Saïd Omar Oili : « Aucune des promesses qui ont été faites aux Mahorais n’a été tenue. »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Salid Marwali. On va commencer en regardant les lunes de la presse régionale. Vous êtes sénateur de Mayotte.
On va évidemment longuement parler de la situation à Mayotte, mais d'abord les unes de la presse régionale. D'abord les dernières nouvelles d'Alsace à Gaza. Le cauchemar du quotidien, le conflit entre Israël et le Hamas qui semble actuellement sans issu exacerbe les tensions au-delà du proche Orient et on l'a vu dans le journal comme on témoigne l'assassinat d'un couple de diplomates israéliens à Washington.
La deuxième une, c'est celle du Dauphiné leur combat pour chasser les dealers. La municipalité de Fontaine poursuit une opération inédite contre le trafic de drogue occupant les points de deal. Et puis la dernière, c'est celle de Westfance sur le climat + 4°gr en Bretagne en quel impact au quotidien parmi les possibles effets de ce réchauffement climatique ?
Inondation, sécheresse, incendie, tempête. En 2100, le climat doux et océanique de la Bretagne pourrait n'être qu'un lointain souvenir selon l'observatoire de l'environnement dans la région. De quelle lune avez-vous envie de parler ? euh Ouest France parce que ça correspond exactement à ce qui s'est passé à Mayotte.
Donc évidemment le réchauffement climatique est une réalité et nous le vivons au quotidien parce que ça fait déjà plusieurs mois que Mayotte souffre d'une sécheresse inédite. On n pas d'eau, on a des tours d'eau. À tel point que nous avons pensé à construire une usine de dessement et que Mayotte n'a jamais connu une tempête aussi violente que ce que nous avons vu.
Et d'après la météorologie, on est on n' pas fini encore de ce genre d'événement. Donc évidemment, le réchauffement climatique aujourd'hui, c'est euh un phénomène mondial et qu'il va falloir franchement s'y atteler, surtout nous qui sommes des petites îles très vulnérables. On va on va on va parler he longuement de de la situation.
Mayotte, un mot peut-être puisqu'on a vu dans le journal cette attaque antisémite hier à Washington he deux employés de l'ambassade qui ont été tué. Euh on a vu il y a une sacrée une montée de tension encore entre Israël et la France. Est-ce que vous êtes inquiet à la fois de cette montée de l'antisémitisme et à la fois de la montée des tensions entre les deux pays ?
Bien sûr, vous savez, l'intolérance et n'est pas accepté l'autre parce que de fait de sa couleur, de fait de sa religion, tout ça, je pense que surtout dans des pays développés ici, c'est quand même incompréhensible et surtout inacceptable. Vous savez, chez nous à Mayotte, nous sommes à 99 % musulmans et jamais vous allez entendre des choses de ce genre, des de des attaques parce que tel et tel. Il y a une liberté chez nous là-bas et surtout euh une tolérance de l'autre.
C'est-à-dire que finalement euh c'est dans nos pays là-bas peut-être que les gens doivent venir et comprendre malgré nos difficultés, malgré euh les problèmes que nous pouvons euh avoir, mais l'autre ne nous pose pas de problème. C'est c'est inacceptable et moi je condamne fermement euh cette attaque et je demande aux uns et des autres de venir à la raison et la différence pour moi et pour nous les Maoré n'est pas un problème. Bien, au contraire, c'est une richesse qui permet aux uns et les autres de se côtoyer, de se comprendre et quand on se côtoit, on se comprend et bien évidemment on s'accepte.
Le Sénat qui a examiné cette semaine le projet de loi pour refonder Mayotte après le passage de Shido. On va revenir dans un instant sur les mesures de ce texte, mais d'abord on le rappelle, Shido, ça avait fait 40 morts, plus de 5000 blessés, des dégâts considérables à Mayotte. Quelle est aujourd'hui la situation ?
