Charles III à Versailles, glyphosate, violences policières, vente à perte de carburant... Le "8h30 franceinfo" de Manuel Bompard
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Bonjour Emmanuel Bompard, un tapis rouge, la garde républicaine et un dîner à Versailles avec 200 convives dont des célébrités et des grands patrons comme Bernard Arnault pour accueillir le roi Charles III et la reine Camilla. Il a eu raison Emmanuel Macron de mettre les petits plats dans les grands pour montrer la grandeur de la France ?
C'est normal qu'on accueille le roi d'Angleterre quand il vient en France, c'est légitime que le président de la République le reçoive. Je trouve que dans le contexte social actuel avec les difficultés qui frappent une grande partie des Français, un peu de sobriété n'aurait pas fait de mal. Et je trouve qu'il y avait une sorte d'étalage avec un repas luxueux dont je peux comprendre que les Français aient le sentiment d'une forme de déconnexion.
Mais on n'accueille pas tous les jours un roi ?
On n'accueille pas tous les jours un roi, c'est vrai, c'est pourquoi je vous dis que c'est normal qu'on le reçoive dans des bonnes conditions. Mais encore une fois, il me semble que davantage de sobriété dans cette période aurait pu aussi être compris à la fois par le roi lui-même. Et sans doute davantage par les Français que ce sorte de fast que je trouve assez mal à propos.
Manuel Bompard, la Commission européenne propose une prolongation de l'utilisation du glyphosate pour 10 ans. La France est pour, sous condition, et vous ?
Moi je suis totalement opposé. Et j'appelle la France à prendre position clairement contre ce renouvellement de cette autorisation. D'abord parce que le glyphosate a été en 2015 jugé cancérigène probable par l'Organisation mondiale de la santé. Parce qu'un certain nombre de chercheurs français, en particulier de l'Inserm, disent qu'il y a des risques sanitaires très importants liés au glyphosate. Et je voudrais rappeler ici...
Mais vous entendez aussi les agriculteurs, certains agriculteurs qui disent, mais on n'a pas le choix en fait.
Oui mais je voudrais justement rappeler ici que le président de la République, Emmanuel Macron, en 2017, avait pris un engagement très clair qui était de dire que sous 3 ans, la France devait sortir du glyphosate et qu'il allait préparer des alternatives. Et aider à ce que les alternatives existent pour les agricultrices et les agriculteurs. Donc je comprends qu'il puisse y avoir une difficulté. Mais comprenez aussi que les risques sanitaires que pose ce produit pour les Françaises et les Français sont intolérables et inacceptables.
Mais si on l'arrête du jour au lendemain ? Mais ce n'est pas du jour au lendemain. Non mais depuis 2017, il y a eu des avancées. Le glyphosate est interdit aux particuliers depuis 4 ans, par exemple.
D'accord, mais ce n'est pas du jour au lendemain.
Les agriculteurs l'utilisent sous condition. Alors vous faites quoi ? Vous dites quoi ? Ces agriculteurs qui disent, mais moi je ne peux plus produire si vous me l'enlevez.
Et vous vous direz quoi aux Français qui auront un cancer ? Vous leur direz qu'ils ont un cancer sous condition ? Vous voyez bien le problème que ça pose ? Ne dites pas du jour au lendemain. Ça fait depuis 2017 que le président de la République lui-même a pris un engagement. C'est bien que lui-même reconnaît la dangerosité de ce produit. Depuis 2017, on a eu le temps de faire exister, de faire progresser les alternatives. Donc on ne fait rien, on ne fait rien, on ne fait rien. Et après on nous dit, comme on n'a pas d'alternative possible, il faut le renouveler pour 10 ans.
J'appelle la France à prendre une position très claire, qui est une position de rejeter cette demande d'autorisation supplémentaire pour 10 ans.
Ça veut dire quoi cette position de la Commission européenne selon vous ? C'est la victoire des lobbies ?
