François-Xavier Bellamy : "Il faut tout faire pour économiser de l'énergie"
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- 0:15OuverteRéponse directe
Est-ce que tout cela sera suffisant, François-Xavier Bellamy ?
- 2:44OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut préparer les esprits à du rationnement ou à des coupures temporaires l'hiver prochain ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous pose problème, François-Xavier Bellamy ?
- 3:48RelanceRéponse directe
Les intérêts d'un côté, les valeurs de l'autre. Ça me pose évidemment un problème très grave.
- 5:02RelanceRéponse partielle
On choisit nos valeurs ou nos intérêts, François-Xavier Bellamy ?
- 5:58OuverteÉludée
Est-ce que dans ces conditions, il faut accélérer sur les éoliennes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Ça fait pas seulement des semaines, ça fait des années que les régulateurs alertent sur le fait que nous allons vers des pénuries d'énergie sur la plaque européenne. »
- 0:53Invité politiqueFait
« parce que ça fait des années que tous les pays d'Europe de l'Ouest en particulier sont en train de baisser leur production d'électricité pilotable, de baisser leur capacité de produire leur propre énergie, notamment dans le contexte de la décarbonation. »
- 1:24Invité politiqueFait
« la centrale de Fessenheim, elle nous manque déjà maintenant. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Et la fermeture de Fessenheim a été, restera un élément catastrophique du bilan d'Emmanuel Macron qui a poursuivi la politique de François Hollande pendant 10 ans. »
- 2:22Invité politiqueFait
« EDF a été victime d'une sorte d'impôt arbitraire à travers l'augmentation du plafond de la reine. »
- 2:31Invité politiqueFait
« l'État a prélevé dans les comptes d'EDF plusieurs milliards d'euros de manière complètement, encore une fois, unilatérale, sans aucune concertation avec la Commission européenne que pourtant le gouvernement aurait dû consulter. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Ça me pose évidemment un problème très grave. »
- 4:02Invité politiqueFait
« On ne remplace pas notre dépendance à l'égard d'un État autoritaire qui viole toutes les règles du droit international par une dépendance à l'égard d'un autre État... »
- 4:19Invité politiqueFait
« Et aujourd'hui, on voit bien que nous sommes dans la main de ces puissances autoritaires qui foulent au pied nos principes. »
- 6:01PrésentateurChiffre
« Grâce aux éoliennes terrestres, l'État va toucher en 2022 et 2023 plus de 7 milliards d'euros. »
- 6:47Invité politiqueFait
« les pays qui ont le plus investi dans l'éolien ces dernières années sont ceux qui consomment le plus de gaz aujourd'hui. »
- 7:50PrésentateurChiffre
« 27 des 56 réacteurs français sont à l'arrêt, dont 12 en raison de problèmes de corrosion. »
- 8:20PrésentateurFait
« le journal Libération fait de nouvelles révélations sur l'EPR de Flamanville avec un problème sur un système de pilotage. »
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Bonjour François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains, vous êtes membre de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie au Parlement européen. Précisément, la commission européenne présente aujourd'hui un plan d'urgence au cas où la Russie interromperait
ses
livraisons de gaz. Il faut s'assurer que l'Europe aura assez d'énergie pour passer l'hiver. Parmi les propositions, la limitation de la clim en été ou du chauffage en hiver, 19 degrés maximum par exemple pour le chauffage des bâtiments publics ou commerciaux. Est-ce que tout cela sera suffisant, François-Xavier
Bellamy ? En tout cas, il faut mettre toutes les mesures possibles sur la table. Ça fait pas seulement des semaines, ça fait des années que les régulateurs alertent sur le fait que nous allons vers des pénuries d'énergie sur la plaque européenne. Et c'est pas seulement à cause de la guerre en Ukraine. Je pense que c'est important que les auditeurs le comprennent. La guerre en Ukraine ne fait qu'accélérer un processus qui était parfaitement prévisible. Pour ma part, je l'ai dit au Parlement européen il y
a
maintenant déjà deux ans, parce que ça fait des années que tous les pays d'Europe de l'Ouest en particulier sont en train de baisser leur production d'électricité pilotable, de baisser leur capacité de produire leur propre énergie, notamment dans le contexte de la décarbonation, alors que les besoins augmentent. Alors certains pour de très bonnes raisons, par exemple quand il s'agit de sortir du charbon, puis d'autres pour de moins bonnes raisons
je pense, notamment du point de vue...
