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interviewPublic Sénat· 16 octobre 2025 16 min

Motions de censure : l’incertitude jusqu’au bout

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et on va passer évidemment à l'actualité du jour. Sébastien Lecornu vit-il ces dernières heures à Matignon ? Dans une demi-heure, les motions de censure du Rassemblement national et de la France insoumise seront examiné à l'Assemblée nationale où l'on vous retrouve Elsa Mondingava.

Bonjour Elsa, merci d'être avec nous. Vous allez nous faire vivre en direct les débats autour de ces motions de censure. Est-ce que ça va passer pour Sébastien le cornuche ?

Alors, écoutez, il y a beaucoup de monde Orient, dans cette salle des quatre colonnes et ce que je peux vous dire, c'est que les journalistes, les députés, les gouvernements et bien comptent recoment recompent. Chaque voix est vraiment scrutée. Je vous rappelle la barre fatidique, hein, pour que la motion soit adoptée, c'est 289 voix.

Alors, pour ceux qui ont appelé à la censure, il y a le Rassemblement national, les troupes d'Érixi ainsi qu'à gauche les insoumis, les écologistes et les communistes. Ça fait 265 députés. 263 pour être précis puisque un communiste et une écologiste ont dit qu'ils ne voteront pas la motion de censure.

Ça me fait donc qu'il manque 26 voix pour qu'elle passe. Oui, mais on sait que certains non inscrits vont voter cette motion de censure ainsi que quelques députés du groupe Liot. Une poignée de députés de la droite républicaine devraient également vouloir faire tomber le gouvernement.

Ça fait donc déjà une dizaine de députés de plus en faveur de la censure. Et puis on va regarder évidemment ce qui se passe du côté du Parti socialiste. Avec l'annonce de la suspension de la réforme des retraites, la consigne du groupe, c'est de ne pas voter la censure.

Oui, mais six députés au moins ont dit qu'ils allaient braver cette consigne de vote, ne pas respecter la discipline de leur partie. Normalement, si donc on fait bien les calculs, 289, ça semble trop, ça ne se semble pas accessible pour ceux qui veulent voter la censure, mais Orien, vu le contexte politique qu'on connaît en ce moment, chacun va attendre absolument les résultats avant pour Sébastien le Cornu de souffler. On aura les résultats autour de midi, peut-être un tout petit peu après-midi.

On suivra ça évidemment en direct sur LCP évidemment et on vous retrouve Elsa dans une petite vingtaine de minutes maintenant pour suivre ça en direct sur notre antenne. À tout à l'heure et on va en parler avec vous. Bonjour Ellisabeth Martichou et bonjour Michael Darbou.

Merci d'être avec nous pour parler de l'actualité évidemment politique de la journée. Sébastien Lecnu va-t-il éviter la censure ? nous le disait, ça compte, ça recomte, ça va se jouer à quelques voix, ça peut passer pour Sébastien Lecnu.

Je sais pas s'il a bien dormi le premier ministre, peut-être pas parce que c'est un homme prudent mais normalement ça passe. Mais quand même, on va être très attentif. C'est donc une journée parlementaire très importante qu'on suivra sur le canal 8 naturellement.

Mais oui, ça devrait passer puisque la motion de censure ne sera pas votée par l'écrasante majorité des socialistes, même si on voit bien qu'il y a des inquiétudes qui naissent ça et là sur la façon dont la suspension peut réellement impacter la réforme des retraites. Oui, ça on je pense queon fait le paris hein. On fait le paris que en tout cas moi je le fais que ça passe.

à quelques voix près mais euh et et au fond ça raconte beaucoup plus les difficultés à venir. Hm parce que ça n'est pas parce que il éviterait aujourd'hui le premier ministre la censure. D'abord si c'est effectivement à quelques voies, ça veut dire vraiment à quel point ça va être fragile.

Et puis et il faudra quand même et peut-être c'est aussi ce qui déterminera les députés quand ils vont voter. Donc on va voir dans quelle mesure ils vont créer la surprise ou confirmer ce que l'on ressent. Mais euh c'est surtout euh savoir que le le chaos est encore devant nous, hein.

Ça sera rien sera réglé aujourd'hui parce que le parce que Sébastien le cornu aura évité la censure. ça ne fera que commencer parce que le le l'absence de 493 qui certes a montré peut-être une forme de générosité mais totalement inutile fera que le le débat budgétaire va être un va être un champ de bataille extrêmement extrêmement dur, ardu et qui dont on connaît pas l'issue et justement on va écouter les socialistes. Alors les socialistes aujourd'hui ils ont décidé de ne pas voter la censure.

