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interviewC dans l'air· 8 juillet 2026 13 min

Marine Le Pen : candidate, et déjà en campagne...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Appelez le 0 800 05 06 07. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". M.Le Pen est partie en campagne dès ce matin dans la Sarthe aux côtés de J.Bardella.

La cheffe de file du RN sera donc candidate pour la 4e fois à l'élection présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation. Nous allons en parler avec J.-F.Copé.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes maire de Meaux.

Dans votre dernier livre, "Quand les populistes trahissent le peuple", vous vous attaquez aux charlatans du populisme. Vous dénoncez l'imposture. Avant de vous entendre sur la 4e candidature de M.Le Pen, je voudrais que vous écoutiez ce qu'elle disait ce matin. - M.Le Pen: Je ne joue pas la montre.

Je suis une citoyenne qui use de ses droits, des droits que l'Etat de droit offre à tout justiciable. Par conséquent, j'effectue un pourvoi car je suis innocente des faits qui me sont reprochés. Je saisis la Cour de cassation pour lui soumettre un problème juridique extrêmement sérieux.

Je vous rappelle que la cour d'appel m'a rendu mon éligibilité. - C.Roux: Elle se présente comme une candidate innocente. - J.-F.Copé: Oui.

C'est très amusant, d'ailleurs. Le verbatim est intéressant à décrypter. Elle dit "l'Etat de droit que mes adversaires ont à la bouche".

Sous-entendu, elle ne considère pas que l'Etat de droit est naturel dans la doctrine qui est la sienne. Elle a passé son temps à cogner l'Etat de droit, y compris en première instance, en fracassant la décision de justice et les magistrats. Elle montre une nouvelle fois qu'à l'extrême droite, comme à l'extrême gauche, on instrumentalise la justice en fonction de la décision que celle-ci prend.

La réalité derrière tout ça, c'est qu'effectivement, elle va pouvoir se présenter. Ce qu'on demande, c'est qu'elle ne donne plus de leçons de morale. Ca fait 30 ou 40 ans qu'elle explique qu'elle incarne l'intégrité et l'honnêteté, comme son père.

Là, qu'on le veuille ou non, elle est fortement condamnée en appel. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle s'est essuyé les pieds sur toutes les leçons de morale qu'elle a données. - C.Roux: Pas de charge contre la République des juges, cette fois-ci, pas de sortie contre la chasse aux sorcières des magistrats.

Les magistrats lui ont laissé la liberté de se présenter. Le fait Qu'elle puisse y aller, quel regard vous portez? Qu'elle puisse choisir de se présenter... - J.-F.Copé: Je ne commente jamais les décisions de justice, au sens où je ne dis jamais si une décision est bonne ou mauvaise.

Ce qui est intéressant à étudier, c'est que les juges ont considéré que le contexte électoral? Et donc la liberté pour les citoyens d'apprécier la candidate qu'est madame Le Pen, leur est rendue. Ca veut dire que les Français, qui sont si exigeants en matière de morale, vont avoir à choisir.

Il faut qu'ils intègrent que cette candidate est l'objet d'une condamnation très grave. - C.Roux: Vous pensez que ça pèse encore?

Selon un sondage, 51 % des Français et 63 % des sympathisants RN approuvent son choix, approuvent le choix qu'elle soit condamnée mais candidate. - J.-F.Copé: Il y a beaucoup de choses dans ce sondage. 51 %, ça veut dire qu'il y a 49 % qui n'approuvent pas.

Je note 63 % d'électeurs RN seulement. Ma 2e remarque, c'est que je pense qu'en fin de compte, cette campagne va être une campagne de vérité comme on n'en a pas vu depuis longtemps. - C.Roux: Pourquoi vous dites ça? - J.-F.Copé: Pour la 1re fois, nous qui sommes totalement opposés et qui allons nous battre jusqu'au bout pour empêcher que les extrémistes LFI ou RN parlent de la France, pendant toute cette année, on va dire aux Français: "C'est vous qui voyez.

En connaissance de cause, vous allez pouvoir, pendant un an...

Pendant tout ce temps de campagne, on va tout mettre sur la table." Madame Le Pen ne va pas pouvoir faire campagne parce qu'on ne va pas la laisser faire. - C.Roux: Pourquoi elle se priverait de faire ça? - J.-F.Copé: Je dis "nous" car nous sommes beaucoup, plus ou moins silencieux.

