Agriculture : Comprendre la crise et ses enjeux, décisifs pour notre avenir
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25Invité politiqueChiffre
« la France est devenue déficitaire commercialement dans sa balance agricole ce qui veut dire qu'elle importe plus de produits alimentaires qu'elle n'en exporte »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« les agriculteurs français ont 55 ans en moyenne »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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très heureux de vous retrouver depuis Bruxelles cette année commence par bien des actualités mais je voudrais évoquer l'une d'entre elles trop souvent passé sous silence la mobilisation des agriculteurs qui ne cessent de s'amplifier un peu partout en Europe vous avez peut-être entendu parler de ces immenses cortèges de camions de tracteurs qui sont allés vers Berlin ces derniers jours en Allemagne c'était évidemment lié à une décision du chancelier allemand et de sa coalition pour augmenter les taxes sur les carburants des agriculteurs mais en réalité cette mobilisation masque malaise qui monte partout en Europe et en France depuis des semaines malgré le fait que on leur consacre bien trop peu d'attention les agriculteurs ne cessent de tirer la sonette d'alarme de se mobiliser un peu partout ils ont mené des actions symboliques ils ont tenter de retourner les panneaux de leur communes pour dire quoi pour dire que nous marchons sur la tête et moi je partage leur sentiment nous marchons sur la tête l'agriculture en Europe va mal l'agriculture française va mal et ce problème ne concerne concerne pas seulement les agriculteurs il nous concerne tous parce que nous sommes tous concernés d'abord comme consommateurs tous les jours nous avons besoin de nous nourrir et nous sommes tous concernés comme citoyens par le fait que la prochaine crise qui se dessine sera sans doute une crise alimentaire retenez bien ce que je viens de vous dire la crise c'est le moment où nous découvrons que nous ne sommes pas armés pour faire face aux turbulence du monde le Premier ministre qui vient d'être nommé le président de la République ne cesse de parler de réarmement c'est donc que le pays est désarmé et il est en effet et notamment sur le plan agricole depuis des années maintenant nous voyons notre agriculture française fragilisée signe de cela en 2019 pour la première fois la France est devenue déficitaire commercialement dans sa balance agricole ce qui veut dire qu'elle importe plus de produits alimentaires qu'elle n'en exporte nous parlons bien de la France un pays béni pour ses terroirs pour sa terre pour son climat mais aussi bien sûr pour le savoir-faire extraordinaire de ces ces agriculteurs nous sommes l'un des plus grands pays agricoles du monde et aujourd'hui nous avons perdu la capacité de produire ce dont nous avons besoin nous importons désormais plus de produits alimentaires que nous ne sommes capables d'en exporter ce qui veut dire que nous devenons dépendants d'une production étrangère et cette tendance ne cesse de se poursuivre dans les 10 dernières années la France a perdu 100000 exploitations agricole et on peut comprendre la difficulté de trouver des jeunes pour s'engager dans le secteur de l'agriculture aujourd'hui les agriculteurs français ont 55 ans en moyenne donc il y a un vrai tournant générationnel on peut comprendre la difficulté parce qu'un agriculteur vit aujourd'hui avec des revenus qui sont parmi les plus faibles dans le monde du travail ce qui est évidemment un scandale une injustice immense ils produisent ce qui est le plus nécessaire à la vie et nous ne sommes pas capables de leur garantir le revenu nécessaire pour vivre et pour vivre décemment du produit de leur travail et non pas d'activités annexes qui leur sont aujourd'hui proposé pour diversifier leurs revenus donc il y a une une violence qui est faite encore une fois aux agriculteurs mais qui nous nous concerne tous je parlais avec un un éleveur de poulet il y a quelques semaines de cela qui me disait que lorsqu'il avait commencé son travail il y a quelques décennies de cela la France exportait la moitié de sa production de volaille aujourd'hui elle importe la moitié de sa consommation de volaill 90 % des volailles qui sont consommées dans les cantines françaises viennent d'autres pays et notamment d'autres pays européens je pense par exemple à la Pologne on voit bien aujourd'hui que nous sommes dans une situation où dans les années qui viennent nous pourrions perdre complètement la capacité de maintenir certaines filières à un niveau de production réellement substantiel pourquoi cette évolution et bien d'abord parce que sans aucun doute il y a un problème de répartition de la valeur et et probablement nous vivons une forme d'aberration jamais dans dans l'histoire des sociétés humaines on avait consacré aussi peu de notre budget chacun d'entre nous comme consommateur à notre alimentation et donc les les agriculteurs sont en train de vivre avec le peu de budget que la société leur laisse pour produire notre alimentation mais aussi parce que et c'est là dessus que les agriculteurs tirent aujourd'hui la sonette d'alarme parce que nous marchons sur la tête depuis des années nous n'avons cessé et l'Europe en particulier parce que c'est une politique européenne n'a cessé de multiplier les contraintes environnementales l'Europe mais