Il faut quand même décarboner,
vous êtes d'accord avec ça ? Bien sûr, mais comment
est-ce qu'on va décarboner ? C'est-à-dire comment est-ce qu'on va électrifier par exemple beaucoup d'usages quand on ferme simultanément des centrales nucléaires ? C'est le cas en Allemagne, c'est le cas en Belgique, ça a été le cas aussi en France. Aujourd'hui la centrale de Fessenheim, elle nous manque déjà maintenant. Donc inutile de pleurer sur le lait renversé, maintenant ce qui compte c'est de
reconstruire.
La donne a quand même changé depuis ce printemps, François-Xavier
Bénamé. C'était prévisible encore une fois, l'Ukraine
c'est une
accélération de l'histoire.
Mais
la vérité c'est qu'on savait parfaitement que des pénuries allaient se produire. Et la fermeture de Fessenheim a été, restera un élément catastrophique du bilan d'Emmanuel Macron qui a poursuivi la politique de François Hollande pendant 10 ans. On ne s'est pas préoccupé de produire notre énergie, on ne s'est pas préoccupé de produire notre électricité.
Personne ne disait en janvier,
on n'aura pas de gaz l'hiver prochain.
Pas de gaz non, mais encore une fois, Marie Bellon l'a dit à l'instant, le sujet c'est comment est-ce qu'on sort du gaz de toute façon. Ça c'est une donnée qui est sur la table déjà depuis longtemps. Et pour en sortir il faut plus d'électricité. Or on s'est mis à produire moins d'électricité. Donc il y
a
quelque chose qui ne colle pas. Et d'ailleurs c'est l'occasion de dire, j'écoutais avec beaucoup d'intérêt votre chronique, vous parliez de ponctionner les entreprises qui produisent de l'énergie. Il faut rappeler qu'EDF a été victime d'une sorte d'impôt arbitraire à travers l'augmentation du plafond de la reine. C'est un peu technique, mais fondamentalement dans les semaines passées, l'État a prélevé dans les comptes d'EDF plusieurs milliards d'euros de manière complètement, encore une fois, unilatérale, sans aucune concertation avec la Commission européenne que pourtant le gouvernement aurait dû consulter.
Et donc on voit bien au fond que cette politique à la petite semaine nous met dans la situation de grandes tensions où nous nous trouvons aujourd'hui.
Est-ce qu'il faut préparer les esprits à du rationnement ou à des coupures temporaires l'hiver prochain ?
Il faut d'abord tout faire pour l'éviter. Et tout faire pour l'éviter, ça voudrait dire se mettre aujourd'hui autour de la table, ce que malheureusement nous ne faisons pas assez. Je vois la différence de situation avec d'autres pays européens. En Allemagne, par exemple, il se prépare dès maintenant à économiser le maximum d'énergie. Aujourd'hui, nous sommes en train de brûler du gaz parce que nous n'avons, à cause de l'indisponibilité d'une partie du parc nucléaire, pas assez d'électricité. Nous sommes en train de brûler du gaz pour faire de l'électricité alors que nous n'avons pas commencé de diminuer notre consommation. Il faut tout faire pour économiser de
l'énergie.
On
est en retard de
ce point de vue-là en France ? On est en retard. Et le problème, c'est que le gaz qu'on brûle maintenant, on ne
l
'aura plus dans quelques mois pour pouvoir faire face à des situations de pénurie potentielle.
Alors, il y a nos intérêts, s'approvisionner en gaz. Et puis, il y a nos valeurs. L'Union européenne cherche des nouveaux fournisseurs. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a passé un accord avec l'Azerbaïdjan pour doubler les importations de gaz de l'Azerbaïdjan vers l'Union dans les prochaines années. Est-ce que ça vous pose problème, François-Xavier Bellamy ? Je rappelle et je précise que vous avez soutenu et que vous soutenez encore l'Arménie qui est en conflit avec l'Azerbaïdjan. Les intérêts d'un côté, les valeurs de l'autre.
Ça me pose évidemment un problème très grave. Je crois qu'on ne remplace pas notre dépendance à l'égard d'un État autoritaire qui viole toutes les règles du droit international par une dépendance
à l'égard d'un autre État... Là, vous faites référence à l'Azerbaïdjan ?
On ne remplace pas notre dépendance à l'égard de la Russie par notre dépendance à l'égard d'un autre État autoritaire qui viole toutes les règles du droit international. Ce n'est pas seulement l'Arménie qu'il s'agissait de défendre dans le conflit du Haut-Karabakh. C'est le droit international, le droit humanitaire, le droit de la guerre qui a été violé par l'Azerbaïdjan de manière terrible. Et aujourd'hui, on voit bien que nous sommes dans la main de ces puissances autoritaires qui foulent au pied nos principes. Donc
il
ne faut
pas
leur acheter de gaz ?
