đŽ Maintien de l'ordre : audition de Laurent Nuñez
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 49 %Attaque 29 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:10OuverteRéponse directe
Monsieur le ministre, quel bilan tirez-vous aujourd'hui de la mise en Ćuvre du schĂ©ma national ?
- 3:12OuverteRéponse directe
Quelles sont les raisons qui ont conduit le gouvernement à élaborer le dispositif du projet de loi ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Sur quel fondement repose l'engagement de la responsabilité des individus mis en cause ?
- 22:16OuverteRéponse directe
Quelles évolutions majeures du maintien de l'ordre retenez-vous de votre mission ?
- 25:14OuverteRéponse directe
Comment voyez-vous la nécessité de permettre aux unités non spécialisées de faire face à des situations complexes ?
- 25:58OuverteRéponse directe
Pourriez-vous revenir sur la suspension de l'usage d'une grenade décidée à titre conservatoire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« Depuis le mouvement des gilets jaunes, les formes prises par les manifestations et les mobilisations collectives ont sensiblement évolué. »
- 2:00Invité politiqueFait
« La moindre structuration de certains cortÚges et la présence plus fréquente en leur sein ou en marge de ceux-ci de groupes cherchant délibérément l'affrontement ont conduit à une adaptation progressive de la doctrine et de la pratique du maintien de l'ordre. »
- 5:41Invité politiqueFait
« Nous avons déploré lors de ce mouvement la Commission de nombreuses violences et exactions graves, qui sont toutes documentées. »
- 6:19Invité politiqueFait
« On sort du strict cadre, stricto sensu, du maintien de l'ordre. »
- 10:11Invité politiqueFait
« La proportionnalité et la nécessité ne s'apprécient jamais au regard des conséquences de l'engagement de la force, mais au regard du contexte qui a justifié d'engager la force. »
- 34:17Invité politiqueFait
« il y a une évolution des violences significatives dans les manifestations »
- 34:24Invité politiqueFait
« on a constaté qu'il y a énormément de prise à partie systématique des forces de sécurité intérieure »
- 34:38Invité politiqueFait
« pour la plupart on a affaire à des mineurs »
- 35:15Invité politiqueFait
« c'est ce qu'on appelle la nébuleuse qui va se mettre devant ou à l'arriÚre »
- 35:24Invité politiqueFait
« oĂč il y a tout de suite un passage Ă l'action contre les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et des pillages »
- 35:29Invité politiqueFait
« le concept de dĂ©sescalade c'est extrĂȘmement important »
- 37:40Invité politiqueFait
« on introduit cette distinction pour bien marquer la différence en termes opérationnels »
- 43:34Invité politiqueChiffre
« sous ton contrÎle l'agent Michel on a utilisé 18 000 moyens collectifs de défense tout confondu »
- 46:09Invité politiqueChiffre
« on a 36 saisines au moment oĂč je vous parle »
- 46:15Invité politiqueChiffre
« sur les 36 on a 4 affaires qui portent sur des blessures mutilantes »
- 51:20Invité politiqueFait
« dans un cortÚge sauvage »
- 51:23Invité politiqueFait
« des poubelles ou des pillages qui ont eu lieu sur le cortÚge »
- 51:33Invité politiqueFait
« ça se fait beaucoup à la préfecture de police »
- 51:58Invité politiqueFait
« un député monsieur Marc Pena député socialiste à Aix-en-Provence m'a interrogé là -dessus sur ce décalage qu'il y a entre le nombre d'interpellations et les poursuites »
- 52:10Invité politiqueFait
« mieux muscler nos procédures »
- 52:20Invité politiqueFait
« la vidéo algorithmique elle nous permet surtout »
- 52:47Invité politiqueFait
« pour le maintien de l'ordre ça va ĂȘtre un cortĂšge qui part par exemple Ă un endroit oĂč il ne doit pas aller »
- 52:58Invité politiquePromesse
« on va continuer à l'expérimenter grùce au vote de la loi Riposte sur les grands événements »
- 53:51Invité politiqueFait
« le groupement il est constitué en fait de commettre des violences »
- 54:03Invité politiqueFait
« le conseil d'état nous l'a dit ça figure noir sur blanc »
- 1:01:01IntervenantChiffre
« plus de 700 membres de force de l'ordre qui ont été blessés »
- 1:01:07IntervenantChiffre
« 147 personnels de l'éducation nationale également »
- 1:03:56Invité politiqueFait
« le texte on l'a aussi écrit pour des attroupements qui se déroulent en dehors de toute manifestation »
- 1:04:55Invité politiquePromesse
« avec ce texte on aura la possibilitĂ© pour les personnes arrĂȘtĂ©es dans le cadre de ce groupement de ce collectif on aura la possibilitĂ© de mettre en place une responsabilitĂ© qui demeure »
- 1:05:19Invité politiqueFait
« une responsabilité solidaire avec un taquet enfin avec une limite à 10 000 euros »
- 1:05:52Invité politiqueFait
« ce qu'on vit est nouveau »
- 1:08:06Invité politiquePromesse
« le but en tout cas c'est que ça soit dissuasif »
- 1:08:45Invité politiqueFait
« quand vous participez à un attroupement aprÚs sommation que vous y maintenez c'est juste un délit »
- 1:14:13PrésentateurFait
« ce qui s'est passé à Lens avec cette grenade assourdissante »
- 1:23:20Invité politiqueFait
« quand je dis qu'on bascule du maintien de l'ordre au VU, je pense pas à la criminalité organisée »
- 1:23:42Invité politiqueFait
« ça ressemble aux violences urbaines »
- 1:25:35Invité politiqueChiffre
« je vous ai donné des chiffres »
- 1:25:43Invité politiquePromesse
« je fais tout pour qu'il n'y ait pas de blessés »
- 1:31:55Invité politiqueFait
« ça a été vu, ça commence à Créteil »
- 1:33:32Invité politiqueFait
« c'est faux, il y a un certain nombre de pays tout Ă fait respectables comme la Belgique, le Royaume-Uni, l'Espagne qui utilisent le mĂȘme armement intermĂ©diaire que chez nous »
- 1:38:20IntervenantChiffre
« prÚs de 7000 arrestations, de garde à vue qui ont eu lieu sur prÚs de 6000 mineurs »
- 1:38:42IntervenantChiffre
« 21 détentions provisoires qui ont suivi »
- 1:50:01Invité politiqueFait
« Mon travail c'est pas d'empĂȘcher des rassemblements revendicatifs c'est de les encadrer. »
- 1:51:22Invité politiqueChiffre
« Il y a une trÚs forte sollicitation en ce moment notamment la semaine derniÚre il y a eu des congés qui ont été reportés. »
- 1:54:19Invité politiqueChiffre
« L'ensemble des policiers blessés on est à prÚs de 900 maintenant. »
- 1:54:42Invité politiqueFait
« La plupart des lycéens blessés l'ont été par des tirs de mortier ou dans un cadre accidentel ou par des jets de projectiles. »
- 1:56:37Invité politiqueFait
« On saisit systématiquement la justice. »
- 1:57:48Invité politiqueFait
« Ăa fait 15 ans que j'entends parler des sommations on les a amĂ©liorĂ©es mais il faut qu'on aille plus loin. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez57 %
- Présentateur19 %
- Intervenant5 %
- Intervenant 25 %
- ?4 %
- Intervenant 33 %
- Intervenant 43 %
- Intervenant 52 %
â 33 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).
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Monsieur le
ministre,
mes
chers collÚgues, nous recevons aujourd'hui M. Laurent Nunes, que je remercie de sa présence devant notre commission afin d'aborder deux sujets. C
'est un projet
étroitement lié
et
qui intéresse directement les travaux de la commission des lois.
D
'une part, la mission d'information consacrĂ©e Ă l'avenir du maintien de l'ordre et d'autre part, le projet de loi relatif Ă la rĂ©paration des dommages rĂ©sultant de violences ou de dĂ©gradations commises dans l'espace public et au recouvrement des dommages et intĂ©rĂȘts. Cette audition intervient dans un contexte marquĂ© ces derniĂšres semaines par d'importantes mobilisations lycĂ©ennes qui ont notamment conduit
Ă
s'interroger sur les modalités du maintien de l'ordre
en
présence bien sûr de nombreux manifestants mineurs.
Nos
échanges ont toutefois vocation à s'inscrire dans une réflexion plus large sur les évolutions du maintien de l'ordre.
Notre
commission avait d'ailleurs anticipé ces enjeux dÚs le mois de janvier dernier en créant une mission d'information consacrée à l'avenir du maintien de l'ordre, confiée à nos collÚgues David Marguerite et Olivier Bitz.
Elle
a pour objet d'évaluer l'adéquation et la pertinence des évolutions récentes intervenues en matiÚre de maintien de l'ordre
et
d'identifier les adaptations qui pourraient encore ĂȘtre envisagĂ©es. Depuis le mouvement des gilets jaunes, les formes prises par les manifestations et les mobilisations collectives ont sensiblement Ă©voluĂ©.
La
moindre structuration de certains cortÚges et la présence plus fréquente en leur sein ou en marge de ceux-ci de groupes cherchant délibérément l'affrontement
ont
conduit à une adaptation progressive de la doctrine et de la pratique du maintien de l'ordre dont témoigne en particulier l'adoption d'un nouveau schéma national de maintien de l'ordre en 2020.
Monsieur
le ministre, quel bilan tirez-vous aujourd'hui de la mise en Ćuvre du schĂ©ma national ? Au regard des Ă©volutions rĂ©centes des formes de mobilisation, quels sont selon vous les principaux enjeux qui se dĂ©gagent aujourd'hui
?
J'en viens au second objet de notre audition,
le
projet de loi qui sera examiné dÚs mercredi 21 octobre par notre commission.
Ce
texte entend répondre aux difficultés rencontrées pour assurer la réparation des dommages consécutifs aux violences et dégradations commises dans l'espace public, lorsque l'identification des auteurs et l'établissement de leurs responsabilités s'avÚrent complexes.
A
cette fin, il propose de faire évoluer en profondeur les rÚgles de la responsabilité civile en créant un mécanisme de responsabilité civile solidaire.
Dans
ce cadre, et sous certaines conditions, un individu ayant sciemment participĂ© Ă un groupement en vue de commettre des violences ou des dĂ©gradations, ou s'Ă©tant maintenu dans un attroupement violent au cours duquel les dĂ©gradations ont Ă©tĂ© commises, pourrait ainsi ĂȘtre tenu responsable civilement des dommages
dans
la limite de 10 000 euros. Le dispositif du texte prĂ©voit, Ă
le
cas échéant, la possibilité de saisir les allocations familiales et les aides personnelles au logement afin de permettre le recouvrement de ces sommes.
Nous
souhaiterions donc que vous puissiez nous préciser les raisons qui ont conduit le gouvernement à élaborer ce dispositif et les situations auxquelles il entend répondre prioritairement.
Par
ailleurs, pourriez-vous prĂ©ciser sur quel fondement repose l'engagement de la responsabilitĂ© des individus mis en cause ? Comment sera caractĂ©risĂ©e la faute des personnes qui ne sont pas elles-mĂȘmes les auteurs matĂ©riels des dommages causĂ©s
? Je
vous invite, M. le ministre, Ă rĂ©pondre dans votre propos liminaire Ă ces premiĂšres interrogations. Je donnerai ensuite la parole aux rapporteurs, qui auront naturellement d'autres interrogations Ă vous soumettre. Et enfin, je vous inviterai, mes chers collĂšgues, Ă poser vos questions aprĂšs vous ĂȘtre inscrit auprĂšs de M. Miller, qui notera votre nom. M. le ministre, je
vous
cÚde à présent la parole.
Merci beaucoup, Mme la PrĂ©sidente, Messieurs les rapporteurs, Mesdames et Messieurs les sĂ©nateurs. J'avais prĂ©vu de structurer mon propos en trois temps, qui rĂ©pond au schĂ©ma que vous me suggĂ©rez, Mme la PrĂ©sidente. Donc Ă la fois sur le SNMO, l'avenir du maintien de l'ordre, et puis en mĂȘme temps sur le projet de loi Casseur.
Mais
j'avais
un
premier point, qui était l'actualité du mouvement des lycéens. Donc c'est aussi pour partie du maintien de l'ordre. Je commencerai par cela, en fait. Puisque depuis le 18 septembre dernier, la France connaßt le mouvement dit des lycéens,
qui
est Ă l'initiative d'ailleurs d'une nouvelle journĂ©e de mobilisation, qui se dĂ©roule en ce moment mĂȘme, et qui prend la forme aujourd'hui, comme certains jours de la pĂ©riode passĂ©e, de cortĂšges intersyndicaux. Et pas uniquement de mouvements aux abords de certains lycĂ©es. Du reste, ce mouvement n'est pas totalement Ă©tranger. Elle
est
l'objet de votre mission d'information, ni d'ailleurs finalement au principe du Casseur-Payeur. Donc j'ai eu l'occasion de m'exprimer longuement Ă ce sujet le 7 octobre dernier, devant la Commission des lois Ă l'AssemblĂ©e nationale. Et je ne vais pas revenir dans ce propos liminaire sur ce mouvement, sauf peut-ĂȘtre pour vous rappeler en quoi sa gestion ne relĂšve pas au moins pour partie du maintien de l'ordre classique. Et c'est au cĆur de la rĂ©flexion qui doit ĂȘtre la vĂŽtre, qui doit ĂȘtre la nĂŽtre, justement de la dĂ©finition de ce qu'est le maintien de l'ordre, puisqu'on voit bien que ce terme est utilisĂ© systĂ©matiquement, et en tant qu'ouvrir l'ensemble des situations,
et
ce qui en réalité n'est pas tout à fait le cas.
En
effet, nous avons déploré lors de ce mouvement, la Commission de nombreuses violences et exactions graves, qui sont toutes documentées. Violences contre les personnels de l'éducation, saccage de bùtiments publics et autres symboles institutionnels, victimes tierces, nombreuses, tentatives de pillage de commerce, violentes prises à partie contre les forces de sécurité intérieure, emploi généralisé des mortiers d'artifice. Etc.
Alors,
ces actions violentes, fréquemment constatées en l'espÚce, ont ainsi fait basculer ce mouvement
dans
ce qui s'apparente, et ce que nous assumons de qualifier de violences urbaines. Donc on sort du strict cadre, stricto sensu, du maintien de l'ordre. Il me semble que les deux DG dont j'ai lu, les auditions, en tout cas les réponses aux questions qu'ils ont formulées, définissent clairement cette ligne de frontiÚre entre l'un et l'autre.
Dans
un tel cas, donc la doctrine opĂ©rationnelle, quand on bascule sur des violences urbaines, des Ă©meutes, n'est plus la mĂȘme en rĂ©alitĂ©.
Et
c'est un point de cadrage important, je pense, pour votre mission d'information. Les forces de sécurité intérieure n'interviennent plus dans le cadre réglementaire du schéma classique du maintien de l'ordre, mais dans celui, donc encore une fois, des violences urbaines.
C
'est prĂ©cisĂ©ment cette diffĂ©rence de cadre d'action qui a pu laisser croire Ă certains observateurs, d'ailleurs, qu'il y avait eu une inflexion de la doctrine lors de la journĂ©e nationale du 6 octobre dernier, ou encore lors de celle d'aujourd'hui, lorsque c'est une intersyndicale qui dĂ©clare un cortĂšge de voix publique. Donc c'est faux, puisque c'est simplement qu'on n'encadre pas une manifestation dĂ©clarĂ©e avec un service d'ordre des interlocuteurs identifiĂ©s, comme on gĂšre des violences urbaines. Ăa n'est pas du tout, du tout la mĂȘme chose. Avoir un cortĂšge dĂ©clarĂ©, des organisateurs avec lesquels on est en contact, avec lesquels nous sommes en liaison, c'est une chose.
Les violences urbaines, c'est autre chose.
Du
reste, le blocage des lycĂ©es lui-mĂȘme, je reviens aussi sur ce point que j'avais longuement dĂ©veloppĂ© devant la commission des lois Ă l'AssemblĂ©e nationale, le blocage des lycĂ©es lui-mĂȘme rĂ©pond Ă un cadre d'intervention opĂ©rationnelle tout Ă fait spĂ©cifique en rĂ©alitĂ©.
L
'intervention des forces de sécurité intérieure ne se fait que sur demande du concours généralement du chef d'établissement et quand il y a un blocage total d'un établissement et qui a la volonté de poursuivre son fonctionnement par la communauté éducative. Et d'ailleurs, les forces de l'ordre, dans ce cas-là , n'interviennent que lorsque le blocage est total. Lorsqu'il y a un blocage partiel ou secondaire, il n'y a pas d'intervention, il y a simplement un encadrement. Encore une fois, un accÚs annexe, un accÚs secondaire est organisé et que
pour
ceux qui veulent aller en cours, cela est possible. Donc cette audition, justement, dans la commission des lois à l'Assemblée nationale a été l'occasion, évidemment, de rétablir une vérité essentielle, importante à redire. Il n'y a pas d'intervention des forces de l'ordre lorsque les lycéens revendiquent pacifiquement. Il n
'y a
pas d'intervention des forces de l'ordre. Cela n'existe pas. Il n'y a pas d'intervention policiĂšre s'il n'y
a
pas d'exaction, s'il n
'y a
pas de violence commise. Et ce principe, d'ailleurs, vaut en réalité pour tout type de manifestation.
