Grande Interview - Marc Ferracci, député EPR, ancien ministre de l'Industrie – 16/04
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BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
Vous êtes bien dans le 18-19, mon invité, premier invité, c'est Marc Ferracci. Il est en c'est ministre de l'Industrie et il est député Renaissance. Bonsoir Marc Ferracci. Bonsoir Edwis. Merci d'être avec nous. Beaucoup de questions à vous poser. On ne sait pas très bien par laquelle il faut commencer. Évidemment, la question des carburants, vous nous direz un peu, c'est quoi la marge de manœuvre du gouvernement ? Histoire de décret, est-ce que c'est vraiment UBUS, que c'est au contraire une nécessité ? Vous me direz où est-ce que vous vous positionnez ? Parce qu'on a un petit peu de mal à situer les uns les autres dans cette cacophonie.
Mais je voudrais qu'on commence par cette annonce tout à l'heure. Le Stellantis qui a donc annoncé la fin d'assemblage de voitures à Poissy. Sachant qu'on a justement autre usine emblématique à fermer maintenant, il y a quand même une dizaine d'années. On peut dire qu'en tout le cas dans l'Île-de-France, il n'y a plus aucune construction de voitures. La production de voitures, ce qui est quand même assez incroyable quand on y pense, non ?
C'est vrai que l'assemblage de voitures, c'était l'activité historique du site de Poissy. C'est pour ça que c'est forcément un choc pour les salariés, pour tout l'écosystème. Pour l'industrie française, j'ai envie de dire. Pour l'industrie française. Maintenant, dire que l'industrie automobile, elle évolue, elle se réinvente aussi. Il y a mille salariés qui vont rester sur le site et qui vont faire des choses différentes. Ils vont faire des choses différentes parce que les besoins du marché évoluent. Les voitures roulent plus longtemps, donc on a des besoins de pièces. C'est ce que va faire le site de Poissy désormais. Produire des pièces détachées.
Ça va également consister à recycler des véhicules et faire en sorte qu'on soit dans cette logique d'économie circulaire dont on a tous besoin. Donc, ça n'est pas une bonne nouvelle. Il faut évidemment être lucide là-dessus. Mais ça n'est pas la fin d'un site. Moi, je note quand même que dans d'autres pays, des sites ferment. Et ici, on a, je pense, réussi à préserver un équilibre qui donne un avenir à ce site.
Oui, attendez, je vais vous donner les chiffres de l'INSEE. Marc Ferranti, que vous connaissez mieux que moi, évidemment. La filière automobile française, constructeur et fournisseur, a perdu un tiers de ses effectifs en 13 ans, passant de 425 500 emplois en 2010 à 286 000 en 2023.
Ce n'est pas la filière française. C'est la filière européenne qui a perdu un tiers et même encore plus de ses effectifs. Donc, on a aujourd'hui une consommation de voitures qui décroît de manière générale et des achats de voitures qui décroissent. La demande de véhicules, elle est en berne depuis déjà un certain nombre d'années. On a également, vous le savez, on a déjà discuté sur votre plateau, une concurrence notamment sur l'électrique qui est aujourd'hui extrêmement forte et parfois déloyale. Il faut bien se le dire, c'est la concurrence du véhicule électrique chinois. Le véhicule électrique chinois, il est massivement subventionné sur toute la chaîne de valeur.
Entre l'extraction du lithium pour les batteries jusqu'au transport maritime, il y a des subventions. Donc forcément, nos constructeurs souffrent par rapport à ça. Il y a plusieurs réponses. Les réponses, c'est d'abord de se battre, évidemment, pour maintenir de l'activité sur certains sites. Et à Poissy, c'est ce qui va se passer, même si l'activité est différente. C'est se battre également pour plus de protection le temps qu'on rattrape, y compris technologiquement, nos concurrents. Et ça, c'est ce qui a également été discuté.
