David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, invité de Céline Landreau sur RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39FerméeÉludée
À qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça ?
- 1:26RelanceRéponse partielle
Mais vous n'avez pas répondu à ma question. À qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Vous avez des premiers retours de cette lettre qu'a adressée le Premier ministre ?
- 3:52FerméeÉludée
À qui vous allez demander des efforts en priorité ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Est-ce que ça, c'est toujours un sujet qui est sur la table ? Est-ce que vous avez fixé le seuil de ces pensions qui ne seraient pas réindexées ?
- 5:02OuverteRéponse partielle
Est-ce que la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est aussi sur la table ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33PrésentateurChiffre
« Un taux d'intérêt de la dette qui grimpe, plus de 4% désormais. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Avant même 2030, la totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une chose, c'est à payer les charges d'intérêt. »
- 10:44Invité politiqueChiffre
« Il y a eu un accès à un certain nombre d'informations pour près de plus de 600 000 particuliers et professionnels. »
Temps de parole
- David Amiel63 %
- Présentateur31 %
- ?6 %
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RTL Matin, Céline Landreau. L'invité d'RTL à 7h40, des taux d'emprunt et une tête qui s'envole. Des opposants qui promettent de censurer le futur budget, des données du fisc piratées par des hackers. Rentrée agitée pour le gouvernement et particulièrement pour le ministre de l'Action et des Comptes Publics que vous êtes. Bonjour David Amiel. Bonjour. Et merci d'être sur RTL ce matin, juste avant le Conseil des ministres de rentrée auquel vous allez participer tout à l'heure. Rentrée marquée par la préparation du futur budget dans un contexte économique morose. Un taux d'intérêt de la dette qui grimpe, plus de 4% désormais. Une dette donc qui se creuse encore.
A
qui allez-vous demander des efforts
? Vous
avez d'abord raison de le rappeler. La hausse forte des taux d'intérêt qu'on observe dans le monde entier, mais qu'on observe aussi malheureusement en France, c'est un coup de semence. On a changé de monde, y compris par rapport à ce qu'on vivait il y a quelques années. Y compris par rapport au printemps dernier, quand on subissait le déclenchement de la guerre dans le détroit d'Hormuz. Aujourd'hui, si on dépense 100 euros sans le financer, ça coûtera ensuite 140 euros
à
rembourser.
Dans
quelques années, avant même 2030, la totalité de l'impôt sur le revenu
ne
servira plus qu'à une chose, c'est à payer les charges d'intérêt.
C
'est-à-dire, au fond, enrichir les créanciers. C'est la raison pour laquelle il faut évidemment qu'on arrête cette machine infernale.
Donc ça, c'est pour le tableau noir que vous dressez, l'exercice de pédagogie. Mais vous n'avez pas répondu à ma question. À qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça
?
D'abord, il faut que les partis politiques à l'Assemblée nationale fassent preuve de responsabilité. Vous le savez, on n
'a
pas de majorité à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre
a
adressé ce week-end une lettre extrêmement claire
qui
rappelle...
Une lettre de
capage à tous les parlementaires.
Exactement. Qui rappelle l'essentiel. C'est-à-dire que s'il n
'y
a pas de budget pour l'année 2027, alors on ira vers une catastrophe économique pour notre pays. Énormément de secteurs économiques tourneraient à l'arrêt. Notre déficit exploserait. Et ces deux éléments sont publics. Ils ont été documentés par l'Inspection générale des finances et par le Conseil de l'État. Pas besoin de me croire sur parole. Ils sont accessibles sur Internet pour tout le monde.
C
'est-à
-dire que pour être
très clair, s'il n
'y
a pas de budget adopté, le rapport de
l
'Inspection générale des finances estime que le coût d'une loi spéciale, ce serait 15 milliards d'euros supplémentaires.
