Le bilan de la campagne, le barrage républicain et les alliances aux législatives... Le 8h30 franceinfo de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard, il a donc manqué 400 000 voix à Jean-Luc Mélenchon dimanche soir pour être présent au second tour. Quand vous refaites, et je suppose que vous l'avez fait, le film de ces mois et de ces mois de campagne, est-ce que vous savez ce qui vous a manqué pour y arriver ?
Il nous a manqué, comme vous l'avez dit, 400 000 voix. D'abord, dire que bien évidemment il y a de la déception, parce que l'objectif c'était de se qualifier au deuxième tour de l'élection présidentielle. Mais il y a aussi de la fierté pour la campagne qui a été menée, pour le résultat qui a été réalisé. Et surtout de la fierté, je veux le dire ici, parce que la candidature de Jean-Luc Mélenchon est celle qui a ramené le plus d'abstentionnistes des dernières élections, notamment de l'élection présidentielle de 2017, aux urnes dimanche. Et quand on fait de la politique, l'objectif c'est de faire en sorte que les messages qu'on envoie soient entendus.
Et je suis fier que les messages qu'on ait envoyés aient été entendus par la jeunesse, par la quartier populaire. Maintenant, pour répondre à votre question, il a manqué sans doute encore des voix dans l'abstention. L'abstention est encore trop importante. Et puis il a manqué aussi de la dispersion des différentes candidatures à gauche. C'est mathématique. Ça c'est pour Fabien Roussel ? Fabien Roussel, Yannick Jadot, clairement c'est mathématique. Le nombre de voix qui manque à Jean-Luc Mélenchon pour se qualifier au deuxième tour est inférieur au nombre de voix réalisées, soit par Fabien Roussel, soit par Yannick Jadot. Et donc ça aussi c'est dommage.
Parce que dans l'humanité, ce matin, Fabien Roussel dit les 802 588 électeurs qui ont voté par conviction pour ma candidature n'auraient pas voté pour un autre candidat de gauche. Rejeter la faute sur eux quand il y a 12 millions d'abstentionnistes, c'est un peu facile.
Vous avez vu, je ne rejette pas la faute sur eux. Je dis que bien évidemment il y a de l'abstention, il y a des gens qu'on n'a pas réussi à convaincre de l'importance de se déplacer pour aller voter. Mais Fabien Roussel ne peut pas non plus s'exonérer de toute responsabilité. Quand vous analysez le nombre de voix qu'il a réalisées et la provenance des électeurs de Fabien Roussel en 2022, pour une très grande partie, une très grande majorité et quasi l'unanimité, ils sont issus du vote pour Jean-Luc Mélenchon en 2017. Et ça m'étonnerait qu'on puisse dire aujourd'hui que des électeurs qui avaient voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2017 ne pouvaient pas voter pour Jean-Luc Mélenchon en 2022.
Il y avait des désaccords sur le fond, très clair entre vous, sur des sujets aussi clivants que le nucléaire par exemple, vous ne pouvez pas être plus antagonistes. Vous avez raison, mais ces désaccords existaient déjà en 2017, ils existaient déjà en 2012 et ça ne nous avait pas empêché de faire candidature commune. Quand vous soutenez un candidat à l'élection présidentielle, par définition, vous n'êtes pas d'accord avec 100% de ses propositions. Mais vous trouvez que globalement, le programme qu'ils portent est le plus proche de vos convictions. Maintenant, je ne veux pas focaliser uniquement sur Fabien Roussel.
Mais vous vous êtes parlé depuis Dimanche soir avec Fabien Roussel ?
Non. Pour l'instant, non. On ne sait pas parler, mais peut-être qu'on se parlera. Moi, je regrette que dans les discours des différents candidats de gauche, à l'exception de celui de Jean-Luc Mélenchon au dimanche, aucun d'entre eux n'a salué notre score, notre résultat, notre campagne. Et j'ai l'impression que pour certains, c'était quasiment un soulagement que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas qualifié au second tour de l'élection présidentielle. Honnêtement, je trouve ça dommage.
Vous pensez à qui, quand vous dites ça ? Qui a été soulagé que vous ne soyez pas au second tour ?
Je dis que dans les discours que j'ai entendus et que j'ai écoutés avec attention des différents candidats dimanche soir, je n'ai pas eu l'impression qu'il y avait beaucoup de regrets exprimés par rapport au fait que Jean-Luc Mélenchon n'ait plus qualifié au second tour de l'élection présidentielle.