Pardonnez-moi, je vais être un tout petit peu provoquante. Mais c'est vrai que ça résonne un peu dans le vide, Marc Ferracci, parce que la réalité, elle est là. Je recevais Geoffroy Roux-de-Bézieux. Ils ont signé une tribune avec Luca De Meo et André Loscruc-Pietry. Il dit qu'on a échoué dans la réindustrialisation. On n'a pas réussi. Quand je regardais encore une autre tribune, celle d'Arnaud Montebourg, qui dit qu'il faudrait presque un référendum, parce qu'il faudrait presque avoir une règle d'or, en fait, un peu sur l'industrie française. Il y a un moment...
Alors, elles sont intéressantes, ces tribunes. Je reprends sur la tribune de Geoffroy Roux-de-Bézieux, Luca De Meo et d'autres acteurs. André Loscruc-Pietry, tout à fait. Cette tribune, elle appelle à avoir un choc de robotisation. Et au fond, elle dit quelque chose d'assez simple. Elle dit que le salut de notre industrie passe forcément par l'innovation, passe forcément par les robots, passe par les algorithmes, passe par l'IA qui va améliorer très fortement la productivité si on s'approprie l'IA et si on réorganise aussi le travail à l'intérieur des usines. Moi, je milite pour qu'on embrasse cette démarche d'innovation. Et si on le fait, je pense qu'il y a un avenir pour notre industrie.
S'agissant de la tribune d'Arnaud Montebourg et Jean-Louis Borloo, je pense qu'il faut saluer l'initiative consistant à dire qu'on ne peut pas rester au milieu du guet. Il y a aujourd'hui une préférence européenne qui est en train d'être mise en place par l'Union Européenne. Moi, je le dis très tranquillement, je suis déçu par ce qui a été annoncé par la Commission Européenne sur le sujet.
Vous voulez aller plus loin sur quoi ?
Parce que, de manière très concrète, cette préférence européenne va consister à réserver une partie de la commande publique européenne, pas simplement aux pays européens, mais aussi aux pays qui sont liés à l'Union Européenne par des accords de libre-échange. Et ça, ça vide de sa substance ce principe même de préférence européenne. Donc, je trouve qu'on n'est pas allé assez loin du côté de la Commission Européenne et du côté de l'ensemble des États membres. La France, et je l'apportais, cette position quand j'étais ministre, avait une position beaucoup plus offensive, consistant à faire vraiment la préférence européenne sur l'Union Européenne.
Et donc, je pense qu'il faut continuer de se battre et il faut que l'Europe sorte définitivement la naïveté. On va voir ce que deviendra ce texte, on va voir ce que deviendra la protection de notre industrie dans cette période difficile durant laquelle il faut opérer ce rattrapage technologique en termes d'innovation dans plein de filières. On parle de l'automobile, mais il y en a beaucoup d'autres. Il y a la chimie, il y a l'acier. Sur l'acier, on peut quand même saluer une bonne nouvelle, par exemple, c'est qu'aujourd'hui, hier plutôt, on a annoncé que des droits de douane étaient imposés à la production et aux exports chinois en Europe.
Oui, mais en fait, est-ce qu'il faut mettre des droits de douane ? C'est ce que disait Geoffroy Roux-le-Bézieux. Il disait, l'ancien patron du MEDEF, en fait, il faut appeler un chat un chat, il faut mettre des droits de douane maintenant. On les enlèvera ensuite, notamment vis-à-vis des Chinois. Mais là, on est en train, toute notre industrie est en train de se faire aspirer par les Chinois. Il y a un moment, il faut dire stop.
Mais c'est là que vous avez tout à fait raison. On a aujourd'hui une course contre la montre à gagner. Il faut aller très vite et il faut se le dire aussi, l'Europe n'a pas toujours été très forte pour aller très vite. Ah bah ça c'est vrai. Quand j'étais ministre, j'ai essayé d'accélérer la pression sur l'Union Européenne pour mettre des droits de douane sur l'acier, faire ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde, c'est-à-dire mettre des quotas au-delà desquels on paye des droits de douane. On a été obligé de mettre ensemble tout un tas de pays dans une alliance pour l'industrie lourde pour mettre la pression sur la Commission Européenne pour obtenir ce qui a été annoncé hier.