J
'y reviendrai en abordant cette question de la désescalade
qui
est servie sur tous les plateaux à longueur de journée par un certain nombre de commentateurs. Donc il est tout à fait faux que le gouvernement réprimerait une expression revendicative des lycéens. Celle-ci est non seulement respectée, mais elle est aussi encadrée et protégée par nos forces de l'ordre. Plus généralement, d'ailleurs, on oublie trop souvent que c'est précisément la mobilisation des forces de l'ordre qui permet l'expression concrÚte du droit de manifestation.
Les
forces de sécurité intérieure interviennent uniquement lorsqu'il y a des actions violentes contre les personnes ou les biens dans l'espace public, comme à l'intérieur des établissements, d'ailleurs, pour mettre fin aux troubles à l'ordre public.
et
lors de ce mouvement lycéen, cela a dû arriver à de nombreuses reprises
qu
'il y ait des interventions à l'intérieur des établissements pour mettre un terme à certaines exactions.
Ces
interventions sont réalisées dans le strict respect du cadre légal et réglementaire, c'est-à -dire celui de la nécessité et de la proportionnalité.
J
'insiste sur un point qui vaut évidemment pour ce mouvement, pour les VU, mais aussi finalement pour le maintien de l'ordre. La proportionnalité et la nécessité ne s'apprécient jamais au regard des conséquences de l'engagement de la force,
mais
au regard du contexte qui a justifié d'engager la force. Il faut le rappeler, avec force, c'est parfois difficile à entendre, mais c'est comme ça.
La
proportionnalitĂ©, c'est j'engage la force Ă un moment donnĂ© parce que cela me semble strictement nĂ©cessaire et proportionnel, proportionnĂ©, mais Ă©videmment, on ne peut pas considĂ©rer que, l'Ă©gard aux consĂ©quences d'une action de police, sa lĂ©gitimitĂ© ou sa proportionnalitĂ© pourrait ĂȘtre remise en cause. En tout cas, ce n'est pas comme ça que les tribunaux apprĂ©cient la situation. VoilĂ pour le mouvement des lycĂ©ens. Je pourrais Ă©videmment rĂ©pondre Ă l'ensemble de vos questions. Sur la mission d'information sĂ©natoriale, donc sur l'avenir vraiment du maintien de l'ordre
et
donc de l'objet de votre mission d'information,
je
me suis plusieurs fois exprimĂ© sur ce thĂšme devant le Parlement Ă l'occasion de diverses auditions, y compris dans mes fonctions prĂ©cĂ©dentes, notamment singuliĂšrement de prĂ©fets de police, mais pas que. Je pense en particulier Ă la commission d'enquĂȘte sur les groupuscules violents qui a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e Ă la suite de nombreux dĂ©bordements, qui avait Ă©maillĂ©
le
cycle de contestation de la réforme de retraite
et
bien avant cela, d'ailleurs, en rĂ©alitĂ©, comme secrĂ©taire d'Ătat, puisque sous l'autoritĂ© de Christophe Castaner, nous avons lancĂ© la refonte de la gestion du maintien de l'ordre et l'Ă©laboration du schĂ©ma dont vous parliez, Madame la PrĂ©sidente.
Je
répondrai naturellement à toutes vos interrogations sur ce sujet que je crois bien connaßtre, mais pour ce propos liminaire, je m'en tiendrai à la question de la désescalade, je l'annonçais tout à l'heure, qui revient si souvent dans le débat sur le maintien de l'ordre et dans la bouche de quelques chercheurs bien identifiés, par ailleurs militants, et qui, en tout état de cause, n'ont jamais été en situation opérationnelle. Donc ce sont des commentateurs, évidemment, moi je considÚre que je suis un acteur.
En
réalité, le schéma national du maintien de l'ordre, tel qu'il est en vigueur depuis décembre 2021, intÚgre déjà la notion de désescalade. Il l'intÚgre déjà . Dans les faits, cela se traduit par plusieurs choix opérationnels et tactiques qui régissent désormais tout dispositif de maintien de l'ordre et qui sont inscrits noir sur blanc au schéma national du maintien de l'ordre.
Un
dĂ©ploiement de force en profondeur, de sorte qu'elle ne soit pas visible sur le parcours, mais reste nĂ©anmoins postĂ©e Ă proximitĂ© immĂ©diate afin d'assurer une riposte quasi instantanĂ©e en cas de violence ou de dĂ©gradation. PremiĂšrement. DeuxiĂšmement, en cas de violence et d'exaction et donc d'emploi de la force, la consigne est donnĂ©e aux forces de l'ordre Ă©videmment de se replier dĂšs que la manĆuvre est terminĂ©e, c'est-Ă -dire dĂšs qu'il a Ă©tĂ© mis fin aux exactions, de sorte qu'aucune provocation ni violence ou escalade ne puisse ĂȘtre imputĂ©e, reprochĂ©e aux unitĂ©s de police et de gendarmerie engagĂ©es.
Cette
nouvelle posture évidemment a impliqué un effort accru de mobilité, de réactivité des forces de sécurité intérieure qui a totalement été pris en compte dans les différents programmes de formation à la fois des gendarmes et des policiers. TroisiÚmement, l'instauration et ça aussi évidemment sa figure au schéma national de maintien de l'ordre d'un dialogue renforcé et direct et cela procÚde de la désescalade,
d
'un dialogue renforcĂ© et direct avec les organisateurs aussi bien en amont donc avec la nĂ©gociation sur les itinĂ©raires, le partage de l'information sur les Ă©lĂ©ments Ă risque soit du cortĂšge, de l'itinĂ©raire, la dĂ©signation d'officier de liaison ou en tout cas d'agent de liaison de part et d'autre de maniĂšre Ă pouvoir ĂȘtre en communication permanente pendant la progression du cortĂšge durant laquelle les services d'ordre des organisateurs sont au besoin informĂ©s des manĆuvres envisagĂ©es. Donc tout ça figure dans le schĂ©ma national de maintien de l'ordre. Je ne reviens pas sur la position des journalistes, des observateurs et autres qui Ă©galement figurent dans ce schĂ©ma.
Ce schéma, il est jugé clair et pertinent et ne pose aucune difficulté particuliÚre d'application sur le terrain en cas de manifestations classiques.
Des
pistes de réflexion propres à prévenir ou à faire cesser les débordements en marge de ces manifestations de lois publiques existent néanmoins
et
certaines reviennent rĂ©guliĂšrement dans le dĂ©bat qui pourraient ĂȘtre encore expertisĂ©es. notamment l'interdiction individuelle administrative de manifester dont il avait Ă©tĂ© tentĂ© de l'introduire en 2019. D'ailleurs, elle avait Ă©tĂ© introduite dans une mesure d'interdiction administrative de manifester dans la loi
visant
Ă renforcer et Ă garantir le maintien de l'ordre public lors des manifestations.
En
respectant les garanties demandées par le Conseil constitutionnel d'ailleurs qui avait censuré cette premiÚre rédaction, le législateur pourrait trÚs bien doter l'autorité administrative d'un outil adapté aux cas individuels les plus graves afin de préserver l'ordre public.
Vous
noterez d'ailleurs que pour instaurer l'interdiction de paraßtre dans la loi Riposte qui est un peu différente, c'est un peu différent,
mais
il a été tenu compte de cette décision du Conseil constitutionnel
et
celle-ci, cette nouvelle interdiction de paraßtre est donc maintenant dans le droit positif et il me semble qu'il existe un chemin pour relancer l'interdiction individuelle administrative de manifester. Autre élément, le renforcement de la répression de l'infraction de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations
qui
est celle qui correspond le mieux au mode opératoire du Black Bloc qui n
'est
actuellement puni que d'un an d'emprisonnement soit moins que le vol simple
et
donc il semblerait qu'il y a aussi quelques marges de progression de ce point de vue sur le modĂšle Ă©galement de l'aggravation progressive de l'infraction de participation Ă un entroupement. Il pourrait notamment ĂȘtre prĂ©vu un cas d'aggravation de la rĂ©pression notamment le fait de participer Ă un groupement en vue de commettre des violences en Ă©tant porteur d'une arme.
En
revanche, je le répÚte et je le redis, en cas de basculement en violences urbaines, le schéma national de maintien de l'ordre ne peut ni doit trouver à s'appliquer sauf à cautionner la violence finalement comme une forme d'expression légitime et acceptable de la contestation.
Il
existe d'ailleurs un guide opérationnel des violences urbaines adopté par la police nationale à l'automne 2025, distinct du SNMO
et
la gendarmerie dispose Ă©galement du mĂȘme document et ces deux documents avaient Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s Ă la suite des Ă©meutes graves qui avaient Ă©maillĂ©, qui avaient fait suite Ă l'affaire dite NaĂ«l.
Et
donc à ce moment-là , la réflexion de Gérald Damanin à l'époque était de lancer cette réflexion sur cette doctrine des violences urbaines qui est totalement distinct du maintien de l'ordre. J'en viens avant de répondre à vos questions au principe casseur-payeur. Comme vous le savez, actuellement, dans le cadre du mouvement en cours, le garde des soins a adressé une instruction au parquet puisque les textes permettent d'engager la responsabilité civile, notamment pour faute des personnes qui ont commis des dégùts. Ces textes existent, donc ils existent dans le droit positif, mais les débordements
récurrents
auxquels on a assisté notamment en marge d'événements sportifs, comme on l'a vu au soir des deux derniÚres finales de la Ligue des Champions remportées par le Paris Saint-Germain ou dans le cadre de manifestations qui créent un contexte propice à la commission d'infractions diverses entraßnant l'intervention des forces de sécurité intérieure. Ce contexte rend difficile en réalité la recherche de responsables, l'imputation précise de dommages causés et par conséquence leur réparation à un auteur.
Ă
droit constant, il faut que nous ayons un auteur qui a commis une dégradation, que nous en ayons connaissance et qu'on puisse évidemment lui imputer une partie de la responsabilité de ces dommages.
Comme
vous le savez, pour les attroupements, il existe nĂ©anmoins un rĂ©gime de responsabilitĂ© sans faute de l'Ătat, ce qui n'est pas le cas pour les groupements. L'attroupement, ça a une notion
beaucoup
plus spontanĂ©e, il y a des sommations, c'est un regroupement qui comporte des risques de troubles Ă l'ordre public, le groupement est plus prĂ©parĂ© et donc pour l'attroupement, il y a un rĂ©gime de responsabilitĂ© sans faute de l'Ătat.
Ce
que l'on cherche à appréhender, c'est à la fois à garantir le droit à réparation pour les victimes,
Ă
mieux garantir ce droit Ă rĂ©paration qui ne l'est pas suffisamment Ă droit constant. Et puis, il y a clairement aussi une volontĂ© d'ĂȘtre dissuasif, d'ĂȘtre dissuasif en instaurant finalement ce qu'on peut appeler le principe de casseur-payeur, purement et simplement. Et donc, il
y a
aussi cette volonté d'afficher un élément de dissuasion en ayant la possibilité, et c'est le principe qui est retenu dans le projet de loi dont vous allez examiner. C'est cette idée qu'on puisse avoir une responsabilité extra-contractuelle pour faute et aller surtout chercher une responsabilité solidaire de l'ensemble des participants, soit un groupement, soit un attroupement. Responsabilité solidaire, c'est-à -dire qu'on peut aller chercher la responsabilité de chacun des participants
dĂšs
lors qu'il y a eu dĂ©gradation dans le cadre d'un attroupement ou d'un groupement. Alors, c'est un rĂ©gime de responsabilitĂ© qui reste basĂ© quand mĂȘme,
la
philosophie reste celle d'une faute.
En
cas d'attroupement, et c'est comme ça que nous l'avons Ă©crit dans le texte, aprĂšs avis du Conseil d'Ătat, il
y
a eu un certain nombre d'observations du Conseil d'Ătat, en cas d'attroupement, par exemple, ce sera le fait de s'ĂȘtre maintenu malgrĂ© des sommations au sein d'un attroupement au cours duquel Ă©taient commis des violences et dont l'auteur ne pouvait ignorer que des violences Ă©taient en cours et donc des dĂ©gradations
et
donc des dĂ©gradations. Donc, il y a bien cette notion de faute et mĂȘme chose pour le groupement. C'est le fait, Ă©videmment, le groupement, c'est quelque chose qui est prĂ©parĂ©, c'est le fait d'avoir participĂ© Ă la prĂ©paration de ce groupement. VoilĂ , en gros, ce qu'est ce rĂ©gime de responsabilitĂ© collective, solidaire, qui permettra d'aller chercher la responsabilitĂ© des participants avec une limite qui a Ă©tĂ© fixĂ©e dans le texte Ă 10 000 euros. Donc, avec une limite Ă 10 000 euros. Mais, attention, il y a quand mĂȘme deux dispositions qui sont extrĂȘmement importantes.
Il est mis en place une action rĂ©cursoire, notamment pour la responsabilitĂ© en cas d'attroupement, qui permettra, lorsque la responsabilitĂ© de l'Ătat est engagĂ©e, d'aller rechercher de maniĂšre rĂ©cursoire la responsabilitĂ© des participants pour les attroupements, mais Ă©galement lorsque la responsabilitĂ© de l'Ătat pourrait ĂȘtre engagĂ©e sur le principe d'une faute ou du principe de rupture d'Ă©galitĂ© devant les charges publiques. Donc, cette action rĂ©cursoire, c'est un autre Ă©lĂ©ment dissuasif qui permet Ă l'Ătat lui-mĂȘme condamnĂ© Ă indemniser les dommages, de se retourner contre les participants. L'autre Ă©lĂ©ment qui est extrĂȘmement important, c'est une obligation qui est créée
pour
la justice d'informer l'autoritĂ© administrative et notamment la justice judiciaire de l'Ătat de l'existence de condamnations pour dĂ©gradation et du fait qu'il va ĂȘtre recherchĂ© une responsabilitĂ© civile solidaire. VoilĂ l'intĂ©rĂȘt de ce texte qui rĂ©pond Ă un certain nombre de dĂ©bordements auxquels nous avons assistĂ©
récemment.