Depuis dimanche soir, Emmanuel Macron a décidé en priorité de s'adresser aux électeurs de gauche et aux vôtres en particulier. D'abord, est-ce qu'il a raison de le faire ?
Manifestement, et nécessairement quand vous êtes candidat à l'élection présidentielle, quand il n'y a plus que deux candidats au deuxième tour, c'est normal d'essayer de s'adresser. On va chercher les voies du troisième. Bon, ça me paraît... C'est une bonne guerre. Ben oui, c'est une logique assez évidente. Maintenant, je vais vous dire pour s'adresser aux électeurs qui se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon, dont je vais dire ici clairement par ailleurs qu'ils n'appartiennent à personne, ni à Jean-Luc Mélenchon, ni à moi-même, ni à qui que ce soit. Ce sont des électeurs qui sont prononcés librement. Que les différents candidats essayent de s'adresser à eux est normal.
Mais il faudra davantage que de la communication ou des petits signes de com' tels que j'ai entendu depuis le début de la semaine, à mon avis, pour les convaincre sur le fond.
Il y a quelque chose qui a bougé, déjà depuis dimanche, sur la réforme mère de toutes les réformes, comme on dit, la réforme des retraites. C'était 65 ans dans le projet d'Emmanuel Macron. Il dit « Désormais, je suis prêt à faire 64 ». Vous dites quoi ? C'est toujours ça de prix ?
Non. Écoutez, les électrices...
Continuons comme ça et on arrivera à 63 au second tour.
Non, je lui dis qu'honnêtement, même si moi j'ai rien à négocier avec Emmanuel Macron, je veux dire, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon n'est pas représenté au deuxième tour de l'élection présidentielle. On ne va pas faire semblant que ce soit le cas. Donc forcément, celles et ceux qui voulaient le programme de Jean-Luc Mélenchon au pouvoir, ils ont le choix contre des programmes qui ne leur correspondent pas au deuxième tour. Et donc, ce n'est pas un choix d'adhésion qu'ils vont faire au deuxième tour. Ils vont faire pour certains, ils vont aller voter, pour d'autres, ils ne vont pas aller voter. Et donc, je n'ai rien à négocier avec Emmanuel Macron.
Mais quand il dit, je peux faire un effort là-dessus. Franchement, des gens qui se sont battus pour que la retraite soit à 60 ans à taux plein, vous entendez bien que ce n'est pas parce qu'on va dire 64 plutôt que 65 que ça va les convaincre. Si Emmanuel Macron va faire un geste dans cette direction, qu'il abandonne tout simplement sa réforme des retraites. Alors là, peut-être que le message sera entendu. Mais honnêtement, ce n'est pas parce que ça va être 64 ou 63 que ça va changer grand-chose.
C'est-à-dire que sur ce sujet précis de la réforme des retraites, en fait, vous êtes carrément plus proche de Marine Le Pen. 60 ans, elle, c'est ce qu'elle propose. 40 ans d'annuité. 40 annuités de cotisation, pardon, pour atteindre la retraite.
Non, elle n'a pas proposé ça. Et ce serait bien qu'on fasse la lumière précise sur la proposition de Mme Le Pen. Oui, mais Mme Le Pen a dit, elle a abandonné pendant cette campagne la revendication de la retraite à 60 ans. 60 ans uniquement pour ceux qui ont 40 annuit de cotisation, enfin, qui commençaient à travailler avant 20 ans. Là-dessus, c'est la même réforme que vous ? Sur ces personnes-là, oui. Ensuite, elle a dit 62 pour celles qui arrivent après. Et ça, c'est l'état actuel, c'est l'état existant. Donc, ce n'est pas du tout convergent avec notre proposition, qui était une proposition de revenir à la retraite à 60 ans pour tout le monde.
Et sur l'ensemble des mesures sociales, d'ailleurs, je veux dire que Mme Le Pen essaye de se présenter comme la candidate sociale du pouvoir d'achat. Sur l'ensemble des sujets, honnêtement, ces propositions sont toujours du maquillage de la réalité de ces propositions. Par exemple, elle dit, je suis pour le pouvoir d'achat, mais je ne suis pas pour l'augmentation du SMIC. Nous, on était pour l'augmentation du SMIC. Elle dit, je suis contre le blocage des prix sur les produits de première nécessité. Elle baisse la TVA. Je veux baisser la TVA. Sauf que quand vous baissez la TVA, vous savez très bien qu'à la fin, il y a bien quelqu'un qui doit payer. C'est des ressources fiscales en moins.