Clairement, je pense que je rappelle que le glyphosate est notamment le produit utilisé dans le fameux produit Roundup de Bayard-Monsanto. Et tout le monde sait que les lobbies des pesticides au niveau européen utilisent des moyens financiers considérables pour peser sur les décisions politiques. Je pense effectivement que le travail de lobbying de ce grand groupe Bayard-Monsanto a porté ses fruits. Et c'est pourquoi je souhaite que, encore une fois, la France prenne une position, que ce soit une position extrêmement claire sur le sujet.
Emmanuel Bompard, les distributeurs l'ont dit hier, ils refusent tout net de vendre à perte leurs carburants. Est-ce que selon vous, il manque de solidarité face à l'inflation ?
Non mais attendez. D'abord, il faut dire que la mesure qui a été proposée par la Première Ministre est une plaisanterie dangereuse et qui ne fonctionne pas. La preuve, l'ensemble des distributeurs l'ont rejetée. Elle est dangereuse parce que je rappelle qu'il y a un réseau de petites stations-services dans ce pays, qui, eux, ne sont pas liés à des grands groupes pétroliers. Donc, ne se font pas, comme le fait, par exemple, le groupe Total des Profits Extraordinaires, en amont de la chaîne, notamment au moment du raffinage. Et si vous permettez à la grande distribution, par exemple, de vendre à perte, vous créez une forme de concurrence déloyale.
Il y avait l'idée d'une compensation qui aurait pu être versée à ces stations-services et 5800 stations-services indépendantes.
Bon, c'est quand même extraordinaire. Vous allez leur mettre le couteau sous la gorge et après, vous leur dire non, non, on va vous aider. La vente à perte, si elle est interdite dans ce pays depuis 60 ans, c'est précisément parce que ça permet des situations de concurrence déloyale. Il faut que les gens qui nous écoutent le comprennent. La grande distribution, par exemple, peut utiliser les carburants comme un produit d'appel, vendre à perte les carburants et compenser ce qu'ils perdent sur les carburants dans ce qu'ils vont vendre à l'intérieur du supermer.
Bon, là, clairement, ils ne veulent pas le faire. Alors, qu'est-ce qu'on fait, justement, face à des carburants qui vendent ?
Voilà, c'est la bonne question. D'abord, on sort de la logique d'incantation et de demande. S'il vous plaît, les industriels, faites un effort. Il faut sortir de cette logique. Je rappelle que le ministre de l'économie et des finances de ce pays n'est pas là pour faire la manche. Mais ça, ça ne fait pas baisser les prix. Qu'est-ce que vous dites alors ? Il faut bloquer les prix, c'est ça ? Bien sûr, il faut bloquer les prix. Un article du Code du commerce permet de prendre de manière exceptionnelle et temporaire, dans des périodes de crise, des mesures de blocage des prix.
On bloque à combien ? Parce que là, c'est près de 2 euros.
On bloque les prix aux prix auxquels était le carburant avant qu'il commence à exploser.
Mais vous voyez bien que le sujet, il est extérieur à la France, puisqu'en fait, les prix augmentent parce que le pétrole augmente, parce que l'Arabie saoudite, notamment, a baissé sa production. Non, ce n'est pas vrai ce que vous êtes en train de dire.
Le cours du pétrole augmente. Tout le monde sait que les marges des raffineurs ont été multipliées par 4 ces derniers mois. Vous êtes d'accord avec les chiffres que je suis en train de vous indiquer ? La marge était autour de 25 euros la tonne. Aujourd'hui, c'est autour de 100. Donc, vous voyez bien que la responsabilité dans l'augmentation des prix, et c'est le cas sur le carburant, comme c'est le cas sur les produits alimentaires, elle est liée à la marge. Donc, il faut des mesures de blocage des prix et des mesures de blocage des marges. Voilà ce qu'il faut faire.
Et quand on fait ça, quand on bloque les prix, on oblige les industriels à prendre leur part dans l'effort de solidarité qui est nécessaire aujourd'hui.
Vous voyez bien que Total, par exemple, plafonne le prix du litre dans ses pompes à 1,99€.
