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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 novembre 2025 67 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéCulture, médias & sportÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Louvre : "Les dispositifs ont fonctionné". Vraiment ? - C dans l’air - 23.10.2025

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui retient votre attention dans cette vidéo?

  • 1:25OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous disiez sur les disqueuses?

  • 2:10RelanceRéponse partielle

    Vous vous êtes laissé distraire...

  • 2:53OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'elles vous ont convaincus?

  • 3:31RelanceRéponse directe

    Ca témoigne de l'impuissance générale?

  • 4:14RelanceRéponse directe

    Ca ressemble à du déni?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43A.CasseChiffre
    « Le préjudice est estimé à 88 millions d'euros. »
  • 2:53L.des CarsFait
    « Le système de sécurité, tel qu'il est en place aujourd'hui, a parfaitement fonctionné. »
  • 3:31R.DatiFait
    « Les dispositifs de sécurité du musée du Louvre ont fonctionné. »
  • 4:14D.RyknerFait
    « Tout va bien, en fait, puisque la vitrine a fait son job! »
  • 5:38D.RyknerChiffre
    « Le Louvre ne va pas bien, mais ce projet global coûte 800 millions d'euros. »
  • 7:50A.-E.MoutetFait
    « On a appris que 1 salle sur 3 seulement du musée du Louvre était équipée de caméras. »
  • 8:32A.-E.MoutetFait
    « Les joyaux de la Couronne britannique sont installés à la tour de Londres. C'est une forteresse qui a une douve de 30 m de large, des dizaines de policiers et de militaires, de spécialistes des forces spéciales pour protéger ça. »
  • 12:52L.des CarsFait
    « Absolument. Les vidéos ont fonctionné aussi. »
  • 12:52L.des CarsFait
    « C'est là notre faiblesse. Du côté de la galerie d'Apollon, la seule caméra posée est posée en direction de l'ouest, donc elle ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction. »
  • 14:04L.des CarsFait
    « Je n'ai cessé, depuis ma prise de fonction en septembre 2021, d'attirer l'attention de notre tutelle, de la représentation nationale et des médias sur l'état de dégradation et d'obsolescence générale du Louvre, ses bâtiments et ses infrastructures. »
  • 14:47A.FilippettiFait
    « Ce cambriolage est malheureusement la conséquence presque prévisible d'une mauvaise gestion du musée, de son plan de travaux de maintenance, de sécurité, d'entretien de base, qui n'a pas été respecté au cours des 5 ans écoulés. »
  • 15:31P.MoscoviciFait
    « On n'était peut-être pas totalement conscients de l'ampleur du problème, mais on savait ce qui se passait. »
  • 19:11L.ValdiguiéFait
    « La Mairie de Paris contre-attaque. Elle dit que la sécurité des bâtiments nationaux et la vidéosurveillance relève des services de l'Etat. »
  • 19:51L.ValdiguiéFait
    « Là, on apprend que le Louvre a zéro caméra intelligente. Pas une. »
  • 22:00C.BarbierFait
    « Si vous voulez mettre des vitres de sécurité aujourd'hui, vous allez vous heurter aux architectes des Monuments de France. »
  • 22:33C.BarbierFait
    « Il faut juste être plus malin que les éventuels cambrioleurs et anticiper ce qu'ils pourraient faire. »
  • 30:22D.RyknerFait
    « Ce qui est sûr, c'est que quand vous allez au Louvre, vous avez 1 chance sur 2 que la salle soit fermée. »
  • 31:04D.RyknerFait
    « Elle dit devant ses troupes qui sont en train d'étudier, de regarder, pourquoi on manque de gardiens, si c'est de l'absentéisme... »
  • 31:49C.BarbierFait
    « Si vous armez les gardiens, comme le préconisait un député du RN, la prochaine fois, ils viendront avec des kalachnikovs! »
  • 39:46InconnuPromesse
    « Etant donné le cours de l'or très élevé et les vols qui se multiplient, ma décision, c'est de donner la priorité à la conservation de ces oeuvres pour les générations futures plutôt qu'à leur présentation pour les générations présentes. »
  • 49:41InconnuFait
    « L'Hôtel-Dieu de Château-Thierry est un chef-d'oeuvre oublié du patrimoine français. »
  • 51:42InconnuFait
    « En 4 ans, je vois la progression. Ca va de mal en pis. »
  • 52:26InconnuChiffre
    « Estimation des travaux: 718 000 euros. C'est ce qu'a calculé la communauté d'agglomérations propriétaire de l'Hôtel-Dieu. »
  • 54:34D.RyknerChiffre
    « Sur toutes les mises de La Française des jeux, 1,8 % va aux sports. »
  • 55:19D.RyknerChiffre
    « Ces 2 mesures permettent d'obtenir 800 millions d'euros par an pour le patrimoine. »
  • 59:35D.RyknerFait
    « Elle a été posée mollement. »
  • 1:00:20D.RyknerFait
    « Elle aurait pu décider de prioriser d'autres choses. Elle a fait des dépenses inconsidérées avant cela. »
  • 1:05:40C.BarbierFait
    « L'Etat est son propre assureur. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Parlez-en ... - A.Casse: Bonsoir. Bienvenue. Le casse du Louvre pouvait-il être empêché? Qui a failli? Le préjudice est estimé à 88 millions d'euros. Les empreintes des malfaiteurs sont en train d'être analysées et on cherche en vain les responsables. Si on écoute la ministre de la Culture, le dispositif de sécurité a fonctionné. Quant à la directrice du Louvre, elle dit qu'elle était une des premières à avoir alerté. Sa démission a été refusée. C'est le sujet de notre émission, avec L.Valdiguié, bonsoir. Vous êtes journaliste d'investigation à "Marianne". C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur". D.Rykner, vous êtes le directeur et le fondateur du magazine du site La Tribune de l'Art. C.Pigozzi, vous êtes journaliste et écrivain. On va commencer avec cette vidéo étonnante publiée aujourd'hui. On voit avec quelle facilité les malfaiteurs sont descendus du monte-charge juste après le casse du Louvre.

1:25

Qu'est-ce qui retient votre attention dans cette vidéo? On voit nettement le monte-charge et tout le temps qu'ils prennent à redescendre sans sourciller. - L.Valdiguié: Ils ont beaucoup de sang-froid. Il en fallait pour monter là-haut et casser la vitre. Apparemment, c'était pourtant une vitre de sécurité, nous dit-on, dans la première fenêtre. On en sait plus aujourd'hui sur les disqueuses. Ils ont du sang-froid... C'est le Jardin De l'Infante, en bas. Autrefois, sous la royauté, c'était une petite plage qui descendait jusqu'à la Seine. - A.Casse: Qu'est-ce que vous disiez sur les disqueuses?

2:10

Vous vous êtes laissé distraire... - L.Valdiguié: Ce sont des disqueuses à béton pour découper la route. Ca a été d'une violence extrême. Ils n'ont pas cassé la vitrine, le verre a résisté, mais ça a fait des fentes et ils ont pu écarter la fente. La fameuse couronne d'Amélie, le seul objet qui a été cassé, a été cassé en sortant de la vitrine. Contrairement aux autres, qui sont des bijoux, qui ont pu passer par la fente... - A.Casse: Il a été abîmé plus tard? - L.Valdiguié: On ne le voit pas à l'image, mais ils l'ont perdu. Sur ces images, on voit des gens qui passent devant sans savoir

2:53

qu'ils assistent au casse du siècle. Les badauds derrière eux ne s'en rendent pas compte. Juste après ça, il y a des gens du Louvre et de Securitas qui vont arriver et les mettre en fuite. Leur intention était d'incendier la nacelle. - A.Casse: Ils n'ont pas eu le temps de le faire. - L.Valdiguié: C'était aspergé d'essence. - A.Casse: Il y a 2 séquences qui se percutent: cette vidéo qui nous surprend et les explications de la directrice du Louvre et de la ministre de la Culture. Est-ce qu'elles vous ont convaincus? ... - L.des Cars: Le système de sécurité,

3:31

tel qu'il est en place aujourd'hui, a parfaitement fonctionné. - R.Dati: Les dispositifs de sécurité du musée du Louvre ont fonctionné. - A.Casse: Il est cruel, notre montage, mais il est vrai. - C.Barbier: Oui. Ca témoigne de l'impuissance générale. On voit ce qui se passe mais on ne peut rien faire. On n'est pas équipés pour faire. Les gardiens du musée ont eu le réflexe de protéger d'abord les visiteurs, puis ils ont assisté à la scène. Il y a des chaînons qui manquent dans la chaîne de sécurité pour les empêcher d'entrer et pour les empêcher de sortir ou les rattraper vite. - A.Casse: On a entendu ce que disait la directrice du Louvre... "Les verres n'ont pas été brisés, ils ont été fendus." Ca ressemble à du déni? - D.Rykner: Tout va bien, en fait, puisque la vitrine a fait son job! Ce n'est pas sérieux. En 2 minutes, ils ont réussi à ouvrir. J'ai lu dans un journal qu'ils ont poussé avec le coude... Ce n'est pas sérieux...

