Emmanuel Macron "a dit à l'Eglise, mettez-vous en marche", selon Richard Ferrand
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:30OuverteRéponse directe
La France pourrait s'associer à une action militaire si les Etats-Unis en décidaient une, Richard Ferrand ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Et ma question, c'est de savoir si vous, responsable politique, l'idée de voir la France s'associer aux Etats-Unis, ça vous choque ou pas ?
- 2:10OuverteRéponse partielle
Les députés La République En Marche soutiendraient cette riposte ?
- 2:53OuverteRéponse directe
De quelle manière comprenez-vous ce que veut dire le président de la République ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Le lien entre l'Eglise et l'Etat, de quel lien parle-t-il ?
- 4:15OuverteÉludée
Est-ce que c'est la loi sur le mariage pour tous qui a abîmé le lien entre l'Eglise et l'Etat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Depuis 1993, l'utilisation des armes chimiques est interdite par la communauté internationale. »
- 0:58Invité politiqueFait
« En 2013, la Syrie elle-même s'était associée à l'idée qu'il fallait ne pas utiliser les armes chimiques. »
- 4:43Invité politiqueFait
« « N'attendez rien de moi, mais moi j'attends beaucoup de vous ». »
- 4:54Invité politiqueFait
« Hier soir, que la société française attend de tous ses corps constitués, qu'il s'engage, »
- 10:43Invité politiqueChiffre
« Songez que l'engagement est pris d'investir 36 milliards en 10 ans, »
- 10:52Invité politiqueChiffre
« c'est-à-dire le double dans la décennie à venir que par rapport à la décennie passée, »
- 21:42Invité politiqueChiffre
« réduire de 30%, ça ne vous a pas échappé, le nombre de parlementaires. »
- 21:54Invité politiquePromesse
« Moins de 30% de parlementaires, une dose de proportionnelle et la limitation du cumul dans le temps. »
- 23:24Invité politiqueFait
« L'enjeu, c'est de confier l'exploitation de la Française des Jeux, mais avec deux... »
- 23:34Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'on ne se priverait d'aucune des rentrées fiscales que nous recevons aujourd'hui. »
Temps de parole
- Invité politique59 %
- Invité22 %
- Invité 29 %
- Présentateur7 %
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L'invité de France Info ce matin est Richard Ferrand, président du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale, Jean-Michel Apathy. Bonjour Richard Ferrand.
Bonjour. Le pouvoir syrien de Bachar el-Assad est à nouveau soupçonné d'avoir mené une attaque chimique à Douma, une ville syrienne à proximité de Damas. Et Donald Trump réfléchit à une action militaire. Il en discute visiblement avec Emmanuel Macron, puisqu'on a appris que les deux hommes s'étaient entretenus à deux reprises au téléphone depuis cette attaque samedi. La France pourrait s'associer à une action militaire si les Etats-Unis en décidaient une, Richard Ferrand ?
En tout cas, il faudrait que les choses, en tout état de cause, se décident ensemble. Mais je crois qu'il faut rappeler quand même ce qui s'est passé. Depuis 1993, l'utilisation des armes chimiques est interdite par la communauté internationale. Pourquoi ? Parce que les armes chimiques, ça sert à détruire d'abord et avant tout des populations civiles, donc particulièrement ignobles. En 2013, la Syrie elle-même s'était associée à l'idée qu'il fallait ne pas utiliser les armes chimiques. Il y avait même eu une inspection dans l'organisme international pour démanteler tout ce qui existait.
Et là, beaucoup d'indices, de témoignages concordants semblent démontrer qu'il y a véritablement eu une récidive criminelle en Syrie. Donc, il n'est pas anormal et le Conseil de sécurité en a débattu hier et beaucoup de voix se sont élevées pour dire qu'il fallait étudier les sanctions, les mesures qui seraient de nature à la fois à sanctionner ce qui a été fait, évidemment à prévenir toute prolifération.
Mais le Conseil de sécurité sera bloqué par la Syrie, par la Russie, pardon, évidemment. Donc, l'action qui doit être décidée, c'est une action qui doit être décidée entre pays souverains. Et ma question, c'est de savoir si vous, responsable politique, l'idée de voir la France s'associer aux Etats-Unis, ça vous choque ou pas ?
