Traité d'Aix-la-Chapelle : la propagande éhontée du service public
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- 2:05Invité politiqueFait
« M. Haski limite la critique de ce traité à M. Dupont-Aignan, que je n'ai d'ailleurs pas entendu sur ce traité, et à Mme Le Pen. »
- 2:45Invité politiqueChiffre
« Ce que je note, c'est que le journaliste de France Inter, qui est payé par les contribuables et donc payé notamment par les 332 000 personnes qui ont voté pour moi à la présidentielle, qui seraient certainement bien plus nombreuses si on refaisait une élection aujourd'hui... »
- 3:23Invité politiqueFait
« Il tait l'existence même de l'analyse de l'UPR. Alors après ça, M. Haski continue en disant : « Peu importe qu’il soit faux de dire que l’Alsace et la Lorraine seront « vendues » à l’Allemagne ». »
- 4:05Invité politiqueFait
« Et M. Haski continue en disant : « Ou que, comme l’affirment de concert les deux dirigeants souverainistes, la France s’apprêterait à partager son siège au Conseil de sécurité avec Berlin. »
- 4:41Invité politiqueFait
« Mais il y a quand même marqué – et ça, c'est bien dans le texte – le fait que la diplomatie franco-allemande a pour objectif que l'Allemagne ait un siège permanent au Conseil de sécurité, ce qui n'est pas banal. »
- 6:09Invité politiqueFait
« Or, comme je l'ai montré dans la présentation que j'en ai faite très minutieuse article après article, en fait, la France apporte des quantités de choses dans la corbeille de la mariée, l'Allemagne n'apporte rien. »
- 7:33Invité politiqueFait
« J'ai eu l'occasion de montrer dans une autre vidéo à quel point, justement, le pacte de Marrakech n'est pas du tout le texte banal qu'un certain nombre de grands médias en France ont voulu faire croire. »
- 8:13Invité politiqueFait
« Oui, il y a quelque chose à cacher, effectivement, à notre époque. Lorsqu'il y a un traité qui comporte des choses extrêmement importantes comme je l'ai montré et comme je vais y revenir, un texte comme celui-ci ne doit pas être caché. »
- 10:09Invité politiqueFait
« M. Haski, soit vous êtes quelqu'un qui parle au café du commerce, qui ne connaît rien... À ce moment-là, vous n'avez pas à prendre la parole. Soit on est entre gens sérieux. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Mais là, M. Haski, la grande différence qu'à l'évidence, vous n'avez pas comprise, ou que vous essayez de cacher aux auditeurs, c'est que là, c'est seulement deux États. »
- 15:04Invité politiqueFait
« Imaginez que vous soyez le président polonais ou le président roumain, bulgare, tchèque, le président du Conseil italien, le Premier ministre espagnol, le Premier ministre néerlandais, etc. Quelle peut être l'image que vous avez lorsque vous découvrez que 2 États : la France et l'Allemagne, font un traité pour dire que, voilà, l'Europe doit faire ci, l'Europe doit faire ça. »
- 16:26Invité politiqueFait
« Nous n'étions jamais que 18 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais entre-temps, au cas où vous ne l'auriez pas vu, nous sommes passés de 6 à 28 États dans l'UE. »
- 18:28Invité politiqueFait
« En réalité, si la France prend cette initiative et si l'Allemagne saute dessus, c'est pour avoir ce que l'on appelle un effet cliquet. »
- 20:27Invité politiqueFait
« Comment se fait-il, M. Haski, que dans le traité d'Aix-la-Chapelle qui cite le traité de l'OTAN, qui cite le TFUE au moment de la coopération militaire, comment se fait-il qu'il ne soit pas mentionné que cette coopération militaire et tous les moyens mis à la disposition de l'Allemagne par la France, qu'il aurait été de la grande importance de souligner que c'était sous réserve de l'article 3 du traité de Moscou qui interdit à l'Allemagne de posséder un armement nucléaire ? »
- 22:20Invité politiqueFait
« La France est en train, s'apprête à non pas céder totalement mais à aller vers la cession et le partage progressif de son siège au Conseil de sécurité et de son armement nucléaire à l'Allemagne qui veut cela. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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(François Asselineau - président fondateur de l'UPR) Eh bien bonsoir à toutes et à tous. Nous sommes aujourd'hui, ce soir, le 21 janvier 2019. Je tiens à faire cette petite vidéo pour commenter une tribune qui a eu lieu ce matin même, 21 janvier 2019, sur France Inter, du journaliste et prétendu géopoliticien Pierre Haskiett, cette tribune qui s'intitule « Désinformation et transparence, trois leçons sur le traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle ».