Donc, vous faites semblant de donner quelque chose que vous reprenez d'un autre côté. Donc, j'aurais aimé, d'ailleurs, pendant la campagne, ce travail de désintoxication sur la réalité des mesures sociales de Mme Le Pen soit fait. Je rappelle que les alliés européens de Mme Le Pen, par exemple, en Autriche, ont amené la semaine de travail à 60 heures. Par exemple, en Hongrie, on proposait d'introduire 300 heures supplémentaires payées trois ans plus tard. Ça, c'est la réalité des amis de Mme Le Pen en Europe.
C'est-à-dire que d'un point de vue économique, vous vous sentez plus proche d'Emmanuel Macron que de Marine Le Pen ?
Non, je vous dis que d'un point de vue économique... Moins éloigné ? Non, mais ne cherchez pas à me faire exprimer une préférence. D'un point de vue économique et social, ni le programme d'Emmanuel Macron, ni le programme de Marine Le Pen ne peut me convaincre et ne peut me convenir. Et à mon avis, ne peut convenir aux électrices et aux électeurs qu'ont porté leur voix sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Donc, au deuxième choix, ils n'ont pas ce choix-là au deuxième tour. Et c'est pour ça, d'ailleurs, je leur dis restez regroupés, restez groupés.
Parce que, si vous voulez, le programme de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, le mieux c'est de voter pour Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Ça tombe bien, on aura des échéances électorales dans quelques mois qui vous permettront de le faire.
Et ça tombe bien parce que les législatives, on va en parler dans quelques minutes avec vous, Manuel Bompard, ex-directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, toujours député européen, toujours invité de France Info. 8h40, le fil info, Maureen Suinière, on poursuit juste après.
La France vivra moins bien si Mme Le Pen est élue présidente et elle peut gagner Martel Edouard Philippe ce matin, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron. La candidate du Rassemblement national qui poursuit sa campagne à Annières dans les Hauts-de-Seine ce matin sur le thème de la France qui travaille. L'escalade des mots du côté du président américain pour Joe Biden. Les actions menées par la Russie en Ukraine ressemblent bien à un génocide. Il estime que les preuves s'accumulent. Les autorités de la région de Donetsk affirment que l'on compte au moins 20 000 morts à Mariupol, la ville portuaire assiégée.
La commission reconnaissance et réparation a établi un barème de réparation pour les victimes de pédocriminalités dans l'église de 5 000 à 60 000 euros en fonction de la nature des actes subis, leur durée et leur fréquence également. Et à la fin, c'est encore Karim Benzema qui marque un but dans les prolongations et le français qualifie le Real Madrid pour les demi-finales de la Ligue des champions. Villarreal file aussi en demi après un match nul hier face au Bayern Munich. Et l'équipe de France féminine de foot est aussi qualifiée. Cette fois, c'est pour le Mondial 2023. 1-0 hier contre la Slovénie. France Info
Élysée 2022, les matins présidentiels. Salia Braclia, Marc Fauvel. Toujours avec l'ex-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard. Emmanuel Macron a dit qu'il avait échangé ces derniers jours par texto avec Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est exact ? Est-ce que vous le confirmez ? Et est-ce que vous pouvez nous dire de quoi ils ont parlé ?
Alors Jean-Luc Mélenchon a confirmé qu'il y avait eu effectivement un échange de SMS qui concernait le sort d'un opposant politique dans un autre pays dont je ne vais pas citer le nom pour ne pas le mettre en difficulté. Et Jean-Luc Mélenchon a demandé à Emmanuel Macron, puisqu'il est le président en exercice, s'il était en capacité de faire quelque chose pour faire en sorte de sauver la vie de cette personne. Voilà la nature de l'échange. Rien d'autre ? Non, rien d'autre.
