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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 9 mars 2017 21 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

#RDLS20 : MACRON-RETRAITES, EUROPE, CORÉE, 18 MARS, 6E RÉPUBLIQUE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00MélenchonFait
    « « On ne comprend rien au système de retraites » »
  • 1:05MélenchonFait
    « « Il faut que, pour 1 euro cotisé, il y ait les même droits pour chacun. » »
  • 1:40MélenchonChiffre
    « « la durée de vie moyenne d’un ouvrier est de 59 ans ! » »
  • 2:00MélenchonFait
    « « la retraite par points c’est la fin du système actuel de retraite par répartition » »
  • 4:00MélenchonFait
    « « Hollande n’a rien trouvé de mieux que de les inviter à Versailles » »
  • 5:00MélenchonFait
    « « On va faire une Europe à plusieurs vitesses. » »
  • 7:00MélenchonFait
    « « l’Europe de la défense est une Europe de la défense dans le cadre de l’OTAN » »
  • 10:00MélenchonFait
    « « tout ce qu’ils viennent de décider ne nous engage pas » »
  • 13:00MélenchonFait
    « « les États-Unis d’Amérique ont installé une batterie de missiles anti-missiles pour protéger la Corée du Sud » »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bon, c'est le vingtième épisode de la Revue de la Semaine. Je vous dis bonjour depuis le train entre Paris et Marseille où je me rends pour participer à la Journée de lutte pour les Droits des Femmes, je le ferai là-bas. Comme on est dans le train, de temps à autre vous entendrez des bruits un peu bizarres, qui sont liés aux phénomènes magnétiques, électriques et tout le reste...

Alors...

Cette Revue de la Semaine, je vais essayer de l'utiliser pour attirer l'attention de ceux qui m'écoutent sur... un fait de campagne, qui est passé à peu près inaperçu, comme, d'ailleurs, la plupart des moments de cette campagne présidentielle, puisqu'elle est complètement saturée par les aventures de Monsieur Fillon, le feuilleton... judiciaire du candidat de la Droite traditionnelle.

Alors...

Ce soir-là, c'était Monsieur Macron qui était l'invité de France 2, avec un journaliste d'une complaisance... qui a été remarquée par tout le monde sur les réseaux sociaux.

Monsieur Pujadas a interrogé Monsieur Macron, et, au cours de l'entretien, Macron est venu à parler... du régime des retraites.

Et il a dit...

Alors il a enfilé les perles des phrases qui sont sympathiques à entendre : « On ne comprend rien au système de retraites » Bah si on comprend très bien, c’est une retraite par répartition et elle est différente suivant les corps de métiers. Comme vous connaissez la vôtre, de retraite, eh bien vous êtes informé. Ensuite il dit : « Il faut que, pour 1 euro cotisé, il y ait les même droits pour chacun. » Et personne ne fait attention, M.

Pujadas ne l’arrête pas, ne lui dit pas : « Mais qu’est-ce que vous voulez dire ? » Donc l’autre il déroule son truc, et il peut comme ça faire passer pour une nouveauté ce qu’il est en train d’annoncer, très juste et très égalitaire. Or c’est tout le contraire, il s’agit d’un système qui est bien connu, qui est un système de retraite par points, qui change complètement l’organisation du système de retraites.

Alors en effet, 1 euro cotisé donne le même droit, qui que ce soit qui cotise. Mais ce qu’on ne vous dit pas, c’est que la retraite que vous aurez ensuite variera d’une année sur l’autre, en fonction de la valeur du point que vous aurez acquis, en cotisant. Donc vous cotisez, vous avez des points, et les points ont une valeur, on va dire, n’importe, 1 euro par point par exemple.

Mais cette valeur va changer d’une année sur l’autre, pourquoi ? Premièrement, on va tenir compte de l’ espérance de vie de votre génération, ça c’est sa proposition. Donc quand vous êtes né par exemple dans l’année 70, ce n’est pas la même espérance de vie que 72 ou 73.