Le journaliste de France Inter a donc consacré une tribune à une heure de très grande écoute, pendant la matinée, pour expliquer en fait aux Français qui l'écoutaient que ceux qui critiquaient le traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle, qui sera signé demain, 22 janvier, entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, dans la ville d'Aix-la-Chapelle, Aachen en allemand, que vous voyez derrière moi... Eh bien que les personnes qui critiqueraient ce traité, en fait, seraient au mieux des abrutis, et au pire des êtres parfaitement malfaisants. Alors le journaliste, pour expliquer ça, donne trois leçons. On va les examiner ensemble l'une après l'autre. Sa première leçon...
Il dit : « La campagne des européennes de mai prochain est bel et bien lancée, et elle promet d’être rude. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan se sont emparés de ce traité, et n’hésitent pas à le pourfendre en ayant recours à une « post-vérité »... »... Post-vérité : jargon. « ...très en vogue ; c’est-à-dire que la réalité importe moins que les faits alternatifs que l’on assène avec force. Ils ont décidé de faire de ce texte l’acte d’accusation du procès en « trahison mondialiste » d’Emmanuel Macron ». Alors première remarque que je fais : M. Haski limite la critique de ce traité à M. Dupont-Aignan, que je n'ai d'ailleurs pas entendu sur ce traité, et à Mme Le Pen.
J'ai entendu, dans l'entourage de M. Dupont-Aignan, un député qui s'appelle Bernard Monot, qui auparavant était au FN, et qui a dit n'importe quoi. Je l'ai expliqué dans une vidéo très longue que j'ai faite il y a quelques jours, qui dure 1h40. Ce monsieur a dit que dans le traité, il était question de donner l'Alsace à l'Allemagne. Bon. et puis Mme Le Pen a fait une vidéo qui (NDLR : fait 2:52), où elle dit des choses qui sont également tout à fait excessives, et en tout cas très approximatives.
Ce que je note, c'est que le journaliste de France Inter, qui est payé par les contribuables et donc payé notamment par les 332 000 personnes qui ont voté pour moi à la présidentielle, qui seraient certainement bien plus nombreuses si on refaisait une élection aujourd'hui... Eh bien pour M. Haski, François Asselineau et l'UPR, ça n'existe pas. Le problème, c'est que la vidéo que j'ai faite quant à moi sur le traité d'Aix-la-Chapelle, qui dure 1h40... Nous en sommes au moment où je parle à plus de 130 000 vues sur Youtube. C'est la vidéo qui a été la plus visionnée, et qui d'ailleurs nous a valu un concert de louanges, y compris de spécialistes de l'Allemagne. Donc M.
Haski cache la vérité aux Français et aux auditeurs. Donc de ce point de vue, il bafoue la Charte de Munich de 1971 des droits et devoirs des journalistes, qui ne doivent rien cacher. Il tait l'existence même de l'analyse de l'UPR. Alors après ça, M. Haski continue en disant : « Peu importe qu’il soit faux de dire que l’Alsace et la Lorraine seront « vendues » à l’Allemagne ». C'est exact. Ça, c'est faux de dire ça. Mais ça, c'est grâce au député européen excité, hystérique de M. Dupont-Aignan : l'ancien du FN Bernard Monot. Mais moi, je n'ai jamais dit ça. Donc M. Haski pratique l'amalgame.
C'est-à-dire qu'il va essayer aux oreilles des auditeurs, il va essayer de faire croire que toute personne qui critique le traité d'Aix-la-Chapelle est un dingue, est un farfelu qui pense que le traité prévoit de donner l'Alsace à l'Allemagne. Et M. Haski continue en disant : « Ou que, comme l’affirment de concert les deux dirigeants souverainistes, la France s’apprêterait à partager son siège au Conseil de sécurité avec Berlin. Ce n’est pas dans le texte, et la Charte de l’ONU l’interdirait ». Alors d'abord, ça n'est certes pas dans le texte. Ça, c'est exact que ça n'est pas... Il n'y a pas mis dans le texte du traité que la France s'apprête à partager son siège avec celui de l'Allemagne.