Mais c'est insuffisant. Et je veux dire, vous pouvez, si vous voulez, saluer les efforts de Total. Ils font un geste. Non, mais d'accord. Mais la vérité, c'est que Total a fait l'année dernière un bénéfice qui est un bénéfice inédit dans l'histoire. Le plus gros bénéfice qui n'a jamais été réalisé par Total.
Total ne les fait pas en France. Ils les font à l'étranger, dans les pays producteurs de pétrole.
Non, pas seulement. Ils le font dans les pays producteurs de pétrole. Il n'a rien à dire qu'ils gagnent peu d'argent sur la distribution en France. Ils le font dans les pays producteurs de pétrole et ils le font au moment du raffinage. Mais, sans faire erreur de ma part, le carburant qui est vendu en France, il a bien été raffiné avant. Et il correspond bien à du pétrole qui a été extrait quelque part. Donc, c'est bien au moment de la vente du carburant qu'à la fin, la chaîne de bénéfices qui s'est faite tout au long.
Ils ne vendent pas qu'en France.
Je suis d'accord avec vous qu'ils ne vendent pas qu'en France. Mais qu'est-ce que vous voulez faire ? C'est eux qui vont faire la loi et qui vont décider comment vous pouvez accepter l'idée que, d'un côté, vous avez des Français qui tirent la langue, qui galèrent, qui n'arrivent pas à finir les fins de mois, qui n'arrivent pas à remplir leur plein d'essence. Et de l'autre côté, un grand groupe qui se gorge de bénéfices, qui verse des dividendes records à ses actionnaires. C'est inacceptable.
Mais vous écoutez Patrick Pouyanné, il dit « Nous, on paye des impôts. On paye 200 millions d'impôts sur les sociétés en France. On fait des augmentations de salaires à nos salariés, des primes. Qu'est-ce qu'on doit faire de plus ? On plafonne le carburant. »
Qu'est-ce qu'ils doivent faire de plus ? Ils doivent partager davantage. Parce que, très bien, M. Pouyanné paye peut-être des impôts en France cette année. Ça n'a pas toujours été le cas dans les années précédentes, je voudrais le rappeler ici. Mais ils versent aussi des dividendes records à ses actionnaires. Et il me semble que c'est quand même une mesure de justice sociale élémentaire de dire que vous ne pouvez pas avoir à la fois une très grande majorité de la population qui tire la langue, et de l'autre côté, quelques actionnaires triés sur le volet qui s'en mettent plein les poches. Donc, il faut des mesures qui permettent de passer par la loi. L'article du Code du commerce le permet.
Si vous voulez le faire au niveau européen, j'en suis d'accord. Alors, maintenant, je cherche le distributeur de carburant qui va s'asseoir sur un marché de plusieurs dizaines de millions de consommateurs, ou, si on le fait à l'échelle européenne, de plusieurs centaines de millions de consommateurs. Je ne le trouve pas. Et quand on fait ça, puisque je sais que certains proposent que ce soit l'État qui baisse les taxes sur le carburant, je veux rappeler ici que quand on bloque les prix, on demande aux industriels, bien évidemment, de faire un effort. Mais il y a aussi une baisse de taxes, puisque les taxes sont proportionnelles au prix de vente du carburant.
Si vous vendez le carburant à 1,50€, forcément, ce qui rentre dans les caisses de l'État est plus faible que si vous le ventez à 2€. Donc, ça permet de faire un effort, que ce soit un effort général, mais ça permet que les pétroliers prennent leur part dans cet effort. Et je redis ici que ça ne peut pas être seulement l'État qui prenne sa part, parce que sinon, c'est les contribuables, d'une certaine manière, qui financent les profits des grandes entreprises. Donc, il faut des mesures de blocage des prix. Il faut des mesures de blocage des marges. C'est possible de le faire. Il faut que maintenant, le gouvernement entende cette proposition.
Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise Invité de France Info. On vous retrouve juste après le fil info à 8h40 de Maureen Suignard. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Pologne fait partie du plus gros pourvoyeur d'armes à Kiev. Mais Varsovie annonce qu'elle ne fournit plus d'armes à son allié. Les deux pays sont en désaccord sur la question des céréales. La Pologne a interdit ses importations pour protéger son marché. Un signal encourageant se satisfait l'APHP. L'assistance publique des hôpitaux de Paris va pouvoir ouvrir 400 lits de plus d'ici la fin de l'année. Et cela grâce à des recrutements supplémentaires d'infirmiers.
La direction a mis en place plusieurs mesures, comme le doublement des logements disponibles et le remboursement total des titres de transport. L'entourage de la maire de Lille se dit serein après l'ouverture d'une enquête préliminaire pour corruption contre Martine Aubry. Enquête qui fait suite à un signalement de Violette Spilbout, adversaire de Martine Aubry au dernier municipal. Elle affirme qu'un emploi a été attribué à une boxeuse en échange de son soutien public. Un adversaire normalement de taille pour le 15 de France. Les Bleus face à la Namibie pour leur troisième match de poule pour la Coupe du Monde de rugby. Coup d'envoi à 21h à Marseille.
La Namibie a participé cette fois à la compétition et a perdu tous ses matchs.
France Info.
Le 8.30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliabraclia. Toujours avec Manuel Bonpart, coordinateur de la France Insoumise. Vous n'étiez pas à la réunion autour de la première ministre sur la planification écologique. Elle avait réuni pourtant tous les chefs de parti. Tout le monde sauf vous. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que votre attitude est irresponsable ?
D'abord, je veux leur rappeler que la planification écologique, en l'occurrence, c'est une proposition que l'on défend avec Jean-Luc Mélenchon depuis plus de dix ans. Alors pourquoi ne pas y être allé ? Tout simplement parce qu'il ne s'agissait pas d'un moment de débat, mais un moment de présentation du plan préparé par le gouvernement à huis clos, où on était là en quelque sorte pour servir de public, pour regarder le PowerPoint présenté par la première ministre.
Mais ce n'est pas important d'être retenu au courant ?
Non, je vais vous dire. Dans notre pays, je rappelle qu'il y a des institutions et que le débat démocratique s'organise dans ses formes institutionnelles. Le débat démocratique s'organise à l'Assemblée nationale, le débat démocratique s'organise au Sénat, et le débat démocratique ne s'organise pas à huis clos entre chefs de parti qui sont là pour commenter les annonces de la première ministre. Et je pense que ces opérations de communication permanentes, on a eu les douze heures du Président de la République, sont une volonté permanente de contourner le débat dans ses formes institutionnelles, dans laquelle je ne me retrouve pas.
Non mais ça peut être juste de l'information. D'ailleurs, vos collègues écologistes ont dit que c'était un constat très complet, très lucide, assez inédit. C'est ce que dit Marine Tourdelier.
Si c'est juste de l'information, elle peut nous envoyer un mail, elle peut faire une conférence de presse que tout le monde peut consulter. Il n'y a pas besoin d'être à huis clos dans une réunion secrète où on a l'impression qu'en quelque sorte, il va y avoir des sortes de compromis qui se font en dehors du regard des Françaises et des Français. Moi, ce n'est pas ma conception de la démocratie. Manuel Bompard, la présidente LR... Excusez-moi, on va y venir, mais je veux quand même dire parce que, ok, vous m'avez interrogé sur la forme, mais il y a quand même... Non, sur le fond, 10 milliards d'euros sur la table. On va avoir l'occasion d'y revenir. Oui, là où, par exemple, M.
Pisani-Ferry, qui a fait le programme présidentiel d'Emmanuel Macron en 2017, dit que si on veut être à la hauteur de l'urgence climatique, il faut autour de 30 milliards d'euros sur la table.
Pardon, 10 milliards de la part de... Ce que dit Jean Pisani-Ferry, c'est 10 milliards de la part de l'État et 20 milliards du côté des entreprises. Donc, 10 milliards, quand l'État met 10 milliards sur la table, c'est conforme à ce que préconise Jean Pisani-Ferry.