La
vérité, c'est que la situation actuelle montre à quel point les dépendances dans lesquelles nous sommes rentrés nous condamnent à une espèce, finalement, de trahison morale absolument dramatique. Et ces dépendances-là, elles sont directement le résultat. Regardons avec lucidité ce qui s
'est
passé. C'est très important pour préparer notre avenir. Elles sont le résultat de la politique menée, notamment en Allemagne, la politique qui a consisté à sortir du nucléaire parce que le nucléaire permet d'assurer notre approvisionnement en énergie de manière souveraine.
On va revenir sur le nucléaire. Mais
c'est très important parce qu'aujourd'hui, c'est cette dépendance-là, notamment la dépendance allemande, qui condamne la présidente de la Commission européenne à faire des numéros de charme aux
dictateurs d'Azerbaïdjan. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qu
'on choisit ? On choisit nos valeurs ou nos intérêts, François-Xavier Bellamy ? Parce qu'il faut bien du gaz pour passer l'hiver prochain.
Bien sûr, et je pense que malheureusement, il n
'y a
pas d'autre solution aujourd'hui que d'en importer par tous les moyens possibles. Ça ne nous oblige pas à faire des concessions sur nos principes. Et je pense que cette espèce de numéro de charme avec l'Azerbaïdjan, qui ne fait que prolonger le silence de l'Union européenne, notamment vis-à
-vis
de la Turquie, parce qu'en réalité, c'est aussi de cet État qu'il s'agit, au fond, nous devrions être capables de rompre avec les indignations à géométrie variable. On condamne l'agression de l'Ukraine par la Russie, on a bien raison de le faire, mais on devrait traiter avec la même sévérité toutes les violations du droit international. Et le silence de la Commission européenne, le silence de l'Union européenne, quand l'Azerbaïdjan et la Turquie ont violé le droit international, quand l'Azerbaïdjan et la Turquie ont décidé de recourir à la guerre, ce silence-là, c'est certain, à encourager Poutine dans ses visées meurtrières.
Alors, on le voit, la crise de l'énergie change la donne. Les énergies renouvelables deviennent rentables en France pour la première fois, selon la Commission de régulation de l'énergie. Grâce aux éoliennes terrestres, l'État va toucher en 2022 et 2023 plus de 7 milliards d'euros. Est-ce que dans ces conditions, il faut accélérer sur les éoliennes
? Non,
je crois que ce n'est pas le bon levier. Le bon levier, encore une fois, aujourd'hui, c'est de choisir la source d'énergie pilotable, constante, qui nous permet un approvisionnement en électricité, en énergie décarbonée, celui dont nous avons besoin. Quand vous mettez une éolienne, elle tourne seulement une petite partie du temps. Elle tourne quand il y a du vent. Et quand il n
'y a
pas de vent, vous êtes obligé d'avoir une autre source d'énergie que vous pouvez très rapidement allumer ou éteindre. Et ça, ça s'appelle une centrale à gaz. Ou bien une centrale à charbon. Mais enfin, on ne
veut
pas de centrale à charbon. On a bien raison de ne pas le vouloir. Et donc, si vous voulez, vous avez deux options possibles. Soit vous vous appuyez sur une source d'énergie pilotable, constante, par exemple, l'énergie nucléaire. Soit vous décidez qu'il faut sortir du nucléaire, ce qu'a voulu faire l'Allemagne. Mais regardez, les pays qui ont le plus investi dans l'éolien ces dernières années sont ceux qui consomment le plus de gaz aujourd'hui. Et il faut en tirer les leçons. Ça veut dire qu'au fond... Vous ne
dites pas les deux. Vous ne dites pas le nucléaire et plus d'éolien.
Aujourd'hui, on aura besoin de tout. Donc je ne pense pas qu'il faille par idéologie dire qu'on va démonter les éoliennes existantes. Mais
accélérer, ça
ne vous paraît pas une bonne chose.
Non, parce qu'en fait, qui veut accélérer la construction des éoliennes ? Eh bien, ce sont généralement ceux qui nous disent qu'il faut sortir en urgence du nucléaire. Et ceux-là sont à la fois en train d'abîmer profondément la cause du climat, parce que nous avons besoin, encore une fois, d'une source d'énergie décarbonée qui ne repose pas sur les fossiles. Or, l'éolien et le solaire reposent aussi sur le complément des fossiles et ont un impact environnemental majeur. Et puis, ils sont en train de nous rendre dépendants. La réalité, il suffit de regarder ce qui s'est passé en Allemagne et on verra absolument le scénario catastrophique qui
est
devant nous si on prétend se passer du nucléaire. Rappelons d'ailleurs que le sujet est aujourd'hui d'une incroyable actualité parce que la Belgique et l'Allemagne sont en train de continuer la fermeture de leur centrale nucléaire, alors même que nous sommes déjà dans une situation de dépendance incroyablement dangereuse.