Et je dois dire ici, très solennellement, que je trouve que la méthode qui consiste à expliquer dans les médias qu'il y a eu des échanges pour donner le sentiment que finalement nous serions dans une négociation, ou une discussion relative au deuxième tour de l'élection présidentielle est une méthode assez insupportable. Et ce n'est pas comme ça qu'Emmanuel Macron va convaincre les électrices et les électeurs qui se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon de voter pour lui au deuxième tour. Je vous le dis franchement. Quand on a des échanges de cette nature, c'est des échanges qui sont par nature confidentielle.
Essayer de les utiliser pour finalement donner l'impression qu'on discuterait ou qu'on négocierait dans les couloirs me paraît assez insupportable.
Donc à aucun moment ils n'ont parlé du second tour ?
Non, et on n'en parlera pas. Écoutez, franchement, je crois qu'on a été très clair sur la question du deuxième tour. Il n'y a pas de négociation possible, ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Justement.
Alors pas une voix pour Marine Le Pen. C'est ce qu'a dit et répété Jean-Luc Mélenchon dimanche soir. Marine Le Pen considère qu'en disant ça, Jean-Luc Mélenchon a trahi ses électeurs. Pour elle, on ne peut pas critiquer Emmanuel Macron sur sa politique antisociale pendant cinq ans et tenir ce discours-là dimanche soir. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Je lui réponds d'abord que le programme, comme je l'ai démontré d'ailleurs dans la première partie, que le programme social de Marine Le Pen à bien des égards est une imposture et que par ailleurs, nous considérons, et Jean-Luc Mélenchon l'a dit de manière extrêmement ferme, que que ce soit sur les questions sociales comme sur les autres questions, le vote pour Marine Le Pen ne peut pas être une option pour un électeur de Jean-Luc Mélenchon. Et si certains sont tentés, puisque manifestement certains hésitent, je leur dis, je vous comprends, je vous respecte, je comprends que vous soyez en colère contre Emmanuel Macron, je le suis moi-même.
Je comprends que le programme porté par Emmanuel Macron vous inquiète, il m'inquiète moi-même. Mais ne faites pas cette erreur, parce que le vote pour Marine Le Pen, il ajoute à la brutalité sociale et au mauvais programme économique, il ajoute une stigmatisation religieuse, une stigmatisation raciale, il s'adresse et il attaque une partie de la population et on ne peut pas être d'accord avec ça. Et ça ne peut en aucun cas être un choix, y compris pour battre Emmanuel Macron, de voter pour elle. Vous voterez pour qui ? Moi, personnellement, je garderai mon vote pour moi, c'est la beauté du vote, c'est pour ça qu'il y a un isoloir et une enveloppe dans laquelle on met son bulletin de vote.
Mais vous y avez voté ? Vous y avez voté, donc déjà ce ne sera pas abstention. Mais en tout état de cause, je ne voterai bien évidemment pas pour Emmanuel Macron. Et vous mettrez un bulletin dans l'enveloppe ? Bon, on verra. Je déciderai. On me repose la question, parce que vous êtes un responsable politique. Je garderai ce choix pour moi.
Vous êtes un responsable politique. Si à la veille du second tour, donc le vendredi, les sondages disent que c'est 50-50 pour Marine Le Pen et Emmanuel Macron, vous n'appelez pas clairement à voter Emmanuel Macron ?
Moi, j'agirai comme je le souhaite et comme je le dis franchement. Bien sûr, je ne voterai pas pour Mme Le Pen. Mais comprenez, après la position qu'elle amène et qui est celle des dirigeants de la France Insoumise, de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, on représente l'ensemble des électrices et des électeurs. Et on sait que parmi eux, il y a des choix différents qui vont s'exprimer. Et on les respecte tous.
C'est pour ça que vous pourriez dire je ne donne pas de consignes, mais à titre personnel, je vais voter pour...
Non, parce que je pense que faire ça, ce serait donner l'impression que je choisis. Les électeurs sont intelligents. Bien sûr, les électeurs sont intelligents et j'ai besoin de savoir quelle va être ma position de vote pour déterminer la leur.
Bon, vote blanc, abstention ou vote Macron, ce sont les trois possibilités qui sont données à la consultation des sympathisants. Elle commence quand, cette consultation ?
Elle va commencer ce matin, là sans doute vers 10h. Elle durera pendant quelques jours. Elle est ouverte à l'ensemble des personnes qui avaient appuyé, parrainé la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Que les choses soient claires, c'est une consultation qui, à la fin, donnera lieu à une publication des différents points de vue qui ont été exprimés, mais ça n'a pas vocation à déterminer une consigne de vote.