Je pense Ă©videmment aux deux finales de Ligue des Champions mais pas que. On voit bien que dans le contexte actuel nous avons Ă©galement des violences qui occasionnent des dommages extrĂȘmement importants. Une prĂ©cision Ă©galement Ă©videmment en cas d'auteur mineur la possibilitĂ© d'aller chercher en responsabilitĂ© l'autoritĂ© parentale et d'aller recouvrer par ailleurs ces dommages et intĂ©rĂȘts sur un nombre de prestations d'allocations dites non-contributives pour lesquelles normalement il y a une part normalement elles sont insaisissables sauf dĂ©rogation sauf exception et le projet de loi prĂ©voit des cas nouveaux d'exception
notamment
pour les allocations familiales les allocations personnalisées au logement les APL voilà voilà pour faire en gros l'économie générale de ce texte et voilà pour ces propos liminaires Madame la Présidente
donc
je suis prĂȘt Ă rĂ©pondre Ă vos questions
merci Monsieur le Ministre je passe la parole à nos deux reporteurs en commençant par Monsieur Olivier Bitz
merci
Madame la Présidente
Monsieur
le Ministre merci pour ces échanges qui interviennent à un moment important pour nous puisque évidemment c'est d'abord l'issue de notre mission d'information que nous menons depuis plusieurs mois avec David Marguerite sur l'avenir du maintien de l'orne comme quoi on n
'a
pas attendu les questions les sujets d'actualitĂ© rĂ©centes pour s'intĂ©resser Ă cette question qui est extrĂȘmement importante et je tiens d'emblĂ©e au nom de mon collĂšgue et moi-mĂȘme Ă vous remercier Monsieur le Ministre et tous vos collaborateurs du ministĂšre de l'IntĂ©rieur parce que nous avons eu accĂšs Ă tout ce Ă quoi nous souhaitions avoir accĂšs avec des auditions oĂč manifestement nos interlocuteurs ont pu nous dire on va dire ce qu'ils souhaitaient exprimer et nous avons eu accĂšs Ă©galement Ă des opĂ©rations concrĂštes de maintien de l'orne en tout cas nous avons pu rĂ©aliser notre travail dans de bonnes
conditions
mais mission d'information nous rendrons notre rapport la semaine prochaine qui intervient dans un double contexte Ă la fois des manifestations lycĂ©ennes et du projet de loi que le gouvernement prĂ©sente sur donc appelĂ© casseur casseur payeur et de ces quelques mois de travail nous retenons d'abord une Ă©volution extrĂȘmement importante du maintien de
l
'ordre ou plutĂŽt des violences qui sont perpĂ©trĂ©es Ă l'occasion du droit de manifester Ă©videmment qui est pleinement lĂ©gitime et depuis une vingtaine d'annĂ©es nous constatons une recrudescence de violences de plus en plus graves avec Ă©videmment une stratĂ©gie de l'Ă©tat une rĂ©action de l'Ă©tat qui s'adapte au phĂ©nomĂšne auquel il doit faire face donc Ă©volution des violences extrĂȘmement importante et Ă©videmment rĂ©ponse de l'Ă©tat qui cherche Ă y rĂ©pondre et
il
y a un motif Ă©videmment que vous avez Ă©voquĂ© c'est finalement cette frontiĂšre qui est de moins en moins claire quand mĂȘme entre le maintien de l'ordre et les violences urbaines en tout cas c'est le sentiment que nous avons pu avoir avec cette difficultĂ© particuliĂšre qui est la multiplication on va dire des points sur le territoire national mĂ©tropolitain outre-mer dans lequel en simultanĂ© se produisent des Ă©vĂ©nements mettant en cause l'ordre public et la nĂ©cessitĂ© de plus en plus souvent de faire intervenir des unitĂ©s non spĂ©cialisĂ©es dans le maintien de l'ordre on conçoit bien Ă©videmment que compte tenu de l'ampleur des phĂ©nomĂšnes et de la multiplication des points concernĂ©s c'est une nĂ©cessitĂ© mais cela pose quand mĂȘme la question Ă la fois de la formation des Ă©quipements des unitĂ©s non spĂ©cialisĂ©es voilĂ est-ce que vous avez une rĂ©flexion particuliĂšre je suis certain mais comment vous voyez justement cette nĂ©cessitĂ© peut-ĂȘtre de permettre aux unitĂ©s non spĂ©cialisĂ©es de pouvoir faire face Ă des situations complexes deuxiĂšme point sur les manifestations lycĂ©ennes plus d'actualitĂ© nous aurions souhaitĂ© savoir de quelle maniĂšre elles ont pu ĂȘtre traitĂ©es de maniĂšre spĂ©ciale si ça a Ă©tĂ© le cas mais comme vous le disiez la proportionnalitĂ© de la rĂ©action c'est finalement l'Ă©vĂ©nement originel qui vient conditionner la rĂ©action des phĂ©nomĂšnes de l'ordre donc comment vous apprĂ©ciez on va dire cette sĂ©quence particuliĂšre et il serait peut-ĂȘtre intĂ©ressant de revenir sur la suspension de l'usage d'une grenade que vous avez dĂ©cidĂ©e Ă titre conservatoire pour calmer un petit peu le jeu je pense que dans l'urgence
c
'était sans aucun doute une bonne décision mais évidemment que nous nous posons aussi la question on va dire de l'équipement de maniÚre générale des forces de l'ordre et de la nécessité de maintenir à distance parce qu'on sait bien que ce qu'il y
a
de plus dangereux c'est le contact direct entre les manifestants ou des personnes troublant l'ordre public et les forces de l'ordre et en privant évidemment des moyens techniques qui permettent de garder à distance dans quelle mesure on se dépouille d'une certaine maniÚre d'une capacité à éviter les incidents et enfin troisiÚme question je vous
l
'ai dit notre travail de plusieurs mois sur cette mission d'information a confirmĂ© la confiance que nous portions dĂ©jĂ aux forces de l'ordre policiers et gendarmes et nous avons pu constater le trĂšs grand professionnalisme dont ils font preuve mais cela n'empĂȘche Ă©videmment pas de constater des comportements parfois rĂ©prĂ©hensibles et la question de l'inspection de l'IGPN Ă©videmment est posĂ©e car malgrĂ© les garanties qui peuvent ĂȘtre apportĂ©es la prĂ©sidence par un magistrat forcĂ©e de constater qu'il peut y avoir toujours un doute on va dire sur l'objectivitĂ© on va dire du travail de l'IGPN dans une partie de l'opinion que je ne partage pas moi je pense que les enquĂȘtes se font Ă charge et Ă dĂ©charge sous l'autoritĂ© en plus sous l'autoritĂ© de la justice mais comment faire en sorte on va dire que tous nos concitoyens puissent avoir confiance dans l'impartialitĂ© de ce travail des corps d'inspection donc voilĂ pour ce qui me concerne merci madame la prĂ©sidente monsieur le ministre alors je
je
me joins évidemment à le propos d'Olivier Bitz sur les forces de l'ordre et sur ce que nous avons pu constater tout au long de ces mois de
mission
l'excellence de leur formation la patience dont ils font preuve sur le terrain la façon également dont la proportionnalité est appliquée concrÚtement plusieurs de nos interlocuteurs nous ont d'ailleurs signalé que la rupture se situe grosso modo en 2016 sur l'évolution des grandes manifestations collectives avec notamment la perte d'encadrement de ces grands mouvements collectifs en tout cas du moindre encadrement par les forces syndicales de ces mouvements collectifs
et
avec la loi El Khomri en particulier oĂč les premiers dĂ©bordements sont
trĂšs
significatifs il y en a eu avant mais disons qu'il y a un vrai phénomÚne un glissement à ce moment là ce qui a interrogé tout au long de notre mission un certain nombre de points tendant à actualiser le schéma national de matiÚre de l'ordre dont vous avez parlé tout à l'heure sur la question des armes sur la question des équipements sur la question là aussi de la capacité pour nos forces de l'ordre de pouvoir avoir des moyens proportionnés dans la riposte il est une question qui est revenue souvent dans notre mission c'est celle de la judiciarisation du maintien de l'ordre et notamment du décalage parfois saisissant qu'il peut y avoir entre le nombre d'interpellations à l'issue d'une manifestation et le nombre de condamnations c'est un décalage qui est constaté manifestation aprÚs manifestation nous avons d'ailleurs constaté sur le terrain des nouvelles techniques d'interpellation avec des procÚs verbaux qui sont réalisés de façon électronique nous étions le 1er mai notamment pour le constater je voulais savoir c'est la question que je pose sur la judiciarisation si des réflexions sont en cours si des préconisations si des réflexions et si des évolutions sont possibles de ce point de vue pour poursuivre plus efficacement les auteurs d'infractions au cours des manifestations et si un dispositif particulier était prévu en ce qui concerne les mouvements lycéens en cours la deuxiÚme question sur le maintien de l'ordre elle est sur les nouvelles techniques je pense en particulier à celles qui ont été expérimentées au moment des jeux olympiques et paralympiques avec la vidéoprotection augmentée ou algorithmique
quel
bilan on tire de ces outils et comment on pourrait utilement envisager de les généraliser ma deuxiÚme série de questions
porte
sur le texte en lui-mĂȘme le texte casseur-payeur avec mon collĂšgue je crois que nous pouvons dire que nous en partageons l'objectif d'imputer une responsabilitĂ© financiĂšre Ă ceux qui cassent aujourd'hui la vertu dissuasive Ă©galement que cela peut potentiellement reprĂ©senter et de ce point de vue deux questions notamment dans l'article premier on a bien compris la philosophie et le dispositif de ce texte on distingue en effet ce qui relĂšve du groupement d'une part c'est Ă dire l'individu qui participe Ă un groupement dont la finalitĂ© est en tant que telle de casser de dĂ©truire sur ce point il me semble que le rĂ©gime probatoire semble plutĂŽt Ă©tabli et assez facilement Ă©tabli je participe Ă un mouvement qui est potentiellement un mouvement et qui a en tout cas comme finalitĂ© de dĂ©truire la situation est pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensible et la consĂ©quence de la responsabilitĂ© financiĂšre se fait lĂ oĂč la difficultĂ© pourrait survenir c'est le cas des attroupements le cas des groupements d'un cĂŽtĂ© le cas des attroupements de l'autre je participe Ă une manifestation un individu participe Ă une manifestation et il se maintient malgrĂ© les sommations sur le dispositif avec des violences volontaires qui sont opĂ©rĂ©es la question elle est de savoir comment on fait comment on peut enrichir peut-ĂȘtre amender le texte de ce point de vue pour nous assurer de son opĂ©rationnalitĂ© pour Ă©viter d'avoir des causes exonĂ©ratoires de toute forme de responsabilitĂ© on pense notamment au regard des auditions aux sommations et Ă la façon de les matĂ©rialiser de façon diffĂ©rente aujourd'hui pour qu'il n'y ait pas d'ambiguĂŻtĂ© sur la façon dont la sommation a Ă©tĂ© faite et que l'individu ne puisse se soustraire Ă la sommation et qu'en tout cas il ne puisse pas harguer le fait de ne pas avoir entendu la sommation pour se soustraire Ă sa responsabilitĂ© financiĂšre c'est donc la question que je voulais poser sur ce point prĂ©cis pour garantir l'opĂ©rationnalitĂ© d'un dispositif dont on peut saluer je pense la vertu potentiellement dissuasive mais dont on peut quand mĂȘme s'interroger sur l'opĂ©rationnalitĂ© dans le temps c'est Ă dire qu'entre le moment oĂč les faits se produisent et le moment oĂč la rĂ©paration financiĂšre se fait limitĂ©e par ailleurs Ă 10 000 euros il peut se passer plusieurs annĂ©es et la difficultĂ© elle est probablement lĂ enfin la derniĂšre question sur ce texte c'est sur les allocations saisies dans l'article 4 il est prĂ©vu les APL il est prĂ©vu les allocations familiales est-ce que pourquoi vous n'avez pas envisagĂ© d'autres saisies je pense au RSA en particulier au moment de l'examen du texte alors je sais que le conseil d'Ă©tat a fait des observations de ce point de vue mais je voulais vous interroger avec mon collĂšgue sur la question des allocations qui ont Ă©tĂ© choisis pour rendre le dispositif opĂ©rationnel aprĂšs l'action de rĂ©cursoir je note d'ailleurs dans l'article 2 qu'il y a un dispositif intĂ©ressant sur l'action restaurative possible c'est-Ă
-dire
que l'Ă©tat peut transiger avec le responsable avec des on n'appellera pas ça un travail d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral puisqu'il n
'y a
pas de finalité pénale mais avec une action restaurative et de ce point de vue il me semble que c'est une disposition qui potentiellement va dans le bon sens voilà madame la présidente les questions que je voulais poser sur les deux sujets de l'audition
merci
avant de prendre d'autres questions celles-lĂ sont assez nombreuses celles de notre rapporteur dont nos rapporteurs donc je vais vous relacer la parole monsieur le ministre
merci
beaucoup madame la présidente messieurs les rapporteurs pour répondre à monsieur monsieur le rapporteur Olivier Bitz oui il y
a
une évolution des violences significatives dans les manifestations
on
l'a vu avec le mouvement des lycĂ©ens oĂč on a constatĂ© qu'il y a Ă©normĂ©ment de prise Ă partie systĂ©matique des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure systĂ©matiquement Ă un niveau que nous n'avions jamais connu auparavant ce qui est quand mĂȘme inquiĂ©tant quand on sait que pour la plupart on a affaire Ă des mineurs il y a un niveau de prise Ă partie extrĂȘmement fort de la mĂȘme façon que dans les cortĂšges quand il y a quand il dĂ©gĂ©nĂšre on a Ă©galement un niveau de violence extrĂȘmement Ă©levĂ© on le voit avec les cortĂšges on peut prendre l'exemple d'aujourd'hui avec des cortĂšges qui ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s par des organisations syndicales
qui
en gĂ©nĂ©ral sur l'ensemble du territoire national se passent bien pour la partie syndicale et qui se passent moins bien sur une partie du cortĂšge qui peut ĂȘtre devant c'est ce qu'on appelle la nĂ©buleuse qui va se mettre devant ou Ă l'arriĂšre oĂč l'engagement de violence est trĂšs fort
oĂč
il y a tout de suite un passage Ă l'action contre les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et des pillages j'y reviendrai pour le concept de dĂ©sescalade c'est extrĂȘmement important extrĂȘmement important il y a dans les manifestations une montĂ©e des violences qui laisse Ă penser que pour une partie de la population je mets volontairement de cĂŽtĂ© les organisations syndicales
pour
un ministre de l'intérieur et pour les préfets du préfet de police au préfet de département quand vous avez les organisations syndicales qui déclarent c'est un gage c'est un gage c'est une assurance pour nous on a un interlocuteur on sait qu'on peut discuter avec quelqu'un et on sait qu'en général les choses se passent bien
c
'est encore une fois ceux qui sont à la marge des cortÚges qui vont pouvoir les faire dégénérer dont d'ailleurs les responsables des organisations syndicales en général enfin les désavouent les écartent et souhaitent qu'on les en protÚge la frontiÚre vous avez la premiÚre question c'est la frontiÚre entre MO et VU bien sûr qu'elle n
'est
pas claire puisqu'on passe de l'un à l'autre en un trait de temps mais pourquoi on utilise cette frontiÚre pourquoi on a souhaité avoir deux documents parce que nos adversaires parce que c'est comme ça qu'il faut les nommer qui critiquent l'action des forces de sécurité intérieure qui disent dans d'autres pays c'est la désescalade on n'utilise pas tel et tel type d'armement dans le MO évidemment quand les compagnies d'intervention de la préfecture de police s'engagent sur la voie publique pour encadrer une manif normale il n
'y a
pas de LBD il n
'y a
pas de LBD personne n'a de LBD
par
contre quand vous basculez en VU quand vous basculez en Ă©meute vous ne pouvez pas demander aux forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure d'aller impacter les groupes Ă risque et de faire en sorte qu'ils arrĂȘtent leurs exactions sans qu'ils aient leurs armements intermĂ©diaires classiques et c'est pour ça qu'on a construit cette distinction parce que nos adversaires ne la font pas et englobent tout dans cet espĂšce de concept de maintien de l'ordre qui est vrai au dĂ©part mais qui peut vite basculer dans des violences urbaines ou des Ă©meutes il y a des violences urbaines sans qu'elles soient prĂ©cĂ©dĂ©es de l'EMO quand vous avez des interventions dans les quartiers dans les dĂ©partements dans tous les dĂ©partements français je pense aussi aux dĂ©partements franciliens au Val d'Oise par exemple quand il y a une intervention dans le Val d'Oise pour un trafic de stup
il
y
a
des prises à partie des effectifs c'est pas et là on bascule tout de suite dans des scÚnes de violences urbaines des émeutes là vous n'allez pas demander aux policiers de laisser le LBD dans le coffre de la voiture de ne
pas
prendre la grenade de dĂ©sencerclement ou les grenades lacrymogĂšnes c'est pas possible et c'est pour ça qu'on introduit cette distinction pour bien marquer la diffĂ©rence en termes opĂ©rationnels c'est-Ă
-dire