Pas du tout. D'ailleurs, M. Pisani-Ferry lui-même dit que, par exemple, pour pouvoir financer cet effort énorme qu'il faut faire en direction de la transition écologique, il faut introduire une forme de fiscalité sur les plus riches. C'est aussi ce que dit M. Pisani-Ferry, et je ne crois pas que ça soit dans les propositions de la Première ministre. J'ai compris que vous vouliez passer à autre chose, mais je veux juste dire quelque chose. Cette planification écologique, d'abord, elle est insuffisante du point de vue des objectifs qu'elle se fixe. Elle fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, compris entre 50 et 55 %.
Si on veut respecter les accords de Paris, tous les scientifiques vous disent qu'il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre entre 65 et 70 % d'ici à 2030. Et ensuite, c'est un couteau sans lame, parce qu'elle ne prend pas de mesures contraignantes. Et notamment, elle ne conditionne pas les 200 milliards d'euros que donne l'État aux entreprises en termes en aide aux entreprises. Elle ne les conditionne pas à des objectifs climatiques. Donc, à mon avis, c'est encore une fois un exercice de communication. Voilà, ça me paraissait important de dire quelques mots sur le fond.
Et c'est dit, Manuel Bompard, autre question de fond, faut-il régionaliser le SMIC, comme le propose Valérie Pécresse, la présidente à l'ère de la région Île-de-France, qui veut créer un SMIC régional, augmenter de 9 % par rapport au SMIC actuel, pour tenir compte du niveau de vie ? Alors, augmenter le SMIC, j'y suis favorable. Le régionaliser, j'y suis totalement défavorable.
9 % en Île-de-France.
Oui, ça coûte plus cher de vivre en Île-de-France. Si vous appliquez cette augmentation de 9 % en Île-de-France, vous allez amener à peu près le SMIC à 2000 euros brut, c'est-à-dire à 1600 euros net. C'est précisément la proposition que nous avons faite il y a quelques semaines, quelques mois de ça à l'Assemblée nationale, d'augmenter au niveau national le SMIC à 1600 euros net. Et les amis de Mme Pécresse, à cette occasion, ont voté contre. C'est une opposition de principe. La régionalisation, c'est non. La régionalisation, à cette occasion, a voté contre. Les macronistes, à cette occasion, ont voté contre.
Moi, je suis opposé à la régionalisation du SMIC pour une raison simple, c'est que ça va introduire une forme de concurrence entre travailleurs en fonction des régions dans lesquelles ils vivent, dans lesquelles ils habitent. Donc oui, il faut augmenter le SMIC. Oui, il faut augmenter l'ensemble des salaires, pas uniquement le SMIC. Il faut indexer les salaires sur l'inflation. Sur les deux dernières années, si vous prenez l'augmentation des prix et l'augmentation des salaires, les salaires n'ont pas augmenté à la même vitesse que les prix.
Donc très concrètement, ça risque de conduire à une spirale inflationniste et donc c'est non.
Mais je connais les arguments du gouvernement, mais ce n'est pas parce que c'est les arguments du gouvernement que c'est convaincant. Le FMI, dont on ne peut pas dire que ce soit une officine de la France insoumise, vous dit que le principal facteur de l'augmentation des prix à l'échelle mondiale est l'augmentation des profits des grandes entreprises. A peu près 50% de l'inflation est due à l'augmentation des profits des grandes entreprises. Donc ceux qui font croire qu'on est dans une situation où c'est l'augmentation des salaires qui se tradurait par l'augmentation des prix, mentent tout simplement.
La réalité, c'est que l'augmentation des prix est due à l'augmentation des profits des grandes entreprises. Donc oui, il faut augmenter les salaires, augmenter le SMIC au niveau national, indexer les salaires sur l'inflation, faire en sorte, vous avez entendu le gouvernement nous dire qu'il allait faire une fameuse conférence sociale sur les salaires qui sont en dessous du SMIC. C'est une plaisanterie. Ce sera début octobre. C'est une plaisanterie. Un salaire ne devrait pas être en dessous du SMIC, d'ailleurs il ne l'est pas, puisque la réalité c'est qu'ils sont rehaussés. Et ça se traduit par le tassement de la grille salariale. Donc qu'est-ce qu'il faut faire sur ce sujet ?
