Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise - 01/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM TV, BFM Politique, Néla Latrousse. Ravie de vous retrouver pour une nouvelle saison de BFM Politique, le rendez-vous politique incontournable du dimanche. Amandine Atalaya et Bruno Jeudy à mes côtés pour vous interroger. Manuel Bompard, bonjour à vous trois.
Bonjour, bonjour Néla.
Et sur la droite de l'écran, si tout se passe bien, apparaît le QR code qui vous permet de chez vous avec votre téléphone de flasher à tout moment et d'interpeller. Manuel Bompard, n'hésitez pas à poser vos questions, nous les relayerons. Manuel Bompard, toujours pas de Premier ministre, mais vraisemblablement, les choses se précipitent puisque Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, ancien ministre du Budget, ancien ministre de l'Intérieur, homme de gauche, qui a occupé diverses fonctions à l'Assemblée, dans les gouvernements, je viens de le citer, sera reçu demain matin à l'Élysée. Est-ce que Bernard Cazeneuve, c'est celui qui vous fait le plus peur à la France insoumise ?
Son nom est cité pour remplacer Gabriel Attal.
Je ne suis pas sûr qu'il faille poser la question. de la manière avec laquelle vous la posez, c'est-à-dire en se demandant qui fait le plus peur à la France insoumise. Ce n'est pas tout à fait le sujet. Le sujet, c'est qu'il y a deux mois, maintenant quasiment deux mois, il y a eu des élections législatives, qu'à l'issue de ces élections législatives, il y a un bloc, le nouveau Front populaire, qui est arrivé en tête de ces élections, et que depuis deux mois, on voit que le président de la République essaye de tout faire, sauf ce qu'il devrait faire, c'est-à-dire nommer un gouvernement constitué par le nouveau Front populaire. Il prend le temps de faire le bon choix pour le gouvernement,
et il a exclu votre candidate, Lucie Castel. Mais de manière incompréhensible. Une fois qu'on a dit cela, il fait un choix que la Constitution lui permet. L'article 8 lui dit qu'il doit nommer un Premier ministre, pas un Premier ministre désigné par Manuel Bompard ou par l'UNFP.
Oui, mais il ne dit pas choisir.
Nommé. Il ne dit pas nommer sur proposition des oppositions. Je vous pose la question sur Bernard Cazeneuve, Manuel Bompard, parce qu'on peut faire comme s'il y avait encore une hypothèse, Lucie Castel, aujourd'hui à l'Élysée. Vraisemblablement, ce qui est en train de se passer, c'est qu'Emmanuel Macron envisage très sérieusement de nommer Bernard Cazeneuve. Et quand je lis, par exemple, ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon, c'est, de fait, le candidat que vous redoutez le plus,
en tant que chez le gouvernement. Excusez-moi, mais le sujet, encore une fois, c'est de savoir qu'est-ce qui va permettre d'apporter enfin des réponses. Ça fait deux mois qu'on n'a pas de gouvernement. On a battu le record de la 4e République. On a battu le record de la 5e République. Et on a devant nous des urgences. À partir de demain, c'est la rentrée scolaire. On a des urgences en termes de pouvoir d'achat. Et donc, on a besoin d'un gouvernement qui met en place une politique, un programme, qui est un programme qu'ont choisi les Françaises et les Français.
Ce qui est si rédhibitoire pour vous et Bernard Cazeneuve, dans la mesure où c'est un Premier ministre de gauche, éventuellement, qui n'a pas encore commencé à travailler et dont on ne sait pas si certaines idées n'iront pas un peu dans votre sens. Mais d'abord, il y a un problème démocratique de base. C'est que ce n'est pas au Président de la République de venir faire et défaire les majorités. Mais la Constitution dit que c'est le Président qui nomme le Premier ministre et l'article 8. Ça ne m'a pas échappé, mais il ne vous a pas échappé non plus qu'il y a eu des élections. Et que la première chose à faire, c'est de tenir compte du résultat des élections.
Oui, mais si en 2022, il n'y avait pas de majorité absolue pour le camp présidentiel, si le Président de la République n'avait pas nommé un candidat issu du camp présidentiel légitimement, le camp présidentiel aurait dit « Mais écoutez, on est arrivé en tête des élections législatives, pourquoi ce n'est pas nous qui pouvons diriger le gouvernement avec le candidat que nous choisissons ?
» Vous imaginez bien que Bernard Cazeneuve, écoutez, Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve qui a quitté le Parti Socialiste au moment où s'est constitué la NUPES et ensuite le Nouveau Front Populaire, n'est pas la personne qui va permettre de mettre en place des idées du programme issu du programme du Nouveau Front Populaire. Vous voyez bien que le problème, ce n'est pas un problème de personnes, d'individus, c'est un problème de démarche. Ce n'est pas le Président de la République qui doit composer un gouvernement à sa main comme il est en train d'essayer de le faire.
Comment vous pouvez imaginer Bernard Cazeneuve mettre en place les idées du programme du Nouveau Front Populaire alors qu'il ne sera soutenu par aucune des composantes du Nouveau Front Populaire ? Ça n'a pas de sens.
Mais vous dites qu'il ne sera soutenu par aucune des composantes du Nouveau Front Populaire. Il peut être soutenu aussi par une partie des députés de certains groupes, notamment au Parti Socialiste, où beaucoup ont gouverné avec lui, ont été dans le même groupe politique que lui. On imagine qu'une grande partie des députés socialistes dont on parle censuré du jour au lendemain.
Écoutez, je ne sais pas. Moi, j'écoute ce que disent les représentants du Parti Socialiste. J'étais présent, il y a une semaine maintenant, à l'Élysée, à l'invitation du Président de la République, en présence d'Olivier Faure, qui est Premier Secrétaire du Parti Socialiste, de Boris Vallaud, qui est Président du Groupe Socialiste à l'Assemblée Nationale, de Patrick Cannaire, Président du Groupe Socialiste au Sénat. Olivier Faure a dit très clairement au Président de la République qu'il n'y avait pas d'autre option pour lui, comme pour nous, que la candidate que nous avons choisie, c'est-à-dire Lucie Casté, tout simplement.
Donc, il faut quand même que les gens comprennent que le sentiment qu'on a, c'est que le Président de la République a perdu les élections, mais qu'il veut continuer à tirer les ficelles. Mais ça, ce n'est pas possible.
On va y revenir, et notamment sur les procédures que vous lancez au sein de l'Assemblée et en dehors pour contester la lecture que fait Emmanuel Macron des résultats. Je reste sur la personnalité de Bernard Cazeneuve, puisque c'est l'information qui nous est parvenue à BFM TV il y a quelques minutes. Il sera reçu demain à l'Élysée. Pourquoi est-ce que Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog que sa nomination ferait des dégâts dans les rangs parlementaires du PS et que cela affaiblirait en effet mécaniquement la coalition du nouveau front populaire ?
Vous avez la réponse à cette question. Vous avez vu la semaine que nous venons de vivre et vous voyez bien que c'est sans doute d'ailleurs le seul intérêt pour Emmanuel Macron de travailler cette piste Bernard Cazeneuve.
