Marc Fesneau | LCP, Lundi C'est Politique - 17/11/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
La suspension de la retraite à 64 ans est déjà mise à terre par les sénateurs. Comment réagissez-vous ?
- 0:45RelanceRéponse partielle
Est-ce que la France ne met pas un doigt dans un engrenage en vendant des drones à l'Ukraine ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Les chefs d'entreprise disent qu'on va droit dans le mur. Partagez-vous leur inquiétude ?
- 3:00FerméeRéponse directe
Le budget 2026 est en danger. Le MoDem votera-t-il le texte ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Les sénateurs cassent le budget de la Sécurité sociale. Que propose le MoDem ?
- 6:00RelanceRéponse directe
La taxe Zucman light a été rejetée. Pourquoi le MoDem s'oppose-t-il à une taxation accrue des riches ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Marc FesneauFait
« La suspension de la retraite à 64 ans, à peine votée par les députés, est déjà mise à terre par les sénateurs. »
- 1:00Marc FesneauFait
« Le principe d'intangibilité des frontières est un principe fort. »
- 2:00Marc FesneauFait
« Nous ne sommes pas les seuls à vendre des armes à l'Ukraine. La stratégie européenne, au-delà de l'union européenne, car les Anglais participent, c'est une stratégie de doter l'Ukraine de moyens pour se défendre. »
- 2:30Marc FesneauFait
« Ne confondons pas l'agresseur et l'agressé. Il est normal de donner à l'agressé les moyens de se défendre. »
- 4:00Marc FesneauFait
« Il est inconcevable de ne pas continuer une pente de régression du déficit public. »
- 5:00Marc FesneauFait
« La taxe sur les multinationales, c'est inopérant. »
- 5:30Marc FesneauFait
« Il est heureux que huit ans plus tard... On ne taxe pas un certain nombre de biens, qui ne contribue pas à la richesse du pays et à sa production. »
- 9:30Marc FesneauChiffre
« Entre 15 et 30 pour cent des légumes sont jetés pour des défauts de calibrage. »
- 11:00Marc FesneauFait
« Ce sont des jeunes filles qui étaient dans des établissements privés, l'un catholique et l'autre musulman, elles peuvent être voilées. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La suspension de la retraite à 64 ans, à peine votée par les députés, est déjà mise à terre par les sénateurs. Le bloc central se retrouve pris entre deux feux. Maintenir le budget de François Bayrou et maintenir les équilibres financiers ?
Il reste quelque semaines pour faire passer le budget 2026, à moins d'un coup de théâtre. Marc Fesneau est notre invité aujourd'hui. Bonsoir.
Merci d'être sur notre plateau ce soir. Pour vous interroger, Hervé Gattegno, Gaëlle Macke, Clément Méric, Hugo Couturier sur Twitch. La chaîne sur laquelle vous pouvez poser des questions ou réagir.
Dans ce climat d'incertitude, les chefs d'entreprise se font de plus en plus entendre en disant qu'on va droit dans le mur. On va revenir sur la retraite à 64 ans qui sera au coeur de la prochaine présidentielle. Certains ont déjà avancé des idées, comme Gabriel Attal, qui veut tout remettre à plat.
Un système à points. La capitalisation...
C'est dans quatre mois, jour pour jour. C'est un enjeu important pour votre parti. Quelle alliance ?
On en parlera. Puis, vous échangerez avec notre invité sur la précarité des étudiants. Certains risquent de plonger dans la pauvreté.
Mais d'abord, l'activité du jour. Volodymyr Zelensky, qui était à Paris, il vient chercher des renforts pour son armée. Une lettre d'intention pour une commande de centaines de rafales étalée sur 10 ans.
Une avancée technologique majeure pour l'Ukraine. Lors d'une conférence de presse, il a parlé d'un accord historique. - Marc Fesneau, c'est une étape de plus dans le soutien de la France à l'Ukraine ? - Oui, le soutien continu.
D'abord, pour des motifs qui sont ceux du respect du droit international. Le principe d'intangibilité des frontières est un principe fort. Deuxièmement, le combat du président ukrainien, pour la paix, est un combat important.
Le président de la République s'est engagé dès 2022 auprès des ukrainien. Nous avons besoin de renforcer le partenariat. Vous avez parlé des rafales.
Il y a aussi un partenariat avec des drones. On verra, l'important, c'est que la Russie ne gagne pas cette guerre. Mais la question de la guerre telle qu'elle est posée, c'est quand même l'émergence de nouvelles formes de conflictualité, en particulier avec les drones. - Justement, est-ce que la France ne met pas un doigt dans un engrenage ? - Nous avons choisi le camp de ceux qui respectent le droit international.
S'il ne dit rien... - Mais là, on participe. - Il faut que la force ne soit pas la loi et que la loi reste la loi.
Si on dit juste que ce n'est pas bien, ce que fait Poutine... - Mais vendre des drones ce n'est pas anodin. - Nous ne sommes pas les seuls à vendre des armes à l'Ukraine.
La stratégie européenne, au-delà de l'union européenne, car les Anglais participent, c'est une stratégie de doter l'Ukraine de moyens pour se défendre. On a encore eu ces derniers jours des ventes...
Simon dit simplement : "Défendez-vous"...
On ne peut pas ne pas s'en mêler. - Mais la Russie dit que la France vend des armes. - Qui défendons-nous ?
Nous ne défendons pas des armes Ukrainiens pour qu'ils envahissent la Russie. Qui peut dire que c'est une agression ? - Poutine dit que la France est du côté des belligérants. - Qui a attaqué ?