Mais il y a quand même marqué – et ça, c'est bien dans le texte – le fait que la diplomatie franco-allemande a pour objectif que l'Allemagne ait un siège permanent au Conseil de sécurité, ce qui n'est pas banal. Et M. Haski ne dit rien sur ce manque de banalité. Et quand il dit « La Charte de l'ONU l'interdirait »... Non, pas forcément. La Charte de l'ONU, actuellement, ne le prévoit pas. Mais on peut très bien – je l'ai expliqué dans ma conférence d'1h40 – imaginer une réforme de la Charte de l'ONU qui prévoit un siège commun à la France ou à l'Allemagne, ou un siège pour l'Europe.
Je rappelle d'ailleurs que jadis, du temps de l'Union soviétique, l'Union soviétique avait un siège permanent au Conseil de sécurité. Mais il y avait 2 États, 2 républiques socialistes soviétiques qui avaient par ailleurs un siège à l'ONU. C'étaient l'Ukraine et la Biélorussie qui avaient obtenu ce privilège d'être en plus, à donner 3 voix en fait à l'URSS, même si la Biélorussie et l'Ukraine n'étaient pas membres permanents du Conseil de sécurité. Et puis M.
Haski poursuit son propos en disant : « L’important est le message de fond qui est distillé : renforcer la coopération avec l’Allemagne, qui est pourtant au cœur de la politique étrangère française depuis un demi-siècle, serait un acte de trahison. C’est paradoxal alors que l’opinion publique y est largement favorable, mais l’important est de cliver ». M. Haski se moque du monde. Le problème, ça n'est pas de renforcer la coopération avec l'Allemagne qui est un acte de trahison. Coopération, c'est une co-opération. Ça voudrait dire qu'il y aurait de part et d'autre des efforts qui seraient faits.
Or, comme je l'ai montré dans la présentation que j'en ai faite très minutieuse article après article, en fait, la France apporte des quantités de choses dans la corbeille de la mariée, l'Allemagne n'apporte rien. En particulier, lorsque l'on dit que la diplomatie franco-allemande a pour objectif que l'Allemagne ait un siège permanent au Conseil de sécurité, qu'apporte l'Allemagne, M. Haski ? Elle apporte quoi ? Lorsque l'on dit dans l'article 4 qu'il s'agit que la France et l'Allemagne doivent coopérer dans tous les domaines militaires, l'un est protégé. Qu'apporte l'Allemagne ? On va le voir dans la 3e raison de ce que présente M. Haski.
Mais auparavant, il fait une deuxième leçon de cette affaire. Et il nous dit : « Le gouvernement a été totalement pris au dépourvu par cette campagne. C’est d’autant plus étonnant qu’il y avait eu en novembre la même désinformation sur le Pacte de Marrakech ». La même désinformation ? C'est votre désinformation, monsieur le journaliste de France Inter. J'ai eu l'occasion de montrer dans une autre vidéo à quel point, justement, le pacte de Marrakech n'est pas du tout le texte banal qu'un certain nombre de grands médias en France ont voulu faire croire. J'en ai d'ailleurs fait 2 vidéos, dont l'une a dépassé les 500 000 vues, et l'autre en est à 150 000 vues.
Et j'ai montré notamment qu'un certain nombre de pays, à commencer par les États-Unis, à continuer par l'Australie ou par Israël, justement, ont refusé de signer le pacte de Marrakech. Alors M. Haski continue en disant : « Le texte du traité franco-allemand n’a été mis en ligne que vendredi sur les sites officiels. Après le début de la polémique, donc. Or un texte qui n’est pas disponible est la preuve, à notre époque, qu’on a quelque chose à cacher ». Oui, il y a quelque chose à cacher, effectivement, à notre époque. Lorsqu'il y a un traité qui comporte des choses extrêmement importantes comme je l'ai montré et comme je vais y revenir, un texte comme celui-ci ne doit pas être caché.