Pourquoi ça affaiblirait votre coalition ? Il y a des personnes dans votre coalition qui ne sont pas assez solides pour résister en quelque sorte à une nomination de Bernard Cazeneuve. Vous leur poserez la question
mais ce qui est certain c'est que le président de la République quand il a pris la décision de dissoudre l'Assemblée nationale il l'a fait en misant sur la division à gauche et sur l'incapacité de la gauche de se réunir et ce pronostic a été erroné puisque nous avons constitué le nouveau front populaire. Et il est certain que la seule obsession aujourd'hui du président de la République ce n'est pas l'avenir du pays ce n'est pas de savoir quelle politique va être mise en place pour régler les problèmes des Français. C'est d'essayer de fracturer le nouveau front populaire pour pouvoir conserver le pouvoir alors qu'il a perdu les élections.
Et clairement on voit bien que Bernard Cazeneuve est sans doute un outil de cette tentative de fracturation. Et au-delà de la seule personne de Bernard Cazeneuve si Emmanuel Macron choisit cette semaine un premier ministre de gauche pour vous c'est automatiquement quoi qu'il en soit une motion de censure contre lui ? Mais Bernard Cazeneuve ne peut pas être considéré comme un premier ministre de gauche à partir du moment où il n'a pas le soutien des quatre composantes politiques de la gauche à l'Assemblée nationale. Bernard Cazeneuve n'est pas de gauche. Mais je ne suis pas en train de vous dire ça je vous dis que... C'est vous qui déterminez qui est de gauche.
Mais je ne vous dis pas je ne vais certainement pas dire un tel est de gauche un tel est pas... Ce n'est pas le sujet le problème c'est que comment vous pouvez imaginer qu'un premier ministre qui ne serait soutenu par aucun des groupes politiques de la gauche va mettre en place une politique de gauche ? Enfin il faut être un peu raisonnable et un peu sérieux. Il y a une candidate qui a été proposée par le nouveau Front Populaire c'est Lucie Casté.
Si le président de la République veut enfin reconnaître le résultat des élections et confier et constituer un gouvernement qui va mettre en place une politique qui est en accord avec le résultat des élections il nomme Lucie Casté s'il nomme Bernard Cazeneuve c'est qu'il veut faire autre chose tout le monde le sait.
Manuel Bompard on va être congrès. Il nomme Bernard Cazeneuve homme de gauche premier ministre de gauche alors pour vous ce n'est pas un premier ministre de gauche mais jusqu'à présent on a quand même le sentiment
je vous dis que s'il n'a pas le soutien des groupes de gauche il n'offre pas une politique de gauche c'est pas vrai.
Vous censurez un premier ministre par exemple qui s'engage à augmenter le SMIC. Mais il s'est engagé
à augmenter le SMIC
Bernard Cazeneuve ? Vous décidez de le censurer avant de l'avoir entendu.
Mais non mais Bernard Cazeneuve il parle depuis des années et des années. Je reprends donc des éléments de votre... Il ne sort pas d'une cave il a dit des choses il a mis en place des politiques le nouveau Front Populaire s'est constitué sur la rupture avec le hollandisme ce qui a permis l'union à gauche qui a été mise en place par François Hollande dont Bernard Cazeneuve était le premier ministre. Donc il va à un moment il faut tenir compte des réalités politiques.
Mais s'il s'engage à augmenter les bas salaires est-ce que vous le censurez automatiquement sans l'entendre ?
Je vous dis les choses de manière très simple nous avons dit et je le redis que si le président de la République s'entête à ne pas respecter le résultat des élections et qui nomme une autre candidature à Matignon que la candidate proposée par le nouveau Front Populaire il y aura une motion de censure il y aura une mobilisation et il y aura une procédure de décision. Donc vous c'est le nom
qui compte c'est pas le programme. Si Bernard Cazeneuve s'engage à toucher à la réforme des retraites vous le censurez également. S'il vous plaît ne nous prenez pas
pour un imbécile. Le président de la République a dit dans la presse cette semaine que s'il ne voulait pas nommer Lucie Casté à Matignon c'est précisément parce qu'il ne voulait pas que Lucie Casté puisse augmenter les salaires et qu'il ne voulait pas que Lucie Casté puisse revenir sur la réforme des retraites. Et d'ailleurs nous avons fait exploser cette hypocrisie la semaine dernière parce qu'il se cachait derrière la soi-disant présence de ministres de la France Insoumise au gouvernement et nous leur avons posé la question de savoir s'il n'y avait pas de ministre de la France Insoumise est-ce qu'ils étaient d'accord pour nommer Lucie Casté ?
Et finalement ils nous ont dit non non mais c'est pas les ministres insoumis le problème c'est le programme. Donc vous n'allez pas me dire maintenant une semaine plus tard que sans Lucie Casté finalement il va nommer quelqu'un d'autre mais qu'il va quand même mettre en place le programme que Lucie Casté voulait mettre en place. Ce n'est pas sérieux.
tout le monde sait très bien que si le président de la République travaille sur une hypothèse comme celle de Bernard Cazeneuve ce n'est pas pour appliquer le programme du nouveau Front Populaire et à partir de ce moment-là c'est une remise en cause du résultat des élections c'est un déni de démocratie et face à ce déni de démocratie il est normal que nous utilisions les moyens à notre disposition pour l'empêcher et la motion de censure en fait partie.
Manuel Bompard donc si je comprends bien Bernard Cazeneuve c'est non toute autre candidature que Lucie Casté est une candidature pour vous de droite
je n'ai pas dit ça je n'ai pas dit que c'était une candidature de droite le sujet ce n'est pas ces catégories-là j'ai dit que c'est une remise en cause du résultat de l'élection et que enfin je ne sais pas on discute on débat mais vous savez que les électeurs ne connaissaient même pas Lucie Casté au moment de l'élection d'accord mais ils ont voté pour le nouveau Front Populaire majoritairement de manière relative j'en suis d'accord mais c'est le nouveau Front Populaire
vous êtes bon en mathématiques vous êtes quand même loin même pas vous n'êtes même pas à 200 députés et les autres ils sont à combien monsieur ? les autres ils sont moins mais les autres ils sont prêts à ouvrir la coalition ah bon ? ah bon ? ils tentent de monter une coalition manifestement essayer de rapprocher vous avez entendu
des bougées possibles de la part des groupes macronistes par exemple qui seraient prêts à revenir sur la réforme des retraites
j'entends Hélène Geoffroy j'entends des membres du Parti Socialiste au Bureau National expliquer qu'il fallait discuter avec le Président
de la République vous étiez en train de m'interroger et vous me disiez que les autres blocs en l'occurrence vous parliez des macronistes étaient prêts à faire des pas pour une quelconque coalition attendez il faut reprendre les choses dans l'ordre c'est simple il n'y a pas besoin de discuter pendant des heures il y a le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête certes c'est une majorité relative mais c'est le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête il faut nommer un premier ministre issu du nouveau Front Populaire et ensuite ce premier ministre issu du nouveau Front Populaire il va chercher des majorités sur ses textes de loi à l'Assemblée Nationale c'est comme ça que ça fonctionne c'est comme ça que ça a toujours fonctionné et il n'y a aucune raison que ça fonctionne autrement aujourd'hui la situation est un peu inédite c'est pas la première fois qu'il n'y a pas de majorité absolue pour une formation politique à l'Assemblée Nationale par rapport à tout ce que vous venez de dire vous êtes contredit par plusieurs figures de gauche et pas n'importe lesquelles parce que par exemple l'ancien président de la République François Hollande lui-même a dit la semaine passée qu'il fallait qu'un premier ministre socialiste soit nommé on a vu aussi les propos de Carole Delga qui est la présidente socialiste de la région Occitanie qui dit qu'Emmanuel Macron avait le droit de refuser Lucie Casté en fait vous ne faites plus du tout bloc à gauche aujourd'hui mais attendez qui dirige le parti socialiste Amandine Attalaya ?
