – Certainement, c'est très simple.

40:07
Alain Cadec

40% des électeurs sont des personnes de plus de 50 ans. Donc ça, c'est un fait massif. Alors certains voudraient aujourd'hui aller vers un abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans. Pourquoi pas ? Je n'ai pas d'avis tranché sur la question. Mais de toute façon, ça fera toujours que ceux qui ont moins de 25 ans représentent moins de 15%

40:28
Locuteur

des

40:29
Alain Cadec

électeurs. Et en plus, ils s'expriment moins.

40:33
Locuteur

Donc

40:34
Alain Cadec

il faut trouver d'autres moyens simplement que l'idée du vote. Parce que derrière le vote, la démocratie veut dire aussi la possibilité d'exposer ces questions. Être représenté, ce n

40:45
Locuteur

'est

40:45
Alain Cadec

pas simplement élire un délégué. Être représenté veut dire qu'on rend présent dans le débat public ce qu'on vit.

40:51
Présentateur

– Mais est-ce que les revendications aujourd'hui des lycéens montrent que cette jeunesse, elle paye cette tyrannie du présent ? C'est-à-dire que les politiques, vous l'avez dit, ils ont le sentiment, ces jeunes, que les politiques ne les écoutent pas, ne prennent pas les décisions qui les concernent. Peut-être parce que ça ne paie pas électoralement.

41:08
Locuteur

–

41:08
Alain Cadec

Il y a certainement cette dimension. Et puis c'est aussi qu'on ne représente pas en chiffres l'avenir.

41:17
Locuteur

On

41:17
Alain Cadec

pense l'avenir à travers des catégories très globales. Mais il faut mettre des chiffres sur l'avenir. Et la dette, on voit ce qu'est instantanément le montant de la dette.

41:30
Locuteur

Mais

41:30
Alain Cadec

on ne voit pas, en disant telle cohorte, voilà ce qu'elle aura à payer en 2040.

41:36
Locuteur

Et

41:36
Alain Cadec

ça, c'est très important d'imager en quelque sorte les choses.

41:40
Locuteur

–

41:40
Alain Cadec

Il y

41:40
Locuteur

a

41:40
Alain Cadec

un point qui préoccupe particulièrement la jeunesse, c'est le dérèglement climatique, l'environnement. Il y a ce sujet de l'éco-anxiété. Est-ce que l'éco-anxiété, pour cette génération et les autres, a un impact, notamment sur cette tyrannie du présent ?

41:53
Locuteur

– L

41:54
Alain Cadec

'éco-anxiété, effectivement, elle est l'expression, c'est un sentiment diffus,

41:59
Locuteur

qu

41:59
Alain Cadec

'il y a une menace qui plane sur l'avenir.

42:02
Locuteur

Et

42:02
Alain Cadec

je crois que c'est une des caractéristiques de la rébellion de la jeunesse aujourd'hui. Bien sûr, il y a des questions matérielles sur l'organisation des lycées, des cours, la qualité des bâtiments, etc. Mais derrière, il y

42:15
Locuteur

a

42:15
Alain Cadec

une inquiétude face à l'avenir qui, pour une part, ce que vous indiquez, c'est-à-dire une forme d'anxiété diffuse, notamment liée au climat,

42:23
Locuteur

mais

42:24
Alain Cadec

aussi une anxiété liée au fait

42:26
Locuteur

que

42:26
Alain Cadec

l'on a dit pendant des décennies qu'avoir des bons diplômes, c'était l'accès à une vie intéressante. Et on voit aujourd'hui qu'à travers la production de très nombreux diplômés, le diplôme ne garantit plus une vie intéressante.

42:41
Locuteur

Donc,

42:42
Alain Cadec

il y

42:42
Locuteur

a

42:42
Alain Cadec

une espèce de déception devant l'école, c'est-à-dire que le niveau moyen de diplôme de la population a beaucoup augmenté, mais en même temps, les bons jobs n'ont pas augmenté et on voit de plus en plus de diplômés qui restent en

42:57
Locuteur

rade. Mais est-ce que ça

42:57
Présentateur

veut dire que cette massification de l'enseignement supérieur, finalement, elle a conduit à son affaiblissement

43:01
Locuteur

? Oui,

43:02
Alain Cadec

elle a conduit à son affaiblissement parce que c'est une massification qui n'a pas été accompagnée, je dirais, d'une adaptation aux nouveaux enjeux économiques et au nouveau monde du travail, certainement.

43:16
Présentateur

Et on est dans un tournant aujourd'hui avec les nouveaux métiers, avec l'intelligence artificielle. L'enseignement supérieur, il doit prendre un tournant et est-ce qu'il arrive à le prendre

43:24
Locuteur

?

43:25
Alain Cadec

L'enseignement supérieur, bien sûr qu

43:27
Locuteur

'il

43:27
Alain Cadec

doit prendre un tournant, mais le tournant, il se joue essentiellement, non pas dans le premier cycle,

43:33
Locuteur

il

43:33
Alain Cadec

se joue essentiellement dans la définition des masters.

43:35
Locuteur

Et

43:36
Alain Cadec

le problème de la définition des masters, il y a une adaptation qui se fait, qui se fait même très bien. La grande difficulté, c'est de passer de la licence au master et beaucoup restent au bord de la route.

43:51
Locuteur

Pour

43:51
Alain Cadec

en revenir une seconde sur, effectivement, la tyrannie du présent, est-ce que vous avez noté pendant la pandémie de Covid et le confinement une évolution, un tournant dans le rapport au temps

44:04
Locuteur

?

44:05
Alain Cadec

Oui, c'est-à-dire que cela donnait un sens, je dirais, accru de la précarité de la vie.

44:12
Locuteur

C

44:12
Alain Cadec

'est le sentiment que des menaces n'étaient pas simplement des menaces de papier que l'on peut lire dans la presse ou qu'on écoute à la télévision, à la radio. C'est que des menaces touchaient directement la vie au sens le plus profond. Donc, il y

44:28
Locuteur

a

44:28
Alain Cadec

eu un sentiment de vulnérabilité des sociétés qui était effectivement très nouveau. Est-ce que la communication a été bien gérée pendant cette période ? Avec un petit peu de recul, est-ce que cette crise a été bien gérée en termes de com'

44:40
Locuteur

? En

44:41
Alain Cadec

termes de

44:42
Locuteur

ce

44:42
Alain Cadec

qui n'a peut-être pas été bien géré, je pense qu'en termes de politique sanitaire,

44:49
Locuteur

la

44:50
Alain Cadec

gestion française a été relativement exemplaire, que les conseillers scientifiques ont été suivis

44:58
Locuteur

et

44:59
Alain Cadec

donc la politique scientifique était exemplaire. Ensuite, on a commencé à percevoir à ce moment-là que derrière des politiques globales, il fallait aussi s'adapter

45:09
Locuteur

à

45:09
Alain Cadec

des situations locales particulières

45:12
Locuteur

et

45:12
Alain Cadec

que le grand problème de l'État français, c'est qu'il est parfaitement structuré pour gérer des questions générales,

45:19
Locuteur

mais

45:20
Alain Cadec

qu

45:20
Locuteur

'il

45:20
Alain Cadec

ne voit pas

45:21
Locuteur

qu

45:21
Alain Cadec

'il y a aussi beaucoup de questions spécifiques liées à l'organisation des territoires, aux différentes catégories de fonctionnalités professionnelles dans lesquelles opèrent les citoyens.

45:34
Locuteur

L

45:35
Alain Cadec

'État ne doit pas simplement regarder des statistiques et des nombres. il doit regarder des territoires, des populations, des problèmes à chaque fois spécifiques. Bien sûr, il y

45:45
Locuteur

a

45:45
Alain Cadec

des questions générales et la santé, en tout cas, les épidémies, ça a été depuis très longtemps, c'était un des vecteurs, je dirais, de constitution de l'État.

45:57
Locuteur

Il

45:58
Alain Cadec

faut un État organisé pour lutter efficacement contre les épidémies. Mais ce qui est nouveau, c'est qu

46:04
Locuteur

'on

46:04
Alain Cadec

ne peut pas simplement analyser la société comme une population générale.

