COP 27, activisme écologique et méga-bassines : ce qu'il faut retenir de l'interview de Yannick Jadot
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Bonjour Yannick Jadot. La planète se retrouve donc depuis hier en Égypte à l'occasion d'un nouveau sommet mondial sur le climat, alors même que les objectifs qui avaient été définis il y a 7 ans à Paris, lors de la COP 21, ne sont toujours pas respectés. Est-ce que c'est aussi votre échec à vous les écologistes ?
Non. Écoutez, en fait j'en ai marre de l'échec des écologistes. Quand on annonce la catastrophe, quand on alerte, on nous dit qu'on est catastrophiste. Quand on propose de rénover les logements, de passer aux énergies renouvelables, de changer de modèle agricole, on nous dit qu'on est irresponsable. Et quand le dérèglement climatique nous percute matin, midi et soir, c'est qu'on est incompétent. Sauf que depuis des mois en France, on ne vous entend pas sur ces questions, mais sur des affaires de barbecue. On est en permanence sur ces questions-là. Je peux vous dire que nos députés à l'Assemblée nationale se battent là-dessus.
Encore tous les derniers jours, nos sénatrices, nos sénateurs, pour avoir la moins mauvaise des lois sur les énergies renouvelables. Nos maires sont en permanence au travail pour éviter les îlots de chaleur quand il y a des canicules. Pour faire en sorte qu'on mange bien dans la restauration collective. Et aujourd'hui, vous savez que c'est menacé par l'augmentation des prix. Donc les écologistes font le boulot. On n'est pas parfait. On n'est pas parfait.
Mais franchement, quand vous avez un président de la République qui est là, qui va encore faire probablement un très beau discours, mais dont le haut conseil pour le climat, les experts que le président de la République a lui-même mis en place, disent qu'on ne fait pas la moitié du boulot. Quand ce sont tous. Et que vous avez un pays, la France, qui soutient Total pour faire les pires des projets. En Ouganda, en Tanzanie, en Afrique du Sud, comme c'était le cas en Birmanie, comme on continue à les soutenir malgré leur complicité de crimes de guerre en Ukraine et en Russie. Franchement, les écologistes font le boulot.
Aux autres, ceux qui nous gouvernent, de pas simplement acter la catastrophe à venir, parce que ça fait bien de le dire. Et le secrétaire général des Nations Unies a raison. Quand il dit que l'humanité est en train de se suicider, il a raison. Mais nous portons les réponses.
Alors justement, Greta Thunberg refuse de se rendre à la COP 27. Elle dit que c'est du greenwashing, en fait de la com. Rien que de la com. Vous, à la place d'Emmanuel Macron, est-ce que vous seriez allé en Égypte ?
Sa responsabilité, c'est d'y aller. Vous savez, c'est toujours marrant parce qu'en fait, comme les chefs d'État et de gouvernement ne veulent plus assumer la responsabilité de la fin de la négociation, ils viennent au début. Comme ça, ils font un grand discours et ils ne sont pas là quand il s'agit de trancher les questions sensibles. Pour ma part, je n'irai pas. Et pourtant, dans ma responsabilité, je ne vais pas en Égypte, à la COP. Et pourtant, je suis allé. J'y vais quasiment tous les ans. Parce que c'est plus là que ça se passe ? Non. Moi, je suis absolument convaincu qu'il faut de la coopération internationale.
Si on ne traite pas les questions climatiques au niveau international, en solidarité avec les pays du Sud, il n'y aura pas de réponse. On n'y arrivera pas. Mais vous n'y allez pas, le président chinois n'y va pas aussi. Je n'y vais pas, notamment du fait de la question des droits de l'homme en Égypte. Vous avez 60 000 prisonniers politiques en Égypte. Beaucoup d'associations, y compris des droits humains, n'ont pas pu avoir des badges pour participer. Les manifestations sont quasiment interdites. Donc, je ne souhaite pas participer en Égypte à cette COP-là.
Mais du coup, si la COP avait eu lieu en Chine, vous n'iriez pas non plus, alors que c'est le premier polar de la planète. Si elle avait eu lieu en Russie, vous n'iriez pas non plus.