c'est Carole Delga ou François Hollande ou Olivier Faure ? il y a néanmoins vous le savez d'autres positions au sein j'entends bien mais admettez que moi quand je discute avec mes partenaires je discute avec les partenaires qui sont majoritaires au parti socialiste et sur l'orientation qui a été décidée librement et de manière souveraine par le parti socialiste
vous avez noté l'évolution dans le discours d'Olivier Faure qui hier à Blois en clôture des journées d'été du parti socialiste évoque une censure contre un premier ministre qui serait trop macroniste qui n'est plus véritablement ou qui n'est pas la position qui est la vôtre qui est de dire Lucie Casté ou rien
d'abord Olivier Faure a dit précisément la même chose que moi en face du président de la République vendredi dernier et deuxièmement il est évident qu'à partir du moment où Bernard Cazeneuve aurait été choisi par le président de la République ça s'inscrit dans ce cas-là dans une forme de continuité avec le macronisme c'est une évidence sinon le président de la République s'il acceptait de reconnaître le résultat des élections et qu'il acceptait une véritable cohabitation il serait tourné vers le bloc politique qui arrivait en tête et il lui imposerait par un candidat qui est rejeté par les quatre composantes de ce bloc politique enfin je ne sais pas ça me paraît être assez simple assez évident
vous imaginez vous imaginez Bernard Cazeneuve acceptait toutes les conditions en 2024 d'Emmanuel Macron alors que le même Bernard Cazeneuve n'a pas soutenu Emmanuel Macron en 2017 justement donc vous ne prenez pas en considération le programme de Bernard Cazeneuve qui est en opposé c'est quoi le programme de Bernard Cazeneuve ? C'est présenté devant les électrices et les électeurs c'est une tragédie Lucie Casté non plus
on est d'accord mais les candidats du nouveau Front Populaire ils se sont présentés devant les électrices et les électeurs
mais tous les membres du Parti Socialiste ne sont pas sur la ligne de ne pas discuter avec Emmanuel Macron tous les membres
du Parti Socialiste sauf erreur de ma part sont sur la ligne qu'il faut nommer Lucie Casté comme première ministre à Matignon
la question c'est que Lucie Casté elle serait censurée par les trois quarts des députés donc pour tenir à l'Assemblée vous avez une garantie que Bernard Cazeneuve ce ne sera pas le cas ? on a l'impression quand même qu'au Parti Socialiste il y a une partie il y a une partie des députés qui disent qui ne censureraient pas Socialiste qui ne censureraient pas Bernard Cazeneuve
vous pouvez prendre ça en compte mais attendez c'est extraordinaire ce à quoi on assiste depuis maintenant plusieurs semaines c'est-à-dire que ce n'est pas au Président de la République a priori de censurer une candidate ce n'est pas comme ça que ça fonctionne dans nos institutions on met en place un gouvernement ce gouvernement vient devant l'Assemblée Nationale et ensuite il appartient il est de la responsabilité de l'ensemble des députés à l'Assemblée Nationale s'ils veulent censurer un gouvernement je vous dis que l'article 8
est fait de telle manière que le Président nomme le Premier Ministre j'ai bien compris mais c'est la première fois
dans l'histoire de la Ve République que le Président de la République ne nommerait pas la candidate proposée par le Bloc qui est arrivé en tête et c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République que le Premier Ministre déciderait à la place des 577 députés à l'Assemblée Nationale que ce gouvernement ne serait pas viable parce qu'ils censuraient c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République
qu'il y a un groupe qui a 193 députés et qui dit je vais imposer mon Premier Ministre
mais personne ne dit que nous allons l'imposer nous disons que nous avons gagné les élections certes de manière relative qu'il est donc normal que ce soit la candidate que nous proposons qui arrive à Matignon attendez je vais vous dire les choses franchement le Président de la République a perdu les élections il doit en tenir compte il doit abandonner le pouvoir il doit se contenter de ce que la Constitution lui dit de faire oui bien sûr
qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
je veux dire qu'il doit se contenter du rôle qui est le sien dans la Constitution c'est-à-dire qu'il doit prendre acte du fait c'est lui qui a demandé une clarification politique en dissolvant l'Assemblée Nationale cette clarification politique a eu lieu il est arrivé ses candidats sont arrivés troisième au premier tour de l'élection législative il a perdu donc à partir de ce moment-là il doit revenir dans le rôle d'arbitre de garant de la Constitution qui est le sien et il doit dire du point de vue de la politique qui est menée dans nos institutions c'est le gouvernement qui conduit la politique de la nation et donc il doit nommer le gouvernement issu du résultat des élections c'est simple enfin ça me paraît quand même hallucinant que depuis 20 minutes on discute de savoir si en France il faut respecter ou pas le résultat des élections vous imaginez quand même que partout dans le monde partout dans le monde les gens ne comprennent pas pourquoi alors que le nouveau Front Populaire a gagné les élections législatives c'est pas déjà le nouveau Front Populaire
qui gouverne Pédo Sánchez est arrivé deuxième aux élections législatives de son pays je sais très bien
et vous savez qu'est-ce qui s'est passé en Espagne ?
il a cherché à faire une majorité il a trouvé des partenaires il a trouvé des partenaires qu'est-ce qui s'est passé d'abord ?
d'abord c'est la droite qui a été en charge d'essayer de constituer un gouvernement et puis ensuite la droite n'y est pas parvenue et donc c'est le deuxième qui a été en charge de constituer un gouvernement et pourquoi en France le premier n'est pas chargé de constituer un gouvernement ?
parce que c'est le président qui nomme le premier ministre ah oui mais d'accord mais alors on ne peut pas parler en Espagne quand ça vous arrange c'est pas que ça vous arrive pour avancer question d'Amandie Natalaya et en Allemagne donc en résumé vous dites qu'Emmanuel Macron doit partir que vous voterez une motion de censure quel que soit le premier ministre issu potentiellement de la gauche en fait vous donnez le sentiment quand même à beaucoup d'observateurs et d'électeurs que vous voulez avant tout le blocage et on peut citer les propos de Nicolas Sarkozy ce ne sont pas les miens qui étaient dans le dans le Figaro ce week-end et qui disaient l'extrême gauche dans notre pays ne veut pas gouverner il s'agit bien davantage d'une tentative de coup d'état de la France insoumise François Hollande lui dit que vous êtes une radicalité sans avenir gouvernemental est-ce que vous voulez vraiment gouverner ou simplement bloquer ?