C'est la consigne en tout cas donnée par Olivier Fort mais c'est pas pour autant un blanc sein. On écoute ce que disait ce matin Jérôme Gadch, le député socialiste de l'essonne, il était sur ses lieges. Il n'y a pas de garantie dans l'exécution, dans le débat budgétaire et en effet, on va le suivre très attentivement, très attentivement.

Alors, Sébastien Lecornu, et il le sait parfaitement s'expose à ne pas pouvoir continuer sa mission. La non censure d'aujourd'hui ne présume pas d'une non censure dans les jours ou les semaines qui viennent. Les choses sont très extrêmement claires.

Il y a l'épée des motcles de la censure audessus de la tête de Sébastien Lecnu. Ellisabeth ou bah c'est vrai que c'est un peu une stabilité en trompeleœuil euh Sébastien Lecornu et et mais dans le fond le pays vit au jour le jour. On l'a un peu oublié quelques instants quand les socialistes ont ont annoncé qu'il censurerait pas.

Il y a une espèce de les marchés ont ont d'ailleurs c'était étonnamment bien réagi. Il y a eu comme une forme de soulagement en se disant ben voilà la France gagne quand même quelques quelques semaines de tranquillité. Oui, effectivement le débat ça va être monstrueux. le débat budgétaire, tu sais maintenant, il a d'ailleurs euh un surnom quasi institutionnalisé, un un budget Frankenstein parce que 1493 euh avec des contradictions euh extraordinaires, certaines mesures vont être votées qui seront totalement à l'opposé d'autres et à la fin euh ce qui arrivera au Sénat sera très compliqué quand même euh en terme d'équilibre, de cohérence, de d'orientation politique.

On rappelle que budget, c'est le texte fondateur d'une orientation politique. On ne sait pas du tout ce que ça donnera à la fin. Bref, donc une stabilité en trompeleœuil parce qu'on l'entend bien, on l'a entendu dans la bouche de Jérôme Gch.

Certes, ils ne censurent pas aujourd'hui, mais ils n'auront de cesse que de menacer de censurer le jour d'après. Et donc Sébastien Lecnu, il a gagné un peu de temps, mais c'était une étape indispensable à franchir évidemment sinon nous serions à nouveau sans gouvernement. Et c'est c'est ce que disent notamment les ALR que le gouvernement du coup est sous la menace d'un chantage permanent du Parti socialiste.

Oui. Tout comme il aurait pu être sous la menace permanente de DLR s'il y avait avaient eu le par le rapport de force. Tout étant déréglé euh par définition le mode de fonctionnement est à l'avenant.

Euh euh il faut voilà, Ellisabeth disait effectivement on a vu on a pu ressentir un soulagement mais un soulagement par rapport par rapport à une situation considérablement euh dégradé euh par rapport à un pays dont on ne parle plus jamais de politique publique qui est arrêté qui économiquement est est en difficulté qui est observé et raillé par par tous les partenaires parce que faut quand même pas se leurer. tout le monde tout le monde rigole que ça soit en Europe, que ça soit dans le monde enfin il y a pas un diplomate qui vous explique qui vous qui vous dit pas à quel point la France est est déclassée. Donc tout cela il faut il faut il faut l'avoir en tête quand on est effectivement maintenant on va rentrer dans le but par but un long feuilleton budgétaire où on va à chaque fois regarder effectivement quel est quels sont les effets de chaque mesure mais au final on vit un on vit un dérèglement qui qui sera celui qui va nous accompagner jusqu'à la fin du quinquena.

Alors d'autant qu'à gauche, si le Parti socialiste ne vote pas la censure, c'est pas le cas des ondes composantes de la gauche, notamment les écologistes. On écoute Marine Teli, elle était sur le plateau il y a quelques minutes. Le groupe votera à la censure parce que vous devez comprendre que des écologistes regardent beaucoup de choses.

Nous regardons tout ce qu'il dit mais nous attendons forcément des choses sur l'écologie. Je pense que c'est logique pour tous vos téléspectateurs et qu'il en a en fait même pas parlé. Alors, il en a parlé hier au Sénat dans un exercice de rattrapage contrôlé parce qu'il n'avait même pas abordé le sujet à l'Assemblée nationale.