Alors comme ça, on se demande ce que l’espérance de vie vient faire là-dedans ; Ça veut dire : plus vous êtes dans une génération qui est censée vivre longtemps, moins vous aurez, parce que vous coûtez plus cher. Déjà, première inégalité. La deuxième question qui se pose, c’est que ce n’est pas parce que vous êtes né la même année que vous avez la même vie, et notamment pas le même métier.

Aujourd’hui, il y a déjà un écart terrible dans la durée de vie moyenne des ouvriers par rapport aux cadres. C’est une différence qui est substantielle, croyez-moi : la durée de vie moyenne d’un ouvrier est de 59 ans ! c’est beaucoup plus pour un cadre ou des professions où il n’y pas un engagement physique de même nature.

Donc ça a l’air comme ça égalitaire, mais c’est exactement le contraire. Et puis, deuxième élément, la valeur du point fluctuera d’une année sur l’autre en fonction du montant des salaires qui auront été versés, puisque ce sont ceux-là qui vont déterminer le nombre de cotisation, et puis cela variera aussi en fonction du fait que vous avez la grosse paye ou la petite paye, puisque c’est vous qui décidez jusqu'à quel point vous cotisez. Alors à la sortie on vous dit : « C’est bien, vous pourrez choisir votre date de départ, entre les 62 ans... » comme c'est aujourd'hui, dans le système qu’a créé Hollande et avant lui Fillon : 62ans, 43 annuités, c’est rude déjà !

Donc : « ...vous choisirez entre ça et le départ à 67-68 ans. » Alors ça vous est présenté bien enrobé, avec un joli ruban, on dit : « Vous pourrez moduler votre départ à la retraite. » Alors tous les nigauds se disent : « C’est formidable, c’est moi qui vais décider. » Premièrement, on n'a jamais décidé que personne n’était obligé de partir à la retraite.

Dans toutes les professions, il y a des périodes de rab' en quelque sorte après l’âge légal de départ à la retraite. Il n'y a que quelques professions où il y a un interdit absolu à partir d’un certain âge, et entre nous il vaut mieux, non ? Il y a des métiers où ce n’est pas raisonnable de continuer à exercer ce métier au-delà de 60 ans ou de 65 ou de 62, comme vous voulez.

Donc voilà comment cette histoire de retraite par points a pu passer au journal télévise de France 2 à 20h, sans que personne ne se rende compte de ce qui était en train de se dire. Moi, je voulais vous en parler, parce que je crois que vous ne devez pas accepter de faire une élection présidentielle pour rien, c’est-à-dire pour du baratin, et des... comme ils disent aujourd’hui le ‘story telling’, pour dire l’histoire qu’on vous raconte, l’embobinage quoi !

Alors l’embobinage du magnifique jeune banquier, qui a plein de bonnes idées, qui veut libérer la société, et...

Bon, ce ne sont que des histoires, ce sont des vieilleries qu’on ramène, la retraite par points c’est la fin du système actuel de retraite par répartition, qui est un système qui, bien sûr, comporte de nombreux inconvénients, que nous proposons, nous, de régler. En tout cas, moi je vous le redis, ma position c'est : je suis pour le retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations, pas une de plus. Et je vous dis comment je le finance, je le répète : si vous mettez le salaire des femmes et le salaire des hommes à égalité pour le même métier, le surplus de cotisations sociales que cela donnera permettra de financer cette retraite à 60 ans avec 40 annuités, et je suis content de pouvoir le rappeler justement au moment où je me rends à Marseille pour participer à la journée de lutte pour les droits des femmes.

Bon. Ça c'est le point numéro un. Le deuxième point aussi dans la semaine, dont personne n'a entendu parler parce qu'il y a eu le gros couvercle des fillonades par-dessus, c'est l'événement, bon, un peu incongru, d'une rencontre des 4 premières économies de l’Union Européenne, c’est-à-dire l’allemande, la française, l’italienne et l ‘espagnole.

Les quatre chefs d’état ou de gouvernement se sont retrouvés... allez savoir pourquoi, Hollande n’a rien trouvé de mieux que de les inviter à Versailles, ce qui est d’un goût plutôt discutable pour un Français.