On ne doit pas l'apprendre 3 jours avant sa signature. Et M. Haski continue sa deuxième leçon en disant : « De plus, diffuser un tel texte brut sans un minimum d’explications – qu’y a-t-il de nouveau ? Que se passera-t-il à l’ONU ?... – ne permet pas de contrer des affirmations péremptoires ». Enfin, la troisième leçon que M. Haski a administrée aux auditeurs de France Inter est la suivante : « Dans cette époque de défiance, la politique étrangère doit sortir de son ghetto ». Ça, je suis d'accord. « Dans de nombreux échanges avec des internautes depuis ma chronique de vendredi, ... », puisqu'il avait déjà fait une chronique sur le même thème déjà pour défendre le traité d'Aix-la-Chapelle.
« ...j’ai été interpellé par des citoyens qui ne s’étaient jamais intéressés aux relations franco-allemandes, ... »... Qu'est-ce qu'il en sait d'ailleurs ? « ...et qui, dans la quête actuelle de démocratie directe, s’indignaient de ne pas être consultés. Il ne suffit pas de leur répondre que ce traité ne change pas grand-chose en réalité ». « Ce traité ne change pas grand-chose en réalité » : c'est ça que vous pensez, M. Haski ? Bien alors vous nous expliquez que ce traité ne sert à rien. Mais alors à quoi sert-il ? S'il s'agit d'un traité célébrant l'amitié franco-allemande, vous croyez que vous êtes ami avec quelqu'un avec lequel vous signez quelque chose qui ne sert à rien ?
Ça veut dire qu'il y a quelqu'un qui se moque de l'autre. Et M. Haski continue en disant : « Ces internautes s’étonnaient par exemple de découvrir dans le texte que la France et l’Allemagne se promettaient assistance en cas d’agression armée contre l’un ou l’autre ; sans réaliser que c’est déjà le cas depuis des décennies dans le cadre de l’OTAN et de l’Union européenne. La France a d’ailleurs activé la solidarité automatique des autres membres de l’UE lors des attentats du 13 novembre 2015. Des rappels qu’il aurait été utile de faire au lecteur profane ». M. Haski, soit vous êtes quelqu'un qui parle au café du commerce, qui ne connaît rien...
À ce moment-là, vous n'avez pas à prendre la parole. Soit on est entre gens sérieux. Ce que vous avez dit là est un mensonge éhonté, parce que c'est vrai, en effet, que dans le traité de l'Atlantique Nord, il y a un article qui prévoit en effet (NDLR : l'article 5) que lorsqu'un État du pacte de l'Atlantique Nord est attaqué, tous les autres sont solidaires. C'est vrai. Il y a également – c'est l'alinéa 7 de l'article 42 du TUE – le même concept pour les pays de l'UE. Mais là, M. Haski, la grande différence qu'à l'évidence, vous n'avez pas comprise, ou que vous essayez de cacher aux auditeurs, c'est que là, c'est seulement deux États. Deux États.
C'est-à-dire que la France est solidaire de l'Allemagne. Ça veut donc dire que si par exemple l'Allemagne est attaquée et que les autres pays de l'UE considèrent que ça n'est pas une vraie attaque – mettons un acte terroriste –, mais que la France, elle, considère que c'est une attaque, la France risque d'être entraînée à défendre l'Allemagne alors que les autres pays de l'UE n'y interviendraient pas. Il s'agit d'ailleurs au passage dans ce traité franco-allemand – je l'ai expliqué – d'un acte très très grave, puisqu'il consiste à considérer que la France et l'Allemagne doivent avoir un traité différent des 25 autres États de l'UE. Je dis 25, après le départ du Royaume-Uni de l'UE. Et M.
Haski termine sa chronique en disant : « Il y a suffisamment de raisons de s’indigner dans notre monde pour ne pas en inventer. Mais ça passe assurément par une meilleure information sur les décisions, même celles qui, dans la réalité, tiennent d'abord de la symbolique ». Non, M. Haski, vous mentez aux auditeurs ! Un traité, c'est un traité. On n'a jamais vu de faire des traités qui ne servent à rien. C'est la première chose. La conclusion que je voudrais faire de votre chronique...
