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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 13 juillet 2023 22 min

Face à Face : Laurent Nuñez - 13/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Vous écoutez

0:01
Laurent Nuñez

RMC

0:02
Présentateur

RMC jusqu'à 9h

0:06
Laurent Nuñez

Apolline Matin Face à face

0:10
Présentateur

Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Laurent Nunez Merci de répondre à mes questions ce matin Vous êtes le préfet de police de Paris C'est vous qui êtes en charge de la sécurité Pour Paris et pour la région parisienne On va revenir évidemment sur les émeutes qui ont eu lieu Il y a deux semaines Mais aussi peut-être sur celles que vous redoutez A nouveau à l'occasion des festivités du 14 juillet Il y a d'ailleurs un certain nombre de communes Qui ont préféré renoncer à ces festivités Craignant pour la question de la sécurité Vous avez annoncé un dispositif exceptionnel Vous allez le développer Mais d'abord sur ces craintes Elles sont de quel ordre ?

0:47
Laurent Nuñez

D'abord c'est la fête nationale Les festivités dans leur grande majorité sont maintenues Il y a très peu de communes qui ont renoncé A organiser ces festivités Et comme le ministre de l'Intérieur l'a rappelé hier Il n'y a pas d'instruction du gouvernement Ce sont des décisions individuelles Ce sont des décisions individuelles En nombre extrêmement limité Ça veut dire que la plupart des festivités Les feux d'artifice qui étaient prévus A Paris évidemment et dans l'agglomération Se dérouleront normalement Et seront sécurisés La seule réserve évidemment C'est que compte tenu des événements Les festivités organisées par les communes Sont sécurisées en général par les polices municipales Pour ce à quoi nous vous attendons Vous savez c'est traditionnel Pour chaque 14 juillet Il y a un peu plus de violences urbaines que d'habitude

1:27
Présentateur

C'est traditionnel, ça fait partie des traditions

1:28
Laurent Nuñez

Oui malheureusement Non mais je veux dire J'en rive parce que je préfère en rire Malheureusement Pauline de Maler Oui ça fait partie des traditions Il y a toujours des violences urbaines Toujours contenues Toujours limitées Et évidemment Et évidemment pour éviter toute résurgence De ce que nous avons connu Il y a quelques jours Nous allons avoir un gros dispositif Qui va consister à quadriller le terrain Avec de nombreux effectifs mobilisés On sera sur 10 000 fonctionnaires de police Militaires de gendarmerie Pour Paris et l'agglomération parisienne Et qui évidemment interviendront Dès qu'il y aura des exactions commises Pour procéder à des interpellations

2:01
Présentateur

C'est traditionnel Mais là c'est exceptionnel Enfin je veux dire là A ce qui s'est passé il y a quelques jours Non mais je veux dire A ce qui s'est passé il y a quelques jours Mais vous craignez quand même Vous craignez que ce ne soit pas juste Dans les proportions du traditionnel Pour reprendre votre réponse

2:13
Laurent Nuñez

On ne craint rien du tout Non Vous avez constaté qu'il y a eu un retour au calme On ne craint rien du tout On est simplement prudent C'est de la prudence Et on est déterminé évidemment A intervenir à la moindre exaction Et c'est pour ça d'ailleurs Que le ministre m'a demandé A Paris et dans la région parisienne De veiller à ce que le terrain Soit quadrillé d'effectif

2:31
Présentateur

C'est quoi la différence avec ce qu'on fait habituellement ?

2:33
Laurent Nuñez

Ça veut dire qu'on déploie Beaucoup plus d'effectifs que d'habitude Qui sont déployés sur le terrain Et on déploie des moyens accrus C'est à dire que comme vous le savez Nous avons déployé Pendant les jours de violences urbaines intenses Certains ont même qualifié d'émeutes urbaines Nous avons déployé des moyens lourds Et notamment la BRI, le RAID, le GIGN Qui étaient déployés Des hélicoptères La mobilisation de drones Ce sera à nouveau le cas A la fois pour la nuit du 13 au 14 juillet Pour la nuit du 14 au 15 juillet