Qui a franchi la frontière ? Qui a annexé certains territoires ? C'est Poutine.
Ne confondons pas l'agresseur et l'agressé. Il est normal de donner à l'agressé les moyens de se défendre. - Le président de la République Ukrainien a été accusé de corruption, dans son entourage.
Est-ce que ces affaires risquent de le rendre moins fréquentable ? - C'est un point de vigilance qu'il y a toujours eue, faire en sorte que ce pays émergeant, avec des potentialités agricoles, énergétiques assez grandes, il y a toujours des gens dans les entourages politiques qui essaient d'en profiter. On a intérêt à le mettre en garde sur le fait qu'on ne veut pas travailler avec des gens, dans son entourage, qui ferait des manoeuvres comme ça. - Il doit faire le ménage. - Oui, c'est normal. - Il a été élu là-dessus avec sa série dans laquelle il critiquait les élus corrompus. - Les débats sur le budget.
Il reste une semaine pour le voter. Ca grince des dents du côté des Républicains. Normalement, ce sont vos alliés.
L'ancien Premier ministre a mit les pieds dans le plat ce matin, il dénonce un chantage des socialistes sur le budget. Il dit que ça part dans tous les sens. - On a le sentiment qu'il n'y a pas de négociations.
Il y a une sorte de chantage du parti socialiste qui a obtenu dès le début qu'on supprime la réforme des retraites qui est pourtant nécessaire pour les générations futures. Et maintenant, ce sont les impôts dans tous les sens. La folie et l'improvisation sont insensés. - Des économies prévues par le Gouvernement qui se sont volatilisés. - On a la sensation que s'est aggravé le déficit. - Si on veut un compromis il faut regarder et faire des pas les uns vers les autres.
Pas seulement pour des questions de stabilité à l'Assemblée nationale, mais, dans ce pays, on ne peut pas se permettre d'infléchir la politique. On est dans un schéma particulier car, en France, quand on fait le projet de loi de finances, on parle des recettes. Mais on parle que des recettes.
Le premier article qui est en train de se dérouler, ça fait trois semaines qu'on parle des impôts. C'est normal que dans l'atmosphère publique, il est le sentiment qu'on procède à beaucoup d'augmentation d'impôts. - Michel Barnier, c'est un appel à l'ordre ? - Quand il avait été Premier ministre, il y avait une douzaine de milliards d'euros d'impôts en plus.
Chacun fait ce qu'il peut. Mais dans son équilibre, il y avait plus impôts et des baisses de dépenses. Nous, nous voulons augmenter les impôts lorsque nécessaire, notamment pour la justice fiscale, mais aussi, faire des baisses de dépenses.
Eux, ils veulent bien parler des recettes mais pas des dépenses. Dans les 40 milliards d'impôts qui ont été votés, il y en a 30 à 35 sont inopérants, non constitutionnelles et qui ne passeront aucune barre politique. - Donc les députés ont travaillé pour rien ? - Ceux qui les ont votées.
La taxe nationale, ça ne tient pas la route. C'est un peu désespérant. Dans la séquence dans laquelle on est, J'ai toujours fait appel à ça, quand on dit qu'on vous fait confiance pour être responsable, c'est dommage que sur une ribambelle d'impôts qui ont été votés, la plupart... - Le Gouvernement ne l'a pas laissé passer. - La taxe sur les multinationales, c'est inopérant. - Elle ne l'a pas dit. - Si, j'étais aux bancs.
Après, le Rassemblement National nous explique qu'on rectifiera dans la navette. Le mieux, c'est de pas voter n'importe comment. A l'origine, le vote de la partie recette devait avoir lieu aujourd'hui.
On a pris beaucoup de retard. Ca a été reporté. Finalement, le Gouvernement fixe le vote au 24 novembre, 20 heures après la date limite.
Est-ce que cette procédure est régulière ? - On pense que c'est régulier. Quelques heures, ce n'est pas déterminant.
La question c'est d'aller au bout de ce texte. Manifestement, nous ne pouvons pas aborder la baisse des dépenses. - Là, pour finir sur la partie un, est-ce que cette façon de faire ne signifie pas que Sébastien Lecornu ne croit pas qu'une majorité était susceptible... - Il y a deux sujets.
Le projet de loi de finances est arrivé sur la table des ministres avec un jour de retard. Pour la raison qu'on connaît. Il y a des délais très contraints.
Sébastien Lecornu fait face à un parlement qui a procédé à de très nombreux amendements. C'est aussi ça dont dépend la capacité du Gouvernement a avoir le débat parlementaires dans les temps. Je souhaitais qu'on puisse aller jusqu'à la fin de la partie un, au moins.
Après, chacun prend ses responsabilités sur le texte. - Est-ce que, depuis le départ, la stratégie du Gouvernement n'est pas, comme c'est dénoncé et comme on entend parfois, cette stratégie ne consisterait-elle pas à appuyer sur le plan le plus longtemps possible pour pousser la procédure jusqu'à son terme et adopter le budget par ordonnance ? - J'entends cet argument il suffisait d'avoir 600 amendements et tout allait bien.
Le Gouvernement ne nous a pas appelé pour me dire de déposer des amendements. C'est à nous, parlementaires, de nous discipliner. Ca fait des années que dans ce parlement, on a des centaines de milliers d'amendements qui sont inopérants et parfois occupationnels.
On a besoin de porter des drapeaux. Si on veut ne pas pouvoir accuser le Gouvernement de cette critique, - On est parti pour une adoption par ordonnance ? - Je pense qu'on ira jusqu'au bout de la partie un, de la partie recette.