Et je tiens, puisque je ne suis pas invité sur France Inter, puisque nous ne sommes même pas mentionnés, puisque les 1h49min d'explications minutieuses article après article n'ont pas été précisées dans votre communication, je suis obligé de vous apporter ici les explications nécessaires et la contradiction. Premièrement, dans cette chronique, vous avez occulté l'existence même de l'UPR, l'existence même de moi-même, c'est-à-dire un ancien candidat à l'élection présidentielle, l'existence même d'1h40 d'explications extrêmement minutieuses.
Deuxièmement, par votre chronique, vous nourrissez un amalgame en fait odieux entre toute critique du traité et les fake news qui peuvent être balancées par des partis très à droite, voire avec l'extrême-droite. Troisièmement, vous présentez le secret gardé par le gouvernement sur ce texte comme sur celui du pacte de Marrakech comme s'il s'agissait de simples maladresses, alors que ce n'est pas vrai. Ce ne sont pas des simples maladresses. C'est une volonté délibérée de prendre les Français de court. En tout cas, aucun élément ne vous permet d'accréditer la thèse que vous avancez par rapport à la mienne. Moi, je pense – et des millions de Français pensent comme moi – que M.
Macron ne veut pas de débat sur les questions internationales comme sur tout le reste, d'ailleurs. Ne prenez pas M. Macron pour un imbécile. Par ailleurs, dans votre chronique faite à une heure de grande écoute, alors que vous et le service public sont payés par l'ensemble des Français, qui en tant que contribuables ont le droit – le droit, M. Haski ! – d'avoir une information contradictoire sur un sujet d'une aussi grande importance. Vous avez occulté tous les graves problèmes posés par ce traité. Vous avez fait comme si ce traité était une bagatelle, comme certains, d'autres l'ont fait pour le traité de Marrakech.
Vous oubliez de préciser que dans ce traité, il y a d'abord et avant tout le mépris fondamental des 25 autres États de l'UE. Je l'ai expliqué. Imaginez que vous soyez le président polonais ou le président roumain, bulgare, tchèque, le président du Conseil italien, le Premier ministre espagnol, le Premier ministre néerlandais, etc. Quelle peut être l'image que vous avez lorsque vous découvrez que 2 États : la France et l'Allemagne, font un traité pour dire que, voilà, l'Europe doit faire ci, l'Europe doit faire ça, l'Europe confirme qu'elle est pour un marché ouvert, l'Europe doit renforcer sa politique de coopération, sa politique étrangère de sécurité et de défense ? Vous pensez quoi ?
Vous pensez que vous avez 2 dirigeants qui vous font un bras d'honneur. En réalité, en signant un tel traité, M. Macron et Mme Merkel font un bras d'honneur aux autres États. Ils les considèrent comme des moins-que-rien. C'est totalement contraire à l'esprit qui doit prévaloir de coopération à l'intérieur même de l'UE. Par ailleurs, vous oubliez de préciser que ce traité est imbécile par rapport à la stratégie française. Vous dites que la coopération franco-allemande, ça fait un demi-siècle que ça dure, et que c'est tout à fait normal. Oui, sauf que depuis un demi-siècle, il y a beaucoup de choses qui ont changé.
Depuis 56 qu'a été signé le traité franco-allemand de l'Élysée, le 22 janvier 1963, nous avons complètement changé de monde. Le 22 janvier 1963, nous étions dans l'Europe des 6. Les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg pesaient peu. Et l'Italie était encore pauvre, notamment tout le sud de l'Italie. La réconciliation franco-allemande était importante en 1963. Nous n'étions jamais que 18 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais entre-temps, au cas où vous ne l'auriez pas vu, nous sommes passés de 6 à 28 États dans l'UE.
Ça veut donc dire que poursuivre la coopération franco-allemande dans ce cadre non seulement est un bras d'honneur aux autres États – je viens de l'expliquer –, mais c'est également d'une singulière imbécillité, parce que l'intérêt géopolitique de la France, à supposer que l'on reste dans l'UE... Mais vous savez que ça n'est pas notre cas. Mais à supposer qu'on reste dans l'UE, eh bien la logique voudrait que la France se rapproche non pas en matière de norme, en matière de gestion de l'euro, en matière de politique industrielle, en matière de défense des services publics, en matière de niveau de vie... La France devrait se rapprocher de ses sœurs latines.