Ça peut se passer, ça s'est passé, mais il y a d'autres filières industrielles qui ont également besoin de ce rattrapage, de ce sas durant lequel elles font les investissements qui permettent ensuite d'être compétitifs, notamment par rapport aux Chinois.
Alors, on va parler d'électrification, mais je voudrais d'abord qu'on parle évidemment de la question sur les carburants. Je ne sais pas si ça vous a fait sourire ou pas. C'est sûr que quand on voit la cacophonie avec la proposition d'un cas de plafonnement, des marges, on n'a pas compris si le décret était allé vraiment passer ou au contraire c'était une réflexion sur le décret avec tous les distributeurs qui sont venus sur nos plateaux pour nous expliquer que c'était vraiment un grand n'importe quoi. Vous, vous êtes tous dans ce grand n'importe quoi ?
D'abord, de quoi on parle ? On parle d'un décret qui est à la consultation. Donc, il n'a pas été pris. Il faut même rappeler ça. Il a quand même été rédigé. Bien sûr. Pour qu'il fasse l'objet d'une consultation, il faut qu'il soit rédigé.
Non, non, mais c'est un peu pour sourire parce qu'il est tellement compliqué que certains en disent on ne comprend rien.
Il existe, mais il n'est pas publié. Il n'a pas aujourd'hui d'existence juridique. Ce décret, il a vocation à faire en sorte que les marges des distributeurs ne soient pas trop élevées. Il a également vocation à faire en sorte que lorsque les prix augmentent du fait de l'augmentation des prix du pétrole et lorsque les prix augmentent à la pompe, eh bien, ils redescendent lorsque les prix baissent. Ça, c'est un élément très important parce qu'on voit qu'il y a quand même un décalage. Les prix montent beaucoup plus vite qu'ils montent beaucoup plus vite qu'ils ne descendent. Donc, ça, ce sont des éléments importants.
Maintenant, le gouvernement a été quand même clair sur au moins un point, c'est que ce décret, il est là pour sanctionner les abus. Donc, on observe s'il y a des abus. On observe s'il y a des abus. Attends, mais attendez.
Est-ce que vous estimez qu'il y a eu des abus ? Vous, l'ancien ministre de l'Industrie.
Moi, je n'observe pas les prix tous les jours à la pompe parce que c'est aujourd'hui les services de Bercy qui sont chargés de ce travail. Non, parce qu'il y a eu
500 ou 600 de ce travail.
Mais au moment où nous nous parlons, le décret n'est pas publié et je comprends que le gouvernement se sert de ce décret précisément pour prévenir d'éventuels abus. Et s'il devait y en avoir, il publierait le décret. Voilà où on en est. Il ne faut pas inquiéter les gens.
Vous, c'est quoi ? Vous connaissez bien le sujet. C'est quoi votre position ? Vous dites...
Ma position...
C'est quoi votre position ? Vous dites... Taxe, pas taxe, baisse de la 6, baisse de la TVA ? Ma position,
elle est la suivante. C'est de partir d'un constat un peu lucide qui est qu'on ne peut pas dépenser l'argent qu'on n'a pas. Déjà, à partir de ce constat-là. Parce que tous les gens qui proposent de baisser la TVA de 20 à 5,5, ce qui coûterait 12 milliards d'euros par an, n'expliquent pas comment ils trouvent l'argent. Et je pense en particulier au Rassemblement National. Donc ça, c'est le premier effort de lucidité qu'on se doit les uns aux autres. Ensuite, chaque mois, on doit faire le point. C'est ce que le gouvernement a annoncé. On doit faire le point sur est-ce que la crise continue ? Est-ce que les prix augmentent ?