quand on intervient face à des émeutiers ou des personnes qui pratiquent des violences urbaines c'est-à -dire qui piquent qui dégradent qui s'en prennent aux forces de sécurité intérieure on doit pouvoir intervenir dans un cadre qui n'est pas le simple maintien de l'ordre on a basculé dans autre chose donc c'est pour ça donc cette distinction
on
a souhaité et donc Gérald Darmanin avait lancé le travail qui a été repris ensuite par Bruno Rotaio qui évidemment je reprends qui consiste à distinguer les deux choses voilà clairement et c'est pour ça qu'on a maintenant des ordres de services des ordres d'opération pour les VU qui ne sont pas le schéma national du maintien de l'ordre que les choses soient claires
aprĂšs
la deuxiÚme question que vous donc pour nous la frontiÚre est claire elle n'est pas claire chez ceux qui nous critiquent qui critiquent l'action des forces de sécurité intérieure j'entends encore parler des grands spécialistes moi de désescalade il paraßt que c'est pas vrai je vous invite à lire d'ailleurs l'interview qui a été donnée dans le Parisien la semaine derniÚre de l'ancien directeur de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police monsieur JérÎme Foucault qui dit clairement face à les casseurs il n
'y a
pas de dĂ©sescalade quand vous ĂȘtes dans une opĂ©ration de violence il n
'y a
pas de désescalade sauf à ce que l'autorité politique assume mais quelle autorité politique assumerait de regarder des vitrines en train de se faire casser ou des gens en train de se faire agresser personne n'assume ça personne n'assume ça alors on nous dit oui mais c'est parce qu'on est présent que non sur les manifestations les forces de l'ordre sont loin au départ elles ne sont pas là donc voilà donc cette distinction elle a été établie pour ça ensuite vous avez posé une deuxiÚme question qui est une autre question évidemment qui est fondamentale c'est celle de la formation puisque quand on est dans des mouvements généraux qui ont lieu en plusieurs points du territoire des mouvements spontanés c'est vrai pour le mouvement des lycéens
ça
peut ĂȘtre vrai dans certaines circonstances pour des mouvements le mouvement agricole et c'Ă©tait trĂšs vrai Ă©videmment pour le mouvement des gilets jaunes oui oui parce que nous n'avons pas d'autres solutions vous avez des forces de sĂ©curitĂ© je veux dire de droit commun c'est un peu impropre mais locales qui peuvent intervenir et ĂȘtre en charge du maintien de l'ordre oui c'est possible lĂ vraiment je reviens sur le maintien de l'ordre sur des mouvements oui qui peuvent ĂȘtre en charge d'avoir Ă mener du maintien de l'ordre ça nous a conduit Ă monter les formations monter les formations augmenter les Ă©quipements de protection notamment et oui lĂ clairement il reste encore un certain nombre il reste beaucoup de choses Ă faire on en a parlĂ© encore rĂ©cemment sur le mouvement des lycĂ©ens puisque devant les lycĂ©es vous imaginez bien alors j'entends lĂ encore des grands spĂ©cialistes qui disent on ne fait pas intervenir les forces spĂ©cialisĂ©es en matiĂšre de MO que sont les CRS et les EGM heureusement quand mĂȘme on parle de lycĂ©ens d'une part et puis d'autre part il y a beaucoup de lycĂ©es il y a 3400 lycĂ©es dans notre pays on ne peut pas avoir les EGM et les CRS devant autant de lycĂ©es devant autant d'actions oui il y
a
des forces locales qui interviennent oui la question de leur formation est majeure oui depuis les gilets jaunes on a augmenté la formation initiale au maintien de l'ordre qui n'existait pas forcément d'ailleurs avant on l'a augmenté on augmente en formation continue mais c'est vrai qu'il reste encore un certain nombre de choses à faire et donc là on avait répondu mais on pourra vous donner le détail j'ai vu d'ailleurs que les 2DG dans leur questionnaire ont détaillé l'ensemble des formations oui il y
a
encore un certain nombre de choses à faire et ça c'est un constat que nous faisons ensemble sur les lycéens
sur
les lycéens comment est-ce qu'on apprécie cela pas différemment on sait qu'on a des mineurs donc
on
sait qu'il y
a
une proportionnalité qui est voilà il faut agir avec tact mais quand vous avez des policiers des gendarmes qui interviennent sur
un
théùtre de violence
qu
'ils ont en face d'eux des individus qui sont tous cagoulés
qui
jettent des projectiles
qui
commettent des violences leur rĂŽle premier c'est de les interpeller il n
'y a
pas il
n'y a pas de
moment oĂč on regarde la situation c'est en cela que j'avais dit d'ailleurs au 20h ce qui a Ă©tĂ© trĂšs commentĂ© sur les bancs de la France insoumise il n
'y a
pas de retenue dans le sens oĂč il n
'y
a pas on ne
s
'interdit pas moi je ne demanderai jamais aux forces de l'ordre de ne pas intervenir quand il y
a
des exactions et je ne veux pas entendre parler d'ordre en ce sens évidemment par contre s'agissant en grande majorité de mineurs il y a une action qui se fait avec proportionnalité mais c'est le cas de l'égal et réglementaire classique c'est déjà le cadre qu'on applique
vous
savez quand vous avez des policiers qui interviennent devant un lycée ou sur l'espace public puisque le mouvement des lycéens il s'est aussi déplacé en cortÚge sauvage sur l'espace public avec des tentatives de pillage de violence d'une minorité encore une fois mais c'est une réalité minorité ne
veut
pas dire que ce ne soit pas une réalité
vous
interveniez face Ă des individus cagoulĂ©s qui vous prennent Ă partie qu'ils aient de 16 ans Ă 25 ans ils ne peuvent pas trop faire la diffĂ©rence aprĂšs c'est la justice qui fait la diffĂ©rence ensuite une fois qu'ils sont interpellĂ©s remis Ă la justice il y a Ă©videmment un rĂ©gime judiciaire qui n'est pas le mĂȘme et c'est normal je ne le critique pas donc voilĂ il n
'y
a pas de doctrine d'intervention différente il y a une attention un peu plus forte portée au fait qu'en face ce sont plutÎt des mineurs sur les armes intermédiaires en émue urbaine en gros toutes les armes intermédiaires sont utilisées j'ai effectivement suspendu l'usage
d
'un type de grenade assourdissante la grenade assourdissante c'est une grenade qui fait du bruit
et
donc son but c'est de disperser de faire du bruit de maintenir à distance et d'éviter
que les
choses soient claires il y a plusieurs sortes de grenades assourdissantes
je
n'ai suspendu qu'un type de grenade que les choses soient claires qu'un type de grenade utilisée uniquement en police nationale et qui est projetée avec un lanceur
ça
n'est que ça donc que les choses soient claires qui a Ă©tĂ© suspendu parce qu'on avait besoin au moment oĂč j'ai pris cette dĂ©cision de comprendre ce qui s'Ă©tait passĂ© Ă l'ance
depuis
on a eu une communication du procureur mais moi j'attends Ă©videmment que les actes d'enquĂȘte soient menĂ©s mais pour le reste l'ensemble de l'armement intermĂ©diaire peut ĂȘtre utilisĂ© c'est quoi l'armement intermĂ©diaire c'est majoritairement des grenades lacrymogĂšnes trĂšs majoritairement lĂ au jour au moment oĂč on se parle sous ton contrĂŽle l'agent Michel on a utilisĂ© 18 000 moyens collectifs de dĂ©fense tout confondu j'ai pas complĂštement le dĂ©tail entre les diffĂ©rentes mais l'essentiel c'est fumigĂšne grenade lacrymogĂšne
évidemment
on a des grenades assourdissantes également pour
la
grenade dont j'ai suspendu l'usage
n
'avait été utilisée qu'une quarantaine de fois que les choses s'y soient dites une quarantaine de fois avec un lanceur
puis
on a des grenades assourdissantes qui se jettent Ă main qu'on fait rouler avec une visibilitĂ© assez prĂ©cise de l'endroit oĂč elle va ĂȘtre utilisĂ©e il y
a
des grenades de désencerclement voilà tout cet équipement toutes ces forces tous ces armements intermédiaires ils sont utilisés chaque fois que c'est nécessaire avec proportionnalité pour marquer une gradation de
l
'intervention
pour
tenir des personnes à distance ou parfois pour mettre hors d'état de nuit c'est le cas du LBD le LBD c'est la seule arme
qui
permet de cibler une personne
donc
avec les grenades de l'infumigÚne les grenades de désencerclement c'est un groupe qu
'on
vise Ă disperser le LBD on cible une personne qui commet un certain nombre de violences avec des conditions d'usage qui sont trĂšs claires trĂšs strictes il faut qu'il y
ait
d'ailleurs un binĂŽme et puis surtout il y a des zones Ă©videmment oĂč il est totalement interdit de viser voilĂ je ne reviens pas sur ce qui a Ă©tĂ© dit Ă©galement par les deux DG et on privilĂ©gie Ă©videmment les tirs dans le torse enfin on Ă©vite Ă©videmment tout ce qui est au dessus du coup mais on utilise l'ensemble des armements et donc et qui sont extrĂȘmement utiles encore une fois pour apporter une rĂ©ponse graduĂ©e pour apporter pour maintenir Ă distance ou pour empĂȘcher les individus de commettre des dĂ©gradations sans avoir Ă©videmment utilisĂ© les armes lĂ©tales ce qui c'est quand mĂȘme ça de base le principe de cette utilisation
sur
la vidéo algorithme non pardon pas sur la vidéo algorithmique sur le sur l'IGPN l'IGGN bon
on
a évidemment ces institutions sont critiquées elles sont maintenant dirigées et l'une et l'autre par des magistrats
l
'ensemble des investigations qu'elles mĂšnent
le
sont sous l'autorité de magistrats
nous
on n'a pas spécialement à en connaßtre
elles
sont
elles
sont quand mĂȘme indĂ©pendantes judiciairement sous l'autoritĂ© de magistrats
des
parquets pour vous donner un et elles sont saisies parfois de de de de coups il y a des blessures des atteintes graves à l'intriguité physique
comme
vous le savez pour le mouvement des lycéens c'est le cas
on
a en tout on a 36 saisines au moment oĂč
je
vous parle on n'avait pas encore sorti ce chiffre mais c'est à date c'est 36 saisines et aujourd'hui sur les sur les 36 on a 4 affaires qui portent sur des blessures mutilantes voilà 4 4 affaires et on a 6 affaires de blessures significatives ça fait une dizaine d'affaires sur les 36 pour le reste on est beaucoup sur des coups des insultes des suspicions d'agression sexuelle dans les 36 j'ai l'action contre le policier de Belfort qui est poursuivi pour tentative de meurtre
voilĂ
il y a un peu tout quand on donne 36 on ne donne jamais le détail moi je le tiens à disposition enfin il faudrait qu
'on
demande à l'autorité judiciaire si on le peut mais je pense que oui parce que c'est connu voilà mais voilà nous on n'a jamais eu
il
faut avoir été un professionnel comme moi pour savoir que l'IGPN et l'IGGN ne sont craints par les forces de sécurité intérieure personne dans les forces de sécurité intérieure pense qu'il est protégé par l'IGPN personne personne ou par l'IGGN mais personne ce sont des policiers et des gendarmes qui sont qui sont sous l'autorité de magistrats
et
alors on parle des IG mais attention chaque fois qu'un policier fait usage d'une arme intermédiaire il fait un rapport
quand
le ministre n'a pas vu une vidéo qu'on lui a envoyée et qu'il demande à la hiérarchie de faire un rapport d'expliquer dans quel contexte il y
a
eu ce geste etc
les
policiers et les gendarmes ils se justifient tout le temps en vrai tout le temps
il
n
'y a
pas que l'IGPN là c'est le haut du spectre mais il y a la déontologie classique la justification le rapport qu
'on
fait parce qu'on a tiré les tirs de LBD sont tous décomptés les circonstances pourquoi comment voilà donc je pense qu'en terme de contrÎle les contrÎles sont bien là monsieur le rapporteur David Margot oui effectivement le glissement c'est 2016 en 2016 la premiÚre mouvement sociale la loi de Myriam El Khomri
ça
commence lĂ on a ensuite les gilets jaunes et on a un glissement oĂč on voit que aux cĂŽtĂ©s des traditionnelles manifestations des organisations syndicales
on
a des nébuleuses qui se constituent dans les cortÚges
qui
sont qui généralement se distinguent assez volontairement des organisations syndicales mais parfois viennent se mélanger avec le cortÚge des organisations syndicales et qui nous a conduits depuis 2016 le SNMO c'est une réponse à cette nouvelle forme de manifestation
clairement
parce que ça veut dire plus de mobilitĂ© plus de rĂ©activitĂ© ça veut dire plus de contact avec les OS pour avec elles aussi identifier ceux ces groupes qui peuvent constituer des risques et c'est pour cela que le schĂ©ma a Ă©tĂ© conçu pour cela le pire le pire Ă©tant Ă©videmment les structurations je te parle en termes opĂ©rationnels c'est pas un jugement sur la forme de contestation mais en termes opĂ©rationnels le pire ce sont des structures des manifestations format lycĂ©en en mode sauvage oĂč il n
'y a
pas de dĂ©clarant oĂč les gilets jaunes les gilets jaunes oĂč vous n'aviez pas de dĂ©claration
on
ne savait pas trop oĂč ils allaient se rĂ©unir on ne savait pas trop oĂč ils allaient aller et ça Ă©videmment c'est le pire donc ça ça veut dire qu'il faut forcĂ©ment que vous ayez un schĂ©ma
qui
met l'accent sur la réactivité la mobilité
et
évidemment l'interpellation judiciarisation alors judiciarisation il y
a
deux choses
on
oublie trop souvent mĂȘme si ça reste trĂšs minoritaire
que
dans la judiciarisation autour du maintien de l'ordre et donc qui peuvent déraper en émeute VU
il
y a les interpellations en flagrance
et
il y a ce qu'on fait ex poste
et
en ex poste on en fait beaucoup
c
'est à dire que lorsqu'il y a des dégradations je reviens sur le mouvement des lycéens des mises à feu d'établissements scolaires de lycées parfois
bien
publiques et autres
on
a des moyens d'investigation qui sont mis en oeuvre voilĂ
je
peux vous dire que lĂ tous les jours il y a des interpellations
qui
sont réalisées plusieurs jours aprÚs
Ă
la lumiÚre d'investigations judiciaires qui sont menées pour avec la vidéoprotection avec un certain nombre de recherches
parfois
la PTS avec un certain des investigations judiciaires qui permettent d'interpeller des auteurs puis il
y a
la flagrance alors c'est vrai que c'est plus compliqué c'est plus compliqué parce que ce qu'on va chercher l'essentiel des infractions commises c'est le groupement constitué en vue de commettre des violences
l
'infraction est constituĂ©e dĂšs lors que vous ĂȘtes dans le groupement que vous ĂȘtes au sein d'un groupement qui commet des violences mais c'est parfois difficile Ă Ă©tablir notamment dans le temps de la garde Ă vue c'est plus compliquĂ© vraiment et puis vous avez aussi la violence sur pas lĂ c'est en gros et violence atteinte au bien c'est les trois grandes catĂ©gories d'interpellations pendant les manifestations
c
'est vrai que c'est parfois compliquĂ© Ă Ă©tablir d'oĂč le dĂ©calage qu'il y a entre interpellations et poursuites alors
oui
on s'organise et oui on doit encore s'améliorer on organise l'action judiciaire en lien avec les parquets c'est ce qu'on demande évidemment à chaque autorité administrative à chaque préfet à chaque responsable
de
gendarmerie de police c'est de bien se caler avec le parquet
et
on a essayĂ© de gĂ©nĂ©raliser ce qu'on appelle les PV de contexte donc les forces de l'ordre dressent un PV de contexte voilĂ
tel
groupement a commis avant qu'on procĂšde Ă l'interpellation des auteurs Ă telle et telle ou telle ou telle exaction ça va ĂȘtre par exemple dans un cortĂšge sauvage de documenter l'ensemble des poubelles ou des pillages qui ont eu lieu sur le cortĂšge pour pouvoir au moment de l'intervention avoir une documentation suffisamment solide
on
essaie de développer aussi les PV de mise à disposition de maniÚre informatique ça se fait beaucoup à la préfecture de police
on
essaie de généraliser ça sur le territoire
pour
ĂȘtre vraiment plus efficace dans la judiciarisation
mais
oui on doit encore faire des efforts
parce
que nos concitoyens et c'est souvent d'ailleurs une attaque qui nous est faite
pas
plus tard que cet aprĂšs-midi d'ailleurs un dĂ©putĂ© monsieur Marc Pena dĂ©putĂ© socialiste Ă Aix-en-Provence m'a interrogĂ© lĂ -dessus sur ce dĂ©calage qu'il y a entre le nombre d'interpellations et les poursuites mais il faut donc il faut qu'on rĂ©duise cela en lien avec les parquets pour vis-Ă -vis de nos concitoyens il y a un besoin quand mĂȘme
de
mieux muscler nos procédures et ça on a cessé de s'améliorer là -dessus
sur
la question de l'algo alors la vidéo algorithmique elle nous permet surtout
on
n'est pas forcément dans la gestion du maintien de l'ordre
elle
permet surtout d'attirer l'attention des opérateurs qui sont devant leur caméra de vidéo de vidéo protection en fait dans les CSU ou dans les centres de services de police ou de gendarmerie
d
'avoir l'attention attirĂ©e sur un mouvement anormal et oui c'est extrĂȘmement utile pour le maintien de l'ordre ça va ĂȘtre un cortĂšge qui part par exemple Ă un endroit