Deuxième élément... - Elle ne passera pas ? - C'est un enfant sans parent.
Il est orphelin de responsabilité. Tout le monde en a mis de tout mais personne n'a regardé ce que les autres ont mis. On a 40 milliards d'impôts...
Je ne vois pas aujourd'hui qui a envie, d'ici dimanche, il peut y avoir une autre délibération. - Il n'y a pas de majorité pour le voter ? - Je n'en vois pas.
Ce n'est pas la somme du compromis, c'est la somme de toutes nos envies. Ca ne fait pas un compromis. C'est un texte qui n'a plus de parents.
On a beau l'appeler à l'accueil, personne ne répond car personne ne veut prendre la responsabilité. Si on veux un compromis, il faut des responsabilités. Ce n'est pas mon texte initial mais c'est le texte qu'on peut accepter. - Si on s'en tenait au décompte de la ministre du Budget, on est à 5 % de déficit, avec le budget en l'état.
L'objectif de 4,7 %, il faut le tenir à tout prix ? - Il faut tenir à tout prix l'objectif de cinq à tout prix l'objectif de 5 %. Quand la France dit une parole, il faut qu'elle soit tenue.
Il était prévu de 5,4 sous le Gouvernement de François Bayrou. C'est le moment de rendre hommage au travail fait par François Bayrou. Le drame, c'est conduit à la Commission européenne : " Vous inquiétez pas. " On n'a pas voté la trajectoire.
La trajectoire, c'est ce qu'on vote. Quand on dit 5,4, on a fait 5,4. Le crédit, il faut finir sous cinq.
Le sujet pour la France, c'est d'arriver à tenir quelque chose de crédible une trajectoire qui se tienne. Il est inconcevable de ne pas continuer une pente de régression du déficit public. - Vous comptez remettre de l'ordre dans tout cela ? - Le Sénat, ils ont une majorité relative, les LR ne sont pas majoritaires tout seuls.
Il y a des choses assez stables et le Sénat est plus rigoureux. Le Sénat peut mettre un peu d'ordre sur les sujets non opérants, ce qui relève du gadget, oui. Mais la question qui va se poser avec le dialogue avec le Sénat, c'est que c'est éloigné de ce que pourrait être un accord avec l'Assemblée nationale.
Ce sera un problème politique. Dans les années précédentes, il faudra rendre hommage au travail fait par le Sénat qui cherchait le compromis. Là, si c'est juste pour être plus plus et créer les conditions d'un on voit à l'Assemblée nationale, on a un problème. - C'est un Sénat qui est en opposition avec le Gouvernement ? - Oui, je connais bien le Sénat, je sais la responsabilité qu'il a.
On peut avoir une démarche politique. Ils étaient d'opposition mais le sujet n'est pas là, c'est si on est dans l'opposition mais qu'on essaie d'avoir un compromis. Est-ce que le Sénat est dans une forme d'opposition avec un compromis ou sans compromis ?
On verra ça dans le débat. - Il y a deux questions, si le MoDem ne vote pas le budget, vous devenez l'opposition ? Est-ce que vous ne vous sentez pas un peu seul dans les compromis à l'Assemblée ? - Oui, parfois on se sent seul.
Parfois, on y arrive, on a fait voter la partie recette du projet de loi de la Sécurité sociale. D'autres se sont abstenus, certains ont voté pour et d'autres contre. C'est une pratique qu'on essaie d'organiser, c'est ça.
Sur la partie budgétaire, c'était de savoir si le Parti socialiste de majorité a voté pour. On exige de sortir de ces postures. L'idéal aurait été qu'on ait une coalition.
On ait construit a posteriori. Il vaudrait mieux qu'on ait une coalition et qu'on dise que ça appartient à l'accord de coalition. - Si vous votez le budget, ça ne veut pas dire que vous entrez dans la majorité ? - Pas du tout.
Les socialistes ne disent pas qu'ils rentreront dans la majorité. Ils ont voté la partie recette du PLFSS et ils ne sont pas d'accord sur tout. Ca n'annule pas les différences.
Si on veux un compromis, à la fin, on signe en bas et vous dîtes que vous êtes d'accord avec le compromis. Si vous rentrez dans une négociation en disant : "De toute façon, je ne voterai pas le compromis ", vous ne respectez pas le compromis. D'autant que les socialistes ont réclamé qu'il n'y ait pas de 49.3. c'est curieux de ne pas avoir utilisé cet outil d'une autre fassions que celui de la coercition sur la majorité.
Là, il n'y a aucune majorité, ni relative. - Il faudra donc revenir au 49.3. - Pour délecter tout le monde, de l'absence de prendre ses responsabilités.
Je le regrette. Comment on fait, si ce n'est pas par cet outil-là ? Ce n'est plus dans les mains du Premier ministre, c'était une demande du parti socialiste.
On ne peut pas lui reprocher d'avoir pris acte. - Est-ce que vous dîtes au Premier ministre, à sa place, il faut ressortir le 49.3 ? - Je m'adresse à tout le monde.
Est-ce que vous connaissez quelqu'un du socle ou de gauche qui dit qu'il va voter le budget ? Personne. Mais ils disent tous ce qu'il faut un budget.
Quand personne ne veut voter et quand tout le monde veut un budget, publiquement, j'en parle avec ceux que je croise...