La France devrait en fait faire une alliance beaucoup plus proche avec l'Italie, l'Espagne, le Portugal. Je ne rêve d'ailleurs pas, puisque quand on interroge un certain nombre d'économistes de la zone euro qui s'intéressent à l'avenir de la zone euro, beaucoup d'entre eux anticipent – à juste titre – que l'euro va exploser. Un certain nombre se disent : « On pourra peut-être maintenir un euro des pays du Sud, qui ont un peu des intérêts quand même assez proches, comme la France, l'Italie, l'Espagne et le Portugal ». Pourquoi donc la France fait-elle un bras d'honneur à ses sœurs latines et se met-elle pieds et poings liés dans les mains de l'Allemagne ?
J'ajoute que l'apport de la France dans ce traité d'Aix-la-Chapelle est considérable. J'en ai parlé dans mon premier entretien. La France dit que sa diplomatie veille à accorder un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Vous considérez que c'est impossible au regard de l'ONU. Ça veut dire en réalité que vous pensez que la France se moque des Allemands. Ne venez pas nous parler à ce moment-là de coopération et d'amitié franco-allemande. Non, non, non, non, non. En réalité, – et vous êtes trop fin observateur pour ne pas le savoir – vous mentez aux Français, M. Haski.
En réalité, si la France prend cette initiative et si l'Allemagne saute dessus, c'est pour avoir ce que l'on appelle un effet cliquet. C'est que pour la perspective que recherche constamment l'Allemagne, qui consiste à essayer d'avoir un poste au Conseil de sécurité, de membre permanent, c'est un pas en avant très important, parce que lors réforme du Conseil de sécurité il y aura – il y aura forcément un jour où cela arrivera –, la France sera piégée et sera obligée de respecter ce traité. Heureusement, j'espère que nous serons arrivés au pouvoir d'ici là et que nous l'aurons dénoncé. Il y a encore un autre phénomène que vous n'avez pas évoqué. C'est le soutien à l'OTAN.
Et c'est le partage de la coopération industrielle, le partage du savoir-faire industriel en matière de défense. M. Haski et tous les auditeurs, je vous invite à regarder le dossier que nous avons publié sous la plume de Vincent Brousseau sur les euro-nukes, c'est-à-dire sur cette politique étrangère délibérée de l'Allemagne qui essaye de mettre la main sur l'armement nucléaire. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne a été mise au ban des nations. Il n'y a eu de traité de paix signé que par le traité de Moscou de 1990. Et dans ce traité de Moscou, il y a un article 3 qui précise que l'Allemagne, pour toujours, se voit interdire la possession d'un armement nucléaire.
Comment se fait-il, M. Haski, que dans le traité d'Aix-la-Chapelle qui cite le traité de l'OTAN, qui cite le TFUE au moment de la coopération militaire, comment se fait-il qu'il ne soit pas mentionné que cette coopération militaire et tous les moyens mis à la disposition de l'Allemagne par la France, qu'il aurait été de la grande importance de souligner que c'était sous réserve de l'article 3 du traité de Moscou qui interdit à l'Allemagne de posséder un armement nucléaire ? Dans le dossier que nous avons publié sur les euro-nukes, Vincent Brousseau explique qu'un député de la CDU, qui s'appelle M. Kiesewetter, a lancé un ballon d'essai, de même que M.
Olaf Scholz, le vice-chancelier, avait lancé un ballon d'essai il y a quelques semaines en réclamant le siège de membre permanent au Conseil de sécurité pour l'Allemagne. M. Kiesewetter, à l'été 2017, avait lancé un autre ballon d'essai, qui consistait à proposer – bien sûr – « pas pour l'Allemagne », disait-il de façon suave, mais pour l'Europe un armement nucléaire. Ce serait un moyen pour l'Allemagne de contourner l'interdiction du traité de Moscou de l'article 3. Je rappelle que le traité de Moscou ne peut être modifié que par l'ensemble des signataires, notamment la Russie. Or, la Russie interdira jusqu'au bout à l'Allemagne de posséder un armement nucléaire.