Et je m'arrête là. Il faut, par la loi, dire qu'à chaque fois qu'on va revaloriser le SMIC, alors les minimas de branches sont aussi revalorisés de manière automatique. On n'a pas besoin d'avoir des négociations à ce moment-là. C'est la loi qui doit le garantir.
Ça, ce sera la discussion lors de la conférence sociale.
On a pris un peu d'avance.
Un adolescent de 14 ans, Manuel Bompard, qui harcelait l'une de ses camarades transgenres, a été arrêté en classe cette semaine dans son collège d'Alfortville. Il a été menotté devant les élèves. Le parquet indique que l'interpellation s'est faite avec l'accord de la principale du collège et de l'équipe éducative. Quelle est votre réaction ?
Le harcèlement scolaire est un fléau contre lequel il faut combattre. Mais je pense qu'il mérite davantage que cette forme d'opération, d'intimidation et de communication. Il y a des protocoles quand vous devez aller arrêter un élève dans une école. Et notamment, normalement, le protocole, c'est que ce sont les personnels de l'établissement qui viennent le voir, qui font en sorte qu'ils sortent de la classe. Il fallait un électrochoc, c'est ce que dit le gouvernement.
On n'obtient pas la sérénité sans autorité. C'est ce que dit Gabriel Attal précisément.
Gabriel Attal devrait arrêter de faire de la communication. Je sais qu'il a reporté sa visite en Terre inconnue. Il devait découvrir ce que c'est un établissement public. Finalement, il l'a reporté. Mais cette question-là, ce fléau du harcèlement scolaire, qui touche, je veux le dire quand même, selon l'UNESCO, à peu près 20% des élèves, est un fléau qui mérite des moyens pour le combattre, qui mérite une attention de l'ensemble de la société pour le combattre, davantage que des opérations de communication. Je veux dire ici qu'on a perdu en 20 ans 25% de psychologues scolaires.
Les situations de harcèlement, quand elles existent à l'école, on a besoin d'avoir de la présence humaine pour la détecter. Les élèves ont besoin d'avoir des adultes à qui ils peuvent parler pour dire « je ne me sens pas bien, j'ai un problème, je suis harcelé ». On a perdu 25%. On manque de CPE. On manque d'assistants d'éducation, de surveillants dans les établissements scolaires. On manque d'attention. On a des associations qui travaillent sur la question du harcèlement scolaire. L'ensemble des missions qu'elles veulent faire dans les écoles, elles ne peuvent pas le faire pour des raisons de manque de moyens financiers.
Vous savez qu'un plan doit être annoncé la semaine prochaine.
Très bien, mais ça fait depuis maintenant plusieurs mois qu'on parle de ce fléau. Et on a eu le droit à une journée de sensibilisation organisée en urgence au mois de juin par un monsieur Papendiaï. Donc, il faut davantage de moyens financiers. Il faut une attention de l'ensemble de la société. Moi, je dis aux parents, je dis aux personnels d'établissement, je dis aux autres élèves. Vous ne pouvez pas laisser faire ça. Si vous détectez des situations de harcèlement, il faut en parler. Bien sûr, on a besoin de sanctions. Mais la sanction, ce n'est pas l'humiliation. Et la sanction, ce n'est pas en faire entrer des policiers dans une salle de classe pour faire peur à tout le monde.
Je ne crois pas que ça soit efficace. Manuel Bonparc, coordinateur de la France Insoumise. Vous êtes l'invité de France Info ce matin. On vous retrouve juste après le Fin Info, 8h51. Maureen Suignard. Le travail de la civise répond à un besoin vital et doit se poursuivre, plaide son coprésident sur France Info. La commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants doit normalement se terminer le mois prochain. Elle publie un bilan. Aujourd'hui, après deux ans, 27 000 témoignages recueillis. 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles dans notre pays. C'est une première.