46:08
Locuteur

Il

46:08
Alain Cadec

faut la concevoir comme tout un ensemble de groupes humains

46:13
Locuteur

qui

46:13
Alain Cadec

ont à la fois leurs problèmes spécifiques, les territoires sur lesquels ils vivent, les relations aussi très différentes à l'avenir et aux difficultés du présent qu'ils ont. Est-ce que le politique a encore droit, l'homme ou la femme politique a encore droit au temps long

46:30
Locuteur

? Eh

46:31
Alain Cadec

bien, là, c'est à lui, à eux, qu'il faudrait le demander. Le droit, ils l'ont certainement. Ne sont-ils pas oppressés

46:41
Locuteur

en

46:42
Alain Cadec

quelque sorte par le présent ? C'est aussi ce qui se passe, me semble-t-il. Le monde politique est doublement dans une urgence. Il est dans l'urgence

46:54
Locuteur

des

46:54
Alain Cadec

problèmes à traiter immédiatement qui sont extrêmement importants et qui sont diriment. Et puis aussi parce que la compétition politique se joue au présent.

47:03
Présentateur

Oui, mais ça, vous en parlez dans votre livre. c'est aussi lié et vous en avez un peu parlé au début, c'est aussi lié au court mandat. C'est-à-dire, le quinquennat, par exemple, ça impose qu'on est tout le temps, finalement, dans une campagne électorale. Est-ce que ce n

47:19
Locuteur

'est

47:19
Présentateur

pas

47:19
Locuteur

un

47:19
Présentateur

peu contradictoire ?

47:20
Locuteur

Là,

47:20
Alain Cadec

on est au cœur du problème. Figurez-vous que Michel Debré, qui était le grand théoricien constitutionnaliste du gaullisme, eh bien, au début, il pensait qu'il fallait des mandats de 12 ans pour le président de la République. Donc, il faudrait des mandats longs seraient très bons du point de vue de la gestion, mais la démocratie n'accepte pas ces mandats longs.

47:41
Locuteur

C

47:41
Présentateur

'est ça, c'est qu'on

47:41
Locuteur

est dans

47:42
Présentateur

une impasse entre la nécessité de vitalité démocratique et le besoin de temps long.

47:45
Locuteur

Voilà, et c'est pour cela, on

47:47
Alain Cadec

n'empêchera pas la démocratie d'avoir une envie de court terme, de changer, de pouvoir changer les pouvoirs plus rapidement. Mais ça veut dire qu'il faut construire dans cette démocratie des institutions de long terme. Il y en a une

48:02
Locuteur

qui,

48:03
Alain Cadec

historiquement, dans notre pays, s'est imposée, affirmée, c'est la fonction publique.

48:09
Locuteur

La

48:09
Alain Cadec

fonction publique avec les grands corps de l'État qui est en quelque sorte les représentants du long terme. Et ça s'est illustré notamment pendant toutes les trois décennies qui ont suivi la guerre par une planification

48:23
Locuteur

qui

48:24
Alain Cadec

organisait le pays. Mais cette planification, si elle a réussi, c'est que le long terme était lié au fait que la société civile était présente.

48:32
Présentateur

Mais par exemple, Emmanuel Macron, là, il n'était pas prisonnier d'un calendrier électoral. Il était le premier président de la République qui entamait un second mandat tout en sachant qu'il ne pourrait pas en faire de troisième. Et pourtant, on a le sentiment que malgré ça, il n

48:46
Locuteur

'a

48:46
Présentateur

pas pu se défaire de cette tyrannie du présent, penser l'avenir et mener de grandes réformes. Ça veut dire que nos dirigeants, ils sont voués à être prisonniers de l'immédiaté même quand il n

48:55
Locuteur

'y a

48:55
Présentateur

pas d'échéance électorale

48:56
Alain Cadec

? Mais lui, le président de la République aurait voulu apparaître comme celui qui pense le long terme, le long terme de la géopolitique, le long terme de l'industrie, le long terme de la société.

49:07
Locuteur

Mais

49:08
Alain Cadec

on ne peut pas penser le long terme sans mettre au premier plan la société civile elle-même, sans mettre les entreprises, sans mettre les syndicats, sans mettre le monde associatif au travail. Et le grand problème du président de la République,

49:21
Locuteur

c

49:21
Alain Cadec

'est qu'il était un de ceux qui ont méthodiquement déconstruit les corps intermédiaires. Et le long terme, justement, les corps intermédiaires par définition, un corps,

49:33
Locuteur

c

49:33
Alain Cadec

'est ce qui a une durée de vie assez longue. Les corps intermédiaires doivent être aujourd'hui compris

49:39
Locuteur

comme

49:39
Alain Cadec

des artisans du long terme. Et donc, revitaliser les corps intermédiaires, c'est aussi voir plus loin.

49:48
Présentateur

On va terminer peut-être sur le Sénat puisque vous l'avez dit, on est ici au Sénat. Vous citez, Clémenceau, dans votre livre, les événements m'ont appris qu'il fallait laisser au peuple le temps de la réflexion. Le temps de la réflexion, c'est le Sénat. Ça veut dire que dans son mode d'élection, dans sa manière de tenir les débats, c'est la chambre du temps long et c'est la chambre qui légitime le temps long

50:08
Locuteur

?

50:10
Alain Cadec

Paradoxalement, les faiblesses du Sénat font sa force.

50:15
Locuteur

Les

50:15
Alain Cadec

faiblesses, c'est que c'est la seconde chambre seulement qui n'a jamais le dernier mot. Mais justement, cette situation permet d'envisager à l'intérieur de cette Assemblée un autre mode de délibération. Un mode de délibération dans lequel l'urgence politique peut passer à certains moments derrière ce temps ouvert de la délibération. Pour qu'une délibération, une discussion ait lieu, il faut accepter ensemble de partir des perplexités communes que l'on a et pas simplement des certitudes. Les certitudes immédiates opposent, les perplexités sur lesquelles on travaille rapprochent.

50:56
Locuteur

Un

50:56
Présentateur

dernier mot, Fabrice

50:57
Locuteur

?

50:57
Alain Cadec

Oui, on est à quelques mois de l'élection présidentielle. Ma question porte sur la durée du mandat. Vous évoquiez celle du Sénat. Est-ce que le quinquennat, c'est le bon format

51:04
Locuteur

?

51:06
Alain Cadec

Le quinquennat a été décidé pour deux raisons différentes. Une première raison, c'est celle de l'accélération des temps démocratiques en général. et une deuxième, et ça, je pense que c'est une évolution des sociétés. Regardez aux États-Unis, c'est des mandats de quatre ans. En Angleterre, très souvent, le Premier ministre change beaucoup plus souvent. Ça, je pense que c'est une évolution sur laquelle on ne peut pas retourner. C'est mandat plus court.

51:34
Locuteur

En

51:34
Alain Cadec

revanche, ce qui peut être discuté, c'est la concordance qu'il y a entre le temps présidentiel et le temps du Premier ministre,

51:44
Locuteur

du

51:44
Alain Cadec

gouvernement. Là, il y a à inventer un autre mode possible d'articulation, me semble-t-il.

51:50
Présentateur

Merci, Pierre-Rosan Vallon. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Je remonte votre livre La tyrannie du présent. C'est aux éditions du Seuil. Merci infiniment.

51:58
Locuteur

Merci de votre invitation. On va

51:59
Présentateur

regarder ce qui fait la une dans nos régions.

52:02
Locuteur

On

52:11
Présentateur

regarde avec vous ce qui fait la une de nos quotidiens régionaux et on commence par ce jeune de 14 ans qui a ouvert le feu hier dans son collège à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône.

52:19
Alain Cadec

Effectivement, un collégien de 14 ans qui a tiré au fusil de chasse dans son établissement. Le principal a été blessé tout comme une enseignante. Ça fait la une du journal La Provence avec ce titre Le Choc. Le collège à la canale d'Aubagne est fermé aujourd'hui. Un rassemblement est prévu dans la ville à 18h.

52:43
Présentateur

Justement,

52:44
Locuteur

on

52:44
Présentateur

va aller à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône. Bonjour Jean-Pierre Scullary. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire d'Aubagne. On a Alex à rappeler les faits. Ce collégien de 14 ans qui a blessé son principal, un professeur. Est-ce que vous en savez plus ce matin sur les circonstances de ce drame

53:00
Locuteur

? Non,

53:02
Locuteur 4

non, non. Les nouvelles de ce matin sont identiques à celle d'hier soir. Il faut un peu attendre encore.

