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Discours / meetingPhilippe de Villiers· 1 novembre 2025 8 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsCulture, médias & sportSolidarités & famille

Philippe de Villiers : "La Toussaint de mes tendresses disparues"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Philippe de VilliersFait
    « Il voyait déjà avant tout le monde la main en visière, l'éclipse de l'intelligence, l'éclipse de l'autorité, l'éclipse des maîtres. »
  • 6:00Philippe de VilliersFait
    « Il m'a appris à vivre entre l'humus et la lumière. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Philippe de Villiers

Le jour de la Toussin, comme chaque année, je vais visiter mon cimetière, le cimetière de la Toussin, on florit les tombes, le cimetière de mon enfance, le cimetière de mon petit monde disparu. Chaque tombe me parle. Chaque tombe a un visage. J'entends les les intonations, les voix, les humeurs, les souvenirs et chaque dédicace est un morceau de ma vie. Il y a au milieu de ce cimetière des sépultures archétypales pour moi. Des hommes, des femmes qui m'ont tout donné, qui m'ont façonné et devant lesquels je viens de déposer en ce jour de la Toussin ma gratitude Floride. Je leur dis en moi-même, pourquoi es-tu parti si tôt ? Oh, merci de m'avoir fait grandir à l'abri de vos tendresses.

Alors, je commence le périple comme chaque année par les tombes de famille. Parmi ces tombes d'année en année, je vois que un nom s'efface chaque année davantage. Bénigne de Montsorbier, c'est mon aï héroïne de la Vandé, Amazon du général Charette. J'ai lu et relu 100 fois la lettre dans la maison de famille qu'elle a reçu de son général. Quelques jours avant sa mort, le général lui écrit : "Bénigne, nous verserons pour la cause jusqu'à la dernière goutte de notre sang et c'est signé le chevalier charrette." Alors, tout plein d'émotion, je passe à la tombe suivante à quelques mètres de l'autre côté de l'allée.

Et là, je m'incline devant celui qui m'a appris à écrire, celui qui m'a appris à lire. On l'appelait le régent. Il appartenait à cette race des instituteurs qui instituaient dans une société déjà gagnée par l'esprit de désinstitution. Il voyait déjà avant tout le monde la main en visière, l'éclipse de l'intelligence, l'éclipse de l'autorité, l'éclipse des maîtres. Magistère. Alors, je passe à côté d'une autre tombe et là, je m'arrête. C'est mon voisin, mon voisin d'enfance. Il m'a tout appris sur les les pérennités, la continuité vitale entre le paysan et sa terre, le pacte nupsial entre l'homme et la terre. Il m'a appris à vivre entre l'humus et la lumière.

Il chérissa sa terre et je le vois à chaque fois. Je leevois, il prend de la poignée de terre dans la main gauche. Il dit "Mon petit Philippe, regarde." Et puis il fait il glisser entre ses doigts sa terre et puis il l'embrasse, il la respire et puis il me dit "Mon petit Philippe, tu vois cette terre elle est vivante. Elle vaut pas la terre du voisin, elle est moins offrante mais c'est ma terre depuis 1000 ans. Alors à ce moment-là, je je repars pour continuer ma visite et je vais me recueillir devant la tombe du dernier poilu de la commune Raymond Martin le garde Champette dont je parle dans mon lieu.

Un homme admirable, une célébrité dans la commune parce que c'est le rescapé, le dernier rescapé de la tranchée des bayonnettes. Tous les Vandiens ont été enseublis vivants. Et souvent je lui disais au 20h du 11 novembre euh vous savez vraiment je vous oublierai jamais. Et il me dit pas des choses comme ça si tu nous oublieras. Puis d'ailleurs, c'est nécessaire parce que la jeunesse a besoin d'oublier. Et en fait, il avait raison. Car tout pareil aux étants transparents qui dorment sur un lit de bourbe, le cœur de l'homme filtre les souvenirs et ne retient que ce des beaux jours. La douleur, les haines, les regrets éternels. Tout cela est trop lourd, tout cela tombe au fond.

Et l'image du soldat disparu finit par s'effacer dans le cœur consolé de ce qu'il aimait tant. les morts. Vous mourrez deux fois. La première de votre propre mort et la deuxième de notre mort à nous, c'est-à-dire de l'oubli. Alors, je continue mon périple et je m'arrête devant la tombe d'un gars de chauché. Il est pas de la commune mais il vend dans la commune ce qu'il fabrique des chaises. J'ai encore chez moi des chaises de ce monsieur qu'on appelait monsieur TTO. Il avait un appareil de cinéma. C'est avec lui qu'on a vu jour de fête pour la première fois. Monsieur Tetto, il cultivait l'honneur du travail. Il cultivait la piété de de l'ouvrage bien faite comme il disait.

Et en fait, il pratiquait la phrase de Pegy. J'ai vu toute mon enfance des des gens rempaillés, des chaises du même esprit, du même cœur et du même entrain que ce même peuple avait taillé ses cathédrales. Et puis alors pour terminer mon périple, je vais vers le tumulus au milieu du cimetière. Et là, il y a la tombe discrète dont le nom est effacé, mais moi je sais qu'il est là. Zénob Roturier, curé de Boulogne. C'est le curé de mon baptême. Je n'oublierai jamais que c'est lui qui m'a appris la prière ultime de Bernanos. Voici que remonte en moi les jeunes années jusqu'à jusqu'au petit garçon que j'étais. Je lui sais de la place. Le moment est arrivé.

C'est à lui de reprendre sa place à la tête de ma vie parce que c'est lui qui va le premier entrer dans la maison du père. Yeah.