Mais madame je suis depuis le début de cette interview je vous dis le président de la république doit nommer Lucie Casté à Matignon pour faire quoi ? pour gouverner ? enfin quand même excusez-moi qui est responsable du blocage depuis deux mois ? mais pourquoi vous dites ça ? mais à quel moment j'ai dit que je ne voulais discuter avec personne madame dans nos institutions ? vous pouvez citer un compromis que vous seriez prêt à faire par exemple sur votre programme ?
mais attendez mais c'est simple on a des institutions pour régler ça les institutions elles disent il y a un gouvernement et ensuite il y a une assemblée nationale et il y a un Sénat bon si nous avons un gouvernement du nouveau Front Populaire nous allons présenter des propositions de loi issues du programme du nouveau Front Populaire et ensuite il y a un débat parlementaire il y a un droit d'amendement et les compromis se construiront à l'Assemblée nationale de fait de toute façon il n'y a pas d'autre solution que de fonctionner comme ça si on veut pouvoir faire voter des textes de loi à l'Assemblée nationale quand Nicolas Sarkozy dit coup d'État de la France insoumise ?
ça serait quand même le premier coup d'État avec une victoire aux élections normalement un coup d'État c'est précisément l'inverse enfin excusez-moi s'il y a un coup d'État antidémocratique c'est plutôt celui qui consiste à ne pas nommer à Matignon la candidate du bloc politique qui a gagné les élections il y a deux mois c'est plutôt le président de la République qui s'en rend coupable
Manuel Montpart vous venez de soulever un point intéressant vous dites qu'au fond si Lucie Castet avait été nommée elle se serait présentée à l'Assemblée nationale avec la plateforme du nouveau Front populaire mais que ça n'aurait pas été tout le programme rien que le programme mais non mais ça n'a pas oui mais pardon mais cet été c'est précisément la formule que vous avez utilisée qui a jeté le trouble sur votre capacité à précisément aller chercher des compromis avec d'autres groupes
je vais essayer d'expliquer les choses parce que je trouve qu'il y a une forme de paresse intellectuelle excusez-moi sur ce sujet j'aimerais que tout le monde comprenne qu'il y a deux choses différentes il y a la plateforme gouvernementale et il y a les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat moi je dis depuis le début et je dis la même chose que du point de vue des orientations programmatiques du bloc du nouveau Front populaire et des autres blocs politiques ce qu'il faut c'est un gouvernement du nouveau Front populaire qui a comme base programmatique le programme du nouveau Front populaire rien que le programme et tout le programme du nouveau Front populaire et ensuite il y a un débat à l'Assemblée nationale et ce débat à l'Assemblée nationale il va forcément exister personne n'a proposé et de toute façon c'est heureusement impossible dans nos institutions que le programme s'applique sans débat à l'Assemblée nationale et donc bien évidemment dans le débat à l'Assemblée nationale il va y avoir forcément des compromis qui vont se construire par des amendements par des majorités pour voter tel ou tel amendement à quel moment je vous ai dit nous allons refuser que des amendements qui soient votés par une majorité de députés à l'Assemblée nationale sont intégrés à nos propositions de loi ça n'a pas de sens
donc les 1600 euros par exemple pour le SMIC ça aurait été une proposition de départ atterrir à 1500 1550 pourquoi pas si tel est l'avis de la majorité des députés
pourquoi vous partez du principe qu'il n'est pas possible de convaincre une majorité de députés sur les orientations programmatiques qui sont les nôtres
j'essaie de comprendre en réalité jusqu'à quel point de compromis vous seriez capable d'aller Emmanuel Bompard parce que et on le verra dans la seconde partie d'émission très souvent ce qui vous a été reproché c'est précisément une radicalité un jusqueboutisme qui ne permet pas le dialogue ce que vous êtes en train de dire est à mon sens une évolution sémantique de dire et bien c'est des objectifs vers lesquels tendre mais finalement
je ne veux pas être désobligeant à votre égard mais je vous promets que ce raisonnement qui consiste à dire qu'il y aurait un gouvernement du nouveau fraud populaire avec la base programmatique du nouveau fraud populaire et des débats et des majorités à l'Assemblée nationale c'est le même raisonnement que je tiens depuis deux mois et moi et Jean-Luc Mélenchon et tous les membres de la France insoumise donc je sais bien que depuis le début il y a une volonté de chercher des prétextes parce qu'en fait c'est de ça dont il s'agit des prétextes pour dire ça ne peut pas être eux qui gouvernent
il y a une volonté
de chercher des prétextes en fait depuis deux mois il y a une volonté juste d'essayer de trouver des explications qui pourraient peut-être paraître convaincantes pour les gens pour ne pas respecter le résultat des élections alors on a fait d'abord ça a été les ministres insoumis ah non il n'est pas question d'avoir des ministres insoumis de la part de candidats macronistes qui étaient très bien contents quand même que des députés candidats insoumis retirent leur candidature dans le cadre du Front Républicain pour empêcher l'extrême droite de s'enparer du pouvoir oui mais à ce moment-là ça ne leur posait pas de difficultés manifestement on a fait exploser ce prétexte on a dit il n'y a pas de problème dans ce cas-là est-ce que vous vous engagez à ne pas censurer le gouvernement s'il n'y a pas de ministre insoumis ce prétexte est tombé maintenant le nouveau prétexte c'est ça vous ne voulez pas de compromis mettez-nous en responsabilité laissez-nous constituer le gouvernement qui est le nôtre laissez-nous mettre en place les axes de notre politique pas pour nous faire plaisir à nous mais parce que c'est ce qu'attendent les françaises et les français majoritairement pas tout le monde c'est vrai il y en a qui n'ont pas voté pour nous mais ça c'est comme ça que ça fonctionne dans un système démocratique et je pense qu'augmenter les salaires je pense que bloquer les prix je pense qu'abroger la réforme des retraites d'Emmanuel Macron c'est des mesures qui sont très largement majoritaires dans la population française
Merci Emmanuel Bompard dans un tout petit instant vous nous direz pourquoi vous voulez destituer Emmanuel Macron et où en est la procédure on a un petit peu donné des éléments de réponse ça va reprendre quelques instants BFM Radio TV BFM Politique Néla Latrousse Emmanuel Bompard coordinateur de la France Insoumise député des Bouches d'Uron invité de BFM Politique vos propos il y a quelques instants sur les retraites font réagir nos téléspectateurs avec une question de Bruno de Théoul-sur-Mer pardon la question est la suivante Marine Le Pen aussi veut retirer la réforme des retraites est-ce que vous voterez avec elle si elle le propose je précise que dans le cadre des débats parlementaires il y a un texte qui doit arriver le 31 octobre normalement à l'Assemblée Nationale pour retirer cette réforme des retraites proposée précisément par Marine Le Pen que répondez-vous à Bruno de Théoul-sur-Mer