53:11
Présentateur

Comment ont réagi les habitants ? La Provence titre ce matin Le Choc. C'est le mot qui vous vient aussi à l'esprit

53:17
Locuteur

?

53:20
Locuteur 4

Vous savez, ça a été véritablement une onde de choc

53:24
Locuteur

parce

53:25
Locuteur 4

qu'on pense toujours que ça arrive aux autres. Ça ne vous arrive jamais. j'ai reçu des dizaines et des dizaines et des dizaines de messages

53:35
Locuteur

des

53:35
Locuteur 4

gens que je ne connaissais pas de l'extérieur même de l'étranger.

53:40
Locuteur

Nous

53:41
Locuteur 4

soutenons

53:41
Locuteur

mais

53:42
Locuteur 4

la population oubanièse oui, elle

53:45
Locuteur

est

53:45
Locuteur 4

encore sous le choc. C'est pour ça que ce soir nous faisons

53:48
Locuteur

un

53:49
Locuteur 4

rassemblement sans bande de rôle sans prise de parole simplement un recueillement

53:54
Locuteur

et

53:55
Locuteur 4

un soutien aux enseignants

53:57
Locuteur

aux

53:58
Locuteur 4

gamins

53:59
Locuteur

mais

54:00
Locuteur 4

surtout également aux deux personnes qui ont été blessées.

54:03
Locuteur

Comment

54:04
Présentateur

vous avez réagi ? Qu'est-ce que vous avez pu faire vous hier en tant que mère

54:08
Locuteur

? Vous

54:10
Locuteur 4

savez, quand on est mère,

54:13
Locuteur

c

54:14
Locuteur 4

'est un peu comme lorsqu'on se marie

54:16
Locuteur

pour

54:16
Locuteur 4

le meilleur et pour le pire. Là, le pire nous arrive.

54:21
Locuteur

On

54:21
Locuteur 4

attend avec impatience que le meilleur

54:23
Locuteur

se

54:24
Locuteur 4

pointe

54:25
Locuteur

mais

54:26
Locuteur 4

il faut réagir. Vous savez, de par ma profession, mon ancien professeur j'étais officier supérieur de sapeur-pompier. J'ai connu ce genre

54:35
Locuteur

de

54:35
Locuteur 4

drame que ce soit des coups de fusil ou autre chose. Il a fallu que je fasse

54:41
Locuteur

très

54:41
Locuteur 4

la tradition de ne pas me prendre pour le pompier mais de me prendre pour le maire.

54:45
Locuteur

Le

54:45
Locuteur 4

maire il a surtout à coordonner tout ce qu'il peut coordonner en attendant que le préfet arrive avant que le préfet prenne la situation en main et là je dois me mettre à sa disposition afin de faciliter tout ce qui peut être fait pour l'intervention.

55:02
Locuteur

Un

55:02
Présentateur

dernier mot M. le maire Edouard Geffray, Laurent Nunez et deux ministres sont venus hier après-midi. Est-ce que c'était un signal important pour vous et quel message vous avez pu échanger avec eux ? Qu'est-ce que vous attendez désormais du gouvernement

55:14
Locuteur

?

55:16
Locuteur 4

Le message que j'aurais voulu donner au ministre je n

55:20
Locuteur

'ai

55:20
Locuteur 4

pas pu le contacter le ministre

55:22
Locuteur

de

55:23
Locuteur 4

l'éducation

55:24
Locuteur

pour

55:25
Locuteur 4

le bassin Auban et la Sota

55:26
Locuteur

il

55:27
Locuteur 4

y a un médecin pour 20 000 gamins

55:33
Locuteur

ou

55:33
Locuteur 4

enseignants

55:34
Locuteur

ça

55:35
Locuteur 4

fait très peu

55:36
Locuteur

ça

55:36
Locuteur 4

fait très peu

55:37
Locuteur

quant

55:38
Locuteur 4

au ministre de l'intérieur nous avons commercé je l'ai félicité je l'ai félicité pour la destérité des intervenants que ce soit la police nationale

55:48
Locuteur

ou

55:49
Locuteur 4

la police municipale mais j'ai quand même profité de la voir en direct

55:53
Locuteur

pour

55:54
Locuteur 4

lui demander

55:55
Locuteur

le

55:56
Locuteur 4

commissariat que nous attendons depuis 15 ans qu'il accélère à le mouvement parce que ils ont beaucoup de mérite les policiers qui travaillent dans des conditions déplorables et ils sont encore plus méritants d'être intervenus avec efficacité

56:12
Locuteur

Merci

56:13
Présentateur

monsieur le maire merci beaucoup Jean-Pierre Scuillari maire d'Aubagne dans les Bouches-du-Rhône d'avoir été avec nous Alex on poursuit la revue presse avec cette cyberattaque qui s'en prend au frigo des supermarchés

56:23
Locuteur

une

56:23
Alain Cadec

cyberattaque qui fait la une de nombreux journaux de la presse quotidienne régionale aujourd'hui les rayons de centaines de supermarchés ont été piratés c'est à la une du journal Ouest France les frigos réglés sur 50 degrés à la une du progrès de Lyon piratage coup de chaud au rayon froid titre le journal Le Républicain Lorrain dans tout le pays plusieurs enseignes de la grande distribution ont été victimes de cette cyberattaque visant leur système de régulation frigorifique ça s'est passé dans la nuit de dimanche à lundi des résultats des tonnes de marchandises ont dû être détruites et le préjudice va se chiffrer à plusieurs millions d'euros pour les supermarchés

56:59
Présentateur

Le salon de l'auto est à la une du télégramme

57:02
Alain Cadec

Automobile La Riposte Européenne titre le journal alors que s

57:05
Locuteur

'est

57:05
Alain Cadec

ouvert hier alors que s'ouvre aujourd'hui au public le 91ème salon de l'auto il a été inauguré hier par le président de la République et les constructeurs européens tentent de résister à la domination chinoise dans le secteur des voitures électriques les français Renault Peugeot et Citroën ont décidé désormais de miser sur les petites voitures électriques à des prix abordables dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat et de fortes demandes en voitures électriques à cause du choc pétrolier

57:31
Présentateur

Salon d'auto qui s'ouvre sur fond de hausse des prix du carburant à la pompe une hausse qui pousse les professionnels à chercher des alternatives au diesel l'électrique fait partie des solutions mais une autre énergie gagne du terrain c'est le GNV le gaz naturel pour véhicules son développement est notamment porté par le bio-GNV une version renouvelable produite localement alternative qui permet de réduire la dépendance au carburant traditionnel on regarde ce reportage de Philippe Berthoud pour nos partenaires de TVR

58:02
Alain Cadec

Illustration des premiers pas de la décarbonation du transport routier depuis 4 ans le groupe La Poste en Bretagne mise sur le GNV et le bio-GNV au départ et à l'arrivée de sa grande plateforme de tri du Rheu près de Rennes où transit 200 000 colis par jour On est aujourd'hui au départ de la plateforme Colissimo de Rennes à plus de 50% des camions qui quittent tous les jours la plateforme qui sont alimentés 100% en bio-GNV et donc on rappelle c'est un carburant

58:32
Locuteur

qui

58:32
Alain Cadec

émet 80% de CO2 de moins que du gasoil dans un poids lourd Ce transport de colis en amont de la distribution des facteurs est confié à l'entreprise bretonne au Rhin qui depuis 5 ans s'est équipée de 36 camions roulant au bio-GNV fabriqués en local grâce à la méthanisation de déchets

58:52
Locuteur

organiques

58:53
Locuteur 5

C'est aussi une belle image je trouve et ça montre aussi l'envie et nos investissements ce que l'on met en place dans l'entreprise pour décarboner et pour être dans les clous RSE qui incombe à tout le monde

59:09
Locuteur

Le

59:09
Alain Cadec

plus gros réseau régional de distribution de GNV et bio-GNV s'appelle Bretagne Mobilité GNV Ils revendiquent aujourd'hui 150 clients issus du transport de voyageurs et du transport de marchandises Ils ont opté pour le gaz en raison de la décarbonation et du prix