Mais on va devoir se lever, en appeler à la résistance. On va dire à M.Le Pen: "Ca ne marche plus.

Qu'est-ce que vous proposez pour les retraites? Vous voulez couler le pays? Qu'est-ce que vous proposez sur la sécurité, à part dire en permanence les mêmes refrains, sur l'immigration, sur les finances publiques, vous qui augmentez les impôts tous les 4 matins?" Il va falloir qu'elle s'explique. - C.Roux: C'est qui, "nous"? - J.-F.Copé: C'est toutes ces personnalités qui sont issues de la droite au gouvernement.

Dans mon livre, j'ai voulu opposer les partis populistes aux partis de gouvernement. Les partis de gouvernement, c'est toujours moins sexy, plus difficile. Il faut démontrer, expliquer.

On essaie de montrer que le réel est complexe. Les populistes, c'est des charlatans. Ils disaient: "On va tout régler." Nous, on propose une rupture pour l'avenir de nos enfants. - C.Roux: Le problème, c'est que ça marche dans les sondages.

Dans votre livre, vous écrivez que M.Le Pen et J.-L.Mélenchon vendent des remèdes miracles...

C'est bien ça, le problème. Avec un discours pour dire qu'ils ont tout mal fait, qu'ils ont mis le pays dans le mur, qu'ils proposent un miracle, mais quand on regarde les enquêtes d'opinion, M.Le Pen plus J.-L.Mélenchon, ça fait 1 Français sur 2. - J.-F.Copé: C'est la raison pour laquelle il va falloir qu'on aille projet contre projet et qu'on mette la lumière sur tout ce qu'on a fait de bien.

On a perdu cette bataille de récit. Je le rappelle dans mon livre: il y a aussi des choses formidables faites par les partis de gouvernement. Cela fait que la France, malgré toutes les réformes qu'on doit faire, les décisions qu'on doit prendre, les choses qu'on a échouées, est un paradis. - C.Roux: Vous pensez que les Français peuvent l'entendre? - J.-F.Copé: C'est notre responsabilité de tout mettre sur la table, et après, à chacun de choisir.

S'ils ont envie de voter pour Le Pen ou Mélenchon, dont les propositions sont dingues, complètement irresponsables...

C'est une préférence absolue pour le présent, la radicalisation. Ils le feront, et après, ils n'auront plus que leurs yeux pour pleurer. C'est notre responsabilité de le dire.

Nous, qu'est-ce qu'on propose, à droite? On propose une réforme des retraites pour l'avenir des enfants. - C.Roux: J'ai l'impression que vous l'avez tellement dit... - J.-F.Copé: Bien sûr.

Sauf qu'on ne l'a pas toujours fait. C'est ça qui nous est reproché. On ne peut pas me taxer d'être un centriste mou.

On a 10 ans de politique de Macron, avec des choses intéressantes, mais malheureusement, le fameux "en même temps", qui a coulé ce pays dans le 2e quinquennat en matière de finances publiques, de sécurité...

Je ne vais pas endosser cette responsabilité. Ce n'est pas parce qu'un certain nombre de personnalités ont gouverné avec Macron qu'on doit se prendre tout ça. Ce qu'il faut qu'on fasse maintenant, c'est une politique de droite de gouvernement. - C.Roux: C'est ça que vous dites à E.Philippe? - J.-F.Copé: Je le dis à tous les candidats. - C.Roux: A lui en particulier? - J.-F.Copé: Je l'ai aussi dit à B.Retailleau.

Avec B.Retailleau, j'ai une divergence fondamentale. Il a dit clairement qu'il ne mettait pas un signe égal entre LFI et le RN.

Pour moi, c'est un problème majeur. Comme je l'ai démontré dans mon livre, la nature même de ces 2 partis, c'est d'être populistes. On ne peut pas composer avec des populistes.

Regardez l'état du Parti socialiste, qui s'est allié avec LFI. Si on tombe dans ce panneau avec le RN, on est fichus, et la France aussi. - C.Roux: Vous êtes à J-1 avant la rupture avec B.Retailleau? - J.-F.Copé: Pourquoi? - C.Roux: Je ne sais pas.