Est-ce que la reconstruction avance ? Alors, nous avons voté euh une loi d'urgence, ça fait déjà plus de 4 mois et euh jusqu'à maintenant, on n'a pas de bilan suite les lois d'urgence. Bien au contraire, moi j'ai l'impression que les choses s'empirent.
D'abord, hier euh dans les journaux à Mayotte, il y a eu un communiqué signé cigné par l'ensemble des organisations syndicales, les mairies, les collectivités appelant le président de la République à à respecter ses engagements et ses promesses. C'est-à-dire que jusqu'à maintenant, aucune des promesses qui a été faite à au Maoré n'a été euh réalisée, n'a été tenue. On nous avait parlé de 100 millions de fonds d'amorçage.
Les gens ne les voient pas bien, au contraire, les collectivités sont en train de euh de tomber en faillite les unes et les autres. Donc et je pense que aujourd'hui le bilan n'y est pas, le compte n'y est pas. On va l'écouter justement le président de la République parce qu'il est venu à Mayotte.
C'était il y a un mois. Jour pour jour, il y a promis notamment un plan de refondation de l'archipel comportant une enveloppe de plus de 3 milliards sur 6 ans. On va l'écouter il y a un mois à Mayotte.
Il faut avoir une ambition forte et une lucidité chevillée au corps. Je pense qu'on réglera pas tous les problèmes par un seul texte de loi. Vous avez raison.
Il y a beaucoup de choses qu'on peut faire mieux. Il faut aussi mettre beaucoup plus de moyens. C'est un constat clair.
C'est une volonté de chaque instant et c'est une mobilisation au-delà de la phase d'urgence pour régler les problèmes de fond. Ce texte il contribue, il n'y suffira pas à lui seul. Est-ce que vous faites confiance à Emmanuel Macron pour que l'aide qu'il vous a promise quand il est venu à Mayotte devienne réalité ?
Ben écoutez, c'est là tout le problème, c'est que on nous a donné cette loi de refondation pour Mayotte avec un rapport annexè. Quand on prend le rapport annexè, on le lit, on voit que ce sont des projets qui étaient déjà là avant Chilou. Et quand on fait le calcul euh c'est 3 milliards 176 millions d'euros.
Ce sont des projets qui étaient là avant Chido. Donc c'est ce qu'on nous a donné pour préparer la loi sur la réfondation. Il a fallu que j'écrive que je me bat pour avoir le rapport inter des inspecteurs qui sont venus à Mayotte qu'on a reçu une semaine avant la préparation de la loi de refondation.
Et quelle a été ma surprise ? Les inspecteurs bien sûr parlent de 3 milliards 5. Donc le compte n'y est pas.
C'est-à-dire que finalement la reconstruction de Mayotte c'est pas 3 milliards 2 mais c'est plutôt 6 milliards 7. Et donc évidemment lorsque on est arrivé dans le mémicycle, là aussi une surprise, euh on a un nouveau euh tableau amené par bien sûr le ministre qui fait état de 4 milliards euh modifié au moment de la de la session, à tel point que un membre de la commission de finances euh de du Sénat euh a demandé la parole et il a posé la question "Mais monsieur le ministre, comment se fait-il que ce rapport que vous venez de de d'amener ici et puis tous ces financements ne sont pas passés en commission de finance. Donc voyez-vous, on est en train de nous mener en bateau euh et que tout ce qu'on nous dit c'est pas vrai.
On va rentrer justement dans le détail de ce texte si plusieurs points ont fait consensus, le volet migratoire a été plus contesté. On va voir ce qui s'est passé en séance tout de suite avec Quin Calmé. [Musique] Bonjour Quentin.
Bonjour Orienne. Bonjour Swali. Bonjour Quentin.
Avant d'évoquer les points les plus polémiques de ce projet de loi, on va d'abord commencer par ce qui a fait consciensus. Ouais, tout à fait. En séance, les sénateurs ont voté les investissements pour Mayotte fléché vers l'eau, l'éducation, la santé, les infrastructures ou la sécurité.