3:00
Présentateur

Et il y en aura aussi dans Paris Mais également dans la Petite Couronne Et ça c'était inédit si j'ai bien compris D'avoir autant de policiers mobilisés Et de policiers de gendarmes

3:10
Laurent Nuñez

Ça a été le cas pendant les émeutes urbaines C'est le cas généralement Pendant les phases festives Qui sont, je le disais tout à l'heure, le 14 juillet Vous avez aussi la nuit de la Saint-Eglise Traditionnellement Et nous déployons des effectifs Sur l'ensemble de mon périmètre de compétences Paris et la Petite Couronne Non, il y a toujours des effectifs Déployés en Petite Couronne Pour ces soirées de festivité

3:28
Présentateur

Vous regrettez que certaines villes Aient préféré renoncer ? Vous regrettez que Non, je comprends Parce que vous dites C'est des décisions individuelles Enfin, il y a quand même Nanterre, Bagnolet, Rony-Soubois Aulnay-Soubois La liste est longue Et quelques grandes villes Également en région Qui ont préféré renoncer

3:40
Laurent Nuñez

Non, je ne le regrette pas C'est le choix Vous savez, il y a le principe De libre administration Des collectivités locales On doit le respecter Ce que je constate Vous dites que la liste est longue Mais elle ne concerne que Quelques communes Sur l'ensemble de mon périmètre Paris, évidemment Maintient ses activités Ses festivités Et dans les départements De Petite Couronne J'ai fait le point hier Avec les préfets compétents Des trois départements De Petite Couronne Il y a assez peu De communes qui renoncent Moi, je n'ai pas d'avis Sur le sujet Simplement pour celles Qui beaucoup le maintiennent Quand même Maintiennent quand même Ses festivités C'est ce que je constate Parce que c'est normal Parce que c'est un moment De fête nationale aussi Il ne faut pas l'oublier C'est d'abord ça

4:12
Présentateur

Mais Laurent Nunez J'ai remarqué Qu'à deux reprises Vous avez utilisé le mot émeute Mais une fois Et puis à un autre moment Vous avez vous-même Spontanément parlé d'émeute Pourquoi vous avez Cette petite réserve ?

4:26
Laurent Nuñez

Non, je n'ai pas de réserve On a eu un phénomène De violence urbaine Très intense Très très intense Pendant quatre nuits surtout Donc à partir du 27 juin Jusqu'à tout début juillet On peut évidemment Le qualifier des émeutes urbaines Il y a eu des incidents Multiples Dans de nombreux points Du territoire Mais qui grâce au déploiement Qu'on a pu mettre en oeuvre Et y compris d'ailleurs Sur Paris et la Petite Couronne Ont été quand même Très rapidement contenus

4:51
Présentateur

Grâce à qui ça s'est arrêté ?

4:53
Laurent Nuñez

Ça s'est arrêté Grâce à l'intervention Des forces de l'ordre Grâce au déploiement Que nous avons Au moyen Que nous avons mis en oeuvre Qui était totalement inédit On n'a jamais vu La BRI, le RAID Le GIGN Déployé dans les quartiers C'est ce qu'a souhaité Le ministre de l'Intérieur Donc il nous a demandé De déployer ce type d'effectifs Il nous a demandé D'interpeller les gens Et puis surtout Je crois qu'il y a un message fort Qui a été passé Depuis ces quatre nuits Qui ont été les plus intenses Le message fort C'est que derrière Les services de police judiciaire Mobilisation Sous l'autorité des parcs Évidemment Une mobilisation importante Des services de police judiciaire Moi c'est ce que j'ai fait à Paris En mobilisant les services De ma direction De la sécurité publique Mais aussi de la police judiciaire Du 36 qui est des Orfèves Qui a travaillé A confondre des auteurs Qui ont pu commettre Des exactions