Exactement. Et ce compromis politique, ça ne peut pas être le n'importe quoi budgétaire. Parce qu'évidemment, ce serait la facilité pour les partis politiques de mettre la tête dans le sable, de dire attendons l'élection présidentielle, faisons un accord à minima, laissons filer les déficits. Mais ça,
dans
l'environnement économique que je rappelais à l'instant, ce serait extrêmement dangereux. Et nous, on ne sera jamais des ponce-pilates budgétaires.
Donc vous appelez
tous les parlementaires à la responsabilité. Ça,
on
l'a compris. Les Insoumis ont déjà annoncé hier qu'ils voteraient la censure. Vous avez des premiers retours de cette lettre qu'a adressée le Premier ministre
?
J'ai vu des réactions ce week-end. Je n'attendais évidemment pas grand-chose des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon lui-même fait maintenant des promesses qui relèvent davantage de la pensée magique qu'autre chose. Autant connaissez les talents d'orateur de Jean-Luc Mélenchon.
On
lui découvre ce week-end des talents de magicien. Il pense qu'il suffit de rayer la dette d'un trait de plume. Je crois que les chroniques se sont multipliées, y compris à votre micro, pour montrer que ça n'avait absolument aucun sens et que ça construirait en réalité à une catastrophe financière. Donc je n'attendais rien de
la France Insoumise. Et les autres, ils
vous ont répondu ?
En
revanche, j'attends des partis de gouvernement, des partis de la droite républicaine, des partis de la gauche républicaine, des partis du bloc central qu'on puisse entendre pour construire ce compromis. Mais je le redis, un compromis qui évidemment ne soit pas un n'importe quoi budgétaire et qui permette de continuer à poursuivre les efforts de réduction du déficit que l'on mène depuis 2025.
Donc vous attendez la réponse responsable. Vous l'espérez des parlementaires. Eux attendent peut-être de savoir ce que vous allez décider, ce que vous allez proposer dans ce budget. Et je répète une nouvelle fois ma question, à qui vous allez demander des efforts en priorité ? Vous avez vous-même ouvert la porte d'une non-indexation des pensions de retraite d'une certaine partie des retraités. Est-ce que ça, c'est toujours un sujet qui
est
sur la table ? Est-ce que vous avez fixé le seuil de ces pensions qui ne seraient pas réindexées ? 2 000, 3 000 euros, on a vu des chiffres circuler.
C'est un débat qui sera évidemment incontournable. Vous savez, en 2024, l'augmentation pour 100% des retraités, de 100% des retraites,
elle
nous coûte
15
milliards d'euros
chaque
année.
C
'est plus que le budget
du
ministère de la Justice.
Et
c'est la raison pour laquelle ce débat existe. Parce que dans la période dans laquelle on est, dans la période dans laquelle il faut faire des choix d'urgence absolue, des choix d'urgence qui ne peuvent pas être financés par le déficit, il y a des choix évidemment difficiles à faire. Et les efforts, ils devront être généraux dans le cadre du budget. En ce qui concerne les paramètres précis, les questions précises que vous me posez, et l'ensemble des questions qu'elles relèvent des retraites ou autres, elles seront arbitrées par le Premier ministre et présentées très prochainement.
Mais
c'est donc toujours une piste sur la table
? Le
Premier ministre aura l'occasion de rendre ses arbitrages prochainement.
Bon, donc on n'a pas de réponse ce matin sur les retraites. Est-ce que la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est aussi sur la table ? Le MEDEF fait sa rentrée cette semaine. J'imagine que les patrons sont sensibles à cette décision
?
Je le disais, les arbitrages structurants pour le budget, et c'est normal, seront présentés par le Premier ministre. Dans un contexte
où
tous,
tous
devront faire des efforts. Des efforts pour quoi ? Des efforts pour financer des politiques publiques essentielles. Je pense à celles qui concernent l'avenir de notre pays.