4:56

Elle avait dit la même chose aux agents, qui avaient demandé à ce qu'elle parle lundi dernier. Elle avait dit: "Ca a très bien résisté. La vitrine était de bonne qualité." - A.Casse: Elle dit aussi: "Ce que je redoutais est arrivé." Elle se met dans le rôle de la lanceuse d'alerte. Non seulement elle n'est pas responsable mais elle était celle qui avait prévenu tout le monde? - D.Rykner: Je l'avais rencontrée il y a environ 2 ans. Elle disait que le Louvre avait besoin d'argent. Elle veut faire un grand projet du côté est, avec l'entrée monumentale sous la colonnade, en creusant des salles pour "La Joconde", pour les salles d'exposition.

5:38

Pour ce projet, on a rajouté dessus... Le Louvre ne va pas bien, mais ce projet global coûte 800 millions d'euros. C'est totalement fou, vu qu'on n'a pas le financement. On a quand même lancé un concours d'architectes. Tout le reste a été repoussé, repoussé, pour ce grand projet. - A.Casse: Autre propos entendu dans notre petit montage, la directrice de la sécurité du Louvre qui dit, après le casse, à ses équipes: "Si ça, ce n'est pas du professionnalisme, je ne sais pas ce que c'est." On sait pourtant que ce casse a été estimé à 88 millions d'euros. - C.Pigozzi: Je trouve que c'est très incitatif. Ca prouve que ce n'est pas si compliqué d'entrer dans le Louvre.

6:22

En France, tout est très administratif. Quand on veut changer des choses, ça prend beaucoup de temps. C'est la porte ouverte à d'autres fric-frac très intéressants. Ce n'est pas si compliqué, aujourd'hui. On n'a pas besoin d'être hautement professionnel. On y va, pas vu, pas pris! avaient pas pensé mais ça va leur donner des tas d'idées. - A.Casse: Pour aller dans d'autres musées... - C.Pigozzi: Et même pour retourner au Louvre! Le temps que ce soit organisé, ça va prendre du temps. - A.Casse: La galerie d'Apollon est fermée, mais le Louvre a rouvert.

7:07

Est-il assez sécurisé dans les autres salles? - C.Pigozzi: Il n'y a pas de baguette magique. Ca va prendre beaucoup de temps. - A.Casse: A.-E.Moutet, bonsoir. Vous êtes éditorialiste au "Daily Telegraph". Est-ce que les Anglais sont choqués? - A.-E.Moutet: Evidemment! Ils considèrent qu'il y a un côté un peu inspecteur Clouzot, inspecteur français dont on se moque gentiment dans les films de Blake Edwards, sur le fait que tout le monde est très content

7:50

mais que les bijoux sont partis et que ça a pris quelques minutes. Il ne fallait pas un équipement moderne très sophistiqué pour le faire. Ce n'est pas "Mission: Impossible", il n'y a pas de T.Cruise qui descend du plafond avec des filins. On a appris que 1 salle sur 3 seulement du musée du Louvre était équipée de caméras. L.des Cars, en arrivant en 2021, a demandé une enquête de sécurité, un audit des points faibles. Je ne sais pas si cet audit est arrivé, mais ça n'a pas donné grand-chose comme résultat. On aurait installé une centaine de caméras supplémentaires dans un musée qui est le plus grand du monde. Il paraît que dans l'aile Richelieu, la plus grande du Louvre, c'est 75 % de salles qui n'ont pas de caméra. On se pose des questions.

8:32

Les Anglais comparent avec l'endroit où les joyaux de la Couronne britannique sont installés, à la tour de Londres. C'est une forteresse qui a une douve de 30 m de large, des dizaines de policiers et de militaires, de spécialistes des forces spéciales pour protéger ça. Les joyaux sont dans une espèce de caisson en béton, un peu comme la Fondation Pinault à la Bourse. Ce caisson en béton peut être immédiatement isolé du reste. Le verre est anti-bombardement. On ne peut pas tirer dessus. Pour accéder, les visiteurs passent par toute une série de postes de sécurité.

9:16

Bref, tout ce qu'on n'a pas! Et je n'en ai dit qu'une petite partie... - A.Casse: On n'imagine pas la nacelle près de la tour de Londres et des disqueuses qui suffiraient à ouvrir la vitrine des joyaux de la Couronne. Est-ce que ça étonne les Anglais qu'il n'y ait toujours pas eu de démission, 4 jours après le casse du Louvre? - A.-E.Moutet: Un peu, mais on n'est quand même pas chez les Scandinaves. La culture de l'intégrité à la scandinave... Dans ce cas, l'Angleterre est plus proche de la France. Malgré tout, il y a tout de même le choc que personne ne dise

9:59

"c'est de ma faute". On se souvient de l'affaire de Georgina Dufoix, en France, qui disait: "Je suis responsable mais pas coupable." C'était dans l'affaire du sang contaminé. Cette pauvre femme ayant dit qu'elle était responsable a immédiatement servi de cible pour tous les gens qui ne voulaient pas qu'on dise que c'était eux. C'est la culture française, pas la culture britannique. Quand vous dites "c'est de ma faute", on considère que vous avez fait un pas pour obtenir des résultats et trouver ce qui s'est mal passé. Dans beaucoup de cas, la personne qui a dit "c'est de ma faute" est au minimum consultée pour la suite des événements.

10:41

Là, on voit toute une série de gens dans la haute administration française qui se disent: "Surtout, il faut que je dise que ce n'est pas de ma faute, que j'ai fait tout ce qu'il fallait, que c'est pas de chance et qu'on ne pouvait pas prévoir." Les commentaires des Britanniques, c'est "elle avait 4 ans pour le faire". - A.Casse: Est-ce que ce n'est pas aussi très français de vouloir couper une tête? - C.Barbier: On cherche le fusible, celui qui va payer pour les autres. Tout le monde cherche dans toutes les directions. Pour les uns, c'est la Mairie de Paris, la préfecture de police. Pour d'autres, c'est la directrice. Pour d'autres encore, c'est l'Etat qui n'a pas mis assez d'argent.

11:24

Ca donne l'impression du bal de l'irresponsabilité. Le boulot de la directrice était de faire un rapport d'audit pour dire qu'il y avait un problème de vétusté et de sécurité, mais aussi d'agir. Le budget, c'est quand même 300 millions d'euros par an. Donc c'est des arbitrages. Elle a mis cet argent ailleurs, sans doute dans des choses très importantes, des événements, de la communication... Il faut le faire tourner, ce musée. Mais elle aurait pu mettre de l'argent plus vite sur ce sujet. - A.Casse: On va faire la liste des potentiels responsables, essayer d'identifier les failles et les responsabilités. On peut Déjà lister une faille: le fait qu'il n'y ait pas

12:08

de caméras extérieures au Louvre, alors qu'en 1976 déjà, l'épée de Charles X était dérobée dans cette même galerie d'Apollon. - C'est une vidéo prise depuis l'intérieur du Louvre. Nouvel aperçu de ce que l'on appelle désormais le casse du siècle. *-Les individus sont en scooter, ils vont quitter... - Le sang-froid des braqueurs au moment de leur fuite. - Putain, ça y est! La police! - Ils repartent avec un trésor d'une valeur de 88 millions d'euros. Sommée de s'expliquer, la directrice du musée a été auditionnée par les sénateurs hier. - Madame la présidente, vous confirmez bien

12:52

que toutes les alarmes ont fonctionné? - L.des Cars: Absolument. Les vidéos ont fonctionné aussi. - Est-ce qu'il y en avait à l'extérieur? - L.des Cars: C'est là notre faiblesse. Du côté de la galerie d'Apollon, la seule caméra posée est posée en direction de l'ouest, donc elle ne couvrait pas le balcon concerné par l'effraction. - Sous la pression, L.des Cars a présenté sa démission à R.Dati. La ministre de la Culture l'a refusée. Union sacrée dans l'adversité.

