Les 4 vérités - Fabien Roussel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Elle redoute que ça fragilise ce 1er mai.
- 0:44OuverteRéponse directe
Des gens ont dit que l'Etat a mis trop de temps.
- 1:25RelanceRéponse directe
Vous pensez à qui ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Il a raison ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Quel accompagnement ? Quelle politique de prévention ?
- 4:36ComplaisanteRéponse directe
Vous allez aussi acheter une baguette de pain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44F.RousselFait
« Deux poids, deux mesures, selon si on a affaire à un crime antisémite ou un crime contre un musulman et dans une mosquée, alors que pour moi, ce sont des agressions inadmissibles. »
- 1:25F.RousselFait
« Ceux qui, matin, midi et soir, ont des mots durs contre les musulmans, contre cette religion, ont du sang sur les mains. »
- 2:08F.RousselFait
« Tous les jours, font l'amalgame grossier et violent entre des drames, des actes, des faits divers et généralisent en pointant du doigt la responsabilité sur la communauté musulmane, la communauté arabe. »
- 2:25F.RousselFait
« Il a mis 50 coups de couteau à ce jeune Malien, Aboubakar Cissé. En même temps, il dit: "Je vais recommencer." »
- 3:52F.RousselChiffre
« Depuis 3 ou 4 ans, il y a de plus en plus d'enfants sujets à des dépressions, à des suicides. »
- 3:52F.RousselChiffre
« Il manque 2000 infirmières dans nos établissements. Il manque des médecins scolaires. »
- 5:42F.RousselFait
« La question se pose, avec ce texte de loi de sénateurs centristes, disant qu'il faut légaliser le travail le dimanche sur la base du volontariat. »
- 6:22F.RousselFait
« Si certains veulent travailler, c'est leur choix. Les salariés, c'est sur la base du volontariat. »
- 7:51F.RousselPromesse
« Nous avons toujours défendu le principe d'une dose de proportionnelle et d'avoir une plus juste répartition des députés dans l'Hémicycle. »
Temps de parole
- ?100 %
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Elle redoute que ça fragilise ce 1er mai. - F.Flament: Merci beaucoup. F.Roussel est votre invité. Vous le rejoigniez. Bonjour et bienvenue. - J.Arnaud: Il a bien écouté la chronique d'A.de Tarlé sur le 1er mai. On va y revenir. Bonjour. Merci d'être là. Pour commencer, partons sur l'actualité tragique et dramatique de ces derniers jours. Le suspect du meurtre dans une mosquée du Gard s'est rendu la nuit dernière. Il est sous les verrous en Italie. Il y a eu ce meurtre atroce vendredi. Il y a eu Nantes, aussi. Pour le Gard, il y a eu une marche blanche hier.
Des gens ont dit que l'Etat a mis trop de temps. - F.Roussel: Deux poids, deux mesures, selon si on a affaire à un crime antisémite ou un crime contre un musulman et dans une mosquée, alors que pour moi, ce sont des agressions inadmissibles. Dans notre pays, les actes antisémites progressent, mais les actes antimusulmans aussi. Ce qui s'est passé à La Grand-Combe illustre cette augmentation des actes antimusulmans. C'est la raison pour laquelle je dis que les propos, la haine antimusulmans, la haine contre cette religion arme le bras de criminels, parfois de personnes fragiles psychologiquement. C'est à cause de cela qu'il y a ce type de drames terribles. Je vais même aller plus loin. Ceux qui, matin, midi et soir, ont des mots durs contre les musulmans, contre cette religion, ont du sang sur les mains. Ils devraient prendre conscience de ce qui se passe dans notre pays. Il faut faire attention... - J.Arnaud: Vous pensez à qui? - F.Roussel: A des responsables politiques, à des médias qui,
tous les jours, font l'amalgame grossier et violent entre des drames, des actes, des faits divers et généralisent en pointant du doigt la responsabilité sur la communauté musulmane, la communauté arabe. C'est extrêmement dangereux. Ca arme le bras de criminels en puissance, de malades mentaux. Il a mis 50 coups de couteau à ce jeune Malien, Aboubakar Cissé. En même temps, il dit: "Je vais recommencer." Il insulte la religion de ce jeune homme, il insulte le Dieu des musulmans.
- J.Arnaud: Pour l'instant, le procureur reste prudent sur les motivations... - F.Roussel: Je suis bien content qu'il soit arrêté vivant pour connaître ses motivations. - J.Arnaud: Autre assassinat abject, celui d'une lycéenne jeudi à Nantes. B.Retailleau s'est rendu sur place. Il dit que ce n'est pas un fait divers mais de société. Il dit qu'il y a un ensauvagement. Il a raison? - F.Roussel: Il y a une réalité que l'on constate malheureusement. Je pense aux parents de cette élève décédée. Il n'y a rien de pire pour un parent que de perdre son enfant. C'est terrible. J'imagine leur colère. Ils attendent des mesures fortes. Les violences viennent de jeunes gens de plus en plus jeunes, qui sont de plus en plus violents. On le voit dans les rixes, les bagarres de rue. C'est une réalité.