Et
dans les
premiers
éléments de budget que j'ai eu l'occasion de présenter au Parlement, au mois de juillet dernier,
il
y a deux augmentations essentielles.
La
défense et la transition écologique. Et je crois que c'est un symbole de ce qu
'on
doit faire aussi dans le cadre de ce prochain budget. C'est-à-dire faire des efforts, faire tous des efforts pour pouvoir préserver les investissements indispensables dans l'avenir.
Raphaël Glucksmann, qui s'est déclaré candidat officiellement hier, propose lui de taxer les super-héritages. Alors, dans son esprit, ça permettrait d'augmenter les salaires en baissant les prélèvements sociaux. Est-ce que ça, c'est des pistes aussi que vous pouvez mettre sur la table, même si on entend que rien n'est tranché, rien n'est tabou non plus
? J
'ai entendu la proposition Raphaël Glucksmann, elle ne vise pas à réduire le déficit, ce qui j'ai bien compris,
elle vise à faire réforme dans
le cadre de
l
'élection présidentielle. Il y aura des débats sur cette question-là. Moi, je pense que tous les débats qui permettent d'augmenter les salaires nets dans le cadre de la présidentielle sont légitimes. L'urgence dans le cadre du budget de 2027, c'est d'éviter une dérive très grave des finances publiques, de continuer à réduire les déficits, demander des efforts aux plus fortunés, on l'a déjà fait dans les budgets précédents, ceux de 2024, ceux de 2025, c'était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple. Ça fera évidemment partie des débats légitimes, mais ça ne doit pas nous détourner de l'essentiel, c'est-à-dire les économies budgétaires.
David, je rappelle que vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics. Est-ce que vous êtes certain, dans ce contexte que vous nous décrivez, de pouvoir tenir la promesse de Sébastien Lecornu ? Pas de hausse d'impôts
?
Je le disais à l'instant, notre priorité absolue, c'est de réduire le déficit. Et pour cela, la première chose à faire, c'est de faire des économies budgétaires. Parce que souvent dans ce pays,
tout
est
prétexte à différer, reporter, enterrer les économies budgétaires. Certains disent qu'il suffit d'augmenter les impôts dans le pays qui est d'ores et déjà le plus imposé d'Europe. D'autres prétendent que la dette n'est pas un problème. D'autres voudraient qu'à chaque crise, on abandonne les efforts de consolidation budgétaire. Je crois que notre pays souffre de ça, donc concentrons-nous d'abord sur les économies budgétaires.
Les entreprises qui attendront vos arbitrages, les entreprises inquiètent aussi pour leur sécurité informatique. La facturation électronique va devenir obligatoire pour nombre d'entre elles dès le 1er septembre. En clair, les factures devront avoir un format numérique normé, passer aussi par des plateformes agréées par l'État. Officiellement, c'est pour garantir leur sécurité et transmettre automatiquement les données au fisc. Garantir la sécurité, est-ce que vous le pouvez vraiment aujourd'hui dans le contexte des cyberattaques qu
'on
connaît
? D
'abord, pourquoi est
-ce
qu'on fait cette réforme de la facturation électronique ?
C
'est-à
-dire
permettre, ce que vous avez rappelé à toutes les entreprises, de facturer avec les mêmes standards. C'est pour simplifier la vie de tout le monde. C'est ce qui va permettre de réduire les délais de paiement. Et vous savez à quel point ça empoisonne la vie des PME. C'est ce qui va permettre de réduire les temps administratifs pour les chefs d'entreprise. C'est ce qui va permettre de lutter contre la fraude à la TVA sans multiplier les contrôles tâtillons qui, là aussi, empoisonnent
la vie. Avec un histoire
de récupérer 2 à 3 milliards d'euros par an, c'est ça ?
Oui, et sans avoir des contrôles tâtillons sur l'immense majorité des entreprises qui respectent bien évidemment les règles. C'est la raison pour laquelle les organisations patronales ont été très engagées dans la préparation et la mise en place de
cette réforme. Mais on a les
moyens de sécuriser toutes les données de ces entreprises qu'elles vont vous confier demain ?