c'est pas Marine Le Pen qui propose d'abroger la réforme des retraites c'est nous et ce que je suis en train de vous dire c'est que s'il y a un gouvernement du nouveau Front Populaire qui arrive au pouvoir qui est nommé demain sa première mesure ça sera d'engager l'abrogation de la réforme des retraites donc la question qu'il faut poser ce qui sera le cas c'est que Marine Le Pen a coupé de 31 octobre c'est Emmanuel Macron qui l'a dit mais moi je me bats dans un rapport de force avec le président de la République et ce que je forme le vœu qu'il puisse y avoir une proposition de loi proposée par le nouveau Front Populaire puisque c'est au cœur de son programme et c'est un engagement que nous avons pris et qu'ils puissent être adoptés pour qu'on revienne sur cette réforme des retraites qui a été imposée contre la volonté du peuple français ensuite si les députés du rassemblement
la même proposition de loi je ne sais même pas
quelle proposition de loi le rassemblement national ferait donc moi je sais quelle proposition de loi nous nous ferions c'est une proposition de loi dans un premier temps d'abrogation pure et simple de la réforme des retraites d'Emmanuel Macron et de la retraite à 64 ans et ensuite si parmi les députés à l'Assemblée nationale il faut qu'il y ait une majorité de députés qui la votent les députés du rassemblement national s'ils la votent ils la votent mais en tout cas c'est nous qui ferons cette proposition puisque c'est au cœur de notre programme c'est un point que nous avons défendu pendant toute la campagne des élections législatives et nous nous avons l'habitude quand nous disons des choses dans les campagnes électorales de le faire une fois aux responsabilités
donc juste pour répondre à Bruno ce sera votre réforme mais pas celle de Marine Le Pen
ce sera notre proposition d'abroger la réforme des retraites comme nous l'avons déjà proposé
mais je ne sais même pas
quelle proposition Marine Le Pen ferait donc je ne vais pas m'engager sur quelque chose sur ce sujet sur lequel elle n'est pas claire enfin pardonnez-moi tout le monde a vu le débat au moment des élections législatives où Jordan Bardella oui mais où Jordan Bardella était manifestement pas du tout claire sur la question de la réforme des retraites nous nous sommes clairs à abroger la réforme des retraites oui votre combat du moment aussi Emmanuel Bampard c'est que vous avez publié la lettre que vous adressez aux autres groupes parlementaires pour destituer Emmanuel Macron quand on regarde la procédure elle a des chances d'aboutir vraiment très très proche de zéro est-ce que franchement ce n'est pas de la politique spectacle que vous faites sans cesse en ce moment mais pas du tout madame nous avons publié il y a 15 jours une tribune dans laquelle nous avions dit le président de la république doit tenir compte du résultat des élections et s'il ne le fait pas l'Assemblée nationale dispose de pouvoir pour refuser ce coup de force et parmi les pouvoirs dont disposent l'Assemblée nationale et le Sénat et le Parlement de manière générale pour refuser ce coup de force il y a celui de cet article de la constitution qui permet d'engager une procédure de destitution du président de la république qui dit que c'est en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat en quoi Emmanuel Macron a manqué à ses devoirs ?
d'abord en ne respectant pas manifestement le résultat des élections législatives en maintenant au pouvoir depuis maintenant deux mois à un gouvernement démissionnaire qui va et tous les constitutionnalistes vous le disent bien au-delà de la simple gestion des affaires courantes on signe des décrets à tour de bras on engage dans l'article 8 il n'y a pas indiqué de délai Manel Bompard mais dans l'article de la constitution qui prévoit et dans la loi organique qui prévoit les procédures de destitution du président de la république il est dit très clairement que c'est aux parlementaires à la majorité des trois cinquièmes réunis en haute cour de justice de déterminer si oui ou non la pratique du président de la république est incompatible il faut d'abord que ça passe le cap
du bureau de l'Assemblée nationale or entre temps pour continuer ce que dit Amandine le parti socialiste ne veut pas s'associer
alors attendez on va prendre les choses étape par étape pour que tout le monde comprenne bien les choses la procédure de destitution du président de la république il faut qu'elle soit déposée par un dixième des députés à l'Assemblée nationale c'est à dire 58 députés ça tombe bien nous avons plus de 58 députés ensuite il faut qu'elle soit votée par une majorité du bureau de l'Assemblée nationale ça tombe bien nous avons le nouveau front populaire une majorité au bureau de l'Assemblée nationale mais les autres partis ne se sont jamais engagés à vous suivre ils sont même tenus à l'écart de votre proposition attendez mais vous n'en savez rien moi je vous dis que je n'ose pas croire j'écoute ce que disent les autres partis mais c'est pas vrai il y a des figures au sein d'Europe Écologie j'ai entendu Sandrine Rousseau par exemple dire qu'elle était d'accord avec cette procédure et moi je vous dis que je n'ose pas croire et je ne crois pas du tout que si cette proposition de venir au bureau de l'Assemblée nationale les représentants du nouveau front populaire s'y opposent je n'y crois pas une minute parce que cette proposition c'est une proposition qui résonne très largement avec les aspirations des Françaises et des Français je vous donne juste un exemple nous avons lancé hier matin une pétition pour soutenir cette initiative on peut la trouver sur le site macron-destitution.fr depuis hier matin elle est déjà à plus de 100 000 signatures donc je pense que c'est une revendication qui est soutenue très largement dans le pays de considérer que le Président de la République s'il ne respecte pas le résultat des élections doit être soumis effectivement à une procédure de destitution
sauf que vous évoquez les étapes de cette procédure il y a aussi un moment où cette procédure doit être approuvée par deux tiers des parlementaires réunis en haute cour si je fais bien le compte la majorité à l'Assemblée nationale c'est déjà compliqué de discuter de discuter mais alors si on additionne Assemblée nationale et Sénat on ne voit pas très bien quel est le chemin pour votre procédure et on se dit qu'effectivement
c'est peut-être un coup de com je crains que vous ne fassiez pas très bien les comptes je vais continuer les étapes d'accord
je rappelle à nos téléspectateurs que vous n'êtes pas thématicien de formation donc allez-y
j'ai dit un dixième des députés j'ai dit majorité au bureau de l'Assemblée nationale ensuite il faut un vote simple excusez-moi pour la diffusion un peu technique de notre discussion ensuite il faut un vote simple à la commission des lois de l'Assemblée nationale et ensuite il faut effectivement un vote à la majorité des deux tiers à l'Assemblée au Sénat puis en haute cour de justice
et donc vous pensez que la droite de la Rassemblement nationale que les macronistes
de combien de députés le camp présidentiel dispose à l'Assemblée nationale de combien ? vous le savez ? à peu près 170 vous savez ce que c'est un ?