Est-ce qu'ils sont à 90 dollars le baril ou est-ce qu'ils sont à 120 dollars le baril ? Parce que ce n'est pas tout à fait la même situation. Quelle est la pression sur les gros rouleurs, sur les gens qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler ?
Donc vous ne vous dites pas d'aide.
Et moi, justement, je dis qu'il faut envisager y compris des aides, mais des aides ciblées si d'aventure, la situation dure. Des aides ciblées, c'est cibler en fonction du revenu des gens ou en fonction du revenu des ménages. Et c'est en fonction de leur dépendance à la voiture, c'est-à-dire est-ce que ce sont des gros rouleurs ou pas ? On est capable de faire ce genre d'aide. On les a faites. Le chèque carburant a déjà existé. Oui, mais ça nous a coûté très cher. Non, ça a coûté quelques centaines de millions d'euros. Vous-même,
vous avez dit qu'on n'a plus d'argent.
À l'époque, mais quelques centaines de millions d'euros, ça n'est pas 12 milliards. Il faut quand même être clair là-dessus. Donc moi, je suis pour aider les Français qui en ont le plus besoin. Je suis pour le faire en ayant le souci de nos dépenses publiques et de la maîtrise de nos déficits publics. Et je suis surtout pour qu'on s'adapte quasiment au jour le jour, en tout cas au mois le mois sur ce sujet-là.
Est-ce qu'il faut taxer ceux qui ont profité peut-être de cette crise ? Évidemment, on fait allusion comme toujours à Total Energy qui a empoché un milliard parce qu'il avait anticipé cette guerre. Et donc, en fait, il avait préempté des cargaisons qui font que bon service d'analyse et de prospective, comme on dit. Est-ce qu'il faut lui demander de restituer une partie de son milliard ?
Vous savez, on revient sur ce débat qu'on a quasiment chaque année au moment des lois de finance maintenant sur ce qu'on appelle les super profits. Je pense qu'il faut essayer de leur donner un peu de définition à ces super profits et en l'occurrence aux super profits des pétroliers. Moi, un profit qui provient de quelque chose qui n'a rien à voir avec la qualité de la gestion de l'entreprise, avec sa capacité d'innovation, avec les risques qu'elle a pris, mais qui provient simplement d'un événement qui se passe sur le marché du pétrole, un événement ici qui est géopolitique, je trouve que c'est un profit qui vient au fond un petit peu du ciel.
Et de ce point de vue, je ne trouve pas illégitime qu'on ait une réflexion sur la taxation de ces profits pour prix additionnels. Oui, mais je mets quand même un cadre à ce qu'on taxe. Je n'ai pas envie qu'on taxe l'innovation dans notre pays. Je n'ai pas envie qu'on taxe ceux qui prennent des risques. Je n'ai pas envie qu'on taxe ceux qui investissent, par exemple, pour aller créer des capacités de production, d'extraction ou de raffinage dans des pays difficiles parce que ça aussi, c'est un risque que les pétroliers prennent. Donc, c'est ça qu'il faut regarder et c'est de ça dont il faut débattre.
Il ne faut pas taxer le risque, il ne faut pas taxer l'audace et l'innovation, il faut taxer la rente. Là, en l'occurrence,
vous seriez d'accord, vous êtes pour même taxer Total là-dessus, même si lui, il perd un peu d'argent en bloquant ses prix dans les stations essence en France.
Je suis pour ouvrir le débat. Pour ça, il faut qu'on ait une idée de ce qu'ont été effectivement les profits de Total. Je crois que d'ici quelques jours, ils les publieront en trimestriel et donc on verra, on fera un point à ce moment-là. D'accord,
c'est un point important. Le commissaire européen en charge de l'énergie, lui, il dit il ne faut surtout pas baisser les taxes comme l'ont fait l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne sur les prix de carburant parce que c'est même à la limite poussé vers un risque de pénurie parce qu'à la limite à ce moment-là, les gens vont plus consommer des énergies fossiles. En revanche, il faut baisser les taxes sur l'électricité. Est-ce que ça, ça vous paraît un bon raisonnement ou pas ?