Ah, que la France et les Etats-Unis, qui sont des alliés depuis toujours, s'associent dans l'action internationale, rien de cela ne me choquerait. Pour mener une action militaire en Syrie ? Écoutez, je ne sais pas ce que les présidents vont décider et c'est de leur responsabilité.
Il y a quelques instants, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclarait ceci. Si la ligne rouge a été franchie en Syrie, elle donnera lieu à une riposte ? Les députés La République En Marche soutiendraient cette riposte ?
Vous savez, faire des scies sur des scies et sur des scies, c'est pas quelque chose que j'affectionne particulièrement.
Le président de la République est intervenu hier soir devant les évêques, la conférence des évêques, et il a eu cette phrase que nous aimerions commenter avec vous, Richard Ferrand. On écoute Emmanuel Macron. Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l'Eglise et l'Etat s'est abîmé et qu'il nous importe à vous comme à moi de le réparer. Le lien entre l'Eglise et l'Etat a été abîmé. De quelle manière comprenez-vous ce que veut dire le président de la République ?
J'ai beaucoup lu depuis, d'abord le discours du président de la République, et ensuite les réactions ici ou là. C'est-à-dire qu'on sent qu'au fond, le tweet chasse la pensée aujourd'hui. Michel Serres disait que c'était le slogan qui chassait la pensée, mais aujourd'hui c'est le tweet. Au fond, le président de la République, il a rappelé quoi ?
Le lien entre l'Eglise et l'Etat a été abîmé.
Oui, mais nous sommes un État laïque. Notre société ne l'est pas pour autant. que nous défendons cette liberté qu'est le droit de croire, que sans doute que des liens ont pu se distendre, etc. Et au fond, le président de la République a incité à l'engagement, comme il le fait chaque fois qu'il s'exprime, dans le rappel des règles de notre République.
Le lien entre l'Eglise et l'Etat, de quel lien parle-t-il ?
Non, il l'avait fait lors du dîner du CRIF, si vous reprenez ses propos.
Le lien entre l'Eglise et l'Etat, on a du mal à comprendre. Et on a du mal à comprendre quand il a été abîmé, le savez-vous ?
Moi, personnellement, je ne l'ai jamais ressenti ainsi. Mais que le président veuille faire dans l'occuménisme ce qui est son rôle de rassembler, je trouve que c'est plutôt à son honneur. Au fond, au fond, au lié à l'Eglise, il va falloir s'engager plus dans la société, etc. Vous savez, dans ma circonscription, il y a le secours populaire, le secours catholique, il y a une présence de l'Eglise française dans l'action un peu partout en France.
Est-ce que c'est la loi sur le mariage pour tous qui a abîmé le lien entre l'Eglise et l'Etat ? Est-ce que c'est ce que veut dire Emmanuel Macron ?
Moi, je ne suis pas un exégèse de la pensée écologique du président de la République.
Vous parlez des tweets de gens qui ont été choqués et qui voient un accroc à ce principe qu'a posé la loi de 1905 de séparation entre l'Eglise et l'Etat.
Non, mais ça, c'est de la confusion pour créer des débats qui, en vérité, n'ont pas lieu d'être. Reprenez ce que le président de la République a dit devant le CRIF, reprenez ce qu'il a dit hier. Au fond, il a dit cette phrase, « N'attendez rien de moi, mais moi j'attends beaucoup de vous ». Cela signifie quoi ? Il a dit ça où, hier soir ? Hier soir, que la société française attend de tous ses corps constitués, qu'il s'engage, et quant à lui, il est le garant de la laïcité de l'Etat. Au fond, il disait à l'Eglise, « Mettez-vous en marche ».
Il a dit aussi, alors il, c'est Emmanuel Macron, pas il majuscule, mais c'est Emmanuel Macron, « Depuis plusieurs années, les politiques ont profondément méconnu les catholiques de France ». Donc c'est quand même un regret de quelque chose. Un regret de quoi ?