oĂč
il ne doit pas aller ou qui chemine sur un itinéraire qui n'était pas ouvert à la manifestation de ce point de vue là elle nous sera trÚs utile on va continuer à l'expérimenter grùce au vote de la loi Riposte sur les grands événements comme c'était déjà le cas avec la loi GIO et en plus en cas de menace terroriste sur les bùtiments publics les lieux publics fréquentés mais voilà on l'utilise plutÎt comme cela pour avoir l'attention de l'opérateur attiré il y
a
un outil qui est extrĂȘmement utile pour le maintien de l'ordre sont les drones aussi les drones qu'on ne peut utiliser que lorsqu'on n'est pas en mesure enfin lorsqu'on doit plus exactement dĂ©montrer qu'avec les moyens humains au sol ou les camĂ©ras de vidĂ©oprotection au sol on n
'est
pas en capacité de bien suivre un mouvement de foule
et
donc lĂ Ă ce moment lĂ on peut utiliser les drones qui sont des outils qui sont extrĂȘmement utiles sur le projet de loi monsieur le rapporteur monsieur le sĂ©nateur oui je suis tout Ă fait d'accord avec votre remarque Ă la fois sur le groupement il y a cette idĂ©e le groupement il est constituĂ© en fait de commettre des violences
pour
l'attroupement ce sera plus compliqué c'est ce que nous a dit ce sera plus compliqué si on ne rend pas plus lisibles et plus explicites les sommations ça c'est clair le conseil d'état nous l'a dit ça figure noir sur blanc sur la vie il faudra revoir l'organisation des sommations les rendre plus visibles parce qu'effectivement dans le texte la condition pour voir sa responsabilité imputée recherchée
c
'est d'avoir conscience finalement d'ĂȘtre en faute de participation d'un attroupement parce qu'on sait que c'est un attroupement bon donc ça ça veut dire qu'il faut qu
'on
sache qu'il
y a
des violences mais surtout qu'on ait entendu les sommations Ă deux reprises il y
a
deux reprises deux fois les sommations et qu'elles soient suffisamment prĂ©cises pour dire attention des violences qui soient commises tout ça on l'a bien en tĂȘte mais je partage votre interrogation sur ce sujet il faudra que sur les sommations on les revoit comme nous a invitĂ© d'ailleurs Ă le faire le conseil d'Ă©tat enfin sur les sur les sur le sur les les indemnitĂ©s enfin les allocations non contributives saisissables
on
est parti sur certaines d'entre elles qui font déjà l'objet de dérogation donc les appels aux bénéficiaires de mémoire des bailleurs des propriétaires en
fait
pour ou pour récupérer des indus et pour les pour les les les les allocations familiales c'est déjà possible il y
a
déjà une dérogation pour le paiement de pension alimentaire notamment et donc on a étendu le cas des dérogations et je ne suis je ne
suis
pas sĂ»r que le RSA fasse partie des saisissables enfin aprĂšs on peut le crĂ©er c'est la loi qui crĂ©e ces allocations voilĂ pour le RSA je ne sais pas rĂ©pondre Ă cette question on est parti sur ces deux allocations non contributives qui sont qui font dĂ©jĂ l'objet de dĂ©rogation qu'on a Ă©tendu avec des un rang de prioritĂ© quand mĂȘme c'est Ă dire que dans notre cas passera aprĂšs les autres en termes de prioritĂ© il y a un rang de prioritĂ© qui sera fixĂ© et lĂ dessus voilĂ lĂ dessus on peut poursuivre la discussion sachant que les autres voilĂ voilĂ sur le RSA il faudra qu'on creusera le sujet mais je ne
crois
pas que ce soit saisissable voilĂ
merci
monsieur le ministre je vais donc donner la parole si nos rapporteurs en ont terminé aux autres collÚgues qui se sont inscrits alors nous avons cinq inscriptions je vais leur donner la parole à Tour de RÎle et monsieur le ministre vous répondrez si vous voulez bien aprÚs
alors
s'ils inscrits bon on va peut-ĂȘtre tronçonner alors
alors
monsieur Jean-Baptiste Blanc
merci madame la présidente monsieur le ministre je souhaitais attirer votre attention sur l'effectivité du dispositif du projet de loi
et
sur certaines difficultés concrÚtes de mise en oeuvre en premier lieu
il
faut observer que si les consĂ©quences civiles d'une infraction pĂ©nale peuvent faire l'objet d'une assurance peuvent donc ĂȘtre indemnisĂ©es encore faut-il qu'elles ne rĂ©sultent pas d'une faute intentionnelle ou d'une faute de l'osive
de
telles fautes sont en effet inassurables or les fautes dont parle votre texte sont des fautes volontaires ce qui renvoie aux fautes intentionnelles aux fautes commises avec l'intention de crĂ©er le dommage d'oĂč une absence de couverture par les assurances responsabilitĂ© civile je vous remercie de bien vouloir nous prĂ©ciser si cette question d'assurance a Ă©tĂ©
prise
en compte dans votre raisonnement
en
second lieu au delà de l'indemnisation par ailleurs justement plafonnée ce qui est compréhensible il faut penser à l'exécution du jugement de condamnation il faudra s'assurer que ce jugement soit assorti de l'exécution provisoire
de
maniÚre à éviter tout intermoiement en prolongement de cette observation il est permis de se demander quelles seront les voies d'exécution les plus appropriées
d
'oĂč cette question de savoir si des mesures particuliĂšres sont envisagĂ©es et si la technique de l'avis Ă tiers dĂ©tenteurs pourra ĂȘtre mobilisĂ©e je vous remercie
merci
madame Anne Souiris merci madame la prĂ©sidente et merci monsieur le ministre d'ĂȘtre venu Ă cette audition c'est pour nous c'est je pense trĂšs important de pouvoir avoir un dialogue avec vous notamment parce que cette loi je parle surtout de la loi dite casseur payeur pose vraiment un certain nombre de questions et Ă nous un certain nombre d'inquiĂ©tudes notamment sur la question de plutĂŽt du non casseur puisqu'il y a un Ă©largissement de la notion de casseur Ă toute personne qui participe comme vous l'avez dit d'attroupements ou de groupements
la
question de ce périmÚtre
est
une question qui est en fait assez grave en réalité parce que participant qu'est-ce que ça veut dire un attroupement d'accord on comprend que c'est interdit mais sauf que quand il y a vous parlez des vous parlez des black blocs tout à l'heure les black blocs qui arrivent dans une manifestation et bien à quel moment qui
se
retrouve participant de ce groupe de personnes
dans
une manifestation jusqu'Ă oĂč on Ă©largit si c
'est
une manifestation comme cet aprĂšs-midi qui Ă©tait tout Ă fait permise avec les organisations syndicales si les black blocs sont arrivĂ©s j'en sais rien j'Ă©tais pas lĂ jusqu'au bout mais en tout cas s'ils sont arrivĂ©s Ă quelle responsabilitĂ© jusqu'Ă oĂč la responsabilitĂ© collective arrive et ça pose d'ailleurs la question de la responsabilitĂ© collective normalement il n'y a pas de responsabilitĂ© collective ce sont des responsabilitĂ©s individuelles le droit français c'est la responsabilitĂ© individuelle cette question de responsabilitĂ© collective est vraiment un sujet trĂšs grave en termes de dĂ©mocratie de constitutionnalitĂ© bien sĂ»r mais de dĂ©mocratie en gĂ©nĂ©ral et c'est toute ma question est lĂ est-ce qu'on n'est pas en train en faisant ça finalement
de
jeter sinon l'opprobre mais en tout cas de menacer le droit Ă manifester in fine je pose cette question vraiment sincĂšrement c'est oĂč va-t-on avec une loi comme ça est
-ce
qu'on n'est pas en train d'ouvrir une porte extrĂȘmement grave face Ă notre dĂ©mocratie
et
quel garde-fou vous mettriez en place pour éviter cela merci merci monsieur Hervé Reynaud
merci
madame la présidente monsieur le ministre tout d'abord merci pour les éléments de clarification vous avez pu apporter sur les aspects de maintien de l'ordre et de violence urbaine à ce stade des échanges au regard d'un certain nombre de questions qui m'ont un peu coupé l'herbe sous le pied mais qui ont permis de répondre à un certain nombre d'interrogations
je
voulais quand mĂȘme revenir sur les manifestations lycĂ©ennes puisque je pense qu'on est lĂ sur un type de manifestation qui certes n'est pas forcĂ©ment nouveau mais qui dĂ©montre aujourd'hui un certain nombre de mouvements un peu hybrides qui Ă©manent d'un certain nombre de revendications mais qui se transforment trĂšs vite en vĂ©ritable champ de bataille et on le voit malheureusement Ă longueur de journĂ©e sur les chaĂźnes d'info en continu rappelez quand mĂȘme un chiffre plus de 700 membres de force de l'ordre qui ont Ă©tĂ© blessĂ©s et cela a Ă©tĂ© dit je crois dans la journĂ©e 147 personnels de l'Ă©ducation nationale Ă©galement je pense que c'est bien de rappeler aussi ces Ă©lĂ©ments-lĂ l'on se reparle de ce type de ce type d'Ă©meute alors je sais bien Martial Pagnole disait on devient vieux lorsque les jeunes nous abandonnent mais est
-ce
qu'on parle des mĂȘmes est-ce qu'on parle des mĂȘmes aujourd'hui pour autant c'est vrai que vous avez amenĂ© des Ă©lĂ©ments de clarification Ă©galement mais lorsque il y a une semaine
vous
défendez effectivement le recours à des armes intermédiaires
en
évoquant des actions tout à fait proportionnées
et
ensuite il y a deux jours la suspension de grenades assourdissante je pense qu'il est bon comme vous l'avez fait aujourd'hui de prĂ©ciser les choses parce que la question dans l'opinion publique se pose mais aussi au sein mĂȘme des forces de l'ordre sans doute
et
puisqu'un certain nombre de réponses ont déjà été apportées je voulais raccrocher les faits que l'on constate aujourd'hui
Ă
la loi en gestation de casseur-payeur dans quelle mesure aujourd'hui
le
discernement aurait pu jouer dans quelle mesure vous auriez pu ĂȘtre plus efficace dans les interventions si cette loi casseur-payeur Ă©tait d'ores et dĂ©jĂ effective dans quelle mesure cela aurait pu aider effectivement l'Etat Ă pouvoir si ce n'est rĂ©primer je n'aime pas ce mot parce qu'il est important on le voit en tant qu'Ă©lu local d'ĂȘtre Ă l'Ă©coute de ce que nous disent un certain nombre de lycĂ©ens mais effectivement de faire preuve d'un certain nombre de discernements sur ce qui sont des revendications et ce qui sont effectivement des Ă©lĂ©ments Ă qualifier
Merci Je vais vous laisser la parole Monsieur le ministre pour répondre à ces trois derniÚres questions
Merci beaucoup Madame la PrĂ©sidente Donc sur la question posĂ©e par Monsieur le sĂ©nateur Jean-Baptiste Blanc sur la faute volontaire oui on n'a pas l'articulation avec les assurances non Ă ma connaissance non on n'a pas calĂ© ça il y a bien cette notion de faute quand mĂȘme ce texte repose et le Conseil d'Etat l'a relevĂ© sur une articulation entre plusieurs principes constitutionnels en fait dont celui selon lesquels les victimes ont droit Ă rĂ©paration aussi et puis que chacun doit rĂ©parer les dommages liĂ©s aux fautes qu'il a commises donc il y
a
bien cet équilibre qu'on essaie de trouver pour les jugements je partage votre remarque sur le fait que le jugement doit prévoir l'exécution provisoire ça sera la décision du juge de le décider
et
c'est oui pour la vie à tiers détenteur c'est oui pour la vie à tiers détenteur pour la question posée par Madame la Sénatrice Anne Suiris d'abord le texte on l'a aussi écrit pour des attroupements qui se déroulent en dehors de toute manifestation le point de départ c'est la finale de
la
Ligue des Champions
vous
avez un rassemblement festif qui au bout d'un moment dĂ©gĂ©nĂšre en violence urbaine grave lĂ on n'est pas sur une expression lĂ©gitime de manifestation ensuite en manif on arrive Ă distinguer les groupes au moment oĂč je vous parle c'est pour ça pardon je regarde de temps en temps mon portable mais je suis l'actualitĂ©
au
moment oĂč je vous parle la manifestation intersyndicale qui se tenait Ă Paris elle s'est bien passĂ©e elle est arrivĂ©e Ă son terme
n
'empĂȘche qu'il
y a
des black blocs qui s'en prennent au magasin s'en prennent aux forces de l'ordre ceux lĂ on les isole
ils
sont isolés dans le dispositif ce ne sont pas des manifestants qui ont participé au cortÚge intersyndical qui est arrivé à son terme sans souci ceux là ils sont vraiment isolés et ils sont le but c'est évidemment de les interpeller quand ils commettent des dégradations et donc avec ce texte on aura la possibilité pour
les
personnes arrĂȘtĂ©es dans le cadre de ce groupement de ce collectif on aura la possibilitĂ© de mettre en place une responsabilitĂ© qui demeure ça reste sur le principe de la faute individuelle c'est le fait d'avoir participĂ© Ă un attroupement qui commettait des violences simplement la responsabilitĂ© elle n
'est
pas collective elle est solidaire on va chercher une responsabilité solidaire avec un taquet enfin avec une limite à 10 000 euros et je redis par ailleurs que pour les attroupements il y a deux ordres de sommation qu'on va rendre plus lisible comme je le disais à monsieur le sénateur David Marguerite et donc voilà je ne suis pas inquiet sur le fait qu'on garantisse néanmoins la liberté de manifester dont je suis d'ailleurs comme ministre de l'Intérieur le garant monsieur le sénateur Hervé Renaud sur les lycées oui je vous confirme que ce qu
'on
vit est nouveau ça c'est clair ce qu'on vit est nouveau c'est-Ă
-dire
que les mouvements lycéens jusqu'à peu de temps c'était déblocage du lycée qui durait jusqu'en milieu de matinée
avec
des actions de déblocage ou pas quand il y avait le souhait de la communauté éducative de poursuivre les enseignements et qu'il y avait blocage total parfois il y avait en milieu de journée des départs en cortÚge sauvage sur l'espace public qui étaient encadrés
lĂ
c'est différent c'est différent il y a des blocages plus durs des prises à partie systématiques effectivement je retiens volontiers le terme d'hybridité que vous avez employé voilà il y a une forme d'hybridité dans ce mouvement qui peut aprÚs par ailleurs
il
y a plein d'établissements devant lesquels les choses se passent de maniÚre trÚs pacifique il n
'y a
pas de voilà moins maintenant puisque le mouvement décroßt mais au début dans certaines parties du territoire national les choses se passaient et se passent de maniÚre complÚtement en calme
le
retrait de la SSD
il
est extrĂȘmement limitĂ© voilĂ il est normal Ă mise de l'intĂ©rieur quand il s'est passĂ© la grave mutilisation qu'il y a eu Ă Lens c'est lĂ©gitime d'essayer de comprendre l'impact de cet armement sur l'impact rĂ©el de cet armement
je
rappelle quand mĂȘme enfin dĂšs le dĂ©but je me fais Ă©videmment remonter des rapports dĂšs le dĂ©but de mon point de vue c'est en ça que je disais que c'est le contexte de l'utilisation d'une arme intermĂ©diaire qui doit ĂȘtre pris en compte c'est pas ses consĂ©quences
dĂšs
le début moi ce qui me remontait c'était que le contexte de l'utilisation de
l
'armement intermédiaire les conditions étaient réunies
c
'est ce que le procureur de la république compétent en l'occurrence celui de Béthune a confirmé depuis
mais
moi j'ai besoin de comprendre le fonctionnement de cette grenade lĂ
qui
se lance encore une fois avec un lanceur et qui est une grenade assourdissante voilĂ donc pour le reste tout l'armement intermĂ©diaire des forces de l'ordre est permis et ne fait l'objet d'aucune restriction votre question sur le but recherchĂ© par le dispositif casseur-payeur est-ce qu'on aurait empĂȘchĂ© les dĂ©gradations etc le but en tout cas c'est que ça soit dissuasif
c
'est d'abord pardon le but numéro un c'est d'apporter une réparation par ceux qui ont causé les dommages réparation aux victimes de dommages et deuxiÚmement évidemment
de
donner aussi un caractĂšre dissuasif
mais
c'est aussi voilĂ on n'attend pas tout de la dissuasion c'est l'action des forces de l'ordre aussi de mon point de vue on n'attend pas tout de cet outil de ce point de vue lĂ
mais
il
y
a aussi une question presque morale
qui
est voilĂ quand on casse on paye voilĂ
trĂšs
clairement donc il sera évidemment à la longue un effet dissuasif mais c'est aussi ça et c'est aussi de faire comprendre
que
de participer alors c'est dĂ©jĂ le cas pĂ©nalement quand vous participez Ă un attroupement aprĂšs sommation que vous y maintenez c'est juste un dĂ©lit quand mĂȘme il ne
faut
pas l'oublier donc il y
a
quand mĂȘme une faute il y a une faute mais lĂ il y a en plus une responsabilitĂ© civile qui sera recherchĂ©e alors mĂȘme qu'on n
'a
pas pu
vous
imputer la commission d'une dégradation
mais
vous ĂȘtes responsable solidairement du reste du groupe voilĂ je crois qu'on avait
oui
c'est bon
alors
je passe la parole à madame Corinne Narassiga merci madame la présidente merci monsieur le ministre
de
venir dialoguer avec nous pour revenir sur la question du maintien de l'ordre
de