Déjà, j'ai un petit peu de mal à saisir les positions de la commission européenne sur le sujet parce que le commissaire en question que je connais, qui est d'un organisme, a commencé au début de cette crise par dire ce serait bien que vous baissiez les taxes sur le carburant. Nous, on a dit que ce n'est pas une bonne idée pour les raisons que je vous ai indiquées. Ça coûte très cher, ce n'est pas ciblé et ce n'est pas une bonne idée.
Et l'État n'a pas les moyens.
Et l'État n'a pas les moyens. Maintenant, il revient là-dessus en disant ça peut créer des pénuries parce que si on baisse les taxes, les gens vont se précipiter pour faire des stocks et ça va alimenter les problèmes d'approvisionnement qui pourraient surgir à un moment ou à un autre. Donc, il ne faut pas le faire. Mais ces taxes sur l'électricité, moi, j'y suis favorable pour une raison assez simple. C'est qu'on a aujourd'hui une stratégie qui est très claire qui est d'électrifier pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures, pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles, le gaz et le pétrole.
Donc, aujourd'hui, il faut bien constater quand même qu'au niveau de la consommation des ménages en particulier, on a une axis sur l'électricité, donc une taxe sur l'électricité qui est supérieure, quasiment deux fois supérieure à celle du gaz. Donc, c'est vrai que ce n'est pas le bon signal du point de vue de la consommation d'électricité qu'on veut voir augmenter. Donc, moi, je suis plutôt favorable à ce qu'on regarde ça, mais toujours avec le souci de maîtriser les dépenses publiques.
Il donne juste un chiffre, je trouve, qui fait un peu froid dans le dos, malgré tout. Il dit qu'en fait, les énergies fossiles, d'habitude, on apporte au niveau européen, bien sûr, entre 300 et 400 milliards. Mais là, en fait, ça nous a déjà, en 44 jours, ça nous a déjà coûté 20 milliards.
Oui, vous faites, énorme. Vous faites une petite règle de trois en regardant ce qui est l'augmentation des prix. Vous rapportez ça à la période durant laquelle ça s'est fait et vous avez effectivement 20 milliards. En France, les hydrocarbures sur notre facture, sur notre balance commerciale, c'est à peu près entre 60 et 70 milliards d'euros par an. Voilà ce qu'on paye en gaz et en pétrole. Ça, c'est une dépendance dont il faut sortir.
Parce qu'à fortiori, quand vous avez un problème géopolitique comme celui-là, ou comme on a eu au moment de l'Ukraine quand Poutine a fermé le robinet du gaz, vous êtes obligés de mettre en place des mesures, le bouclier énergétique qui vous coûte encore des dizaines de milliards d'euros. De tout cela, il faut sortir. Évidemment, on ne peut pas sortir à court terme. Je ne suis pas en train de dire à ceux qui, demain, réfléchissent à comment ils vont faire le plein qu'on va électrifier le pays tout de suite. C'est pour ça qu'il faut aussi réfléchir chaque jour à des aides ciblées si d'aventure la crise perdure.
Oui, surtout, c'est que là, on l'apprend à l'instant, il y a Leclerc qui dit qu'il va répercuter en tous les cas sur le coût de cette crise du Moyen-Orient sur des prix. Non, non, pas Leclerc, pardon, c'est Lactalis, le groupe, c'est le groupe de lait, Lactalis, qui dit qu'il va devoir répercuter l'impact du conflit du Moyen-Orient sur ces prix, mais veut les minimiser. J'ai envie de dire, ça commence.