59:25
Locuteur

Puisqu

59:26
Invité

'on accompagne nos clients à fixer leurs prix sur le long terme On a des clients qui ont déjà leur visibilité tarifaire jusqu'à fin 2028 et qui ne subissent pas la crise quand les prix augmentent et bien eux leurs prix restent stables Et ça c'est un véritable argument quand on parle de transition

59:40
Locuteur

Le

59:41
Alain Cadec

GNV et le bio-GNV se développent dans la région au rythme de 7% par an Ainsi près de 1000 poids lourds bretons roulant au gaz sont actuellement en circulation

59:51
Locuteur

Allez

59:51
Présentateur

Alex On finit cette revue de presse avec le parcours du Tour de France de 2027 qui commence à se dessiner

59:56
Alain Cadec

Oui un tracé qui va être dévoilé officiellement dans 10 jours mais il commence à fuiter dans la presse quotidienne régionale Il partira d'Ecosse traversera la Grande-Bretagne avant d'arriver en Normandie puis en Bretagne la fin du Tour de France se jouera dans les Pyrénées avec de grosses étapes pour les coureurs les villes de Pau et de la Reims seront à l'honneur titre le journal Sud-Ouest et puis la Grande-Boucle s'arrêtera plusieurs jours dans la ville de Montpellier nous apprend également le journal Le Midi Libre

1:00:23
Présentateur

Merci Alex Merci beaucoup Place maintenant à notre débat Raphaël Luxman est-il de gauche

1:00:29
Locuteur

?

1:00:40
Présentateur

Marge victoire à la primaire de Raphaël Luxman avec plus de 66% qui n'empêche pas les critiques et les interrogations Raphaël Luxman est-il de gauche ? Avec qui peut-il opérer le rassemblement ? Doit-il aller jusqu'au centre droit ? Alors qu'on l'a entendu une partie de la gauche le critique sur son incapacité à faire l'union on va en parler avec vous nos éditorialistes Bonjour Françoise Legoy Merci

1:01:04
Locuteur

beaucoup d'être avec nous Je vais vous poser

1:01:05
Invité

direct toutes les bonnes questions Je

1:01:08
Locuteur

vais

1:01:08
Invité

vous

1:01:08
Locuteur

les poser à vous

1:01:10
Présentateur

Elisabeth

1:01:11
Locuteur

Merci chou Je sens que je vais donner vos réponses à vous Elisabeth

1:01:14
Présentateur

Très

1:01:14
Locuteur

bien

1:01:15
Présentateur

Et Stéphane Zumstag est avec nous directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos BVA Bonjour Stéphane Merci également d'être avec nous D'abord Françoise une petite question pour vous puisque vous étiez dans les coulisses

1:01:31
Locuteur

de

1:01:31
Présentateur

cette primaire socialiste Vous êtes normalement proche d'Olivier Faure

1:01:35
Locuteur

C'est mon

1:01:36
Présentateur

ami et je trouve qu

1:01:37
Invité

'il a

1:01:37
Présentateur

très

1:01:37
Locuteur

bien

1:01:38
Invité

travaillé

1:01:38
Présentateur

Mais est-ce qu'il s'attendait à un tel score ? Est-ce que ce score est un désavé ?

1:01:43
Locuteur

Ce que je vous ai dit

1:01:44
Invité

la dernière fois qu'on s'est vous m

1:01:45
Locuteur

'a

1:01:45
Invité

dit qu'est-ce qui va se passer ?

Je vous ai dit soit c'est un référendum les gens prennent un bulletin fort pour dégager Raphaël Guzman soit ils prennent un bulletin à Guzman pour dégager Olivier Faure et comment dirais-je l'idée même de Mélenchon puisque Raphaël Guzman a fait toute sa campagne sur le soumis aux insoumis avec vraiment même des méthodes notamment avec Jérôme Guelch une forme d'antisémitisation d'Olivier Faure que moi j'ai trouvé tout à fait détestable donc je pense quand même qu'Olivier Faure pensait faire au moins 20 bon 14 c'est voilà ça reste quand même assez conséquent dans l'électorat du parti socialiste pur ce corps électoral qui a été complètement dépassé donc en ce sens la primaire est quand même un succès moi je trouve enfin moi je me réjouis toujours tout le monde crache sur les primaires bah écoutez voilà il y a 120 000 personnes qui sont venues on sait pas d'où elles sont venues mais on s'en fout la réalité c'est que oui c'est un score très décevant pour lui mais c'est pas un score de la mort je dirais juste moi qu'il faut faire attention à l'effet de loupe j'entends plébiscite etc je ne remets pas du tout en cause la force du corps électoral je dis attention à cela on sait que beaucoup de nostalgiques du macronisme qui avaient quitté le PS sont revenus pour voter pour Raphaël Guzman ça sera intéressant d'analyser le corps électoral parce que il ne

1:03:03
Locuteur

faut

1:03:03
Invité

pas se tromper d'analyse qui a voté pour Raphaël Guzman et pour quelles raisons ça va être le vrai sujet après pour Olivier Faure vous savez il est solide il est costaud il est vraiment de gauche donc je pense que ça va

1:03:16
Locuteur

mais

1:03:16
Invité

il encaisse on a tous fait des soirées électorales avec Elisabeth et avec Stéphane combien de milliers en plus moi je les connais très bien soit Ségolène François Hollande Olivier Faure je sais qu'est-ce que c'est un homme ou une femme politique qui encaisse une défaite mais je sais aussi que derrière les défaites il y a souvent aussi des victoires donc tout va bien

1:03:35
Présentateur

Elisabeth est-ce que le score de Raphaël Guzman c'est une victoire personnelle de Raphaël Guzman ou ce sont aussi des socialistes des gens de gauche qui disent il faut changer la ligne du parti socialiste la ligne qu'on veut c'est celle-là c'est celle de Raphaël Guzman notamment sur la question de la France insoumise je crois qu'il y a deux éléments qui peuvent expliquer cette performance franchement 66% c'est une performance il faut le rappeler avant de dégrainer toutes les difficultés qu'il attend il a très bien joué le coup et il y a un mélange je pense de vote utile c'est-à-dire qu'il incarnait pour 66% de ce corps électoral de 120 000 votants c'est ça ?

Oui oui oui il incarnait une possibilité pour la gauche d'exister dans le paysage pour cette présidentielle et puis effectivement son programme très anti-Éléfi très barrage à Mélenchon a aussi opéré donc c'est sans doute la combinaison des deux qui explique ce score qui va lui donner alors là c'est le spécialiste de l'opinion qui va nous le dire mais sans doute une petite dynamique d'un ou deux points quant à la ligne quant à la ligne on va voir maintenant les choses sérieuses aussi commencent parce que sur quel programme va-t-il maintenant faire sa campagne lui il y

1:04:57
Locuteur

a

1:04:57
Présentateur

encore des éléments assez flous on voit bien sa passion pour enfin sa passion plus que ça sa réflexion sur l'indépendance ses obsessions anti-pouvoir autoritaire son travail de militant qui le charrie qui charrie évidemment toute toute sa pensée toute sa réflexion toutes ses convictions sur le plan économique il ne cesse de dire qu'il veut une rupture avec le macronisme il y a un soupçon qui demeure et qui va être entretenu par ses adversaires enfin tout commence pour lui mais je trouve que le début le départ c'est une performance il faut le mettre à son crédit et pas tout de suite l'évacuer en disant voilà il est là

1:05:37
Locuteur

le plus dur commence c'est lui qui a dit le plus dur commence

1:05:39
Présentateur

non le plus dur commence

1:05:41
Invité

Stéphane oui et cette victoire elle s'explique aussi par le fait et vous l'avez dit à l'instant que Raphaël Guzman c'était une sorte ça fait deux ans maintenant c'était une sorte d'espoir à gauche rappelez-vous il a mené c'est le seul des cinq candidats à avoir mené deux campagnes nationales les deux élections européennes 2019-2024 avec oui

1:05:58
Locuteur

mais il y a

1:05:59
Invité

bien plus longtemps

1:06:00
Locuteur

il y a bien plus longtemps dans le paysage dans le paysage actuel même si j'adore t'es très sérieux récemment c'est ce que vous voulez dire Stéphane ce que je veux dire par là c'est que