Vous savez, au niveau du Parlement européen, il y a 10 jours, nous avons voté justement sur la COP 27. Et nous avons demandé aux Nations Unies de choisir les pays d'accueil, aussi sur la question des droits humains. Parce que le climat, aujourd'hui, c'est fondamentalement une question de droits humains. Mais avec ça, vous faites une COP uniquement entre les démocraties, en oubliant la pollution et la démocratie ne sont pas forcément les mêmes.
Qu'à un moment donné, quand vous avez une COP dans un pays où on refuse l'accès de toute une partie de la société civile à la COP, on refuse les manifestations, il y a là un dérèglement démocratique qui n'est pas compatible avec la lutte pour le dérèglement climatique. Mais, vous voyez bien, aujourd'hui, le président Macron va sûrement, encore une fois, faire un beau discours. Il va se fouetter 10 fois en disant tellement on est responsable du dérèglement climatique, tellement c'est grave. Mais c'est ce même président qui dit non, nous refusons quand le Parlement, l'Assemblée, vote enfin un chiffre, un montant pour la rénovation thermique, pour atteindre 10 milliards d'euros par an.
Parce qu'il ne correspondait pas au budget proposé par le gouvernement.
Vous savez, moi j'ai fait le Grenelle de l'environnement, à l'époque j'étais à Greenpeace, avec Borloo qui avait fait le boulot sur les questions des logements. Si on avait appliqué la loi de Grenelle de 2007, il fallait réduire de 38% les consommations d'énergie dans le bâtiment. Eh bien, aujourd'hui, on aurait des millions de familles qui seraient sorties de la précarité énergétique et on aurait économisé l'équivalent du gaz russe. Donc tout ça pour vous dire que le président Macron doit cesser de faire des discours, il doit, y compris quand c'est voté à l'Assemblée nationale, reprendre la rénovation thermique des logements.
C'est la priorité des priorités, le déploiement des énergies renouvelables. Et on le sait parce que c'est une catastrophe, nos transports en commun sont dans une situation catastrophique, remettre de l'argent dans les transports en commun.
Là, vous réfléchissez en franco-français, mais est-ce qu'il faut donner de l'argent aux pays pauvres pour justement les organiser, pour qu'ils puissent faire face eux-mêmes au rénovation climatique ?
Mais bien sûr, on a 3,5 milliards de personnes dans le monde qui, aujourd'hui, au fond, sont extrêmement impactées par le dérèglement climatique et leurs conditions même d'existence, parce que c'est très lié à l'agriculture, parce qu'ils vivent sur la côte, sont liées au dérèglement climatique. Donc, on a, en 2009, vous vous rendez compte, en 2009, à la COP de Copenhague, on a décidé d'un fonds de 100 milliards par an pour les pays du Sud.
Qui n'est toujours pas entièrement abondé aujourd'hui.
Et vous savez, en 2009, quand on discutait climat, on disait c'est une alerte scientifique, on disait c'est pour les générations futures. Le paysage a explosé depuis, c'est le fracas du chaos climatique, donc il faut aussi s'adapter et il faut aussi aider les pays du Sud à faire face aux catastrophes. Et donc, évidemment, la France doit cesser d'être dans le camp réticent sur l'aide aux pays du Sud, notamment face aux catastrophes, et doit accompagner cette demande, évidemment.
Il y a une question en ce moment, Yannick Jadot, sur l'alerte et sur l'action écologique. Vous avez vu, comme nous, des routes bloquées ces dernières semaines, des œuvres d'art attaquées, parfois des rencontres sportives interrompues. Ça a été le cas encore ce week-end en France. Ces actions médiatiques de militants écologistes, est-ce que vous les soutenez ? Est-ce que vous les comprenez ?
Oui, je les comprends parfaitement. On a aujourd'hui... Vous savez, moi j'ai fait beaucoup de désobéissance civile. J'ai été responsable des campagnes de Greenpeace.
Vous avez changé d'avis sur cette question ?