Est-ce que cette censure non censure elle fracture elle fracture durablement à gauche Ellisabeth ? C'est d'un un désenseignement majeur, il y en a plusieurs mais il y a celui-là effectivement c'est la rupture du Parti socialiste avec le Nouveau Front populaire. Voilà.

Euh ça euh jeis dire c'est fait du côté des socialistes et ça évidemment engendre beaucoup de conséquences pour la suite même si si vous écoutez Olivier Fort vous explique que non, on pourra euh se réconcilier que au municipal la règle c'est euh pas de euh euh surtout au cas de législative où effectivement euh on ne refait pas le nouveau Front populaire, mais il y aura des exceptions. Euh l'exception va-t-elle devenir la règle ? C'est une question qu'on se posera à ce moment-là.

Mais donc tout le monde marche sur des œufs. Le Parti socialiste symboliquement a acté la rupture, ce qui n'a pas fait tout à fait les affaires de LFI. Alors maintenant évidemment, ils vont faire leur miel.

De la fameuse question dont vous avez parlé avec Marine Tendolier qui est quel véhicule pour faire passer cette suspension la réforme des retraites ? Est-ce que vous n'allz pas obligé de d'avaler vous les socialistes des couleuvres considérables dans le budget de la sécurité sociale pour pour pouvoir brandir ce scalpe de la suspension de la réforme ? Donc ils ont trouvé là un os arrangé et vont pas le lâcher.

Mais quand même, il y a symboliquement une rupture qui s'est opérée à la grande satisfaction d'un François Hollande évidemment qui a obtenu ce qu'il voulait depuis des mois, c'est-à-dire une rupture, on verra jusqu'à quand avec le avec LFI, entre avec le PS entre LFI et le PS. Ah oui, c'est un discours de ça purification pour le PS. ils ont même les écologistes et LFI ont un discours de perdant, ils gèrent la crise mais parce que effectivement le le si la réforme de retraite a pu être suspendue indépendamment ce que l'on pense de cette de cette décision sur le fond, si effectivement ils ont obtenu ce scalpe entre guillemets, c'est c'est grâce à la puissance du mouvement social et du mouvement syndical qui s'est exprimé avec au fond avec un effet retard inattendu mais qui a été extrêmement puissant et qui a permis de pouvoir maintenir cette cette revendication bien au-delà des manifestations qui se sont arrêtées et puis parce que le Parti socialiste a effectué un retour en tant que parti de gouvernement et et de ce point de vue-là c'est aux grandes âmes de la France insoumise aux grandes âmes des écologistes qui sont dans des logiques effectivement d'alliance de messages subliminaux parce qu'il y a des municipales mais la réalité c'est qu'ils ne produisent pas de politique publique.

La réalité, c'est qu'ils ne sont pas capables d'influer sur le cours des choses, que ça leur plaise ou non. C'est une réalité. Et le PS effectivement, et c'est pourquoi effectivement François Hollande a eu à cœur de montrer à quel point ça le ça le ça le réjouissait dans la foulée de ce qu'on a pu lire sur dans les sondages autour par exemple de Raphaël Gluxman. le retour de la social-démocratie, c'est un fait et ça effectivement ça ça a tout lieu de de de pas plaire évidemment à à la France insoumise, mais euh c'est quand même dans ce contexte, je trouve une chose intéressante et peut-être un peu plus constructive.

Alors ça a fracturé à gauche, ça fracture aussi à droite mais là au sein même des Républiquins. On écoute ce matin Jean-François Copé le maire de mot, il était sur France inter. Ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré.

Un moment ou un autre, c'est inévitable. Mais enfin, écoutez, on peut pas nous cautionner, on ne peut pas cautionner jusqu'à la fin des temps un budget qui est à ce point le renoncement de toutes nos conditions. Voilà.

Donc là, on a Jean-François Copé qui dit "On ne peut pas cautionner ce budget à un moment ou un autre, il va falloir censurer." On a Laurent Voquier qui ce matin demande à ces troupes de ne pas censurer le gouvernement. Oui.

Alors là, le LR est coupé. LR est coupé en deux. J'étais en train de réfléchir en même temps qu'on écoutait Jean-François Copé.

C'est quand même très stimulant intellectuellement parce qu'il faut suivre hein. Ah oui Laurent Vequier qui a pilonné Bruno Rotaillot pendant des mois sur sa participation au gouvernement et qui aujourd'hui est dans le sillage de ses députés Lè en disant il ne faut pas voter la censure alors que Bruno Rota lui a quitté le gouvernement. Enfin on parlait de votre ville c'est en disant le gouvernement et l'otage des socialistes pas en disant que le petit fallait voter la censure sans le dire.