Donc en fait, vous faites un sondage dans vos...
En quelque sorte, si vous voulez. C'est un sondage, grandeur nature. Mais l'idée, c'est que ça puisse... Mais ça n'ira pas au-delà, ça ne sert qu'à ça.
On se compte.
Oui, mais pas seulement. C'est-à-dire que ça peut permettre aux gens qui s'interrogent sur ce qu'il faut faire d'avoir l'avis des autres pour déterminer leur choix aussi, en responsabilité. Ça reste un choix individuel, le vote.
Adrien Catenens, le numéro 2 du mouvement, explique que l'objectif des insoumis désormais, c'est de gagner les législatives et d'imposer une cohabitation. Ça ressemblerait à quoi, une cohabitation, avec, par exemple, Emmanuel Macron à l'Elysée et Jean-Luc Mélenchon à Matignon ?
D'abord, je pense que c'est normal, on l'a fait pour l'élection présidentielle, on le fait pour l'élection législative, que quand on commence une échéance électorale, nous, on y va toujours avec l'objectif de l'emporter. Et l'objectif de l'emporter, c'est de construire une nouvelle majorité.
L'objectif, c'est d'envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon ?
Non, l'objectif, c'est d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale. Pourquoi avoir une majorité à l'Assemblée nationale ? Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, le programme qu'on a porté dans l'élection présidentielle, aujourd'hui, il n'est pas représenté au deuxième tour de cette élection présidentielle. Et donc, il est normal qu'on dise que ce programme, il peut s'appliquer s'il y a une majorité de parlementaires qui le défendent à l'Assemblée nationale. Ensuite, est-ce que ce sera une cohabitation ? Je ne sais pas si on avait une... Ça s'appelle une cohabitation de fait si vous arrivez en tête des législatives.
Entendez bien que s'il y a une majorité pour le programme de l'Union Populaire aux élections législatives, on va se retrouver dans une situation politique assez compliquée, assez inédite. Donc, qu'est-ce qu'il en adviendra ?
Est-ce que la situation sera encore plus compliquée si c'est Marine Le Pen qui gagne ? Et est-ce que vous souhaitez également
cohabiter avec elle dans ce cas-là si vous gagnez ? Non, mais si Marine Le Pen gagne, il faudra bien évidemment essayer d'avoir un maximum de parlementaires et de députés pour mener l'opposition à la politique qui va être mise en place par Marine Le Pen.
Mener l'opposition ou prendre le pouvoir comme vous autorise à le faire la Constitution. Si vous gagnez les législatives, vous êtes la majorité.
Je comprends votre question. Je ne vais pas vous dire que si Mme Le Pen est élue, je ne souhaite pas gagner les élections. Vous êtes d'accord ? D'accord. Vous souhaitez gagner les élections
et vous prendrez le gouvernement. Dans ces cas-là, vous dirigerez
avec Marine Le Pen à l'Élysée. Bien sûr. Et ça créera une situation... Mais attendez, j'imagine que vous allez poser la question à n'importe quelle formation politique. Elle va vous répondre de la même manière que moi. Hormis s'il y a des gens qui vous disent parce que Mme Le Pen est présidente, je ne veux pas gagner les élections législatives. Non, mais d'autres peuvent nous répondre.
D'autres peuvent nous répondre. J'appelle clairement à voter Emmanuel Macron. Donc c'est un cas de figure dont je ne veux même pas entendre parler.
Ah oui, mais c'est pas parce que... Dans tous les cas, ce cas de figure, malheureusement, il existe. Donc je réponds clairement à votre question. On ne va pas tourner autour du bord. On est candidat aux élections législatives avec l'objectif d'avoir un maximum de députés. Si possible, d'être majoritaire. Pourquoi ? Pour pouvoir appliquer le programme qu'on a porté à l'élection présidentielle pour pouvoir l'appliquer dans ce pays tout simplement et changer la vie des gens.
Pour les législatives, il y a des alliances qui vont être faites avec le reste de la gauche ?