5:35
Présentateur

Avec des comparations immédiates

5:36
Laurent Nuñez

Ça veut dire qu'au-delà Des interpellations Auxquelles on a procédé En flagrance Nombreuses Auprès de 1400 Sur Paris et la petite couronne Au-delà On a déjà interpellé Plus de 130 personnes Pour des faits Qui ont été commis Grâce à des investigations judiciaires Donc on les interpelle A postériori Et ça c'est un signal fort De fermeté qui est donné A ceux qui voudraient Qui seraient tentés De commettre de nouvelles exactions

5:56
Présentateur

Si je vous pose la question De grâce à qui Est-ce qu'il y a eu Ce retour au calme C'est parce que vous vous dites C'est évident C'est grâce à nous Enfin grâce à la police Grâce aux forces de l'ordre Mais d'autres Ne sont pas tout à fait De cet avis Les spécialistes du grand banditisme Comme Frédéric Ploquin Dit que sans doute Les dealers ont tué aussi un rôle Parce qu'ils n'avaient aucun intérêt A ce que ce ne soit pas le calme Parce qu'ils ont besoin du calme Pour faire leur trafic Et quelqu'un comme Éric Zemmour Estime même que c'est Non seulement grâce aux dealers Mais aussi grâce aux imams Qui auraient demandé Dans les quartiers A se calmer Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

6:27
Laurent Nuñez

D'abord je pense que c'est faux C'est vraiment la mobilisation Des forces de sécurité intérieure Qui a permis le retour Le retour au calme Voilà On a eu un public De jeunes Beaucoup de jeunes Qui ont été mobilisés Vous savez l'âge moyen C'était 17 ans Il y avait un tiers de mineurs Je parle parmi Il les a interpellés Ceux dont nous avons eu à connaître Mais ils font partie

6:47
Présentateur

De ceux qui travaillent Dans les trafics Je ne pense pas Que ce soit les imams Je ne pense pas

6:53
Laurent Nuñez

Que ce soit les dealers Qui tentent sans doute De faire la loi Dans les quartiers Ça on le sait Les dealers tentent De faire la loi Dans les quartiers Mais nous les envoyons Nous les entravons Nous démantelons des réseaux Nous sommes très présents Je ne pense pas Qu'ils aient autant d'impact Qu'on veut le dire Je reste à ma modeste place De préfet De représentant de l'État Je pense que ceux Qui portent ce genre de discours C'est un discours politique Donc je ne commenterai pas au-delà Ce que je peux vous dire C'est que nous luttons Contre les trafics Et nous mettons à mal Beaucoup de trafics Gérald Darmanin Insiste beaucoup sur ce sujet Et ce qu'il nous demande Ce n'est pas de disperser Les trafics C'est de les démanteler En profondeur Et c'est ce que nous faisons A Paris Et en région parisienne C'est-à-dire qu'on démantèle Les réseaux Pour qu'ils arrêtent De pourrir la vie des gens Là où ils sont implantés

7:29
Présentateur

Laurent Nunez Vous dites que le reste C'est de la politique Alors il y a la politique Oui Et vous vous êtes préfet de police Donc ce n'est pas votre rôle Mais il y a aussi La question des faits Et là pour le coup C'est votre rôle Il y a eu ce petit jeu Qui devient un jeu Assez malsain Il faut le dire Autour de la question Des prénoms Mais ce jeu Il a été lancé J'allais dire Par Gérald Darmanin Lui-même Qui Alors qu'il s'adressait A la représentation nationale A précisé Qu'il y avait eu Beaucoup de Kévin Et de Mathéo C'est son expression Parmi les émeutiers Sous-entendu Sous-entendu Ce ne seraient pas Des enfants Issus De l'immigration A cela évidemment Éric Zemmour Il s'est engouffré Dans la brèche Lui-même avait souvent Joué à ce petit jeu Assez pervers Des prénoms Moi je suis observatrice De tout ça Et je regarde les balles Et je trouve que Ça prend une tournure Assez nauséabonde J'aimerais justement Qu'on puisse A chacun Dire Ce qu'il en est Est-ce que Quand Gérald Darmanin Il y a des Mathéo Et des Kévin Et quand Éric Zemmour Répond oui Mais enfin la majorité C'était quand même Sans doute des Mohamed Même si vous avez trouvé Un Kévin Ou un Mathéo Quels sont les faits Laurent Nunez ?