Non, je n'ai pas changé. Non, non, on va y venir. Toute la désobéissance civile, un, par principe, elle est non-violente. Ça n'a rien à voir avec les Black Blocs. Elle est non-violente. Deuxièmement, elle se fait au nom et pour le droit. Quand Rosa Parc, dans les années 50, s'assoit et qu'on lui dit, non, c'est des places pour les Blancs, ça s'appelle de la désobéissance civile. Et le droit à valider son action. Quand Act Up...
Vous mettez au même niveau Rosa Parc, c'est les militants écologistes qui mettent de la soute sur les œuvres d'art ?
Je vous explique ce qu'est la désobéissance civile. Quand on a arraché des OGM, et on a arraché des OGM avec José Bové et d'autres, avec Noël Mamère, eh bien, le droit nous a donné raison. On ne cultive pas d'OGM dans notre pays. Ce que je veux dire, c'est que la désobéissance civile, elle se construit sur la légitimité qui doit construire du droit. Mais qui décide de ce qui est légitime ou pas ? Aujourd'hui, ce qui est légitime, c'est le combat contre le dérèglement climatique. Je veux dire, moi, je vois... Je ne suis pas de cette génération-là. Ça, c'est vrai. Moi, quand j'avais 20 ans, le mur de Berlin est tombé.
C'était les grandes conventions des Nations Unies, à Rio, sur l'environnement, sur les questions sociales, sur la question des femmes. Il y avait une forme, à la fois, on a perdu contre le libéralisme. Et la mondialisation dramatique, prédatrice du climat. Et c'est parce que vous avez perdu qu'aujourd'hui, vous êtes derrière ceux qui font ça. Non. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, moi, je suis... La question des œuvres d'art, par exemple. Au départ, moi, ça m'a choqué. Parce que je me dis, quand on fait une action, si aujourd'hui, on se bat contre le dérèglement climatique, il faut pointer du doigt la responsabilité de Macron au total, par exemple. Et pas Rembrandt. Rembrandt.
Mais ce que je vois aussi, c'est qu'au fond, ça relève d'un tel désespoir de notre jeunesse. D'un tel désespoir. Qu'ils en sont... Sur la question des musées, c'est passionnant, en fait. Parce qu'ils se disent... Nous, on considère que c'est presque sacralisé. Au fond, un musée, c'est le temple de la culture. Et eux, ils disent, en fait, vous désacralisez notre vie, vous ruinez notre avenir, et vous nous dites qu'en fait, il y a quand même des choses sacrées. Donc, il faut entendre leur désespoir. Mais arrêtons le débat sur les pratiques. Parce que c'est aussi une diversion par rapport aux objectifs.
Quand vous avez des jeunes qui montent sur le Panthéon ou qui bloquent une route pour dire il faut que l'amendement voté à l'Assemblée nationale soit repris par le gouvernement, franchement, c'est pas de l'extrémisme.
Vous restez avec nous, Yannick Jadot, 8h43, le fil infomatique, Mathilde Romagnon. Réaffirmer les engagements de l'accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique. Plus d'une centaine de dirigeants sont aujourd'hui à la COP27 à Charmelsher, en Égypte. Le sommet pour le climat, Emmanuel Macron, s'exprimera à 15h30. Si vous avez une chaudière au fioul, vous êtes peut-être concerné par une aide du gouvernement. Elle entre en vigueur aujourd'hui. Entre 100 et 200 euros pour les ménages les plus modestes. 1 600 000 foyers sont concernés. Vous pouvez vérifier si vous êtes éligible sur le site chèque-énergie.fr.
Se faire vacciner plus vite et plus facilement, c'est possible à partir d'aujourd'hui. Vous pouvez le faire en pharmacie. Il n'est plus nécessaire de prendre un deuxième rendez-vous chez son médecin après avoir eu son ordonnance. Cela concerne les vaccins du papillomavirus, par exemple, le rappel du tétanos ou de la coqueluche. Et ce, à partir de 16 ans. Le football, tirage au sort de la Ligue des champions aujourd'hui. Quels seront les adversaires du PSG en huitième de finale ? Réponse à partir de midi. France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Yannick Jadot, il y a quelques jours, vous avez participé à une manifestation pour protester contre un projet de méga bassine à Sainte-Solines dans les Deux-Sèvres. D'autres projets similaires devraient voir le jour dans la Vienne cette fois-ci. 30 réserves d'eau ont été validées par le gouvernement. Là aussi, vous irez sur place pour vous y opposer ?