Voilà qui qui n'a pas lâché au milieu de du récit. Je ne sais pas. Euh oui, la LR c'est très compliqué honnêtement.

Euh c'est même assz c'est c'est tragique. C'est pour ça à votre question. On ne sait pas s'ils vont s'en remettre euh parce que les Français euh perçoivent bien quand même les contradictions.

Euh j'ai noté que eux aussi d'ailleurs l'électorat de droite est partagé parce que à la fois ils voulaient pas participer au gouvernement. Mais la question posée par le sondeur, l'Institut de sondage élab à l'électorat de droite, est-ce qu'il fallait censurer ? Il y a une écrasante majorité qui dit "Non, fallait pas censurer parce que fondamentalement à droite aussi on veut de la stabilité.

On espère que la France pourra un peu respirer pendant quelques semaines." Donc le parti LR est fracturé comme jamais avec le spectacle de leader de LR qui euh qui qui ne qui manquent de cohérence et qui sont gagnés par la fébrilité. La fébrilité, c'est celle de Bruno Rota.

Euh beaucoup estiment qu'il a perdu énormément de points. Tout son capital accumulé se serait évanoui. Il n'est jamais mort en politique, hein.

Donc on verra dans 6 mois. Euh mais là euh à court terme, il a beaucoup perdu. Donc un leadership qui est très affaibli, euh une cohérence qui n'existe pas, une fracturation évidente évidente.

Et donc oui, est-ce que LR qui était déjà maigre 4, 4,5 % euh aux dernières présidentielles pour un parti qui a donné plusieurs présidents de la République, c'est compliqué. Ils pourront se remettre les aler de ce qui est en train de se passer. On avait déjà un mystère.

Pourquoi ? Pourquoi le président a-t-il dissou en juin 2024 ? On en a maintenant un second.

Pourquoi Bruno Rotaillot a-t-il rompu voilà en 2025 avec cette décision comme ça pulsionnel de dire en découvrant la liste du gouvernement je ne supporte pas l'idée que Bron le maire soit là une sorte de de blessure d'orgueil lui aussi bon au fond c'était en plus un un portefeuilleur égalien le le ministre des armées parle assez peu au premier ministre en réalité donc quelque part il aurait pu s'en accommoder et il il n'en serait pas là Donc on se doutait qu'il cherchait une manière de quitter le gouvernement pour pouvoir assurer au fond une forme de stature mais là c'est c'est c'est pas je j'ai pas les moyens de gouverner, c'est il s'est enlevé les moyens de gouverner. Bon donc du coup bilan à court terme la gauche est fracturée, les LR sont fracturés. Est-ce que il a réussi un paris Sébastien Lecnu ou est-ce que ça peut lui revenir en boomerang dans les semaines et dans les mois qui viennent s'il est pas censuré ce matin ?

Ça peut lui revenir en boomerang bien sûr dans les dans les enseignements. C'est évidemment aussi euh la fin du macronisme en tout cas euh le fait que Emmanuel Macron a fait ce bouger pour utiliser ce mot euh à la mode, c'est considérable. C'est considérable.

Donc c'est vrai qu'il a c'est un révélateur cette crise, un révélateur de toutes les faiblesses de la politique française aujourd'hui. Sébastien le cornu il a gagné du temps. Euh c'est encore une fois il fallait passer cette mais il y en a plein d'autres qui qui arrivent et il est pas au bout de ses peines.

Oui, on l'a souvent souligné depuis qu'il est à ce poste Sébastien Lecnus. C'est le le le proche le fidèle paradoxal. En réalité, c'est lui qui enterre le macronisme.

C'était un discours de de son discours de politique générale était un discours d'abord assez général sur la politique puisqu'il a quand même plutôt mis en place des une méthode de fonctionnement nouvelle qui doit matérialiser et cette fameuse rupture et puis en en en annonçant la suspension de la réforme de retraite, ben il enterre le réformisme du quinquena du Quinquena Macron en tout cas de sa la présidence. Merci à tous les deux. Merci Elisabeth, merci Michell, merci d'avoir été avec nous, merci à tous de nous avoir suivi et dans quelques secondes donc direction l'Assemblée nationale, vous retrouvez Alza Mondingava pour suivre les discussions autour de ces motions de censure.

Très bonne journée, à demain. [Musique]