l'avenir du maintien de l'ordre dans le cadre de la mission d'information et aussi en lien avec ce qu'il se passe actuellement sur le mouvement des lycĂ©ens j'ai Ă©tĂ© un peu surpris tout Ă l'heure de vous entendre comparer la situation d'une intervention des forces de l'ordre pour des interpellations ou une intervention dans le cadre d'une opĂ©ration sur la criminalitĂ© organisĂ©e et des opĂ©rations de rĂ©tablissement de l'ordre en marge des mouvements citoyens ça ne me paraĂźt pas tout Ă fait le mĂȘme contexte le mĂȘme type de contexte et vous sembliez dire que finalement c'est comparable pour l'utilisation des armes intermĂ©diaires Ă partir du moment oĂč les policiers pourraient ĂȘtre en danger il me semble que lĂ on parle quand mĂȘme essentiellement de lycĂ©ens de mineurs d'adolescents ou de jeunes adultes ça n'est pas tout Ă fait la mĂȘme chose que des rĂ©seaux de criminalitĂ© organisĂ©e mĂȘme si j'entends bien qu'on a effectivement depuis maintenant une dizaine d'annĂ©es un sujet de groupes violents qui viennent se mĂȘler Ă toutes les manifestations pour casser et pour s'en prendre directement aux forces de l'ordre mais je pense que plus globalement on doit quand mĂȘme s'interroger sur l'efficacitĂ© finalement de non seulement de la doctrine de maintien de l'ordre mais aussi de la doctrine de rĂ©tablissement de l'ordre dans le cas de bascule dans ce que vous qualifiez maintenant de violences urbaines quand on a d'autres types de manifestations en janvier 2024 quand il y
a
eu des blocages par les agriculteurs votre prédécesseur Gérald Darmanin avait considéré qu'il était bon de laisser faire pour éviter de tomber trop vite dans une confrontation violente qui ferait des blessés des deux cÎtés et du cÎté des manifestants et du cÎté des forces de l'ordre cette doctrine-là elle est toujours plus spécifique aux agriculteurs elle n
'est
jamais vraiment considérée dans d'autres contextes pourquoi et on doit aussi s'interroger sur l'efficacité d'un rétablissement de l'ordre qui fait autant de mutiler parce que c'est quelque chose qu
'on
voit maintenant avec ces armes intermĂ©diaires de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e ça avait effectivement un peu commencĂ© lors des manifestations de 2016 mais surtout pendant les manifestations des Gilets jaunes et maintenant on voit aussi chez les lycĂ©ens et ceux qui sont blessĂ©s ne sont pas nĂ©cessairement ceux qui Ă©taient venus pour casser donc lĂ on doit aussi comment est-ce que vous envisagez de revisiter de réévaluer ces techniques d'intervention parce qu'on va avoir de plus en plus de ces situations oĂč on a des personnes qui viennent manifester qui viennent simplement exercer leur droit de manifester et qui sont mĂ©langĂ©es avec des personnes qui viennent pour se confronter aux forces de l'ordre je vous remercie
madame
Audrey Lincolneld
merci
madame la prĂ©sidente merci monsieur le ministre de venir devant vous je serai un peu dans le prolongement des propos que vient de tenir ma collĂšgue Corinne Narassiguin mais je voudrais quand mĂȘme dire que depuis tout Ă l'heure je ressens un assez fort malaise un assez fort malaise entre le sujet finalement officiel de cette audition et c'est le calendrier qui le veut sur cette mission d'information consacrĂ©e au maintien de l'ordre et ce projet de loi d'icasseur payeur et le fait qu'au mĂȘme moment nous ayons des lycĂ©ens qui manifestent pour la plupart d'entre eux pacifiquement dans nos rues mais dont certains ont subi il y a plusieurs jours dĂ©jĂ de trĂšs graves blessures sans qu'ils soient nĂ©cessairement eux-mĂȘmes des casseurs vraiment le malaise est assez fort je vous remercie monsieur le ministre d'avoir commencĂ© par parler de ce mouvement lycĂ©en avant de venir au sujet mĂȘme de l'audition mais j'avoue que j'aurais aimĂ© que dans votre propos vous nous parliez certes des violences et elles sont inacceptables commises sur les policiers les enseignants les proviseurs mais j'aurais aimĂ© que de vous-mĂȘme vous parliez aussi de ces autres violences qui ont touchĂ© les jeunes lycĂ©ens vous en avez parlĂ© mais uniquement en rĂ©action quand vous avez parlĂ© de Lens par exemple moi je suis sĂ©natrice du Nord Ă©lue de la rĂ©gion des Hauts-de-France c'est quelque chose qui nous a marquĂ© ce qui s'est passĂ© Ă Lens avec cette grenade assourdissante vous avez d'ailleurs ou mĂȘme dit que depuis son usage Ă©tait suspendu vous auriez pu parler aussi de cette Jeep qu'a foncĂ© Ă Dunkerque dans une adolescente de 14 ans qui a portĂ© plainte depuis avec une enquĂȘte de l'IGPN je pense que c'est important ce message monsieur le ministre parce que si et je vous crois sincĂšre sur ce point si vous voulez vraiment qu'on puisse considĂ©rer qu'on peut encore manifester dans ce pays qu'on soit adulte ou jeune alors il faut que le message de votre part soit clair parce que il est anormal Ă mon sens que ces lycĂ©ens pour manifester comme ils le font maintenant depuis plusieurs semaines soient dĂ©sormais obligĂ©s d'ĂȘtre accompagnĂ©s par des adultes
par
leurs parents par leurs enseignants par ces organisations syndicales que vous avez à Juste-Trite mentionnées à plusieurs reprises mais vous avez bien conscience que si les organisations syndicales ont rejoint les cortÚges
c
'est d'abord pour protéger les jeunes
c
'est pas d'abord pour soutenir leur message ça n'est pas au dĂ©part une mobilisation syndicale je trouve que tout ça doit quand mĂȘme beaucoup nous interroger vous interroger monsieur le ministre de l'IntĂ©rieur parce qu'encore une fois je vous crois sincĂšre dans cet engagement dĂ©mocratique et moi j'aimerais qu'on puisse retrouver des mouvements lycĂ©ens qui se sentent Ă l'aise dans ces mobilisations on a tous enfin beaucoup je pense ici manifestĂ© un jour en tant que lycĂ©en tout n'est pas complĂštement nouveau dans ce que vous dĂ©crivez moi je viens de passer
les
53 ans il y a quelques jours maintenant les nébuleuses avant et aprÚs les cortÚges syndicaux ça existait déjà les casseurs Francis Pinard s'en souvient encore mieux que moi ça existe depuis un certain temps il y a des choses qui sont nouvelles notamment la fragilisation des corps intermédiaires et des organisations syndicales oui mais toutes ne le sont pas donc faisons en sorte que dans ce pays oui le droit à manifester existe encore et qu'en particulier nos jeunes se sentent la légitimité de manifester pour une cause que je crois juste celle de leurs conditions de travail et d'apprentissage et à cet égard
moi
je voudrais vous interroger vous n'en avez pas parlé encore sur ces courriers que les préfets envoient aux parents en l'occurrence le préfet du Pas-de-Calais mais il y en a eu d'autres des préfets qui envoient donc des courriers aux parents dont les enfants ont été placés en garde à vue
est
-ce que c'est lĂ une consigne que vous avez donnĂ©e monsieur le ministre Ă ces prĂ©fets puisque ça s'est produit dans plusieurs dĂ©partements y a-t-il une consigne Ă©crite de votre part quelle est d'ailleurs la consigne que vous avez passĂ© trĂšs prĂ©cisĂ©ment aux diffĂ©rents prĂ©fets de France sur la gestion de ces mobilisations Ă©tudiantes d'oĂč vous viennent ou d'oĂč viennent les informations que dĂ©tiennent les prĂ©fets pour Ă©crire aux parents d'Ă©lĂšves quelle est cette collaboration entre la justice et l'administration on a beaucoup parlĂ© au moment du projet de loi Riposte de ce glissement que notre groupe socialiste dĂ©plore du judiciaire vers l'administratif est-ce lĂ un glissement de plus ou tout d'un coup ce sont les prĂ©fets qui avec des fichiers dont je ne sais pas d'oĂč ils viennent commencent Ă prolonger finalement l'action de la justice aprĂšs une garde Ă vue donc d'oĂč viennent ces donnĂ©es est-ce que ces fichiers ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s Ă la CNIL bref quelle est cette nouvelle maniĂšre finalement d'engager un dialogue avec des parents et des enfants je ne dis pas par lĂ qu'on ne doit pas passer un message aux parents c'est pas ça que je dis mais lĂ le cadre est un peu particulier en tout cas il a beaucoup interrogĂ© et je ne crois pas qu'il y ait eu d'explication ni de votre part ni de la part des prĂ©fets concernĂ©s sur cette mĂ©thode voilĂ j'aurais encore beaucoup de choses Ă dire je l'ai dit sur finalement le malaise que je ressens depuis le dĂ©but de cette audition mais ça me rassurerait beaucoup monsieur le ministre de vous entendre pas seulement sur ceux qui dans les manifs sont les casseurs mais aussi sur tous les autres et plus ça va plus je crois ils sont pacifiques pacifistes et peut-ĂȘtre que si les messages Ă©taient passĂ©s dĂšs le dĂ©but on aurait pu s'Ă©viter un certain nombre de drames je rappelle qu'on parle d'enfants et qu'on ne traite pas on ne gĂšre pas y compris en matiĂšre de violence des enfants comme des adultes et pas seulement du cĂŽtĂ© de la justice aussi du cĂŽtĂ© de la police et quand on a 14 ans on ne fait pas la diffĂ©rence entre une grenade assourdissante une grenade pas assourdissante un LBD un lacrymo une matraque on voit de trop prĂšs ce que c'est quand on a 14 ans on ne sait pas comment on se comporte parce qu'on ne l'a jamais fait avant et si on veut prĂ©server le droit de manifester dans notre dĂ©mocratie il faut aussi apprendre Ă manifester et Ă cet Ă©gard et je terminerai lĂ -dessus une initiative comme celle par exemple des commissaires qui ont fait passer des messages sur comment on se comporte dans une manif correctement ça c'est super mais ça ne
s
'entend pas assez et je trouve que c'est ça la relation qu'il faudrait qu'on retrouve entre notre police et notre population merci
merci
monsieur Hussein Bourgi
merci madame la présidente monsieur le ministre je voudrais vous poser une question et ensuite vous faire part d'une observation la question concerne les renseignements territoriaux est-ce que vous considérez que les remontées du terrain des renseignements territoriaux ont été suffisamment précoces
pour
vous alerter sur ce mouvement lycĂ©en qui commençait Ă se dessiner jusqu'Ă prendre l'ampleur que nous constatons aujourd'hui ça c'Ă©tait pour la question l'observation que je voulais faire monsieur le ministre c'est qu'ici il n'y a personne qui excuse qui encourage ou qui justifie les dĂ©bordements et les dĂ©gradations nĂ©anmoins ici personne ne peut nier ou minorer le malaise et le mal-ĂȘtre qui agitent la jeunesse et singuliĂšrement les lycĂ©ens il suffit de constater l'Ă©tat de stress et d'angoisse qui est celle de ces lycĂ©ens et de leur famille chaque annĂ©e lorsqu'il convient de remplir parcours sup et d'attendre ensuite la ventilation aussi j'ai Ă©tĂ© surpris monsieur le ministre et mĂȘme troublĂ©
et
je vais vous dire les choses directement peinées lorsque tout à l'heure vous avez utilisé deux expressions qui m'ont interpellé la premiÚre d'entre elles c
'est
lorsque vous avez dit en évoquant les manifestants nos adversaires
monsieur
le ministre lorsque vous dites des manifestants nos adversaires ça me fait penser au prĂ©fet l'allemand qui il y a quelques annĂ©es pendant les gilets jaunes a dit Ă une manifestante nous ne sommes pas dans le mĂȘme camp monsieur le ministre je veux bien admettre que les casseurs soient vos adversaires et soient nos adversaires Ă tous et Ă toutes en revanche on ne peut pas laisser Ă penser que les manifestants seraient tous des adversaires car ce serait lĂ mettre en cause un droit qui est garanti par la constitution vous avez Ă©galement dans votre propos introductif tout Ă l'heure Ă©voquĂ© les chercheurs qui seraient des militants
monsieur
le ministre
vous
venez de la société civile
c
'est bien mais autour de cette table vous avez beaucoup de sénateurs et sénatrices qui sont des militants et des militantes politiques
ce
n'est pas infamant d'ĂȘtre militant ĂȘtre militant c'est dĂ©fendre des idĂ©es dĂ©fendre une cause et aujourd'hui on a la chance d'avoir en France des militants et des militantes politiques syndicaux associatifs qui dĂ©fendent de belles valeurs et de belles idĂ©es de beaux principes comme la laĂŻcitĂ© comme l'Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes comme la libertĂ© acadĂ©mique et comme la recherche je ne voudrais pas que l'expression de militant dans votre bouche et vous savez l'estime et le respect que j'ai pour vous monsieur le ministre je ne voudrais pas que cette expression puisse ĂȘtre instrumentalisĂ©e au-delĂ de ces murs par celles et ceux qui expliquent Ă nos jeunes qu'ils n'ont aucune confiance Ă avoir dans les autoritĂ©s aucune confiance Ă avoir dans les pouvoirs publics aucune confiance Ă avoir dans les Ă©lus lorsque je fais la dĂ©marche d'aller dans les lycĂ©es de mon acadĂ©mie pour rencontrer les dĂ©lĂ©guĂ©s de classe pour discuter et Ă©changer avec les lycĂ©ens je dois surmonter un certain nombre de prĂ©jugĂ©s et d'apprĂ©hensions
Ă
l'Ă©gard de ce que j'incarne mais Ă l'Ă©gard de ce que nous incarnons tous et toutes nous qui sommes dĂ©positaires d'une responsabilitĂ© d'un mandat d'une fonction d'une autoritĂ© donc peut-ĂȘtre qu'il convient d'Ă©viter certains mots qui pourraient par d'autres ĂȘtre utilisĂ©s et instrumentalisĂ©s contre ce que nous dĂ©fendons vous et nous une certaine conception de l'ordre public de l'Ă©tat rĂ©publicain et de l'Ă©tat de droit
Monsieur
le ministre
Merci
beaucoup Madame la Présidente donc sur le Madame la Sénatrice Corinne Rassigouin sur le sur le le mouvement des lycéens bon quand je dis qu'on bascule du maintien de l'ordre au VU je pense pas à la criminalité organisée on est bien d'accord attention
je
pense Ă des scĂšnes
on
assiste dans ces manifestations Ă des scĂšnes qui ressemblent parfois mĂȘme souvent aux prises Ă partie dans son victime les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure
sur
des opérations de police ça ressemble aux violences urbaines voilà donc des scÚnes des meutes c'est tout ce que je disais et l'intervention enfin le fait que ce soit des lycéens et des mineurs est pris en compte par les forces de l'ordre
quand
vous regardez les manifestations de voix publiques comme celles qui se sont tenues aujourd'hui encore Ă Paris
vous
avez Ă un moment des casseurs qui s'en mettent Ă s'en prendre aux vitrines
vous
avez des cordons des compagnies d'intervention de la prĂ©fecture de police qui interviennent qui sont casquĂ©es qui ont tous des tonfas qui interviennent Ă©videmment qui vont au contact pour empĂȘcher les exactions
vous
n'avez pas eu ces scÚnes sur le mouvement des lycéens devant les établissements scolaires
c
'est ça ce que j'appelle le tact il y a des interventions mais qui sont faites de maniÚre différente et adaptée au contexte donc ce contexte il est vraiment bien pris en compte
la
comparaison avec les agriculteurs donc c'est vrai que beaucoup nous renvoie à des propos qu'avait tenus Gérald Darmanin il
y
a quelques années qui avait parlé d'ailleurs je crois de coup de sang il n'avait pas forcément parlé de violence des agriculteurs
je
crois que le dernier mouvement qu'il y a eu d'agriculteurs avec notamment des interventions devant les préfectures des dégradations devant les préfectures
a
entraĂźnĂ© systĂ©matiquement des rĂ©actions des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure de la mĂȘme façon
et
c'est bien d'ailleurs ce qui est reproché puisque j'étais ministre de l'intérieur quand il y
a
eu ce mouvement
Ă
la fin 2025 dĂ©but 2026 on a reprochĂ© aussi au ministre de l'intĂ©rieur ces interventions pour mettre un terme Ă certaines violences qui Ă©taient commises mĂȘme si par ailleurs le mouvement quand il Ă©tait dĂ©clarĂ© a Ă©tĂ© encadrĂ©
on
a eu des défilés dans Paris qui ont été possibles parce qu'ils ont été encadrés et
qui
ont été rendus possibles donc je ne crois pas qu'il y ait deux poids deux mesures je ne crois pas quand il y
a
des exactions quand il y
a
des violences il y a des interventions évidemment je regrette profondément qu'il y ait eu des blessures aussi graves sur cette séquence je vous ai donné des chiffres ce n
'est
pas pour relativiser du tout je regrette vraiment qu'il y ait c'est bon mon travail c
'est
qu'il
n
'y
ait
pas de blessĂ©s je fais tout pour qu'il n'y ait pas de blessĂ©s et qu'on intervienne toujours de maniĂšre proportionnĂ©e mais il y a des contextes qui ont Ă©tĂ© rendus extrĂȘmement complexes et qui faisaient qu'on ne pouvait pas faire autrement qu'engager la force dans un certain nombre de situations et je dirais la mĂȘme chose madame la sĂ©natrice Audrey Lincanel sur le trĂšs sincĂšrement je vous parle Ă©videmment des troubles Ă l'ordre public c'est mon mĂ©tier de les contenir je ne parle pas du reste du travail que font les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et qui encadrent les lycĂ©ens et qui font en sorte que les mouvements se passent bien Ă©videmment je pourrais aussi mais c'est aussi le travail des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure de faire en sorte que chaque fois que les mouvements se passent bien on puisse les encadrer et qu'il n'y ait pas de difficultĂ©s et alors c'est vrai vous dites que vous dites que alors les faits que