Le nucléaire, 27 des 56 réacteurs français sont à l'arrêt, dont 12 en raison de problèmes de corrosion. François-Xavier Bellamy, on voit qu'on ne peut pas compter à tout moment sur
le nucléaire. Mais on a la chance d'avoir d'ailleurs d'autres sources d'énergie en France. Je pense par exemple à l'énergie hydroélectrique. Voyons, on rentre dans le détail du mix énergétique français. On verra qu'il n'y a pas que le nucléaire. Heureusement,
bien sûr. En difficulté
aussi avec le niveau de NOLAC en ce moment, l'hydroélectrique.
Bien sûr, mais de fait, il va falloir composer avec toutes les sources d'énergie. Maintenant, la vraie question pour nous, c'est est-ce que nous avons
encore... Vous n'avez pas de doute
sur le nucléaire ? Ce matin, le journal Libération fait de nouvelles révélations sur l'EPR de Flamanville avec un problème sur un système de pilotage. Donc là, ça concerne vraiment la conception même de l'EPR. Ça ne vous met pas de
doute ? Moi, je ne suis pas un lobbyiste du nucléaire. Je dis juste, regardons la réalité en face. Si on regarde la réalité en face, si on dit qu'il y a et il y a une urgence climatique, si on dit qu'il faut sortir et il le faut de nos dépendances à l'égard de ces États autoritaires qui nous vendent du gaz et du pétrole, alors nous n'avons pas d'autre option que de miser sur la source d'énergie décarbonée et pilotable qui est aujourd'hui à notre disposition. Si demain, en continuant la recherche, on trouvait d'autres sources d'énergie plus sûres, d'autres sources d'énergie qui ne présentent pas le problème des déchets, il faudra évidemment les adopter.
Mais aujourd'hui, faisons avec ce que nous avons dans les mains. Pour sortir de la crise climatique, pardonnez-moi de le dire, mais c'est un choix de société majeur qui est devant nous. Pour sortir de la crise climatique, j'en suis convaincu, il ne faudra pas moins de science, il faudra plus de science, il ne faudra pas moins de raison, il faudra plus de recherche. Et c'est ça qui est fondamentalement en jeu derrière ce débat devant nous.
Un mot de votre parti LR, François-Xavier Bellamy. en crise, lourde défaite à la présidentielle, forte baisse du nombre de députés à l'Assemblée. Laurent Wauquiez, le président de la région Verne-Rhône-Alpes, ne veut pas abriguer la présidence. Les élections finalement n'auront lieu qu'au mois de décembre pour la présidence du parti. Personne ne veut y aller
?
Si, j'imagine qu
'il
y
aura
des candidats. Moi, je suis de ceux qui pensent qu'il ne faut pas redouter cette échéance. Il ne faut pas craindre une vraie conversation avec, bien sûr, les adhérents, mais aussi avec tous les Français qui attendent d'être représentés par un parti politique de droite et qui doivent aujourd'hui nous dire, après la lourde défaite électorale que nous avons connue cette année, qui doivent nous dire ce qu'ils attendent de nous. Quand on sort d'une crise comme celle-là, en démocratie, il n
'y a
pas d'autre solution que de revenir devant les Français, de leur demander ce qu'ils veulent de notre parti, ce qu'ils attendent de lui pour reconstruire aussi notre vie démocratique d'une manière plus générale.
Est
-ce que vous pourriez être candidat à la présidence des Républicains, François-Xavier Bellamy ?
Moi, je l'ai toujours dit, je pense que la France, que la démocratie française a besoin d'une formation politique de droite qui assume ses idées, qui assume sa ligne, qui se remette à travailler sérieusement, à produire des idées, justement, à recréer un espoir, à susciter cette espérance dont nous avons tellement besoin. Et si cette perspective n'est pas représentée dans ce débat qui s'engage, je prendrai
toutes mes responsabilités. Vous
pourriez l'être. Merci à vous, François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, invité de France Inter ce matin. Bonne
journée à vous. Merci beaucoup. Sous
-titrage Société
Radio-Canada
François-Xavier Bellamy