Tout le monde est un peu gêné car on s'est privé d'un outil, très détesté par les Français pour des raisons qu'on peut comprendre, mais comment on explique qu'on vote un budget dont personne ne veut voter et personne ne veut ? - Vous dites quoi aux socialistes ce soir ? - Qu'il faut prendre ses responsabilités et de dire que soit, ils votent le texte sous certaines conditions...
C'est à leur honneur de ne pas vouloir le chaos. Je leur dis de nous dire ce qu'il faut faire pour avoir un budget à la fin. - C'est vrai que les débats des derniers temps n'ont pas été une grande publicité pour le parlementarisme à la française.
Ce n'est pas une question de vote par partie à l'intérieur des parties. On a vu se dessiner des fractures et même MoDem, je pense à certains sujets comme la contribution des hauts revenus, il y a eu des pour, des contre, des abstentions, et même sur la suspension de la réforme des retraites, il y a eu 18 abstentions et 11 pour. Vous ne tenez pas vos troupes ? - C'est des démarches individuelles.
Quand vous regardez les votes, c'est l'avis des groupes. Je ne suis pas chef de régiment. Chacun prend ses responsabilités.
Globalement, sur l'impôt sur la fortune improductive, la contribution d'hauts revenus, à des unités près, ça a voté les choses et nous étions assez alignés. C'était des amendements cosignés. Il est curieux de voter contre son amendement.
Le rythme fait qu'on se dit comment on vote. C'est des choux et des carottes un peu toutes les cinq minutes. Sur les retraites, il y avait une ligne différente.
Certains groupes pensaient qu'il fallait aller sur l'abstention pour laisser passer la suspension de la réforme des retraites mais nous ne sommes pas d'accord car on ne voit pas comment le financer. C'est très transparent le débat que je vous donne. On est pour le compromis mais en fait un geste plus loin que le Parti socialiste.
Le compromis, si on veut qu'il soit sérieux c'est de ne pas dire oui tout le temps. C'est de dire ce qu'on est capable d'accepter. Sinon c'est un faux compromis. - Sur ce sujet sensible, la taxation des riches, vous avez voté contre la taxe Zucman light.
Le seul impôt que vous avez votés, c'est sur l'impôt improductif, elle est censée rapporter les mêmes sommes dont on parle aujourd'hui. Vous n'êtes pas pour une taxation accrue des riches ? - Ce n'est pas l'analyse que l'on fait.
On est sur 1 milliard environ de plus dans les éléments qu'on analyse. Ceux qui nous reprochent d'avoir voté, nous disent que ça ne produit pas d'argent et ils nous disent qu'il ne fallait pas la voter. Depuis 2017, au MoDem, nous disons la même chose.
Il est heureux que huit ans plus tard...
On ne taxe pas un certain nombre de biens, qui ne contribue pas à la richesse du pays et à sa production. - En termes de rendement, on n'a pas l'impression... - L'impôt n'est pas une punition.
C'est les mécanismes d'impôt qu'il faut regarder. Que vous soyez pas imposé, quand vous avez un yacht, je ne vois pas en quoi il contribue à la richesse nationale, que vous ne soyez pas taxé là-dessus et qu'après vous dites aux Français de faire un effort, la justice fiscale est aussi une affaire de ça. Dans les sociétés mère-fille, on a voulu travailler là-dessus et le texte du Gouvernement a été dévitalisé.
Il y avait de quoi collecter non pas pour faire peser sur la production de la croissance mais pour faire peser sur ceux qui optimisent. - Le Sénat s'attaque au budget de la Sécurité sociale, Le vert n'est pas anodin. Ils sont en train de casser tout ce qui a été voté à l'Assemblée nationale.
A commencer par la suspension de la retraite à 64 ans. - On parle de 24 milliards, la ministre de la Santé se fixe un objectif de moins de 20 milliards. On peut doubler les franchises médicales, geler les revenus de la retraite, comment le MoDem se positionne sur ces points-là ? - On peut revaloriser jusqu'à 2000 EUR. - Le Gouvernement 1700. - Le fait qu'on ne puisse pas revaloriser les retraites.
Les franchises médicales, on a un sujet d'opérabilité et de lisibilité. On étend à d'autres praticiens la franchise mais je reconnais que c'est un élément qui n'est pas compris par les Français. Beaucoup de gens sont exonérés des franchises, un tiers.
On était plutôt favorable à suspendre la mesure. On était favorable à la revalorisation des minima sociaux. C'est curieux qu'on vienne nous reprocher de ne pas les revaloriser quand on est ceux qui les ont plus valorisé.
Je dis "nous étions" parce que je ne suis plus sénateur. Je suis au Sénat. Nous sommes pour l'abattement de 10 %.
A la suspension de l'abattement des 10 %. - Dans les votes, on vous dit que vous votez au maintien ou pour la suspension. les retraités par l'impôt.
On n'est plus dans la même situation. - C'est l'époque où le travail payait plus que la retraite. - C'est pour ça que nous estimons que cette balance... - Revenons sur la question des retraites.
Si, comme tout l'indique, les sénateurs reviennent en arrière sur la suspension de la réforme des retraites, est-ce que vous souhaitez que le Gouvernement remette cette suspension de la réforme des retraites dans le projet ? - Je pars du réel. Le Gouvernement est entré dans le dialogue en mettant ça directement sur la table.
Ca me satisfait ? Non. Mais, dans un compromis, je suis obligé d'accepter des choses qui ne me plaisent pas.
Ca repousse un problème qui est déjà existant, suivi d'un déséquilibre du système de retraite. Sur les 1000 milliards accumulés des dettes, une grosse partie est liée au système des retraites. Faire semblant il n'y a pas de problème, assez suicidaire.