vous
dites enfin moi la voiture le 4x4 Ă Dunkerque quand dĂšs qu'il a Ă©tĂ© portĂ© Ă ma connaissance on a demandĂ© une enquĂȘte administrative depuis l'IGPN est saisie j'ai rĂ©agi d'ailleurs en direct Ă ce fait Ă la commission des lois devant vos collĂšgues dĂ©putĂ©s
puisque
ce fait a été porté à ma connaissance à ce moment là presque en direct donc et donc il y a des investigations en cours sur cette affaire et il y
a
une enquĂȘte disciplinaire qui a Ă©tĂ© lancĂ©e avant mĂȘme que l'IGPN soit saisie sur l'utilisation effectivement d'un 4x4 Ă des fins qui n'Ă©taient pas vraiment appropriĂ©es voilĂ
je
pense que oui on peut manifester je crois qu'il y
a
aussi un message à faire passer ça marche aussi un peu un peu des deux cÎtés parce que
quand
vous dites les os sont rentrés dans la danse pour protéger les jeunes pour cadrer le mouvement c'est vrai mais mais pas forcément contre la police
c
'est ça qui est elle ne rentre pas dans le mouvement pour cadrer le cadrer pour les protéger de la police c'est ça l'ambiguïté de ce discours d'ailleurs qui est tenu par la France insoumise de mettre des brassards blancs de laisser à penser que la police va attaquer la manifestation c'est pas audible pour le ministre de l'intérieur c'est pas acceptable pour le ministre de l'intérieur
les
organisations syndicales elles sont lĂ aussi pour protĂ©ger les Ă©lĂšves encadrer un mouvement parce que vous l'avez dit vous mĂȘme ils n'ont pas l'expĂ©rience d'une manifestation on peut pas dĂ©ambuler librement et quand on rencontre pour certains d'entre eux
un
cordon de policiers ou de gendarmes les prendre à partie et balancer les projectiles on peut pas le faire c'est pas possible ça on est obligé d'intervenir et la présence des OS dissuade de ce type de comportement ils dissuadent de ce type de comportement et c'est important c'est important sur les courriers des préfets non je n
'ai
pas passé de consigne en ce sens que les choses soient claires
il y a
un certain nombre de préfets qui ont
passé
des messages généraux de responsabilisation aux parents en disant attention dans le cadre de ces manifs il y
a
parfois des violences attention il y
a
des messages de prévention généraux et puis il y
a
eu des messages plus ciblés
mais
qui s'inscrivent c'est pas un basculement du judiciaire vers l'administratif ça s'inscrit dans le cadre de dispositifs qui existent déjà dans le cadre de dispositifs de prévention de la délinquance en lien trÚs étroit avec les parquets vous avez déjà des dispositifs qui existent
le
préfet des Hauts-de-Seine par exemple a réuni des familles de jeunes qui avaient été interpellés mais il a déjà un protocole d'accord avec le parquet pour traiter ce type de situation dans le cadre de mécanismes de prévention de la délinquance et le proc était là il était là quand il a reçu ces familles il y
a
notamment un GLTD sur la thĂ©matique mais dans d'autres dĂ©partements c'est dans le cadre de mĂ©canismes de prĂ©vention de la dĂ©linquance de prĂ©vention tout court et donc voilĂ moi je ne suis pas choquĂ© de ce qui a pu ĂȘtre fait par des prĂ©fets moi je ne l'ai pas demandĂ© je serai Ă©videmment et je l'ai dit et
je
suis prĂȘt Ă le redire je pense que c'est pas forcĂ©ment utile de donner une publicitĂ© Ă ce type d'action c'est pas forcĂ©ment utile ça je suis assez d'accord mais pour le reste voilĂ on n
'est
pas sur un glissement du judiciaire vers l'administratif sachant que ce sont des personnes qui ont Ă©tĂ© interpellĂ©es aprĂšs les suites judiciaires on ne les connait pas et elles peuvent ĂȘtre elles peuvent ĂȘtre nulles lĂ dessus sur les initiatives qui ont Ă©tĂ© prises notamment par le syndicat des commissaires de police qui a souhaitĂ© communiquer sur ces questions ce dont d'ailleurs le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du dit syndicat m'avait parlĂ© avant donc il a Ă©changĂ© avec moi lĂ dessus moi je trouve que c'est une excellente idĂ©e
et
c'est mĂȘme trĂšs bien mais attention au discours d'ailleurs moi-mĂȘme je vais y rendre concret des lycĂ©ens dans les jours qui viennent pour expliquer aussi la façon dont nous travaillons comment se passent les choses et ne pas laisser le monopole de la discussion sur ces sujets Ă certaines formations politiques
qui
quand mĂȘme racontent aux jeunes que la police intervient de maniĂšre discriminante les concernant parce qu'ils sont racisĂ©s il faut voir ce qui a Ă©tĂ© dit il faut voir ce qui a Ă©tĂ© dit c'est pas acceptable parce que lĂ la rupture dans le lien entre police et population il se distend encore plus encore plus quand on tient ce genre de propos
mais
mettez en regard quand mĂȘme ce message du SCPN qui contient un certain nombre de messages de prĂ©vention de prĂ©caution quand vous voyez ce qu'a publiĂ© le syndicat de la magistrature sur le mĂȘme sujet avec le guide du manifestant comment se dĂ©fendre quand on est interpellĂ© aprĂšs la partie je crois que tout ça va pas dans le bon sens et on a effectivement besoin de beaucoup de concordes
monsieur
le sénateur HussÚne Bourgis pour la question je vous répondrai aprÚs sur l'observation parce qu'il y
a
vraiment une incompréhension sur l'observation que j'ai faite sur
le
sur le le renseignement territorial et la direction du renseignement de la préfecture de police qui sont les deux services qui suivent plutÎt ces sujets
il
n'y a pas de travail on parle de mouvement lycĂ©en voilĂ il n'y a pas de travail intrusif comme peuvent le faire le service de renseignement sur d'autres thĂ©matiques on est bien d'accord ils travaillent en source ouverte comme on dit donc sur les rĂ©seaux sociaux la mobilisation le mouvement qui monte ça a Ă©tĂ© vu Ă©videmment ça a Ă©tĂ© vu ça commence Ă CrĂ©teil enfin voilĂ l'histoire vous la connaissez CrĂ©teil autour d'un d'un Ă©tablissement d'un lycĂ©e oĂč il y a une grĂšve d'enseignants enfin du personnel Ă©ducatif et puis des appels Ă manifester puis ça part ensuite dans le 94 puis aprĂšs dans le 93 puis dans le 95 voilĂ tout ça ça a Ă©tĂ© suivi mais de lĂ Ă dĂ©tecter un mouvement c'est plus compliquĂ© pour les services de renseignement parce qu'encore une fois ils
ne
travaillent pas du tout de maniÚre intrusive il faut s'en féliciter on ne parle pas de groupements qui organisent de la subversion violente collective etc donc il faut s'en féliciter oui sur le mot adversaire je ne parlais évidemment pas des manifestants vous l'avez compris je parle de mes adversaires politiques je parle de mes adversaires politiques que les choses soient claires les manifestants le rÎle de l'ensemble des forces de sécurité intérieure et le rÎle du ministre de l'intérieur ce n
'est
pas de les voir comme des adversaires c'est mĂȘme de les protĂ©ger c'est mĂȘme de les protĂ©ger et de faire en sorte qu'ils puissent exercer librement leur droit et la libertĂ© de manifester sur le terme de militants je voulais dire engagĂ©s vous avez un certain nombre de chercheurs qui gravitent dans l'orbite de la France insoumise clairement et qui produisent sur les plateaux qui vous qui vous donnent qui sont parfois des chercheurs attention ce sont des vrais chercheurs dont les thĂ©ories sont assez engagĂ©es moi j'ai beau dĂ©battre avec eux j'ai beau Ă©changer avec eux sur le concept de dĂ©sescalade sur l'armement intermĂ©diaire vous avez des chercheurs qui vous disent qu'en Europe on n'utilise pas l'armement intermĂ©diaire comme en France c'est faux c'est faux il y
a
un certain nombre de pays tout Ă fait respectables comme la Belgique le Royaume-Uni l'Espagne qui utilisent le mĂȘme armement intermĂ©diaire que chez nous bon alors des fois c'est un peu diffĂ©rent l'Espagne n'a pas de LBD comme nous mais ils tirent des balles en caoutchouc c'est parfois un peu diffĂ©rent mais on a le mĂȘme usage d'armement intermĂ©diaire et vous avez des chercheurs qui continuent Ă longueur de journĂ©e sur les plateaux et Ă©videmment je vous Ă©pargne le dĂ©bat qu'on a sur la dĂ©sescalade
bon
voilĂ donc c'est en ce sens que je me permettais de parler de militants ce qui n
'est
Ă©videmment pas une critique des personnes qui sont militantes et militants et dont notre pays a sans doute plus besoin encore plus maintenant que jamais et je vais vous dire par lĂ engagĂ©s dans le sens oĂč j'ai la faiblesse de penser que parfois leurs analyses peuvent ĂȘtre un peu orientĂ©es et manquent un peu d'objectivitĂ©
voilĂ merci
alors madame Lauriane Josande
merci
madame la prĂ©sidente monsieur le ministre merci pour vos Ă©clairages vos prĂ©cisions on sincĂšrement on a l'impression quand mĂȘme qu'on est beaucoup aujourd'hui au niveau du du ministĂšre de l'intĂ©rieur en rĂ©action face Ă des mouvements qu'on a finalement peu ou mal dĂ©tectĂ© vous venez de dire que les renseignements territoriaux n'ont pas Ă ĂȘtre intrusifs et que tout ça participe d'une logique somme toute assez normale classique et volontairement apaisĂ©e on est quand mĂȘme en droit de se poser la question de savoir dans quelle mesure il ne va pas falloir anticiper dans les mois Ă venir une propagation
de
cette violence puisque la société ça on ne le découvre pas est de plus en plus violente et on est confronté à des difficultés vous le dites on est aussi pris submergé ou en tout cas étonné par la façon dont les mouvements lycéens évoluent leurs revendications sont légitimes mais il
y
a cette expression de la violence peut-ĂȘtre instrumentalisĂ©e par certains mais il n'empĂȘche que le problĂšme est lĂ aujourd'hui devant nous et que d'autres mouvements peuvent naĂźtre on parle d'une rĂ©surgence d'une rĂ©apparition des gilets jaunes comment va-t-on faire en tout cas avez-vous anticipĂ© sur ces sujets s'il fallait demain faire face Ă un mouvement gĂ©nĂ©ral certes que l'on peut toujours appeler de manifestation mais qui peut prendre une toute autre forme puisque on l'a dit plusieurs fois aujourd'hui il n'y a presque plus de manifestation au sens classique du terme
alors
peut-ĂȘtre aussi faut-il changer la maniĂšre alors non seulement de se renseigner mais aussi de discuter dialoguer avec ceux qui sont censĂ©s encadrer ces mouvements et de façon encore une fois apaisĂ©e sereine pacifiĂ©e y compris pour protĂ©ger leurs enfants et pas forcĂ©ment effectivement toujours des forces de police bien au contraire et d'ailleurs moi je voudrais parler d'un autre type de malaise dont on parle on a parlĂ© assez peu aujourd'hui et que vous connaissez bien qui est de malaise des forces de l'ordre et des membres de nos forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure qui ont Ă©tĂ© amenĂ©s et c'est assez historique aussi Ă manifester plusieurs fois cette annĂ©e et de maniĂšre assez bruyante au mois de septembre parce que nous avons affaire Ă des engins qui sont eux-mĂȘmes Ă©puisĂ©s et dont on ne sait pas jusqu'Ă quel point ils vont pouvoir tenir donc ils le disent d'ailleurs puisqu'ils ont l'impression parfois aussi d'ĂȘtre provoquĂ©s que l'incident est recherchĂ© par certains des manifestants mais en tout cas des personnes qui comment anticipez-vous ce type de problĂšme est-ce qu'il faut juridiquement encadrer y compris le phĂ©nomĂšne de provocation dans le cadre de ces manifestations et comment fera-t-on si effectivement demain un incident qui donnerait de l'eau au moulin de certains survenait et soit motif Ă embrasement ce qui est sĂ»r c'est que les forces de l'ordre en ont assez
et
que elles sont pour la plupart de nos agents ce sont aussi des pÚres et des mÚres d'enfants de collégiens de lycéens et qu'ils ne se satisfont pas non plus de cette situation bien au contraire donc tout ceci relÚve de votre responsabilité comment envisagez-vous les choses pour les mois à venir merci monsieur le ministre
merci
monsieur Pierre-Alain-Rouaron
oui
monsieur le ministre je voudrais vous poser trois questions
vous
l'avez évoqué tout à l'heure la question du nombre d'arrestations
prĂšs
de 7000 arrestations
de
garde Ă vue qui ont eu lieu sur prĂšs de 6000 mineurs
qui
ont eu lieu depuis le début
c
'est Ă rappeler par rapport auprĂšs de 11000 arrestations qui avaient eu lieu sur 6 mois au moment du gilet jaune
et
vous avez évoqué le peu de personnes qui avaient été évidemment poursuivies 21 détentions provisoires qui ont suivi
la
question aussi qui me semble ĂȘtre trĂšs importante aujourd'hui Ă Ă©voquer vous l'avez indiquĂ©
c
'est la formation des policiers
du
quotidien si on peut le dire
parce
que on voit bien que réguliÚrement lorsque ce sont des policiers du quotidien qui interviennent
il
y a
des
faits graves
je
suis d'Indre-et-Loire
et en
Indre-et-Loire un enfant que j'ai connu lorsque j'étais mÚre
a
été victime éborgné à vie
c
'est une chose qui évidemment pour le jeune enfant que j'ai connu quand il avait 4 ou 5 ans qui a aujourd'hui 15 ans
touche
beaucoup de gens qui l'ont reconnu Ă ce moment lĂ
donc vous
avez évidemment demandé
Ă
ce que les grenades assourdissantes soient arrĂȘtĂ©es les LBD le prĂ©fet a demandĂ© aussi que cela soit arrĂȘtĂ© dans ce dĂ©partement
je
ne suis pas sĂ»r qu'il faisait partie des casseurs je suis mĂȘme plutĂŽt sĂ»r du contraire de ce genre de jeune qui
fait
plutĂŽt la fĂȘte en essayant de manifester ce qui est peut-ĂȘtre une forme difficile de fĂȘte mais qui est quand mĂȘme une rĂ©alitĂ© donc
j
'ai quand mĂȘme le sentiment que vous avez Ă©voquĂ© tout Ă l'heure certains qui intervenaient dans les chaĂźnes en continu qui avaient des visions idĂ©ologiques
j
'ai aussi le sentiment que derriĂšre
ces
demandes lycĂ©ennes qui sont pour une partie justifiĂ©es je vais vous crĂ©er par exemple les questions de parcours sup ou autres peut-ĂȘtre aussi selon les rĂ©gions d'Ă©tat des lycĂ©es
qu
'on ne peut pas complÚtement mettre cet aspect là sur les violences urbaines et vous avez dit tout à l'heure qu'il fallait vous avez demandé à agir avec tact mais je pense qu'il y a aujourd'hui une vraie difficulté pour qu'il puisse y avoir demain une vraie cohérence entre les jeunes la population et la police
Madame
Evelyne
CorbiĂšre Naminzo
Merci
Madame la Présidente Monsieur le Ministre merci
de
venir devant nous nous parler de ces sujets Ă la fois sur les projets le projet de loi Ă venir mais aussi d'avoir pris le temps
de
nous évoquer la situation concernant les mouvements lycéens
vous
nous avez décrit votre doctrine du maintien de l'ordre
lors
des manifestations
et
le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dit suivre avec inquiétude les incidents liés aux manifestations des lycéens en France
il
a mĂȘme appelĂ© Ă un usage proportionnĂ© de la force c'est un sujet qui nous occupe grandement depuis le dĂ©but de cette audition Amnesty International a dĂ©noncĂ© un usage disproportionnĂ© et les mots de la PrĂ©sidente sont les suivants les autoritĂ©s doivent permettre aux jeunes d'exercer leurs droits sans qu'ils craignent de recevoir de grenades lacrymogĂšnes des coups de matraque ou d'ĂȘtre mis en garde Ă vue arbitrairement
et
pourtant des images de recours à la force tournent en boucle sur les médias
comme
l'usage de techniques d'étranglement proscrites
de
tir de lanceurs de grenades lacrymogÚnes sur des personnes de l'usage de gaz poivré de tir de LBD cela a été dit et dans mon département à la Réunion
un
jeune a été violemment interpellé par les forces de l'ordre et maintenu à terre
l
'image de ce jeune sa nuque et sa tĂȘte sous le genou du gendarme a rĂ©veillĂ© le souvenir Donald Trill
du
meurtre de George Floyd
une
enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte mais ces enquĂȘtes peuvent ĂȘtre conduites de maniĂšre qui questionne et vous vous en avez dĂ©jĂ expliquĂ© Ă l'instant
moi
je tiens quand mĂȘme Ă vous le dire puisque vous ĂȘtes le ministre de l'intĂ©rieur et ça n'est peut-ĂȘtre pas votre sujet en prioritĂ© mais
les
mouvements lycéens ont démarré dans les Outre-mer et non pas à Créteil comme ça l'a été dit à Mayotte dÚs la fin du mois d'août un lycée en tout cas a été bloqué en Guyane il y a eu aussi des mouvements mais ceux dont on parle ce sont les mouvements dans l'hexagone
alors
quand ça se passe bien et que ça se passe dans le calme les jeunes ne sont pas entendus ils ne sont pas écoutés ils ne sont pas relayés on peut dire qu'ils sont méprisés
je
m'interroge sur les conséquences de la répression