On s'y oppose. On s'y oppose, mais au nom de tout le débat qu'on a eu avant sur le climat et sur notre changement de modèle. C'est quoi ces histoires de bassines ? Pour que les auditrices et les auditeurs comprennent bien. Ce n'est pas je mets mon fût pour récupérer l'eau de la gouttière. Ce sont parfois plus de 10 hectares. Ce sont des milliers et des milliers et des milliers de mètres cubes d'eau. C'est énorme. Qui sont prélevés en hiver pour pouvoir les utiliser en été. qui sont prélevés dans les nappes phréatiques. En surplus. Pour arroser le maïs. En surplus.
C'est-à-dire de l'eau qui, de toute façon, serait retournée à l'océan. Non, mais attendez. C'est de l'eau en surplus dans les nappes. C'est ce qu'il y a eu dans le... D'accord.
Sauf qu'en fond, il y a une erreur incroyable dans ce débat. C'est qu'on a l'impression qu'il y a de l'eau magique. C'est qu'on a l'impression que la ressource en eau, elle est infinie. Il y a de l'eau magique. Elle tombe en hiver, ça ne sert à rien. C'est justement parce qu'il n'y a pas d'eau magique. Ça ne sert à rien. Ça va dans les rivières, ça ne sert à rien. Mais ce n'est pas comme ça que ça.
Les agriculteurs disent justement, c'est parce qu'il n'y a pas d'eau magique qu'on est obligé d'en prélever en hiver pour pouvoir en avoir en été.
Mais pour faire quoi ?
Parce qu'on est frappé par la sécheresse.
Mais ils ont raison. On est terriblement frappé par la sécheresse. La Nouvelle-Aquitaine est terriblement frappée par la sécheresse. Vous avez Florence Abetz, qui est l'hydroclimatologue, qui dit à quel point cette région-là souffre d'un déficit structurel en eau. Alors, qu'est-ce qu'on fait quand l'eau est rare ? Est-ce qu'on se dit, ce qui correspond à la loi, priorité eau potable ? Deuxième priorité, le maintien des écosystèmes, la faune, la flore. On sait qu'on est dans une région, il y a le marais Poitvin. C'est un site, du point de vue de la biodiversité extraordinaire, un site touristique. En aval, on a la moule, l'huître, tous les conquiliculteurs. Tous ces gens-là ont besoin d'eau.
Et d'un seul coup, pour quelques dizaines, c'est une extrême minorité des agriculteurs. On n'a qu'à part l'eau, pour arroser du maïs l'été, parfois en pleine canicule, pour aller alimenter de l'élevage industriel intensif. Dans la Vienne, par exemple ? Les 400 millions d'euros qui vont être mis sur les 200 projets de bassines, mettons-les pour accompagner les agriculteurs dans une transition qui ne repose pas sur du maïs, qui est totalement inadapté à cette région. Ce que vous décrivez en partie, Yannick Jadot, c'est ce qui vient d'être signé. Donc, moratoire, moratoire, moratoire. Moratoire sur toutes les bassines. Bien sûr. Mais moi, je ne suis pas contre l'irrigation.
Vous n'avez pas quelqu'un qui connaît...
Ce que vous décrivez aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il faut réfléchir à l'agriculture de demain, c'est quasiment ce qui a été signé dans le département de la Vienne. Ah ben ça, il est signé tout le temps. Attendez, je termine juste la question, si vous le permettez. Les agriculteurs, en échange de ces méga-bassines, ont promis de réduire de 40% les prélèvements en eau durant l'été et de réduire de moitié l'usage des pesticides. Ça non plus, vous ne signez pas. Ah ben non.