Non, c'est-à-dire que je crois que dans notre pays, il est toujours utile d'avoir un dialogue suivi, approfondi, parfois de confrontation, mais d'écoute de celles et ceux qui, au fond, font vivre la spiritualité ou ce désir de transcendance qui anime des millions de Françaises et de Français. Il n'y en a rien de particulièrement extravagant à mes yeux.
Je reviens sur le lien entre l'Eglise et l'Etat, parce qu'Emmanuel Macron a reproché qu'il soit abîmé. On va le réparer, dit-il. Qu'est-ce que ça veut dire à le réparer ?
Eh bien, j'imagine, entretenir le dialogue, continuer ses échanges, ses concertations, qu'il mène d'ailleurs de manière régulière avec toutes les confessions qui existent dans notre pays.
Même si vous le ressentiez, vous ne diriez pas que c'est une maladresse, ce discours ?
Ah, si je le ressentais, je vous le dirais. Je suis un homme qui pense librement. Par conséquent, je serais tout à fait à l'aise pour dire ce que je pense.
Vous ne pensez pas que ce dialogue puisse choquer les personnes qui sont athées ? Les personnes qui sont musulmanes, juives ? Enfin, vous ne pensez pas que ça puisse créer un problème ?
Non, mais lorsque le Président de la République va, comme ses prédécesseurs, au traditionnel dîner du CRIF, est-ce que... Il dit qu'il faut réparer le lien entre la communauté juive et l'État ? On ne l'a pas entendu. Est-ce que cela choque ceux qui ont d'autres foi ? Non.
Il ne s'agit pas de se présenter, ce sont les mots qui posent problème. Il y a quelques minutes sur France Info, Clémentine Autain de la France Insoumise disait que c'était un discours inquiétant et dangereux.
Oh là là, il ferait bien de lire ses propres discours et ceux que la France Insoumise tient et on verrait qu'ils sont les discours inquiétants et dangereux. Je crois qu'il faut quand même rester un peu calme et surtout, il ne faut pas s'accrocher à une phrase, surtout en cette matière complexe, élaborée, de relations entre l'État et les Églises. Il ne faut pas s'accrocher autour d'une phrase pour en faire des exégèses. Il faut tout lire et tout relire.
La laïcité, vous qui avez été longtemps membre du Parti Socialiste, vous avez dû être un militant laïc pendant longtemps ? Je le suis toujours. Je le suis toujours. Ça n'a pas... Dans le souvenir de la laïcité qui est le vôtre, ça, il n'y a rien qui vous a... Mais absolument pas. Il n'y a rien qui vous a surpris ? M. Apathy.
Ou déstabilisé ? Non, M. Apathy. Il faut être un peu sérieux. Le Président de la République, il a toujours dit la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905. C'est ça notre conception de la laïcité. Et dans tout ce qu'il a dit hier, il n'y a rien d'attentatoire à cette ligne de conduite.
Alors, cette phrase-là, celle que vous dites que la loi, c'était celle du tweet de Manuel Valls hier soir qui semblait ainsi rappeler à l'ordre le Président de la République.
Non, le Président de la République n'a pas besoin d'être rappelé à l'ordre. Et j'ajoute qu'il a tenu cette position pendant toute la campagne électorale et y compris quand certains voudraient aller au-delà de la loi de 1905.
Vous restez avec nous, Richard Ferrand, 8h41, l'essentiel de l'info, Edwige Coupès.
Il reste une vingtaine de squats à démanteler à Notre-Dame-des-Landes. C'est le tweet de Gérard Collomb ce matin, le ministre de l'Intérieur, qui précise que l'opération peut durer jusqu'à la fin de la semaine. Les gendarmes sont de nouveau en action depuis 6 heures ce matin. Hier, ils ont détruit 13 implantations des zadistes. La tribune de 400 profs de fac ce matin sur franceinfo.fr contre la réforme d'accès à l'université et la sélection hypocrite, selon eux, qu'elle impose. Ils dénoncent aussi le manque de moyens, affichent leur soutien aux étudiants. Journée de mobilisation aujourd'hui sur les campus. Emmanuel Macron veut réparer le lien abîmé entre l'Église et l'État.