Mais le plus important, c'est la preuve. Est-ce que cette réforme a marché là où elle a été mise en avant
? Oui. Les
Belges, les Italiens ont mis en oeuvre la facturation électronique et ça a fonctionné.
Mais je pourrais vous
répondre que peut-être que leurs systèmes informatiques sont mieux sécurisés que ceux de la France,
en avis, les cyberataires. Les
exigences de sécurité qu'on a demandées aux plateformes agrées sont supérieures à ce qui existe en Italie et en Espagne. Et j'aurai l'occasion ce mercredi à Bercy de convoquer l'ensemble des plateformes agrées pour renforcer encore les exigences de sécurité dans le contexte que vous évoquez. Et puis je voudrais aussi être très clair, le 1er septembre, ce n'est pas une date coup près, c'est
au
fond
le
début, le coup d'envoi
de
cette réforme de la facturation électronique.
Ça veut dire pas de sanctions ? Ça
veut dire que,
évidemment, d'ici à la fin de l'année 2026, il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise. On sera extrêmement pragmatique. L'idée est d'accompagner progressivement les entreprises dans l'adoption de la facturation électronique.
Et on rappelle que le délai,
ce
n
'est
pas le 1er septembre, pour toutes les entreprises, pour les TPE, PME,
ce
sera seulement
septembre
2027. Je voudrais revenir quand même au piratage des données. On en a parlé de la Direction générale des finances publiques. Vous avez présenté vos excuses aux contribuables. Certains d'entre eux sont appelés à payer leurs taxes foncières à partir d'aujourd'hui.
Ils
peuvent le faire sans crainte
? Oui,
car ce qui a été attaqué par
le
cyberattaquant ne concernait pas le paiement des impôts. Il n
'y
a pas d'impôt qui aurait été détourné, d'avis d'imposition qui aurait été modifié. Il y
a
eu un accès à un certain nombre d'informations
pour près
de plus de 600 000 particuliers et professionnels
qui
concernaient par exemple, on parle d'informations fiscales, le revenu fiscal de référence.
Pas
la composition de votre revenu, mais enfin
le
revenu fiscal de référence. Mais jamais, jamais le paiement de l'impôt n'a été perturbé.
Un
mot peut-être pour finir David Amiel de notre sondage à Ress Interactive. Toluna pour RTL et M6, il donne Marine Le Pen gagnante ce matin dans tous les cas de figure au second tour et dans la plupart des hypothèses après un second tour face à Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous redoutez l'effacement du bloc central de votre famille politique en 2027
? La
première chose que je redoute, c'est la victoire de Marine Le Pen. Parce que ce que montrent les sondages que vous évoquez, c'est
qu
'aujourd'hui,
Marine
Le Pen, l'extrême droite, est extrêmement bien positionnée pour l'élection présidentielle. Je pense que ce serait une catastrophe pour notre pays.
Une
catastrophe pour les finances publiques, le programme
Marine
Le Pen serait une catastrophe.
On
voit à quel point même sur la question des retraites, le Front National n'arrive toujours pas à dire ce qu'il compterait faire. Une catastrophe évidemment sur le plan européen, sur le plan des alliances internationales. Une catastrophe pour la cohésion de notre pays. Et je crois que ça, bien au-delà de ma famille politique, bien au-delà de mon parti politique, ça devrait tous nous interpeller avec une question. Comment faire pour que les classes populaires et les classes moyennes, qui sont aujourd'hui tentées par le vote du Rassemblement National, aient une autre voie d'espoir ?
Merci David
et Daniel.
Vous restez avec nous si vous le voulez bien, puisque Alex Vizorek est là. Bonjour Alex.
Bonjour Céline
Angro.
L
'œil d'Alex
Vizorek.
David Amiel