Euh le texte liste les priorités dans un rapport qui est annexé à ce projet de loi. Une 2e prison, un 2è hôpital de nouvelle route et la modernisation de la desserte aéroportuaire afin de créer un hub logistique avec l'aéroport et le port de Longonie. Le projet de loi qui entérine donc près de 4 milliards d'euros.
On revient à ce que vous disiez à l'instant en plateau pour la refondation, je cite de l'archipel. Le volet sur la sécurité, la lutte contre l'immigration illégale, lui, il a fait beaucoup plus débats. Voilà le texte qui prévoit de durcir les conditions de délivrance de plusieurs titres de séjour.
Ce sont les mesures contenues dans le titre 2 du projet de loi. Écoutez le ministre des outresemères en ouverture des débats. C'était lundi.
Le titre 2 regroupe neuf articles pour renforcer la lutte contre l'immigration clandestine et l'habitaille légal. les deux fléaux, les termes que j'avais choisi, sous lesquels Mayotte ploie depuis de trop nombreuses années. Je rappelle que nous avons avancé sur ce sujet sans même attendre ce projet loi avec la récente restriction du droit du sol à Mayotte voté par les parlementaires.
Alors ça de Marwelli, avant de rentrer dans le détail des mesures sur ce volet du texte, est-ce que le gouvernement a eu raison de faire de la lutte contre l'immigration illégale ? Un des thèmes forts de la refondation de Mayotte ? Ben écoutez, euh on a déjà eu la loi, je le dis à chaque fois, la loi de 2018 euh qui a bien sûr restreint euh la nationalité française et le le séjour à Mayotte.
On a demandé un bilan. Je pense que le problème de notre pays, c'est qu'on a du mal à faire les évaluations des politiques publiques et jusqu'à maintenant, on n' pas le bilan. comment on peut proposer une autre loi si on ne sait pas si ce qu'on avait proposé avant a a eu des effets positif sur le territoire.
D'ailleurs, la loi de 2018 aura des effets qu'en 2035 parce que la loi n'étant pas rétroactif euh c'est après quand l'enfant aura 13 ans. Cette loi qu'on vient de voter avant-hier aura des effets qu'en 2041. Mais en attendant les gens rentrent.
H en attendant, nous avons plus d'immigration euh venu de l'Afrique euh centrale et dans les dans les grands lac. Donc, on n'avait pas des camps avant les gens. Maintenant, nous avons des camps.
Je pense que le problème de l'immigration, il faut le voir dans sa globalité, dans la région, la pauvreté euh et tout ça. Je pense que euh le gouvernement veut et certains justement veulent faire un laboratoire à Mayotte contre l'immigration clandestine en vue peut-être des élections 2027. C'est le cas avec ce texte, vous le dis.
Je pense que oui et beaucoup le pensent que oui. C'est un laboratoire parce que plus on prend des textes, plus nous avons des gens qui viennent chez nous. Donc il y a un problème, il faut qu'à un moment donné on se dise qu'est-ce qui se passe et de faire le bil.
Mais on peut pas chaque fois que impiler des textes sur des textes. Et en attendant, les Maorits vivent dans la dans la pauvreté. Avec Shido, on est passé de 77 % des gens qui vivent dans la pauvreté à 90 %.
Moi, je pense que je suis élu pour apporter à mes compatriotes, je dirais, une vie meilleure que être là à se battre sur des chiffres et sur des textes qui pour l'instant on ne voit pas l'intérêt. Une des raisons qu'on a demandé la fin des cadres de séjour territorialisé. On va y revenir parce qu'en matière d'immigration, qu'est-ce qui contient précisément ce texte ?