13:26

... Dans un enregistrement, la responsable de la sécurité du musée s'adresse à ses salariés juste après le braquage et les félicite. ... Alors, à qui la faute? Devant les sénateurs, L.des Cars se dédouane. - L.des Cars: Je n'ai cessé, depuis ma prise de fonction en septembre 2021, d'attirer l'attention de notre tutelle, de la représentation nationale et des médias sur l'état de dégradation et d'obsolescence générale du Louvre, ses bâtiments et ses infrastructures. - Une défense qui fait bondir A.Filippetti, ministre de la Culture de F.Hollande. - A.Filippetti: Ce cambriolage est malheureusement la conséquence presque prévisible d'une mauvaise gestion du musée,

14:47

de son plan de travaux de maintenance, de sécurité, d'entretien de base, qui n'a pas été respecté au cours des 5 ans écoulés. Quand on est le chef de quelque chose, si quelque chose dysfonctionne et que ce sont des erreurs évitables, on doit en tirer les conséquences. - Des failles de sécurité que déplore également la Cour des comptes dans un rapport qui doit être publié d'ici 2 semaines. - P.Moscovici: Le rapport n'apprend pas des choses inconnues. - Les gouvernements étaient au courant? Ca ne tombe pas du ciel, ce qui s'est passé? - P.Moscovici: On n'était peut-être pas totalement conscients de l'ampleur du problème, mais on savait ce qui se passait.

15:31

- Pour calmer la polémique, la directrice du Louvre propose d'installer un commissariat de police au sein du musée. Déjà, la CGT s'y oppose. - Ce n'est pas le boulot de la police d'assurer l'accueil des publics. On a pour ça des métiers au sein du ministère capables de faire le boulot. Encore une fois, c'est une très mauvaise idée. En plus de ça, imaginez la situation dans laquelle on fait intervenir des policiers armés pour faire fuir les voleurs... Imaginez transformer la galerie d'Apollon

16:16

en stand de tir ou en O.K. Corral! Ce n'est pas possible! - La traque pour retrouver les braqueurs se poursuit. Les enquêteurs analysent les traces ADN retrouvées. Si les malfaiteurs sont déjà connus des services de police, ils pourraient ainsi être identifiés. - A.Casse: Il nous est dit que les 4 auteurs ont été identifiés. - L.Valdiguié: On sait qu'ils sont 4, encore heureux! Il y a des analyses ADN en cours. Hier, ils attendaient des résultats plus précis aujourd'hui. Ils devraient avoir des ADN. Ce n'était pas prévu qu'ils retrouvent tout ça. Regardez, on voit un casque, des gants, 1 des 2 grosses disqueuses... Ce sont des engins thermiques. Quand ils sont montés, on n'a pas le son,

17:00

mais ils ont dû allumer les disqueuses. C'est un truc énorme. C'est un impensé, tout ça. On est la France de la ligne Maginot. Christophe me faisait penser tout à l'heure à la ligne Maginot. On peut dire que personne n'a traversé la ligne Maginot! C'était formidable, infaillible! D'ailleurs, elle est toujours là. Et là, ils n'avaient pas pensé qu'on puisse passer par cette fenêtre et découper ce verre à la disqueuse. Parce que ce verre marche contre les balles. Quand ils disent que tout a bien fonctionné... Par rapport à tout ce qui était prévu, tout a bien fonctionné. Mais ils n'avaient jamais prévu ça.

17:43

Ils n'avaient jamais prévu que derrière la ligne Maginot, dans les Ardennes, les chars pouvaient passer... - A.Casse: Les Anglais, eux, ont prévu de possibles attaques à la disqueuse? - L.Valdiguié: Ils ont décidé qu'on ne leur volerait jamais les bijoux de la Couronne. Il y a eu une tentative... Mais c'est impossible qu'en moins de 4 minutes, en 3 minutes 58... Ils sont rapides, ils ont mis 8 minutes en tout, en comptant la montée et la descente. En moins de 4 minutes, ils ont éventré les vitrines. Ces vitrines n'étaient pas conçues pour ça. Elles sont conçues pour résister aux balles. Si on tire dessus, il ne va rien se passer.

18:28

- A.Casse: On a enregistré une 1re faille, la qualité de la vitrine. On va enregistrer toutes ces failles une à une. Autre impensé: la vidéosurveillance. Ca crève les yeux. La directrice du Louvre reconnaît elle-même les faiblesses du système de vidéosurveillance extérieur, depuis la chaussée, qui ne fait pas partie de ses prérogatives. Ca nous semblait être une façon déguisée de désigner la maire de Paris, A.Hidalgo. Ce soir, ça vient de tomber, la Mairie de Paris contre-attaque. Elle dit que la sécurité des bâtiments nationaux et la vidéosurveillance relève des services de l'Etat.

19:11

On peut donc ajouter sur la liste des responsables le préfet de police de Paris? - D.Rykner: Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas susceptible de défendre A.Hidalgo, mais elle a raison sur ce plan. La sécurité du Louvre doit être assurée par le Louvre, pas par l'Etat. Il fallait mettre des caméras à l'extérieur. Il faut sécuriser le périmètre. Ce n'était pas le cas. Tranquillement, ils se sont installés et ils sont montés. C'est d'ailleurs la seule faille qu'elle reconnaît... - A.Casse: Parce que ce n'est pas de sa faute, aussi. On attend les explications de la préfecture de police de Paris? - L.Valdiguié: Ca, c'est vraiment une déroute. Il y a plein de communes qui ont aujourd'hui des caméras intelligentes.

19:51

Là, on apprend que le Louvre a zéro caméra intelligente. Pas une. Zéro! Il y a plein de communes en banlieue, comme Argenteuil, qui ont des caméras intelligentes. Ce n'est pas tout, d'avoir des milliers d'écrans ou des caméras qui filment, il faut des caméras qui vous signalent quand il se passe un événement que vous avez appris à la caméra à reconnaître. - C.Pigozzi: Encore faut-il quelqu'un qui les regarde... - L.Valdiguié: La caméra intelligente sonne, c'est son avantage. Si elle voit un pistolet, elle sonne. Si elle voit qu'on dépose des encombrants à un endroit inattendu, elle prévient. Là, il y a pas de caméra dans le périmètre.

20:32

- A.Casse: Il faut être précis. Il y a la caméra à l'extérieur, donc peut-être responsabilité du préfet de police de Paris. Maintenant, vous parlez de la caméra à l'intérieur. L.des Cars dit que la caméra posée est en direction de l'ouest et ne couvrait pas le balcon. Ca coûte si cher, de mettre des caméras? - D.Rykner: C'était une caméra extérieure... Elle ne regardait pas vers le balcon. - L.Valdiguié: C'est vrai que la police n'avait pas d'images à chaud de l'installation de la nacelle. Bilan des courses: personne ne peut savoir... Ils ont perdu 2 ou 3 minutes. Personne ne peut savoir qu'il y a une attaque.

21:16

- A.Casse: On voit à quel point le plus grand musée du monde n'est pas de son époque. Elle dit que ce n'est plus un musée du XXIe siècle. On ne comprend pas pourquoi il n'y a pas de caméra intelligente. - C.Barbier: Le musée est sous-équipé. Les caméras qui étaient là sont pour la circulation routière, pas pour protéger le bâtiment. Mais ce bâtiment a d'abord été construit pour abriter le roi. Ensuite, il a abrité les administrations, notamment le ministère des Finances. Il est devenu le plus grand musée du monde seulement à partir de Napoléon. Si vous voulez mettre des vitres de sécurité aujourd'hui, vous allez vous heurter aux architectes des Monuments de France.

22:00

C'est un monument classé et on ne peut pas défigurer les façades. La beauté et le prestige du Louvre, car les visiteurs viennent aussi pour le bâtiment, créent la fragilité du Louvre. Quand bien même vous auriez blindé les fenêtres, il y a les toitures. Même avec des revêtements en béton armé sur les toitures, il reste les égouts... Ces vieux bâtiments qui n'ont pas été conçus pour être des coffres-forts sont fragiles. Il faut juste être plus malin que les éventuels cambrioleurs et anticiper ce qu'ils pourraient faire. Visiblement, on a manqué d'une culture du risque.