Bayrou l'a souvent dit, faire une réforme à ce point détestée par les Français, c'est très ennuyeux quand, dans la plupart des pays, on arrive à trouver des consensus. L'Espagne, à gauche, la faite. L'Allemagne aussi. - Est-ce que vous souhaitez... - Oui.
On ne va pas avoir fait trois mois de débats partant du postulat qu'on ouvrait le débat car le Gouvernement acceptait la suspension pour dire à la fin qu'on referme la boîte. Les socialistes seraient légitimes de me dire : "Quelle est la face à laquelle nous avons assisté ?" C'est la base du compromis, en même temps.
Ce n'est pas satisfaisant pour nous mais, la parole a été donnée. - Vous nous l'avez expliqué, c'est la raison pour laquelle vous vous êtes globalement abstenus sur cette suspension plutôt que de voter pour. - Absolument.
Si j'avais été convaincu par la suspension, j'aurais voté pour. J'ai posé la question à Sébastien Lecornu, quel est le mécanisme de substitution ? Personne n'en a.
Ils disent juste on en reparlera en 2027. La parole donnée par un Premier ministre pour essayer d'engager le dialogue, on ne peut pas dire de revenir dessus. On est tous rentre Gouvernement avec cette suspension sur la table. - On va en reparler en 2027.
Pour clarifier les choses, quelle est la position du MoDem sur la réforme des retraites et les 64 ans ? - Déjà, il faut réacter les 64 ans. - Le programme pour le MoDem en 2027, ce sera au-delà de 64 ans ? - La question de l'âge est primaire.
La question qui a échoué de la retraite par point était une question intéressante. Je pense que le système par points, il ne faut pas se tromper, ça ne permet pas des départs à 35 ans. Il faut quand même donner des bornes à tout ça. - Plus d'âge pivot ? - Gabriel Attal vient de dire qu'il fallait remettre à plat et réfléchir à un système par point. - Il a raison de dire...
C'est le sujet...
En 2027, comment aborder la question ? Il faut vérifier, sans l'âge pivot, si les systèmes sont justes. Personne vous dira que c'est une forme agréable.
Par son envie de travailler jusqu'à 67 ans. C'est un sujet des pénibilités qu'il faut traiter aussi. - L'idée des points est justement de fixer un âge. - Mais si dites que vous voulez partir à la retraite à 40 ans, on ne veut pas ça non plus.
Pour les minima sociaux. - Si l'âge de 64 ans a été imposé par Edouard Philippe durant la réforme... - Il faut dire pourquoi on fait ça.
C'est un sujet d'équilibre. Nous sommes un pays exceptionnel, je le crois. Parfois, nous nous croyons un peu insulaires.
Dans tous les pays du monde, la réponse est la durée de cotisation et / ou âge. - Est-ce qu'on introduit une dose de capitalisation ? - Pourquoi pas.
Mais il ne faut pas croire aux mirages. Il faudrait un gros rendement pour que ça s'équilibre. Troisième sujet, la ministre des comptes publics, il faut rendre hommage à son travail, il faut arriver à produire plus de richesses.
Ce qui fait que le système tient en France c'est qu'on est très productif, plus que beaucoup d'autres pays. Capitalisation, retraite par points, production de richesses. - Jusque-là, nous avions une bonne natalité.
Or, elle est en baisse. Faut-il revenir à une politique nataliste plus proactive ou faut-il accepter l'immigration du travail ? - Je pense qu'il faut quand même revoir...
La chute de démographie revient à un moment où un certain nombre de mesures ont été faites sous François Hollande. - Le plafonnement des allocations familiales... - Pas facile de revenir à plus de natalité... - Il faut quand même envoyer des signaux.
Nous sommes un pays avec une natalité forte, paradoxalement, en étant un pays avec beaucoup de pessimisme. On a aussi des carrières précoces. Tout cela avait permis de concourir à un équilibre.
On a fait cette proposition de dire que dès le premier enfant, on proposait des allocations. Le coût d'un enfant, quand on achète un berceau, c'est pour le premier et aussi pour le deuxième. - Vous vous opposez à... - Je trouve que c'est plus opérant les allocations sur le premier. - On ne va pas régler cette histoire. - Une question dans le chat qui dit "Quand votre courant politique a été rejeté par la majorité français tout comme la réforme des retraites, ne pensez-vous pas qu'il faut laisser les autres essayer de gouverner ?" - Je n'ai pas l'impression d'être très arrogant.
Je voudrais bien savoir quelle est l'alternative au Gouvernement ? - C'est une coalition qui était faite avant les gouvernements, qui est arrivée en tête. Combien de sièges ? - 195. - Et de notre coalition ? - 200 et quelques. - Voilà, c'est des maths.
C'est pas un jeu où on essaye, on tire et, si ça n'a pas marché, tant pis. Ce qui créé une fracture dans le pays, c'est le sentiment qu'on gouverne sans voir contre les gens. La question de cet auditeur...
Il faut faire attention à dire qu'on fait le bonheur des gens en disant que nous savons sans eux et contre. - Est-ce que Sébastien Lecornu peut réussir ce que François Bayrou n'a pas réussi ? - A combien de temps évaluez-vous le moment où il va y avoir une censure ?
On entend déjà Eric Coquerel qui dit que mi-décembre, il y aura une censure. - Coquerel, c'est toutes les semaines. - L'élément nouveau c'était un peu le RN qui a dit clairement que leur objectif était de censurer la fin.