Oui, on va voir avec une animation plusieurs mesures qu'on qu'on a retenu dans le texte. Il y a une carte de résident pour un parent étranger d'un enfant français. Elle va être maintenant conditionnée à 5 ans de résidence régulière au lieu de 3 ans.
La résidence habituelle de 7 ans pour la délivrance de cartes de séjour temporair liens personnels et familiaux. L'augmentation des peines pour reconnaissance frauduleuses de paternité. Et parmi les mesures les plus polémiques est la création de lieux dédiés pour la rétention de familles accompagnées de mineurs.
La gauche qui est monté au créneau en séance qui dénonce un retour de la rétention des mineurs. Écoutez à ce propos les explications de l'une des corrapporteurs de droite Agnè Canailler. C'était cette semaine à notre micro.
Effectivement, ce n'est pas une rétention des mineurs, mais c'est bien un placement dans des unités adaptées qui seront créées spécialement des unités dans des maisons où il y aura plus de liberté de circulation sous contrôle évidemment pour pouvoir mettre en place les mesures d'éloignement. Sachant que d'ors et déjà quand ils sont placés en rétention aujourd'hui les familles restent moins de 24 heures en moyenne dans ces centres mais l'objectif c'est de mettre en place des conditions plus humaines pour avoir un éloignement qui soit rapide et efficace pour endiguer cette immigration clandestine à Mayotte. Alors est-ce que ces explications vous conviennent de Mar ?
Non pas du tout parce que nous sommes on la France n'est pas un pays isolé. euh la France a on est dans le monde et que nous avons signé des conventions et ces conventions-là, c'est-à-dire en faisant ce cela, on s'assoit dessus et donc moi, je ne suis pas d'accord à ce que des enfants mineurs soient bien sûr dans des maisons et puis quelle maison ? déjà on souffre énormément pour loger nos fonctionnaires, pour avoir des écoles pour nos gamins et on nous dit qu'on va voyez tout ça c'est des c'est des mesures qui font rêver pour certains ici et qui se mais qui n'ont aucune efficacité à y compris toute le durcissement sur les cartes de les titres de séjour tout ça vous dites ça n'aura aucune efficacité ben écoutez même à moyen terme vous disiez en 2041 non écoutez on le on on l'aurait déjà su depuis 2018 s'il y avait des de l'efficacité.
Vous savez aujourd'hui nous avons plus de 1500 forces publiques à maillot de gendarmes et bien sûr policiers qui sont là. Il y en a il y a même une unité qui est dédiée à la lutte contre l'immigration clandestine. Et c'est bizarre, plus on crée des des forces, plus on prend des des lois et plus nous avons des gens qui rentrent.
Donc c'est un vrai, c'est c'est pas des textes qui vont régler ça. C'est pas vrai. Vous vous le disiez he l'une des revendications principales des élus Maoré, c'est la fin des visas territorialisés.
Alors ce sont des titres de séjour spécifique qui s'appliquent à Mayotte et qui du coup ne permettent pas à leurs détenteurs de venir en métropole voire même à la Réunion. D'abord pourquoi vous souhaitez leur suppression ? Mais c'est pas moi seul.
Il y a eu une délibération du conseil général et les collectifs, c'est une demande unanime de l'ensemble des élus Maoré. Ça a été refusé en séance he ça a été refusé ça fait longtemps. On nous dit queil faut attendre 3 rapport dans 3 ans.
Un rapport dans 3 ans. Mais alors surtout le gouvernement et et le Sénat puisque Quentin le disait ça a été refusé, ils disent que il y a un risque de renforcer l'hypothèse d'un appel d'airle migratoire si on met fin à ces visas territorial. Vous comprenez cet argument Non, je ne comprends pas parce que l'appel d'air est déjà à Mayotte.
Euh, les gens quand vous êtes assigné à résidence à Mayotte avec une carte de séjour, vous êtes régulier à Mayotte, qu'est-ce que vous faites ? B faites venir la famille. Donc ça veut dire que nous, on doit accepter cet appel d'air à Mayotte et d'autres on ne doit pas.