22:33

A-t-on fait des opérations de simulation? Ces opérations de réflexion, ces crash-tests, auraient peut-être permis de voir que les vitres extérieures étaient fragiles, qu'on pouvait stationner à la verticale de cette salle où il y avait les bijoux... On aurait pu les déplacer. Il y a aussi des salles souterraines au Louvre, où on ne peut pas accéder par l'extérieur. Tout aurait dû être pensé. Et les patrouilles de police, elles étaient loin... On avait beau être dimanche matin, 9h30, les premiers véhicules sur place ont mis 7 ou 8 minutes. Quelle est la connexion entre une alerte qui sonne

23:16

au Louvre et un équipage de proximité qui vient? - C.Pigozzi: Il faut toujours des gens pour entendre. - L.Valdiguié: C'est comme les pompiers pour Notre-Dame. Le commissariat du 1er arrondissement est loin. Statistiquement, ils ont eu de la chance. Si on savait tous les combien sur le quai passe une voiture de police ou une patrouille, je suis sûr que la moyenne est supérieure à 8 minutes. - C.Barbier: Ou alors ils étaient bien renseignés. - A.Casse: Mais par qui? - C.Barbier: Il y a des moyens de savoir, en écoutant les radios de véhicules, qui est où. - A.Casse: La piste de la complicité interne

23:59

est toujours ouverte? - L.Valdiguié: Evidemment, mais est-ce qu'ils ont besoin de complicité interne? Ce qui ne s'improvise pas, c'est de savoir si ces disqueuses vont réussir à casser les vitres blindées. Est-ce qu'ils ont besoin d'une complicité interne pour avoir l'info? - C.Pigozzi: Il suffit de relever la marque... - L.Valdiguié: C'est facile de repérer la hauteur, d'aller voler, paradoxalement, dans une petite ville de banlieue qui s'appelle Louvres, la nacelle qui les monte sur le balcon. C'est facile, en faisant de simples repérages dans la salle, de savoir que la vitre de la fenêtre, qui n'est pas blindée, va céder rapidement. L'inconnue est de savoir si les disqueuses vont réussir à percer les vitrines.

24:44

- A.Casse: L'autre faille, c'est l'alarme. Il y a un mois, il y avait un problème au niveau de la porte-fenêtre par laquelle les cambrioleurs sont entrés dans le Louvre. La directrice dit qu'il n'y a pas de problème aujourd'hui... - D.Rykner: J'ai en effet révélé il y a quelques jours, car j'avais la preuve, que le 13 septembre, un signalement est fait au Louvre sur un dysfonctionnement. L'alarme n'arrête pas de sonner, donc on la désactive. J'ai eu des informations du Louvre disant que l'alarme n'avait pas été réactivée. Je n'avais pas la preuve. Juste avant de venir, une de mes sources internes, à laquelle je fais confiance à 100 %, me dit qu'il y avait l'alarme. Elle a sonné.

25:29

D'après ce qu'on comprend, elle a sonné dans un poste de contrôle et ça n'a pas tout de suite alerté la police. - L.Valdiguié: L'alarme de la porte-fenêtre qu'ils percent? - D.Rykner: Peut-être, oui. Je ne sais pas... En tout cas, ça a sonné. C'était un vrai doute car, il y a un mois, c'est curieux, cette porte-fenêtre avait un dysfonctionnement... Manifestement, elle a été réparée, mais ça n'a rien empêché. - L.Valdiguié: Comment on sait que cette porte-fenêtre ne fonctionnait pas? Il y a un mois, est-ce que quelqu'un n'a pas repéré... Ca ne peut pas être en lien?

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- D.Rykner: J'ai eu un signalement interne, je ne peux pas en dire plus. L.des Cars a d'ailleurs reconnu ce dysfonctionnement devant la commission sénatoriale. - A.Casse: Le personnel était au courant qu'il y avait un problème avec cette porte-fenêtre. - L.Valdiguié: Justement, est-ce que ce n'est pas un repérage? - A.Casse: Est-ce que c'est déjà la 1re étape de ce casse qui s'est jouée il y a un mois? - D.Rykner: Peut-être, je ne sais pas. Franceinfo TV avait dit qu'une source policière disait que ça ne marchait plus depuis un mois et demi. Et peut-être même qu'elle ne marchait toujours pas... Ce serait fou. - L.Valdiguié: C'est curieux. Ca mérite d'être investigué.

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- C.Pigozzi: Quelle est la traçabilité? - C.Barbier: Est-ce que les voleurs étaient venus dans cette salle d'Apollon comme visiteurs et ont vu qu'on pouvait ouvrir la porte-fenêtre? Est-ce qu'il y a eu des complicités internes? Est-ce qu'ils ont récupéré des informations en interne sur une alarme défaillante en piratant les services informatiques? Il y a plein de pistes possibles. C'est surprenant qu'on laisse des portes-fenêtres non verrouillées dans une salle comme celle-là! Est-ce que il y a eu un trou et est-ce qu'ils ont réussi à ouvrir après? Les Anglais disent toujours qu'il faut détecter les voleurs,

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les ralentir puis les arrêter. Dans les domiciles privés, on envoie de la fumée. Si on avait ce système-là... - D.Rykner: Mais ça abîme les objets. - C.Barbier: Franchement, des bijoux, un coup de chiffon... - C.Pigozzi: Il n'y a pas que des bijoux. - D.Rykner: On aurait pu imaginer une alarme qui sonne très fort et qui perturbe. Il n'y avait pas ça. - A.Casse: On pointe déjà une autre faille, concernant l'alarme. Je ne sais pas ce qui vous intrigue le plus dans cette histoire, C.Pigozzi. On a fait des parallèles avec Arsène Lupin.

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On convoque la littérature, le cinéma... Je voudrais vous donner un extrait de "Fantômette"... Elle parle d'un casse dans le Louvre. ... C'est presque enfantin, et c'était écrit. - C.Pigozzi: On aurait pu aussi engager un très bon journaliste enquêteur. Il y en a beaucoup dans notre métier. Ils font un travail formidable. - L.Valdiguié: Ou demander à un vieux gardien. - C.Pigozzi: Un journaliste enquêteur pourrait soudoyer un vieux gardien! - L.Valdiguié: Je faisais la liste au château de Fontainebleau pour trouver l'endroit où Napoléon aurait pu avaler une capsule de cyanure. Personne ne le savait. Ils sont allés chercher un vieux gardien. Lui, il savait. Il a tout de suite dit qu'il l'avait lu et que c'était dans telle pièce de tel appartement. Je suis sûr que sur les 1300 fenêtres du Louvre, il y a une étude depuis quelques années pour savoir lesquelles il faut renforcer. Je suis sûr que les vieux gardiens du Louvre savent qu'il y a

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des endroits plus fragiles que d'autres. - C.Pigozzi: Est-ce qu'il y a encore des vieux gardiens? C'est la question. - L.Valdiguié: C'est l'endroit où ils sont passés en 76 pour voler l'épée de Charles X... - D.Rykner: C'est ce que je croyais aussi, mais non, ils étaient passés par un échafaudage. - L.Valdiguié: On sait en tout cas que quelque chose n'allait pas sur cette porte-fenêtre. - A.Casse: Autre faille, la question des effectifs du Louvre. J'ai l'impression d'ouvrir un dossier assez obscur. J'ai besoin de votre aide. Sur le site du Louvre, on parle d'un millier d'agents d'accueil et de surveillance. Les syndicats disent que les effectifs ont baissé de 14 % entre 2014 et 2023.

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On nous parle aussi d'une baisse de 6 %... Vous pouvez nous aider à comprendre de combien ça a baissé? - D.Rykner: C'est un peu comme le budget français, on ne comprend pas très bien. Ce qui est sûr, c'est que quand vous allez au Louvre, vous avez 1 chance sur 2 que la salle soit fermée. Pas celle de "La Joconde", bien sûr, mais il y a des salles fermées très souvent. Parfois, c'est écrit sur le site du Louvre que la salle est ouverte, et elle est fermée. On nous dit qu'il y a des travaux dedans, mais c'est faux. Il n'y a pas suffisamment de gardiens. Parfois, j'ai remarqué que sur 4 salles, il n'y avait

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qu'un seul gardien. Ce qui est étonnant, c'est que dans sa réunion de lundi dont on a entendu un peu d'audio, elle dit que tout va bien, qu'il y a suffisamment de gardiens. - A.Casse: C'est qui, "elle"? La directrice du Louvre ou de la sécurité? - D.Rykner: La directrice du Louvre. Elle dit devant ses troupes qui sont en train d'étudier, de regarder, pourquoi on manque de gardiens, si c'est de l'absentéisme... - C.Barbier: Il en faut dans chaque salle pour surveiller.