Oui, mais vous savez, il va se passer, ce qui se passe à peu près tout le temps quand vous avez une crise pétrolière, c'est que l'énergie est utile à toutes les chaînes de valeur, à ceux qui produisent, à ceux qui transportent, à ceux qui distribuent. Et donc, à un moment ou à un autre, l'augmentation des coûts de l'énergie, ça se traduit dans les prix. C'est logique, ça va se passer, je ne suis pas étonné qu'un industriel comme Lactalis l'annonce, je pense qu'il y en aura d'autres.
Ce qu'il faut, c'est qu'on arrive à maîtriser ça, ce qu'il faut, c'est qu'on arrive d'abord à faire en sorte que la crise trouve une issue le plus rapidement possible, c'est le rôle de ceux qui essayent que les choses s'apaisent. Il y a eu d'ailleurs une nouvelle assez positive puisque un cessez-le-feu a été annoncé au Liban. Vous savez que l'Iran a fait de ce cessez-le-feu au Liban une condition pour se remettre à la table des négociations. Donc, je ne dis pas que tout va se régler. En tout cas, il ne faut pas lâcher le fil de ces efforts parce qu'à la fin, c'est comme ça qu'on sortira véritablement de la crise.
Marc Ferratchi, la loi de simplification de la vie économique a été adoptée aujourd'hui.
Tout à fait, hier.
Est-ce que pour vous, c'est une étape importante sachant que derrière, il y a l'article 8 qui peut permettre effectivement à l'intercenter d'obtenir des aides plus rapidement ? Enfin, on ne va pas tout défaire. Il y a l'histoire des EFE quand même dans cette loi de simplification dans cette cacophonie générale. Sur les EFE, vous étiez favorable ?
Non, moi je n'étais pas favorable à ce que les EFE soient supprimées. Elles ont été supprimées ces zones à faible émission qui imposent aux véhicules
des critères.
Oui, oui, j'y étais favorable parce que ça faisait partie de l'action écologique des précédents gouvernements et forcément j'y étais associé. Je regrette qu'elles aient été supprimées parce qu'il y a une solution de compromis qui avait été trouvée qui était simplement de dire les communes décident si elles mettent en place une ZFE ou pas. Même ce principe-là a été supprimé par le Rassemblement National qui ne se préoccupe pas forcément de la qualité de l'air que respirent nos concitoyens et des morts que ça cause.
En tout cas, c'est ce qu'ils disent.
Oui, oui, sauf qu'il y a quand même je pense un principe qui est de laisser les communes et les collectivités locales choisir, donner un peu de liberté à l'échelon local. C'est aussi un bon principe et ça, c'est un principe qui a été balayé d'un envers de la main par le Rassemblement National. Maintenant, sur le projet de loi de Saint-Pif, oui, je suis content qu'il ait été adopté parce que moi, j'en ai défendu une partie aux banques quand j'étais ministre, notamment ce que vous avez évoqué, c'est-à-dire permettre à des data centers ou à des projets industriels de s'implanter plus vite sur le territoire, d'être raccordé électriquement plus vite.
Vous savez que c'est souvent là qu'il y a des délais. Oui, c'est là où ça coince et ça, c'est très important. Il y a un élément très important et intéressant qui est le test PME qui s'appelle maintenant le test entreprise qui va imposer, avant de créer une nouvelle norme, de la faire tester par des gens qui sont sur le terrain, par des représentants des entreprises et des PME et qui supprimera avant même qu'elle n'ait été créée ce type de norme si d'aventure elle ne s'adapte pas à la vie des PME.
On a déjà eu ça,
Oui, mais en l'occurrence c'est vrai que la simplification c'est un peu un rocher de scisive. C'est quelque chose qu'il faut toujours remettre sur le métier. Mais ce n'est pas parce que des choses ont été essayées et qui n'ont pas réussi qu'il ne faut pas continuer. Moi, je pense qu'il y a des choses très intéressantes dans ce projet de loi. Il y a aussi, on parlait de commande publique tout à l'heure, de préférence française. Il y a aussi des dispositions qui doivent faciliter l'accès des PME, TPE à la commande publique avec de la simplification.