c'est très simple il dispose de moins d'un tiers des députés à l'Assemblée nationale c'est-à-dire que toutes les oppositions réunies disposent de plus de deux tiers des députés à l'Assemblée nationale et de plus de deux tiers des sénatrices et des sénateurs au Sénat vous savez très bien donc mais je ne suis pas attendez Bruno Jeudy moi je ne prends personne je ne prends pas les gens pour des impossibles je ne vous dis pas que j'ai une conviction que les députés du Rassemblement national et les députés des Républicains vont voter en faveur de cette procédure de destitution je vous dis que vous ne pouvez pas dire que c'est impossible ce n'est pas impossible ça dépend de leur décision et donc c'est à eux qu'il faudra poser la question mais tout le monde sera intéressé de savoir que les Républicains que le Rassemblement national préfère maintenir le Président de la République au pouvoir plutôt que de faire aboutir une procédure de destitution non non non
vous vous trompez on écoute ce que disent les présidents des groupes mais très bien on a entendu Olivier Faure qui ne s'associe pas à votre démarche mais alors il a dit on a entendu Laurent Votier qui n'est pas d'accord avec cette démarche Bruno je dis dites les choses
dites les choses telles qu'elles sont s'il vous plaît Olivier Faure a dit la première réponse ça doit être la censure mais je n'ai pas de désaccord avec ça la censure je l'ai dit dans la première partie de notre émission nous allons déposer une motion de censure donc ça ne veut pas dire il n'a pas dit nous nous opposons à la procédure de destitution elle a dit d'abord il faut censurer très bien nous censurerons et puis ensuite il y a effectivement la possibilité de la destitution après moi je veux convaincre convaincre nos partenaires et ensuite vous vous y prévenez
vous ne l'avez même pas prévenu
mais c'est pas vrai
c'est ce qu'a dit Fabien Roussel non Bruno je dis le communiste Bruno je dis il a peut-être tort je ne dis pas le contraire
c'est pas qu'il a tort mais vous voulez que je vous montre le carnet d'appel de mon téléphone je peux vous dire que le samedi avant la publication de notre tribune nous avons prévenu je vais vous faire la liste notre candidate à la fonction de première ministre l'ensemble des dirigeants des partis du nouveau front populaire et l'ensemble des présidents de groupe à l'Assemblée Nationale du nouveau front populaire donc il ne faut pas dire des choses qui sont inexactes et moi je pense je ne suis pas là pour polémiquer avec eux je pense qu'ils s'engageront je le souhaite en tout cas dans cette démarche
Manuel Bompard Jean-Luc Mélenchon a dressé un parallèle sur la base de ce que vous nous dites depuis le début de cette émission c'est-à-dire un refus supposé d'Emmanuel Macron de reconnaître le résultat des élections sur cette base-là il n'y a pas de consensus politique tous les groupes n'ont pas la même lecture que vous mais regardez je vous cite et je dis qu'effectivement vous êtes arrivé en tête aux élections il n'y a pas de doute là-dessus Jean-Luc Mélenchon en tant que coalition Jean-Luc Mélenchon dresse un parallèle sur cette base-là sur la base des résultats non reconnus entre un Emmanuel Macron et un Donald Trump pour lui Emmanuel Macron se comporte comme l'ancien président américain qui avait déclenché par ses propos l'insurrection du Capitole si j'étais un peu taquine je vous dirais que sur cette lecture divergente des résultats ce n'est pas Emmanuel Macron qui appelle à démarche à la destitution c'est vous d'une certaine façon est-ce que ce n'est pas vous qui en quelque sorte vous comportez comme Donald Trump pour abonder mon propos François Bayrou à l'instant sur une chaîne concurrente explique que ce que cherchait les filles c'est le bazar
mais bon écoutez franchement le bazar il est là et je ne crois pas que ça soit de notre responsabilité mais je ne vais pas biaiser votre question oui j'assume nous appelons à la procédure de destitution du président de la république et j'invite les gens qui nous écoutent à l'appuyer en signant la pétition dont j'ai parlé sur macron-destitution.fr et nous appelons à manifester et il y aura une journée de manifestation la semaine prochaine c'est-à-dire le 7 septembre et j'appelle toutes les françaises et les français à y participer maintenant une fois qu'on a dit ça attendez après je vais revenir une fois qu'on a dit ça expliquez-moi en quoi manifester il me semble que le droit de manifester ça participe de nos institutions et l'utiliser un article de la constitution en quoi c'est une procédure qui serait une procédure contraire aux règles démocratiques ce qui est contraire aux règles démocratiques c'est une procédure qui fait douter en tout cas certains de vos proches politiques ça fait douter par exemple le secrétaire général du PS qui dit que c'est une initiative des insoumis qui ne viendront pas la CGT même si elle soutient dans les mots ne s'associe pas à cette manifestation que vous faites du 7 septembre il pense qu'il ne faut pas manifester en France la CGT je ne crois pas je crois que vous n'avez pas tout à fait suivi l'activité de la CGT depuis plusieurs années on dit en tout cas que remettre en cause les institutions ce n'était pas leur philosophie mais nous ne remettons pas en cause les institutions à votre manifestation madame franchement est-ce que ça ne vous fait pas goûter franchement madame il ne faut pas dire des choses en quoi utiliser un article de la constitution c'est remettre en cause nos institutions en quoi appeler à manifester dans un pays dans lequel la liberté de manifester fait partie des libertés fondamentales en quoi c'est remettre en cause les institutions mais nous ne voulons pas bloquer mais nous ne pouvons pas gouverner le président de la république ne veut pas nommer la candidate qui a remporté les élections et donc je vous dis nous allons réagir face à ce coup de force nous allons réagir face à ce coup de force et vous me dites vous ne voulez pas gouverner enfin ça n'a pas de sens donc oui j'appelle tout le monde à manifester pour faire tout simplement respecter le résultat des élections vous ne faites pas le plein
d'ailleurs des voix pour manifester mais vous verrez juste quand même sur le choix c'est une bonne date le 7 septembre franchement au moment où les Jeux paralympiques se terminent les difficultés à Paris on le sait il y a des épreuves dans Paris vous ne pouvez pas repousser de quelques jours là aussi il y a une volonté de mettre le bazar mais en quoi il y a une volonté de mettre le bazar parce qu'on appelle les gens à manifester