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Ils ne sont pas armés, heureusement. Si vous armez les gardiens, comme le préconisait un député du RN, la prochaine fois, ils viendront avec des kalachnikovs! Bien entendu qu'il ne faut pas armer les gardiens. Ca ne peut que mettre en péril les visiteurs. Les gardiens sont là quand vous vous approchez trop, quand vous vous asseyez là où il ne faut pas, quand un visiteur fait un malaise... Mais si un militant écolo jette de la soupe sur un tableau, comme ça a été la mode, le gardien ne peut rien faire. Il est à 4 ou 5 m, il ne peut pas intervenir. Il pourrait maîtriser la personne mais il faudrait former les gardiens aux arts martiaux. Les gardiens ne sont là que pour rassurer les visiteurs

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et les petites interventions. Contre les méchants, les voleurs, il n'y a que la technologie avant pour les détecter. On parlait de caméras intelligentes... Dans certains endroits comme les banques, il y a des caméras qui repèrent les comportements anormaux de ceux qui sont là. Vous allez au Louvre pour voir les bijoux, vous approchez de la vitrine et vous regardez les bijoux. Si vous allez au Louvre et que vous regardez la porte-fenêtre, les vitrines pour commettre un larcin, là, les caméras vous détectent. Mais ça ne durera qu'un temps, car les voleurs apprendront à se comporter de manière indétectable.

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- C.Pigozzi: Il faut l'entretenir, ce matériel. Ca coûte très cher. - C.Barbier: Le plus gros casse réalisé sur les joyaux de la Couronne a duré 5 jours, c'était en septembre 1792. 30 voleurs ont récupéré l'inventaire du Garde-Meuble de la royauté. - L.Valdiguié: C'était place de la Concorde, à l'Hôtel de la Marine. - C.Barbier: Il y a eu 9000 joyaux dérobés. Certains voleurs ont été attrapés. Ils ont été guillotinés. Mais les autres ont disparu avec les bijoux. Et 20 ans plus tard, en 1812, on a vu apparaître à Londres le plus gros diamant bleu qui avait été volé, retaillé en Angleterre.

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Ils se moquent de nous, mais à l'époque, ils ne nous ont pas rendu le diamant bleu! - C.Pigozzi: Au Vatican, les gardes sont armés. Ils ne tirent pas mais ça a un effet dissuasif. - A.Casse: Ca peut déjà être une piste. Mettre un commissariat à l'intérieur du Louvre, c'est pertinent? - D.Rykner: J'étais sur des plateaux avec des policiers qui trouvaient ça complètement grotesque. - C.Barbier: Ca n'a aucun sens. Il en faudrait aussi à Versailles, à Fontainebleau, à Orsay, au Grand Palais... - A.Casse: J'ai l'impression que c'est plus difficile de venir commettre un braquage sur le plateau de "C dans l'air", si des ravisseurs voulaient braquer C.Barbier...

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Ce serait plus difficile que d'en commettre un au Louvre. - C.Barbier: Si des ravisseurs venaient, ils vous kidnapperaient vous plutôt que moi! Ce serait plus difficile car il y a des guichets, des portes électriques, de la sécurité privée, dans un bâtiment sécurisable. Là, le bâtiment n'a pas été fait pour ça. Regardez le nombre de fenêtres! Et il dépend de l'Etat. - A.Casse: Puisqu'on essaie de lister les responsabilités, on en a déjà un faisceau. On a parlé de la ministre de la Culture, de la directrice du Louvre, de la directrice de la sécurité, de la maire de Paris, du préfet de police... Est-ce une sorte de "Crime de l'Orient-Express"

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où il y a plein de responsables? - L.Valdiguié: Le 1er avril 89, quand ils inaugurent la pyramide du Louvre, c'est conçu au maximum du maximum pour 4 millions de visiteurs par an. - C.Barbier: Et on est à 9! - L.Valdiguié: On a été jusqu'à 11. On a une jauge à 30 000 visiteurs par jour. Mais au Louvre, il y a une espèce d'autoroute humaine qui monte l'escalier jusqu'à la Victoire de Samothrace, qui tourne à droite dans la grande galerie à la recherche de "La Joconde". C'est irrespirable tellement il y a de monde! Vous savez ce que disent les gardiens? Ils passent leur temps à indiquer la direction de "La Joconde". En vérité, il y a trop de monde. On voit depuis dimanche que la dissuasion... On pensait que le Louvre était très bien gardé. Là, on découvre qu'il est très mal gardé et que le temps de réaction d'hommes en armes est très long car le commissariat est loin. Il faut rapprocher les primo-intervenants armés d'éventuels gens qui sortent avec "La Joconde"!

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C'est le risque qui nous pend au nez. - A.Casse: 1 an avant le Louvre, un autre braquage spectaculaire a eu lieu à Paray-le-Monial, en Bourgogne. Le préjudice est estimé à 7 millions d'euros. Le butin a été en partie retrouvé et les malfaiteurs, arrêtés. C'est là aussi une histoire qui aurait pu faire l'objet d'un film. - C'était la pièce maîtresse du musée de Paray-le-Monial: la Via Vitae, une sculpture de l'orfèvre Joseph Chaumet, classée trésor national avec ses figures en or, en ivoire et en diamant. La voici dépouillée après un vol l'an dernier. - En effet, la vue originale est très différente de la présentation actuelle. On a choisi de dénuder totalement la montagne. Les malfaiteurs ont pris un certain nombre de personnages. Pour ce faire, ils ont scié la vitre blindée avec une disqueuse et se sont ensuite dirigés à l'intérieur de la vitrine pour arracher du socle en marbre un certain nombre de personnages. - Il était 15h45 ce jour de novembre 2024. 4 braqueurs pénètrent en plein jour au milieu des visiteurs dans le musée. Un braquage rapide et violent, en 6 minutes. L'attaque a traumatisé le personnel. - L'un d'eux est resté au niveau de l'accueil

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pour tenir en joue l'agent d'accueil qui était présent. Il a tiré un coup de feu et les autres se sont dirigés directement vers la vitrine de l'oeuvre. - Le vol fait la une des journaux. Préjudice estimé à 7 millions d'euros. Les braqueurs étaient extrêmement bien préparés et armés. - Les malfaiteurs s'enfuient à moto et jettent des clous sur la route pour perturber l'arrivée des voitures de gendarmerie sur les lieux. - Depuis, 12 suspects ont été arrêtés dans l'affaire. La gendarmerie repêche la partie supérieure de l'oeuvre d'art abandonnée dans un cours d'eau. Mais les figurines en or et ivoire, ainsi que les pierres précieuses, restent introuvables. Le musée avait réussi tous les tests de sécurité

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après déjà un vol et des tentatives ratées. - Tous ces incidents ont déclenché de nouvelles mesures de sécurité. Finalement, toutes les tentatives par l'extérieur qui ont échoué ont peut-être amené les malfaiteurs les plus déterminés à choisir d'attaquer en plein jour, à main armée, et de mettre en danger la vie des personnes. - Alors, une mesure drastique a été prise: ne plus exposer les oeuvres les plus précieuses, les enfermer dans les réserves du musée. - Etant donné le cours de l'or très élevé et les vols qui se multiplient, ma décision, c'est de donner la priorité à la conservation de ces oeuvres pour les générations futures

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plutôt qu'à leur présentation pour les générations présentes. C'est un peu un crève-coeur, mais c'est le choix le plus responsable aujourd'hui. - Le musée de Paray-le-Monial Dispose de 225 000 euros de budget par an alloué par le maire. Mais les charges pourraient s'alourdir pour continuer d'exposer les 700 oeuvres de la collection permanente. - Mécaniquement, si les vols continuent à se développer, il y aura forcément des conséquences en matière de cotisations d'assurance. C'est évident. - Ca vous inquiète? - C'est un peu inquiétant, oui. On n'a pas de budget infini. - Les équipes du musée ont lancé un projet de reconstruction

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de cette oeuvre d'art inestimable. La municipalité l'avait achetée 750 000 euros il y a 20 ans. - A.Casse: On entend les directeurs nous dire: "Maintenant, les pièces précieuses, je les cache. Je ne les montre plus." - D.Rykner: Le risque 0 n'existe pas. On va pas transformer tous les musées en coffres-forts, cacher toutes les oeuvres. Ca peut arriver. Ca arrive trop. Mais il faut sécuriser au maximum sans abîmer le patrimoine. On voit bien que ça ne s'est pas passé. - A.Casse: Peut-être que nos musées vont changer, depuis

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le casse du Louvre, et se transformer en forteresses. - L.Valdiguié: Il y a des directeurs de musées qui tremblent et qui ont fait un recensement de leurs objets genre bijoux, pièces en or. La BNF a mis au coffre tout un tas de médailles exposées au public facilement. Au Mobilier national, ils ont mis des jades au coffre. - A.Casse: Pourquoi il y a autant de cambriolages d'un coup? La pépite d'or au Musée d'histoire naturelle, le Louvre, le musée en Bourgogne...