1:06:14
Invité

la dernière fois que le parti socialiste et ses alliés ont enregistré une belle performance électorale c'était lors des élections européennes de 2024 et c'était essentiellement dû à l'équation personnelle de Raphaël Guzman rappelez-vous 14% talonnant la liste la liste

1:06:28
Locuteur

vous en

1:06:29
Invité

faites quoi en fait la campagne du nouveau front populaire

1:06:32
Locuteur

des

1:06:32
Invité

législatives il ne

1:06:33
Locuteur

s

1:06:33
Invité

'agit pas d'une victoire ou d'une très belle performance c'est celui d'une opération survie qui fonctionne très très bien

1:06:38
Locuteur

j'adore le nouveau front populaire qui arrive en tête on va laisser le faire Stéphane après vous lui répondez

1:06:45
Invité

ce que je voulais dire par

1:06:46
Locuteur

là

1:06:46
Invité

c

1:06:46
Locuteur

'est que

1:06:47
Invité

compte tenu de son expérience toutes les critiques dont il a pu faire l'objet notamment sur le stagiaire que ce soit Ségolène Royer ou quelqu'un d'autre ça n'a pas du tout opéré dans l'opinion publique parce que c'est aujourd'hui un candidat ce n'est pas le seul mais c'était un candidat naturel et presque légitime à l'élection présidentielle ce n

1:07:00
Locuteur

'était

1:07:00
Invité

pas le seul mais d'une certaine façon la victoire dans cette primaire dans ce cadre bien précis bien détaillé va de soi et elle va de soi auprès de cet

1:07:12
Locuteur

électorat social-démocrate ça n'a pas marché là juste

1:07:14
Présentateur

pardon pour rester sur le stagiaire là ça n'a pas l

1:07:18
Locuteur

'air

1:07:18
Présentateur

d'avoir un impact mais est-ce que ça peut être le sparadrap de sa

1:07:21
Locuteur

campagne

1:07:21
Présentateur

électorale

1:07:22
Invité

? Moi je pense que ce genre de critiques qui apparaissent durant la campagne pour des primaires ou même au lendemain des primaires avec un réflexe de mauvais joueurs de mauvais perdants quelque part en général ça ne desserre pas les gens bien au contraire je ne dis pas que ça va ça va le muscler mais

1:07:34
Locuteur

c'est pas ça le sparadrap le capitaine de Pédalo quand il

1:07:38
Présentateur

y

1:07:38
Locuteur

a

1:07:38
Présentateur

un flou il y a un loup c'est resté quand même vous

1:07:40
Locuteur

parlez du sparadrap c'est Martine

1:07:42
Présentateur

Aubry pardon

1:07:42
Locuteur

vous faites

1:07:44
Présentateur

signe ?

1:07:44
Locuteur

non

1:07:44
Présentateur

mais parce que quand c'est flou il y a un loup Olivier Ford l'a sorti dans le

1:07:47
Locuteur

débat ce qu'il tient là c'est que

1:07:49
Présentateur

c'est resté quand même à

1:07:50
Locuteur

Hollande ça n'a pas empêché

1:07:51
Présentateur

son élection présidentielle peut-être que ça a joué après dans la naissance des frondeurs mais ça

1:08:00
Locuteur

n'a pas empêché son élection pourtant c'est

1:08:02
Présentateur

resté dans

1:08:03
Locuteur

les

1:08:03
Invité

têtes et je vais dans le sens d'Elisabeth Martichoux le pire pour moi c'est quand c'est fou il y

1:08:07
Locuteur

a

1:08:07
Invité

un loup c'est marrant ça fait proverbe de grand-mère le pire c'est capitaine de Pédalo je vous rappelle

1:08:11
Locuteur

quand même

1:08:12
Invité

c'est Mélenchon sur François Hollande capitaine de Pédalo c'est vraiment quelque chose qui a marqué donc je ne

1:08:18
Locuteur

suis

1:08:18
Invité

pas du tout d'accord avec vous Stéphane décidément on va se réveiller ce matin je pense que le stagiaire moi je ne fais jamais ça je pense que c'est marrant il ne

1:08:24
Locuteur

faut

1:08:24
Invité

pas faire ça mais ça c'est beau c'est beau voilà elle est cash etc on s'en moque mais ce que je veux dire c'est que non c'est pas vrai ça marque ça frappe vous verrez que dans la campagne présidentielle ça sera

1:08:35
Locuteur

le

1:08:35
Invité

vrai sparadrap dont il pourrait souffrir ce sera le candidat de la gauche caviar et ça ce sera orchestré évidemment par les insoumis c'est ça

1:08:41
Locuteur

ce qui va le poursuivre

1:08:42
Invité

c'est pas orchestré c'est la vérité donc il

1:08:45
Locuteur

n'y a pas d

1:08:45
Invité

'orchestration en fait à faire

1:08:47
Locuteur

juste

1:08:48
Présentateur

pardon pour revenir au thème enfin pour suivre et donc revenir au thème de notre débat il y

1:08:54
Locuteur

a

1:08:54
Présentateur

eu des critiques pendant cette pré-campagne pendant cette campagne des primaires et des interrogations sur est-ce que Raphaël Guzman est vraiment de gauche est-ce que pour vous Françoise Raphaël Guzman est vraiment de gauche et est-ce que faire 66% à une primaire ou vote des gens de gauche ça légitime le fait que c'est un homme de gauche

1:09:11
Invité

non pas du tout moi je n

1:09:13
Locuteur

'ai

1:09:13
Invité

pas envie de sonder les cœurs et les reins est-ce qu'il est de gauche est-ce qu'il n

1:09:16
Locuteur

'est

1:09:16
Invité

pas de gauche il n

1:09:16
Locuteur

'y

1:09:16
Invité

a rien qui montre dans son chemin qu'il est particulièrement de gauche Raphaël Guzman j'ai écouté hier matin sur France Inter disant toute ma vie politique m'a préparé à ça écoutez il était chez Nicolas Sarkozy il était libéral après Olivier Faure est venu le chercher en essuyant les critiques mais épouvantables de ceux-là même qui aujourd'hui le soutiennent comment ça tu fais rentrer Raphaël Guzman il est venu le chercher parce qu'effectivement il était tout à fait conscient qu'il n'y avait aucune capacité donc il est un très bon député européen vraiment j'assure sur ses combats vraiment moi je peux signer tout Raphaël Guzman sur la question de l'Ukraine je peux signer Raphaël Guzman

1:09:54
Locuteur

mais c'est ça est-ce que sa trajectoire

1:09:55
Présentateur

politique elle ne

1:09:56
Locuteur

s

1:09:56
Présentateur

'explique pas d'abord par une opposition à Vladimir Poutine par une défense

1:09:59
Locuteur

des démocraties vous avez des gens

1:10:01
Invité

de droite des gens de centre droit qui sont on ne peut pas qualifier la gauche la gauche ça n'est pas ça la gauche c'est le progrès social la justice sociale une continuité Raphaël Guzman qui déclare pour lui que ce n'est pas à lui d'aller dans les manifestations etc pour moi la gauche la culture de la gauche est aussi une culture de manifestation de combat aussi manifestatoire entre guillemets donc je ne

1:10:27
Locuteur

vais

1:10:27
Invité

pas commencer à séparer le bon grain de l'ivraie en fait

1:10:30
Locuteur

on s'en fout oui mais pour vous c'est quand même non la réalité c'est qu

1:10:33
Invité

'il est plutôt macroniste Raphaël Guzman c'est plutôt centre gauche centre droit ça ne sert à rien d'inventer ça ne sert à rien d'inventer une histoire qu'il n'a pas il est plutôt centre droit centre gauche avec un côté comment dirais-je très engagé sur les questions moi qui m'intéresse mais je n

1:10:50
Locuteur

'ai

1:10:50
Invité

pas un président pour ça

1:10:52
Locuteur

oui

1:10:52
Présentateur

mais les histoires qu'on a ou qu'on n'a pas Françoise François Mitterrand avait-il une histoire de socialiste pur sucre je veux dire vous dites je

1:11:01
Locuteur

ne trairai pas je

1:11:02
Présentateur

ne

1:11:04
Locuteur

trairai pas

1:11:06
Présentateur

le grain de l'ivraie en réalité je vous pose la question qu'est-ce qui fait dire moi je ne