8:36
Laurent Nuñez

Les faits C'est qu'on interpelle Des délinquants d'abord Vous savez moi Je fais partie Je dirige les forces De police et de gendarmerie Nous on s'intéresse Aux délinquants Donc il n'y a aucune Il n'y a aucune approche Qui serait d'ailleurs Discriminatoire Interdite par la loi Donc on s'intéresse A des délinquants On voit des gens Qui cassent des vitrines Qui brûlent des bâtiments publics Qui brûlent des voitures On intervient On les interpelle Ensuite Il y a toujours ce débat Oui c'est l'immigration On a constaté C'est ce qu'a dit le ministre Le ministre a rappelé Qu'il y avait 10% d'étrangers Parmi les interpellés Étrangers Le débat s'est ensuite déplacé Je le constate Sur le fait On est remonté aux origines C'est pour ça Que le ministre A communiqué Un certain nombre de prénoms Pour dire Non attention Il n'y a pas que des gens D'origine étrangère Moi écoutez Je ne veux pas rentrer dans ce débat

9:18
Présentateur

Le problème c'est justement Pour ne pas rentrer dans ce débat Je vous demande pardon Laurent Nunez Mais la seule manière De sortir de ce débat C'est de donner des faits Et c'est la seule chose Qui permettra justement Qu'il y ait une forme de juge de paix Dans ce qui a été installé A distance Entre un Gérald de Darmanin Et un Éric Zemmour

9:32
Laurent Nuñez

Je n'ai pas été un juge de paix Je peux vous dire Qu'il y a une grande diversité Dans les personnes qui interviennent Mais diversité au sens premier du terme C'est-à-dire qu'il y a des gens De toutes les origines Il faut arrêter de stigmatiser Une catégorie de population D'ailleurs c'est vrai aussi Pour les contrôles d'identité C'est vrai pour plein de choses On ne fait pas de contrôles discriminatoires On contrôle des délinquants

9:54
Présentateur

Mais qu'est-ce que vous répondez A quelqu'un comme l'ancien patron De la DGSE Qui dit Le problème Ces émeutes Nous n'y serions pas arrivés S'il n'y avait pas eu Un problème d'immigration Vous avez vous-même dirigé la DGSI

10:03
Laurent Nuñez

Je pense qu'on ne peut pas On ne peut pas résumer tout ça A des problèmes d'immigration De sécurité On est confronté Dans notre pays A une crise d'autorité On ne peut pas le nier On ne peut pas ramener Tous ces sujets A des problèmes d'explication sécuritaire Voir migratoire Et on a un problème De crise d'autorité Qui ne concerne Pas que la police nationale d'ailleurs Et donc voilà Pour moi Moi le sujet il est là Je constate que De plus en plus de gens Ne respectent pas Ou bafouent l'autorité Quelle qu'elle soit Et pas seulement Celle de la police Et de la gendarmerie Celle-ci elle est plus visible Évidemment Puisque nous nous sommes Au contact direct Mais vous savez Les enseignants Ont énormément de difficultés Il y a plein de domaines Certaines associations Sont beaucoup moins implantées Auprès de certains jeunes Qu'elles ne l'étaient Il y a encore 20 ou 25 ans Il suffit de discuter Avec les associations de quartier Pour s'en rendre compte Donc on a un problème De crise d'autorité De respect de l'autorité C'est ça qu'il nous faut résoudre

10:51
Présentateur

Laurent Nunez Justement dans cette question Aussi de l'autorité Il y a Des critiques Qui sont Énoncées A l'endroit de la question Du contrôle au faciès Claire Edon Qui est la défenseur des droits Elle estime Qu'il y a Des contrôles au faciès C'est même son expression Elle rappelle que cette pratique Elle est interdite Depuis 2016 Est-ce que Ces contrôles Discriminatoires Existent Et qu'est-ce que Vous ferez Pour les éviter