Je pense qu'il faut une solidarité au niveau national et que lorsque il y a 100000 à peu près personnes qui sont assignées à résidence à Mayotte avec cette carte de séjour, s'il partent, peut-être qu'on ferait même des économies pour la construction des écoles, peut-être que nos nos hôpitaux fonctionneraient mieux. Donc on ne comprend pas euh que aujourd'hui les élus locaux que nous sommes et là-dessus avec la la sénatrice la maramia. Oui, tous les deux, on a quel siège au groupe Renaissance, hein, le groupe de la de la de la Macronie.
Tout à fait. Même la Macronie disent quee effectivement, il faut aller euh dans ce sens-là. Donc, voyez-vous, il y a unanimité mais c'est un problème peut-être idéologique.
Alors, justement Quentin, il y a plusieurs mesures he qui inquiètent les élus locaux. Voilà, le texte qui entend euh permettre d'accélérer aussi les expropriations euh en sortant du cadre habituel de cette procédure, le ministre Manuel Vals qui s'est défendu en séance en expliquant qu'il s'agissait uniquement d'expropriation pour permettre de construire les infrastructures essentielles de l'archipel. Mais vous vous êtes fait le porte-vooi là encore des élus de l'île de l'archipel en disant que ça inquiétait beaucoup et surtout cela donne le sentiment d'une législation à part pour Mayotte où le droit ne s'appliquerait pas de la même manière que sur le reste du territoire français.
Écoutez là encore la réponse à cette question. Daniel Canailler, un deuxème extrait. Écoutez, Mayotte est sous le l'égarticle 73 de la Constitution qui donne la possibilité d'adapter le droit aux spécificités maorises.
L'état des équipements n'était pas à niveau et le cyclone Chido n'a fait que renforcer. Donc aujourd'hui, il faut aller vite. Il faut pouvoir mettre en place tous les engagements, les 4 milliards d'euros d'engagement qui sont prévus dans le rapport annexé.
Et pour ça, il faut avoir des mesures dérogatoires que nous avons renforcé au Sénat. pour aller vite et être efficace. Alors, avant d'aller sur les les mesures dérogatoires, sur les expropriations, est-ce que vous avez été rassuré par les arguments en séance ?
Pas du tout. Vous savez, vous moi je ça me rappelle la chanson de tonton David. Je sais pas, vous connaissez, on nous prend pour euh je dirais pas le reste, mais c'est exactement, vous la connaissez donc c'est exactement la chanson de Toton David.
Comment voulez-vous ? Nous sommes département français. Euh, il y a des règles claires sur en ce qui concerne les DUP, la déclaration d'utilité publique.
Rappelez-vous euh il y a eu l'autoroute à 69 je pense il y a pas longtemps où on était obligé voilà parce qu'on avait pas retenu, on avait pas respecté les procédures à Mayotte. Vous savez les gens n'ont pas de titre. Donc en prenant ce cette disposition là, ça veut dire qu'on va tout simplement prendre les terrains des maoré.
Donc les maoré ont très bien compris euh parce qu'il c'est pour des infrastructures essentielles à Lille. Ben écoutez, il faut Non, moi je pense qu'on est dans la République. On est dans la République et dans la République, il y a des règles.
Si on résume, il y a rien qui vous convient dans ce texte. très peu de choses. Très très peu de choses.
Très peu de choses. Moi je je pense que dans le texte justement, il y a des choses qui nous auraient convenu et ça ne coûterait pas grand chose. Il faut donner des signals.
Vous savez, nous avons que 3000 retraités à Mayotte qui touchent vraiment des des retraites misérables. Euh ça coûte que 15ion5 les retraités si on mettait au même niveau qu'à métropole. Nous avons bien sûr les minim sociaux.
Nous avons que 3500 personnes. Ça coûte aujourd'hui à Mayotte. Ça coûterait pour la la République 800000 €.