Un discours très applaudi, hier soir, devant les évêques de France, mais qui suscite de nombreuses critiques. À gauche, notamment le président accusé de porter atteinte à la laïcité. La députée insoumise Clémentine Autain sur France Info y voit un florilège qui foule au pied l'esprit de la loi sur la laïcité de 1905. Du nouveau dans l'enquête sur l'agression de deux policiers le soir du Nouvel An à Champigny-sur-Marne. 14 personnes ont été interpellées en Ile-de-France, dans 6 départements différents. Ils sont soupçonnés d'avoir porté des coups ou filmé la scène.
Richard Ferrand, président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Appétit.
Le deuxième épisode de la grève contre la réforme de la SNCF s'est terminé hier et dans trois jours de nouveau, les grèves reprendront à la SNCF. Pendant ce temps, à votre demande d'ailleurs, des députés de La République en marche tentent de nouer un dialogue avec les grévistes. Et les caméras de France 3 ont saisi le député de l'heure, Bruno Quetel, dans une tentative de dialogue à Sautteville-les-Rouans avec les cheminots qui occupaient le site. Et ça ne s'est pas très bien passé, on regarde.
– Je viens échanger avec vous. – On n'échange pas. – L'accueil est hostile. Et très rapidement, le ton.
– Macron et ses marionnettes ! – T'as rien à foutre de là ! – Laissez-nous là ! – Bon, on le voit, le dialogue est difficile.
Il y a un déficit d'explications. Le gouvernement a mal expliqué sa réforme. On ne veut pas comprendre le gouvernement. Qu'est-ce qui se passe, Richard Ferrand ?
– Non, vous savez, moi j'ai rencontré pour ma part des cheminots…
– Et ça s'est bien passé ?
– Absolument, samedi dernier, et je vais en voir d'autres en fin de semaine. – Ah, mince. – Non, mais je crois que, si vous voulez, là on a l'exemple d'un énervement, mais qui montre surtout que les députés vont, et ils sont nombreux, vers les cheminots, et que là, dans le cas d'espèce, les cheminots n'ont pas envie de voir leurs représentants au Parlement. Très bien. Mais quel est l'enjeu ? L'enjeu que cette réforme est absolument impérative. Impérative pour permettre de donner un avenir à la SNCF, pour améliorer les services.
Songez que l'engagement est pris d'investir 36 milliards en 10 ans, c'est-à-dire le double dans la décennie à venir que par rapport à la décennie passée, c'est quasiment 10 millions par jour d'investissement, parce que l'outil SNCF aujourd'hui est tellement handicapé par le poids de la dette, par une insuffisante mobilité interne dans son fonctionnement, qu'on n'est pas en capacité de la moderniser. Et les cheminots eux-mêmes, autant que les usagers, d'une certaine manière, en souffrent dans l'exercice de leur métier.
Et ce discours que tout le monde tient au gouvernement, donc dans la majorité depuis quelques semaines, il n'a pas l'air de passer.
Non, c'est pas parce qu'il y a des cheminots qui font vrai que ça ne passe pas.
La grève est très suivie à la SNCF.
Moi j'ai le sentiment aussi, si vous voulez, que les usagers ont eux très bien compris, et que des cheminots ont aussi très très bien compris...
Vous pensez qu'il y a un ras-le-bol des usagers aujourd'hui, majoritaires ?
Ma conviction est qu'il y a un ras-le-bol, ça c'est évident, mais ma conviction est aussi que beaucoup de cheminots ont senti que nous voulions donner un avenir à la SNCF. Alors, il y a un mouvement peut-être d'angoisse, de protestation qui s'est levé, certains d'ailleurs cherchent à le politiser ou transfèrement, j'entends d'ailleurs sur l'une de vos antennes qu'au fond, l'idée c'était le gouvernement recule ou tombe. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Non, le gouvernement, il fait son travail, nous sommes déterminés parce que nous aimons le service public et nous voulons que la SNCF, et que d'une manière générale, le transport par rail soit à la fois moins coûteux, qu'il y ait une meilleure offre de mobilité et de service, et qu'on soit en capacité, au fond, d'avoir la SNCF du XXIe siècle. Alors qu'il y ait des résistances un peu systématiques, cultivées par un certain nombre d'organisations qui peuvent suivre d'autres buts. Écoutez, ça je laisse les mots à d'autres, mais ça ne me surprend pas.