Bon, je passe sur les circonstances historiques, j’ai bien repéré que Hollande ne connaît rien à l’histoire de France, ça ne l’intéresse pas, il ne se rend pas compte de la signification des symboles. Mais ces quatre-là se sont réunis, juste pour faire semblant que l’on n’était pas seulement deux. Alors chacun a fait une déclaration séparée, pourquoi ?

Peut-être que, si vous avez suivi, vous vous êtes demandé pourquoi ils font des déclarations séparées. Parce que ça fait quand même un peu lourd de se réunir à quatre pour décider de l’avenir de l’Europe en oubliant les 24 autres qui restent à la porte et qui n’ont plus qu’à attendre les décisions des plus importants. Ce n’est pas très égalitaire comme méthode européenne, ce n’est pas tellement l’esprit européen.

Enfin, voilà comment ça s’est passé, et ceux-là se sont réunis pour dire : « On va faire une Europe à plusieurs vitesses. » Ça va être ça leur grande idée. Alors, pendant qu’ils faisaient cela, ils avaient l’impression d’inventer l’eau chaude.

Pourquoi ? parce que l’Europe à plusieurs vitesses, ça existe déjà. C’est le cas de l’Europe de Schengen, c’est le cas de l’Europe de l’euro, tout le monde n’est pas dans l’euro, il n’y a que 19 pays qui sont dans l’euro, et ainsi de suite.

Par exemple, une autre Europe a plusieurs vitesses, c’est celle qui est en train de discuter de la mise en place de la taxe sur les transactions financières, que l’on appelait avant la taxe Tobin. Cela fait 5 ans que cela dure, il y a 10 pays et on n'est toujours arrivé à rien. Alors la recette miracle, ce serait ça pour sortir de l’impasse dans laquelle est l'actuelle Europe.

Évidemment, ça ne sortira personne de l’impasse, parce que le fond de l’affaire n’est pas là où ils le situent. En particulier, le président de la République Française, lui est partisan de créer un parlement de la zone euro et un gouvernement de la zone euro -- il a proposé cela au 14 juillet de l’année 2016 --, en tenant compte du poids de chaque nation. Mais pour quoi faire je vous prie ?

Un parlement de la zone euro, un gouvernement économique de la zone euro, pour quoi faire ? Alors voilà le grand projet européen : c’est l’Europe du fric. Voilà à quoi ça se résume et quand ce n’est pas l’Europe du fric, c’est l’Europe de la guerre.

Et cela je vais vous en parler, parce que le même jour où l’on parlait de M. Fillon, où toutes les caméras de télévision étaient à la porte de la permanence des Républicains, pendant ce temps, il y avait un événement qui intervenait, pas vu pas pris : création d’un état-major militaire, pour l’Uunion Européenne, dont le siège serait à Bruxelles. Ils commencent doucement, mais pour quoi faire s’il vous plait ?

Alors on nous dit c’est l’Europe de la défense, tous les candidats sont partisans de l’Europe de la défense et quand vous regardez, alors ça sonne ‘Europe de la défense', bien sûr à première vue vous dites : quelle bonne idée ! Mais ce n’est pas ça la bonne réaction ; la bonne réaction c'est de vous dire : « l’Europe de la défense, contre qui ? » contre qui voulez-vous vous défendre ? et à quoi vous obligez-vous les uns avec les autres, si vous faites une Europe de la défense, cela veut dire que vous prenez en charge la défense de tous les pays qui participent à l’UE.

Si vous voulez, mais c’est une situation particulière pour un Français, parce que notre dispositif de défense ne prévoit pas de prendre en charge toute l’Europe, il prévoit de prendre en charge la protection des frontières françaises, et le 1er qui nous touche, nous le frappons dur, fort et de manière définitive. Alors c’est terrible, ça s’appelle la stratégie de la dissuasion. On peut la discuter; mais ça c’est le système sur lequel nous vivons et que personne n’a changé depuis le général de Gaulle.