C'est-à-dire que si on débloquait simplement allez 2 5 ou 3 millions, ça on pourrait donner un signal à ces à ces gens. Mais c'est ça la priorité et vous aimeriez que oui lors du projet de loi de finance par exemple, c'est des mesures qui pourraient être votées à l'automne prochain pour envoyer un signal. C'est c'est ça votre message aujourd'hui.
Bien mais bien sûr, c'est mon message mais tout ce que vous m'avez dit tout à l'heure ici, l'eau le l'éducation, l'hôpital ce sont des mesures qui sont contenues dans d'autres déjà projets avant Chido. Oui. Exactement.
Par contre tout ce qui est après Chido, on a eu le rapport en en séance avec bien sûr sans garantie aucune que ces choses-là vont se faire. Merci Quentin. On se retrouve dans une demi-heure.
Merci. Voilà, on parlera de la proportionnelle. François Baou qui continue à recevoir les responsables politiques pour avancer dans ce dossier.
Ce sera à suivre. Nous, on va continuer à parler de Mayotte, on va même y aller. On retrouve Mathildeare.
Bonjour Mathilde, merci beaucoup d'être avec nous Mathile. On va évoquer avec vous les les inquiétudes autour de l'épidémie de Chikununia en cours à Mayotte. Quelle est la situation ?
Oui, 5 mois après le passage du cycle Chido, Mayot fait face à une épidémie de Chikongunia après la réunion. 116 cas ont été enregistrés dans le dernier bilan de santé publique France et les cas continuent de d'augmenter drastiquement mais surtout le laboratoire local atteint désormais ses limites en matière de capacité d'analyse. Et Mathilde, vous avez des questions ?
Oui, face à cette situation. Bonjour monsieur le sénateur. Dans un contexte de manque de matériel de santé dénoncé par les soignants notamment depuis Shido, qu'allez-vous entreprendre pour faire remonter ces difficultés et garantir une réponse rapide et adaptée ?
Ben écoutez Mathilde, je suis avec beaucoup d'intérêt ce qui se passe à Mayotte. Et ben à chaque fois qu'il y a des épidémies dans la région, Mayotte est le premier justement depuis des années à à être victime de tout ça. Nous avons des maladies qui n'existent pas ailleurs, notamment le choléra et à Mayotte, le choléra continue à tuer et et tout ça.
Euh on ne pense pas à porter de solutions euh à cette population. Euh l'hôpital aujourd'hui n'arrive pas à suivre le rythme des euh des maladies et des épidémie, mais on va nous parler euh en nous donnant de des des promesses et que la réalité est là. Et la réalité c'est plus de médecin à Mayotte, plus de laboratoire d'analyse à Mayotte et pouvoir soigner les gens.
Malheureusement, quand on dit ça ici, on nous dit "Écoutez, il faut attendre." Et on nous dit, "Taisez-vous, monsieur les les sénateurs, tout va bien madame la marquise." Donc il faut à un moment donné euh les gens euh vous les journalistes à Mayotte évidemment, vous faites un travail formidable parce que vous écrivez et que je pense que toutes les chancelleries lisent ce que vous disent vous vous dites là-bas à Mayotte.
Mais malheureusement, Mayotte, c'est je dirais une confettie que peut-être qui sert simplement à la stratégie de notre pays, mais la population qui y vive n'a aucun intérêt et je le regrette. Mais je continuerai à me battre comme vous le voyez à chaque fois que j'ai la parole. Je me bats, je parle de Mayotte, je parle des difficultés de Mayotte, je ne parle pas que du lagon.
Comme certains quand ils vont là-bas, ils reviennent ici, me disent "Ah, vous avez un super lagon." Mais il voit pas la population qui souffre. Mathilde, une deuxième question.