1:11:11
Locuteur

suis

1:11:11
Présentateur

pas une avocate de Raphaël Guzman mais c'est la passion du débat qu'est-ce qui vous fait dire qu'il n

1:11:15
Locuteur

'est

1:11:15
Présentateur

pas de gauche comme dirait l'autre qu'est-ce qui prouve

1:11:19
Locuteur

qu'il n'est pas de

1:11:19
Présentateur

gauche

1:11:19
Locuteur

qu'est-ce qui prouve qu'il n'est pas

1:11:21
Invité

de droite je suis d'accord et vous

1:11:22
Locuteur

j'ai commencé mon propos non

1:11:24
Invité

non j'ai commencé mon propos à dire ça ne m'intéresse pas de sonder les cœurs et les reins il y a beaucoup

1:11:28
Locuteur

de choses qu'il n'est pas de

1:11:29
Présentateur

gauche il est macroniste

1:11:30
Locuteur

bien

1:11:31
Invité

sûr c

1:11:31
Locuteur

'est cet

1:11:32
Invité

électorat qui va chercher est-ce qu'il est clair regardez vous allez attendre le macronisme il est où

1:11:36
Locuteur

aujourd'hui il se

1:11:37
Présentateur

partage entre la

1:11:38
Locuteur

droite et la gauche excusez-moi sur la question

1:11:40
Invité

de la CSG par exemple il reprend cette anerie de la CSG vous savez pourquoi le groupe socialiste a fait cette cette anerie de la CSG a fait cette proposition qui était une proposition temporelle qui visait juste comment dirais-je à passer le budget c'est-à-dire qu'il y avait l'urgence avec le cornu de passer le budget d'accord ça c'est typiquement il la reprend comme l'alpha et l'oméga de son programme comédique on rapproche le brut c'est-à-dire on enlève des cotés ça par exemple c'est macroniste c'est purement macroniste le groupe socialiste l'a simplement utilisé c'est Boris qui l'a créé Vallaud uniquement pour arriver à trouver une mesure pour passer contre Vans et Marais le budget

1:12:19
Locuteur

Elisabeth

1:12:21
Invité

comment dirais-je il n

1:12:22
Locuteur

'est

1:12:22
Invité

pas pour la taxe Jucmane

1:12:23
Locuteur

par exemple il est pour

1:12:24
Invité

taxer par

1:12:25
Locuteur

exemple tous les grands héritages non mais vous

1:12:28
Présentateur

voyez non mais ce qui est intéressant aussi c'est que là maintenant il va faire face à ce procès

1:12:34
Locuteur

à

1:12:34
Présentateur

ce procès

1:12:35
Locuteur

c'est un procès c

1:12:35
Présentateur

'est ça mais

1:12:36
Locuteur

si il fait face

1:12:37
Présentateur

à cette interrogation

1:12:38
Locuteur

ce

1:12:38
Présentateur

qu'il n'est pas est-ce qu'il est de gauche ou pas c'est un procès qu'il va devoir affronter donc encore une fois belle performance il a du boulot parce qu'on voit bien cet aspirant moins 66% encore une fois ça veut dire quelque chose pour

1:12:50
Locuteur

le parti socialiste aujourd'hui

1:12:53
Présentateur

mais comment est-ce qu'il va faire la synthèse parce qu

1:12:55
Locuteur

'il

1:12:55
Présentateur

a besoin du parti socialiste il a besoin de l'argent du parti socialiste on voit bien comment Anne Hidalgo a souffert d'un soutien Michel Michoud pendant la campagne

1:13:04
Locuteur

ça

1:13:04
Présentateur

risque de lui arriver je

1:13:05
Locuteur

ne suis pas d'accord Raphaël

1:13:07
Présentateur

Glucksmann non

1:13:08
Locuteur

mais ça c'est pas possible

1:13:10
Présentateur

je

1:13:10
Invité

ne peux pas entendre

1:13:11
Locuteur

ça François on va laisser répondre à Elisabeth et après j'ai une

1:13:13
Présentateur

question pour Stéphane est

1:13:14
Locuteur

-ce qu'il va

1:13:15
Présentateur

réussir à emporter tout le monde derrière lui c'est important aussi à droite par exemple Valérie Pécresse avait eu beaucoup de mal en 2022 vous voyez bien qu'en face d'elle ce n'étaient pas les éléphants c'étaient les chapeaux à plumes qui ont toujours regardé sa campagne avec circonspection et un Éric Ciotti qui l'avait challengé dans la primaire qui lui a toujours tiré dans les pattes ça compte ça quand même dans une dynamique de campagne donc voilà on va voir comment

1:13:42
Locuteur

ça

1:13:43
Présentateur

Stéphane est-ce que vous arrivez déjà à savoir si pour l'électorat de gauche Raphaël Glucksmann est considéré comme Andela

1:13:51
Locuteur

alors

1:13:52
Invité

il y aura deux mesures les mesures d'opinion qu'on a fait avant cette brillante victoire quelque part et celles qui seront faites après donc on n

1:14:00
Locuteur

'a

1:14:00
Invité

pas encore eu la possibilité de mesurer un éventuel impact des résultats d'hier soir c'est sûr mais auparavant quand on testait notamment la présidentialité de Raphaël Glucksmann avec une question toute bête est-ce que vous seriez satisfait mais content que chacune des personnalités suivantes soit élue président de la République on voyait bien que Raphaël Glucksmann disposait d'un petit capital en gros vous aviez 16-17% des français qui nous disaient ouais je serais satisfait et presque 50% je ne serais pas satisfait alors c'est pas terrible en termes de soldes mais Edouard Philippe Gabriel Attal ou Olivier Faure ne faisaient pas mieux donc il part

1:14:30
Locuteur

de bas

1:14:30
Invité

il part de bas en tant que présidentiable en tant que futur président malgré tout on le voyait bien ce qui est intéressant c'est de voir comment ça se répartissait à gauche que nous disaient les sympathisants du parti socialiste que nous disaient les écologistes et même que nous disaient les français proches des insoumis et là les résultats étaient plutôt bienveillants bienveillants pour les socialistes et pour les écologistes moins bienveillants pour les insoumis mais ça c'est une question de premier tour quand on est proche des insoumis la question de voter ou pas pour Raphaël Glucksmann le 18 avril ne

1:14:56
Locuteur

se

1:14:56
Invité

pose pas

1:14:57
Locuteur

de manière générale après

1:14:58
Invité

il

1:14:58
Locuteur

y a

1:14:58
Invité

un autre élément dont il faudra tenir compte je sais qu'on va aussi peut-être en parler dans cette émission mais que va-t-il se passer dans l'espace du centre et

1:15:04
Locuteur

du

1:15:04
Invité

centre droit

1:15:05
Locuteur

il y a peut-être

1:15:07
Invité

trop de candidats si certains candidats sont débranchés on en parlera tout à l'heure peut-être que tout ça pourrait aussi profiter à Raphaël Glucksmann

1:15:13
Présentateur

on va juste écouter François Hollande qui réagit

1:15:16
Locuteur

justement au

1:15:17
Présentateur

résultat de cette primaire c

1:15:18
Locuteur

'était

1:15:19
Présentateur

Thiers sa première réaction publique à l'occasion des 100 ans de l'UNCAS

1:15:25
Locuteur

c

1:15:25
Alain Cadec

'est mieux de voir à partir choisir une ligne et donc s'y tenir mais l'union ça peut pas être l'union des seuls socialistes enfin je les aime beaucoup moi les socialistes l'inverse c'est pas toujours vrai donc je les aime beaucoup mais il faut élargir il faut élargir à toute la société

1:15:45
Locuteur

il

1:15:46
Alain Cadec

faut s'adresser aux citoyens il faut s'adresser à tous ceux qui doutent et c'est ça l'élargissement c'est ça l'union mais la première étape était plutôt bonne

1:15:56
Locuteur

voilà

1:15:57
Présentateur

mais comment il va réussir cette prochaine étape Raphaël Glucksmann désormais il est au défi du rassemblement au

1:16:03
Locuteur

défi de l'union avec qui

1:16:04
Présentateur

avec qui il peut

1:16:07
Locuteur

se rassembler à gauche

1:16:08
Invité

parce que le grand cinéma Anne Hidalgo est quelqu'un que je respecte profondément mais le grand cinéma j'ai fait un et demi parce que le parti ne m'a pas aidé il faut arrêter on va commencer déjà à mettre déjà le parti socialiste tout le monde a dit dimanche soir ok il n