On peut le changer, mais on en parle. On n’apprend pas ça en ouvrant le journal. Quand vous dites que vous faites une Europe de la défense, vous apprenez à tout le monde que l’on pourrait se battre sur le sol européen.

Cela va complètement dans le sens contraire de ce qu’est notre définition de la défense des Français. Et puis ça commence bizarrement : on nous dit c’est l’Europe de la défense, alors vous, vous dites : c’est une Europe indépendante...

Non, vous n’avez pas compris, vous n'avez pas suivi. L’Europe de la défense est une Europe de la défense dans le cadre de l’OTAN, et Hollande le dit dans l'interview qu’il donne au journal le Monde, il dit : « l’Europe peut se relancer par la défense commune. » Vous voyez l’histoire ?

Donc ils veulent relancer l’Europe par le fric et par l’armée, magnifique ! Le contraire de ce qu’on voulait. On avait fait l’Europe pour faire la paix, notamment entre Français et Allemands, et vérifier que cette affaire-là ne bouge pas. mais [aussi] l'Europe pour la paix autour d'elle.

Là on va faire l’Europe de la défense pour se relancer, deuxièmement, on voulait faire l’Europe pour faire l’Europe sociale, et on se retrouve avec l’Europe de l’euro d’une banque centrale européenne dont les statuts ne changeraient pas, qui serait chargée uniquement de la stabilité de la monnaie, sans s’occuper de l'emploi, et sans s’occuper d'harmonisation sociale ou d'harmonisation fiscale, puisque cela resterait interdit. Donc voilà le point où on en est, et pendant que tout cela se décide, eh bien de quoi on parle ? De savoir si M.

Fillon, Mme Fillon, les enfants Fillon, et je ne sais pas quoi, et les histoires des Républicains et de leurs disputes entre eux pour savoir si Fillon doit rester ou pas. Franchement, c’est l’attrape-nigaud absolu et l’enfumage généralisé. J’ai une chose à dire, je l’ai déjà dit durant ma conférence de presse, je le répète : tout ce qu’ils viennent de décider ne nous engage pas.

En tout cas, si c’est moi qui suis élu, autant que les autres sachent que ce qu’ils auraient éventuellement décidé là, ne me concernera pas. Et je ne trouve pas normal que, 50 jours avant de quitter son mandat de Président de la République, François Hollande, qui a déjà menti à tout le monde en disant qu’il renégocierait le traité budgétaire européen et qui n’a rien renégocié, vienne prendre des décisions en notre nom à tous, parce que cela n’est pas acceptable. Ne serait-ce que par correction pour, je dirais, simplement la vie démocratique du pays.

Mais les autres ne valent pas plus cher, le président du conseil italien est en passe d’être soumis à élection générale de nouveau en Italie, pour la raison qu'il pris la suite un peu … comme ça, à la va-comme-je-te-pousse, de M. Matteo Renzi , qui a été battu dans un référendum récemment en Italie. M.

Rajoy, premier ministre espagnol, président du conseil du gouvernement espagnol, il n’a pas de majorité dans son parlement et tout le monde dit que, bon, on ne sait pas combien de temps va durer son affaire. Et puis Mme Merkel repasse aux élections générales en septembre. Donc vous avez quatre personnes, qui sont en situation démocratique extrêmement instable, qui prennent des décisions, je ne dis pas qu’elles n’ont pas le droit d’en prendre.

Mais elles prennent des décisions, d'une ampleur qui va porter sur plusieurs années, dans les derniers mois de leur mandat. C’est-à-dire : je décide et puis débrouillez-vous avec ce que j’ai décidé. C’est un peu comme ça qu’avait fait Sarkozy en signant le traité budgétaire avec Mme Merkel, et quand Hollande est arrivé, il avait dit avant, bon, je vais le renégocier et puis après il a dit : la signature de la France engage la France.

Et bien pas dans ce cas-là, et mieux vaut prévenir tout de suite. Je vous parle de cette histoire de réunion à Versailles et de la formation d’un quartier général européen parce que je veux le répéter ici : je m’alarme de la montée des tensions et d’une situation, dans le monde entier, que je trouve se diriger de plus en plus ouvertement vers… pour faire court... des situations très frontales.