Ce matin, Charles III prononce un discours au Sénat devant des parlementaires. Puis le monarque britannique sera avec Emmanuel Macron sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris suite de cette visite d'État de trois jours en France qui doit réchauffer les relations diplomatiques entre les deux pays. Reporter Sans Frontières exprime un très grand soulagement. Après 39 heures de garde à vue, Ariane Lavrieux a été remise en liberté. La journaliste du média Disclose a publié il y a deux ans un article sur un possible détournement par l'Egypte d'une opération de renseignement française. Le ministère français des armées a porté plainte pour la violation du secret défense.
La Drôme, l'Ardèche, l'Isère est là en vigilance orange dès 16h pour des risques de pluie et d'inondation, dit Météo France.
France Info
Toujours avec Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, ce samedi vous allez participer à la marche contre les violences commises par les forces de l'ordre ce qui ne sera pas le cas de vos collègues du parti socialiste ou les communistes. Écoutez ce que disait Fabien Roussel, le patron des communistes, il était à votre place il y a quelques jours. Je n'y participerai pas, d'abord parce que je n'ai pas envie de manifester en entendant autour de moi ce slogan « Tout le monde déteste la police ». Ce n'est pas vrai et je ne partage pas ce slogan-là. J'ai vu qu'en plus, depuis, ils avaient ajouté comme revendication l'autorisation du port de la Baïa dans les écoles, etc.
Pour moi, cette manifestation prend une tournure que je ne partage pas et c'est la raison pour laquelle je n'y serai pas. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Que c'est un menteur ? Pour une raison très simple, c'est que les deux éléments qu'il vient d'indiquer sont tout à fait faux. Le texte d'appel à cette manifestation, qui est une marche pour la liberté, pour la dignité, ne comprend ni le slogan « Tout le monde déteste la police ». Il dit qu'on l'entend souvent dans ce type de manifestation. Ce n'est pas ce qu'il a dit. Ni la défense du port de la Baïa ou je ne sais quoi, comme il vient de le dire. Donc, le Parti communiste a le droit de ne pas participer à cette manifestation. Mais par contre, il n'a pas le droit de caricaturer les mots d'ordre de ceux qui y participent.
Cette manifestation, c'est une manifestation pour la liberté, pour les libertés. C'est une manifestation, effectivement, contre les violences policières, contre le racisme dans la police. Et c'est une manifestation pour la justice sociale.
Un élu de la République ne devrait pas participer à une manifestation où on entend « Tout le monde déteste la police ».
Je vais d'abord en profiter. Et j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent à venir manifester. Il y a des points de rendez-vous dans toute la France. À Paris, ce sera au départ de Gare du Nord. Personnellement, je manifesterai à Marseille. Au départ de la Porte d'Aix, vous pouvez aller voir partout les points de rendez-vous pour aller manifester.
Mais votre responsabilité dans tout ça, Manuel Bompard ? Si on crie autour de vous « Tout le monde déteste la police ». Vous quittez le cortège ou pas ?
Non, je connais cette... Mais vous détestez la police ? Non, mais quand des policiers ont manifesté devant l'Assemblée nationale et ont dit « Le problème de la police, c'est la justice », je remarque que vous n'avez pas demandé aux élus qui étaient présents, dont M. Darmanin, Mme Le Pen, M. Roussel à l'époque, s'ils allaient quitter la manifestation. Que les choses soient claires, vous avez parlé de ma responsabilité. Ma responsabilité, c'est de lutter contre une distance, une fracture qui s'installe entre la police et une partie de la population. Et s'il y a cette distance et s'il y a cette fracture, il y a des raisons. Vous pouvez vous offusquer des slogans.
La vérité, c'est que s'il y a ce type de slogan, c'est qu'il y a des problèmes dans l'organisation de la police aujourd'hui et dans le rapport entre la police et une partie de la population. Quand le défenseur des droits dit qu'une personne noire ou arabe a 20 fois plus de chances d'être contrôlée qu'une personne blanche, c'est un problème. Et la responsabilité du politique, c'est pas de fermer les yeux.
Et la responsabilité du politique, est-ce que c'est de généraliser ?