On va voir. On va en discuter. On va réfléchir. On est mercredi. Le premier tour de l'élection présidentielle a eu lieu dimanche. Ça va. On a un peu de temps en tout état de cause. Moi, je dis que les élections présidentielles, elles ont donné un signal clair. C'est que le centre de gravité aujourd'hui à gauche, il se fait sur les orientations qui sont les orientations qui ont été portées par Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. S'il doit y avoir un regroupement, je le souhaite personnellement, il doit nécessairement se faire autour de ce centre de gravité. Mais vous, par exemple,
vous êtes prêt à laisser des circonscriptions. C'est comme ça que ça se passe à d'autres parties où vous dites qu'on présente des candidats partout ?
On va en discuter. Mais écoutez, franchement, ça serait un peu indécent de se poser immédiatement cette question. il y a un deuxième tour de l'élection présidentielle. Vous n'êtes pas au contour. Par exemple,
vous avez envoyé deux courriers aux écologistes avant le premier tour. Ils ne vous ont jamais répondu dans le cadre de ces législatives.
Donc c'est à eux. Vous voyez bien qu'il faut poser la question de savoir s'ils souhaitent maintenant nous répondre puisqu'ils ne nous ont pas répondu pour l'instant. Si Julien Ballou vous appelle là ou Yannick Jadot, vous décrochez. Vous parlez. Bien sûr.
Si Fabien Roussel vous appelle, même si ça n'a pas été le cas depuis dimanche,
vous parlez. On est favorable à faire en sorte qu'il puisse y avoir éventuellement un regroupement autour du programme qui a été porté par Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle et autour, puisqu'on est tous les différents candidats que vous avez évoqués favorables à la proportionnelle, autour des résultats tels qu'ils ont été ceux choisis par les électrices et les électeurs au premier tour de l'élection présidentielle.
Du coup, c'est plus facile de dire ça pour vous.
Ce n'est pas moi qui ai décidé qu'ils fassent moins de 5%. C'est les électrices et les électeurs. Je n'en suis pas responsable. Mais quand on est favorable à la proportionnelle dans les élections, nous on propose de l'appliquer pour les élections législatives.
Je repose la question pour essayer d'être parfaitement clair. Un accord éventuel avec les communistes, oui ou non ? Oui. Un accord éventuel avec les écologistes, oui ou non ?
Oui, à partir du... Avec les socialistes, oui ou non ? Les socialistes, c'est un peu plus compliqué parce que pour l'instant, moi j'ai écouté... Non mais je veux dire, ce n'est pas que moi qui décide. J'ai écouté quand même ce qu'ils disent depuis dimanche. Ils disent qu'il ne peut pas être question, que Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas le sujet, que Jean-Luc Mélenchon, on ne peut pas travailler avec lui. Donc ça, c'est à eux de clarifier leur position sur le sujet. Je vous dis, est-ce qu'on y est favorable dans l'esprit, dans l'idée ? Bien évidemment, oui. Maintenant, vous savez très bien qu'il ne suffit pas d'y être favorable.
Est-ce qu'eux sont d'accord pour que ce regroupement se fasse autour du programme qui a été porté par Jean-Luc Mélenchon et qui a récolté 22% des suffrages ?
Et Jean-Luc Mélenchon, lui-même, sera candidat aux législatives ?
Il décidera et il vous dira quand il aura décidé ce qu'il fera. À ma connaissance, la décision n'est pas prise à cette heure.
On a lu dans la presse, mais peut-être est-elle mal informée, Manuel Bompard, que son choix d'être candidat ou non dépendait de l'élection ou non de Marine Le Pen. C'est vraiment ça ?
Écoutez, moi, j'ai lu depuis dimanche soir beaucoup de choses dans la presse. Vous êtes bien informé
parce que la même presse dit que c'est vous qui pourriez récupérer son siège à Marseille. A priori, je ne suis pas mal informé.
Oui, j'espère. Et dans tout ce que je lis et de tout ce que j'entends, je vois beaucoup de bêtises, beaucoup de rumeurs et je mets tout le monde en garde en leur disant franchement, le plus simple, si vous voulez avoir des informations, c'est d'attendre que les gens décident et vous disent ce qu'ils vont faire.
Il ne le dira pas avant le second tour ?
Je ne sais pas. Il décidera et il vous dira au moment où il aura décidé. S'il revient un jour sur France Info,
mais ça fait très longtemps. On ne les espère pas. Peut-être un jour. 8h50. On a fait un match et un. Oui, oui, à la réunion. 8h51. 8h51. Le fil infos avec Maureen Suignard et la suite de cet entretien avec Manuel Bompard dans un instant.