1:16:22
Locuteur

'y a

1:16:22
Invité

aucun problème on est là etc Raphaël Glucksmann c'est à lui il a capioché il a réussi parfaitement il a comment dirais-je son trésor de guerre il a sa logistique c'est exactement ce qu'il voulait et voilà il a tous ses relais au parti socialiste Boris Vallaud Patrick Menucci il les a tous donc on va commencer à victimiser Raphaël Glucksmann ce n'est pas une petite chose qui sera martyrisée par le parti socialiste en aucun cas le deuxième point c'est écoutez il a passé Raphaël Glucksmann moi je pense que vraiment tout est affaire de cohérence en politique Raphaël Glucksmann c'est quelqu'un qui a passé deux ans à expliquer en gros et dans cette campagne que tous les électeurs d'LFI en gros étaient des antisémites on ne

1:17:06
Locuteur

fait

1:17:06
Invité

pas LFI le même Raphaël Glucksmann qui en juin 2024 a envoyé ses représentants Aurore Laluc on n

1:17:12
Locuteur

'est

1:17:12
Invité

pas la nommée pour négocier avec LFI des postes des députés je veux dire par là que à l'épreuve

1:17:20
Locuteur

du réel

1:17:21
Invité

sur la hiérarchie des périls d'accord donc on était sur la hiérarchie des périls donc à l'épreuve du réel j'attends avec grand intérêt à l'épreuve du réel si Raphaël Glucksmann faisait 6 ou 7% au premier tour j'attends à l'épreuve du réel Raphaël Glucksmann sur des négociations de législatives avec comment dirais-je Marine Le Pen à la présidence de

1:17:44
Locuteur

la

1:17:44
Invité

République et une assemblée qu'il faut sauver du danger Oui

1:17:47
Présentateur

parce que ce qu'il disait en 2024 c'est face au péril de l'extrême

1:17:50
Locuteur

droite qu'il faut que la gauche le péril

1:17:51
Invité

quand vous avez passé il ne disait plus ça pendant sa campagne quand vous avez passé en fait une campagne entière à en gros faire de tout électeur de LFI une sorte d'antisémite parce que c'était LFI jamais pas

1:18:05
Présentateur

d'accord pas

1:18:06
Locuteur

d'accord avec

1:18:06
Présentateur

LFI sans

1:18:07
Locuteur

parler des électeurs mais pas d'accord avec LFI j'avais eu

1:18:09
Invité

d'accord d'appareil y compris pour les municipales je le redis parce que c'est très important quand vous avez passé votre temps à expliquer que la grande primaire c'était qu'une petite primaire avec les aires et les écologistes vous êtes devenu haïssable par une partie de la gauche donc à mon avis comme disait Mitterrand pour être aimé il faut être aimable Raphaël Glucksmann il ne pourra pas imaginer qu'il va gagner en prenant les voix de Gabriel Attal il faut qu'il soit aimable avec le reste de la gauche qui n'est pas pour le moment

1:18:35
Locuteur

C

1:18:36
Présentateur

'est son premier défi ça Elisabeth de rassembler à gauche les écologistes les communistes avec une marine tondelier qui dimanche soir dit Raphaël Glucksmann c'est le choix du repli Oui c'est pas gagné on le sent bien avec l'appareil écolo elle lui a envoyé un petit message aigredou quand même Avec

1:18:52
Locuteur

des divisions

1:18:53
Présentateur

pardon parce que Yannick Jadot est pour Raphaël Glucksmann Oui bien sûr il a même le programme écolo de Glucksmann entre les mains mais non c'est pas gagné avec l'appareil il aura plus de chance peut-être avec les électeurs mais avant cela ça va être compliqué non franchement c'est pas facile la ligne qu'il a qu'il essaye de conserver en effet parce qu'il doit se garder d'être trop droitisé et puis à gauche son espace c

1:19:20
Locuteur

'est

1:19:20
Présentateur

pas énorme donc

1:19:21
Locuteur

on

1:19:21
Présentateur

verra et quant à François Hollande je pense que François Hollande c'est intéressant parce que ça montre bien qu'il en a une envie folle parce que quand même il est très bon dans les médias voilà

1:19:35
Locuteur

mais c'est le

1:19:36
Présentateur

perdant dimanche soir François

1:19:37
Locuteur

Hollande mais il n'a

1:19:38
Présentateur

pas oui un peu parce que dans le fond c'est un homme qui dépend des circonstances il ne peut espérer être joué un rôle que s'il se passe quelque chose un accident électoral un accident dans l'actualité mais il ne peut être qu'un opportuniste il n'est pas un acteur qui a les cartes en main en fait François Hollande donc ce n

1:20:01
Locuteur

'est

1:20:01
Présentateur

pas une bonne nouvelle pour lui non sur le rassemblement Stéphane est-ce que les électeurs écologistes les électeurs communistes qui pour le moment dont pour le moment les candidats sont derrière quand on regarde les sondages sont prêts à un vote utile sur Raphaël Glucksmann est-ce qu'il peut incarner ce rassemblement au premier tour ou pas

1:20:20
Locuteur

?

1:20:21
Invité

en tout cas ces deux électorats communistes et écologistes sont totalement prêts à un vote utile en faveur d'un candidat de gauche qui écraserait les autres en tout cas qui plirait le match ils l'ont fait en 2022 rappelez-vous donc ça se

1:20:31
Locuteur

joue entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon

1:20:33
Invité

bien sûr il n

1:20:33
Locuteur

'y a

1:20:33
Invité

jamais eu 22% de Mélenchon ni ce d'un soumis en France malgré tout Jean-Luc Mélenchon a réalisé 22% parce qu'il a été aussi servi on va dire sans être cruel mais presque par la médiocrité des autres candidats à gauche à ce moment-là mais là parce qu'on parle beaucoup de la gauche on parle beaucoup des chances de Raphaël Glucksmann d'être élue peut-être un jour président de la République mais déjà il faudrait parler des chances de la gauche d'être présente au second tour et il faut le rappeler la gauche est quand même depuis quelques années à un niveau électoral historiquement bas si l'on fait la totalisation des quatre listes des principales listes de gauche lors des élections européennes les élections européennes c'est les élections les plus pures chaque parti se présente et on peut compter c'est 30% ou 31% des voix aujourd'hui dans les intentions de vote dans les hypothèses les plus favorables c'est entre 31 et 35% c'est peu à partir du moment où vous avez deux candidats crédibles deux candidats qui pourraient capitaliser un nombre de voix important et ça pourrait être le cas et d'ailleurs c'est déjà le cas aujourd'hui avec Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Guzman vous avez un risque de neutralisation de la gauche au premier tour d'auto-neutralisation qui est bien plus fort que le risque que la possibilité d'être présente au second tour c'est ça Jean-Luc Mélenchon il a failli être au second tour parce qu'il avait tué le match est-ce qu'aujourd'hui dans les mois qui viennent entre l'un et l'autre l'un ou l'autre sera-t-il capable de tuer le match et d'aspirer siphonner les voix de gauche ce sera probablement plus compliqué qu'il y a 4 ans et demi

1:21:50
Locuteur

Est

1:21:50
Présentateur

-ce que ce sont deux électorats irréconciliables l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et l'électorat de Raphaël Guzman Bien

1:21:55
Invité

sûr oui je pense que c'est tout à fait irréconciliable d'ailleurs quand vous votez pour Raphaël Guzman il est impossible de voter pour Jean-Luc Mélenchon

1:22:02
Locuteur

Donc l'Inde ne peut pas

1:22:03
Invité

siphonner l'électorat de

1:22:03
Locuteur

l'État

1:22:03
Invité

?