Sauf si, sauf si l'Allemagne, justement, obtient cet armement nucléaire sous couvert de la construction européenne. Derrière ce traité d'Aix-la-Chapelle, ce sont donc des éléments d'une importance absolument considérable, puisqu'il se cache rien moins que le dossier que nous avions présenté aux Français en juin 2017, qui se trouve donc absolument confirmé. La France est en train, s'apprête à non pas céder totalement mais à aller vers la cession et le partage progressif de son siège au Conseil de sécurité et de son armement nucléaire à l'Allemagne qui veut cela.
Ajoutons à ça que la France, également, met dans la corbeille de la mariée notre influence en Afrique, puisqu'il doit y avoir une coopération germano-française en Afrique. Et le plus grave de tout cela, c'est : qu'est-ce qu'a obtenu Macron en échange ? Zéro ! Pourquoi ne dites-vous pas ça, M. Haski ? Avez-vous remarqué, comme je l'avais mis dans ma présentation l'autre fois, que s'agissant de l'Allemagne, lorsque la France fait des pas aussi importants, l'Allemagne aurait dû reconnaître la nécessité de mutualiser les créances de la zone euro ? Bien entendu, les Allemands l'ont refusé. Ils ont simplement accepté l'approfondissement de la zone euro.
J'ai expliqué déjà que ça ne veut rien dire et que ça veut tout dire à la fois. Si l'Allemagne avait dû apporter quelque chose, elle aurait pu dire qu'il fallait avoir une gestion de l'euro qui favorise la reprise dans les pays du Sud. Elle aurait pu dire qu'il fallait avoir une politique d'aide aux pays du Sud financée par celle qui est le grand bénéficiaire du système Target des excédents de la balance des paiements, c'est-à-dire l'Allemagne. L'Allemagne aurait pu consentir à ce qu'il y ait une force germano-française en Turquie et dans les pays turcophones, où justement, l'Allemagne a une forte influence. Rien de tout cela.
En réalité, ce traité franco-allemand d'Aix-la-Chapelle est une forfaiture de la part de Macron. Il cède des éléments très importants. Oh, bien sûr, c'est un processus progressif, comme des tranches de salami. Mais à partir de ce traité, l'Allemagne pourra ensuite très légitimement, et de plus en plus fort, revendiquer sa participation à l'armement nucléaire français et sa participation au siège permanent au Conseil de sécurité. Il est même prévu dans ce traité... Mais M. Haski, vous n'avez peut-être pas tout lu. Il est même prévu que des diplomates allemands puissent être à la représentation française au Conseil de sécurité.
Je voudrais conclure cette analyse en exprimant ici et en disant à toutes celles et tous ceux qui m'écoutent qu'il y a en France un scandale d'État, un autre, mais qui est de la plus grande importance, qui est celui de la mainmise totale du pouvoir et de l'Élysée sur toutes les chaînes de télévision et de radio relevant du service public. Ce n'est plus du service public. C'est le service de la clique de Macron. Les Français payent une redevance pour financer France Inter, France Info, pour financer le service de la télévision française.
Depuis la fin du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, c'est-à-dire depuis il y a 21 mois jour pour jour, depuis le 21 avril 2017, j'ai eu droit personnellement, et les cadres de l'UPR avec moi... Nous avons eu droit royalement à 0 heure, 0 minute et 0 seconde de temps d'antenne. Et également, il n'a quasiment jamais, jamais, jamais – et encore dans la tribune de M. Haski – été question de l'existence même de l'UPR. J'aurai l'occasion d'y revenir par une vidéo dans quelques jours, parce que j'ai saisi aujourd'hui même la présidente de France Télévisions Mme Delphine Ernotte pour faire cesser ce scandale que nous allons mettre maintenant sur la place publique. Je prends ici note.
Je demande de la façon la plus officielle qui soit à être interrogé par France Inter et à pouvoir débattre avec M. Haski ou avec tout autre géopoliticien du traité d'Aix-la-Chapelle ou du pacte de Marrakech, et plus généralement des questions géopolitiques, parce que nous, nous représentons maintenant à chacune des élections entre 1% et 1,8% des électeurs (NDLR : faux, cf. Réunion 7e circo). Et si nous avions la couverture médiatique à laquelle nous avons droit, nul doute que nous commencerions à compter de plus en plus d'électeurs. Nous n'allons pas laisser les affaires en l'état, surtout au moment ou s'ouvre la campagne pour les élections européennes.
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François Asselineau