Une nouvelle prise de position ce matin en vue du second tour de la présidentielle. Pas une voix pour l'extrême droite, affirme le secrétaire général de la CGT. Philippe Martinez n'appelle pas pour autant à voter pour Emmanuel Macron. Le président sortant qui se dit ce matin favorable au septennat et pas opposé à la proportionnelle intégrale. Proposition des Insoumis. La France Insoumise n'a rien à négocier avec Emmanuel Macron. Dans le cadre du second tour, affirme ce matin sur France Info, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il l'appelle à abandonner sa réforme des retraites.
La police new-yorkaise lance un appel à témoins et tente toujours de retrouver l'homme qui a déclenché des fumigènes dans le métro de la ville américaine hier. Il a ensuite tiré sur des voyageurs, 23 blessés au total. On ne connaît pas les motivations de cet homme d'une soixantaine d'années qui est donc toujours recherché. Un tiers des livreurs en moins chez Just Eat. La plateforme de livraison de repas va se séparer de ses livreurs embauchés en CDI. Elle ne parvient pas à trouver un modèle rentable. Elle qui avait vanté son modèle plus protecteur que ses concurrents.
Toujours avec Manuel Bompard,
l'ex-directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon qui ne s'est pas exprimé depuis dimanche soir où il a dit « Alors bien sûr, les plus jeunes vont me dire qu'on n'y est pas encore arrivé. C'est pas loin, mais faites mieux. Merci. » Ça voulait dire quoi ?
Ça voulait dire que ce n'est pas un scoop. Jean-Luc Mélenchon a dit dans cette campagne présidentielle que ce serait a priori sa dernière campagne présidentielle. A priori toujours ? C'est ce qu'il a dit en tout cas. Il a dit dimanche, je pense qu'il a répété ça, qu'à la prochaine élection présidentielle, ce ne serait sans doute pas le candidat. Il serait adressé aux plus jeunes qui étaient dans la salle en leur disant « On n'a pas réussi cette fois-ci à se qualifier au deuxième tour. Faites mieux la prochaine fois. »
Les insoumis peuvent exister sans Jean-Luc Mélenchon ?
Mais ce n'est pas parce qu'on n'est pas candidat à l'élection présidentielle de 2027 qu'on disparaît du paysage politique. Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit « Je mets un terme à mon engagement politique. » Il ne le fera pas. Jean-Luc Mélenchon, il sera présent dans les prochaines échéances. Et je ne sais pas encore à quelle place. Il le décidera lui-même. Mais il ne va pas partir demain. Ce n'est pas comme ça que ça va se présenter.
Par ailleurs, par contre, Jean-Luc Mélenchon, et ça je pense qu'on peut lui rendre hommage pour ça, a contribué depuis dix ans à faire grandir une formation politique nouvelle, à faire émerger des figures politiques nouvelles, de telle sorte qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur l'avenir. Il y a une quinzaine, une vingtaine de personnes qui sont suscénitibles de pouvoir défendre nos couleurs.
À quel moment et sous quelle forme se réglera la question de la succession ? Il y aura un vote des militants, il y aura une primaire. À gauche, je vous demanderai à tous les électeurs du premier tour de la présidentielle de revenir voter. Vous avez conscience que vous êtes quand même
en train de m'interroger aujourd'hui, en 2022, sur la manière avec laquelle on va choisir notre candidat pour l'élection présidentielle de 2027 ? Si, c'est un peu ça que vous êtes en train de me demander.
Dans les prochains mois, est-ce que Jean-Luc Mélenchon a vocation à rester à la tête de votre mouvement ? C'est ça la question ?
On a beaucoup de choses à réfléchir. Comment on va organiser ce mouvement nouveau ? Quand vous dites « on », c'est lui en fait. Non, collectivement. Écoutez, nous, on se réunit chaque semaine avec les parlementaires, les députés européens. On fait le point, on la fait pendant la campagne.
Vous le sentez qu'il a envie de raccrocher ou pas ?
Non, Jean-Luc Mélenchon, il aura un rôle, une mission, il aura une fonction importante.
Ce ne sera pas le vieux sage des insoumis, une sorte de jospin insoumis ?