Quand l'ONU, que vous allez peut-être dire qu'il généralise, quand l'ONU dit qu'il y a un problème, un rapporteur spécial de l'ONU, un problème structurel de racisme dans la police en France, est-ce que l'ONU généralise ? Non, l'ONU dit qu'il y a un problème structurel de racisme dans la police. Donc notre responsabilité politique, c'est d'en parler.
Et puisque vous m'avez interrogé tout à l'heure sur les grandes concertations organisées par Madame la Première Ministre ou Monsieur le Président de la République, sachez que moi j'ai parlé au Président de la République de cette question, du problème du racisme, du problème des violences policières, du nombre de personnes qui sont morts dans ce pays suite à des refus d'obtempérer. Le Président de la République a effacé cette partie du compte-rendu qu'il a fait de notre réunion. Ils ne veulent pas parler de ce sujet. Et pour eux, cette question-là, elle est taboue. Et donc il y a besoin d'une mobilisation populaire pour dire qu'on n'accepte pas cette situation et on veut que ça change.
On veut une réforme en profondeur de la police. On veut un changement de la loi de 2017 sur la manière avec laquelle les policiers peuvent utiliser les armes. Et on veut enfin un plan de lutte contre le racisme dans la police. Voilà ce qu'il faut faire. Et ça fait partie. Ça, c'est les vrais mots d'ordre de la manifestation de samedi.
Et j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent à y participer. Il y a des élections ce dimanche, les élections sénatoriales. Est-ce que vous souhaitez le succès de vos partenaires de la NUPES, les écologistes, les socialistes, les communistes qui présentent des candidats ?
Si vous permettez, puisque je représente ici la France soumise. Et la France soumise sera présente aux élections sénatoriales dans l'ensemble des départements. Et d'abord, je remercie, je félicite les candidats de la France soumise. Et j'appelle au contraire les grands électeurs à appuyer leur liste. C'est les seuls, les candidats de la France soumise dans cette élection sénatoriale qui porte le programme de la NUPES. Donc, si vous êtes attaché au programme de la NUPES...
Ah, donc pas vos partenaires écologistes, socialistes et communistes ?
Non, ils ont refusé de...
Vous n'avez pas voté pour eux, quoi ?
Non, mais ils ont refusé de porter... Non, mais vous n'allez pas me reprocher de défendre les candidats de l'organisation politique. Non, mais vous êtes sur papier, vous êtes censé à la France de la NUPES. Oui, mais ils sont les uns contre les autres, là. Ça ne vous aura pas échappé. Donc, c'est la fin de la NUPES ? Non, attendez, attendez, attendez. Je vais vous répondre sur ce sujet, mais d'abord, je vais me dire... Oui, je vous dis que les candidats des autres formations politiques de la NUPES ont refusé de porter le programme de la NUPES aux élections sénatoriales. Ce n'est pas de ma responsabilité, c'est de la leur.
Donc, je vous dis, si vous voulez voter pour le programme de la NUPES, il faut voter pour les candidats de la France insoumise aux élections sénatoriales. Pour le reste, je suis attaché à des listes communes aux sénatoriales. C'est trop tard maintenant, mais c'était notre demande. Je suis attaché à une liste commune de la NUPES aux élections européennes. Et je forme le vœu que ceux qui, petit à petit, prennent des décisions qui s'éloignent de la NUPES, c'est le cas des communistes, j'ai entendu ce qu'a dit Fabien Roussel ce week-end. C'est le cas de ceux qui nous ont exclus des listes sénatoriales.
J'espère qu'ils vont changer d'avis, parce que je pense que nous avons besoin d'une liste commune de la NUPES aux élections européennes pour battre les macronistes et pour battre l'extrême droite et pour offrir une alternative au pays. Les jeunes de la NUPES ont fait un travail formidable. Ils ont réussi à se mettre d'accord sur un programme commun pour les élections européennes. C'est la preuve que c'est possible. Maintenant, je souhaite que toutes les organisations de la NUPES se retrouvent autour de ce programme commun pour qu'on puisse avancer vers cette liste commune. Manuel Bompard, merci.
Manuel Bompard