aussi la France parce que le gouvernement français quand l'Europe a déci décider quelque chose veut toujours en faire beaucoup plus que tous les autres on a cessé de rendre la vie des agricul ur impossible à coup de normees à coup de réglementation à coup de paperace à coup d'administration à coup de contrôle et de surveillance à coup de suspicion permanente on a cessé de rendre impossible la vie de ceux qui nous font vivre et de ce point de vue-là effectivement nous sommes en pleine incohérence pourquoi parce que lorsque la production agricole diminue en France alors évidemment nous ne cessons pas de consommer de l'alimentation donc nous la faisons venir d'ailleurs et d'où la faisonsnous venir de pays qui ne respectent aucune des normes que que nous imposons à ceux qui produisent chez nous c'est là que se trouve l'incohérence permanente en allant partout en France au cours des dernières années en rencontrant partout des agriculteurs des éleveurs des arboriculteurs et c'est le même problème pour les pêcheurs d'ailleurs en rencontrant ceux qui travaillent dans ces secteurs et qui aiment leur travail et qui travaillent bien et qui veulent continuer ce travail bien fait et bien nous voyons à quel point nous ne cessons de les asphyxier et de faire venir chez nous une alimentation qui elle est produite dans des conditions terriblement dégradées par par rapport à ce que nous exigeons de ceux qui produisent chez nous il y a là une contradiction absolue et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes batttu au cours des dernières années battu avec ma collègue Anne Sander qui est en commission de l'agriculture qui a travaillé sur la politique agricole commune pour garantir que les soutiens économique aux agriculteurs qui sont non pas une manière de subvention artificielle mais qui sont la clé de la politique agricole partout dans le monde la Chine les États-Unis qui ne sont pas particulièrement un pays communiste les États-Unis soutiennent massivement par des fonds ont publique leur agriculture nous avons le devoir de maintenir avec la PAC un soutien public à notre agriculture qui est tout simplement l'effet de cette volonté de reconnaître que l'agriculture n'est pas un marché comme un autre l'alimentation n'est pas un marché comme un autre la sécurité alimentaire est la condition de notre vie démocratique du maintien de nos libertés de la maîtrise de notre destin nous nous sommes battus avec anander sur ce sujet mais aussi pour éviter la folie de réglementation nouvelle soutenue massivement par les vers par les gauches par la gauche par nos collègues macronistes portés même par les macronistes qui sont ici pris en flagrant d'lit de double discours comment peut-on prétendre réarmer le pays et maintenir sa production notamment sur le plan agricole quand on soutient un texte comme restauration de la nature ce texte européen qui avait pour but de contraindre les agriculteurs à mettre en jacher 10 % de leur terre 10 % de leur terre pour pouvoir laisser la nature revenir à son origine pour pouvoir redonner dans un grand élan rousoïiste un peu d'espace à une nature que l'homme ne toucherait pas comment peut-on prétendre reconstruire la capacité de production en Europe la souveraineté européenne dont parle Emmanuel Macron sans cesse expression qui me paraît fort douteuse mais comment peut-on prétendre servir cet objectif quand on défend un règlement sur les pesticides comme celui qui était prévu qui aurait conduit à une baisse de la production agricole à une baisse de l'alimentation de la production alimentaire en Europe de manière drastique nous rendant dépendant encore une fois de la production de pays-tiers qui est massivement faite avec des produits phytosanitaires que nous nous sommes interdit depuis depis très longtemps en Europe et pour de très bonnes raisons toutes ces contradictions sont intenables et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui je saisis l'occasion de cette mobilisation des agriculteurs pour leur redire ce que nous avons fait au cours des dernières années ce que nous aurons évité pour eux parce que ce règlement pesticide nous avons réussi à retirer ce qu'il y avait de plus problématique de ce texte au point que même nos collègues macronistes et nos collègues écologistes ont fini par ne pas le voter tellement ils étaient irrités de ne pas avoir pu atteindre leurs objectifs le texte restauration de la nature là aussi nous aurons combattu ce texte depuis le premier jour et nous aurons pu éviter par là le plus dangereux et notamment ces 10 % de friche qui était supposé être imposé aux agriculteurs nous continuerons de nous battre à leur côté et encore une fois non pas parce que nous voulons les soutenir eux-mêmes bien sûr nous voulons les soutenir non pas parce que nous leur sommes reconnaissants bien sûr nous leur sommes reconnaissants pour tout le travail qu'ils font mais nous serons à leur côté parce que ce travail là c'est notre avenir qui en dépend notre avenir à tous l'agriculture n'est pas l'affaire des agriculteurs c'est l'affaire de tous les citoyens et c'est l'affaire de tous les responsables politiques qui veulent avec responsabilité regarder l'avenir et maintenir pour l'avenir dans nos pays la sécurité alimentaire dont nous avons tellement besoin pour garantir la maîtrise de notre destin et le maintien de nos libertés merci beaucoup et à très bientôt
François-Xavier Bellamy