Votre évocation de la culture suggérait effectivement le terme. Certaines disent que le gouvernement est un peu techno, que ceux qui sont en charge de ce dossier, Elisabeth Borne par exemple, manquent peut-être un peu de sensibilité politique. Il y a un déficit dans l'explication ?
Vous savez, quand on fait des choses difficiles, sans d'ailleurs les imputer à nos prédécesseurs, vous avez remarqué que ce n'est pas notre technique de dire que c'est la faute à ceux d'avant. Ça, les Français l'entendent.
Cela a été.
Nous on dit, on se saisit de ce qui doit être amélioré, et on s'engage, on travaille. Donc après, il nous faut multiplier, modifier les informations. Mais ça, c'est notre boulot, c'est bien pour ça que je viens aussi ici ce matin, pour apporter ma part.
Un gouvernement techno, un peu ?
Un gouvernement compétent, c'est sûr. Techno, sans doute pas un gouvernement politicard, c'est sûr. Mais cela étant, je trouve que Mme Borne porte ce qu'elle fait, l'explique, que le Premier ministre est à cet égard sur bien des fronts. Le Président de la République aura sans doute l'occasion de l'évoquer. C'est une bonne idée. Mais en tout cas, les Français comprennent ce qu'on veut faire.
C'est une bonne idée que le Président de la République s'expose ? Ça ne veut pas dire que quelque part, ça ne marche pas très bien pour qu'il soit obligé maintenant de monter en première ligne. Jeudi, il sera sur TF1 ?
Vous êtes marrant. De temps en temps, il y a des injonctions. Il faut que le Président s'exprime sur ci, sur ci, sur ça. Et puis, lorsqu'il décide de sa propre initiative de répondre à l'invitation d'un certain nombre de médias, on dit « Ah, c'est qu'il s'affole ! » Bon, ben non. Le Président de la République, il maîtrise son calendrier. Et il s'exprime quand il le juge pertinent.
On est surpris par la superposition des deux interviews. Ah, par ailleurs, oui. Par exemple, pourquoi deux fois ? Il faut bien expliquer les choses.
Jean-Pierre Pernod d'abord, Jean-Jacques Bourdin et Le Plaine à l'après.
Un train peut en cacher un autre, comme on dit. Oui.
Voilà.
D'accord.
Que des médias privés tiennent d'ailleurs, ça, ça surprend aussi beaucoup, au moins dans le service public. Ça confirme que le service public est la honte de la République ?
Non, pas un instant, pas un instant. Non, non, je ne pense pas qu'il faille, là encore, interpréter, surinterpréter les choses.
Ce matin, il ne faut rien interpréter, hein ?
Non, mais ça, c'est votre liberté. Mais moi, je pense parfois qu'il y a des interprétations peu éclairantes et superpétatoires.
Que doit dire le Président de la République à l'occasion de ces deux interventions, selon vous ?
Moi, je ne suis pas la bande-annonce des interventions présidentielles. Moi, ce que je crois, c'est que le Président de la République aura à cœur d'expliquer comment toutes les initiatives que nous prenons, les choses que nous transformons, comment tout cela fait sens, en quoi c'est parfaitement conforme aux engagements que nous avons pris, et vers où cela conduit le pays. Ça sera un exercice d'explication ou un exercice de fermeté et d'autorité ? Écoutez, dans la situation actuelle, les trois.
On sollicite encore vos capacités d'explication, parce qu'il y a aussi un truc qu'on n'a pas compris. On est content de vous avoir senti un réchauffement.
Je vois ça, mais j'ai peur de vous décevoir.