Oui, monsieur le sénateur, vous parliez des médecins. Mayotte ne compte effectivement qu'un seul hôpital et tout le monde ne peut s'y rendre. La population, elle tient également grâce aux professionnels de santé libéraux répartis sur l'ensemble de villes, notamment dans des zones très reculées.
Néanmoins, ces derniers sont exclus aujourd'hui de la gestion de l'épidémie de Chikongunia. Que faire pour les intégrer à cette politique de dépistage et de prise en charge de cette nouvelle crise sanitaire ? Et ben là, vous m'apprenez une nouvelle, ça je ne le savais pas, mais je ne peux pas comprendre que dans un pays où nous avons des gens très vulnérables et que nous avons besoin des efforts des uns et des autres, que des médecins privés soient exclus, et ben maintenant, vous m'avez donné l'information et ben je vais interroger le ministre de la santé euh par un courrier lui demandant à ce que évidemment l'ensemble des des soignants à Mayot doivent euh prendre en compte je dirais cette cette maladie cette épidémie avec beaucoup de sérieux et apporter des solutions surtout du soutien à la population qui a tant besoin parce que depuis Chido la pauvreté a a encore augmenté et que nous avons une une population de plus en plus vulnérable.
Donc mais est-ce que est-ce que vous vous craignez que l'épidémie prenne de l'ampleur ? Alors déjà, est-ce que vous pensez que elle est sous-estimée l'épidémie parce que y a il y a des gens qui vont pas se faire dépister. Donc pour vous, il y a plus de cas que recensé officiellement.
Il y a il y a plus de cas parce que la plupart des gens qui qui ont la maladie, c'est pas la première fois ont peur d'aller de sortir, d'aller se faire regardez par exemple le sida à Mayotte, le sida à Mayotte c'est plus de 40 % mais les gens ne vont pas se dépir. Pourquoi ? Parce qu'ils ont peur de se faire prendre par la police.
Donc ils restent chez eux. Donc évidemment, il va falloir à un moment donné se dire que il faut plus d'humanité euh dans notre territoire et donc il y a plus de cas que ce qu'on on a pu de Et dernière question, il nous reste 30 secondes. Maltille le liser, il y a il y a qu'un seul hôpital, il y a cinq fois moins de médecins généralistes que dans l'hexagone.
Est-ce que vous pensez que le système de santé euh ne va être risque d'être dépassé si jamais l'épidémie prend de l'ampleur ? Mais elle est déjà dépassé depuis longtemps le système de santé à Mayotte, il est dépassé depuis longtemps pour trouver un médecin. Euh c'est difficile et beaucoup de Maoré qui ont les moyens euh pour se faire soigner, soit ils vont à la Réunion, soit ils viennent à métropole.
Mais ceux qui ne peuvent pas partir, ce sont ceux vulnérables, ben ils vont pas se faire dépister et donc la maladie va bien sûr prendre de l'ampleur de plus en plus hélas. Et vous allez demander des moyens supplémentaires. Je vais demander d'en sortant d'ici, je vais faire un courrier tout de suite au ministère de de la santé lui demandant c'est que bien sûr il y a plus de moyens et permettre surtout à ces médecins libéraux de d'être parmi les gens qui peuvent dépister.
On l'avait fait lorsqu'il y a eu le Covid, c'était les pharmaciens qui pouvaient aussi euh euh dépister et euh et nous et nous soigner. Donc pourquoi ici on le ferait pas ? Merci beaucoup.
Merci d'abord à Mathilde. Merci Mathilde Angard d'avoir été avec nous depuis Mayotte et puis merci Said Marwali d'avoir été avec nous ce matin. Le vote définitif du texte au Sénat, ce sera mardi.
On suivra évidemment ça. Merci beaucoup. Merci d'avoir été notre invité.
On va parler d'un d'un autre sujet maintenant. On va parler de la situation internationale et notamment ce qui se passe en Israël. Le spécialiste Vincent UG vient nous rejoindre.
Oh.