11:16
Laurent Nuñez

Alors d'abord Oui vous citez Claire Edon Effectivement Puisqu'elle a donné une interview Je crois hier Dans Le Parisien Oui Où elle évoque D'abord elle fait un lien Très direct à la question Qui lui est posée Sur la mort du jeune Naël Elle évoque en réponse La question des contrôles D'identité Pardon J'ai beaucoup de respect Pour la défenseur des droits J'étais un peu choqué Par cette réponse La mort du jeune Naël Est intervenue Non pas dans le cadre D'un contrôle d'identité Mais dans le cadre D'un contrôle routier Que je demande A mes effectifs de réaliser Notamment lorsqu'il y a Des infractions routières Qui sont commises Pour éviter des rodeos Ce qui était en l'occurrence Le cas Donc j'étais un petit peu choqué De ce raccourci Concernant les contrôles D'identité Vous savez Ils sont encadrés par la loi On les réalise dans le cadre De réquisition Du procureur de la république Ou lorsque les policiers Sont confrontés A des individus Dont ils pensent Qu'ils vont commettre Des infractions Qu'ils ont commis Des infractions C'est extrêmement encadré Je suis un petit peu choqué De lire Qu'il y a des millions De contrôles d'identité Discriminatoire On parle de victimes De ces millions De contrôles d'identité Et je précise

12:16
Présentateur

Pour ceux qui nous écoutent A la radio Qu'en donnant ces deux expressions Vous les faites comme Entre guillemets

12:20
Laurent Nuñez

C'est la défenseur des droits Qui le dit Prétendu mignon

12:26
Présentateur

De contrôles d'identité Je représente

12:27
Laurent Nuñez

Les policiers Et les gendarmes Parfois qui agissent Sous mon autorité Sur la plaque parisienne Je trouve ça un peu choquant C'est quand même Pas tout à fait le cas Savoir que le contrôle D'identité C'est l'action de police De base Qui souvent d'ailleurs Permet de mener Des investigations Et de confondre Des auteurs d'infractions Des délinquants Donc il ne faut surtout pas S'en priver

12:46
Présentateur

Elle parle de vérification Claire Hédon On va reprendre ses mots Très précisément Elle parle de vérification D'identité Basée sur L'apparence physique Des vérifications D'identité Discriminatoires Vous contestez ces faits Il n'y a pas

12:59
Laurent Nuñez

Je les conteste Je les réfute Mais totalement Et d'ailleurs Nous faisons des contrôles Dans le cadre D'opération de lutte Contre la délinquance Nous cherchons Des délinquants Et donc ces contrôles Sont effectués En vue de De détecter Des comportements délictueux D'ailleurs La défenseur des droits Me saisit régulièrement Comme elle saisit D'ailleurs le DGPN Le directeur général De la gendarmerie Quand il y a Des suspicions De contrôles discriminatoires Nous sommes saisis Et moi je demande Des rapports A chacun de mes policiers Qui sont sous-posés Elle demande A ce que ces contrôles

13:32
Présentateur

Soient tracés Je cite

13:33
Laurent Nuñez

Alors la traçabilité Ça a été en débat Ça relève de la sphère politique C'est pas de mon domaine Simplement Ce que je veux dire C'est que la traçabilité C'est quand même compliqué À organiser Ça a été évoqué en 2012 Vous vous en souvenez Voilà Moi on n'est pas dans mon domaine Là on est plus dans le domaine De la réforme politique Attention à ne pas Attention à ne pas Complexifier l'action Des forces de l'ordre Encore une fois Je le redis Le contrôle d'identité C'est une action de base Dans la police nationale Et dans la gendarmerie nationale Qui permet de détecter Bien des auteurs d'infractions Il y a plein d'actions Plein d'arrestations De délinquants Qui commencent par Des contrôles d'identité J'attire l'attention aussi Sur le fait qu'en matière De lutte antiterroriste Le contrôle d'identité C'est quelque chose De fondamental

14:09
Présentateur

Donc vous ne voulez pas Mettre fin à ce contrôle d'identité Et ne voulez pas Complexifier encore L'action de la police Quand vous entendez Sophie Binet La nouvelle patronne de la CGT Qui dit Il y a un racisme Systémique dans la police Qu'est-ce que vous répondez ?