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Pourquoi autant en si peu de temps? - L.Valdiguié: Les fameux 5 tableaux, dont le Picasso qu'on n'a jamais retrouvé, qui ont été volés au Musée d'art moderne... Un Picasso, c'est difficile de le découper en petits carrés et de le revendre en disant que c'est un Picasso. Là, les 8000 diamants, le gros risque, c'est qu'ils soient facilement revendables à la découpe. - A.Casse: Vous ne répondez pas à ma question. - L.Valdiguié: Les pépites d'or du Muséum d'histoire naturelle, c'est fondu depuis longtemps. - A.Casse: Il peut y avoir un effet d'un mouvement qui s'est créé parce qu'un a commencé... - L.Valdiguié: Ils savent qu'il y a maximum 10 000 euros dans une banque et que c'est sécurisé.

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Les musées, aujourd'hui... Le Louvre a perdu son côté dissuasif. Tous les musées sont en grand danger aujourd'hui. C'est pour ça qu'ils ont raison, jusqu'à nouvel ordre, de cacher les objets en or ou trop précieux avant qu'il n'y ait un inventaire un peu sérieux. Après l'incendie de Notre-Dame, ils avaient expertisé leur sécurité. - A.Casse: Le Louvre est en grand danger aujourd'hui? - L.Valdiguié: Oui. - C.Barbier: Partout ailleurs, c'est plus difficile. Même les boutiques de luxe à la voiture-bélier, ça devient difficile. La mode l'an dernier, c'était d'enlever des propriétaires de bitcoin. Ca a échoué. Les voleurs vont au plus gros profit pour le plus faible risque.

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Il y a d'autres lieux à risque: les lieux de culte. Il y a moins de choses à voler mais il y a encore des objets de culte en or. L'or est à plus de 4000 dollars l'once. En faisant fondre ça, on gagne sa vie rapidement. - A.Casse: Vous confirmez, Caroline? Je vous ai vue réagir sur les églises? - C.Pigozzi: Oui, mais dans les églises, maintenant, quand il y a des messes, on ne sort plus rien. C'est gardé, caché, dans les coffres-forts. - A.Casse: A quel point ce casse du Louvre porte atteinte à notre image à l'étranger? - C.Pigozzi: On se dit que c'est facile et que ça peut donner des idées à d'autres. - A.Casse: Je compare aux autres musées. Est-ce qu'ils vont vouloir encore nous prêter des pièces? - C.Pigozzi: C'est une excuse, un argument pour ne pas en prêter.

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- D.Rykner: Ils prêteront encore des oeuvres. Simplement, ils s'interrogeront sur les mesures de sécurité pour les salles d'exposition. - C.Pigozzi: Comment les assurer? - D.Rykner: Les frais d'assurance ont augmenté depuis très longtemps. Ca rend plus difficiles les expositions. Vous avez raison, il y a beaucoup de vols sur l'or. Il y a eu un vol il y a très peu de temps sur des croix en or au musée des Cévennes. C'est dramatique. En attendant de faire quelque chose, tout ce qui est en or et en argent, il faut sécuriser. En 2019, on avait un vol un peu de la même... On a retrouvé quand même.

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- A.Casse: C'était des joyaux. - D.Rykner: Du même genre. On en a retrouvé une grande partie. Tous ces bijoux sont des bijoux royaux. Un spécialiste dit que c'est fait pour être vu de loin, pour impressionner, mais que ce ne sont pas les meilleures pierres. - A.Casse: Avec une image, c'est encore mieux. I.de La Fressange a publié une photo où on la voit porter ces bijoux. Elle a dit qu'elle a pu les porter exceptionnellement. Je trouve ça tellement plus fort de les voir sur elle... C'est tellement magnifique. Ils sont vivants. Vous nous disiez qu'ils étaient surtout faits pour être vus de loin. - D.Rykner: C'est ce que m'a dit le spécialiste.

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La plupart de ces pierres sont des petits diamants. Ecouler 1000 petits diamants, c'est compliqué. Ca rapporte beaucoup moins. Les saphirs de Ceylan sont beaucoup plus beaux, paraît-il, et plus facilement... Mais on les connaît. Il va falloir les retailler. Oui, ça représente de l'argent, mais il faut espérer qu'ils les ont volés pour ça. Il y a eu un vol de tabatières très précieuses qu'on ne pouvait pas dépecer l'an dernier. 2 appartenaient au Louvre, d'autres au roi d'Angleterre...

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On les a retrouvées un an après. Ce que je ne comprends pas, c'est: pourquoi voler ça alors qu'on sait ce que c'est et que c'est incommercialisable? - A.Casse: Peut-être que dans un an ou deux, on va les retrouver. L'espoir est qu'ils soient intacts. - L.Valdiguié: Le reliquaire concentre à lui seul les plus belles pierres... Il y en avait un qui était sur le chapeau de Louis XVI. Napoléon en avait mis un sur son épée le jour du sacre. C'est l'histoire de France. Voilà le reliquaire. C'est une merveille. - A.Casse: Il est à droite. - L.Valdiguié: La grande broche à gauche... - D.Rykner: Je ne sais pas ce que ça donne, en argent. Pas beaucoup, je pense. - L.Valdiguié: Je crois qu'il y a 4000 diamants. Ils ne vont pas gagner 88 millions d'euros, le coût de la sécurité du Louvre, entre parenthèses... Mais s'ils en gagnent 20 000 ou 30 000 pour les 7 minutes de leur casse, ils seront contents. C'est ça, le drame. - A.Casse: Caroline vibre. - C.Pigozzi: J'ai touché ces bijoux. On avait fait un reportage dans "Match"

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où on les avait photographiés. J'avais demandé à la comtesse de Paris si je pouvais le mettre sur ma tête. - A.Casse: Qu'est-ce que ça fait? - C.Pigozzi: C'est très lourd mais c'est très voluptueux. Le photographe m'a dit: "Déconne pas!" - A.Casse: Ce n'est pas fait pour être porté. Elle n'aimait pas la porter. - C.Pigozzi: Mais c'est merveilleux à porter. Jean-Claude était très énervé. "Déconne pas. Qu'est-ce qu'on va dire au journal?" Mais c'était formidable à toucher. Il y a quelque chose... - A.Casse: De charnel. Je vois vos yeux qui brillent pour la 1re fois depuis le début de l'émission. - C.Pigozzi: C'est formidable. Je ne sais pas comment dire. C'est extraordinaire. On a l'impression de toucher l'histoire de France.

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C'est voluptueux. - A.Casse: Ce sont aussi nos bijoux, notre héritage? - C.Barbier: C'est l'histoire de France. Il y a plus de valeur par le patrimoine et l'histoire peut-être que par la simple pierrerie. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on en a fait l'acquisition. La IIIe République avait fait l'effort financier d'acquérir un maximum de joyaux parce qu'elle ne voulait pas que les familles royales se les attribuent. - D.Rykner: La IIIe République a vendu une grande partie de ces bijoux. - C.Barbier: Elle s'en est aussi débarrassée pour les mettre sur le marché.

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- D.Rykner: Elle ne voulait pas avoir quoi que ce soit à faire avec la royauté. Seuls 2 de ces bijoux volés au Louvre font partie de cette vente. 7 sur 8 étaient achetés récemment par le Louvre. - C.Pigozzi: La comtesse de Paris en a vendu quelques-uns. Il y a un côté sensuel, Castafiore. Je n'ai jamais été aussi heureuse qu'en faisant ce reportage. - A.Casse: C'est aussi pour ça que ces bijoux nous font rêver. Est-ce qu'on a encore les moyens d'entretenir la splendeur d'une France qui nous semble révolue? On peut compter sur le Loto du patrimoine. Vous allez voir comment il a sauvé un ancien Hôtel-Dieu en ruine. ...