Vous pensez qu'il y a une grande probabilité que le Gouvernement Lecornu soit censuré dans les deux mois à venir ? - La question, je ne la pose pas comme ça. - C'est comme ça qu'elle est posée.
La question n'est pas de savoir si Lecornu reste ou pas. Mais la question, si on veut faire une censure, est : Qu'est-ce qu'on veut faire comme alternative ? - Eux, ils veulent des élections législatives. - Pendant ce temps-là, le monde nous regarde.
Si vous faites une dissolution comme en 2024... - C'est ce qu'il propose. - Je suis contre.
On va gâcher encore une campagne. - Est-ce que vous pensez que c'est probable ? - De moins en moins.
Je pense qu'il y a un appel dans l'opinion publique de bien s'entendre. Ils disent qu'on les embête, ils en ont marre de nous entendre. Les électeurs RN ne représentent pas toute la France.
Il est normal que Madame Le Pen défende ce qu'elle croit que pensent les électeurs RN mais je ne crois pas que les Français veulent se retrouver dans le chaos budgétaire. - En cas de réélection, quelles alliances vous pourriez faire ? - Je ne mets pas dans cette condition.
La dissolution...
A 18 mois des présidentielles, ce n'est pas une solution pour le pays. Il faudrait voter pendant Noel ou après les fêtes. Pendant ce temps-là, il n'y a pas de budget. - Vous pensez que c'est un scénario exclu ? - Ca ne sert pas la France. - Je comprends que vous ne la souhaitez pas.
Vous ne la préparez pas ? Elle peut arriver. - Ca ne veut pas dire qu'on ne réfléchit pas à cela. - Vous y réfléchissez. - Ce qui me préoccupe c'est d'essayer de trouver un compromis crédible qui sert le pays. - Les gens seront très sévères si on se préoccupait des élections anticipées au lieu des problèmes actuels.
On a souvent du mal, je ne le cache pas, à comprendre la stratégie du MoDem. Vous êtes alignés une fois avec la droite, une fois avec les macronistes, une fois avec les socialistes. Est-ce que vous allez privilégier clairement une alliance avec les macronistes, comme à Paris ? - La tête de liste à Paris est plutôt Philippiste. - Par exemple, le MoDem est... - On prendra la décision et vous le saurez une fois le moment venu.
J'assume...
Je sais que c'est incompris. J'assume que la question municipale est un sujet local. Si un maire socialiste est un bon maire, au nom de quoi, au-delà de la bipolarisation politique, on dirait que comme idée socialiste ou de droite on ne parlerait pas avec lui ?
La nature des choses est de travailler avec le bloc central. Dans la plupart des cas, ils sont en alliance avec les LR. Deuxième élément, c'est jamais avec une victoire LFI ou RN.
Je vois les tentations des uns ou des autres. Parfois j'ai entendu des politiques en parler. Il ne peut pas y avoir des ambiguïtés.
Je ne veux pas qu'on met en avant des forces politiques...
J'aime pas ce concept de front républicain car ça vient rejeter les autres. - En d'autres termes, s'il y a un risque à vos yeux de conquête du RN ou LFI, vous êtes prêts à faire barrage ? - Oui. - Dans ce pays il y a des forces qui essaient plutôt de construire des choses de les démolir.
J'estime qu'avec François Rebsamen, à Dijon, - Il vous a rapproché. Chez Martine Aubry... - Pourquoi ne peut pas dire qu'on est d'accord sur un projet sans être en reddition. - Vous suivrez les élections municipales à Pau.
On dit François Bayrou, marqué par l'affaire Bétharram, inquiet dans la perspective de cette élection municipale, vous confirmez ? - Je ne sens pas qu'il soit inquiet mais je pense qu'il n'a pas acquis cela. - Il est en danger ? - Il ne considère pas cela acquit.
Le bilan de mandat est très bon. Mais quand vous avez exercé le pouvoir à l'Assemblée nationale, je pense qu'il a tous les éléments pour gagner. Il est vigilant.
Il n'y a rien de pire de croire que... - Ce n'est pas gagné pour lui ? - Comme toute élection...
Dites-moi une élection qui est gagnée avant ? Comme chez n'importe qui, c'est jamais gagné. Je serai candidat sur la liste de mon village. - Mais pas tête de liste ? - Non.
Il y a une question de discipline. Une fois que les gens prennent votre place volontairement, mais pas volé, venir dire qu'on a changé d'avis qu'il se pousse pas que ça manque d'élégance. - On entend plus François Bayrou depuis qu'il a quitté Matignon, comment va-t-il et pourquoi ce silence ? - J'ai dîné avec lui, tout va bien.
Je pense, il m'avait dit le jour même de son départ, qu'il s'abstiendrait. Il ne veut pas interférer dans la politique de Sébastien Lecornu. - Il pourrait soutenir cette politique ? - Quand vous êtes le candidat sortant, si vous soutenez...
Il y a de la suspicion et sinon, on vous dit...
Je trouve normal car il part sur une défiance du Gouvernement. Il n'avait pas envie de donner le sentiment qu'il voulait être sur le devant de la scène. Quand il aura des choses à dire, il le dira.
Il me semble bien et sain, ce qu'il fait. - Un mot de la méthode de Sébastien Lecornu, sur la méthode ou sur le fond, il a prie le contre-pied de François Bayrou, il a noué un dialogue avec le PS, vous êtes d'accord pour dire qu'à l'heure qu'il est, ça produit plus de résultats ? - C'est à la fin qu'on verra.