Moi je pense que Jean-Luc Mélenchon est un siphonneur en chef on connaît tous Jean-Luc Mélenchon c'est la quatrième présidentielle on sait très bien on a assez fait encore ici de soirées électorales et on a tellement suivi la politique que vous avez le mois moi j'appelle ça le mois de la mort c'est le mois de février le mois de février dans une présidentielle c'est toujours le moment où à un moment donné je pense qu'Elisabeth enclenche c'est au mois de février que Jacques Chirac commence sa remontada dingue sur Edouard Balladur meeting de la porte de Versailles février 95 il embraye la fracture sociale c'est au mois de février 2017 que Jean-Luc Mélenchon fait cet incroyable débat sur TF1 il est à 10 Benoît Hamon est à 14 ou 15 et tout le monde est en train de s'empailler et lui il dit arrêtez avec vos pudeurs de gazelle là deux jours après Mélenchon plus 2 plus 3 et il embraye Mélenchon février 2022 il embraye le vote utile c'est Ségolène Royal d'ailleurs la première qui dit pas qu'elle va voter Mélenchon qui dit écoutez à un moment donné il va falloir se poser la question du vote utile et là ça démarre à chaque fois février ai-je envie de dire

1:23:09
Locuteur

c

1:23:10
Invité

'est vraiment le juge de paix moi je vois Mélenchon la façon dont la campagne est lancée et tout l'électorat comme moi va avoir un problème majeur moi je ne peux pas considérer une seule minute dans mon existence à venir et peut-être dans toute celle à venir futur que je peux remettre depuis le 7 octobre 2023 alors qu'en 2022 je n'ai eu aucun problème à mettre un bulletin Jean-Luc Mélenchon je ne peux plus mettre un bulletin Jean-Luc Mélenchon je pense qu'il

1:23:37
Locuteur

y a

1:23:37
Invité

des gens qui sont des on est des millions à se dire depuis le 7 octobre 2023 et tout ce qui a suivi nous ne pouvons plus mettre quelle que soit la qualité de son discours la puissance de son discours je l'ai écouté à Clairement vous fermez les yeux il

1:23:50
Locuteur

n

1:23:50
Invité

'y a pas un type qui parle mieux à l'inconscient de la gauche que Jean-Luc Mélenchon mais

1:23:54
Locuteur

il

1:23:55
Invité

y a ça et ça ça n'est pas négociable pour une grande partie de la gauche donc que va faire cette partie de la gauche on ne sait pas

1:24:01
Locuteur

vous

1:24:01
Invité

pourriez mettre un bulletin Raphaël Luxman non pas du tout non plus non plus non non moi je pense que j'ai une hiérarchie des périls dans la vie vous voyez moi je fais partie des gens qui ont des hiérarchies de périls pour moi le plus grand péril pour moi aujourd'hui la plus grande tragédie française pour moi serait un second tour Mélenchon-Le Pen je pense que et

1:24:18
Présentateur

Raphaël Luxman n

1:24:19
Locuteur

'est

1:24:19
Présentateur

pas ça même de l'empêcher mais

1:24:20
Invité

non je pense que ces deux TGV qui sont lancés l'un face à l'autre il n'y a pas de bon dérailleur pour le moment je ne crois pas

1:24:25
Locuteur

ça veut dire

1:24:26
Présentateur

que François parce que ça va nous amener à la fin de notre débat ça veut dire que vous femme de gauche ce n

1:24:30
Locuteur

'est

1:24:30
Présentateur

pas un scoop vous pourriez mettre un bulletin Edouard Philippe Gabriel

1:24:33
Locuteur

Atten

1:24:33
Invité

je ne sais pas je peux en tout cas imaginer que je peux mettre un barrage républicain au premier tour pour Antichon Raphaël Luxman part souvent de la hiérarchie des périls et j'entends j'aime beaucoup cette expression je l'ai eu moi-même aussi en 2024 pas en tant que femme politique et bien je pense que dans ma hiérarchie des périls à moi femme de gauche républicaine historique mitterrandienne j'ai tout fait moi Hollande etc et puis très bon petit soldat toujours et bien je pense que ma hiérarchie des périls à moi c'est Le Pen-Mélenchon et ça comment je l'empêche ça

1:25:05
Présentateur

va être le ressort du vote mais est-ce que ça peut conduire à un rapprochement Glucksmann-Atten Glucksmann-Philippe Elisabeth ça m'étonnerait mais là il a bénéficié d'un vote utile en fait Glucksmann et effectivement le vote utile au premier tour puisque c'est un moteur de manifestement de décision électorale puissant quand on a quand la tenaille extrême gauche extrême droite est si puissante le vote utile va opérer à fond donc c'est dommage parce que pardon la seule offre qui dans laquelle les électeurs de gauche vont être enfermés pour pouvoir exister c'est Mélenchon c'est dommage c

1:25:46
Locuteur

'est horrible c'est horrible quand on est gauche

1:25:49
Présentateur

ça doit être atroce François

1:25:51
Locuteur

bien sûr je vous le confirme atroce

1:25:53
Invité

je ne prends rarement quoi que ce soit de façon atroce je

1:25:56
Locuteur

suis né de

1:25:57
Invité

bonne humeur je mourrai de bonne humeur vous

1:25:59
Locuteur

avez

1:25:59
Invité

raison

1:25:59
Locuteur

c'est

1:26:00
Invité

assez

1:26:00
Locuteur

violent enfin je veux dire quand on regarde

1:26:02
Présentateur

ce qui se passe à l'international on se dit que nos petites discussions sont assez

1:26:05
Locuteur

finalement mais je trouve que

1:26:07
Présentateur

pour

1:26:08
Locuteur

l

1:26:08
Présentateur

'électorat de gauche c'est compliqué et on verra et

1:26:12
Locuteur

on verra

1:26:12
Présentateur

ceux qui résistent et qui veulent absolument quand même témoigner de leur foi dans une sociale démocratie social libéralisme ça c'est à Glucksmann maintenant d'ailleurs de préciser son offre

1:26:23
Locuteur

le score dramatique le

1:26:25
Invité

score dramatique d'Anne Hidalgo quand même a

1:26:28
Locuteur

entraîné

1:26:29
Invité

le parti socialiste aussi donc voilà Raphaël Luxman il est condamné à faire au moins un peu mieux qu'elle

1:26:37
Présentateur

mieux qu'un 76 mais

1:26:39
Locuteur

quoi tous ils étaient

1:26:40
Invité

1,

1:26:41
Locuteur

2,

1:26:41
Invité

4

1:26:42
Présentateur

Stéphane pardon juste pour terminer est-ce que Raphaël Luxman son objectif c'est d'aller conquérir cet électorat de centre droit cet électorat Attal par exemple qui est un électorat de gauche qui s'est tourné vers les macronistes ou est-ce qu'il va être victime d'un vote utile

1:26:59
Invité

pour moi la priorité pour Raphaël Luxman c'est de gauchiser à court terme en tout cas et

1:27:03
Locuteur

à moyen terme c'est évidemment

1:27:04
Invité

de se tourner vers le reste de la gauche c'est-à-dire vers la gauche non sociale démocrate c'est-à-dire vers une gauche plus à gauche que la gauche sociale démocrate pour d'une part rassurer vous parliez tout à

1:27:14
Locuteur

l

1:27:14
Invité

'heure des écologistes et des communistes et aussi des sympathisants de gauche qui sont un peu perdus en général c'est une priorité parce que là encore on parlait de Sparadara tout à l'heure c'est une bonne nouvelle pour les Mélenchonistes pour Jean-Luc Mélenchon que ce soit Raphaël Luxman qui a gagné à la fois c'est le candidat le plus dangereux parce que c'est celui qui a été capable de faire le meilleur score c'est celui qui arrive à entraîner une part de la population la plus importante mais c'est le candidat le moins à gauche ou le plus droitier on peut l'appeler comme on veut et c'est exactement ce que voulait Jean-Luc Mélenchon et on sait très bien que la campagne va être très très dure à gauche mais je le répète le principal enjeu de la gauche c'est pas d'être pour l'instant en tout cas c'est d'être capable de faire

1:27:48
Locuteur

l'administration qu'elle est capable

1:27:49
Invité

d'être au second tour et je pense que avec la victoire de Raphaël Luxman qui sera forcément pas un candidat médiocre et qui capitalisera des voix c'est une mauvaise nouvelle pour la gauche parce que probablement les deux candidats vont et on le verra se neutraliser

1:28:05
Présentateur

Merci

1:28:05
Locuteur

beaucoup

1:28:06
Présentateur

Merci

1:28:07
Locuteur

beaucoup d'avoir été avec nous

1:28:09
Présentateur

et on se retrouve demain très bonne journée

1:28:12
Locuteur

Public

1:28:13
Présentateur

Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat