Bonjour chez vous ! du 20 octobre 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:04OuverteRéponse directe
La France est-elle sous influence ? Ces ingérences sont-elles en partie responsables des violences de ces derniers jours ?
- 9:00RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous pensez que les Gilets jaunes ont raison d'appeler à nouveau à manifester samedi ?
- 9:58FerméeÉludée
Emmanuel Macron aurait-il dû décréter l'état d'urgence ?
- 13:17OuverteRéponse directe
Les couvre-feux ciblés dont Sébastien Lecornu se félicite ce matin, c'était nécessaire ?
- 13:51RelanceÉludée
Est-ce qu'il aurait fallu aller plus loin ?
- 18:06OuverteRéponse directe
Qui doit payer, selon vous, la réparation des dégâts ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:43Invité politiqueFait
« j'ai honteux de ce que vous faites, pétain ! »
- 2:36Locuteur 5Chiffre
« Depuis samedi, plus de 3000 commerces ont été dégradés ou pillés. »
- 2:50PrésentateurChiffre
« Il y a eu 2513 gardes à vue au moment où je parle. »
- 2:54PrésentateurChiffre
« Il y a 67 personnes qui sont déjà incarcérées, alors qu'on n'en est qu'au tout début des condamnations. »
- 3:14Locuteur 9Fait
« pour certains, c'est le manque de moyens chez les forces de l'ordre qui a conduit à de telles failles sécuritaires ce week-end. »
- 4:37Locuteur 6Fait
« ce qui est du jamais vu et inédit, pour venir défendre leurs revendications très légitimes et que nous avons soutenues. »
- 5:31PrésentateurChiffre
« l'ensemble des oppositions et même des députés du camp gouvernemental ont massivement rejeté le plafonnement d'un abattement fiscal pour les retraités censé rapporter 1,4 milliard d'euros à l'État. »
- 6:05PrésentateurFait
« les discussions ont porté sur des stocks de kérosène et de diesel à Oman, près du détroit d'Hormuz, et susceptibles d'être livrés dans des territoires d'outre-mer. »
- 6:19PrésentateurChiffre
« 8 départements en vigilance orange aujourd'hui pour des pluies, inondations et des orages. »
- 6:27PrésentateurChiffre
« On fait 4 morts. »
- 10:06Invité politiquePromesse
« la première chose, nous, les socialistes, nous demandons une commission d'enquête, un débat cinquantirien. »
- 11:14Invité politiqueFait
« Quand je vois que les décommerçants qui ont perdu parfois les économies d'une vie parce que des casseurs, des pilleurs sont venus tout saccager. »
- 15:18PrésentateurFait
« Passer en qualification de criminalité organisée, c'est un peu inédit. »
- 26:46PrésentateurChiffre
« tripler les peines encourues pour la diffusion de fausses informations en contexte électoral. »
- 26:53PrésentateurChiffre
« Le texte prévoit une peine de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende au lieu d'un an et 45 000 euros d'amende aujourd'hui. »
- 35:25PrésentateurFait
« il y a eu une espèce de connexion un peu bizarres entre des gens très politisés et puis des voyous de banlieue »
- 45:14PrésentateurChiffre
« Gérald Darmanin parlait hier soir de 67 personnes incarcérées »
- 45:21PrésentateurFait
« La loi Casseur-Payeur, vous allez l'examiner mardi prochain ici au Sénat »
- 55:40Locuteur 2Chiffre
« Près de 600 commerces ont été détruits à Marseille »
- 59:51Locuteur 6Chiffre
« nous avons une franchise de 2 millions d'euros »
- 1:00:30Locuteur 6Fait
« On a une volonté de déstabilisation de notre pays, c'est très clair, à la fois par l'extrême-gauche, par les Gilets jaunes, par aussi des organisations qui prônent l'intifada »
- 1:01:10Locuteur 6Fait
« Il faut une mobilisation. Il faut que l'État aussi envoie des signaux très forts en régulant les plateformes, en particulier TikTok »
- 1:02:46PrésentateurChiffre
« les violences qui se sont multipliées, l'exécutif qui durcit, la réponse pénale, Gérald Darmanin qui annonce ce matin que 123 personnes ont été incarcérées »
- 1:03:10Locuteur 5Fait
« c'est le bordel partout »
- 1:03:57Invité politiqueFait
« C'est le bordel partout, oui. Et le bordel, la faute à qui ? »
- 1:03:57Invité politiqueFait
« C'est le bordel partout, oui. »
- 1:04:38Invité politiqueFait
« Tout a été en sous-effectif, moi je veux bien. »
- 1:05:10Invité politiqueFait
« La République est attaquée, il faut être dur, sévère... »
- 1:05:15Invité politiqueFait
« Mais tout le monde ! Gabriel Attal, Raphaël Guzman, Bruno Rotaillot, sérieusement, ça va être quoi si un jour on avait les rues vraiment jonchées de cadavres, parce qu'il y a des attentats ? »
- 1:08:43Invité politiqueChiffre
« Je vois ces 14 mois de prison dont 6 mois fermes, etc. »
- 1:09:01Invité politiqueFait
« Quand vous vous retrouvez à piller un magasin, que vous terrorisez les employés pour aller vous piquer, pour aller voler la dernière paire de Nike, objectivement, moi, je n'en tire aucune leçon anthropologique et migratoire. »
- 1:12:38Invité politiqueFait
« J'ai été sidéré de voir, par exemple, je cite des marques, pardon, mais la boutique Sephora à Poitiers se faire complètement vandaliser. »
- 1:13:55Invité politiqueFait
« On ne va pas au corps à corps. On préfère laisser piller parce qu'il y a aussi le traumatisme de la mort de Malek Ousekine. »
- 1:16:47Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron n'agit pas assez vite, ne prend pas la mesure, etc. »
- 1:17:53Invité politiqueFait
« On a laissé pourrir cette situation des Gilets jaunes alors qu'au bout d'un mois, il suffisait peut-être de les recevoir. »
- 1:24:59Invité politiqueFait
« Si vous interdisez la France insoumise, elle renaîtra sous une autre forme. »
- 1:25:03Invité politiqueFait
« Je suis très étonné parce que dans cette espèce de marée délirante, Larcher reste quand même à mes yeux comme une sorte de pôle de stabilité républicaine. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Rachid Temal9 %
- ?5 %
- Locuteur 23 %
≈ 25,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver. Comme tous les jours, on fait le tour des sujets qui font votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme. La France, toujours sous le choc et en colère après les violences du 17 octobre. L'exécutif veut durcir la réponse pénale. Une nouvelle mobilisation est annoncée samedi. De nouvelles violences pourront-elles être évitées ? L'exécutif est-il débordé ? Dans une demi-heure, on reçoit Hervé Marseille, le président de l'UDI, président du groupe centriste, ici au Sénat. Le gouvernement qui pointe du doigt l'extrême gauche, la droite qui fait le lien avec la politique migratoire, qui est responsable du bordel.
Pour reprendre le mot de Sébastien Lecornu, le débat dans une heure entre nos éditorialistes, Yves Tréhard et Françoise Degoy. Et puis à la une de nos régions, on ira à Marseille, où Laurent Nunes s'est rendu hier soir après le saccage de la mairie et de nombreux commerces. Olivier Biscay, le directeur de la rédaction de la Provence, sera avec nous et nous entendrons les maires en colère.
On
sera également en duplex avec Christophe Rouillon, le maire de Coulennes, dans la Sarthe. Faut-il voir la main d'ingérences étrangères dans ces violences ? Le sénateur socialiste Rachid Temal est avec nous. Bonjour, merci d'être là. Vous êtes le rapporteur du projet de loi examiné cet après-midi dans l'hémicycle du Sénat sur la question des ingérences étrangères. Les
maires
vont-elles perturber la campagne présidentielle ? On en parle dans quelques instants. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.
On
va voir le journal avec Clémentine Nouise. Bonjour Clémentine.
Bonjour
Ariane. A la une de ce mardi 20 octobre, les premiers couvre-feux sont donc entrés en vigueur. Oui, à Lille, à Lyon ou à Paris, certains quartiers étaient complètement bouclés hier soir. On en parle avec Clément Guillauneau.
Une
place de la République déserte à Paris. Première nuit de couvre-feu dans certains quartiers de la capitale, mais aussi à Bordeaux, Lille, Nice ou encore ici à Lyon. Après 48 heures de violence et de pillage, c'est le Premier ministre lui-même qui a incité les préfets à prendre de telles mesures partielles et localisées.
On a un bordel, trivial, pardon ce mot, qui est très localisé sur des centres urbains. Aussi, j'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels,
dans lesquels les préfets vont faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d'industrie, parce que l'un des enjeux de ce couvre-feu, c'est la protection des personnes, mais aussi des biens et singulièrement des commerces.
Depuis samedi, plus de 3000 commerces ont été dégradés ou pillés.
Il
va me rembourser, moi.
Mais
j'ai honteux de
ce
que vous faites, pétain !
Hier, le garde des Soies demandait au parquet de requalifier les violences du week-end en criminalité organisée.
Il y a eu 2513 gardes à vue au moment où je parle. Il y
a
67 personnes qui sont déjà incarcérées, alors qu'on n'en est qu'au tout début des condamnations. C'est un chiffre important, 34 rien que dans la cour d'appel d'Aix-Marseille.
Et
nous avons des dizaines d'informations judiciaires, c'est-à-dire que les procureurs de la République ont saisi le juge, le juge d'instruction, pour que les actes criminels soient poursuivis.
Alors qu'un relatif retour au calme a débuté hier, pour certains, c'est le manque de moyens chez les forces de l'ordre qui a conduit à de telles failles sécuritaires ce week-end.
Vous savez, derrière les annonces parfois martiales de l'État, il faut regarder la réalité des moyens. Notamment dans les villes moyennes, où on a très peu de police nationale. On a des bons policiers nationaux, il faut les soutenir. Mais ils sont très peu nombreux. Le temps qu'ils arrivent, qu
'ils
se regroupent, que les ordres soient données, l'embrasement a déjà eu lieu. Or, on sait que sur toute crise, sur tout risque majeur,
plus
on intervient vite auprès de ceux qui détruisent, qui nuisent, mieux on protège l'ordre public.
La coordination des Gilets jaunes a annoncé un acte 2 des manifestations pour samedi prochain. Le ministre de l'Intérieur a déjà promis hier soir à Marseille un dispositif policier plus important que ce week-end.
Hier à midi, des rassemblements avaient lieu devant les mairies pour défendre les valeurs de la République. On écoute le maire de Paris,
le
maire de Lille et de Toulouse.
Il y a 6 mois avant les prochaines élections présidentielles. 6 mois. Et 6 mois, c'est très long dans ces
circonstances. Et donc il faut que le gouvernement démontre sa capacité à continuer à maintenir un minimum de continuité d'action de l'État et ne pas laisser prendre ce sentiment d'effondrement, de
déstabilisation par quelques-uns. Nous ne ferons jamais l'amalgame entre les casseurs qui étaient là samedi et les manifestants qui étaient près de 50 000 à Lille, ce qui est du jamais vu et inédit, pour venir défendre leurs revendications très légitimes et que nous avons soutenues. Voilà ce qu'on a voulu dire par ce rassemblement et dire que notre mairie tient, que le service public tient.
J'observe qu'on n'a parlé que des violences, c'est-à-dire que les revendications légitimes des manifestants ont été totalement invisibilisées par ce qui s'est passé, ce qui est une autre manière d'atteindre la démocratie et de l'affaiblir.
Et
Sébastien Lecornu recevra les syndicats demain matin à 10h30. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nouniès et le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou seront présents.
À
l'Assemblée, les députés font une pause dans l'examen du budget de l'État pour s'attaquer à celui de la Sécu. Oui, après une semaine de discussion qui n'a pas fait émerger de compromis sur le texte du gouvernement, privés de majorité, l'ensemble des oppositions et même des députés du camp gouvernemental ont massivement rejeté le plafonnement d'un abattement fiscal pour les retraités censé rapporter 1,4 milliard d'euros à l'État. Rejet en bloc également des efforts demandés aux collectivités. Et face à l'impasse, les députés mettent en pause le budget de l'État et pencheront aujourd'hui sur le budget de la Sécurité sociale. Le budget de
l
'État reviendra potentiellement le 27 octobre avec encore 2 500 amendements en menu. Emmanuel Macron a tourné dans les pays du Golfe pour sécuriser les approvisionnements énergétiques. Oui, le président était hier au Koweït et les discussions ont porté sur des stocks de kérosène et de diesel à Oman, près du détroit d'Hormuz, et susceptibles d'être livrés dans des territoires d'outre-mer.
Et
puis alerte sur un épisode méditerranéen en cours. Oui, 8 départements en vigilance orange aujourd'hui pour des pluies, inondations et des orages. Et en Espagne, au même moment, de fortes pluies en suivi d'inondations. On fait 4 morts. Les autorités ont appelé la population de la région de Valence à rester chez elle et éviter tout déplacement. Merci Clémentine. On se retrouve dans quelques instants. Vous nous direz ce que contient le projet de loi qui est examiné cet après-midi au Sénat sur la question des ingérences étrangères.
Rachid Temal, vous êtes sénateur socialiste du Val d'Oise, vice-président de la Commission des affaires étrangères au Sénat et donc rapporteur de ce projet de loi sur les ingérences étrangères que le Sénat examinera cet après-midi dans un contexte particulier. La France est-elle sous influence ? Ces ingérences sont-elles en partie responsables des violences de ces derniers jours ? Comment les expliquer ? L'exécutif a-t-il tiré les leçons ? On commence par ce qui pourrait se passer dans les prochains jours. Les Gilets jaunes qui annoncent donc une nouvelle journée de mobilisation samedi.
Au vu de ce qui s'est passé samedi dernier, est-ce que vous pensez qu'ils ont raison d'appeler à nouveau à manifester
? Je
pense que la meilleure réponse, c'est d'abord l'état de droit. Rappelez qu'il y
a
des règles d'entre-pays et donc la règle qui est le droit à la manifestation dès lors qu'elle est déclarée avec toutes les obligations et les contraintes, il faut la permettre. Mais d'ailleurs, comme les lycéens, parce que ce qu'évoquaient d'ailleurs, j'ai entendu tout à l'heure les maires, je salue ce qu'ils ont dit, mais notamment, si je reprends les trois maires, et notamment celui de Toulouse, qui n
'est
pas de mon bord politique, mouvement
social
dans ce pays, les lycéens depuis plusieurs semaines, et puis aussi beaucoup qui disent le travail ne paie plus quand on travaille, on n'arrive plus à faire en sorte qu'on donne suffisamment à manger à nos enfants, etc. Pour ces gens-là, il y a un mouvement social,
il
y
a
des revendications, et je pense que d'abord, il faut les entendre, il faut aussi que l'Ouvalement accepte d'ouvrir des discussions pour y répondre. Ça, c'est le premier sujet. Et la démocratie, c'est de rappeler que dans ce pays, on peut avoir des revendications
manifestées
dans le respect. Voilà, il y
a
un service public de la sécurité, et ça peut fonctionner. Et je crois que le premier sujet du gouvernement aujourd'hui,
c
'est de répondre à ces revendications-là. Puis il
y a
un deuxième sujet, qui doit être les deux en parallèle, qui est la sécurité, parce que justement, effectivement, nous le disons, la sécurité, c'est une valeur de gauche, dès lors qu'elle est, bien sûr, inscrite dans l'État de droit. Et donc, on doit pouvoir avoir un service public de qualité en termes de sécurité, et donc faire en sorte que les habitants puissent manifester
si on le souhaite. – Oui, mais sauf qu'il
y a eu des mobilisations samedi
qui se sont très bien passées. Pardon, il n'y a pas
eu de violences partout. Il y a eu des mobilisations dans le pays qui se sont très
bien
passées, mais il y a eu aussi,
en marche des corps faits officiels, des violences. On ne peut pas le nier, des
violences de la casse,
des pillages. Est-ce que rappeler de nouveau à la mobilisation
samedi, ça ne laisse pas craindre et ça ne laisse pas la porte à de nouvelles violences, à de nouveaux pillages, à de nouvelles casses
? – Mais attendez, oui, il y a deux, je dis qu'il faut, j'ai répondu aux deux. Je crois que justement, pour l'État de droit,
c
'est de permettre les deux, la possibilité de manifester et le droit à la sécurité. Ça marche ensemble. Donc ensuite, si vous me disiez, qu'est
-ce
qui s'est passé ? La première chose, nous, les socialistes, nous demandons une commission d'enquête, un débat cinquantirien, pas pour emmerder, en ce moment-là, le gouvernement, et parce que justement, pour comprendre ce qu'il s'est passé et comment on peut y répondre,
parce
que quand vous avez le ministre en charge de la Sécurité, le ministre de
l
'Intérieur, qui au lieu de main explique sur une radio qu'il a proposé sa démission, c'est qu'il répond bien à une problématique, il y
a
eu un problème, une défaillance, un sujet. – Emmanuel Macron
a dû
l'accepter, selon vous ?
–
Moi, je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il doit démissionner ou pas. Je prends juste note qu'un haut fonctionnaire comme M. Niès, quand il dit, je ne prends pas en dédition, c'est qu'un défaillance sujet. Donc je pense que la première question, c'est pourquoi il y
a
eu cette situation ce week-end ? Comment nous pouvons y répondre ? Je pense que c'est beaucoup plus intéressant que ceux qui veulent nous dire on a droit à manifester et pas à manifester. Voilà, je le dis. Donc moi, je ne lâcherai aucun des deux. C'est pour ça que l'État de droit, c'est la capacité à manifester dans notre pays dès lors qu'on respecte les règles et la sécurité qu
'on
doit donner aux citoyens, aux biens et aux personnes. C'est ça l'État de droit. Il ne faut pas lâcher parce que justement, on évoquera déjà les ingérences ou autre chose, ou des complotistes, ces gens-là veulent
qu
'on bascule dans autre chose que l'État de droit. Et donc la meilleure réponse
à
tous ces gens, c'est justement de rappeler que nous sommes une grande démocratie, une démocratie mature pour notre pays, c'est pouvoir encore une fois faire manifester et être en sécurité. Je reviens deux secondes sur ce que vous avez dit. Vous demandez une commission d'enquête. La commission des lois a annoncé hier qu'elle a lancé une mission d'information. Pour vous, il faut aller plus loin et il faut une vraie commission d'enquête
?
Alors, ce n
'est
pas qu'il y
a
de vraies et de fausses. Vous savez bien que quand on a une mission d'information,
les pouvoirs sont moins. Ce ne sont
pas les mêmes choses. Quand vous avez une commission d'enquête, tout le monde est obligé de venir et surtout vous avez accès à tous les documents. Donc il faut qu'elle soit dotée des pouvoirs d'enquête ? Oui, il faut qu'elle le soit parce qu'il faut aller vite, comprendre ce qui s'est passé. Et moi, je salue également ce qu'ont fait les forces de police qui ont été sur place. Quand je vois que les décommerçants qui ont perdu parfois les économies d'une vie parce que des casseurs, des pilleurs sont venus tout saccager. Quand je vois les collectivités, les mairies attaquées. Là-dessus, il n
'y a
pas de sujet.
Ne faisons pas des
faux sujets là-dessus. Je rappelle, quand on est en responsabilité, on n'est pas là pour commenter. C'est pour ça que je dis bien l'état de droit, manifestation, sécurité. Et vous demandez également un débat 50-1, c'est-à-dire un débat au Parlement avec le gouvernement ? Oui, parce que là aussi, je veux dire. Mais débat sur quoi
?
Sur comment, aujourd'hui, ce qui s'est passé, comment on
peut
améliorer les conditions de sécurité et la capacité à manifester. Je crois que d'ailleurs… Donc
vous demandez qu'au Premier ministre de venir devant le Sénat ? C'est dans l'intérêt de
tout le monde. Je crois que c'est dans l'intérêt, encore une fois, de
tout
le monde d'avoir un débat mature au Parlement pour comprendre ce qu'il s'est passé.
Vous demandez au Premier ministre de venir s'expliquer ? Bien sûr, on lui a
déjà écrit, bien sûr. Il
vous a répondu ?
Pas encore. Mais j'espère rapidement. Parce que derrière ça, c'est aussi… Le service public de la sécurité, que ce soit les fonctionnaires de police, de gendarmerie, etc., même jusqu'à
ce qu'on
voit au sapeur-poupier et autres, tous ces gens-là, on leur doit également, en tant que responsable, on leur doit d'avoir les capacités de faire leur boulot
en
toute sécurité. Manifestement, ça n
'a
pas été le cas. Et puis,
il
y
a
aussi… Je suis contre toute forme de violence. Il y
a
aussi quelques actes de violence dans les manifestations, notamment, je pense, contre les lycéens, contre des habitants. Moi, je vois dans mon département un jeune homme qui a eu la mâchoie arrachée. Il faut aussi, là aussi, qu'on soit extrêmement clair. La sécurité, bien sûr. Il y
a
des forces de sécurité qui ont… Mais quand il y a des rapages, il faut qu
'ils
soient sanctionnés. Mais pour ça, il faut comprendre à chaque fois ce qui s'est passé. Ça s
'appelle
des enquêtes. Donc, vous voyez ? Donc, il faut être responsable. Je dis ça parce que j'entends depuis 24 heures, 48 heures, beaucoup de gens, des grandes déclarations martiales, il y
en
a pour tous les goûts, etc. J'ai bien compris, il y
a
une élection présidentielle. Mais moi, je ne
suis
pas candidat à
l'élection
présidentielle, c'est plus simple peut-être pour moi. Je le dis, il faut à un moment donné, dans la crise, rappeler quelles sont nos valeurs et agir, agir. Mais pour agir, il faut comprendre ce qui s'est passé. Et donc, c
'est
ça notre approche à nous. – Le gouvernement qui prend des mesures, notamment ces couvre-feux ciblés, dont Sébastien Lecornu se félicite ce matin, il dit que ça a permis le retour au calme. C'était nécessaire ? C'était les bonnes mesures
? –
Ce qui était dramatique de ces derniers jours, c'est par exemple l'intervention du Président public. Pour rien.
D
'ailleurs, il disait des choses quand en plein Paris,
il
y avait encore des actes de pillage. Vous voyez ? Donc après, comment voulez-vous que les Français se disent je vais aller voter, je ne
vais
pas basculer dans des extrêmes, etc. Comment je vois tout cela ? Donc, il y a des mesures qui sont prises en accord avec les maires. Donc, dès lors, c'est en accord avec les maires, il faut les maintenir. Et vous savez, quand on met les forces de police la nuit,
il
y a tout un système aussi de rotation. Il faut tenir dans la durée parce qu'on risque d'avoir… –
Mais est-ce qu'il aurait fallu aller plus
loin ?
Est
-ce qu'Emmanuel Macron aurait dû décréter l'état d'urgence
? – Je
ne le crois pas.
Je
ne le crois pas.
Je
crois que… Là aussi, attention à passer des étapes parce que ça fait des slogans sans d'abord, un, répondre aux problématiques que j'ai évoquées et deux, c'est toujours la fuite en avant avec des capacités. Donc, je crois que… Les choses sont là. Il y a toujours une, parfois, des pires. Mais par exemple, regardez. Tout à l'heure, j'écoutais en venant une radio où il fallait, il faut que le gouvernement houspille les plateformes numériques pour ne pas qu'il y ait de la revente de Mattel volée.
Donc,
elle devrait le faire d'elle-même.
Elle
devrait le faire d'elle-même. Comment on peut accepter ça ? Vous voyez, la responsabilité, ce n
'est
pas seulement les policiers,
ce
n
'est
pas seulement le gouvernement, ce n
'est
pas seulement l'opposition, c'est tous les acteurs. Et quand il faut effectivement dire à des grandes entreprises « attention sur vos plateformes », elles auraient dû le faire dès samedi. Donc, vous
voyez,
c'est un ensemble de choses qu'il faut porter collectivement. Le gouvernement qui veut aussi durcir la réponse judiciaire. On va écouter le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, invité hier soir du 20h de TF1.
Il
y
a
surtout des moyens juridiques à obtenir. J'ai envoyé ce matin une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ce qui s'est passé. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire d'abord qu'on
pourra passer les gardes à vue de 48 à 72 heures pour que les services de police puissent faire leur travail vu l'afflux de gardes à vue.
Passer en qualification de criminalité organisée, c'est un peu inédit. Alors, ça permet, comme le dit Gérald Darmanin, les gardes à vue. Ça permet aussi de la reconnaissance faciale. Ça permet des écoutes. Bref, des moyens d'enquête plus poussés. Il a raison
?
En tout cas, ce que j'ai de comprendre,
c
'est qu'il y avait d'ores et déjà des gens qui avaient été condamnés puisque j'ai vu que… Il
y a
67 incarcérations. Voilà. Puis des gens, des compétences légales.
C'est de la
détention provisoire. Oui,
mais
je parlais moins des gens qui ont été condamnés depuis parler des tribunaux. Après, il faut s'assurer que ceux qui le proposent tiennent la route juridiquement. Et moi, je veux dire qu'on donne des moyens d'enquête supplémentaires. Mais là aussi, il faut penser plus globalement et non pas des accoudes et des grandes déclarations parce que j'ai entendu ce qu'a dit Madame la procureure de Paris et sur la qualification d'ailleurs d'ultra-gauche.
Elle
a dit, mais attendez, moi je suis incapable de vous dire que ces gens-là se font de quoi. Il y a aussi des gens qui viennent et qui ont pillé. Et ce qui est assez terrible quand on écoute les décisions de justice, c'est que vous avez à la fois des vrais pilleurs
et
puis vous avez des gens qui étaient là,
qui, monsieur tout le monde,
enfin monsieur tout le monde, d
'ailleurs
plutôt que madame, monsieur tout le monde, et qui ont basculé aussi dans la violence. Donc c'est à ça qu'il faut répondre. Elle
est
une de nos journaux régionaux. Ce matin, on va le voir, il y
a
beaucoup la colère des maires qui se sont rassemblés hier devant les mairies. On l'a vu dans le journal. Comment on répond à la colère de ces élus
?
D'abord, je crois qu'il y a des questions immédiates et des questions à moyen et à long terme. Immédiates, c'est des forces de sécurité parce que vous avez vu que les maires qui n
'ont
pas cette compétence-là, parfois se sont faits, je pense, j'ai vu les images du maire de Leon par exemple, se sont faits engueulés, du maire de Bordeaux également, engueulés par les commerçants. Sauf que ce n
'est
pas eux qui ont piloté le dispositif de sécurité. Donc il faut leur garantir que dans leur commune, il y aura des effets de sécurité de maintien de l'ordre au cas échéant durant la durée des opérations. Et puis après, ce qu'ils vous disent les maires, c'est que bien sûr, ils sont dévastés parce que des gens se tournent contre des services publics et donc détruisent ce qui est nécessaire au plus grand nombre. Quand vous détruisez une mairie, un centre social, etc., une école, c'est contre vous-même que vous détruisez ça, ce qui est assez faux. Il faut le dire aux pilleurs qui font plus de mal qu'autre chose à leurs cousins, leurs frères, à leurs soeurs, à leur famille, en tout
cas,
à leurs voisins. Et puis après, les élus vous disent qu'il y
a
un problème aussi sur les moyens qu'on leur donne pour agir au quotidien. Dans beaucoup d'endroits, ce qu'il reste de lien entre la République, le service public et les habitants, c'est ce que font les mairies. Donc on ne
peut
pas avoir des collectivités à qui on retire encore cette année. Enfin, le gouvernement propose de retirer encore des moyens et donc qu
'ils
vont retirer. D'ailleurs, j'en parlais avec la mère qui, par exemple, fait le repas à un euro dans les cantines scolaires. Si on lui rabote encore cette année, il ne pourra plus le faire. Et ça veut dire des gamins qui vont basculer, qui ne pourront pas manger décemment le midi, etc. Je pourrais comme ça prendre des dizaines d'exemples.
Mais juste
sur cette question des destructions, et notamment dans les communes, il
y
a aussi la question de la réparation. Qui doit payer, selon vous, la réparation des règles ? Il y a d'abord des assurances et je pense qu'ensuite, il faut la solidarité nationale.
Alors
je sais,
on
va me dire… Ça veut dire l'État ?
Ça
veut dire aussi l'État, bien sûr. Pas les casseurs
? Les
casseurs aussi, mais excusez-moi, on peut en parler des heures et des heures. Les casseurs peuvent être condamnés.
Il
n'y
a
pas de sujet. Vous
allez examiner
mardi prochain
et c'est au Sénat la loi casseur-payeur. Est-ce que vous allez la
voter
?
Il faut qu'il soit… Je vais en parler avec mon groupe. Mais il faut que… Mais ne faisons pas croire que la reconstruction de la mairie de Limoges passera par des amendes de celles et ceux qui, à Limoges, ont été arrêtées. Enfin, il faut aussi arrêter ce débat assez démagogue. Donc, que les gens soient condamnés
pour
des actes… Personne ne peut être con, je suis pour.
Mais
faire croire comme ça sur un plateau télé qu'ils vont réparer avec cet argent-là, on va réparer l'hôtel de Limoges, par exemple, ce n'est pas vrai. Donc, moi, je ne suis pas là pour vous dire n'importe quoi. J'ai vu assez de déclarations de n'importe quoi ce week-end et encore hier. Donc, je pense qu'il faut être sérieux. Donc, oui, il faut quand même les assurances arrivent vides,
d
'ailleurs, pour les commerçants comme pour les collectivités. Et oui, parfois, il faudra peut-être un fonds d'otation spécifique de l'État pour accompagner. On a pu reconstruire, par exemple,
est-ce
qu'il faut une souscription nationale ? Pourquoi pas ? On peut faire des choses pour dire aux gens « Voyez ce qui nous rassemble, c'est les mairies, c'est les maisons du peuple, rassemblons-nous. » Mais ne faisons pas sans l'encre que les casseurs vont pouvoir payer avec tout ça. Ce n
'est
pas vrai.
Sur
la loi casseur-payeur, la position de votre groupe n
'est
pas arrêtée ?
Elle sera arrêtée tout à l
'heure en groupe. Vous, personnellement, vous êtes plutôt pour la voter, pour vous abstenir ? Je vais regarder avec mon groupe. Moi, je suis respectueux de mon groupe.
La
droite, qui fait le lien entre ce qu'il s'est passé ce week-end et la politique migratoire, on va écouter le président, DLR et candidat
à la présidentielle, Bruno Retaille.
Ce
qui s'est passé hier, c'est cette convergence entre l'extrême-gauche et aussi des racailles, délinquants venant de banlieue. Eh bien, j'ai cité tout à l'heure Gérard Collomb, mais beaucoup d'hommes et de femmes politiques, ceux qui
acceptent
de voir la réalité telle qu'elle est,
et
les Français le savent, eh bien, oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires
et
ce qui s'est passé dimanche. Oui, je le dis, je l'affirme.
Il y
a
un lien entre une immigration massive et ce qui s'est passé
? Alors
là, on a surtout entendu un candidat à l'élection présidentielle qui d'ailleurs doit répondre lui-même à l'ISNA, et l'ISNA lui répondant la veille ou le...
C
'est aussi ça. En fait... C'est quoi ? C
'est
une chaleur à droite
?
Ben, j
'ai
le sentiment. Mais en tout cas, sur la qualification d'ultra-gauche, je vous le redis, la procureure du tribunal de Paris, qui est quand même un endroit où il y
a
eu, je crois, beaucoup de délits et de pillages, dit, elle, elle est incapable de vous dire cette qualification-là. Mais ça, on va y revenir,
Rachid
Temal, sur la question d'ultra-gauche, mais là, sur la
politique migratoire, est-ce qu'il y a un lien entre ce qui s'est passé ce week-end et la politique migratoire ? M. Trump fait le lien.
M. Trump fait le lien.
Gérard
Larcher aussi,
il dit,
c'est pas M. Trump, Gérard Larcher, il dit, nous payons le prix de nos renoncements dont l'échec de l'intégration et de la politique migratoire. Mais par exemple, encore une fois, je l
'ai
entendu tout à l'heure, à Metz, c'était un chef d'entreprise de 25 ans, qui était une entreprise qui est installée au Luxembourg, qui avait été condamné. Il avait entendu que c
'est
l'échec de l'immigration, non
?
Sur quelle base tous ces gens-là nous disent cela
? Sur
quelle fait
? Sur
quelle donnée ? Sur quel chiffre
? C
'est la question que je pose.
Il
y a M. Larcher
et
M. Retailleau. Sur quelle base ? Sur quelle donnée
? On
a entendu la question. Et puis après, sur la banlieue. En fait, là, c'est du prêt-à-porter de la droite, de la mauvaise droite depuis 25 ans, mais basé sur aucun fait. Donc moi, je sais ce qu'est l'immigration pour ce pays, je sais ce qu'il faut en faire. On peut avoir ce débat sur l'immigration. Mais à chaque fois que dans ce pays il
y a
un sujet, j'ai noté qu'une partie des chiquiers raccrochait toujours le mot immigration au bout de la troisième phrase. Maintenant, même au bout de la première phrase. Et justement, sur la responsabilité de l'extrême-gauche et de l'ultra-gauche pointée par la droite, mais aussi par l'exécutif. On écoute Sébastien Lecornu. Désormais, il est démontré qu'on a quand même un mouvement de l'ultra-gauche qui a envie d'organiser un
désordre, pour ne pas dire plus, un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle. Je crois que ça nous a été dit clairement par les services de renseignement ce matin. Il y a toute une nébuleuse qui même peut s'activer pour même remettre en cause même le calendrier de l'élection présidentielle et la tenue de l'élection présidentielle.
Il y
a une responsabilité de l'ultra-gauche de l'extrême-gauche. Invitez-le par l'heure. Ce que je note simplement,
c
'est que le début du mouvement lycéen, depuis le début, on nous annonce que c'est LFI. Moi, on a rentré des lycéens face
à
l'élection
et
pas LFI. Ce qu'ils vous disent sur leurs conditions de vie, sur leurs conditions, leur désespoir face à cette société, etc., c'est pas LFI
ou
je ne sais qui.
C'est aussi
ce qu'ils pensent eux. Donc, qu'il y ait des mouvements politiques
de
partout qui essaient de porter chose. Oui, sûrement et pourquoi pas. Mais arrêtons là aussi de croire que ce mouvement, ces manifestations portent là-dessus. Ensuite, il
y a
des pilleurs et des casseurs. Et sur la politisation, oui, les Black Bosks, par exemple, sont un mouvement qui sont là à chaque fois et qu'il faut combattre et qu'ils sont là. Mais réduire tout ce qui se passe
à
là aussi, encore une fois, à ces organisations-là, je pense que c'est louper une partie et de la comprendre. Un mot rapidement sur la France insoumise parce que ce matin dans le Figaro, Gérard Larcher dit que la question de l'interdiction de la fille peut être posée. Qu'est-ce que vous en dites
? –
Si M. Larcher a des éléments qui tenteraient à penser… Vous connaissez mes rapports avec les filles. Mais encore une fois, s'il tente à penser qu'il y a des faits concrets juridiquement et qualifiés et qualifiables, alors qu'il dépose plainte. Il faut là aussi, si on le pense sérieusement, on le fait.
–
Est-ce que vous voyez dans ce qui s'est passé ce week-end la main d'ingérence ? Est-ce que les ingérences sont en partie responsables des violences de ces derniers jours
? –
Alors, je ne
sais
pas si on me dit… Vous savez, les ingérences étrangères, notamment malveillantes, c'est bien souvent, ils partent d'un fait et ils en tirent les ficelles, ils amplifient. Donc, est-ce qu'ils sont responsables du malaise en France qui fait que des lycéens ou des manifestations pour mieux vivre ? Non, mais ils amplifient. Je vous ai cité tout
à l
'heure, M. Trump. M. Trump a fait une longue déclaration cette nuit, disant, je l'ai dit à Emmanuel, tes frontières sont ouvertes, ce qui n'est pas vrai pour commencer, et ce n
'est
pas ce qui s'est passé dans les rues. Et donc, on l'a vu également sur… On va l'écouter, pardon, Donald Trump,
comme ça,
je vous fais réagir juste derrière, on écoute le président américain. C'est pour dire jusqu'où on va. Regardez ce qui se passe en France, autrefois, grandes nations, aujourd'hui conquises,
pillées et réduites en cendres par des migrants, des djihadistes et des communistes qui haïssent le christianisme et la civilisation occidentale elle-même. Comment
réagissez-vous à ce propos
? Ce
qui est ma triste, c'est qu'il puisse être présent à la République des États-Unis d'Amérique.
Vous
avez entendu cette phrase
?
C'est tout et n'importe quoi. C'est du gloubi-boulga, c'est niveau zéro, c'est du complotisme. Il y a mille christianistes, l'Occident, les communistes, les djihadistes,
l
'immigration, enfin,
tout
ça. Mais le problème,
c
'est que d'abord, il faut le rappeler, que lui-même est en campagne et en grande difficulté puisque vous avez ce qu'on appelle les mini-termes qui ont lieu le 3 novembre si je ne m'abuse et donc il essaye de mobiliser sa base qui est quand même des gens à, bon, on va dire, ici serait quasiment complotistes, extrême-droite ou autres.
C
'est un grand goulomérat.
Mais il y a les
mittens mais est
-ce
que ses propos font aussi le jeu de l'extrême-droite en Europe ?
Est-ce qu'il lève l'extrême
-droite électoralement en Europe avec ses propos ? Le vice-président Vence, comme le président Trump, ont très clairement dit à plusieurs reprises
qu
'il souhaitait la victoire de l'extrême-droite dans les différents pays européens et même la stratégie de sécurité nationale le dit et pareil, de l'autre côté, M. Poutine le dit également, il avait comme tête chercheuse M. Orban et qui a perdu. Donc oui, aujourd'hui, vous avez des puissances mais pas que, on peut prendre d'autres pays qui souhaitent
l
'effondrement d'une puissance en voie d'émergence, j'aimerais être plus forte d'ailleurs, qui s'appelle l'Europe dans ce monde où chacun combat l'autre, où la violence est devenue la règle. Donc oui, c'est cela qui s'organise.
On
va poursuivre sur la question des ingérences puisqu'on le disait cet après-midi, le Sénat examine donc le projet de loi du gouvernement pour lutter contre les ingérences étrangères.
Clémentine, que contient ce texte ? Orachide Temel, le rapporteur ici au sein. Avec Muriel Jourdat,
je tiens. Avec
Muriel Jourdat.
La présidente de la commission des lois. On n'oublie pas. Alors
ce texte, il vise essentiellement à lutter contre les fausses informations créées à l'étranger et qui deviennent virales sur les réseaux sociaux. Alors, première proposition de ce projet de loi, tripler les peines encourues pour la diffusion de fausses informations en contexte électoral. Le texte prévoit une peine de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende au lieu d'un an et 45 000 euros d'amende aujourd'hui. Et 15 000. Et 15 000, pardon, excusez-moi. Ensuite, le texte prévoit la création d'une procédure de référé afin de retirer de fausses informations pourtant atteintes à certains intérêts fondamentaux de la nation.
Dans ce projet de loi, on lit que cela concernerait des allégations manifestement inexactes ou trompeuses. Alors, vous vous souvenez peut-être d'une vidéo qui avait été diffusée l'année dernière au mois de décembre, une fausse vidéo générée par IA. Voilà, on la voit qui s'affiche et qui montre une journaliste qui annonce un coup d'État. Cette vidéo, elle a fait 14 millions de vues et en fait, elle avait été créée au Burkina Faso. Alors, cette procédure de référé, elle a néanmoins été amendée en commission pour ne concerner que les fausses informations créées à l'étranger pour protéger le débat public national et la liberté d'expression.
Et puis enfin, le texte étant un autre référé, le référé anti-manipulation de l'information à des scrutins qui n'étaient jusqu'alors pas concernés, les élections régionales, départementales et municipales.
C
'est une procédure d'urgence qui permet le déréférencement d'un site ou le retrait des contenus qui font peser un risque manifeste d'atteinte à la sincérité d'un scrutin. Rachid Temal, vous avez jugé ce texte nécessaire mais trop restrictif, notamment car il est centré que sur les manipulations de l'information. Qu'est-ce qui aurait été intéressant d'y ajouter, selon vous
?
Vous savez qu'avec le président de l'aise, nous avions fait, remis un rapport d'une commission d'enquête contre les ingérences pour penser à une vraie politique publique qui a été adoptée d'ailleurs à l'humanité par le Sénat. Et donc, je pourrais
vous
donner beaucoup d'exemples mais je vous en ai quelques... D'abord, le référé que vous avez évoqué, le deuxième, c
'était
une mesure que nous portions.
C
'est-à
-dire
qu'à un moment donné, pour l'exemple que vous avez cité mais d'autres, il y a des faits qui sont avérés et il faut se battre avec les plateformes pour les retirer. Mais nous, j'ai déposé aussi des amendements là, par exemple, pour faire en sorte qu'on interdise que les influenceurs qui sont rémunérés, je le rappelle, soient acteurs des débats politiques, notamment d'une campagne. Je dépose un autre amendement, par exemple, pour faire en sorte que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements des politiques puissent avoir accès aux fichiers des comptes bancaires ainsi qu'être destinatés à des documents de trac-fin pour essayer aussi de mieux contrôler les financements.
Il y a plein de sujets qui viennent irriguer. Donc, le gouvernement a souhaité faire un texte beaucoup plus restreint dans son périmètre. On le regrette et donc, c'est pour ça qu'on a proposé à ce qu'on travaille au Sénat sur un texte transpartisan sur ces questions-là.
Parce
qu'il faut le rappeler, je veux dire, un des vrais sujets que nous avons derrière tout cela, c'est que les plateformes ont du mal à accepter les règles du jeu démocratiques. Vous l'avez dit, il y a des puissances qui viennent impacter nos élections, c'est avéré, qui l'ont fait au municipal. Je rappelle que Viginium en a identifié quatre et je rappelle qu'il y
aura
cette question-là sur le présentiel.
Et
on sait bien que le débat
sera
celui de oui ou non, faisons-nous des plateformes des éditeurs de contenu. Dans ce cas-là, ils ont une responsabilité. Vous l'avez vu au Brésil, puisqu'il y
a
des élections présidentielles au Brésil, Meta vient d'être condamné parce que très clairement, Meta, donc avec tout ce que ça veut dire comme tout leur vaisseau, de Facebook à WhatsApp, en passant par d'autres, eh bien, ils favorisaient un candidat, comme par hasard Bolsonaro, et ils bloquaient beaucoup de contenu du président Lula. Donc oui, aujourd'hui, des entreprises qui décident ouvertement ou quasiment ouvertement d'impacter, donc de porter, de peser sur des élections démocratiques, sans avoir de contraintes. Ça,
il
faut en sortir de cela. C'est pour ça qu'on souhaite aller beaucoup plus loin parce que sinon, le problème qu
'on
nous a rendu vers ça,
c
'est-à
-dire
que dorénavant, la démocratie sera perturbée parce que l'enjeu, c'est de permettre à chaque Français et Française de choisir librement ses responsables. mais comme aujourd'hui, on vous met dans des bulles
et
on vous enferme là-dedans, c'est compliqué. Quand vous voyez que par exemple, il faut retirer des contenus qui sont posés sur les plateformes et qu'il faut pour cela déréférer et c'est très compliqué. Moi, je me souviens de l'ordre des auditions, on avait notamment entendu, vous savez, lors des auditions de cette commission d'enquête, ceux qui nous ont demandé de priver, de ne pas rendre public leurs auditions, je
ne
parle pas des services de renseignement, c'est compréhensible. Mais c'est les plateformes, c'est les mêmes qui vous disent partout aux Etats-Unis, liberté d'expression qui, si on souhaitait qu'elle soit restreinte. Merci Rachid Temal.
Merci beaucoup
d'avoir été notre invité. Le texte qui est donc examiné cet après-midi
avec Mme
Muriel
Jourdan.
Avec Mme Muriel Jourdan. Vous y tenez. Parce que je suis respectueux, il y a deux rapporteurs. Vous êtes
le co
-rapporteur de ce texte avec Muriel Jourdan. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Clémentine,
on
se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale et on va revenir sur les événements du 17 octobre et leur suite avec le président du groupe centriste au Sénat. Hervé Marseille qui nous rejoint.
On
va revenir sur ce qu'il s'est passé ces derniers jours de 1513. Gardez à vue 67 personnes incarcérées.
L
'exécutif qui veut durcir la réponse pénale et Sébastien Lecornu qui annonce que de nouveaux couvre-feux pourraient être décidés ce soir. Couvre-feux qui, selon lui, ont permis le calme cette nuit. Le Parlement, lui, qui lance des commissions d'enquête pour comprendre les responsabilités. On va parler de tout ça avec Hervé Marseille. Bonjour.
Merci
beaucoup d'être notre invité Hervé Marseille, et indépendant désormais et président également de l'UDI. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest de France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Ariane. Hervé Marseille, bonjour. Bonjour.
Hervé Marseille, je veux rappeler les chiffres. On a vu les violences, les casses, les pillages ces derniers jours. Est-ce que l'exécutif a mal géré, mal anticipé la situation
?
Je crois que oui. D'ailleurs, il l
'a
avoué lui-même.
Je
crois que l'exécutif a fini par avouer qu'il y avait eu des faillances. des faillances dans l'estimation des mouvements, des faillances du renseignement et donc sous-estimation et sous-dimensionnement des dispositifs policiers à tel point que le ministre de l'Intérieur qui est un homme responsable a présenté sa démission qui a été refusée parce qu
'on
ne change pas de chef en plein milieu de la crise. Donc il a eu raison, Emmanuel Macron. Vous auriez aussi votre
place en place.
Oui, oui, oui. Voilà. Je veux dire, à l'évidence, il y
a
eu des faillances. Bon, maintenant, il faut faire le sursaut nécessaire. Mais c'est clair qu'il y
a
eu des faillances. Vous, personnellement, vous vous attendiez à ce qu'il y ait une mobilisation aussi forte le 17 octobre et un tel déferlement de violence ? Non. Non. Et comment est-ce que vous expliquez que les renseignements territoriaux soient complètement passés à côté du truc
? J
'ignore. J'ignore. J'espère que, justement, les missions d'information vont permettre de tirer au clair cette affaire pour, non pas pour, à tout prix, chercher des responsables. Il ne
s
'agit pas de faire, j'allais dire, l'autopsie un peu de ce qui s'est passé. C'est plutôt pour tirer des leçons et voir ce qui n'a pas marché. J'ai été étonné, par exemple, à Paris, de ne pas voir la brave en action parce que ce sont des gens très mobiles. Or, avec des manifestants très jeunes et très mobiles, il faut pouvoir aller vite. J'ai été étonné de voir qu'il n
'y
a pas eu d'action préventive. D'habitude, quand on voit des grosses manifestations, on sait très bien que les services de police font des arrestations préventives parce qu'ils connaissent un certain nombre de meneurs, etc. Et ils vont les chercher au petit matin pour éviter que, évidemment, on les retrouve sur le champ de bataille. Donc, il y a tout un tas d'actions, les hélicoptères, etc. On est un peu étonné que partout en France, pas seulement à Paris, partout en France, on a vu Limoges,
on
a vu Marseille,
on
a vu Lille, etc. Il y a eu, manifestement, un grave sous-dimensionnement des dispositifs sécuritaires. Mais comment vous l'expliquez ? Comment on en est arrivé là
?
Ça, c'est justement les enquêtes qui vont nous le dire et peut-être les autorités qui pourront nous le préciser. C'est comme ça. Il y
a
eu un sous-dimensionnement. C
'est
quoi ? Un affaiblissement de nos renseignements territoriaux
? Des services du ministère
de l'Intérieur ? Oui, le renseignement n
'a
pas été bon. En même temps, on a vu qu'il y avait des conjonctions un peu compliquées de l'ultra-gauche, des groupuscules à caractère révolutionnaire comme le NPA, comme Révolution permanente, etc., qui sont des gens très professionnalisés, très mobiles, très actifs, qui se sont joints aux banlieues.
Il
y a eu une espèce de connexion un peu bizarres entre des gens très politisés et puis des voyous de banlieue. – Mais c'est quoi ? Pardon, je vous donne la parole, Stéphane, mais c'est quoi ? C
'est
des défaillances politiques de la part du gouvernement ou c'est une volonté de pourrissement de la situation ? – Ah non, je ne crois pas.
Il
ne
faut
pas. Moi, je ne
suis
pas complotiste. Les théories selon lesquelles on aurait volontairement sous-dimensionné. De toute façon, ça profite à qui
?
Le crime profite à Mme Le Pen, clairement. Donc, je ne pense pas qu'on puisse imaginer des choses pareilles.
–
Vous évoquez une connexion entre des mouvements ultra-gauches, des mouvements révolutionnaires et les jeunes de banlieue. À votre avis, cette connexion, elle s'est faite de manière spontanée ou les choses sont organisées ? – Non, on commence à détecter ça, justement, il y
a
eu des connexions. Je veux dire, à la base, il y a quoi ? Il y a quand même un mouvement de jeunes. mouvement de jeunes, des lycéens,
qui
n
'est
d'ailleurs pas propre à la France puisqu'on voit les mêmes phénomènes en Belgique, en Italie, dans certains pays baltes, etc. Donc, il y
a
un malaise. Bon, il n
'a
pas été pris suffisamment en considération.
–
Là,
il
y
a
eu une erreur du gouvernement,
du
premier
ministre en particulier. – Oui, mais l'éducation nationale,
il ne manque pas de gens. Je dirais, il y a des rectorats, des inspections d'académie. Chaque fois, on va accueillir le ministre en disant, mais qu
'est
-ce qu'il fait ? Mais il
n'est
pas tout seul, le ministre. Et les recteurs, ils font quoi ? Et les inspecteurs d'académie ?
Et
les inspecteurs d'éducation ? Enfin, il y a un tas de types qui sont supposés avoir des responsabilités et s'intéresser au sujet. On se demande comment tout ça a pu rester, j'allais dire, en jachère. Et les sujets, en plus, ce n
'est
même pas budgétaire. Parcoursup, les temps scolaires, le téléphone, qui a sûrement joué, le sevrage téléphonique en disant, du jour au lendemain, vous n'utilisez plus les téléphones. Bon, enfin, il y a tout un tas de sujets. Le seul sujet qui pourrait coûter, c'est le problème des locaux,
qui
me paraît assez subsidiaire parce que quand on voit les investissements des régions, on pourrait faire un bilan avec les régions. – Juste, vous évoquez le fait qu'il y a des manifestations similaires et des modes opératoires similaires dans d'autres pays européens, notamment en Italie, ce week-end. Est-ce que vous pensez que le mouvement auquel on a assisté en France et les violences qui se sont développées ont pu être amplifiés par le biais d'ingérences numériques étrangères ? Est-ce qu'il peut y avoir une intervention
coordonnée, extérieure ? – Je ne sais pas,
je ne vais pas utiliser des méthodes complotistes. Je pense, il y a sûrement des ingérences, elles sont perpétuelles à travers les réseaux.
Ce
qui est sûr… – Mais
elles n'ont
pas été motrices dans cette histoire ? – Les
réseaux sociaux jouent un rôle. C'est évident, tout le monde l
'a
remarqué. On l'avait déjà vu au moment des Gilets jaunes. Bon, il y a un dispositif qui s'appelle le Digital Service Act au plan européen, le DSA. Il y
a
un article, l'article 34 ou 35, qui permet de ralentir, j'allais dire, les prescriptions numériques, c'est
-à
-dire l'accélération, qui fait que quand il y a des vues, ça amplifie et les gens, j'allais dire, voient des scènes qui les attirent. – Mais est-ce qu'il faut suspendre les réseaux sociaux pendant ces mouvements ?
–
Parce
que
demandent certains élus locaux.
–
Oui, d'accord. Enfin, on a vu qu'on l'a fait en Calédonie, que le Conseil constitutionnel a mis en garde. On ne peut pas faire ça impunément. Je veux dire, il faut vraiment des actes, des situations extrêmement graves.
– Et ça, ça ne justifie
pas
?
– Non. Et donc, en revanche,
on
peut avoir des méthodes techniques. Elles existent. On a voté des textes. Il y
a
des textes européens. Et donc, là, j'ai vu que le gouvernement réunissait les plateformes. Il y a des choses à faire sur le plan algorithmique pour ralentir. Et puis, il y a les communications entre jeunes ou entre factieux sur le terrain qui font qu'on doit pouvoir trouver des méthodes pour empêcher ces communications.
–
Sébastien Lecornu qui annonce qu'il recevra les syndicats demain. Vous, quand vous serez reçu par le Premier ministre ? – Je ne sais pas. Pour l'instant, on n'a pas été invité. Je pense que dans le milieu de la semaine, on me dit peut-être mercredi ou jeudi, après-midi, je n'en sais rien, – Mais vous n'avez pas eu d'invitation,
pas de lettre ? –
Non, pas pour l'instant.
–
Rien ?
Pas d'ordre du jour ? – Un petit carton pour un
petit goûter à Batignan. J'ai vu que Mme Le Pen et M. Bardella avaient déjà refusé les granolas et le chocolat chaud. – Vous iriez, vous ? – Oui, bien sûr, moi j'irais parce que je trouve normal de répondre dans ces situations.
– Qu
'est
-ce
que vous allez lui dire au Premier ministre ? Et qu'est-ce que vous attendez qu'il
lui dise ?
– J'attends déjà qu'il nous raconte un petit peu comment il voit les choses, qui nous donne des explications rapides peut-être sur ce qui s'est passé et tire des conséquences et nous dise voilà ce qu
'on
va faire.
– Et
qu
'est
-ce qui pourrait calmer la situation à ce stade selon vous
? –
Je pense qu'il n'y
a
pas 36 solutions. S'il y avait une seule solution, je pense que ça se saurait et que le gouvernement l'utiliserait. Je pense que d'un côté, il y a le dialogue parce qu'il y a toujours le problème jeune, même si on n
'en
parle plus parce qu'il
y
a le problème sécuritaire qui a pris le dessus.
je
pense qu'il faut quand même continuer à discuter avec les représentants des lichères parce qu'à la base, s'il
y
a des défilés, c'est parce que c'est eux qui les organisaient. Donc les autres se sont greffés comme l'éthique et les puces sur le chien. Donc je veux dire, il faut… – Il y avait aussi la contestation contre le pouvoir d'achat à
la lichère et relancer le mouvement des gilets jaunes.
– Je pense qu'il faut à la base recommencer à dialoguer d'un côté puis encore une fois, je vous ai dit, ce qui m'étonne, c'est que tout ça
n
'est pas budgétaire. On ne peut pas dire qu
'on
n'a pas les moyens, on ne
va
pas… Bon, il y a des sujets dont les jeunes veulent parler et je pense qu'il faut parler avec eux. De l'autre côté, il faut s'occuper de la situation sécuritaire. Voilà, moi j'ai trouvé que malheureusement, le président de la République n'avait apporté aucune solution, aucun cap et que… – C'était une allocution pour rien, Dimanche Orp
?
–
Oui,
d'ailleurs, unanimement, tout le
monde
a reconnu, il y a une forme de vide et… – Et comment vous l'expliquez ? – Là aussi, je ne suis pas… – Mais qu'est-ce que vous attendez ? Est-ce qu'il aurait fallu qu'il décrète l'état d'urgence ? – Mais l'état d'urgence, moi je suis favorable à l'état d'urgence. –
Il
aurait dû dire ça, Dimanche Orp ? –
Alors
l'état d'urgence, je lis beaucoup de choses là-dessus, c'est pas tellement pour ce que ça apporte, ça permet une police administrative renforcée, le problème c'est qu'il faut l'utiliser avec parcimonie, il y a déjà des instruments, on voit bien qu'on utilise le couvre-feu, on peut interdire certains déplacements,
on
peut faire… C'est d'abord une forme de… Comment dire ?
C
'est un indicateur, c'est une espèce d'atmosphère, on dit maintenant ça suffit, on crée un cadre sécuritaire. Le problème c'est que ça dure 12 jours, c'est ça le sujet.
–
Mais est-ce que vous savez, vous qui êtes dans le bloc central, est-ce que vous savez si cette piste de l'état d'urgence était sur la table de l'exécutif ?
–
Je
n'en
sais strictement rien, je
pense que ça doit être
réfléchi, je vous répète, on peut gloser tout ce qu'on veut au sujet de tout ce qu'on veut sur l'état d'urgence, le problème c'est ces 12 jours. Ça veut dire que si
vous
faites l'état d'urgence maintenant, dans 12 jours, il faut aller devant le Parlement pour faire voter la prolongation. Bonjour, parce qu
'à
l'Assemblée nationale, vous connaissez la situation je ne
suis
pas convaincu qu'on arrive à la voter. Et puis on perd du temps parce qu'il faut faire des... Bon, et donc quand vous voyez les dates annoncées et les successions de manifestations, je pense qu
'il
y
a
un problème de calendrier et que le gouvernement, pour l'instant, essaie de tenir avec les moyens juridiques
à sa discussion. – Et ça va être comme ça jusqu'à la
présidentielle selon vous
? –
J'espère que non, je veux dire là, on est dans une phase un peu aiguë de crise, il y a tout un ensemble de crises, je crois qu'il y a assez peu de gouvernements qui ont dû faire face à une crise climatique, les incendies de cet été, une crise budgétaire, une crise financière, une crise sécuritaire et une crise internationale. Non, je ne sais plus. Je veux dire, il y a tout ce qu'il faut. Et donc, parce que pendant ce temps-là, on a toujours un budget à faire voter.
– On va
venir, mais juste pour finir sur la question sécuritaire, est-ce qu'il faut en passer par l'armée, comme le dit par exemple Gabriel Attal ?
–
Je ne crois pas. Je veux dire, l'armée peut être utilisée de façon subsidiaire, j'allais dire par exemple pour remplacer des policiers sur des gardes statiques, par exemple, comme on fait pour… Vous voyez, quand vous allez dans les gares et les aéroports,
vous
voyez des patrouilles de l'armée, ces sentinelles. Bon, très bien. Mais l'armée, elle n'est pas
entraînée
pour faire du maintien de l'ordre. Je veux dire, qu'est-ce qu
'ils
vont faire ? Les gars, ils vont arriver avec des mitraillettes places
de la République. – Donc il va trop loin
Gabriel Attal quand il compose ça ? Ce n
'est pas raisonnable ? – Non, mais
c'est parce que l'opinion réclame une parole forte et Gabriel Attal…
– Donc c'est peut-être
démagogique. – Il dit, voilà, on va… – L'opinion réclame une parole forte, une des réponses, une des toutes premières réponses du gouvernement, de l'exécutif, c'est aussi la sévérité judiciaire, les consignes données au parquet, on a parlé du couvre-feu, est-ce que ça, c'est de nature, c'est une bonne réponse, est-ce que c'est une solution, est-ce que ça peut apaiser ou au contraire,
il
faudrait aller sur le fond des revendications ?
– Bien sûr que… – Est-ce qu'on peut faire les deux en
même temps ? – La sévérité judiciaire et la réponse judiciaire à la fois rapide et forte, elle concourt
à
l'impression… – Ça, ça fonctionne.
–
Si vous allez même huit jours en prison, en général, ça calme. Le problème, c'est que les magistrats, ils sont libres. D'abord, il y a le droit, il y a des avocats qui défendent les prévenus et il faut prouver que les gens qui sont là ont commis des actes, on est dans un pays de droit, donc il ne s'agit pas de dire, allez hop, on embarque tout le monde, on les emmène et puis on les condamne.
Je veux dire, donc je comprends la réaction populaire qui consiste à dire il faut les faire payer, il faut qu'ils soient condamnés, mais oui, d'accord, mais encore, faut-il prouver qu'ils ont été impliqués et les magistrats, jusqu'à preuve du contraire, c'est pour ça que certains militent pour des peines planchées,
c
'est-à-dire pour qu'on oblige quelque part à des peines. – Gérald Darmanin parlait hier soir de 67 personnes incarcérées,
c'est 23
ce matin, c'est ce qu'il dit,
c'est quand même quasiment le double entre
hier et ce matin. La loi Casseur-Payeur, vous allez l'examiner mardi prochain ici au Sénat, vous allez la voter, elle est suffisante ou vous allez l'amender ? – Il va y avoir des amendements parce qu'au départ, c'était un texte qui arrivait comme ça, qui était ancien, c'est un peu le bazar dans la gendarme parlementaire.
Et
puis là, ça tombe à point nommé, donc on va s'intéresser de plus près au
dossier. –
Vous allez le reformuler
en fonction du contexte ? – On va le densifier. – Sur
quel point par exemple ? Vous allez le
durcir en fait ?
– Oui,
on
va le durcir et puis on va mieux le cadrer. –
Parce qu'il n
'est
pas assez cadré ?
–
Il était léger au départ, c'était un texte qui arrivait comme ça et là, vu les circonstances maintenant, j'allais dire, on a de quoi nourrir le dossier.
–
Stéphane ? – Il y a un point qui pose problème sur cette loi en fait, c'est la notion de responsabilité collective, ça c'est une façon, c'est une façon de, en fait, c'est une forme d'atteinte aux libertés publiques et notamment aux droits de manifester. – Oui, c'est vrai, c'est vrai. – Et ça, ça fait partie des choses que les sénateurs pourraient corriger ? – Il faut qu
'on
corrige ça de façon beaucoup plus précise et juridique quoi, parce que sinon, on risque de voir le
contrat
constitutionnel réaliser. – Qui doit payer Hervé Marseille et de quelle manière
?
– J'entends le bon sens et j'allais dire, la réponse politique consiste à dire ceux qui cassent doivent payer, mais ont-ils les moyens de payer
? On
sait qu'il y en a beaucoup, alors aujourd'hui on dit, on va prendre sur les dotations sociales, ceux qui touchent des allocations… –
Vous
êtes favorable vous
? –
Écoutez, quand il y en a, oui, pourquoi pas ?
–
Simplement, là aussi, c'est pas comme ça à la louche de façon très générale, il faut regarder les situations, mais je crois qu'il va falloir imaginer des systèmes de financement, à la fois pour la casse, les entreprises, les commerces, les services qui sont abîmés, l'indemnisation pour les personnels, parce que moi je pense à tous ces pauvres gens qui se retrouvent du jour au lendemain avec le fruit de leur travail, à leurs magasins, à proximité de Noël,
ils
avaient entreposé pour beaucoup des produits pour la Noël, et tout ça a été volé, pillé, etc., etc. Vous imaginez, pour des petits commerçants, c'est considérable.
–
On a une idée de ce qu'une journée d'émeute comme celle du samedi 17 octobre coûte à la collectivité, en fait, en
termes de
bâtiments détruits, mais aussi les commerçants, les dégâts sont énormes.
– Énormes, pour les
collectivités, moi je pense à tous ces élus qui regardaient Limoges, c'est affreux, quoi, il y a des travaux qui avaient été faits, il y avait eu plusieurs millions de travaux faits sur la mairie de Limoges, qui est un… –
Vous allez
prendre des mesures dans le budget ? De voter un fonds pour les collectivités touchées
? – Le budget,
on va prendre des mesures, avec quel argent ? Je veux dire, il va falloir essayer de trouver des formules, c'est-à-dire trouver de l'argent ailleurs, parce qu'on sait très bien que notre budget, il est absolument épouvantable, puisqu'il n
'y a
plus d'argent. Donc on est sur des économies absolument dramatiques, et d'ailleurs, vous voyez que l'Assemblée nationale s'en donne à cœur joie, puisqu'à l'Assemblée, ils viennent de recréer une dizaine de milliards de dépenses. Donc moi, je ne sais pas comment tout ça fonctionne, mais on marche sur la tête, quoi. – Est-ce que le Président de la République, dimanche, aurait pu dire les choses telles qu'elles sont ? C'est-à-dire qu'il n'a pas de majorité, on n'a pas de budget, il n'a pas de marge de manœuvre financière, on est à six mois de l'élection présidentielle, qu'en réalité, le gouvernement ne peut rien ? – Oui, mais quelque part, vous décrivez son échec.
Je ne pense pas que le Président y soit à ce point d'auto-flagellation pour dire qu'on a failli. Bon, en clair, je pense que ce qui a manqué, c'était un cap fort. Comme l'a souligné Édouard Philippe, qui a eu des mots assez durs, mais vrais, qui consistaient à dire, on attend du Président qui rassure et qui donne un cap. Là, il a commenté. – Mais finalement, quand il termine son allocution en nous souhaitant une belle élection, c'est ça qu'il est en train de dire ? Que de toute façon, il ne se passera rien avant l'élection présidentielle, et qu'il faut attendre cette échéance-là ? Vous êtes d'accord avec ça ?
– Oui, je ne sais pas comment on fait pour atteindre l'élection présidentielle, ni même la fin
de l'année, le budget.
On ne sait pas de quoi… Je veux dire, c'est au jour le jour. Le gouvernement peut tomber sur la moindre motion de censure dans les jours ou semaines qui viennent. – Dans le cadre du débat budgétaire, vous voulez dire ?
– Oui,
dans le cadre du débat budgétaire, on a un, comment dire, parce qu'il
y a
une situation toujours absolument dantesque à l'Assemblée nationale, un pays fracturé politiquement,
et
à l'approche des élections présidentielles, plus que jamais, chacun est sur ses positions et ses postures.
–
Juste pour faire le lien, pardon Hervé Marseille, entre ce qui se passe et la présidentielle et le contexte de mobilisation. La présidentielle, le second tour a été fixé le 2 mai, au lendemain des grandes mobilisations du 1er mai. Il faut changer sa date, selon vous ? – Je crois que c'est fait, c'est fait. Je veux dire, moi, je trouve effectivement que c'est un peu baroque de faire une élection comme celle-là le lendemain du 1er mai, parce qu'imaginez, ce qui n
'est
pas totalement absurde, que vous vous retrouviez avec un deuxième tour, Mme Le Pen, M. Mélenchon. Je ne
sais
pas si vous voyez à quoi va ressembler le 1er mai
et
comment on va tenir l'ordre public. – Mais
vous allez faire
revoir ce calendrier ?
– C
'est à l'exécutif d'y réfléchir, et il l'a fait. Donc s'il a pris cette décision, j'imagine, c
'est
qu'il avait des raisons, mais je m'inquiète, parce que je vous rappelle quand même qu'on a vu ce que c'était samedi, on a beaucoup de gendarmes en Calédonie.
Vous
avez vu les événements qui sont en train de se greffer aux Antilles,
où
il y a des problèmes d'ordre public, on a Mayotte, etc., etc. On va les prendre où, les forces de police
? On
va les prendre où ? – Un dernier mot, Hervé Marseille, qui l'UDI va soutenir cette présidentielle
? –
Écoutez, on verra, pour le moment, c'est un peu confus. Ce qui serait bien, c'est que
tous
ceux qui concourent à exprimer leur opinion pour l'élection présidentielle, et c'est légitime, ils sont un certain nombre, commencent à réfléchir à la façon de converger,
parce
que…
–
Mais la convergence, elle doit aller jusqu'à Bruno Retailleau, d'Edouard Philippe à Bruno Retailleau
? –
Le plus large possible, parce que, excusez-moi, mais aujourd'hui, on a la certitude que Mme Le Pen est au deuxième tour, d'accord ? En face, pour l'instant,
c
'est plutôt M. Mélenchon qui va se retrouver en face d'elle. Qui est capable de battre M. Mélenchon pour être face à Mme Le Pen ?
–
Qui, selon vous ? – Justement, je ne
vois
pas grand monde aujourd'hui, parce qu'il y a une telle division dans le Bloc central,
dans
la social-démocratie, dans la droite républicaine, que chacun dit, on verra plus tard, à la fin de l'année, au début de l'année prochaine, pourquoi pas ? Mais, j'allais dire, le plus vite sera le mieux.
–
Très vite, Stéphane. – La crise en cours, elle est de nature à accélérer le mouvement vers l'Union, en fait, un rassemblement qui irait du centre droit, du centre jusqu'à la droite républicaine ? – Écoute, ça serait souhaitable que les gens prennent conscience qu'il faut faire quelque chose, encore une fois. – Vous
dites qu'il faut aller
vite ou pas ?
–
En tous les cas, vite, on y est presque à la fin de l'année, on va arriver en novembre, il faut que décembre, janvier, on solutionne. Sinon, il y
a
à peu près ce qui va se passer. – Merci beaucoup, merci Hervé Marseille d'avoir été notre invité, la une de West France, des couvre-feux dans plusieurs villes, après les violences. Merci Stéphane et à très vite. Et on va regarder les autres titres de la presse régionale, tout de suite.
– Et
Clémentine, à la une de nos journaux régionaux ce matin, le couvre-feu imposé hier soir dans plusieurs villes. – Oui, tout à fait, et c'est à la une de plusieurs PQR ce matin, le cornu dégaine des couvre-feux, la riposte après le chaos entre rassemblement pacifique et couvre-feu. Pour la Voix du Nord, dans le Nord, où ces couvre-feu ont été observés hier soir à Lille, mais aussi à Douai, où le maire socialiste Frédéric Chéraud estime que la police municipale avait besoin de ce dispositif. Il se dit néanmoins conscient de la restriction de liberté. C'est pour ça que cette mesure doit être limitée dans le temps et dans un périmètre restreint, a-t-il expliqué.
Hier soir, dans certains quartiers de Douai, les mineurs étaient interdits de sortie et les adultes de tous âges avaient défense de se rassembler.
–
Allez, on va aller dans une ville frappée justement par ces violences, c'est Marseille, on retrouve Olivier Biscay. Bonjour Olivier, merci beaucoup d
'être avec
nous, directeur de la rédaction de la Provence. Olivier, on est ravis de vous retrouver. Marseille, je le disais, durement touchée par les violences, commerces, mairies dégradées. Laurent Nunes qui est venu hier soir rencontrer les Marseillais, rencontrer le maire Benoît Payan. Comment cela s'est passé ?
– Oui, en
effet,
il
est venu surtout rencontrer le maire. Vous savez que Benoît Payan, le maire de Marseille, attendait beaucoup de sa visite, une heure d'entretien à huis clos. Pour, on l'imagine, revenir sur les incidents du 17 octobre qui ont été dramatiques, marqués par de nombreux pillages et de scènes de violence et de casse ici à Marseille. Benoît Payan qui attendait beaucoup de lui, à la fois sur l'organisation de ce samedi 17 octobre, sur l'ampleur du phénomène, sur la protection des Marseillais. Ils se sont parlé, tous les deux étaient probablement moins tendus à la sortie de l'entretien.
Benoît Payan, vous le savez, depuis samedi, ne cessait d'appeler au chef de l'État, au Premier ministre, au gouvernement pour obtenir des explications, des réponses à ce qu'il considérait comme un désastre dans le maintien de l'ordre à Marseille.
Olivier, Laurent Nunez, vous le disiez, qui a annoncé également des renforts de police supplémentaires, notamment pour la mobilisation prévue samedi prochain. Quel est l'état d'esprit des Marseillais ? Est-ce qu'ils redoutent cette prochaine journée de mobilisation
?
Oui, évidemment, la journée du 17 à Marseille,
et
comme dans le reste du pays, a été dramatique. Près de 600 commerces ont été détruits à Marseille. Et hier, alors même qu'on rencontrait les commerçants dans le centre-ville de Marseille, il y avait de la colère, de l'irritation, de l'inquiétude, de l'angoisse. Beaucoup ont tout perdu, comme vous le savez, les images parlent d'elles-mêmes. Donc ils s'attendent évidemment à de l'inquiétude pour samedi. Laurent Nunez a rappelé la protection de l'État, a rappelé que tout serait fait pour que ça ne se reproduise pas. Mais comme pour la journée du 17 octobre, en réalité, personne ne savait que cette journée serait marquée par de telles violences. Donc tout le monde est dans l'attente.
Et je pense que Benoît Payan, comme toutes les collectivités, les maires qui étaient réunis autour de Benoît Payan hier soir pour lui remettre cette Marianne symbolique, après l'intrusion dans la mairie, un appel évidemment aux forces de l'ordre, à l'État, pour que les policiers soient plus nombreux et que le système soit plus anticipé.
Et cette photo justement des maires autour de Benoît Payan qui reçoit donc cette nouvelle Marianne après les dégradations, c'est la une de la Provence ce matin. Olivier, merci beaucoup d'avoir été avec nous. Les maires unis contre les violences, tout un symbole, c'est à la une de votre journal. Merci Olivier Biscay d'avoir été avec nous depuis Marseille. On poursuit la revue de presse, on va parler des commerçants maintenant Clémentine, puisque pour les aider, le Premier ministre a annoncé des mesures. Oui, tout à fait. Les plus de 3000 commerçants sinistrés devraient toucher le chômage partiel avec effet immédiat.
En Occitanie, les représentants patronaux s'inquiètent ce matin dans la dépêche des conséquences économiques de ces dégradations. À l'approche des fêtes de fin d'année, une vitrine se brise en un instant alors qu'une entreprise se construit en des années, explique le président du MEDEF Occitanie. Et puis l'Association des maires de France, on en parlait, appelée hier les maires à observer des rassemblements appels entendus. Oui, tout à fait. Un peu partout en France et même dans des communes rurales, pas impactées par les émeutes de samedi dans les Pyrénées-Atlantiques.
Par exemple, le maire centriste de Juranson-Michel, Bernaud, s'a plaidé pour un courage collectif afin de défendre la République et de ne jamais accepter que la violence remplace le dialogue à Pau. En revanche, oui, il y a eu des violences samedi. Une soixantaine de personnes se sont rassemblées, mais cette fois sans le maire. Le socialiste Jérôme Marbeau assure être pleinement solidaire, mais refuse de dramatiser les événements qui sont faits d'une minorité.
Merci
Clémentine. Merci beaucoup. On va continuer à parler de ce cri d'alarme des maires.
On
va aller dans la Sarthe, retrouver Christophe Rouillon. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Christophe Rouillon, vous êtes le maire socialiste de Coulennes. On a vu ces maires rassemblés hier dans plusieurs villes de France. L'État n'a pas été suffisamment présent à vos côtés, selon vous
? Oui,
bonjour, Henri-Anne Monchini.
L'État dans la Sarthe a été présent. J'étais en contact permanent avec le directeur départemental des polices urbaines lors de la nuit de dimanche en particulier. J'étais également en contact avec le préfet. Je pense qu'en tout cas, dans la Sarthe, au Mans, à Coulennes, nous avons eu une bonne intervention, un bon calibrage des effectifs de police, ce qui n'a pas été forcément le cas à Marseille. Et d'ailleurs, je souffre pour Marseille comme pour Limoges et pour Paris. Et c'est le sens aussi des rassemblements des maires dans chacune des communes, y compris les petites villes et également les communes rurales.
Est
-ce que la question se pose, la question des réparations des dégâts dans les communes concernées, Christophe Rouillon ? Est-ce que selon vous, le gouvernement doit payer les dégâts ? Et est-ce que vous pensez qu'il le fera ? Ou est-ce que les collectivités seront mises forcément à contribution ?
La
très grande difficulté par rapport à la dernière crise, c'est que les conditions d'assurance des communes ont été revues. Je prends l'exemple, par exemple, de ma ville. Nous avons eu à subir l'incendie de l'hôtel de ville, mais nous avons été remboursés quasiment à 100%, à la fois par les assurances et par l'État. Et là, les compagnies d'assurance ont revu leurs conditions. Et s'il y avait, par exemple, un dégât dans ma ville, nous avons une franchise de 2 millions d'euros.
Et
je pense que c'est le cas pour beaucoup de communes, y compris peut-être pour Limoges, qui a eu son hôtel de ville détruit. Donc, dans des situations pareilles, bien entendu, il faut un fonds de soutien national pour venir en aide à la fois aux collectivités locales, aux villes, et également aux commerçants. Pour les commerçants, bien entendu, les assurances devront venir en première intervention. Un dernier mot, Christophe Rouillon, rapidement. Sinon, est-ce que vous redoutez que ces faits se multiplient jusqu'à la présidentielle ? Les Gilets
jaunes appellent à de nouvelles mobilisations dès samedi.
On
a une volonté de déstabilisation de notre pays, c'est très clair, à la fois par l'extrême-gauche, par les Gilets jaunes, par aussi des organisations qui prônent l'intifada. Donc, on a effectivement à concilier à la fois le droit de manifester. La police est là pour le faire.
D
'ailleurs, mes propres enfants étaient à Paris pour manifester. Ça s'est fait dans le calme. J'étais un peu inquiet pour eux, mais ça s'est bien passé. Et puis, vous avez à côté de ça un mélange à la fois d'extrémistes qui veulent peser sur l'élection présidentielle, à la fois l'extrême-gauche pour soutenir Mélenchon, et puis l'extrême-droite qui se frotte les mains. Peut-être aussi des agitations extérieures qui sont attisées. Je pense en particulier à ce qui se passe du côté de l'Est avec Poutine, qui est très intéressé d'avoir le chaos dans beaucoup de pays européens. Donc, on va être dans une situation très, très difficile. Il faut une mobilisation.
Il faut que l'État aussi envoie des signaux très forts en régulant les plateformes, en particulier TikTok, en prenant également des mesures très fortes. Je pense en particulier à l'état d'urgence. Si les violences se produisent encore samedi prochain, et puis les partis politiques doivent se concentrer, à mon sens, sur leurs programmes, sur leurs solutions économiques, sociales, éducatives, et faire attention à ne pas pousser au débordement dans la rue, parce que sinon, c'est du pain béni, j'allais dire, pour l'extrême-droite. Et je pense que, comme l'a dit tout à l'heure, à fait Marseille, on n
'a
pas tout à fait la même vision sur le candidat qu
'on
soutiendra, mais je pense qu'il faut éviter absolument le deuxième tour, Mélenchon-Le Pen, ce qui est en train de s'organiser grâce au chaos.
–
Merci Christophe Rouillon, merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis la Sarte, maire socialiste de Coulennes. Et on va revenir sur ces événements, à qui la faute, c'est le thème du débat de nos éditorialistes.
– Et
le débat du mardi entre Yves Tréard, bonjour Yves,
merci d'être avec nous, directeur
adjoint de la rédaction du Chigaro, et Françoise Degoy, bonjour Françoise.
–
Ma chère amie,
mon cher Yves. – Merci
également d'être là pour ce débat. Le bordel, c'est le thème qui a été employé hier par Sébastien Lecornu, on va l'écouter dans quelques secondes. qui est responsable de ce bordel, à qui la faute
?
On le voit, les violences qui se sont multipliées, l'exécutif qui durcit, la réponse pénale, Gérald Darmanin qui annonce ce matin que 123 personnes ont été incarcérées. Réponse également politique de la part du gouvernement, réponse sécuritaire avec l'instauration des couvre-feux. Pour commencer, on va écouter le Premier ministre Sébastien Lecornu qui s'exprimait hier à la mi-journée, qui a donc employé ce thème de bordel.
– C
'est sûr que les Françaises et les Français, derrière leur télévision, se disent « c'est le bordel partout ». Bon, heureusement non, on a un bordel, pour être trivial, pardon ce mot, qui est très
localisé
sur des centres urbains. Aussi, j'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels,
dans
lesquels les préfets vont faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d'industrie, parce que l'un des enjeux de ce couvre-feu, c'est la protection des personnes, mais aussi des biens et singulièrement des commerces.
– Vous
aurez employé ce mot, c'est le bordel, c'est le bon mot ?
–
Oui, après, Sébastien Lecornu, si vous voulez, il est dans un registre, la chienlit du général de Gaulle, il est dans un registre de parler vrai, tout le monde maintenant est dans un registre de parler vrai, donc ça ne me choque absolument pas que le Premier ministre parle du bordel, mais
il
devrait se regarder, en fait, Sébastien Lecornu. C'est le bordel partout, oui. Et le bordel, la faute à qui ? En fait, la faute à qui, votre question est excellente, alors on va parler des casseurs, il y
a
quand même trois choses, il y a les manifestants, il y a les casseurs, et il
y
a les pilleurs, c'est
-à-dire
il y a les black blocs, il y
a
les manifestants,
il
y a les black blocs, et puis il
y
a les pilleurs. C'est quand même pas trois choses, c'est une convergence. Mais la faute à qui, objectivement ? Est-ce que Yves Tréard sera évidemment honnête, comme il l'est toujours, parce que c'est vrai qu'au moins on a des débats honnêtes, de
mémoire de journalistes, ou même moi de mémoire de journalistes, de conseillers politiques, je n'ai jamais vu un ministre de
l
'Intérieur se planter autant,
je
ne parle pas de Nunez,
un ministère de l'Intérieur se planter autant sur la densité d'une manifestation. Tout a été en sous-effectif, moi je veux bien
qu'on mette des causes politiques, on en reparlera tout à l'heure, mais la réalité, c'est que c'est vraiment ce gouvernement
qui a failli, ce n
'est
même pas l'État qui a failli, parce que dire l'État a failli, c'est horrible, la République est attaquée, il faut quand même exagérer, qu'est-ce qui va se passer si un jour on a un attentat ? Je ne
vois
pas comment les gens vont parler.
On
l'a déjà
eu,
on l'a déjà eu.
Oui, mais la République qui vacille, non mais les déclarations plus martiales les unes que les autres, il faut arrêter ce lamento de drama queen, moi ça me gonfle, mais la première... De drama queen
?
De drama queen,
c
'est horrible, la République est attaquée, il faut être dur, sévère... Qui
vous visez
? Mais tout le monde ! Gabriel Attal, Raphaël Guzman, Bruno Rotaillot, sérieusement, ça va être quoi si un jour on avait les rues vraiment jonchées de cadavres, parce qu'il
y a
des attentats ? Dans quel vocabulaire irait-il piocher ces
gens-là
? Ça nous est déjà arrivé.
Et on ne le souhaite pas, mais dans quel... On
peut
faire que ça revienne. Non,
non,
mais je veux dire, vous comprenez, la première responsabilité, je vais à ce que je crois, c'est la responsabilité du gouvernement. Ça fait des semaines que ce mouvement pourrit,
ça
fait des semaines, véritablement, que les gens alertent, et en plus de ça, il n
'y
avait pas assez de policiers dans les rues, tout simplement. Avant de revenir sur la responsabilité,
pour
poser
ce débat, Sébastien
Lecornu... Oui,
non,
mais on va y venir très vite, mais juste Sébastien Lecornu parle de bordel. Vous, Yves, ce matin, dans votre éditorial du Figaro, vous allez plus loin, vous parlez de convergence des haines. Bien sûr qu'il
y a
une convergence des haines. Il y a beaucoup de gens dans ce pays qui n'aiment pas ce pays.
Il
y a beaucoup de gens dans ce pays qui n'ont rien à y faire. Il y a beaucoup de gens dans ce pays qui doivent aller soit dégager, soit aller en prison.
Et
j'espère que la réponse pénale sera ferme. Malheureusement, elle ne le sera pas. Mais vous avez la convergence des haines avec toute l'international black bloc, effectivement, du drapeau noir. Certains, d'ailleurs, moi, je n'en ai pas entendu, mais j
'ai
des amis qui m'ont dit qu'ils avaient beaucoup entendu parler néerlandais, allemand... Oui, bien sûr. À l'intérieur même des manifestations, enfin, des casses, plutôt. Et puis l'international... Pas l'international, et puis les casseurs, les pilleurs, qui sont des gens, je suis désolé, qui ne sont pas éduqués. Le problème... À qui la faute ? Alors, il y a la faute immédiate, effectivement, de la sous-estimation de la manifestation. C'est vrai qu'on a toujours dit... On savait... Enfin, on savait. On disait qu'elle serait violente, mais qu
'il
n
'y
aurait peut-être pas autant de monde que prévu. Moralité, il y
a
eu beaucoup de monde, beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. Elle a été encore plus violente que prévu.
Donc, il y avait... Comment on l'explique ?
Ça veut
dire
qu'aujourd'hui, nos renseignements territoriaux ne peuvent pas
amener de
détecter ça ? Apparemment, il y
a
eu un défaut d'information, effectivement, un défaut de renseignement. Alors, on va vous expliquer à l'intérieur de la police qu'on a désorganisé de renseignements, ce qui est probable, notamment les renseignements généraux, il y a une vingtaine d'années, et ça, ça date de bien avant Macron, qu'on est en train de remonter la pente, là, actuellement, mais que c'est encore insuffisant. Mais c'est vrai qu'à un moment, on avait beaucoup concentré le renseignement sur le renseignement numérique,
à
cause des attentats, d'ailleurs. Enfin bon, il y a probablement une réflexion à porter qui ne peut être entretenue que par des spécialistes. On ne
va
pas s'improviser comme ça, agent du renseignement. Ça, c'est la première chose. Mais en dehors de ça, on a quand même un problème d'éducation qui est capital dans ce pays. Une autorité qui ne fonctionne plus, mais pas une autorité seulement sur la voie publique. Une autorité qui ne fonctionne plus, y compris à l'école. Enfin bon, quand vous avez des gens qui pillent et qui cassent comme ça, il y a quand même un réel problème. Ça veut dire que ce sont des gens qui ne se sont pas intégrés à la société. On est quand même une société où il y a la liberté, il y a normalement l'égalité et la fraternité qui sont des grands principes.
Je suis désolé, on est quand même un des pays les plus ouverts au monde. Et d'ailleurs, sinon il n
'y
aurait pas autant de gens qui voudraient frapper à sa porte. Donc il y a un problème majeur et il faut être intraitable sur ça pour défendre nos principes.
Sinon,
qu'est-ce qu'on va vivre comment ?
Moi, je suis d'accord sur l'idée qu'il faut quand même des peines exemplaires et je pense qu'elles commencent à tomber. Je vois ces 14 mois de prison dont 6 mois fermes, etc. Je vois les peines qui commencent à tomber et qui sont quand même assez intéressantes, je veux dire, sur le plan de l'exemplarité parce que je crois quand même... Moi, je ne suis pas pour la justice punitive. La justice, ce n
'est
pas la vengeance. Mais à un moment donné, quand vous vous retrouvez à piller un magasin, que vous terrorisez les employés pour aller vous piquer, pour aller voler la dernière paire de Nike, objectivement, moi, je n'en tire aucune leçon anthropologique et migratoire. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que dit Yves, mais sur la convergence des haines, je suis d'accord sur la haine, évidemment, mon chouchou, pardon, je suis d'accord sur la haine...
Là, je crois que vous me vapeulez. Évidemment,
non, non, vous êtes chouchous aussi. Vous êtes mes deux chouchous. La haine, évidemment, des Black Blocs, c
'est
vraiment la haine de la démocratie, évidemment. Et puis, il y a quand même aussi ce qui s'exprime aussi,
il
n
'y
a pas une haine, mais en tout cas, il y
a
une convergence de ras-le-bol, il y a une convergence de tabou-la-rasa, je le dis à chaque fois. Personne, en tout cas dans les plateaux, on continue tous à disserter, si vous voulez, on ne
se rend pas compte des deux mouvements telluriques qu'il y a dans ce pays. C'est vraiment, c'est tellurique, véritablement, et c'est au-delà de la violence, de la volonté qu'incarne désormais Jean-Luc Mélenchon, parce que rien ne semble pouvoir freiner. Je ne suis même pas sûr que les manifs feront perdre des points à Jean-Luc Mélenchon et qu'incarne de l'autre côté Marine Le Pen, c'est des mouvements telluriques, pas de haine, je dirais, mais de dégagisme total. Vous avez tout foiré depuis 40 ans, vous nous montez, vous ne tenez pas vos promesses. Eh bien, maintenant, on va faire autre chose. –
Mais
on va revenir sur à qui profitent politiquement…
– Non, mais ça, je suis d'accord, mais je… –
Mais juste, pardon de
toi,
parce que vous avez tous les deux lancé le débat sur le lien avec la politique migratoire. C'est le débat qui est fait… –
Non, moi, je ne le lance pas, justement. – Non, mais j'aimerais
bien que vous entendez là-dessus, parce que la droite fait ce lien. Bruno Retailleau, hier, en conférence
de presse,
Gérard Larcher, ce matin, qui donne une grande interview au Figaro, Yves, et qui dit que c'est aussi le résultat de nos renoncements en matière d
'assimilation en matière de
politique
migratoire.
–
Je
dis, ce n
'est
pas parce que vous êtes né… Parce qu'attention, c'est l'immigration au sens large. Ce n
'est
pas parce que vous êtes né à Paris, Lyon ou Marseille que vous êtes un enfant de la deuxième ou troisième génération qu'il n
'y
a pas un problème. Il faut le poser, ce problème. La France, elle a changé. Alors, qu'on arrête de nous bassiner avec l'exemple des Polonais, des Italiens avant-guerre, ça n'a rien à voir. On est dans un monde qui est ouvert. Il faut s'adapter, c'est comme ça. Moi, je ne suis pas du tout contre le fait que notre population, nécessairement, c
'est
une
bonne
histoire.
Elle
se mélange.
– Mais c'est
même
l
'histoire de votre famille,
je crois, d'ailleurs. – Mais c'est un peu l'histoire de ma famille. – De vos enfants, etc. – Bien sûr, c'est ça. – C'est complètement l'histoire de ma famille. Mais simplement,
on n'a pas réussi à contrôler ça, semble-t-il. Il n
'y a
pas que ça. Parce qu'on a vu, d'ailleurs, dans les images hier, les gens se demandent vraiment ce qu'ils foutent à aller piquer dans les magasins.
– Bah oui, oui, vraiment. – Mais
ça veut dire aussi que notre époque se laisse déborder par on n'a pas su gérer. Ça, c'est évident, c'est manifeste. Et le fait qu'on ait failli là-dessus, on aboutit à des discours qui sont incroyables, des discours de haine, des discours de rejet qu'on entend régulièrement. – Alors moi,
je
ne
sais
pas. La question migratoire, en tout cas, je pense qu'il
y a
une question d'intégration mais qui n'est pas liée forcément à la question
migratoire. Vous allez avoir des Raphaël et des Rolans, enfin, c'est des prénoms un peu désués, pardon, mais également dans les gens qui vont comparaître. Je pense qu'il y a un problème,
véritablement, de discrimination quasiment sociale. Alors, je ne suis pas du tout dans la culture de l'excuse. Je pense
qu'il y a des tas de gens et des tas de mômes dans les quartiers, si vous voulez, qui n'ont pas beaucoup de moyens et que vous ne retrouvez pas en train de piquer et de défoncer les boutiques Avenue Montaigne ou même, là, on parle de Paris. J'ai été sidéré de voir, par exemple, je cite des marques, pardon, mais la boutique Sephora à Poitiers se faire complètement vandaliser. Donc, je pense qu'il y a aussi un problème, si vous voulez, d'ascenseur social. Je ne
suis
pas en train de dire les pauvres,
ils
sont malheureux. Ce n
'est
pas ce que je dis. Je dis qu'il y a vraiment une chaîne, si vous voulez, qui fait que nous arrivons à ça. Mais la chaîne, encore une fois, on fait comme si on découvrait, si vous voulez, la Lune. J'ai ce souvenir avec Yves sur une autre chaîne. Tous les samedis après-midi, 2018-2019, nous débattions des Gilets jaunes qui, tous les samedis ou tous les dimanches, chaque semaine, vraiment, de façon systématique, venaient casser le centre de Paris. Je ne sais pas si vous vous souvenez pourquoi on a des mémoires de poissons rouges comme ça.
Est-ce qu'on va vers ça ? Puisque là, les Gilets jaunes appellent à la mobilisation pour
les samedis. Est-ce que l
'histoire va se répéter
? Mais
je mets que l'histoire... Donc si l'histoire se répète, est-ce que c'est la faute des Gilets jaunes ou est-ce que c'est la faute à un moment donné de la façon de maintenir l'ordre ? Je connais la doctrine. On ne va pas au corps à corps. On préfère laisser piller parce qu'il y a aussi le traumatisme de la mort de Malek Ousekine. Il y a le traumatisme d'une police qui tuerait. Il y a ce traumatisme-là qui est, pour moi, qui est très important. OK. Mais quand Emmanuel Grégoire, le maire de Paris dit hier dans une excellent interview, dit
on a laissé les pilleurs voler de magasin en magasin sans qu'ils rencontrent une seule fois un policier, il y a aussi quelque chose qui est de l'ordre de la submersion, certainement, mais qui est aussi de l'ordre de la doctrine du maintien de l'ordre. Excusez-moi, depuis 2015, c'est comme ça. Et je parle d'un président qui était mon ami politique. Les lois travaillent Myriam El Khomri, ça commence en 2015. Le 1er mai 2015, vous vous en souvenez, 1 000 black blocs se changent vraiment devant les forces de police, enfilent leur tenue noire dans une provocation et ça commence, le souk commence le 1er mai 2015 avec Paris qui explose. Donc voilà.
Il
faut revoir la doctrine du maintien de l'ordre, Yves
?
Oui, mais il y a sans doute effectivement des ajustements, des révisions à faire de la doctrine du maintien de l'ordre, c'est évident. à la faveur des Gilets jaunes, elle avait évolué cette doctrine puisque c
'est
à ce moment-là que les forces de l'ordre ont abandonné la technique de la NAS qui mettait trop au contact les manifestants avec les forces de l'ordre. il y a sans doute des choses à faire mais ça je dirais c'est l'affaire des spécialistes,
c
'est pas chacun qui va s'improviser l'expert en maintien de l'ordre. Il est sûr qu'il y a des choses à faire, alors il y a tout l'armement aussi qu'il faut, il y a peut-être aussi des dispositifs modernes avec les drones, avec d'autres qu'il faut peut-être introduire, je ne
sais
pas. Mais malheureusement aussi, vous savez qu'ils sont contraints par le Conseil constitutionnel et il y a aussi des principes qu'il ne faut pas bafouer selon le Conseil constitutionnel. Donc c'est assez compliqué à mettre en œuvre.
Et
l'opposition qui pointe les responsabilités de l'État, on va écouter Sébastien Chenu, le vice-président du RN et Mathilde Panot, la présidence du groupe LFI à l'Assemblée. L'État a failli, l'État n'a pas été à la hauteur,
l
'État n
'a
pas protégé les Français, Laurent Nunez l
'a
même reconnu. L'État a effectivement failli et je pense qu'effectivement l'État a une responsabilité. Moi et beaucoup de députés du Rassemblement national sont au contact des commerçants depuis hier dans leur circonscription parce que nous leur apportons notre soutien comme nous l'apportons aux forces de l'ordre. Mais il y a une faiblesse dans la réponse, une faiblesse idéologique dans ce gouvernement.
Il
n'y aurait pas eu la journée de samedi s'il n'y avait pas eu pendant un mois une stratégie de pourrissement de la part de ce gouvernement qui a choisi de ne pas répondre aux revendications portées par les lycéens et par les étudiants. Depuis des jours et des jours, le gouvernement faisait une stratégie de la peur pour empêcher que les gens sortent dehors. Eh bien, c'était massif, bien plus massif même qu'au moment le plus fort des Gilets jaunes et donc cette colère est profondément ancrée dans le pays et celui qui a une responsabilité politique s'appelle Emmanuel Macron et son gouvernement.
La
faute
à
Macron ? Oui, alors
ça m'ennuie beaucoup parce qu'il faut quand même être objectif et honnête. Je suis d'accord complètement avec Mathilde Panot. Le problème, si vous voulez, et d'ailleurs c'est un discours qui est tenu aussi par la social-démocratie, je veux dire, vous ne pouvez pas laisser s'installer les conditions. C'est exactement comme pour les Gilets jaunes. À un moment donné, Emmanuel Macron n'agit pas assez vite, ne prend pas la mesure, etc. Et finalement, qu'est-ce qui se passe ? Vous laissez véritablement les manifestants face à la police. Et en gros, vous dites à la police « Démerdez-vous pour régler ce problème social que moi, je ne règle pas ». Il est là aussi le malentendu. Moi, je ne suis pas...
Je veux dire, je comprends les policiers également. Je comprends... Il y a aussi des surexcités chez les policiers. Mais je veux dire, je comprends cette position dans laquelle on met la police républicaine qui en fait se retrouve face à des manifestants pour régler un problème politique et social. Parce que le problème politique ne
veut pas être réglé par Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu et dans d'autres temps, souvenez-vous, par Emmanuel Macron
et Édouard Philippe, son Premier ministre. On a laissé pourrir cette situation des Gilets jaunes alors qu'au bout d'un mois, il suffisait peut-être de les recevoir. Il a fallu que les Gilets
jaunes
cassent l'arc de Triomphe, vous en souvenez, le 1er décembre 2018 et foutent le feu à la préfecture du Puy-en-Velay. Là, on regarde Limoges qui brûle. Mais on a encore là des mémoires de poissons rouges. On a déjà vécu ça. Il y
a
fait le grand débat quand même.
Non, non, mais
après, il a fait le grand débat. Mais pour qu'il annonce, il a fait le grand débat, Emmanuel Macron, en annonçant d'abord avant des choses. D'accord ? Et là, même combat, en réalité, avec les lycéens. Donc, il
y a
un moment donné, la réponse, elle ne peut être que politique. Je suis malheureusement obligée de le dire, je suis d'accord avec Mathilde Panot.
Oui,
alors moi, je ne
suis
pas du tout d'accord avec Mathilde Panot parce qu'elle balaye devant sa porte et qu'elle arrête d'encourager la casse et les manifestants de trouver toutes les excuses aux manifestants. Donc, tout ça, c'est insupportable et ce mouvement est largement, ce mouvement de la France insoumise est largement responsable de ce qui se passe aujourd'hui. Ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est qu'effectivement, le pouvoir exécutif, comme il n'a rien en poche, comme il n
'a
pas un centime, qu'il a tout dépensé et qu'il a effectivement sous-estimé la colère qui s'exprime, il se retrouve comme... Il se retrouve nu. Le pouvoir est nu aujourd'hui. À tout point de vue. Donc, ce qui est terrible, si vous voulez, c'est que normalement, à la veille d'une élection, dans l'année qui précède d'une élection, la France est toujours apaisée parce
qu'on est dans des
débats. Tout le monde, justement, est autour de l'élection présidentielle. Les débats se font de façon tout à fait institutionnelle. Ça
va changer la
nature de l'élection ?
Et
là, ça change énormément. Donc, déjà, on ne savait pas du tout où on allait. Mais là, effectivement, on se pose même la question de savoir si les élections pourront avoir lieu aux dates dites. C'est quand même assez
grave. C
'est extrêmement grave. Donc, effectivement, le gouvernement n'a probablement pas su anticiper comme il fallait les choses. Il n'a pas su anticiper parce qu'il n'a pas les moyens. Il n'a pas les moyens. Et puis, c'est vrai que, aujourd'hui, vous prenez simplement le mouvement des étudiants, enfin des lycéens. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous allez changer parcours sup maintenant alors que l'orientation, c'est dans deux mois ? Bon, vous pouvez ajouter des profs, ce qu'ils ont fait. Mais le bâti, par exemple, rénover les bâtiments,
ça ne dépend
pas uniquement de l'État, ça dépend aussi des collectivités territoriales. Ça ne se fait pas en un jour. Quelle
va
être la réponse ? Que peut répondre le gouvernement à cette colère
? Ça va être dans le budget. Il
y a le pouvoir d'achat. Là, effectivement, comme il a pu un sentiment poche le gouvernement, il a déjà fait l'histoire, enfin l'affaire du gazoil, il a eu raison. Donc il
n'y a
plus rien à donner. C'est compliqué. Je ne
vois
pas comment il peut renoncer à la TVA et renoncer au certificat.
En tout cas, je
pense qu'ils vont évidemment renoncer les réponses budgétaires. Le problème, c'est que c'est concomitant. Je suis absolument d'accord avec Yves. Je n
'ai
jamais vu une présidentielle qui se profile comme ça
en
réalité. Il y
a
peut-être eu la présidentielle si il y avait le mouvement des infirmières qui a bien pourri effectivement la fin du quinquennat de Lionel Jospin. Il
n'était
pas dans ces niveaux-là si vous voulez d'incandescence.
Il
était Premier ministre.
Oui, oui.
C
'est abrasif là. Donc la question même qu'on peut se poser c'est comment on va si vous voulez à la présidentielle jusqu'à la présidentielle comme ça. C'est un vrai sujet. Pourquoi ? Parce qu'il y a les manifestations. Je pense
que on va arriver à cadrer. Vous allez mettre ils ont mis 15 000 policiers si vous voulez pour la venue du pape à Paris. Écoutez,
ils
vont mettre le prix à payer.
Les gens
qui s'approchent du pape ils ne sont peut-être pas
dans les niveaux-là. Oui,
je suis d'accord. Je blague mais je veux dire en termes de moyens voilà. Ok, il
y
a les manifs mais il y
a
le débat budgétaire. Attention le débat budgétaire. Le débat budgétaire, les socialistes
par exemple ont prévenu à l'Assemblée si le compte n'y est pas par exemple pour les lycéens si le compte n'y est pas si on continue sur ces 54 milliards et bien vous allez avoir une censure. La question, vous savez c'est le principe des dominos. La question de la censure elle va se poser aussi de façon cruciale au Rassemblement National à Marine Le Pen qui elle-même va présenter à la fin du mois sa trajectoire budgétaire de 50 milliards d'économies. Donc ça veut dire ça veut dire que vous avez comment dirais-je la protestation sociale qui va se retrouver ou pas dans le budget. Ok ? Dans le budget vous avez un budget invotable.
Je
veux dire si vous êtes candidat à la présidentielle vous ne pouvez pas voter ce budget. Soit il n'est pas assez soit il est trop. D'accord ? Censure. Qu'est-ce qu'on fait une censure ? On renomme Sébastien Lecornu qui de toute façon maintenant à mon avis à bout de souffle totalement
il est rincé. Donc on censure qu'est-ce qu'on fait ? On dissout ? On dissout ?
Qu
'est-ce qu'on
fait ? Moi je pense que nous sommes à
l'aube vraiment d'une vraie crise de régime et je me pose la question j'ai toujours été j'en ai
fervente
supporter du fait que les présidents finissent leur mandat il faut aller jusqu'au bout parce que c'est la cinquième etc. Peut-être qu'on rentre dans quelque chose de tout à fait inconnu où on va se demander même est-ce qu'il peut même finir son mandat
mais
je
n'en sais rien
je ne connais pas comment rien moi je ne
suis
pas ma dernière main et je ne lis pas dans les autres poulets je vois juste
mais je vois juste je ne sais pas
Yves en connaît la politique depuis suffisamment longtemps je vois
juste les dominos qui peuvent tomber les uns après les autres crise
sociale crise budgétaire
institutionnellement il est quand même protégé qu'est-ce qui peut le renverser à part effectivement un mouvement de foule enfin un mouvement d'opinion
une censure
budgétaire
ce qui
peut se passer c'est que le premier ministre emploie ce qui n'a jamais été fait sous la 5ème république pour le budget et les ordonnances voilà exactement et à ce moment là les ordonnances ça lui permet de passer le cap simplement les ordonnances elles ont un temps limité après il faut que le parlement s'exprime est-ce qu'on peut aller jusqu'à la présidentielle comme ça je trouve que
le
combo est un peu crado juste pour revenir sur le coeur de nos débats et sur la question des responsabilités est-ce qu'il y
a
une responsabilité politique Yves tout à l'heure pointait la responsabilité de la France insoumise je refais un peu de pub pour Figaro mais Gérard Larcher ce matin dans le Figaro dit il faut poser la question de l'interdiction de la France insoumise
la question peut être posée
vraiment c'est
indigne je
n
'ai
pas dit ça moi non
non la question de l'interdiction
peut être posée
ça n'est pas digne de la part du deuxième personnage de l'État je veux dire je ne
sais
pas combien de fenêtres d'overtones on va ouvrir si vous voulez poser, mettre ce genre de choses dans le débat public c'est pas digne
en
réalité je ne peux pas être soupçonnable d'aimer la France insoumise je pense que je ne passe pas une journée sans critiquer une décision ou une parole de Jean-Luc Mélenchon depuis
le 7 octobre
il est allé plus loin en demandant carrément l
'interdiction mais c'est
inacceptable en
fait en réalité mais
comment dirais-je on est dans une démocratie ça ne
se
découpe pas en morceaux dans une démocratie on n'interdit pas les partis politiques c'est tout la France insoumise est ce
qu'elle est lui coller toute la responsabilité de
ce
qui est en train de se passer d'abord c'est délirant c'est totalement faux et si vous voulez faire monter Mélenchon encore de 5 points dans les sondages continuez à avoir ce genre de propos mais c'est pas digne je trouve ça dingue de la part de Gérard Larcher je suis très étonné parce que dans cette espèce de marée délirante Larcher reste quand même à mes yeux comme une sorte de pôle de stabilité républicaine
alors il dit quand
même que LFI est un parti qui concourt à
l'expression de la nation
ça s'appelle une prétérition je ne
vais
pas vous parler de ça mais à la fin je vais le dire stop ça va quoi
non
bah écoute il
faut interdire ou pas
si vous interdisez la France insoumise elle renaîtra sous une autre forme il n
'y a
pas de soucis là-dessus et puis c'est pas parce que vous interdisez la France insoumise que ceux qui soutiennent la France insoumise s'arrêteront
mais Yves enfin
vous êtes le principe vous êtes un républicain le principe d'interdire un parti politique
honnêtement n'existe même pas
le sujet le sujet ne règle rien je dirais ça ne règle
non mais il
devrait même pas moi j'aime pas trop ce que vous dites là parce
que
non vous dites ça ne réglerait rien mais j'ai envie de vous entendre dire comme le grand républicain que vous êtes le sujet ne se pose pas la question ne se pose pas parce qu'elle est sans effet parce
qu'elle est sans
effet
ah non moi elle ne s'oppose pas
philosophiquement et intellectuellement
et politiquement je
peux rentrer là-dedans mais enfin je ne
suis
pas certain que la France insoumise par certains aspects respecte justement les lois de la république oh non non
mais non
mais non soit vous avez des soit vous avez des accusations soit vous n'en avez pas excusez
-moi on
accepte des
partis politiques quand
on appelle quasiment parfois la révolte urbaine je suis désolé mais
il faut arrêter avec ça ça s
'appelle faire de
la
politique non
mais non non on ne fait pas de la politique avec ça on n'est pas le feu à la république
alors là
ne
me mettez pas dans cette situation d'être obligé de défendre
Jean-Luc Mélenchon s'il vous plaît je vous dis
non non mais on est sur la
question des principes il en reste 30
secondes ce que je veux dire simplement c'est que évidemment que je suis vous auriez interdit
le vieux Le
Pen vous
n'avez jamais interdit le Front National
avec
les déclarations de Jean-Marie Le Pen pour
la même
raison tous
les deux vous êtes d'accord
il ne faut pas interdire la France insoumise
les faits seraient nuls alors
moi c'est pas pour la raison des faits
c
'est parce que dans une démocratie on n'interdit pas les partis c'est tout
un
dernier mot juste très rapidement à qui profite ce qui est en train de se passer politiquement Le Pen bien sûr et
Jean
-Luc Mélenchon dans un deuxième
page oui ça
c'est les deux on est encadré par les deux extrêmes aujourd'hui l'extrême droite et l'extrême gauche qui sont aujourd'hui qui rythment la vie politique malheureusement et ça c'est la responsabilité en revanche elle est grandement celle du président de la République merci merci beaucoup merci
à tous les deux
pour ce débat merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée sur Public Sénat
Public
Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Merci à
tous Merci
à
tous
Rachid Temal