14:22
Laurent Nuñez

Ecoutez Sur ce sujet Je suis également choqué J'ai laissé à penser Qu'il y aurait Finalement Chez les policiers Une forme de racisme Structurel C'est absolument Insupportable Tout ça repose Sur quelques cas Qui ont été Systématiquement Sanctionnés Administrativement Souvent en même temps Judiciairement Je trouve que c'est Faire un très mauvais procès Aux policiers Aux gendarmes Il n'y a pas de racisme Dans la police La police C'est une police Qui est diverse Déjà D'une part La police C'est la diversité Il y a beaucoup De jeunes gens De jeunes femmes Qui sont aussi Suits de l'immigration Dans la police nationale

14:57
Présentateur

Mais il y a des policiers racistes

14:59
Laurent Nuñez

Il y a des policiers Qui ont pu avoir Des comportements Des gestes déplacés En nombre limité Et qui ont été sanctionnés De là à dire Que structurellement La police est raciste Je pense que c'est Franchement C'est inacceptable Pour moi Je ne peux pas Vous comprendrez Que ça m'est complètement Insupportable d'entendre ça Il y a une telle déontologie Dans la police nationale Vous savez On ne pardonne pas grand chose On ne pardonne pas grand chose Quand il y a des dérapages Il y a tout de suite Des enquêtes Il y a des sanctions Donc voilà Je crois qu'il faut Il faut quand même Raison garder Et puis surtout Ça renvoie Ce genre de phrase Finalement Légitime Le ressentiment Et la violence Qu'il peut y avoir Vis-à-vis des forces de l'ordre

15:32
Présentateur

C'est presque une incitation Au rejet des forces de l'ordre

15:36
Laurent Nuñez

En tout cas C'est une forme de rejet Des forces de l'ordre Oui La police Il ne faut pas oublier Que la police Elle est là pour protéger les gens C'est d'abord son métier premier C'est sa mission première Et c'est leur grande fierté De le faire

15:45
Présentateur

Vous dites qu'il y a une déontologie Mais il y a peut-être Un problème de recrutement Il y a peut-être Un problème de formation Quand Gérald Darmanin Lui-même dit cette phrase Je la cite Ce que nous recrutons C'est souvent des enfants Pour reprendre votre mot Dit-il Ce n'est pas le mot Qu'il utilise Mais il le reprend à son compte Il dit Ce sont souvent des enfants De 18, 19, 20 ans Qui n'ont pas fait de grandes études Qui choisissent le service De la nation Par la gendarmerie Je ne suis pas à la tête Du ministère de la justice Où les gens passent Des concours à Bac plus 4 Bac plus 5 C'est méprisant quand même Non ?

16:13
Laurent Nuñez

Non c'est pas méprisant du tout Ça a été pris comme tel

16:16
Présentateur

Par un certain nombre de syndicats

16:17
Laurent Nuñez

Qui n'osent pas forcément

16:19
Présentateur

Le dire tout Mais qui n'ont pas forcément Très bien pris cette phrase

16:21
Laurent Nuñez

C'est la réalité De la sociologie De la police nationale La police nationale C'est aussi une grande machine A promotion sociale Oui il y a des gens Qui rentrent Avec des niveaux Qui peuvent être différents Que ceux dans d'autres administrations Et le ministre l'a dit Et qu'est-ce que ça change ? Le ministre l'a rappelé Il y a toute une formation Il y a presque un côté Il y a un cursus de formation

16:42
Présentateur

Il y a un cursus de formation

16:44
Laurent Nuñez

Qui est tout à fait remarquable Que le ministre a étendu d'ailleurs Qui est passé de 8 mois A 12 mois Avec des formations continues En cours de carrière Donc voilà Je ne vois pas Où est le problème Franchement je ne vois pas le problème Mais est-ce qu'il faut

16:56
Présentateur

Que les formations Soient encore davantage Allongées Approfondées

17:00
Laurent Nuñez

Oui bien sûr Mais le ministre il travaille Il nous demande De renforcer ses formations Notamment les formations Vous êtes faveur Vous estimez Que ces formations

17:05
Présentateur

Aujourd'hui sont insuffisantes

17:07
Laurent Nuñez

Le ministre a souhaité Que nous en fassions plus Je ne dirais pas Qu'elles sont insuffisantes Le ministre veut Que nous en fassions plus C'est ce que nous faisons Vous savez 45 minutes 46 minutes Je crois Que secondes Pardon D'un propos du ministre De l'Intérieur Sorti complètement de son concept C'est par rapport A ce que vous me disiez Qu'avait dit La secrétaire générale De la CGT Sur le racisme Dans la police Je crois Il y a des phrases Qui font beaucoup plus mal Qui nous font beaucoup plus mal Aux organisations syndicales De police Que ce que vous rapportez De ce qu'a dit le ministre Et encore une fois Qui a complètement été déformé Détourné Vous savez Ce qu'a dit Madame Bienet C'est très grave Parce qu'elle essaie Ce qu'il y a derrière tout ça C'est qu'on essaie De laisser à penser Aux jeunes Notamment des quartiers Que finalement Ce qui est arrivé Aux jeunes C'est parce qu'il était D'origine étrangère C'est ça Ce qu'on essaie de dire C'est ça Ce qui est sous la sens C'est ça Ce que disent Un certain nombre De responsables politiques Et ça c'est très grave Parce que je considère Que ça ne contribue Certainement pas A l'apaisement

18:00
Présentateur

Laurent Nunez Parmi les décisions Que vous avez prises Pour éviter tout débordement Ce week-end Il y a cette interdiction Des manifestations Je cite Liées aux émeutes Ça veut dire quoi ?

18:08
Laurent Nuñez

C'est très clair C'est à dire Qu'on a eu Un épisode De tension De violences urbaines Très fort Et donc Nous n'avons pas souhaité Qu'il y ait Des manifestations Qui puissent être organisées Dans la foulée En tout cas Vous pensez A la manifestation De la famille Traoré par exemple Dans des périodes Trop rapprochées Nous n'avons pas souhaité Qu'il y ait Ce type de manifestations Parce qu'elles sont porteuses De risques De troubles à leur public Donc c'est pour ça Que des décisions Elles sont porteuses de ça

18:36
Présentateur

Elles sont prétextes à ça Ou est-ce qu'elles ont La volonté Est-ce qu'une manifestation Comme celle de la famille Traoré

18:41
Laurent Nuñez

Il y a des risques

18:41
Présentateur

Avaient souhaité La concentration

18:45
Laurent Nuñez

Écoutez Dans le contexte Cette manifestation Elle devait avoir lieu Dans le Val d'Oise Persan Beaumont Dans le contexte Où les violences urbaines Assez sérieuses Avaient eu lieu Où il y a eu Des destructions De bâtiments publics Sur ces communes Dans ce contexte Cette manifestation Était porteuse de troubles À leur public C'est le préfet Qui a pris un arrêté C'est le tribunal administratif Ensuite voulu faire Cette manifestation à Paris Dès le lendemain Sans préavis d'ailleurs J'ai été informé Moi le soir Donc j'ai évidemment Fait savoir Que je l'interdisais Pour les mêmes motifs

19:11
Présentateur

Il y en a une autre Qui est prévue samedi Vous l'interdirez

19:13
Laurent Nuñez

Bien sûr Mais bien sûr J'ai lancé hier Une lettre La procédure Ce qu'on appelle La procédure contradictoire J'ai écrit aux personnes Qui veulent organiser Cette manifestation Pour leur demander D'y renoncer Et si elles ne le font pas Je prendrai un arrêté d'interdiction Mais vous savez Hier soir j'ai interdit Deux manifestations Deux soutiens Aux policiers Auteurs Dans l'affaire Naël Ah donc il y a