Par exemple : une nouvelle fois, les États-Unis d’Amérique ont installé une batterie de missiles anti-missiles pour protéger la Corée du Sud des éventuels tirs de la Corée du Nord. Alors à première vue, quelle bonne idée ! Comme ça la Corée du Nord ne va pas tirer sur la Corée du Sud.

Mais enfin, le résultat réel est que la batterie de missiles, c’est exactement comme celle qu’on a installée, nous sur le territoire européen, les Américains ont installé ça en Pologne, en nous disant que c’est pour nous protéger des missiles qui arrivaient de l’Iran. 3 ans après, on signe un accord avec l’Iran, mais les missiles sont toujours là. Et même, en plus, les Nord-américains ont déployé des troupes à terre, ce n’est donc pas rien d’avoir fait ça pour menacer la Russie.

Là c’est pareil, ce qu’ils ont installé en Corée, ça menace le système de défense chinois, donc ça crée une tension terrible dans cette zone-là, et il faut comprendre que tout le monde s’inquiète beaucoup, et moi je m’inquiète beaucoup. Je trouve que c’est une situation... en plus avec un personnage comme M.

Trump, qui peut-être, on peut dire : « il joue la comédie, il roule des épaules », mais dans ce genre de situations, on ne roule pas des épaules. Il faut avoir une attitude extrêmement claire, nette, comprise par tout le monde, de manière à ce que personne ne fasse un geste brusque ou quelque chose qui déséquilibre complètement le système de la paix. Bon, voilà.

Je termine sur la préparation du 18 mars, vous savez qu’on appelle à une marche de la Bastille à la République, à Paris, sur le thème de la 6ème République. Alors c’est une date qui est très importante pour ce type de campagne que nous menons, parce que ce n’est pas qu’une campagne électorale, c’est un processus de mobilisation populaire politique en vue d’un projet. Et donc il faut que la campagne elle-même participe au projet.

Cette marche, c’est notre façon à nous de montrer la sortie par le haut de la crise de décomposition politique que nous avons sous les yeux. La sortie par le haut, c’est : le peuple tout entier va désigner une Assemblée Constituante qui va redéfinir la règle du jeu politique, entre guillemets, dans notre pays, les principes, les droits que nous nous reconnaissons les uns aux autres, et de cette manière, fixer aussi des règles indispensables, telles que le droit de révocation des élus, et de prendre des décisions aussi importantes que par exemple décider de l’inéligibilité à vie d’un élu lorsqu’il est condamné, quelle que soit la nature de la condamnation, du moment que cela à voir avec la vertu républicaine. Bon.

Donc cette marche, pour nous, c'est un événement, qui est bien sûr un évènement de la campagne des élections présidentielles, mais c’est également un événement d’expression politique du peuple français à l’égard de son futur. Donc il faut bien voir ces deux aspects de la marche du 18 mars. Alors, pour y accéder, on vient par tous les moyens possibles, on vous recommande le covoiturage, la marche à pied pour ceux qui le peuvent, le covoiturage et puis, sinon, nous on a mis en place un système de bus.

Bien sûr vous pouvez venir en train, ça va de soi mais comme la gare de Lyon est fermée, je préfère mettre tout le monde en garde. Parce que les trains qui devaient aller à la gare de Lyon, ils vont vers Tremblay je crois, et on revient ensuite sur Paris, donc il faut un peu... enfin c’est un peu compliqué.

Pas si compliqué que ça, mais quand même. Alors sinon vous pouvez prendre les bus. Vous allez sur la plateforme jlm2017, et là vous allez trouver les points de départ des bus, parce qu’on a organisé centralement le départ de quelque chose comme 260 bus dans le pays, ou 300, enfin, ça va être à peu près dans ces eaux-là, entre 260 et 300, pour que tout le monde puisse monter, Alors évidemment il faut faire très attention.