C'est Elisabeth Borne, la semaine dernière, avec Jean-Jacques Bourdin, on l'écoute. J'ai moi-même mis sur la table la question du financement des infrastructures, notamment comment faire payer tous ces poids lourds en transit dans notre pays. Donc il y aura une contribution ? Oui, il y aura une contribution. Je pense qu'effectivement, il est justifié que les poids lourds participent davantage aux infrastructures. Donc les poids lourds paieront ? Oui. Les poids lourds paieront. C'est le retour de l'éco-taxe. Vous êtes d'accord avec ça ? Je connais bien ce sujet de l'éco-taxe. C'est pour ça qu'on était content de vous poser la question. Oui, mais... Éluvreton, bonnet rouge...
Ah non, mais là, je vais vous l'expliquer par le menu, si vous me laissez une minute. Non, non, attendez. L'éco-taxe, à son origine, était une taxe sur le transport, mais qui est devenue une taxe sur les chargeurs, c'est-à-dire sur ceux qui produisaient. C'est comme ça qu'à l'époque, le gouvernement l'avait transformé. Et donc, naturellement, dès l'instant que cela frappait la production et la valeur ajoutée, ce n'était pas une bonne taxe. De quoi parle Elisabeth Borne ? Attendez, je vais...
Il va y avoir une taxe sur les poêleaux ?
Vous me laissez avancer. Ensuite, lorsque nous avons retoqué cette taxe, et nous avons eu raison de le faire, vous aviez un certain nombre d'élus de toutes couleurs politiques qui estimaient qu'un certain nombre de régions en avaient besoin, notamment le couloir rhodanien, tous ceux qui se payent le trafic, si je suis dit, du nord vers l'Espagne, et qui se retrouvent, au fond, en train de devoir faire payer les routes à leurs contribuables, alors que ce sont des camions de passage qui défoncent les routes. Là où nous faisions valoir en Bretagne, notre périphéricité est justifiée d'être exemptée de cette taxe. Ça, c'est pour l'histoire. Voilà pour l'histoire. Ça, c'est le futur, là.
Elle dit qu'il va y avoir une taxe sur les poêleaux. J'ai entendu. Écoutez, ce qui... Le seul enjeu, il est que cette affaire-là soit régionalisée, porte, en tout cas, pas sur les chargeurs, pas sur les producteurs, pas sur les choses transportées,
Qu'elles soient régionalisées, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de taxe pour l'eau en Bretagne. C'est ça ce que vous voulez dire.
Non, ça ne veut pas dire que ça. Vous savez, dans votre chère Aquitaine, il y avait aussi un certain nombre de réticences pour les mêmes raisons. Non, c'est que l'on tienne en compte... Ni la Bretagne, ni l'Aquitaine. C'est que l'on tienne... Mais alors qui va y avoir... Mais tous les autres, hein. C'est que l'on prenne en compte... Que l'on prenne en compte les régions périphériques qui n'ont pas d'autres moyens pour transporter ce qu'ils fabriquent que les voies de transport.
Mais vous êtes prêt à voter une telle taxe au Parlement ?
Écoutez, notamment pour le transport de transit, c'est-à-dire notamment pour les camions qui font Rotterdam-Barcelone, qui défoncent les routes françaises, que le contribuable français, le seul à payer. Je ne vois pas qu'est-ce qu'il y aurait d'extravagant à cela. En Suisse, cela existe aussi. D'accord, d'accord.
Donc vous confirmez le propos de...
Non, je ne confirme rien. Je dis que si elle devait le faire, et notamment pour les véhicules de transit... Vous avez dit tout à l'heure que les six ne marchent pas. Comme je viens de l'expliquer, à ce moment-là, ça se regarde.
Vous restez avec nous. Si la ligne rouge a été franchie en Syrie,
eh bien il y aura une riposte. Le porte-parole du gouvernement ce matin, les échanges d'informations entre Emmanuel Macron et Donald Trump confirment a priori l'utilisation d'armes chimiques ce week-end dans la Gouta. Ils appellent tous les deux à une réponse forte de la communauté internationale. Nouvelle AG ce matin à Nanterre, après l'intervention des CRS hier pour déloger des étudiants d'un amphi, sept ont été interpellés et placés en garde à vue. Au total, une quinzaine de facs sont bloquées ou perturbées. La coordination étudiante appelle à la mobilisation. Aujourd'hui, sur les campus, a manifesté aussi ce midi à Paris, à la Sorbonne, contre la réforme Parcoursup.