Ça ne va pas dans le bon sens, ça ? Ça fait depuis 2007 qu'ils nous font cette promesse-là. C'est lié à la création des bassines. Donc, ça va bien maintenant. Je veux dire, depuis 2007, on aurait dû avoir réduit en 2020 de 50% l'usage des pesticides. Ils ont continué à augmenter. Ces engagements volontaires, y compris dans tous les protocoles qui ont été passés, il n'y a eu aucune évolution. Donc, à un moment, on arrête. Quand il n'y a plus d'eau ou pas assez d'eau, on change le modèle agricole. Il y a de l'argent public, on accompagne, on fait le moratoire et on travaille avec les agriculteurs sur un modèle respectueux.
Vous irez sur place à chaque fois qu'une nouvelle bassine se crée. On verra. Vous dites comme Sandrine Rousseau, il faut des ZAD partout.
Je ne sais pas ce que ça veut dire, il faut des ZAD partout. Des ZAD, des ZAD. Ah, des ZAD partout. Mais vous vous rendez compte qu'on n'a plus d'eau. On a encore, au mois de novembre, je ne sais pas combien de départements qui sont en déficit en eau. Est-ce qu'à un moment donné, on change le modèle ? On s'adapte, on anticipe, on accompagne ? Ou est-ce qu'on reste planté dans une impasse ? On court au-dessus du vide jusqu'à ce qu'on tombe ? Eh bien, moi, je veux qu'on intègre que l'agriculture ne peut pas se développer contre la nature. Elle doit se développer en harmonie avec la nature.
Et heureusement, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'agriculteurs, de paysannes et de paysans le font aujourd'hui.
Yannick Jadot, le Sénat vient de voter le projet de loi pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Est-ce que les députés écologistes doivent le voter, ce texte ?
Nos sénatrices et sénateurs l'ont voté parce qu'ils ont arraché, notamment la suppression des amendements totalement tordus des Républicains qui voulaient, au fond, faire cette loi qui vise à déployer plus vite les énergies renouvelables, une loi de restriction sur les énergies renouvelables. Donc, heureusement, ces amendements des Républicains ne sont pas passés. Donc, nos sénatrices, nos sénateurs l'ont voté. Et il faut espérer qu'à l'Assemblée nationale, on arrive encore davantage à améliorer le texte. Parce qu'on a la moitié de nos centrales nucléaires qui sont à l'os aujourd'hui, qui sont en vrac. Bon, on a, même si on est pro-nucléaire, je ne vous regarde pas pour ça, Marc Fauvel.
J'ai rien dit. Mais justement, même si on est pro-nucléaire, de toute façon, les nouveaux EPR, EPR2, c'est 2045. On doit sortir du gaz aussi. On s'est aperçu qu'il fallait accélérer la sortie du gaz. Donc, qu'on soit pour ou contre le nucléaire, il faut développer les énergies renouvelables. La France est terriblement en retard. Un quart du solaire de l'Allemagne...
Donc, vous invitez toute la NUPES à voter le texte ?
Mais ils vont l'améliorer. Mais si ça doit encore s'améliorer, évidemment, il faut le voter. On a besoin d'énergie renouvelable dans notre pays. Ce sont aussi des centaines de milliers d'emplois. Nous ne l'oublions pas.
Yannick Jadot, invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil Info, 8h50. Mathilde Romagnon. Les écologistes font le boulot, estime ce matin sur France Info Yannick Jadot. Le député écologiste et l'invité du 8h30 France Info, alors qu'une centaine de dirigeants du monde entier ont rendez-vous aujourd'hui à Charmelcher, en Égypte, pour la COP27, le sommet de l'ONU sur le climat. Le géant français du BTP, Vinci, soupçonné d'avoir exploité au Qatar des salariés des chantiers liés à la Coupe du Monde de football. Une filiale qatarie de Vinci Construction est convoquée après-demain par un juge d'instruction de Nanterre en vue d'une éventuelle mise en examen.