Il y a évidemment une cotisation pour monter dans le bus aller-retour, on vous ramène ne vous inquiétez pas. Mais faites bien attention à ceux qui peuvent avoir une difficulté, pour qui c'est quand même des sous et qui ne les ont pas, donc il faut vous occuper de faire en sorte, si vous avez déjà formé un groupe d’appui, ou si vous voulez verser des sous, arrangez-vous pour que tout le monde puisse monter dans le bus et que personne ne soit éliminé juste parce que c’est une somme qui est trop importante pour lui. Il faut vraiment prendre soin des amis pour que on puisse monter le plus possible.

J’ai besoin que vous soyez un nombre considérable, parce qu'un thème comme que la 6ème république, ça ne se règle pas avec une mini-manif, c’est quelque chose qui doit être puissant. Puissant, fort, pour qu’on voie la démonstration de force, et surtout le fait qu'il y a une majorité, à mon avis, il y aurait une majorité en France pour passer à cette assemblée constituante et changer la République. J’en profite pour vous dire et j’y insiste : on ne changera pas de république sur la base d'une proposition rédigée par un groupe d’experts, de quelques bons camarades, un peu comme ça s’est fait en 1958, où le général de Gaulle avait chargé Michel Debré et quelques autres de rédiger un projet de constitution, et après c’était oui ou non.

En fait la discussion a vite tourné court, parce que ça devenait oui ou non au général de Gaulle et personne ne s’est occupé de savoir ce qu'il y avait au juste dans le texte, sinon ceux qui ont protesté, ils n’ont pas été si nombreux, parce qu’il y avait François Mitterrand, d’autres comme Mendès France,... les communistes aussi, je crois, ont été contre la 5ème République.

Et puis qui est-ce qui était pour ? Toute la droite, et le Parti Socialiste de l’époque évidemment, qui ne ratait jamais une bonne occasion de se faire remarquer et qui était pour cette 5ème République. Il est donc normal que ce soit nous qui portions la revendication de la 6ème République, mais pas comme la lubie d’un groupe de gens, une idée qui serait purement idéologique.

La 6ème République c’est le cœur de notre stratégie de la révolution citoyenne, on s’implique, on se mêle de nos affaires, on définit la règle du jeu. Voilà pourquoi ce 18 mars sera une belle occasion. Alors pour les amoureux d’histoire, le 18 mars c’est aussi l’anniversaire du commencement de la Commune de Paris, qui est un magnifique mouvement de résistance à l’invasion prussienne, d’une part, ça a commencé comme ça, et ensuite ça s’est transformé en révolution sociale.

Pas seulement à Paris, parce que les gens croient que la Commune ce n’était qu’à Paris, dans tout le pays il y a eu des communes qui se sont constituées et qui ont pris aussitôt toutes sortes de décisions libératrices, comme la laïcité, l’école publique obligatoire, etc., etc. Des choses qui sont ensuite devenues des revendications communes de tous les républicains.

Enfin au départ ça n’a pas été simple parce que, comme vous le savez, la répression a été terrible, on n'en parle jamais, de cette répression, mais ils ont dû fusiller quelque chose comme vingt à trente mille personnes en même pas une semaine. À la fin de la Commune, les communards ont été fusillés massivement, et c’était un régime de terreur absolue, parce qu’il n’y avait même pas de jugement ni quoi que ce soit qui y ressemblait. C'était : toi, toi, toi toi, le long du mur, PLAF ! et on fusillait.

Donc pour nous les Français, la Commune de Paris ça appartient à tous les Français, pas seulement à ceux qui sont d’opinion de gauche, même si la Commune a été faite beaucoup par les gens de gauche, et quasi exclusivement pour eux, ou ce qui donnait ensuite la gauche, mais c'est pas que...

C’est un moment de l’histoire de tout le pays. Et ce n’est pas une émeute aveuglée, c’est d’abord une résistance à l’invasion, et ensuite c’est une volonté populaire d’égalité sociale et de libération de la société. Donc c’est un beau jour pour tout le monde normalement.

Bon là-dessus, au revoir, des pouces bleus pour faire monter la vidéo si elle vous a plu.