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- C'est un monument qui a tiré le gros lot, un ancien hôpital fondé à l'origine par la femme de Philippe Le Bel. L'Hôtel-Dieu de Château-Thierry est un chef-d'oeuvre oublié du patrimoine français. Un bijou menacé par le temps, peut-être sauvé par le Loto. - Je vous en prie. Entrez. - Les visiteurs de cet immense bâtiment sont presque des privilégiés. Ici, une seule visite par jour, pas plus. - Vous voyez le lit de toute petite taille tout simplement parce qu'au XVIIe, on ne dort jamais allongé. On dort assis. - Pas assez de budget. Les caméras sont trop rares et les surveillants en nombre insuffisant pour assurer des visites toute la journée. - Faïence au motif réalisé à la manufacture de Nevers.

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- Les religieux et les infirmières de l'époque vivent ici. Seulement une partie de leur trésor est exposée. - Environ 1300, 1400 oeuvres exposées. Sur les 3000 oeuvres d'art, une partie du trésor est dans le grenier et ne demande qu'à en sortir. Certaines oeuvres demandent encore à être restaurées. On a besoin de financement pour pouvoir réaménager toutes les salles et le trésor. ... - On a l'espace suffisant. Ca va aller. - Des milliers de mètres carrés sont disponibles. Seulement un tiers de la surface est utilisé. Les derniers malades sont partis d'ici dans les années 80. Depuis, les étages de l'Hôtel-Dieu sont à l'abandon. Le temps fait des dégâts. Les problèmes s'accumulent.

51:02

On est bien loin d'une salle de musées aux normes. - Vous avez justement ici la preuve que les fenêtres sont extrêmement abîmées. On le voit ici au niveau des boiseries, même au niveau des mécanismes. Parfois, les fenêtres ne s'ouvrent plus. On voit l'eau qui s'infiltre. Les canalisations, tout a été cassé. Ce sont des petits travaux, mais ça reste quand même des travaux à faire. - Elodie voit l'état du bâtiment empirer. Pour elle, le compte à rebours pour sauver l'Hôtel-Dieu

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a déjà commencé. - Malheureusement, plus ça va dans le temps, pire c'est. En 4 ans, je vois la progression. Ca va de mal en pis. - La Mission patrimoine en péril de S.Bern veut tout changer. Elle va peut-être sauver ce lieu inscrit aux monuments historiques. Estimation des travaux: 718 000 euros. C'est ce qu'a calculé la communauté d'agglomérations propriétaire de l'Hôtel-Dieu. Le Loto du patrimoine leur promet plus de 200 000 euros, loin d'être suffisant. Mais ces tickets vont mettre un coup de projecteur sur l'ancien hôpital. L'agglomération espère que cela va attirer d'autres investisseurs.

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Pour son président, ce financement est une aubaine pour la région. - L'ambition est à 3 niveaux. Les habitants du territoire, qu'ils prennent conscience qu'aujourd'hui, on a des richesses sur le territoire et que, quelque part, ils puissent le valoriser. 1re ambition. 2e ambition, le jour où on a besoin d'accueillir une nouvelle population, comme des populations de cadres, aujourd'hui, ce sont des éléments très regardés, l'environnement culturel du territoire. 3e ambition, c'est le développement touristique, avec une destination que nous sommes en train de créer avec la maison du tourisme. - La collectivité a une dernière ambition: ouvrir un musée national de l'histoire de la médecine.

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Pour continuer de rêver à de nouveaux projets, certains habitants de Château-Thierry gratteront un ticket du Loto du patrimoine en septembre prochain. - A.Casse: C'était il y a 7 ans. On suit à chaque fois les dossiers dans "C dans l'air". On a pris des nouvelles de ce musée. Il a retrouvé une nouvelle vie. Il a 5000 visiteurs par an. Le musée est ouvert tous les jours. Il y a un pôle d'accueil, une boutique et même un projet de construire un hôtel. Je ne sais pas si on peut parler de résurrection? - C.Barbier: C'est tout à fait ça, de restauration portée au pinacle. C'est très bien. Il faut faire feu de tout bois. Tous les moyens pour entraîner de l'argent privé vers la restauration de notre patrimoine doivent être utilisés.

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Le mécénat... Il faut que notre pays ait une culture moins rétive au mécénat. C'est très bien si de grandes entreprises mettent de l'argent dans la restauration du patrimoine. Tant mieux si elles se font de la publicité avec pour montrer qu'elles sont solidaires de leur pays. Les avantages fiscaux... Une loi a été rédigée par l'ancien maire de Versailles pour financer le patrimoine de proximité en ayant une ristourne fiscale. C'est très utile pour le petit patrimoine qui a beaucoup de valeur dans notre histoire. Et puis, le Loto du patrimoine... On joue, c'est agréable, on peut gagner et c'est utile, populaire. - A.Casse: Question. - D.Rykner: C'est la mission de l'Etat.

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Mais je profite d'être ici pour faire ce que je fais souvent. 2 solutions peuvent rapporter 800 millions d'euros au mois par an. Elles sont transparentes pour le budget de l'Etat et pour les contribuables. - A.Casse: Allez-y. - D.Rykner: La première, on parle du Loto du patrimoine. Ce que fait S.Bern est formidable, mais ça rapporte quelques dizaines de millions au maximum par an. - C.Pigozzi: C'est mieux que rien. - D.Rykner: C'est pour ça que je dis que c'est formidable. Sur toutes les mises de La Française des jeux, 1,8 % va aux sports. Je ne dis pas qu'il faut l'enlever... Imaginons qu'on prenne 1,8 % de toutes les mises de La Française des jeux pour le patrimoine, les Anglais

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le font bien, et que cet argent ne soit pas récupéré sur l'Etat mais uniquement sur les 70 % des mises qui sont redistribuées aux joueurs. Ca veut dire qu'on aura toujours des gros lots. Ce sera totalement transparent. Personne ne sait que 1,8 % des mises va aux sports. Ce sera transparent. Il y aura toujours des gros lots. 2e mesure, c'est la taxe de séjour, qui est assez faible en France. Si vous voyagez 15 jours en France et que vous avez 1 euro de plus de taxe, c'est une micro-taxe. Ces 2 mesures permettent d'obtenir 800 millions d'euros par an pour le patrimoine. - C.Barbier: Et si on vendait beaucoup d'oeuvres qui sont dans les réserves?

56:03

- D.Rykner: Je ne serais pas d'accord, bien sûr. - A.Casse: C'est justement la question... - D.Rykner: Les oeuvres qui ne sont pas exposées doivent être exposées ou elles ne valent rien, et dans ce cas, ça n'a pas d'intérêt. - A.Casse: S'il vous plaît, il faudrait une cloche. Il n'y a plus aucune discipline sur le plateau. Question de Patrick. Vous iriez jusque-là? - C.Barbier: Pas les grands chefs-d'oeuvre. L'humanité veut les voir. On ne va pas vendre "Le Radeau de la Méduse" ou "La Joconde".

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Mais dans les réserves, il y a des tas d'oeuvres secondaires qui ne seront jamais exposées. Si elles le sont, elles n'intéresseront que les spécialistes. - D.Rykner: Le château de Chantilly expose plusieurs Raphaël, dont un qui était en réserve comme une copie. On aurait pu le vendre. C'était un secondaire. - C.Barbier: Du Raphaël, ça s'expose. - D.Rykner: C'était un secondaire. On ne savait pas que c'était un Raphaël. Les musées peuvent faire des erreurs. Il ne faut pas toucher aux oeuvres. - A.Casse: Je voulais vous montrer une image. L'entreprise allemande Bocker, fabricante du monte-charge, en a profité pour faire sa publicité avec ce slogan... Il ne faudrait pas que ça en inspire d'autres. - L.Valdiguié: Ils l'ont fait traduire. La pub initiale est en allemand, c'est ça? - A.Casse: Là, on la comprend mieux. Ca nous est aussi adressé à nous. - L.Valdiguié: C'est une pub opportuniste. - C.Pigozzi: Il faudrait mettre des grilles partout. - C.Barbier: Il faut une autorisation de la mairie pour stationner ce genre de véhicule.

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- L.Valdiguié: Ils avaient installé des plots, d'où les gilets jaunes. C'était une course de vitesse. Ils ont fait en sorte qu'une première patrouille de police qui passe ne s'aperçoive de rien. Sur la vidéo en entrée d'émission, on voit plein de voitures et de passants passer et repasser. - A.Casse: Mais il n'y a pas de travaux le dimanche, normalement. - L.Valdiguié: La police aurait pu passer se rendre compte... - A.Casse: On passe aux questions. Question. - C.Barbier: La France n'a plus les moyens de grand-chose. On est en incurie financière dans beaucoup de domaines. On n'a pas assez d'argent pour la défense. On a fait une loi de programmation militaire ambitieuse pour la justice, l'éducation... Le pays a des dettes. Il faut trouver des solutions ailleurs que dans l'argent de l'Etat.