Je salue ce qu'il essaie de faire, c'est pas très facile. Les gens veulent des compromis mais ne veulent pas les voter. A un moment, il faut mettre des limites.
Il y a quelque chose qui s'est passé et ce que fait Sébastien Lecornu, il faut le saluer, il créait une ambiance, les débats sont très longs mais ils sont beaucoup moins virulents que les années précédentes. - Ca ne veut pas dire que François Bayrou s'y est mal pris ? - Imaginez qu'on soit rentré sans que Bayrou ait sonné l'alerte sur le déficit ? - Quand vous dites qu'on verra après, s'il arrive à faire voter ce budget, il aura gagné là où François Bayrou aura échoué. - Je suis le premier défenseur de François Bayrou, je ne veux pas dire qu'il a pas tout à fait réussi, tant mieux s'il réussit.
Ou alors, il faut sauter du navire. Je ne suis pas un passager clandestin. J'essaie de faire en sorte que le bateau arrive quelque part. - La présidentielle qui va arriver très vite, plusieurs voix...
Dans la droite et le centre, une primaire pour désigner un candidat unique. - Je suis contre les primaires. - Vous personnellement ou le MoDem ? - Je vous donne mon avis. - Le MoDem participera ? - Je ne suis pas favorable à ce qu'on participe.
On est loin. La primaire est un objet où vous est obligé de radicaliser, soit vous fait centre et droites et ça va ressembler à des chous et carottes. Soit vous fait que droite et vous avez l'opération Fillon.
Après, vous avez du mal à trouver... - On ne relance plus. - Il y a sept ans, l'une des plus fortes colères, les gilets jaunes, avec une forte défiance contre l'Etat avec des violences policières, qu'est-ce qui reste des gilets jaunes sept ans après, au sein de la macronie ? - Il reste une blessure, une fracture française.
Cette colère était sourde depuis plus longtemps. Des gens qui travaillaient, qui étaient pauvres et était oublié, il reste quelque chose pour moi d'une appréhension à avoir saisi cette colère et d'avoir sédimenter un certain nombre de mesures que les 80 km/h, les APL, qui a été vécu comme une offense et un mépris de classe territorial. Les gilets jaunes, c'est une affaire de province, de chez moi, pas de métropole.
Ce n'est toujours pas résolu. Ca appartient tout le monde. - On va accueillir l'auteur de "Faim d'études".
De plus en plus d'étudiants sont confrontés à la précarité. - Face à vous, Marc Fesneau, un acteur de terrain engagé et solidaire. Docteur en sciences politiques, ancien chef de cabinet de Christiane Taubira et fondateur de Linkee, en 2016, cette association de luttes contre le gaspillage alimentaire avec un constat alarmant : 10 millions de personnes en situation de précarité et 10 millions de tonnes de nourriture gâchée chaque année en France. - L'idée est de trouver une solution logistique qui permette de récupérer tous les invendus, pas que les supermarchés, et de faire en sorte que ces invendus aillent à des gens qui ont faim. - Notamment les étudiants.
Plus d'un tiers vit en insécurité alimentaire, sautant régulièrement des repas. On se retrouve dans ses longues files d'attente pour recevoir des colis alimentaires. Dans son dernier livre, notre invité propose des solutions concrètes pour en finir avec ces précarité.
Développer massivement le logement des étudiants et leur donner un revenu ou garantir un accès à des colis alimentaires de qualité. Repenser en profondeur les politiques publiques pour que réussir ses outils ne dépendent plus des moyens. - Julien Meimon arrive.
Bonsoir. Merci d'être avec nous. - Bonsoir. - Vous allez pouvoir prendre place et commencer par dialoguer.
Un constat. - Le constat est terrible. C'est le constat d'une partie de la jeunesse qui est tellement précarisée qu'elle ne peut pas poursuivre ses études.
Derrière ce constat, il y a l'avenir du pays qui se joue, tous les cadres de demain dans le public, le privé, tous ces jeunes qui veulent étudier. Quel est votre regard sur cette situation ? C'est une situation pas nouvelle mais elle nous a explosé au visage pendant le confinement et pas grand-chose a été fait. - Je partage le diagnostic, ça a explosé au visage des jeunes pendant le confinement, l'isolement des jeunes, les logements aussi, donc le confinement, COVID et la guerre en Ukraine, c'est l'inflation qui a augmenté.
Le sujet central, c'est le sujet du logement. Ce n'est pas qu'un sujet des étudiants. Les prix des logements est un problème central.
On ne peut présenter assez de logements à des coûts raisonnables. Nous avons une crise du logement. S'il y avait quelque chose sur lequel nous n'avons pas réussi depuis 2017, c'est la question du logement. - Sur le sujet des étudiants, le logement, je suis d'accord avec vous.
C'est ce qui crève le plus le budget des étudiants mais une situation en France est problématique, on a d'chiffre qui permet de penser qu'une fraction de la jeunesse ne peut pas poursuivre ses études, et c'est le Gouvernement qui est responsable, les gens qui gouvernent et ceux qui vont gouverner. Les politiques publiques qui peuvent être mis en oeuvre aujourd'hui pour se confronter à ce problème et toucher du doigt et quantifier et pouvoir régler le problème et vous qui avez été au pouvoir, eu la possibilité de gouverner et de changer les choses, quelle était votre vision du sujet car je ne suis pas sûr que ce soit vu. J'ai l'impression que c'est un angle mort et que peu de gens veulent s'emparer du sujet. - Je ne partage pas ce point de vue.