en fait ce pays ne va pas très bien vous savez ce pays ne va pas très bien ce pays fonctionne très bien en ce moment avec les Jeux paralympiques quand j'entends maintenant dans les médias des journalistes qui remettent en cause la liberté de manifester parce qu'il se passe un autre événement je ne remets pas en cause la volonté de manifester vous pouvez repousser de quelques jours mais monsieur jeudi on est un grand pays la France on est quand même capable à la fois de garantir la bonne organisation et je le souhaite d'événements internationaux comme les Jeux paralympiques et en même temps de garantir la liberté de manifester on est quand même capable de faire ça en France qu'est-ce que c'est que ce prétexte en permanence c'est des prétextes vous vous appelez à manifester il ne faut pas manifester c'est une remise en cause des institutions ce n'est pas une remise en cause des institutions d'appeler à manifester et puis ensuite non pas la bonne date parce qu'il y a les Jeux paralympiques puis la semaine d'après il y a la fête de l'Huma alors peut-être qu'il ne faut pas manifester parce qu'il y a la fête de l'Huma en même temps et puis la semaine d'après
c'est pas tout à fait les Jeux paralympiques et donc qui détermine à partir de quand on n'a pas le droit de manifester dans le calendrier il y a des épreuves et la fête de l'Huma qui a lieu à l'extérieur de Paris franchement c'est vous
les Jeux paralympiques se passent très bien j'espère qu'ils vont se passer très bien
mais pas du tout
c'est une manifestation qui se déroulera très bien ne commencez pas à faire peur à tout le monde heureusement dans notre pays quand on veut protester contre un pouvoir présidentiel qui s'arroge un droit de veto qui n'existe plus en France depuis l'abrogation de la monarchie excusez-moi de vous le dire quand on veut manifester contre ce droit de veto présidentiel qui n'existe pas on a le droit de le faire en France et on va le faire de manière joyeuse de manière déterminée de manière combative et de manière très pacifique ne vous inquiétez pas il y aura du monde ça se passe le 7 septembre prochain
vous dites il y aura du monde est-ce que vous avez déjà évalué combien de personnes peuvent s'associer à cette marche ? non d'habitude
vous avez l'habitude de citer vous des sondages moi je ne le fais pas parce que souvent j'en conteste le résultat mais je crois que vous avez publié vous-même un sondage qui disait que 7% des françaises et des français voulaient participer à cette manifestation bon si c'est 7% des français qui participent à la manifestation ça sera un très beau succès si on n'a pas 7% ça sera un beau succès aussi
est-ce que vous avez fixé une jauge en vous disant plus de 100 000 plus de 150 000 ce serait une réussite non ça ne fonctionne pas comme ça
mais non mais qu'est-ce que vous voulez faire d'autre quand vous avez vous interroge naïvement vous auriez pu dire
on espère atteindre autant de milliers de personnes dans la rue
mais d'abord ce n'est pas notre initiative c'est une initiative qui a été prise par des organisations de jeunesse nous l'avons appuyée nous la soutenons sans aucune ambiguïté et on verra combien de françaises et de français veulent se mobiliser moi je ne fixe pas d'objectifs chiffrés mais il me semble normal que face à un coup de force comme celui auquel on assiste qui n'a pas l'air de vous choquer sur le plateau mais vous devriez je ne sais pas moi je vous invite à faire un exercice
c'est le président qui nomme c'est l'article 8
de la constitution on a déjà parlé franchement on ne va pas réouvrir le sujet mais je vous invite juste à faire un exercice c'est liser la presse internationale c'est souvent intéressant de sortir un petit peu des débats franco-français et regarder ce qui se passe dans la presse allemande espagnole italienne que personne ne comprend pourquoi en France alors qu'il y a une formation politique qui a gagné les élections c'est pas elle qui gouverne déjà le pays personne ne le comprend vraiment donc je pense qu'il est normal qu'on puisse manifester face à ce coup de force qu'on puisse engager des procédures prévues par la constitution sur ce coup de force pas parce qu'on veut bloquer mais tout simplement parce qu'on veut gouverner mais qu'il y a un président de la république qui nous bloque et qui veut nous empêcher de gouverner
puisque vous évoquez la constitution LFI je ne révèle pas de secret est un fervent partisan ou une fervente partisante la France insoumise de la 6ème république est-ce qu'il faudra à l'avenir préciser un délai maximal pour nommer un premier ministre on voit qu'effectivement l'une des questions qui interroge aujourd'hui c'est ces 47 jours de gouvernement démissionnaire est-ce que cela fait partie des évolutions que vous souhaitez introduire ?
Peut-être mais vous avez raison c'est une bonne question mais honnêtement le projet de 6ème république que nous défendons et qui est plus que jamais d'actualité aujourd'hui vise surtout à en finir avec la monarchie présidentielle et là précisément on assiste à une séquence qui est extrêmement pertinente qui illustre bien le problème c'est que vous avez un président de la république qui décide ce qu'il veut quand il veut tout seul on a appris pendant l'été qui convoque des réunions avec certains ministres mais sans le premier ministre ou monsieur Attal parce qu'apparemment ils sont fâchés et qui fait à sa main les gouvernements qui perd les élections mais qui veut quand même choisir et constituer qui va être la future majorité du pays donc il y a un problème avec le pouvoir présidentiel en France et la 6ème république ça doit être une 6ème république qui au contraire rétablit un régime qui est un régime parlementaire avec davantage de droits pour les citoyennes et les citoyens avec la possibilité d'avoir un référendum d'initiative citoyenne par exemple que quand les gens votent à une élection à la fin ça serve à quelque chose parce que sinon après il ne faut pas s'étonner que les gens n'aient plus envie d'aller voter moi j'ai envie que les gens aillent voter donc j'ai envie que quand ils vont voter massivement comme ça a été le cas il y a deux mois aux élections législatives quand ils disent leurs mots que leurs paroles et leurs voix soient entendues et c'est ça la 6ème république sauf que vous avez Emmanuel Bompard un sacré problème d'image à la France insoumise qui est en train de se développer on dirait vous avez dû voir ce sondage qui est très fouillé sur ce que pensent les Français de la France insoumise du Rassemblement national et de beaucoup d'autres choses c'est un sondage Ipsos pour Le Monde l'Institut Montaigne et la Fondation Jean Jaurès ce qu'on en retire de ce sondage c'est que désormais vous faites plus peur que le Rassemblement national les Français estiment par exemple 72% que vous attisez la violence 69% que vous êtes plus dangereux pour la démocratie que le Rassemblement national il y a deux fois plus de Français qui jugent que le Rassemblement national est capable de gouverner le pays par rapport à vous et lorsqu'on leur demande dans quelle société ils aimeraient vivre le Rassemblement national fait presque le double de votre score est-ce que cette stratégie de la conflictualité que vous menez depuis des mois et des années ne vous mène pas complètement dans le mur aujourd'hui ?