Un hélicoptère en survol ce matin au-dessus de Notre-Dame-des-Landes. Les opérations d'expulsion ont repris un petit peu après 6h du matin, avec une charge fulgurante des gendarmes qui ont repris leur position d'hier. Ils estiment avoir atteint un tiers de leurs objectifs. Il reste une vingtaine de squats à démanteler, estime le ministre de l'Intérieur. 170 millions d'euros, les pertes estimées à Air France, après les grèves à répétition depuis février. Un chiffre avancé par la direction, alors que les syndicats appellent à deux nouveaux jours de grève. Aujourd'hui et demain, la compagnie assure pouvoir maintenir 75% de ses vols.
Richard Ferrand, président du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale, et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.
Nous avons évoqué tout à l'heure la situation en Syrie. Le prince Ben Salman est à Paris pour une visite officielle depuis deux jours. C'est le nouvel homme fort de l'Arabie Saoudite. Une publicité ce matin dans les journaux, signé Amnistie Internationale, demande à la France d'arrêter de vendre des armes à l'Arabie Saoudite, parce que l'Arabie Saoudite mène au Yémen, notamment une action qui paraît elle aussi peu respectueuse des droits des populations civiles. Qu'est-ce que vous pensez de cet appel d'Amnistie Internationale ?
Je pense d'abord qu'il faut entretenir avec l'Arabie Saoudite, comme avec les pays du Golfe, ne serait-ce que pour l'équilibre régional et l'équilibre mondial, des relations claires, franches et amicales. Et leur vendre des armes ? C'est ce... Moi je ne vois pas pourquoi cela serait interdit.
Ça dépend de l'utilisation qu'on fait de ces armes ?
Naturellement, ça dépend de cela. Mais il me semble que les relations qui sont entretenues entre la France et l'Arabie Saoudite sont des relations de confiance qu'il faut continuer à entretenir. D'ailleurs au moment où il ne vous a pas échappé, qu'aussi vrai que l'Arabie Saoudite avait distendu ses liens avec l'administration Obama, elle est en train de resserrer ses liens avec l'administration Trump. Il est donc important que nous ayons des relations avec ce grand pays qui est une puissance d'équilibre en cette région du monde.
Pas d'interrogation particulière sur les ventes d'armes ?
Pas d'interrogation particulière pour ma part.
François Bayrou menace de ne pas voter la révision constitutionnelle que vous projetez. Il expliquait ce week-end sur BFM.
Tout ça a été fait pour essayer de séduire le groupe LR du Sénat, disons la vérité. On a sacrifié une partie importante de la réforme pour avoir leur accord. Et au bout du chemin, on n'aura pas leur accord et on n'aura plus la réforme.
Voilà, François Bayrou, notamment, on n'aime pas la dose de proportionnelle que vous projetez d'injecter à 15% seulement dans les scrutins législatifs et puis d'autres dispositions de la réforme. Vous n'aurez peut-être pas de majorité pour la révision constitutionnelle. Ça vous embête cette possible défection de François Bayrou ?
Non, mais attendez, on est loin de la fin du match. Vous allez discuter un peu. Le Premier ministre a mis sur la table un certain nombre de propositions. Moi, vous savez, sur cette histoire de proportionnelle, mon cap, il est très clair. C'est quoi ? C'est qu'on est à la fois une bonne représentativité des territoires et en effet, dans ce cadre-là, la proportionnelle la plus élevée possible. Mais c'est évidemment quelque chose de difficile à atteindre puisqu'il faut, dans le même temps, réduire de 30%, ça ne vous a pas échappé, le nombre de parlementaires. Mais l'essentiel, c'est quoi ? Et ça, j'y suis très attaché, comme le Président de la République. C'est de tenir nos engagements.