19:34
Présentateur

Des manifestations De l'autre côté également

19:36
Laurent Nuñez

Mais bien sûr

19:36
Présentateur

Et que vous interdisez

19:37
Laurent Nuñez

Tout le temps Il n'y a pas de poids Deux mesures Pour les mêmes motifs Nous ne souhaitons pas Qu'il y ait Dans un temps rapproché De la période Que nous avons vécu Des manifestations Qui puissent avoir lieu Parce qu'elles sont porteuses Qui avait organisé Ces manifestations ? C'était des mouvements Des collectifs de policiers Les femmes Femmes de policiers En colère je crois Et puis un autre collectif De policiers Qui ne sont pas Des organisations syndicales Qui avaient organisé Qui avaient déclaré Des manifestations Je leur ai écrit Et d'ailleurs Je dois dire que D'elles-mêmes Elles ont au final Renoncé à l'organisation De ces manifestations Ce qui me paraît plus âge

20:09
Présentateur

Vous n'avez donc pas eu A officiellement les interdire Vous les avez découragées

20:12
Laurent Nuñez

Pour l'une d'entre elles Oui mais la personne L'organisateur fait savoir Qu'il l'exécuterait Mon arrêté En tout cas samedi Je vous confirme Le ministre l'a d'ailleurs L'a rappelé hier Que j'interdirais évidemment La manifestation du 15 juillet Chiara de République Qui veut le samedi 15 juillet Chiara de République A Nation Sur le thème du racisme Dans la police Les violences policières

20:29
Présentateur

Qui aurait été De République A Nation

20:31
Laurent Nuñez

Mais de toute façon Cette manifestation N'aura pas lieu Pas plus qu'en réalité

20:35
Présentateur

Vous dites ça Puis la dernière fois Elle a finalement Même eu de manière sauvage Mais elle a quand même eu

20:39
Laurent Nuñez

On l'a dispersé On l'a dispersé En prenant d'ailleurs Beaucoup de gants Vous l'avez noté J'avais des effets

20:44
Présentateur

Il y a ces images Évidemment du frère D'Adama Traoré

20:46
Laurent Nuñez

On peut revenir là-dessus

20:47
Présentateur

Allez-y

20:47
Laurent Nuñez

Mais on peut revenir Mais en tout cas La manifestation elle-même Elle a été empêchée Puisque nous avons refoulé Les personnes qui se sont présentées En violation de la loi Sur la place de la République De manière Vous avez noté Extrêmement calme Moi j'avais des effectifs Qui n'étaient Pour ceux qui sont intervenus Sur la manif Pas casqués etc

21:02
Présentateur

Mais dites-nous un mot Le frère d'Adama Traoré

21:06
Laurent Nuñez

Je vais vous le dire Je vais vous expliquer Ce qui s'est passé Et il n'y a pas un monde Où ça se serait passé différemment Vous avez M.

Traoré Qui à un moment Où les forces de l'ordre Ont voulu pénétrer Sur la place de la Où les manifestants Ont voulu investir La place de la République Ils ont avec quelques-uns Forcé le barrage des policiers Et à ce moment-là Il y a des violences Qui ont été commises Des violences Qui ont été commises Qui sont d'ailleurs documentées Il y a une enquête judiciaire Et la réalité des faits Sera établie En tout cas moi Ces vidéos je les ai vues J'étais à la salle de commandement Donc ce monsieur Effectivement A forcé à plusieurs reprises Le barrage A insulter les fonctionnaires De police A violenter les fonctionnaires De police Évidemment Dans ces cas-là On n'interpelle pas tout de suite On va pas créer Un trouble à l'ordre public Plus grand que celui Qu'on veut contenir On interpelle Après la manifestation A la dispersion Et c'est ce qui s'est passé Et donc vous avez eu Ces images effectivement De la Bravem Qui a interpellé Monsieur Traoré De manière vigoureuse Mais c'est toujours comme ça Quand un individu Refuse d'être interpellé Et je tiens à préciser Que j'ai sept plaintes De fonctionnaires de police Contre monsieur Traoré Pour des violences Et que j'ai un fonctionnaire Qui a été blessé A cette occasion également

22:06
Présentateur

Et l'IGPN a d'ailleurs A été saisie Laurent Nunienne Préfet de police de Paris Merci d'avoir répondu A mes questions