Depuis 10 ans, 20 ans et je ne comprends pas pourquoi l'État est quand même très responsable de ces entreprises. Pourquoi l'État ne pousse pas les commandes publiques
vers les PME ? L'État doit se mettre dans une logique d'utilisateur. C'est-à-dire qu'il doit se mettre à la place des usagers, des PME, des ménages, de tout le monde. Et ça, c'est un changement de culture administrative, c'est vrai. Mais ça, pour que ce changement ait lieu, je pense qu'il faut aussi, souvent, et c'est ce qui a été fait avec ce projet de loi de simplification, faire des modifications législatives. Parce que quand vous donnez un accès privilégié à certaines entreprises, à certaines commandes, quand vous êtes dans l'administration, vous avez une crainte, c'est que vous ne soyez pas dans les clous de la réglementation.
Et c'est en donnant de la sécurité juridique aux acheteurs publics que vous parvenez également à favoriser les PME, les TPE dans la commande publique. Et c'est ça que le projet de loi de simplification a fait.
En conclusion, Marc Ferrelchier, il y a la troisième étape dans cette cacophonie pardonnez-moi, il y a les carburants, les ailes et les feuilles et il y a le 1er mai. Comment vous expliquez ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est, en fait, c'est les dessous d'un bras de fer entre Gabriel Attal et le Premier ministre ?
Non. Je pense qu'il y a derrière ce projet de loi, cette proposition de loi, puisque c'est une proposition de loi visant à permettre à certaines professions, les boulangers, les fleuristes, de travailler le 1er mai. Il y a d'abord un principe qui est sain, qui est que les gens doivent pouvoir choisir de travailler ou non. Et je veux rappeler que ce principe était celui du volontariat dans cette proposition avec un salaire double pour ceux qui choisissaient de travailler. Mais ensuite,
on attend le même parce qu'on le connaît.
Ensuite, il y a eu une levée de bouclier des organisations syndicales qui se sont manifestées. Je pense, très sincèrement, que la discussion, le dialogue, la concertation avec les organisations syndicales aurait dû avoir lieu plus tôt, aurait dû avoir lieu en amont et peut-être que ça nous aurait permis d'éviter, de déminer un petit peu ce sujet. Maintenant, on ne va pas pleurer sur le lair inversé. Ce que je constate, c'est qu'une loi est annoncée par le gouvernement pour qu'au 1er mai 2027, les choses soient réglées et que la sécurité juridique soit assurée pour ceux qui font travailler leurs salariés dans ces professions-là le 1er mai.
Et il y a aussi une annonce qui a été faite, c'est que le 1er mai 2026, c'est dans quelques jours, eh bien, on soit coulant vis-à-vis des artisans. Là, j'avoue qu'il faut faire attention parce que moi, j'ai été conseiller de la ministre du Travail dans mon existence et je sais que l'inspection du travail a aussi une garantie d'indépendance qui peut lui faire faire des contrôles comme elle le souhaite. Donc, il faut que chacun prenne sa part de responsabilité et qu'on n'ait pas des boulangers, des fleuristes qui soient pénaligés ce 1er mai 2026.
Merci beaucoup. J'ai un côté un peu pour Sébastien Lecornu, c'est avançons et tout en reculant et un côté un peu matignon à tout prix.
Vous savez, quand vous n'avez pas de majorité à l'Assemblée nationale, le travail de Premier ministre, c'est un travail qui est très difficile. Déjà, quand vous avez 350 députés comme on en avait en 2017. Quand vous n'avez pas de majorité, je peux vous assurer que ce n'est pas une sine cure. Donc moi, le Premier ministre a quand même mon soutien.
Merci beaucoup. C'est bien de le préciser. Merci beaucoup, Marc Ferrati, d'avoir été avec nous. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Marc Ferracci