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C'est-à-dire l'argent de nos impôts ou de l'endettement. La sécurité des musées, la prospérité des musées... Les affectations budgétaires des musées doivent se penser autrement. - A.Casse: Question. - D.Rykner: Un fonctionnaire, pour démissionner, doit faire une lettre de démission. A ma connaissance, elle n'a pas fait de lettre. Elle est soutenue pour ce grand projet que veulent faire L.des Cars et E.Macron. R.Dati soutient E.Macron. - A.Casse: Vous parlez du projet Renaissance du Louvre où il s'agit notamment de changer "La Joconde" de place? - D.Rykner: Oui. - A.Casse: Je le dis pour ceux qui nous rejoignent. - D.Rykner: Le président de la République soutient clairement ce projet.

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Ils ne veulent pas de sa démission. Elle a été posée mollement. - A.Casse: Vous dites que c'est du théâtre? - D.Rykner: Je n'ai pas de preuves, mais je le pense. - A.Casse: Est-ce incompréhensible qu'elle n'ait pas carrément démissionné? - C.Barbier: Je pense qu'elle a été sauvée par S.Lecornu, qui a démissionné de son poste de Premier ministre et qui a été renommé dans la foulée. Il y a une mode de la démission refusée en cet automne. Une fois que l'émoi est retombé, qu'on a stabilisé la situation, qu'on a le fin mot de l'histoire, parce qu'on va peut-être arrêter ces voleurs, la question peut se poser. Ils vont ouvrir une page nouvelle et il faudra peut-être de nouveaux responsables. - D.Rykner: Le Louvre est un établissement public. Il a une autonomie financière, de l'argent.

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Ils ont une priorisation. Elle aurait pu décider de prioriser d'autres choses. Elle a fait des dépenses inconsidérées avant cela. - C.Barbier: L'affaire de la cuisine? - D.Rykner: C'est anecdotique, mais c'est 500 000 euros. L'affaire des arts islamiques... C'est un département qui a moins de 15 ans et qu'elle a fait refaire entièrement. Ce n'est pas sérieux. - A.Casse: Qui est le 1er responsable. G.Darmanin disait "nous avons failli". La directrice du Louvre, j'ai compris. Est-ce que R.Dati a failli aussi? On peut remonter plus haut? - C.Barbier: La responsabilité est politique. Dans les années 60, un prisonnier s'était évadé, à Nantes, je crois. C.de Gaulle a demandé la démission du ministre de la Justice.

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Il a fallu que son Premier ministre s'emploie à dire que ce n'était qu'un prisonnier et que ce n'était pas l'ennemi public numéro 1 et qu'il ne fallait pas faire démissionner un ministre de la Justice à chaque fois qu'un prisonnier s'évaderait. C.de Gaulle a convenu que c'était disproportionné. Mais la culture de la responsabilité politique, à partir de quand il se sent responsable d'un échec... Est-ce que le ministre de l'Economie doit démissionner parce qu'il y a de la dette? - L.Valdiguié: On n'est pas le pays de la démission mais de la commission. En général, quand il y a un problème, on fait une commission. C'est en train de se mettre en place. On ne démissionne même plus quand on est mis en examen. La mode n'est plus à la démission.

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- C.Barbier: La démission, c'est pour faire un coup de gueule pour se présenter à une élection. La commission d'enquête qu'A.Portier veut constituer a un avantage. Il ne s'agit pas de chercher qui est responsable de l'affaire du Louvre mais de savoir comment on peut mieux protéger, et pas pour trop cher, le patrimoine français. - C.Pigozzi: Les femmes soutiennent les femmes. - A.Casse: C'est-à-dire? Il y a une sororité entre R.Dati... - C.Pigozzi: Elle a été peut-être plus indulgente parce que c'est une femme. Elle aurait été plus dure si ça avait été un homme à la tête du Louvre. - A.Casse: Elle était face à des hommes, hier, au Sénat, la directrice du Louvre. Question. - D.Rykner: Je ne sais pas. Il faudrait leur demander. - A.Casse: Vous ne l'avez pas fait?

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Vous ne les avez pas appelés? - D.Rykner: Je prépare un article... Beaucoup de choses se sont dites. J'ai tout retranscrit, mais je ne sais pas. - C.Barbier: Le président de la commission des affaires au Sénat lui a fait crédit de sa sincérité. On ne peut pas dire qu'il a été convaincu, mais il a trouvé qu'elle ne jouait pas la comédie. - A.Casse: Question. - L.Valdiguié: Si les policiers ont un ADN ou deux, ils vont se trouver dans la situation d'avoir à évaluer s'ils vont très vite dans une arrestation, même si elle n'est pas complète, dans le but de retrouver les bijoux, ou s'ils attendent, surveillent et essayent d'avoir l'équipe au grand complet. - A.Casse: Comment ils évaluent ce dosage très difficile? - L.Valdiguié: C'est le pif policier,

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dans ce genre de situation, de voir qui ils ont. Si un ADN tombe, s'ils ont une identité, voir si c'est un sous-fifre ou quelqu'un de plus important, quelqu'un susceptible d'avoir les bijoux ou de les mener aux bijoux. Cette affaire est difficile. Ils ont 2 objectifs: arrêter les gens, ce qui est le travail de la police, mais aussi aller vite avant que les bijoux ne soient à Anvers. Ils ont communiqué à tout le monde. Vous aviez raison de dire que si des pierres étaient présentées à n'importe quel diamantaire ou receleur, il se rendrait compte... Ce sont des tailles anciennes. - C.Pigozzi: Un bijou pas huilé.

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- L.Valdiguié: N'importe quel bijoutier dans le monde... Il y a une banque mondiale, le GIA, à New York, qui a la mémoire de plein de pierres. Je ne sais pas si le Louvre avait fait répertorier ses pierres. - A.Casse: Vous pensez qu'on peut les retrouver? - C.Pigozzi: On peut les retrouver mais ils peuvent les couper en morceaux. C'est peut-être un émir qui les a chez lui et qui les regarde avec passion toute la journée. - D.Rykner: Ils auraient dû prendre une équipe plus professionnelle. Ils ont laissé beaucoup de traces. - A.Casse: Question. - C.Barbier: Visiblement, non. L'argent a été affecté à d'autres dépenses. - A.Casse: C'est 9 millions de visiteurs. On paie 22 euros sa place. A priori, les caisses sont pleines. - D.Rykner: Une grande partie de cet argent va pour les acquisitions. Mais elle a un budget de 330 millions d'euros par an. Il y a de l'argent. Et de l'argent d'Abou Dhabi aussi. Beaucoup d'argent est rentré. Ca permettrait de faire ces travaux. - C.Pigozzi: Une question dont on n'a pas parlé: le problème de l'assurance. - A.Casse: Les bijoux n'étaient pas assurés. - C.Barbier: L'Etat est son propre assureur. - C.Pigozzi: Je sais, mais...

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- D.Rykner: On l'a vu pour Notre-Dame. L'Etat n'a rien payé. - A.Casse: L'Etat, ça veut dire que c'est le contribuable qui supporte le risque? - D.Rykner: Oui. Si c'était assuré, on recevrait 88 millions d'euros qu'on dépenserait et après, on les retrouverait... - C.Barbier: Est-ce qu'il ne devrait y avoir un moratoire sur la politique d'acquisition? - D.Rykner: La France n'a plus les moyens... Dans le domaine du patrimoine, il y a beaucoup de gâchis. Vous n'allez peut-être pas être d'accord. L'argent qu'on donne dans les éoliennes...

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On ne va pas rentrer dans le débat... - A.Casse: On en est loin. - D.Rykner: On bousille le patrimoine en enrobant les maisons de protections contre le réchauffement climatique. C'est délirant. - A.Casse: C'est un autre enjeu de notre époque, la lutte contre le réchauffement climatique. Je pense que ce que vous mettez au même niveau n'a aucun rapport. Je me permets de le dire ce soir. Question. - L.Valdiguié: Ils pourraient. Est-ce qu'on la paierait? Je ne sais pas. Ce serait une décision importante. Quitte à payer et les attraper ensuite... - C.Barbier: Ils peuvent se faire arrêter à la remise de la rançon. Le but est de les arrêter au moment où ils sortent les bijoux

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de la cachette pour les empêcher de les vendre. - A.Casse: Merci d'avoir été nos invités. Cette émission est rediffusée et disponible en podcast.