Non, mais attendez, un candidat qui vient de faire 22% des voix à l'élection présidentielle, ce n'est pas quelqu'un qui va vous dire « Ah, maintenant, je ne m'occupe plus de rien. » Donc, Jean-Luc Mélenchon, il aura un rôle extrêmement actif dans les prochains mois et dans les prochaines semaines. Mais pour autant, il y a aussi d'autres figures, d'autres personnalités qui vont continuer leur travail, notamment dans les élections législatives et après.
Et je suis fier d'être entouré d'une quinzaine, d'une vingtaine, d'une trentaine, j'espère demain, d'une centaine de parlementaires qui ont beaucoup de talent, beaucoup de qualités et qui seront en mesure de mener toutes les batailles qu'on aura besoin de mener dans les prochains mois et dans les prochaines années.
Emmanuel Bompard, dimanche dernier, le Rassemblement National a interdit l'accès à son QG à plusieurs journalistes, dont ceux de Quotidien. Je suis chez moi,
je ne sais pas quelle est la nature des relations entre Marine Le Pen et ses journalistes. Mauvaise. Pardon ? Mauvaise, s'il fallait le résumé. Non, mais je ne sais pas qu'est-ce qu'elle leur reproche.
Elle dit que c'est une émission qui n'est pas une émission d'information, mais d'animation, de divertissement et qu'elle peut choisir les journalistes qui viennent ou pas couvrir sa campagne.
En tout cas, je ne peux répondre que pour la campagne qu'on a menée et il me semble que dans la campagne qu'on a menée, l'ensemble des journalistes, l'ensemble des personnes qui voulaient participer aux différentes missions qui étaient différents déplacements, aux différents meetings ont été très bien accueillis chez nous. Et si on devait continuer, ça serait le cas.
Vous aviez, vous aussi, interdit l'accès à vos meetings en 2019, à cette même émission d'ailleurs. Vous le regrettez aujourd'hui ?
Non, mais je ne veux pas faire d'analogie avec la situation de Mme Le Pen que je ne connais pas. Je dois juste vous dire qu'effectivement, nous avons eu parfois des difficultés avec certains journalistes de cette émission qui avaient des pratiques et des méthodes qui étaient un petit peu difficiles, qui ne respectaient pas les consignes de sécurité et ça a pu donner lieu dans certains moments à des explications un peu franches. Bon, voilà, parce que quand vous venez dans un déplacement, dans un meeting, dans un événement, il est normal, bien sûr, de pouvoir faire sa liberté d'informer mais en même temps de respecter les consignes de sécurité. Vous en êtes d'accord aussi ?
Voilà, maintenant, dans cette campagne, ça s'est très bien passé. J'espère que ça se passera bien à l'avenir aussi. Puisqu'on parle des journalistes, pardon, Salia.
Justement, la question des journalistes, toujours les deux finalistes, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont refusé qu'Anne-Sophie Lapix présente le débat d'entre deux tours. Si Jean-Luc Mélenchon avait été qualifié, il aurait dit quoi ?
Bon, il n'aurait pas dit ça parce que nous, on n'a pas de difficultés. D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, s'est rendu sur le 20h de France 2 à l'invitation d'Anne-Sophie Lapix. Après, la règle dans un débat de deuxième tour de l'élection présidentielle, c'est que les deux candidats donnent leur accord sur les journalistes qui présentent ce débat. Ça s'est toujours, à ma connaissance, déroulé comme ça.
C'est normal que ce soit les politiques qui choisissent les journalistes ?
Non, c'est pas ce que je suis en train de vous dire mais sauf erreur de ma part sur l'ensemble des débats d'entre deux tours de l'élection présidentielle. Ça s'est toujours déroulé de cette manière qu'il y a un accord de l'ensemble des candidats sur les journalistes qui le présentent. En ce qui me concerne, je n'ai pas de difficultés avec Mme Lapix. Je ne sais pas pourquoi ils ont eu de difficultés avec elle. Mais à la limite, je vais vous dire, ce n'est pas vraiment mon problème aujourd'hui.
Merci à vous, Manuel Bonpart, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon qui ne sera donc pas le sage des insoumis. Vous nous l'avez dit ce matin. Il va continuer à jouer un rôle dans votre parti et pour les législatives qui approchent dans un mois et demi. Merci beaucoup. Vous étiez ce matin invité de France Info. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Merci à vous.
Manuel Bompard