de
l'usage de la force sur des jeunes qui sont gazés dÚs leur premiÚre manifestation vous avez parlé de la confiance
et
nous avons vu fleurir des pancartes qui dénoncent
une
balle dans la mùchoire car la vérité sort de la bouche des enfants
ou
encore la main innocente des enfants arrachée
alors
monsieur le ministre comment envisager un maintien de l'ordre
qui
crée une telle méfiance qui crée une telle peur de la police chez nos jeunes aujourd'hui les jeunes et je suis bien placée puisque je suis confrontée à des lycéens et des étudiants à la maison
ils
se sentent davantage menacés
que
protégés par la police aujourd'hui voilà ma question merci
monsieur
Francis Spiner
oui
monsieur le ministre en tant que ministre de l'intérieur vous avez un certain nombre de pouvoirs vis-à -vis des maires
est
-ce que vous trouvez normal que des maires appellent Ă des manifestations insurrectionnelles
et
pourquoi il n'y a pas de mesures de suspension à l'encontre de ces élus
monsieur
Pierre-Jean Rochette
merci
madame la présidente merci monsieur le ministre moi je voudrais tout d'abord avoir un mot pour nos forces de l'ordre et de maniÚre trÚs sincÚre les remercier pour leur engagement sur le terrain
et
j'espÚre qu'elles nous écoutent avec beaucoup de détachement parce que parfois il
y
a certains propos qui me semblent ĂȘtre Ă charge avant mĂȘme que l'IGPN ait fait
ces
enquĂȘtes
on
montre toujours le sensationnel les bouts de vidéos qui font en sorte qu'on voit une voiture foncer sur une foule on ne voit pas juste avant si cette voiture était encerclée qu'attendons-nous de nos forces de l'ordre qu'elles maintiennent l'ordre ou qu'elles servent de chair à canon c'est ça la question
moi
trĂšs clairement qu'elles maintiennent l'ordre qu'elles fassent leur travail
et
Ă ce titre-lĂ je crois qu'il faut qu
'on
soit aussi trÚs clair dans nos propos et sur nos attentes que la vérité soit faite sur les débordements
oui que
l'IGPN fasse son travail oui maintenant que la police aussi puisse faire son travail et aussi que les français puissent travailler parce que c'est bien le droit de manifester on est tous pour le droit de manifester c'est constitutionnel tout le monde le défend
mais
il y
a
aussi le droit de travailler
et
pour que le pays puisse continuer Ă fonctionner il faut que le maintien de l'ordre puisse agir
on
a tous Ă©tĂ© jeunes ça a Ă©tĂ© dit on a manifestĂ© bon Ă diffĂ©rents niveaux mes parents ne me laissaient pas trop l'occasion de manifester il fallait aller bosser plutĂŽt mais quand on voit quand mĂȘme les mouvements les mouvements de jeunes face au CRS je n
'ai
pas l'impression en toute franchise qu'ils aient vraiment peur de la police dans notre pays
mĂȘme
des jeunes filles trĂšs peu vĂȘtues
qui
vont provoquer les CRS sincĂšrement il n
'y
a absolument qu'en France qu'on voit ça je ne crois pas qu'on puisse dire que nos jeunes aient peur des forces de l'ordre de mon point de vue c'est faux et je pense que le maintien de l'ordre est effectué de maniÚre formidable dans notre pays à mon goût d'ailleurs avec de maniÚre trop passive parfois parce qu'il y
a
cette appréhension du contact il y a cette volonté de maintenir la distance qui est une doctrine dans le maintien de l'ordre
mais
à un moment il y a de la provocation aussi et la provocation elle découle toujours sur des débordements obligatoirement puisqu'il
y
a un moment il y
a
quelque chose qui se passe
moi
les images que j'ai vues ces derniers jours elles m'inquiĂštent dans le sens oĂč on est Ă deux doigts de l'insurrection quand on dit que ce sont des enfants je suis dĂ©solĂ© ce ne sont pas des enfants et des enfants de 14 ou 16 ans aujourd'hui valent bien un adulte d'un point de vue dĂ©veloppement corporel il faut se promener un peu plus dans la rue
il
faut se promener un peu plus dans la rue on ne vit pas dans les mĂȘmes territoires et c'est bien lĂ que c'est la richesse du SĂ©nat on ne vit pas dans le mĂȘme monde je pense parce que moi dans mon territoire dans mon dĂ©partement on n'a pas peur de la police on n'a pas peur de la police sur monsieur le ministre ma question sur les sommations j'ai Ă©tĂ© trĂšs surpris de voir trĂšs peu de lanceurs d
'eau
engagés sur ces manifestations
est
-ce une volonté de votre part
on
a aussi vu il me semble trĂšs peu de centaures
peut
-ĂȘtre que je n
'ai
pas les bonnes informations de mon point de vue pour les sommations dans les mois Ă venir dans les annĂ©es Ă venir on peut se faire aider par la technique et notamment par ces vĂ©hicules qui peuvent ĂȘtre Ă©quipĂ©s de messages pour diffuser les sommations au moins on ne pourra pas dire qu'on ne les a pas entendus mais avons-nous prĂ©vu de travailler sur ces Ă©lĂ©ments pour l'avenir et pourquoi si peu de lanceurs d'eau sur ces manifestations ont Ă©tĂ© engagĂ©s merci
monsieur
le ministre à vous la réponse
merci beaucoup madame la présidente pour répondre à ces questions d'abord en nomme la sénatrice Lauriane Josand sur le j'ai jamais dit que je trouvais que la situation était apaisée
la
situation n'est pas apaisée
quand
on a connu et qu'on connaßt le mouvement qu'on a on ne peut pas dire que la situation soit apaisée nous ce qu'on essaie de faire en sorte c'est de contenir au maximum les trois valeurs de public sur le le fait du défaut d'anticipation d'un mouvement pardon
oui oui
apaisant d'accord voilà j'y viens renseigne mon pardon alors j'ai mal compris parce que je veux pas non plus qu'on je ça on est sur des mouvements revendicatifs on parle de revendicatifs
j
'ai au bout d'un moment oui moi mon job c'est qu'il n
'y ait
pas de débordement mais on n'est pas en train de on n'est pas sur un mouvement général d'appel à la survention volante insurrectionnel on est sur un mouvement qui part en mouvement revendicatif qui comporte un certain nombre de dérapages graves sur des violences urbaines et c'est ça dont on s'occupe
je
crois qu'il faut faire attention voilĂ c'est du revendicatif peut-ĂȘtre que demain on aura un mouvement agricole on aura un mouvement social sur un autre sujet on est sur des mouvements sociaux
donc
qu'on anticipe le fait que des personnes veuillent manifester sur l'espace public ok donc aprÚs on déploie des dispositifs de protection d'encadrement pour encadrer d'abord la priorité qui est la mienne et que les choses soient dites et je le redis clairement c'est de faire en sorte que les manifs se passent bien ok on va avoir on va savoir parce que les services de renseignement et ils font un beau boulot sur le sociétal savent qu'il y a des appels à manifester
peut
-ĂȘtre qu'on va apprendre que dans le mois de novembre on a un grand appel Ă un rassemblement partout sur le territoire social moi mon travail c'est pas de l'empĂȘcher
c
'est ça attention je voudrais pas qu
'il
y
ait
de mĂ©prise mon travail c'est pas d'empĂȘcher des rassemblements revendicatifs c'est de les encadrer de faire en sorte qu
'il
n
'y ait
pas de dĂ©bordements et ce que je dis sur le mouvement des lycĂ©ens c'est qu'il y a des dĂ©bordements graves en marge de ce mouvement mais qui sont trĂšs graves et c'est ce qu'on voit attention je ne veux pas je suis aussi le reprĂ©sentant d'un gouvernement qui ne peut pas se laisser critiquer comme ça sur le manque d'anticipation attention anticiper pour quoi faire c'est un mouvement revendicatif pour l'encadrer oui pour prĂ©voir les forces de l'ordre pour mobiliser auprĂšs des prĂ©fets de zone les forces mobiles pour pouvoir encadrer ce mouvement mais je ne peux pas l'empĂȘcher je ne peux pas l'empĂȘcher en tout cas c'est pas mon souhait par contre contenir les violences oui ça c'est vrai et vous avez parfaitement raison je vous rejoins totalement madame la sĂ©natrice sur le fait que oui la situation pardon je n'avais pas compris sur le mouvement apaisĂ© mais quand vous avez 140 membres de la communautĂ© Ă©ducative et plus qui sont blessĂ©s on ne
peut
pas dire que la situation soit apaisée
en
revanche oui
la
discussion avec les OS c'est quelque chose d'apaisant et ça on a perdu un peu le fil de ces manifs et quand les OS rentrent dans la danse et encadrent un mouvement franchement ça se passe toujours bien et voilà moi je parle de mon malon et de
l
'expérience aussi donc voilà sur le malaise des forces de sécurité intérieure oui je vous confirme qu'il y
a
une trĂšs forte sollicitation en ce moment notamment la semaine derniĂšre il y
a
eu des congĂ©s qui ont Ă©tĂ© reportĂ©s je vous confirme je crois que je suis suffisamment dĂ©fenseur on me reproche suffisamment sur certains bancs de dĂ©fendre les forces de l'ordre j'en suis parfaitement conscient qu'il faut qu'on voilĂ il y a un moment ou un autre la sur sollicitation des forces de sĂ©curitĂ© qui en ce moment est systĂ©matique et partout sur le territoire pĂšse et voilĂ comme vous le savez par ailleurs je suis en discussion avec leurs organisations syndicales pour les policiers comme pour les gendarmes c'est la mĂȘme chose pour les gendarmes et Ă©videmment j'en tirerai le moment venu toutes les consĂ©quences voilĂ pour monsieur Pierre-Alain Roiron sur les interpelles alors il y a 21 poursuites mais il y en a eu plus il y a eu des alternatives aux poursuites j'ai plus en tĂȘte le communiquĂ© de presse de mon collĂšgue GĂ©rald Darmanin mais il y en a quand mĂȘme eu un peu plus et sur la formation des policiers du quotidien j'avais rĂ©pondu tout Ă l'heure Ă monsieur le rapporteur Olivier Bitz
oui
bien sĂ»r bien sĂ»r et il faut qu'on monte en puissance puisqu'on voit bien que n'importe quel effectif peut se retrouver confrontĂ© Ă du maintien d'ordre on l'avait dĂ©jĂ vĂ©cu avec les gilets jaunes sur les ronds-points il y avait parfois des incidents et des gendarmes ou des policiers locaux pouvaient ĂȘtre pris Ă partie sur le tir de LBD je ne reviens pas sur ce tir de LBD
je
ne crois pas que le préfet d'André Loire ait suspendu l'usage du LBD en tout cas ce n
'est
pas mon instruction donc c'est une information que vous me donnez et ce n'est pas mon instruction donc ça voilà et par ailleurs voilà il y a une action judiciaire qui est en cours qui déterminera les conditions dans lesquelles malheureusement ce drame est arrivé voilà donc je crois que
et
ça rĂ©pond aussi aux prĂ©occupations des uns et des autres Ă la fois dans l'affaire de Saint-Ouen-le-Monde dans l'affaire de Tours dans un certain nombre d'affaires l'IGPN a menĂ© ces affaires assez rapidement assez rapidement voilĂ sur les instructions d'armement intermĂ©diaire je l'ai dit je voilĂ je madame Evelyne CorbiĂšre madame la sĂ©natrice sur ce que peuvent dire les organisations internationales des Nations Unies pour lesquelles moi j'ai Ă©normĂ©ment de respect mais depuis que je fais ce mĂ©tier Ă la fois comme membre du gouvernement ou comme fonctionnaire en charge des questions de sĂ©curitĂ© j'ai toujours enregistrĂ© des griefs de ce type d'organismes divers et variĂ©s sur la façon dont on maintient l'ordre public on est beaucoup beaucoup critiquĂ© et je pense que nous avons quand mĂȘme un usage qui est assez proportionnĂ© de la force et du maintien de l'ordre et je crois qu'il faut que nos jeunes et on va s'Ă©vertuer Ă leur faire comprendre je ne
veux
pas qu'ils se sentent menacĂ©s par les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure mais vraiment protĂ©gĂ©s protĂ©gĂ©s je crois que je ne l'ai pas amenĂ© avec moi mais Ă la commission des lois Ă l'AssemblĂ©e j'ai lu un message j'aurais pu en lire plein d'autres l'ensemble des policiers blessĂ©s on est Ă prĂšs de 900 maintenant et des gendarmes je leur Ă©cris beaucoup me rĂ©pondent et il faut dire qu'il y a des messages qui sont des messages trĂšs touchants oĂč policiers et gendarmes ont bien Ă l'esprit que ce pourquoi ils s'engagent sur la loi publique dans le cadre de ce mouvement c'est d'abord pour protĂ©ger les lycĂ©ens contre des violences qui viennent d'ailleurs la plupart des lycĂ©ens blessĂ©s l'ont Ă©tĂ© par des tirs de mortier ou dans un cadre accidentel ou par des jets de projectiles et voilĂ donc les policiers et les gendarmes ont bien conscience qu'ils sont lĂ pour protĂ©ger l'ensemble des jeunes dans l'affaire que vous avez citĂ© dont j'ai parfaitement connaissance la section de recherche de la rĂ©union a Ă©tĂ© saisie de cette affaire pour laquelle il y a des investigations et ensuite il faut se mĂ©fier des vidĂ©os qui circulent oĂč on voit ici un jeune qui est pris qui est emmenĂ© par les forces de l'ordre ou un vĂ©hicule qui s'extrait d'une foule non pas pour foncer dans la foule mais parce qu'il est pris Ă partir Ă un moment donnĂ© il se trouve par mĂ©garde Ă un endroit il ne doit pas ĂȘtre il y a beaucoup de monde autour et donc il s'extrait souvent moi je les vĂ©rifie toutes les vidĂ©os c'est ça et j'ai envie de vous dire mĂȘme chose pour ces images oĂč on voit des policiers et des gendarmes aller interpeller des personnes ça n'est pas gratuit comme acte c'est parce que avant ils ont constatĂ© que cet individu avait soit balancĂ© un projectile soit tirĂ© un mortier et donc c'est juste une opĂ©ration d'interpellation c'est pas une intervention gratuite et ça mĂȘme ça c'est pour vous dire si les policiers et les gendarmes quand mĂȘme dans toute leur action sont contrĂŽlĂ©s dĂšs que ça nous remonte on vĂ©rifie Ă©videmment les conditions des interventions et donc ces conditions de contrĂŽle elles sont lĂ et elles conduisent Ă©videmment la plupart du temps Ă une proportionnalitĂ© de l'action mais c'est ce que nous a demandĂ© le prĂ©sident c'est ce qu'on sait vertue Ă faire on doit aussi y avoir beaucoup de pĂ©dagogie pour ne pas que on se retrouve dans la situation que vous dĂ©criviez de jeunes qui se sentent menacĂ©s alors que la police et la gendarmerie sont d'abord lĂ Ă©videmment pour les protĂ©ger sur le monsieur Spiner sur le monsieur le sĂ©nateur français Spiner sur le maire je crois que j'ai dĂ©jĂ rĂ©pondu Ă l'assemblĂ©e lĂ -dessus il y a des propos qui sont tenus par un certain nombre de maires effectivement qui tombent sous le coup de la loi bon on saisit systĂ©matiquement la justice systĂ©matiquement
aprĂšs
des propos qui parfois sont graves
je
crois que je l'ai dit à l'assemblée en réponse à un député
de
l'un parlementaire
il
m'est arrivé dans ma carriÚre administrative de monter des dossiers de dissolution de structures d'ultra droite ou d'ultra gauche la nuance ultra
oĂč
parfois on retenait des griefs assez similaires finalement ou des propos tenus qui Ă©taient assez similaires la citation Ă la violence c'Ă©tait Ă peu prĂšs assez similaires n'empĂȘche qu'on parle d'Ă©lus qui appartiennent Ă des formations qui ont des reprĂ©sentants Ă
l
'assemblée nationale donc voilà pour l'instant on saisit la justice chaque fois qu'il y
a
des dĂ©rapages des propos qui peuvent donner l'impression qu'on est dans l'incitation Ă la violence ou qu'il lĂ©gitime une forme de violence mais je n'ai pas de dossier de suspension en cours de maire je vous rĂ©ponds trĂšs clairement voilĂ pour monsieur le sĂ©nateur Pierre-Jean Rochette alors les sommations je reviens sur ce que je disais tout Ă l'heure oui il faut qu'on les clarifie parce que ça va devenir ça va ĂȘtre central dans le texte qu'on va vous proposer d'adopter ça va ĂȘtre central et c'est vrai qu'elles doivent ĂȘtre rendues beaucoup plus clair beaucoup plus explicite
ça
fait 15 ans que j'entends parler des sommations on les a amĂ©liorĂ©es mais il faut qu'on aille plus loin parce que avec le projet de loi avec le PJL casseur payeur la sommation ce sera vraiment ce qui fera qu'on bascule ou pas dans la faute et donc la responsabilitĂ© pas que pĂ©nale mais aussi civile les lanceurs d'eau oui on les utilise on en a on les a rĂ©partis sur l'ensemble du territoire c'est plutĂŽt sur des manifestations mais on les utilise ils ont Ă©tĂ© utilisĂ©s je crois tout Ă l'heure Ă Paris de ce qui m'est remontĂ© Ă Rennes et Ă Paris la semaine derniĂšre on les utilise effectivement ça permet de maintenir Ă distance et ça permet de c'est Ă©videmment un outil extrĂȘmement utile et les centaures on n'a pas eu Ă les dĂ©ployer ils ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s sur le territoire national dans chaque zone il y a des vĂ©hicules centaures qui sont plutĂŽt utilisĂ©s pour les barricades pour disperser on n'a pas eu Ă en faire usage mais ils sont dĂ©ployĂ©s sur le territoire mais on n'a pas eu Ă en faire usage
trĂšs
bien je crois que vous avez répondu à l'ensemble de ceux qui avaient demandé la parole monsieur le ministre il me reste à vous remercier pour cette audition
merci
beaucoup
merci
Laurent Nuñez