Chaque jour, quand vous prenez la parole, on sent qu'il y a des différences entre vous. - J.-F.Copé: Si j'étais le seul, ce ne serait pas grave, mais le problème, c'est qu'on est nombreux à avoir de vraies interrogations.

Regardez ce que disent V.Pécresse, M.Barnier, X.Bertrand et d'autres.

Notre ADN, celui de J.Chirac, c'est de dire que la politique qu'on mène est une politique de droite qui ne fait aucune concession vis-à-vis de l'extrémisme, jamais, notamment du double langage. Je suis désolé...

J'ai une vraie divergence là-dessus. Je ne vois pas pourquoi ce serait lui qui aurait raison et moi tort, ou l'inverse. C'est une divergence structurelle. - C.Roux: Généralement, ça se solde par un divorce, une divergence. - J.-F.Copé: On verra bien.

J'espère que les 3 principaux candidats de droite au gouvernement, avec leurs nuances, que ce soit G.Attal, B.Retailleau ou E.Philippe, comprendront qu'il faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat à la fin. - C.Roux: Dans votre livre, vous dites que la droite doit avancer sur l'ordre et le progrès.

C'est ce que vous avez entendu dans le meeting d'E.Philippe ce week-end? - J.-F.Copé: Oui, et je m'en suis réjoui.

Ca prouve qu'il peut y avoir des comptabilités et on en a besoin. J'ai entendu E.Philippe avoir un discours assez construit sur le fait de dire que la droite, ça doit être à la fois l'ordre dans la rue et les comptes, et le progrès.

On n'est pas des réacs. On a rien à voir avec le RN. On croit au progrès du numérique.

On n'est pas dans des logiques restrictives et radicales. Et puis, on est des maires. On sait qu'il faut parler à tout le monde, sur le terrain.

Cette marque de fabrique m'a paru très intéressante. - C.Roux: Vous considérez que M.Le Pen est une candidate plus dangereuse que J.Bardella? - J.-F.Copé: J'en sais rien.

Je m'en fiche un peu. On ne choisit pas ses adversaires. Il y a, des 2 côtés, des plus et des moins.

En vérité, l'extrême droite, c'est l'extrême droite. - C.Roux: Vous ne voyez pas de divergences sur le fond entre les deux? - J.-F.Copé: Qu'ils se débrouillent.

On ne va pas les aider à se réconcilier. - C.Roux: Je pensais à la ligne politique et à la ligne économique. - J.-F.Copé: Est-ce que J.Bardella a une ligne politique et économique?

Je n'en sais rien. - C.Roux: Vous pourriez dire que vous considérez que c'est une candidate plus dangereuse, parce qu'elle a plus d'expérience dans une présidentielle. - J.-F.Copé: Je pense surtout que l'extrême droite et l'extrême gauche sont favorites dans cette élection et que nous sommes challengers.

En vérité, il faut qu'on arrive à retrouver une dynamique. Elle a des atouts dans son jeu, mais elle est très socialiste. Elle est très nationaliste, très socialiste.

Nous, pas du tout. On peut en parler. - C.Roux: Ce fameux "nous", on n'arrive pas à savoir à quoi ça va ressembler.

Et à quelle échéance... - J.-F.Copé: On peut en parler.

Ce sera, j'espère, à la fin de l'automne. Il est capital qu'à la fin de l'année 2026, les Français puissent se dire qu'ils vont partir, pour leurs congés familiaux de Noël, avec la connaissance d'un candidat de droite qui soit assumé et qui soit en parfaite opposition aux extrémistes. - C.Roux: Les derniers sondages d'intention de vote marquent une dynamique de J.-L.Mélenchon à gauche.

Est-ce que vous croyez à ce 2d tour dont on parle parfois, M.Le Pen face à J.-L.Mélenchon? - J.-F.Copé: Bien sûr.

C'est pour ça qu'il faut arrêter de considérer que sa carrière personnelle est plus importante que l'intérêt de la France, à droite. Il va donc falloir que chacun prenne ses responsabilités. En 2002, monsieur Chevènement et madame Taubira ont empêché L.Jospin d'être au 2e tour, et on a eu une finale entre J.Chirac et Le Pen.

Si on a une finale entre J.-L.Mélenchon et M.Le Pen, c'est le collapse généralisé pour notre pays.

Il faut tout faire pour l'empêcher. A bon entendeur, salut. - C.Roux: Merci d'être venu sur notre plateau.

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