Dernier jour de campagne pour les midterms aux Etats-Unis, Joe Biden et Donald Trump s'affronteront aujourd'hui par meeting interposé pour le sprint final de cette campagne électorale. Le tennis et Caroline Garcia disputera aujourd'hui la première finale de sa carrière au Masters féminin du Texas aux Etats-Unis. Elle s'est qualifiée hier après avoir battu la numéro 1 mondiale Igas Viatek. La française affrontera la Bélarusse, Irina Zabalenka, en finale. France Info Le 8h30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Yannick Jadot et Emmanuel Macron a félicité hier soir Benjamin Netanyahou pour son retour au pouvoir. Le premier ministre israélien a été réélu grâce à une alliance avec l'extrême droite. Est-ce que vous aussi, vous auriez décroché votre téléphone pour le féliciter ?
Non. Non, moi j'ai regretté qu'Emmanuel Macron soit le premier président à se rendre en Italie pour saluer Mme Mélanie.
Il était déjà sur place quand elle a été introduite.
Oui, d'accord. Mais enfin bon, quand ils ne veulent pas le faire, ils savent faire. Et là, on est quand même dans une situation qui doit nous inquiéter en Israël, qui doit nous inquiéter partout dans le monde. Enfin, Bolsonaro, il a fait plus de voix à sa deuxième élection, même en perdant la semaine dernière, qu'à son premier mandat. Ça avait été la même chose pour Trump. On a la Suède qui a basculé avec l'extrême droite et la droite. L'Italie, l'extrême droite et la droite.
Vous mettez Israël dans le même paquet aussi ?
Ah bah oui. Aujourd'hui, c'est un gouvernement qui allie la droite la plus dure et l'extrême droite, avec des suprémacistes. Enfin, je veux dire, on est vraiment dans l'extrême droite de l'extrême droite. Et donc, on a même, vous voyez, Bolsonaro, il a très mal dirigé son pays. Et pourtant, il a fait plus de voix. En Espagne, mes collègues considèrent que potentiellement l'année prochaine, alors que Sanchez, le premier ministre socialiste, gouverne plutôt bien, il sera battu par la droite et l'extrême droite. Il y a une lame de fond qui vit sur l'insécurité locale, globale, des règlements climatiques, la guerre, l'insécurité sociale.
Mais dans ces cas-là, vous ne parlez pas avec ces pays-là parce que les dirigeants sont...
On peut parler avec ces pays-là, mais il y a aussi une façon de leur parler. Évidemment, au Conseil européen, on parle avec tout le monde. Après, il y a une façon aussi de créer une forme de distance, qui est une forme de distance à la limite de décence, de morale, par rapport à des gouvernements qui créent de l'instabilité dans leur pays et à l'échelle régionale ou internationale.
Yannick Jadot, est-ce qu'on peut dénoncer l'extrême droite, taper sur l'ERN en France et voter avec lui des motions de censure pour renverser le gouvernement ?
Alors, la façon dont vous exprimez la question ne va pas. Pardonnez-moi. Allez-y, faites la question et après, vous faites la récouche si vous voulez bien. L'extrême droite vote avec vous. Non, c'est que vous avez des dépôts de motions de censure portés par la NUPES et qui sont votés de manière assez opportuniste par le Rassemblement national. Ce que je veux dire, c'est que...
Honnêtement, vous vous attendiez un petit peu à ce que l'ERN vote les motions de la gauche ?
La première fois, non. Ah bon ? Objectivement, quand Marine Le Pen fait sa déclaration, tout le monde est surpris. Mais moi, je ne souhaite pas que ce fait s'établisse. Alors, comment vous faites pour déposer, puisque Jean-Luc Mélenchon dit ce matin encore
dans Libération, on en déposera une à chaque fois qu'il y aura un 49-3 ?
Eh bien, je pense qu'à un moment donné, il faut qu'on arrête de les voter, pour les écologistes. Il faut qu'on arrête de les voter 200. Donc que Jean-Luc Mélenchon continue d'en déposer, mais ce sera sans nous. Vous avez bien compris que nous ne les déposons plus. Nous souhaitons garder, sur la question de la motion de censure, un caractère d'exception, pour mobiliser aussi politiquement. Mais à un moment donné, si... J'ai bien compris la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. C'est de faire alliance avec tout le monde. Eh bien, moi, ce n'est pas ma position.