Écoutez, vous savez il y a en démocratie ce qui est le juge de paix ce sont les élections pas les sondages parce que vous pouvez me parler des sondages mais ce serait quand même intéressant à un moment qu'on puisse avoir un petit discours critique sur les sondages j'ai regardé avant cette émission entre les deux tours de l'élection législative l'ensemble l'intégralité des sondeurs avait prévu une victoire du Rassemblement national tous se sont trompés et on reprend au début de la semaine par la fin de semaine même à la fin de la semaine Bruno Jeudy tous sans exception aucun vous pouvez ressortir tous les sondages tous sans exception les cars se resserraient considérablement par rapport au soir ce n'est pas la même chose bref ce n'est pas la même chose mais les sondeurs sont quand même le seul métier en France où vous pouvez faire n'importe quoi vous trompez totalement mais deux mois après on a oublié et on refait comme avant donc excusez-moi de mettre ça à distance en France ce sont les élections le juge de paix la France Insoumise a gagné un million de voix entre l'élection européenne de 2019 et l'élection européenne de 2024 le nouveau Front Populaire a gagné 3,2 millions de voix entre le résultat de la NUPES en 2022 et le résultat du nouveau Front Populaire en 2024 il y a eu un peu plus de participation aussi très bien ça ne m'a pas échappé mais ça explique aussi que tous les partis ont augmenté leur nombre de voix ah oui d'accord mais certains davantage que d'autres Bruno Jeudy le Parti Socialiste par exemple mais non le Parti Socialiste a présenté ses candidats sous la bannière du nouveau Front Populaire donc si vous arrivez à calculer les voix spécifiques du Parti Socialiste vous êtes très fort moi j'en suis tout à fait incapable bref tout ça pour vous dire ce qui est important dans une démocratie c'est les élections et moi je vois que la France Insoumise elle se porte plutôt bien dans les élections pour le reste si maintenant vous voulez que ce soit les sondages qui déterminent ce que les gens pensent des uns et des autres vous allez avoir un problème par exemple moi j'ai retrouvé un sondage qui dit que 59% des Français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants vous ne trouvez pas ça normal non ?
donc vous voyez des fois il faut faire un petit peu attention 56% des Français pensent que les journalistes ne résistent pas aux pressions de l'argent c'est un sondage qui a été publié l'année dernière donc vous voyez parfois il faut faire attention avec ce qu'il y a dans les sondages les sondages ça ne dit pas toujours la vérité parce que je pense que vous vous ne pensez pas que vous n'êtes pas indépendant ou que vous savez résister vous pensez que vous savez résister donc on peut être dans les 40%
je peux vous répondre sur ce point lorsque des sondages de ce type sont réalisés en tout cas ça nous interroge on se dit bon il y a peut-être des choses qu'on ne fait pas bien il y a peut-être des choses qu'il faut qu'on fasse mieux et la question que vous posez Amandine Atalaya c'était cette vaste enquête d'Ipsos pour le monde qu'est-ce qu'elle vous amène à tirer comme enseignement aussi sur votre stratégie vous la disqualifiez en disant ce n'est qu'un sondage ça ne vous interroge un petit peu en vous disant il y a peut-être des choses qu'on peut améliorer une incompréhension des Français à notre égard
tout m'interroge et forcément je pense qu'une bonne démarche de manière générale dans la vie c'est de ne pas considérer qu'on a des certitudes qui s'imposent à tous tout le temps quels que soient les cas de figure je n'ai pas de problème avec ça je vous dis juste que la volonté qui était la nôtre notamment depuis maintenant plusieurs années de ramener dans l'élection de ramener dans la vie démocratique des Françaises et des Français qui ont été éloignés qui étaient très abstentionnistes qui ne votaient plus parce qu'ils pensaient que ça ne servait à rien cette stratégie-là parce que c'est ça notre stratégie ce qu'on a appelé la stratégie du quatrième bloc c'est-à-dire les abstentionnistes les gens qui sont les plus éloignés de la politique ce que j'observe c'est que depuis deux ans par exemple c'est une stratégie qui a porté ses fruits alors elle a des inconvénients on a fait l'objet aussi c'est vrai de campagnes de dénigrement qui sont particulièrement inacceptables et particulièrement odieuses en essayant d'expliquer que nous serions des extrémistes alors que le programme que nous défendons c'est un programme tout à fait raisonnable et oui peut-être qu'on a pu faire aussi des erreurs peut-être qu'on a pu faire aussi des erreurs et des maladresses sans doute comme tout le monde personne n'est parfait mais attendez Amandine Attala je voulais juste savoir si c'était un qualificatif qui vous convenait mais non pas du tout il n'y a rien dans notre programme l'extrême gauche ça existe en France c'est du tout vrai hier le NPA et c'est tout à fait ils ont le droit c'est respectable mais ce n'est pas la catégorie politique dans laquelle nous nous inscrivons et le programme politique que nous défendons c'est un programme politique de rupture avec les politiques qui ont été mises en place avant ça c'est vrai un programme politique mais un programme politique qui veut partager les richesses qui veut faire la transition écologique qui veut passer à la 6ème République et il n'y a rien d'extrémiste sur ce sujet mais quand je vous dis qu'il faut faire un petit peu attention avec ce type d'enquête c'est que ces enquêtes elles pronostiquaient que le Rassemblement National allait largement gagner les élections législatives et tout le monde a vu qu'au deuxième tour des élections législatives on a eu plutôt un phénomène inverse et que tout le monde s'y opposait donc vous voyez et enfin tout le monde pas tout le monde mais qu'il y a eu une large mobilisation du peuple français et c'était une bonne nouvelle pour empêcher l'extrême droite de s'emparer du pouvoir moi je ne crois pas aux sondages je crois aux élections et je crois à une stratégie politique que je déploie qu'on essaye de préciser de corriger elle s'adresse à tous je dis aux gens qui nous écoutent si vous avez l'impression que la France Insoumise c'est un parti par exemple qui vous rompre avec la démocratie vous vous trompez c'est parce qu'il y a dans notre programme si vous pensez on me dit parfois vous êtes contre les policiers non on n'est pas contre les policiers on est pour qu'il y ait des bonnes relations entre la police et la population on me dit oui vous êtes antisémite on n'a jamais été antisémite on a toujours lutté contre l'antisémitisme on a toujours lutté contre toutes les formes de discrimination on s'est toujours mobilisé quand une personne est attaquée en raison de sa confession religieuse ou de sa couleur de peau donc arrêtez les procès contre nous parce qu'après aussi ça produit ce type d'image
il y a une question de Tom que j'aimerais qu'on prenne avant de rendre l'antenne Tom qui vous interroge via le QR code de chez lui qui vous dit quelle est la suite pour vous en cas d'échec de la procédure de destitution du président de la République ?
d'abord laissez-moi permettre quand même qu'on aille et on permette de déclencher je réponds à Tom je dis Tom il n'y a que les victoires qu'on ne mène pas qu'on ne peut pas gagner voilà et donc on mène une bataille une victoire elle s'appuie sur je pense un avis qui est très largement majoritaire vous auriez pu citer le sondage que vous avez publié cette semaine qui dit que 52% des français pensent que le président de la République sur la destitution
ce sont les sympathisants et les filles et les sympathisants iréens qui sont quoi ?
ça fait la moitié de la population 45 ? un peu plus il y avait 45 il y a 10 jours et on est monté à 48 ou 49 cette semaine donc oui ça c'est des sondages intéressants comme pas
il y a des sondages qui vous connaissent c'est vous qui citez les sondages moi je ne l'ai pas cité tout à l'heure
mais puisque vous citez des sondages je vous cite celui-là et j'observe qu'il y a des sondages que vous aimez bien et des sondages que vous n'aimez pas
merci d'avoir été l'invité de BFM Politique merci à vous Amandine et Bruno tout de suite à la période suivante
Manuel Bompard