Il y a une autre réalité. J'ai regardé des études ce week-end suite à ce qui s'est passé à Nantes. Depuis 3 ou 4 ans, il y a de plus en plus d'enfants sujets à des dépressions, à des suicides. Il faut tirer la sonnette d'alarme sur cette question. Quel accompagnement? Quelle politique de prévention dans les collèges et lycées? Quand je rencontre les proviseurs de lycée, de collège, ils me disent qu'il y a de plus en plus d'enfants en détresse psychologique. Comment on les détecte et comment on les accompagne? Il manque 2000 infirmières dans nos établissements. Il manque des médecins scolaires. On a besoin de mettre beaucoup plus d'humains dans nos collèges et lycées pour pouvoir détecter ces personnes fragiles et peut-être détecter ceux qui pourraient
passer à l'acte. - J.Arnaud: Des sujets plus sociaux, notamment le 1er mai, la Fête du travail. Vous allez défiler, acheter du muguet... Vous allez aussi acheter une baguette de pain? - F.Roussel: Je vais aller acheter ce que les militants communistes vendent, d'abord. Et on fait attention quand on se positionne, de ne pas le faire trop près des fleuristes. On fait attention à ne pas se mettre trop à côté des fleuristes pour ne pas faire de concurrence déloyale. D'abord, le 1er mai, c'est la Fête des droits des travailleurs.
C'est un jour chômé qui n'est pas un jour chômé comme les autres. Il y a une législation à part. Il y a toujours eu un accord tacite dans notre pays où les patrons qui souhaitent travailler, qu'ils soient fleuristes ou boulangers, puissent le faire. Ca n'a jamais gêné quiconque. - J.Arnaud: Vous savez bien comment ça tourne, une boulangerie. On ne peut pas être à la fois au four et au moulin. Ce n'est pas possible. - F.Roussel: La question se pose, avec ce texte de loi de sénateurs centristes, disant qu'il faut légaliser le travail le dimanche sur la base du volontariat... - J.Arnaud: Vous êtes d'accord? - F.Roussel: J'attends de voir le texte de loi. - J.Arnaud: Vous ne dites pas non. Vous n'êtes pas comme S.Binet. - F.Roussel: J'attends un texte de loi et je juge sur pièces.
Je connais des boulangers... J'en ai appelé un ce matin qui me dit que le 1er mai, sa grand-mère lui a toujours dit qu'on ne travaillait pas le 1er mai et que certains sont morts pour ça. Il dit: "Si certains veulent travailler, c'est leur choix. Les salariés, c'est sur la base du volontariat." Quand on écrit dans un texte de loi que, si vous voulez travailler un jour chômé, le 1er mai, c'est sur la base du volontariat... Au bout d'un moment, le volontariat n'a plus le goût du volontariat. Je souhaite que le 1er mai reste un jour chômé. - J.Arnaud: Donc vous êtes plutôt S.Binet que le patron de la CPME, qui dit qu'il faut arrêter d'emmerder les Français sur cette question des boulangeries. - F.Roussel: Dans mon livre, que j'invite à lire,
je parle beaucoup du sens que l'on donne au travail. Pourquoi on travaille? Pour qui? Est-ce que le travail nous permet d'avoir une vie digne, de pouvoir élever ses enfants, partir en vacances, s'acheter des bonnes pâtisseries dans les boulangeries, acheter des fleurs à sa fiancée? Elle est ouverte 364 jours sur 365. Quel sens nous donnons au travail? Je souhaite un travail qui permette à chacun de retrouver sa dignité, s'émanciper et vivre heureux. C'est un projet de société. Je souhaite mettre le travail au coeur d'un vrai projet de société. - J.Arnaud: Les débats sur la proportionnelle
vont se prolonger toute cette semaine. Vous avez un rendez-vous avec F.Bayrou? - F.Roussel: Pas encore, mais j'en ai déjà parlé avec lui. - J.Arnaud: Quelle est votre position? - F.Roussel: Je préférerais rencontrer F.Bayrou pour lui parler des salariés d'Arcelor, du travail, de la menace sur la sidérurgie française, de Vencorex, que de mettre à l'ordre du jour la modification d'un mode électoral. Ca fait un peu tambouille politique. C'est un sujet, malgré tout, important. Nous avons toujours défendu le principe d'une dose de proportionnelle et d'avoir une plus juste
répartition des députés dans l'Hémicycle, mais il faut voir comment c'est mis en place. C'est aussi un sujet de financement des partis. C'est en fonction du nombre de voix que nous avons une aide publique. C'est donc un sujet important. Mais pour moi, l'important, aujourd'hui, c'est l'emploi
Fabien Roussel