Ce n'est pas ma position de considérer qu'à un moment donné, au fond, potentiellement élaborer des motions de censure pour qu'elles soient votables par le Rassemblement national, et de bonnes politiques. Je pense que nous avons nécessité aujourd'hui d'un incroyable sursaut républicain. Je vous ai dit ce qui se passait potentiellement en Espagne. Les politiques publiques d'Emmanuel Macron sur le social alimentent le Rassemblement national.
Mais la façon dont, parfois aussi, nous, nous faisons de la politique, ce que nous donnons à voir et à entendre aujourd'hui, cette sorte d'être les invectives, les polémiques, le brouhaha permanent, ça alimente aussi, à un moment donné, le Rassemblement national. Donc, moi, je suis très content, d'ailleurs, de voir à l'Assemblée nationale nos députés qui ont quand même tiré la nupesse vers un discours de responsabilité, de proposition au service des Françaises et des Français.
Yannick Jadot, le milliardaire Elon Musk a jeté son dévolu sur le réseau social Twitter. Depuis qu'il l'a racheté, il multiplie les licenciements et promet de libérer l'oiseau. Comme il dit, l'oiseau bleu, c'est le logo de Twitter. Est-ce qu'il y a un risque de dérive ?
Oui, je pense que ces réseaux sociaux, et notamment Twitter, c'est le dernier avatar d'un système qui veut tout détruire. On a eu un système qui, on sait, qui est prédateur du point de vue de l'environnement, prédateur du point de vue social. Mais aujourd'hui, ces réseaux sociaux sont une attaque sur la démocratie. Ça veut détruire la pensée complexe. Ça veut détruire, au fond, tout ce qui fait une démocratie. Un peu de temps, un peu de réflexion, des arguments plutôt, des invectives, discuter avec d'autres, construire des compromis avec d'autres.
Alors que vous avez un compte Twitter, vous avez 112 000 abonnés.
J'hésite, vous savez, avec la personne qui est en train de live-tweeter, comme on dit en ce moment, cette émission. On a cette discussion-là, parce que je pense que Twitter, au fond, c'est à la fois... Ça fonctionne comme la finance. La finance absolue, en fait. C'est-à-dire que vous avez des algorithmes qui veulent renforcer, d'une certaine façon, l'instabilité, veulent renforcer l'invective, l'insulte, y compris les propos racistes ou les propos... les menaces. Vous avez une sorte de rentabilité qui est le nombre de vues. Vous avez un court-termisme absolu. La politique, la société, c'est pas blanc ou noir. C'est toujours des gris, en fait.
Et notre boulot, c'est qu'il y ait des gris éclatants, qu'il y ait des gris joyeux plutôt que des gris sombres. Mais ce sont toujours des gris. Et Twitter tue la démocratie, tue la politique. Avec Twitter, à la fin, c'est Trump qui gagne. Et donc, vous allez débrancher votre compte, si on vous souvient. Déjà, j'en fais quasiment plus, en vrai. J'en fais vraiment pas beaucoup.
Vous avez annoncé votre présence hier soir sur ce plateau.
Oui, mais vous voyez, c'est pas polémique. Et j'essaye de jamais rentrer dans les polémiques. Parce que ça, ça tue la démocratie.
D'un mot, d'un dernier mot, si vous voulez bien. Yannick Jadot, vous êtes aujourd'hui député européen. Est-ce que vous avez prévu de vous représenter ? C'est une partie de ma réflexion.
Et quelle est la réponse ? J'ai pas acté. Mon mandat s'arrête en 2024. J'ai pas décidé exactement de ce que j'allais faire après. Est-ce qu'on a un peu de temps ? Pour une fois qu'on a une période sans élection, on a un peu de temps. Donc, je me donne le temps. Mais je crois que ma responsabilité aujourd'hui, c'est au regard de la situation nationale, au regard de la situation écologique dramatique, au regard de parfois des dérives qu'il peut y avoir dans notre formation politique. Je lâche pas le combat.
Merci Yannick Jadot. Bonne journée à vous.
Merci.
Yannick Jadot