C'est vu. On est tous en situation de responsabilité. C'est pas parce qu'on est député qu'on est plus responsable que d'autres. - Vous voter le budget. - Oui.
A chaque fois qu'on a un problème, on dit qu'il faut 100 milliards de plus. Dans un pays, pardon de le dire comme ça, c'est un peu fort, qui est déjà celui qui a le plus de prélèvements obligatoires, et c'est très bien parce que c'est le modèle français. Mais si vous voulez des recettes en plus, soit vous fait de la dette et des déficits, soit il faut prendre plus d'argent.
Il faut qu'on dise où on met l'argent. - Les choix budgétaires c'est des choix. - Il faut privilégier les jeunes ? - J'ai un petit désaccord avec vous.
La première inégalité, ce n'est pas ce qui sont précaires mais ce qui renonce à la situation étudiante car ils sont trop précaires. Car leurs propres parents disent qu'ils ne peuvent pas payer d'études dans telle ville ou quoique ce soit. Je lis le sujet du logement.
Je partage le sentiment. Est-ce qu'on peut mettre une allocation supplémentaire ? Sans doute.
Je cherche quand même la solution d'où on prend pour mettre sur cette priorité. Si on prend que sur la parti logement, c'est une question qui touche les étudiants mais aussi les salariés. Les jeunes sans fortune, ni héritage ne peuvent pas se loger à Paris.
Ou dans les grandes villes. C'est un sujet qui touche les étudiants quarts ça touche leurs parents. - On parlait des solutions, des allocations de différents de ressources.
Vous avez été ministre de l'Agriculture, donc ministre contre le gaspillage alimentaire. 2016, on jette 10 millions de tonnes. Ca correspond à peu près à 10 millions de personnes en précarité en France. 2022, les mêmes chiffres, 9,4 millions de tonnes.
On ne bouge pas. Ca ne change pas. Vous avez été ministre de ce sujet.
C'est peut-être une allocation nouvelle des recettes qu'on pourrait faire. Comment utiliser les surplus alimentaires en parfait état, disponible, pas abîmée, des bons produits et comment peut transformer cela en aide alimentaire ? Pas seulement au composte et pas à la poubelle. - Les chiffres sont trop faibles et la progression est trop faible.
On ne peut pas dire qu'on n'a pas avancé. Ce n'est pas moi qui avais porté ça. Il avait porté une politique quiconque pris d'obligation des grandes surfaces à ne pas jeter. - Une obligation de passer une convention... - Une façon de moins jeter.
C'est une question de logistique et d'organisation. Les délais de péremption aussi...
Culturellement, tout le monde se dit qu'un yaourt peut se garder 15 jours de plus. Reconnaissons qu'il y a 10 ans, ça n'existait pas. Ce chemin est un chemin long.
Le gaspillage alimentaire n'est pas que chez le client final, grande distribution au consommateur, il est aussi dans les champs. Tout ce qu'on jette parce qu'il n'y a pas de prix. Une grande partie du gaspillage alimentaire est la. - Des agriculteurs nous contactent, ils nous disent que des poireaux sont là mais pas de bonne qualité.
On les prend quand même. - On est vraiment d'accord. La question, c'est la massification de ça.
A chaque fois on bute, un champ de poireaux là, un champ de navets...
Ce que pourrait faire la grande distribution, je ne suis pas un grand fan, elle pourrait pacifier, y compris les légumes moches, or la culture est comme ça. Beaucoup de calibrages sont jetés. Entre 15 et 30 pour cent des légumes sont jetés pour des défauts de calibrages, des tâches. - C'est absurde car il y a la précarité alimentaire.
Ils ne prennent pas de légumes car ils ont augmenté... - Il faut de la logistique, du frais, du conditionnement et un endroit où les gens puissent les récupérer.
Quand vous avez 75 % ou 70 % de la consommation de fruits et légumes faite dans la grande distribution, si on n'arrive pas à lui imposer, on a un problème de massification. - Vous vouliez évoquer un dernier point ? - Je connais une association qui est fantastique, Linkee qui propose une logistique à tous les professionnels qui ne veulent plus jeter. - A destination des jeunes ? - Elle ne fait que ça.
J'ai l'honneur de présider cette association. On peut prendre d'autres initiatives, développer un système à l'échelle nationale qui permette de récupérer ce surplus alimentaire. C'est absurde... - Parce qu'on a toujours buté sur le même problème qui est le problème d'une logistique.
C'est comme la question des circuits courts. Je ne voulais avoir que des viandes de chez moi. Et on m'a dit : "Je ne me déplace pas pour quatre poulets. " Il faudrait des initiatives qui fonctionnent.
Pour qu'on réduise le gaspillage, il faut massifier des initiatives comme les vôtres. - Merci. Vous pourrez échanger vos adresses pour faciliter les choses.
Une dernière question, vous avez été au centre d'une polémique sur les filles voilées qui est aux tribunes de l'Assemblée nationale qui étaient invitées par vous. Elles ont été prises en photo par le média d'extrême droite Frontières et relayées par les députés RN à peine flouttées. Ca vous choque ? - Oui.
Ce sont des jeunes filles qui étaient dans des établissements privés, l'un catholique et l'autre musulman, elles peuvent être voilées. C'est une façon de jeter des jeunes filles à la foule populaire. Je ne suis pas favorable au voile, mais c'est autorisé.
On leur envoie comme message : "Reste chez toi. " On protège les enfants. Ca me choque. - Merci d'avoir été sur le plateau de LCP.
Lundi, c'est politique revient lundi prochain. Bonne soirée.
Marc Fesneau