Qu'est-ce que nous avons dit aux Français ? Moins de 30% de parlementaires, une dose de proportionnelle et la limitation du cumul dans le temps. Cela, nous allons le tenir. Qu'ensuite, il y ait des discussions, des ajustements avec un tel ou un tel sur la proportionnelle, il est normal qu'il y ait des débats et des discussions.
Vous allez le tenir éventuellement au moyen de le référendum ?
Écoutez, autant que nécessaire. L'objectif...
Autant que nécessaire, ça veut dire quoi ?
Eh bien, ça veut dire que la Constitution prévoit, dans toute la mesure du possible, parce qu'il n'y a pas que cela, vous le savez bien, dans la révision constitutionnelle. Par l'article 89, il faut trouver un accord avec le Sénat. Donc, c'est bien pourquoi les discussions, c'est bien normal, ont été privilégiées avec le Sénat pour trouver un point d'arrivée qui permette l'adoption du texte. Ensuite, je vous rappelle que sur les modes de scrutin, sur un certain nombre d'autres choses, il n'est pas utile de réviser la Constitution. Cela peut se faire par la loi. Donc, mieux vaudrait arriver à un accord.
Cela permettrait de toiletter, par ailleurs, notre Constitution, supprimer la Cour de justice de la République, faire en sorte que les présidents n'aillent pas siéger au Conseil constitutionnel, lorsqu'ils ne sont plus présidents. Bref, il y a un certain nombre de choses qui passent par une révision constitutionnelle. Mais, nous, notre objectif politique, c'est de tenir les engagements que nous avons pris devant les Français, et nous les tiendrons.
Vous n'avez pas annoncé pendant la campagne que vous procéderiez aux privatisations auxquelles on parle beaucoup aujourd'hui ? Française des Jeux. Vous qui êtes président des députés La République En Marche. Oui. Vous voteriez la privatisation de la Française des Jeux ?
D'abord, le ministre de l'Économie s'est exprimé là-dessus. L'enjeu, c'est de confier l'exploitation de la Française des Jeux, mais avec deux... De la privatiser ? Attendez, attendez, l'exploitation, oui, mais c'est pas pareil. L'exploitation, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne se priverait d'aucune des rentrées fiscales que nous recevons aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on ne va pas s'en débarrasser, y compris dans ce que ça a d'intéressant pour les finances publiques, et que nous régulerions les pratiques liées aux Jeux.
Et donc, cela signifie qu'il s'agirait de confier strictement l'exploitation de la maison française des Jeux, sans priver l'État de ses revenus, et tout en régulant les pratiques liées à ces Jeux. Les bénéfices de la Française des Jeux, vous ne les auriez plus, hein ?
Vous auriez les taxes, mais pas les bénéfices.
Ah oui, les taxes, oui, d'accord, mais on verra bien à quel niveau on portera ces taxes, afin de ne pas porter atteinte à rentrée fiscale.
Sinon, je ne vois pas pourquoi les gens achèteraient, hein ? Ils devaient vous verser les bénéfices comme les font aujourd'hui.
Eh bien, vous avez raison de le dire comme ça. Ce ne sera peut-être pas la bonne affaire que vous imaginiez.
Dans le Figaro, ce matin, La République En Marche cherche une tête de liste pour les Européennes. Il y a une idée ? Il y a un nom qui est cité ? Je ne sais pas ce que dit le Figaro. Thomas Pesquet. Oui ? L'astronaute, une personnalité de la société civile que tout le monde connaît, mais dont personne n'imagine une seconde qu'elle puisse être candidate à une élection. C'est une bonne idée ou pas ?
J'ai coutume de dire qu'il faut porter haut l'idéal européen. Il faut donc avoir la tête dans les étoiles du drapeau européen. C'est peut-être pour ça que le Figaro pense à un astronaute.
Ah, j'imagine.
C'est pas une si mauvaise idée, alors.
C'est vous qui avez suggéré l'écho au Figaro, alors ?
Ah, pas une demi-seconde, non. Ah non, c'est ce que vous dites que... Je ne lis ni ne suggère quoi que ce soit au Figaro. Merci beaucoup, Richard Ferrand. Bonne journée à vous. Bonne journée. Bonne journée.